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20 mai 2026

Inflammation : une piste clé en psychiatrie

Repérer un simple marqueur sanguin pourrait transformer la prise en charge des troubles psychiatriques sévères. Une étude sur 7 000 patients ouvre la voie à des soins plus personnalisés, intégrant mode de vie et santé métabolique.

Et si une prise de sang permettait d'adapter les traitements en psychiatrie ? Une étude internationale menée par le centre SINAPS, en partenariat avec la Fondation FondaMental, met en lumière un levier concret : l'inflammation chronique de bas grade.
Selon les chercheurs, près de 30 % des patients souffrant de dépression résistante, de schizophrénie ou de troubles bipolaires présentent un taux élevé de CRP (protéine C-réactive), un biomarqueur de l'inflammation. Publiés dans la revue Brain, Behavior, and Immunity, ces travaux reposent sur l'analyse de plus de 7 000 patients suivis en France.

Des facteurs de risque bien identifiés

L'étude établit un lien clair entre inflammation et facteurs de santé déjà connus : surpoids, obésité, troubles métaboliques ou tabagisme. Autant d'éléments souvent associés aux maladies cardiovasculaires, mais désormais reconnus comme influençant aussi la santé mentale.
Autre enseignement clé : des différences selon le sexe. Chez les femmes, l'inflammation est davantage liée au poids et aux déséquilibres métaboliques, ainsi qu'à certains biomarqueurs comme l'acide urique. Chez les hommes, le tabagisme apparaît comme un facteur déterminant.

Vers une psychiatrie de précision

Ces résultats ouvrent la voie à une approche plus ciblée des soins. La CRP pourrait devenir un signal d'alerte clinique, permettant d'ajuster les traitements au profil de chaque patient.
« Comprendre si un patient présente une composante inflammatoire […] permet d'associer aux traitements classiques des interventions précoces ciblées », explique Tim Rietberg, doctorant à l'Université d'Anvers. Cela inclut des actions concrètes : activité physique, amélioration de l'alimentation, arrêt du tabac, voire traitements anti-inflammatoires spécifiques.
Pour la Pr Livia de Picker, « la psychiatrie de précision nous permet de sortir d'une approche standardisée », en affinant les diagnostics et les stratégies thérapeutiques.

Un enjeu majeur de santé globale

Au-delà des symptômes psychiatriques, ces travaux rappellent l'importance du lien entre santé mentale et physique. « Les personnes souffrant de maladies psychiatriques ont une espérance de vie réduite de 10 ans en moyenne », souligne la Pr Marion Leboyer.
En intégrant davantage les dimensions métaboliques et inflammatoires, cette recherche pourrait contribuer à améliorer le pronostic global des patients. Prochaine étape : des études prospectives pour mesurer l'impact concret de ces interventions ciblées.
Une avancée qui confirme une tendance de fond : la psychiatrie s'oriente vers des solutions personnalisées, où biologie et mode de vie deviennent des alliés majeurs du soin.

Inflammation : une piste clé en psychiatrie

19 mai 2026

Dépression résistante : une urgence de santé publique encore sous-estimée

Des psychiatres experts, l’association France Dépression et l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) formulent cinq propositions concrètes pour « mettre à niveau » la prise en charge de la dépression résistante, qui concerne près d’un million de personnes en France.

La dépression résistante, qui se caractérise par la persistance de l’épisode dépressif malgré au moins deux traitements antidépresseurs successifs bien conduits ou qui n’évolue pas suffisamment favorablement, est trop souvent « synonyme d’errance thérapeutique », dénoncent, dans un document des psychiatres, les associations de patients et de familles France Dépression et l’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ ou handicapées psychiques (Unafam). Pour mieux la prendre en charge, ce collectif fait cinq propositions :

– Renforcer la formation des professionnels de santé au repérage et à la prise en charge de la dépression résistante, grâce à des outils que devra élaborer Santé publique France (SpF), notamment car la détection précoce permet de « mieux traiter la dépression, l’empêchant de devenir résistante », alors que « le pic d’apparition des maladies psychiatriques, en particulier l’anxiété et la dépression, survient à 14 ans et demi« , précise le pédopsychiatre Pr Olivier Bonnot, nouveau président du Conseil national des universitaires de psychiatrie (CNUP). Le collectif propose ainsi « d’intégrer la dépression résistante dans les enseignements de psychiatrie et de médecine générale, dans les études médicales, en lien avec le Conseil national des universités en psychiatrie et les collèges universitaires », ou encore « l’élaboration de modules pédagogiques dédiés portant sur le repérage, la gradation thérapeutique, les innovations thérapeutiques et la prise en charge des comorbidités ». Le collectif préconise également « d’inscrire la thématique parmi les orientations prioritaires du Développement Professionnel Continu (DPC) ».

-Parmi les autres propositions, les auteurs de ce plaidoyer défendent une campagne de sensibilisation des professionnels de santé, grâce notamment à l’élaboration d’outils d’aide à la décision par Santé publique France (fiches cliniques, arbres décisionnels), à la diffusion d’informations via les canaux de l’Assurance Maladie et de l’Ordre des médecins ou encore à l’intégration d’outils de repérage directement dans les logiciels de prescription des médecins.

