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05 juin 2026

[Podcast] : Grandir avec un parent en souffrance psychique

La santé mentale s’est imposée comme un sujet de société ces dernières années. Des malades, à l’instar de Nicolas Demorand dans un livre et désormais un podcast, racontent leur parcours et ces paroles trouvent un écho d’ampleur à travers la société, fissurant le grand silence qui entoure ceux qui souffrent. Mais qu’en est-il de l’entourage et notamment des enfants de ces parents fragiles ? 

Podcast (59mn)

On ne va pas s'étendre mais dans l’équipe d’Être et Savoir, comme pour tant d’entre vous qui nous écoutez, nous ne connaissons que trop bien le sujet. Et pourtant - c’est fou non ? - nous n’avions jamais pensé à en faire une émission. Parce que c’est intime, douloureux, parce qu’on est très occupées à essayer de surmonter nos problèmes au quotidien – ce qui n’exclut pas la joie de vivre et bien sûr, la réflexion.

Alors quand le dernier numéro de l’Ecole des parents est arrivé dans nos boites mail avec à la Une, "Grandir auprès d’un parent en souffrance psychique" on s’est dit qu’il fallait vraiment en parler ! Le riche dossier proposé par la revue explore de nombreux aspects éducatifs liés à la santé mentale des parents comme la solitude et la responsabilisation des enfants. Il est tentant aussi de parler d'une forme de lâcheté de la société, d'une prise en compte bien trop faible du monde éducatif - et, étonnamment, du milieu médical - des problèmes posés par la maladie mentale à l’entourage. Ces articles et entretiens nous engagent à sortir du silence, à faire circuler la parole afin d’aider les familles concernées. Ce qui revient, nous en sommes convaincus, à améliorer l’existence de tous.

Louise Tourret s'entretient avec ses invitées : 
- Hélène Davtian-Valcke, docteure en psychologie, spécialiste de l’accompagnement de l’entourage de personnes souffrant de trouble psychiatrique, elle a ouvert une consultation au sein de l’Unafam (L’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques), et est coordinatrice de la communauté de pratiques Étincelles&Co,

- Frédérique Van Leuven, psychiatre au Campus santé mentale Saint-Bernard à Manage en Belgique, formatrice en thérapie systémique, co-autrice avec Cathy Caulier de Grandir avec des parents en souffrance psychiqueOuverture dans un nouvel onglet (L'Harmattan, 2017), 

- Karine Hendricks, rédactrice en chef de la revue L’école des parents (coéditée par la Fnepe et les éditions érès), le dossier du numéro 659 (printemps 2026) est intitulé "Ouverture dans un nouvel ongletGrandir auprès d’un parent en souffrance psychique"Ouverture dans un nouvel onglet et 

- Julie Timmerman, directrice de la compagnie Idiomécanic théâtre, comédienne, metteuse en scène et autrice, notamment de "Zoé" et du seule en scène "L’art d’être mon père", actuellement en tournée en France et qui se jouera au 11 tout le mois de juillet au Festival d’Avignon (les deux textes sont publiés sous le titre ZoéOuverture dans un nouvel onglet chez C&F éditions).

Grandir avec un parent en souffrance psychique | France Culture

04 juin 2026

[Insolite] : Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent

Quand le moral est en berne, caresser un âne peut aider – c’est en tout cas l’une des prescriptions du complexe hospitalier de Ville-Evrard, à l’est de Paris.

Au cœur du domaine, entre bâtiments de ferme du XIXe siècle et sous-bois, cinq ânes prennent une part non négligeable du travail de soin psychique, entre deux bouchées de foin.

L’unité de thérapie avec des ânes de l’hôpital, unique en France, fonctionne depuis 2016, lorsque Ermelinda Hadey, infirmière en psychiatrie, et son mari François ont lancé ce programme en pariant sur le fait que ces animaux, réputés pour leur calme et leur sociabilité, pourraient nouer avec les patients des liens que les traitements classiques ne permettent pas toujours d’établir.

« Médecine animale »

Vendredi, les patients ont promené les ânes – Nono, Pitou, Oscar, Manolo et Malraux – dans le parc, leur ont nettoyé les sabots et, à la fin de la séance, les ont enlacés. Chaque patient est associé, au fil du temps, à un même compagnon, car la familiarité, visiblement, fonctionne dans les deux sens.

Pour Nathalie, 60 ans, l’effet est immédiat. « Quand vous prenez un médicament qui vous détend… c’est exactement pareil, dit-elle. J’appellerais ça de la médecine animale. Ça soulage. On ne pense plus au reste. »

Les patients ne sont identifiés que par leur prénom afin de préserver leur anonymat.

L’infirmière Audrey Seffar cite les progrès de Nathalie comme exemple de ce que les animaux peuvent déclencher. Au début, elle refusait de descendre de la voiturette mise à disposition des patients ayant des difficultés physiques.

« Mais petit à petit, avec des encouragements, elle l’a fait, explique Seffar. L’animal sert de médiateur. Il est tellement extraordinaire qu’aujourd’hui elle a pu quitter la voiturette et se tenir aux côtés de son âne. »

Un autre patient, Jérôme, 52 ans, estime que le programme l’aide à rompre la solitude.

« Discuter avec des gens, participer à des activités que je ne ferais pas normalement, ça m’aide dans ma vie quotidienne, dit-il. Ça permet de sortir de la routine des soins et des médicaments. Rester chez moi, ce n’est pas bon pour moi. »

« Éponges émotionnelles »

Certains des ânes sont arrivés à Ville-Evrard après avoir eux-mêmes connu la négligence ou la maltraitance – ils ont été adoptés via des refuges avant que François Hadey ne les forme au travail thérapeutique. Il décrit leurs aptitudes pour ce rôle avec un respect presque professionnel.

« Un âne est très intelligent. Il comprend très vite, mais il faut lui expliquer lentement, dit-il. Les ânes sont des animaux calmes, sereins, généralement proches des gens. Une fois engagés dans ces interactions, ils créent un lien très fort avec les patients. Ce sont des éponges émotionnelles. »

Le programme a obtenu en 2022 le statut officiel d’unité de soins, une reconnaissance administrative qui a permis de recruter trois infirmiers à temps plein, épaulés par des bénévoles d’une association pour s’occuper des animaux.

Depuis, il s’est élargi à d’autres espèces : cochons d’Inde, poules, colombes, chèvres, tortues et lapins, les plus petits animaux étant amenés directement dans les chambres des patients qui ne peuvent pas sortir.

Les séances sont gratuites pour les patients et financées par le système public de santé français. Elles sont conçues comme des interventions thérapeutiques pour des personnes souffrant d’anxiété, de dépression, d’autisme, de schizophrénie et d