–Les signataires appellent aussi à établir un parcours de soins gradué articulant médecine de ville, structures spécialisées et centres experts, prenant aussi en charge les comorbidités et addictions des patients. Au niveau de la mise en œuvre de cette proposition, le collectif suggère « une saisine ou auto-saisine de la Haute Autorité de Santé afin d’élaborer des recommandations nationales précisant les critères de dépression résistante, les stratégies thérapeutiques selon les lignes de traitement et les modalités d’orientation vers les différents niveaux de recours » ou encore « la publication d’une instruction ministérielle demandant aux agences régionales de santé d’intégrer ce parcours dans les projets régionaux de santé et d’identifier les structures de recours sur leur territoire (psychiatrie hospitali.re, centres experts, dispositifs de prise en charge des addictions) ».

-Garantir un accès équitable aux approches thérapeutiques en psychiatrie

-Renforcer la qualité et l’harmonisation des pratiques de prise en charge de la dépression résistante :les auteurs souhaitent par exemple l’élaboration par la HAS d’un référentiel de bonnes pratiques couvrant le diagnostic et le suivi, la diffusion de ces recommandations auprès des professionnels via les sociétés savantes et les organismes de formation et l’intégration de ces critères dans les processus de certification de la qualité des établissements de santé.

Dépression résistante : une urgence de santé publique encore sous-estimée - Santé Mentale

18 mai 2026

[Enquête] : Donner la parole aux personnes vivant avec un trouble psychique

Nous vous relayons cette proposition...

Madame, Monsieur,

Je vous écris pour vous transmettre un questionnaire intitulé :
« Mieux accompagner les personnes vivant avec un trouble psychique ».

Je m’appelle Alexandre Haÿs. Je suis pair-aidant en santé mentale et co-fondateur de l’association poitevine Les (Im)patients.

Ce questionnaire s’adresse aux personnes qui vivent avec un trouble psychique.

Si c’est votre cas, vous pouvez y voir une occasion de partager votre expérience, avec vos propres mots : ce qui vous a aidé, ce qui vous a blessé, ce qui vous a soutenu, ce qui vous a redonné confiance, ou ce qui a parfois rendu votre parcours plus difficile.

Cette démarche part d’une idée simple : pour mieux accompagner les personnes concernées, il faut d’abord les écouter. Souvent, on parle d’elles, sur elles, ou à leur place. Ici, l’objectif est de partir de votre vécu, de votre quotidien, de votre rapport aux soins et à l’accompagnement.

Les réponses sont anonymes. Vous pouvez répondre librement, passer certaines questions, prendre votre temps et partager ce que vous voulez.

Voici le lien :
https://forms.gle/cwFZFHpiukxix6BX9

Si vous recevez ce message en tant que structure, association, professionnel ou proche, auriez-vous la gentillesse de transmettre ce formulaire aux personnes directement concernées qui pourraient souhaiter y répondre ?

Les réponses recueillies permettront de faire émerger des repères concrets pour mieux accompagner les personnes vivant avec un trouble psychique, mieux outiller les proches et les professionnels, et encourager des pratiques plus justes, plus respectueuses et plus humaines.

Je vous remercie sincèrement pour votre lecture, votre réponse éventuelle ou votre relais.

Bien cordialement,

Alexandre Haÿs

Pair-aidant en santé mentale. Mail : hays86000@gmail.com

Co-fondateur de l’association Les (Im)patients, engagée auprès des personnes atteintes de troubles psychiques
www.impatients-entraide-psy.fr

15 mai 2026

28 mai : Journée de sensibilisation pour rendre visible le trouble borderline - Strasbourg

Le service GREMO-PASS des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg organise le

Jeudi 28 mai 2026 à Strasbourg,

"La Vague Orange" 

Il s'agit d'une journée de sensibilisation autour du trouble de la personnalité borderline et de la prévention du suicide.

Déroulé de la journée :
📍 Place d’Austerlitz – Strasbourg
• 12h – 17h : village associatif avec stands, échanges et animations
• 14h – 15h30 : marche citoyenne dans le centre-ville → pour rendre visible une réalité encore trop souvent invisibilisée. Venez marcher avec nous !

📍 Le Shadok
• 17h30 – 19h30 : tables rondes ouvertes au public → échanges entre personnes concernées, proches, associations et professionnel·le·s
• 20h : moment musical

👉 Vous trouverez ci-dessous l’affiche et le dépliant de l’événement :
Dépliant vague orange 2026_0.pdf, 3.37 Mo
Affiche vague orange 2026.pdf, 2.67 Mo

12 mai 2026

Pollution environnementale : un facteur de risque pour la santé mentale

Particules fines, dioxyde d’azote, bruit des transports, métaux lourds, perturbateurs endocriniens… l’exposition à la pollution environnementale pourrait contribuer au développement de troubles psychiatriques, tels que la dépression, le trouble bipolaire ou la schizophrénie.

C’est ce que souligne un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), qui s’appuie sur une revue systématique de la littérature [1]. L’agence appelle à mieux intégrer ces données dans les politiques de santé publique.

Les données sont désormais assez convergentes et constituent une base solide en faveur de l’implication de la pollution atmosphérique dans l’apparition de pathologies mentales

Pr Franck Schurhoff

« Le nombre croissant de données établissant un lien entre la pollution et les troubles de la santé mentale souligne l’urgence d’intégrer les politiques environnementales et de santé publique », indique l’agence. « Même des réductions modestes des niveaux de pollution pourraient apporter des améliorations significatives en matière de santé mentale à l’échelle de la population. »

En 2023, les troubles mentaux représentent la sixième cause de handicap et la huitième cause de mortalité dans l’Union européenne. Depuis les années 2000, leur prévalence est en hausse constante. Si l’influence de facteurs psychosociaux liés à la vie en milieu urbain (stress, insécurité, précarité…) a longtemps focalisé l’attention des chercheurs, l’implication de la pollution est de plus en plus pointée du doigt.

Deux fois plus de maladies psychiatriques en zone urbaine

« L’effet de la pollution de l’air sur la santé mentale est étudié depuis seulement 10 à 15 ans », a souligné auprès de Medscape édition française le Pr Franck Schurhoff (Hôpital Henri-Mondor, AP-HP, Créteil). « Les données sont désormais assez convergentes et constituent une base solide en faveur de l’implication de la pollution atmosphérique dans l’apparition de pathologies mentales. »

Les particules fines (PM10 et PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2) sont parmi les polluants les mieux documentés. Selon l’AEE, les revues systématiques disponibles mettent en évidence un lien statistiquement significatif entre une exposition chronique à ces polluants et les symptômes dépressifs.

La pollution de l’air pourrait non seulement favoriser l’apparition de troubles, mais aussi en aggraver les symptômes et l’évolution.

Le lien entre environnement urbain et santé mentale a d’abord été mis en évidence à travers l’urbanicité, c’est-à-dire le fait de naître, grandir et vivre en ville, explique le psychiatre, coordonnateur d’un projet sur la question (voir encadré). Selon une revue récente à laquelle il a participé, le risque de troubles psychotiques est environ deux fois plus élevé en milieu urbain qu’en zone rurale, avec un risque relatif compris entre 2 et 2,5 dans les méta-analyses, suivant une relation dose-réponse [2].

Pour autant, « l’urbanicité n’est pas un facteur de risque en soi, mais un agrégat de facteurs sociaux et environnementaux », précisent les auteurs. Parmi ces facteurs figurent la fragmentation sociale, l’isolement et la précarité, ainsi qu’un moindre accès aux espaces verts et une exposition accrue à la pollution atmosphérique.

Concernant spécifiquement la pollution de l’air, « les études se sont intéressées à son rôle à la fois comme facteur de risque et comme facteur modificateur de la maladie psychiatrique, susceptible d’influencer son évolution chez les patients déjà atteints », souligne le psychiatre. Elle pourrait ainsi non seulement favoriser l’apparition de troubles, mais aussi en aggraver les symptômes et l’évolution.

L’exposition à la pollution de l’air extérieur pendant des périodes critiques du développement cérébral – in utero, pendant l’enfance et l’adolescence – est associée à des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau

Le moment et la durée de l'exposition sont des critères fondamentaux. De nombreuses études suggèrent un effet à long terme d’une exposition précoce, y compris in utero. « Des travaux ont montré que l’exposition à la pollution de l’air pendant la grossesse ou l’enfance augmente le risque de troubles psychiatriques 15 à 20 ans plus tard ».

L’hypothèse d’une neuro-inflammation chronique

Ces observations sont cohérentes avec les données en neurosciences, note l’AEE. « L’exposition à la pollution de l’air extérieur pendant des périodes critiques du développement cérébral – in utero, pendant l’enfance et l’adolescence – est associée à des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau. »

Plusieurs études montrent une association entre les pics de pollution et une augmentation des épisodes dépressifs ou des décompensations psychotiques.

Plusieurs mécanismes sont avancés, en particulier une réponse inflammatoire systémique. « Les polluants inhalés stimulent la production de cytokines pro-inflammatoires au niveau pulmonaire. Ces médiateurs peuvent ensuite franchir la barrière hémato-encéphalique et induire une neuro-inflammation chronique », explique le Pr Schurhoff. Cette inflammation favoriserait alors l’émergence ou l’aggravation de troubles psychiatriques.

Au-delà de ce risque à long terme, certaines données suggèrent également un effet aigu. Plusieurs études montrent une association entre les pics de pollution et une augmentation des épisodes dépressifs ou des décompensations psychotiques, notamment chez les patients atteints de schizophrénie.

Dans une étude menée sur 11 ans en région parisienne, les équipes du Pr Schurhoff ont observé une hausse des passages aux urgences pour troubles psychotiques et épisodes dépressifs lors des pics de particules fines (PM2.5 et PM10)[3]. La corrélation apparait plus marquée entre le nombre annuel de pics de PM2,5 et les passages pour troubles psychotiques.

Ces résultats restent observationnels, mais renforcent l’hypothèse d’un impact direct de la pollution atmosphérique sur la santé mentale.

Vers une évolution des politiques publiques ?

Si le lien de causalité n’est pas formellement établi, les données apparaissent convergentes. Pour l’AEE, la réduction de la pollution pourrait contribuer à améliorer le bien-être mental. « Même une augmentation modeste du risque peut avoir un impact important à l’échelle de la population, compte tenu de la forte prévalence des troubles mentaux. »

Ces éléments plaident pour une évolution des politiques publiques, estime l’agence. Jusqu’à présent, les stratégies de réduction de la pollution atmosphérique ont été principalement justifiées par leurs bénéfices respiratoires et cardiovasculaires. « Elles pourraient également avoir des bénéfices pour la santé mentale » et contribuer ainsi à « réduire la charge des troubles mentaux » à l’échelle de la population.

Au-delà de la pollution atmosphérique, l’AEE souligne également le rôle du bruit de l’environnement. Les données montrent que l’exposition chronique au bruit des transports est ainsi associée à une augmentation du risque de dépression (+3 %) et d’anxiété (+2 %).

À l’inverse, l’exposition aux espaces verts apparaît comme un facteur protecteur, associé à une réduction du stress et à une amélioration du bien-être psychique.

En France, plusieurs travaux de recherche en cours

Malgré les arguments suggérant un impact neurotoxique, les liens entre pollution atmosphérique et troubles mentaux sont encore peu étudiés en France. Pour étudier l’influence de la pollution de l’air sur les risques de schizophrénie, de troubles bipolaires et de troubles du spectre de l’autisme, le Pr Schurhoff et ses équipes prévoient la mise en place d’ une chaire d’excellence , coordonnée par la Fondation FondaMental, avec l’objectif notamment de mener des études cliniques.

Coordonnée par l’université Paris-Est Créteil, le projet PUMA vise à « examiner le lien entre l’urbanicité, la pollution de l’air et les troubles psychiatriques ». Une étude vient d’être lancée pour étudier les effets à court terme de la pollution de l’air au niveau individuel en équipant de capteurs de pollution des patients atteints d’un trouble bipolaire, de schizophrénie, de dépression résistante ou d’un trouble du spectre de l’autisme.

« Leur exposition à la pollution va être enregistrée en temps réel pendant un mois. En parallèle, ils seront invités à renseigner leur état psychologique sur une application trois fois par mois », a expliqué le Pr Schurhoff. « Il s’agit de vérifier si leur état psychologique varie en fonction de l’intensité de la pollution ».

Autre étude en projet portée par la Fondation FondaMental : l’étude rétrospective Pollupsyqui vise à déterminer s’il existe un lien entre le niveau d’exposition à la pollution atmosphérique et le risque de développer une schizophrénie, un trouble du spectre de l’autisme ou un trouble bipolaire, dans un premier temps pendant la vie entière, puis pendant les différentes périodes du neurodéveloppement.

« L’exposition des personnes ayant un trouble à différents polluants sera mesurée depuis leur naissance jusqu’à leur inclusion dans l’étude, en utilisant l’historique résidentiel de chacun, et comparée à des sujets sans trouble psychiatrique », précise le psychiatre, responsable scientifique de l’étude. « On peut ainsi estimer les niveaux d’exposition, selon le lieu de résidence, en remontant jusqu’à 30 ans en arrière ».

Références

Pollution and mental health: current scientific evidence, European Environment Agency, publication en ligne du 3 mars 2026. Source


Pignon B, Szöke A, Ku B, Melchior M, Schurhoff F, Urbanicity and psychotic disorders: Facts and hypotheses, Dialogues in Clinical Neuroscience. 2023 Dec;25(1):122-138. Source


Pignon B, Borel C, Lajnef M, Richard JR, Szöke A, Hemery F, Leboyer M, Foret G, Schürhoff F, PM2.5 and PM10 air pollution peaks are associated with emergency department visits for psychotic and mood disorders, Environmental Science and Pollution Research. 2022; ;29(59):88577-88586. Source

Pollution de l‘air : un facteur de risque pour la santé mentale

11 mai 2026

Les mauvaises idées pour prendre soin de sa santé mentale

Problème, on pense que celles-là c'est OK (hélas, non...)
Comment sortir de l'escalier sans fin ?


1- Penser positif, quoi qu'il arrive
-voir uniquement le bon côté des choses
-problème : ça ne fait pas disparaître mais recouvrir l'émotion difficile. Et ça peut la faire revenir plus fort en boomerang
-les émotions négatives sont des signaux, pas des ennemis

2- Éviter tout ce qui fait souffrir
-c'est utile, mais à court terme.
-problème : votre cerveau fait cette observation : "J'ai évité et je me sens soulagé"
-Il apprend que vous aviez bien raison d'avoir peur, et il la confirme
-l'évitement, c'est l'engrais de la peur

3- En parler encore et encore à ses proches
-parler, expliquer, partager, se soutenir aide
-le piège : tourner sans fin à deux en co-ruminant. On s'alimente mutuellement sans avancer
-parler de sa souffrance, ce n'est pas la même chose que travailler dessus en psychothérapie

4- Attendre de se sentir prêt avant d'agir
-"J'attends de me sentir motivé"
-problème : attendre d'être prêt, c'est attendre quelque chose qui ne viendra que si on commence
-la motivation se nourrit de l'action, et pas l'inverse. C'est en démarrant qu'on devient prêt

5- Continuer à ruminer quand on n'a pas trouvé de solution
-alors on cogite encore et encore
-problème : à un moment c'est comme un hamster qui court dans une roue : épuisant et non productif
-la qualité d'une solution ne se mesure pas en quota horaire

6- Chercher uniquement le "pourquoi" salvateur
-comprendre est important
-problème : quand cette quête devient obsédante, elle retarde tout
-je peux comprendre pourquoi je me suis blessé à vélo, mais le savoir ne dispense pas chirurgie + rééducation
-le soin c'est aussi le "comment"

7- Attendre d'une consultation d'être longue pour être efficace
-s'il faut du temps pour comprendre la situation, 1 h avec son psy peut conforter sans faire bouger grand chose
-il peut se passer quelque chose même dans une consultation de 20 min
-la précision compte, pas le chrono

8- Devoir absolument être exhaustif avec son psy
-vous préparez vos séances comme un exposé sans trame ?
-problème : le principal se noie dedans
-ce qui compte : bien définir vos problématiques et objectifs ensemble. Pas préparer une autobiographie

9- Chercher le médicament miracle qui résout tout
-un 💊 c'est ok quand un trouble bloque tout
-problème : il ne règle pas tout et ne fait pas voir la vie en rose
-son objectif : aider à apaiser et reprendre pied
-il rend possible la psychothérapie, et c'est déjà beaucoup !

10- Croire qu'aller mieux = ne plus rien ressentir de désagréable
-un tel souhait rend une guérison impossible et irréaliste
-objectif : pouvoir ressentir et traverser sans s'effondrer, et non s'anesthésier émotionellement
-la tristesse et l'anxiété sont saines et utiles !

Sortir de l'escalier sans fin, ça commence déjà par reconnaître qu'on y est.

Ça vous a parlé ? Faites largement circuler ce texte (à télécharger ici). 


C'est déjà une vraie bonne idée pour prendre soin de notre santé mentale.

Docteur David MASSON




07 mai 2026

"Je suis une personne, pas une maladie" : atteint de schizophrénie, Bernard s’est inséré professionnellement

Bernard Royer de Véricourt, 56 ans, diagnostiqué schizophrène depuis ses 24 ans, plaide pour une réhabilitation psychosociale par le travail. C’est par ce biais, et grâce à un traitement médicamenteux, qu’il s’est stabilisé et a retrouvé du sens à sa vie.

Le regard de Bernard Royer de Véricourt, 56 ans et demi, est averti tandis qu’il guette les innombrables serre-joints qui maintiennent les lattes de bois à la recherche de ceux qui méritent un petit coup de pompe. Avec plusieurs patients du Césame - dont les noms resteront gravés sur l’embarcation -, le centre de santé mentale angevin, il construit sa quatrième barque en bois dans le cadre du chantier naval thérapeutique mis en place par l’établissement il y a plusieurs années.

C’est en 1993 que Bernard est diagnostiqué schizophrène. Un coup de massue. À l’époque, c’est soit on travaillait, soit on touchait l’Allocation aux adultes handicapés. À seulement 24 ans, son horizon se réduit, ses parents y contribuant fortement. Ils m’ont beaucoup stigmatisé, ont mis la pression sur le corps médical et martelaient que de toute façon, je ne travaillerai jamais. Sa maladie se caractérise alors par des angoisses fréquentes, marquées par des bouffées délirantes, des dissociations avec la réalité et générant des hospitalisations longues freinant par à-coups son parcours professionnel.

La réhabilitation par le travail

Mais Bernard le sait, je suis une personne, pas une maladie. Alors pour rebondir, il passe plusieurs diplômes, s’essaie à diverses professions pour tourner la page. D’abord des études de médecine soldées par un échec, puis un BTS conducteur de travaux, un brevet de paysagisme, ensuite le travail dans les vignes, la vie de père au foyer, avant, finalement, de trouver sa voie, pas si éloignée de celle de son grand-père marin : charpentier de marine.

Contractuel depuis octobre 2022 au sein du Césame en tant que moniteur-éducateur, Bernard fait partie d’une minorité. En effet en France, seules 38 % des personnes en situation de handicap psychique sont en emploi. C’est dans l’objectif de faire émerger des solutions afin de leur faciliter l’accès et le maintien dans l’emploi que se tient ce jeudi 30 avril le Forum emploi et santé mentale au Campus Pierre-Cointreau organisé par l’Alliance pour la Santé Mentale, la Fédération Santé mentale France et Fabrice Le Peutrec, formateur engagé sur les questions d’insertion et de troubles psychiques.

« Je suis une personne, pas une maladie » : atteint de schizophrénie, Bernard s’est inséré - Angers.maville.com

06 mai 2026

santementalevosges.fr : La plateforme créée par et pour les acteurs de la santé mentale dans les Vosges

La direction des Résidences Boussac est fortement impliquée dans le domaine de la santé mentale. Coorganisatrice de la journée "Santé mentale – Travailler ensemble", qui avait réuni 150 acteurs et professionnels de la santé mentale dans les Vosges, le 31 mars dernier, l’Association présentait un nouveau service digital :


Une plateforme inédite dans les Vosges, dont Aïda Saïdi, Assistante de direction et Directrice Formations Boussac, nous explique la genèse, la vocation et l’évolution.

L’Association Résidences Boussac est spécialisée dans l’hébergement et l’accompagnement personnalisé pour les adultes en situation de handicap psychique et/ou psychiatrique et les personnes âgées dépendantes dans les Vosges.

Comment l’idée de cette plateforme dédiée à la santé mentale que vous avez lancée le 15 avril dernier est-elle née ?

Nous avons décidé de créer cette plateforme en décembre 2025. Un diagnostic, effectué auprès de nos salariés et de personnes évoluant dans le secteur médico-social, est à l’origine de deux constats qui ont déclenché le besoin de créer un annuaire digital qui puisse recenser l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de la santé mentale.

Le premier constat repose sur le fait que, même si la santé mentale est désignée, pour la deuxième année consécutive, Grande Cause nationale par les pouvoirs publics, il est toujours difficile aux acteurs qu’elle concerne d’en donner une définition commune. Troubles psychiques, mal-être, dépression, autisme, maladies psychiatriques… on ne sait pas toujours de quoi nous parlons.

Le deuxième constat : les dispositifs présents dans les Vosges sont nombreux, mais les acronymes qui les désignent sont tellement complexes que même nos salariés rencontrent des difficultés pour les identifier. Pour trouver des solutions aux problématiques liées à la santé mentale dans les Vosges, il est nécessaire de décloisonner les parcours de soins et de vie ; donc de pouvoir identifier les acteurs et les ressources dans les Vosges.

C’est de cette nécessité de favoriser la rencontre, la mutualisation et la coordination entre les secteurs médico-social, sanitaire, social et associatif, qu’est né ce projet. Il y a beaucoup d’inertie dans notre secteur, et nous avons eu envie de faire bouger les choses en prenant l’initiative de créer une cartographie associée à une marque facilement identifiable, accessible et gratuite… Nous y sommes parvenus en fédérant 26 acteurs du territoire autour du projet… et en quatre mois seulement.

Le site santementalevosges.fr est accessible depuis le 15 avril. À qui s’adresse-t-il et que va-t-il permettre ?

Il propose des ressources (existantes par ailleurs, mais diffuses) aux professionnels, institutions et associations de pairs aidants qui interviennent dans le champ de la santé mentale et les instances de coordination. Cette interconnaissance doit permettre de limiter les inégalités sociales dues à la disparité des solutions proposées sur le territoire, ainsi que les ruptures de parcours encore fréquentes dues à la méconnaissance des relais possibles, notamment dans les situations complexes.

Qu’est ce qui en a déterminé la forme ?

Aujourd’hui, chaque institution ou organisme possède son propre annuaire, mais aucune plateforme ne rassemblait ces informations de manière efficace dans les Vosges. La cartographie digitale nous est apparue être la meilleure stratégie pour recenser les acteurs présents sur le territoire. Grâce à la géolocalisation et au moteur de recherche par thématique (logement, emploi, vie sociale, etc.) on peut rapidement identifier l’offre de services proposée dans les Vosges (établissement médico-social, Centre Médico-Psychologique (CMP), lieux de vie sociale adapté, médecins psychiatres et notamment les 13 psychologues conventionnés dans les Vosges, etc.) et accéder à la fiche de l’établissement, médecin ou dispositif identifié. Le site permet ensuite d’exporter cette fiche ainsi que les résultats d’une recherche.

Outre la cartographie et le moteur de recherche, quels types d’informations peut-on trouver ?

Nous avons intégré un « Répertoire des sigles », essentiel pour identifier les dispositifs et les organismes ; il sera complété par un descriptif de leurs missions dans un second temps de développement. L’onglet « Ressources » renvoie vers les numéros utiles, les formations accessibles, les sites et ressources proposés dans les Vosges pour s’informer sur la santé mentale, mais aussi trouver une formation, s’inspirer du partage d’expérience. Enfin, l’onglet « Actualités » permet à tous de s’informer sur les événements proposés dans les Vosges par les acteurs de la santé mentale.

Comment est-t-il voué à évoluer ?

Un comité de suivi – qui réunit six institutions : l’Unafam, Handi-Vosges, Adavie, Association de Belval, Dispositif d’Appui à la Coordination (DAC) et les Résidences Boussac (propriétaire de la plateforme) – a la charge de faire vivre la plateforme, de valider les demandes de référencement, d’analyser les statistiques de fréquentation et d’opérer des mises à jour régulières.

Aujourd’hui le site est opérationnel et accessible. Son contenu va progressivement s’enrichir et nous sommes actuellement en réflexion pour élargir son utilisation aux usagers dans un second temps.

Nous invitons tous les acteurs engagés en faveur de la santé mentale à s’inscrire et à s’en emparer pour interagir, mutualiser les ressources et faciliter la prise en charge dans les Vosges.

LA SANTÉ MENTALE QU’EST-CE QUE C’EST ?

Selon l’OMS, la santé mentale est un « état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ». Elle fait partie de notre santé globale au même titre que la santé physique.

Tout mal-être n’est pas un trouble psychiatrique, de même que tout trouble psychiatrique n’est pas un simple mal-être. Santé mentale et troubles psychiques s’inscrivent dans un même continuum et peuvent ainsi coexister. Par exemple, on peut vivre avec un trouble mental et présenter un bon niveau de santé mentale ou vivre sans trouble mental et présenter une santé mentale qui nuit à sa vie quotidienne. Cela explique pourquoi la psychiatrie est un sous ensemble de la santé mentale.

Pour autant, il importe de les dissocier et de ne pas minimiser ou banaliser des pathologies qui nécessitent des soins et une prise en charge spécialisés.

Rappelons que la santé mentale désigne un état de bien-être et la capacité à ressentir, penser et agir de manière à améliorer notre vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Tandis que les troubles mentaux concernent des altérations de la pensée, de l’humeur et/ou du comportement associées à un état de détresse et à un dysfonctionnement marqués.

3 questions à PHILIPPE ROLIN – Bénévole à l’UNAFAM (Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ ou handicapées psychiques)

En tant que bénévole de l’UNAFAM, comment avez-vous accueilli cette plateforme ?

Avec enthousiasme. Beaucoup de projets de cartographie n’ont pas abouti, du fait de la complexité que cela représente. L’idée de créer cette plateforme est venue d’Emmanuel Muller, le Directeur Général des Résidences Boussac. Il souhaitait mettre en place un outil capable de regrouper tous les acteurs du secteur médical et médico- social en lien avec la santé mentale dans le département des Vosges.

Pour l’UNAFAM, qui intervient auprès des pairs-aidants, à quoi répond-t-il ?

Il existe, dans les Vosges, comme dans certains départements, un manque de personnel de santé, notamment dans le secteur de la psychiatrie. Face à cette réalité, il y a deux possibilités : s’en effrayer, mais à ce titre on n’avance pas ; ou rechercher des alternatives.

À l’UNAFAM, c’est en écoutant les remarques des personnes et des familles que nous accueillons, que nous avons pris conscience du manque de coordination entre les acteurs. Or, si dans les Vosges, nous disposons d’une vraie richesse en termes de dispositifs, les personnes qui les animent ne se connaissent pas suffisamment pour interagir.

Cette plateforme vient justement répondre au besoin exprimé par les acteurs du secteur et au fait que les familles et personnes en souffrance ont parfois du mal à s’orienter dans ces différents dispositifs. C’est essentiel, car cette méconnaissance pouvait provoquer des ruptures de soins ou des prises en charge non adaptées, alors qu’une solution pouvait être proposée par une association située à proximité. Savoir où ces acteurs sont situés et sur quelles thématiques ils interviennent est d’autant plus important dans le cadre des maladies psychiques, que les prises en charge peuvent être spécifiques selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme, de son âge et de savoir si un diagnostic a été établi.

Qu’est-ce qui, selon vous, va garantir l’utilisation de cet outil digital ?

Le risque, lorsque l’on met en place ce type de plateforme, c’est qu’elle ne soit pas mise à jour régulièrement. Or ce qui est intéressant, dans le fonctionnement de santementalevosges.fr, c’est la mise en place du Comité de suivi et d’une équipe d’administrateurs en charge de la validation des informations transmises par les établissements inscrits et de leur mise à jour. Son succès viendra aussi du fait que cet outil – protéiforme mais simple d’accès – permet, en croisant plusieurs critères et thématiques (logement, travail, vie sociale et affective, etc.) d’obtenir rapidement des réponses pertinentes aux questionnements et aux problématiques rencontrées par ses utilisateurs.

L’UNAFAM va l’utiliser pour aider les familles que ses bénévoles rencontrent. Il doit devenir un outil permanent au service des professionnels et des personnes en souffrance.

“ TRAVAILLER ENSEMBLE ”

Le 31 mars 2026, à l’initiative de Résidences Boussac, l’Association de Belval, de l’UNAFAM et d’Habitat & Humanisme, une journée d’étude dédiée au thème « Santé mentale – Travailler ensemble » a réuni plus de 150 professionnels exerçant dans ce secteur.

Cet appel à se rencontrer a suscité un véritable engouement qui témoigne de la nécessité partagée par tous les acteurs du secteur médico-social, sanitaire et social des Vosges, ainsi que par le monde associatif : trouver des solutions pour collaborer plus efficacement en mutualisant les moyens disponibles afin d’améliorer la prise en charge et le parcours de soins et de vie en santé mentale.

La présentation de la cartographie interactive santementalevosges.fr a été un moment fort de cette journée dont l’objectif visait à installer une dynamique de réseau. Ainsi, pour la première fois, une dizaine d’organisations vosgiennes ont eu l’occasion de travailler ensemble lors de quatre ateliers thématiques : les piliers de l’autonomie, le soin, le logement, l’accès au travail et la vie intime.

Mise en ligne le 15 avril dernier, cette cartographie des acteurs de la santé mentale dans les Vosges, permet en quelques clics de rechercher et d’obtenir des informations sur un établissement médico- social, un accompagnement vers le travail adapté, un centre médico- psychologique (CMP), un lieu de vie sociale adapté, un professionnel de santé, par exemple.

C’est aussi un centre de ressources en santé mentale à disposition des professionnels et des aidants pour faciliter la coordination et les orientations dans le cadre de situations complexes, favoriser l’interconnaissance et contribuer à l’animation du territoire par les acteurs locaux.

santementalevosges.fr

santementalevosges.fr : La plateforme créée par et pour les acteurs de la santé mentale dans les Vosges - 100% Vosges

05 mai 2026

Santé mentale : la psychiatre Jasmina Mallet combat les idées reçues en bande dessinée

Avec "Le Monde est psy", cette praticienne, professeure à l’université d’Orléans, et son coauteur, ont exploré en mots et en images l’univers complexe des troubles mentaux, pour informer et offrir un regard différent sur la souffrance psychique.

Être bipolaire, c’est quoi ? Et vivre avec une schizophrénie c’est comment ? Plutôt qu’un long traité scientifique bien aride, la psychiatre Jasmina Mallet, professeure à l’université d’Orléans et au CHU, a décidé d’expliquer la maladie mentale en BD. Une approche originale, pour toucher tous les publics et tordre le cou aux préjugés et aux idées reçues sur la santé mentale.

« J’avais envie de donner des clés pour comprendre, pour éviter la stigmatisation sur ces sujets qui peuvent toucher tout le monde », explique la praticienne, qui a longtemps exercé à l’Assistance publique à Paris, avant de venir à Orléans pour participer à l’aventure de la création de la faculté de médecine.

Le projet s’est concrétisé à la suite d’une table ronde lors des rencontres de La Seine en Folie, en 2024. Elle y croise ceux qui vont coécrire ce livre avec elle, Benoît Broyart, auteur et scénariste, et le dessinateur Laurent Richard. En 120 pages, la BD, intitulée « Le monde est psy » et publiée aux éditions Hygée, explore la grande galaxie de la psychiatrie de manière à la fois simple et sensible, en croisant expérience, science, histoire et témoignages de patients.

Parmi eux, David, qui vit avec une schizophrénie et est devenu « pair-aidant », trait d’union entre les patients et les soignants, ou André Robillard, un artiste de 94 ans qui vit depuis des années à l’hôpital psychiatrique Daumezon à Fleury-les-Aubrais (Loiret). Sorti à l’automne dernier pour coller avec l’actualité du moment - l’année de la santé mentale, grande cause nationale 2025, reconduite en 2026 -, le livre, qui a bénéficié du soutien financier du programme France 2030, commence à faire son chemin dans les librairies et auprès du public : dédicaces au salon du livre à Paris, conférences, etc.

« On n’a pas eu une grande exposition médiatique mais, finalement, cela a plutôt bien marché pour une BD. On a fait un premier tirage à 2 000 exemplaires et on est maintenant en réimpression. Notre éditeur nous soutient », se réjouit la psychiatre qui imagine faire peut-être un jour un deuxième tome. Pour tous ceux qui ont envie d’en apprendre davantage et de rencontrer les auteurs, la Librairie Nouvelle, à Orléans, consacrera un après-midi au sujet, le 6 juin prochain, et mettra en avant de nombreux ouvrages autour de la santé mentale.

Santé mentale : la psychiatre Jasmina Mallet combat les idées reçues en bande dessinée - Le Parisien

04 mai 2026

Bipolarité : comment avance la recherche ?

Entre IA diagnostique et pistes inflammatoires, la psychiatrie vit une "petite" révolution. La Fondation FondaMental dévoile des avancées dans la recherche pour transformer le quotidien des 600 000 Français concernés par les troubles bipolaires.

"Huit à dix ans". C'est le temps moyen encore nécessaire pour poser un diagnostic de trouble bipolaire. Un retard considérable, aux conséquences parfois dramatiques. Mais la recherche accélère. En 2026, la Fondation FondaMental évoque un tournant vers une « psychiatrie de précision » (Inflammation : une piste clé en psychiatrie), capable d'adapter les soins au profil de chaque patient. Derrière cette promesse, une ambition claire : sortir d'une approche uniforme pour mieux cibler les traitements, et réduire les rechutes, les hospitalisations… et le risque suicidaire, très élevé dans cette pathologie.

Vers une psychiatrie de précision

Les chercheurs s'appuient désormais sur des cohortes massives, comme FACE-BD, pour identifier des biomarqueurs fiables : génétiques, issus de l'imagerie cérébrale ou inflammatoires. L'étude révèle que près de 40 % des patients présentent des signes d'inflammation chronique. Des marqueurs immunitaires (comme l'interleukine-2) sont à l'étude pour de nouveaux traitements. Les chercheurs ont également observé un vieillissement prématuré (mesuré par la longueur des télomères, des sortes de capuchons protecteurs de nos chromosomes) chez certains jeunes patients, ce qui expliquerait une réduction de l'espérance de vie de 10 à 15 ans.
Plus globalement, ces données permettent de mieux comprendre une maladie encore hétérogène, qui touche entre 1 % et 2,5 % de la population française. « L'enjeu, c'est de proposer à chacun un traitement sur mesure », expliquent les équipes de recherche. Une révolution silencieuse, qui pourrait transformer la prise en charge du handicap psychique en limitant les phases aiguës et leurs conséquences sur la vie sociale et professionnelle.

Inflammation, cerveau et nouvelles pistes

Parmi les pistes les plus prometteuses : l'inflammation cérébrale. De plus en plus d'études montrent que certains patients présentent des marqueurs biologiques spécifiques, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées. En parallèle, la génétique progresse. Une étude internationale portant sur plus de 150 000 patients a permis d'identifier plusieurs dizaines de gènes impliqués dans la maladie (précisément 298 régions du génome, autrement dit le « code génétique », liés au trouble), certains déjà liés à des traitements existants. Autant d'indices pour affiner les diagnostics… et anticiper les rechutes. Ainsi, en se concentrant sur les facteurs de risque, ils ont constaté que les individus porteurs d'un nombre élevé de variations génétiques spécifiques présentent un risque 7 fois supérieur de développer la maladie.

L'IA et le diagnostic précoce en ligne de mire

Autre révolution en cours : l'intelligence artificielle. En croisant données cliniques, cognitives et biologiques, elle pourrait aider à détecter plus tôt les troubles bipolaires, parfois confondus avec une dépression classique. Car derrière les fluctuations de l'humeur, c'est bien un handicap invisible qui s'installe, avec de lourdes conséquences : troubles cognitifs, fatigue, désinsertion professionnelle mais aussi comorbidités (ou troubles physiques et psychiques associés), via le score de risque polygénique (PRS), révélant par exemple un terrain commun entre le trouble bipolaire et le TDAH. Certaines approches innovantes, comme les parcours de soins coordonnés, montrent déjà des résultats encourageants, avec une réduction significative des hospitalisations et des tentatives de suicide.

Mieux comprendre pour mieux inclure

Reste un défi majeur : la (dé)stigmatisation. Encore largement méconnus, les troubles bipolaires restent associés à des idées reçues tenaces. « Ces travaux contribuent aussi à changer le regard », souligne la Fondation FondaMental. Car mieux comprendre la maladie, c'est aussi mieux accompagner les personnes concernées, réduire le retard diagnostique et enfin prédire l'évolution de la maladie. Les enjeux sont considérables pour une maladie qui coûte environ 6 910 € par an et par patient en France. Or, la Fondation FondaMental déplore que la recherche en psychiatrie ne reçoive que 2 à 4 % des financements en France, contre plus de 15 % dans les pays anglo-saxons.

Bipolarité : comment avance la recherche ?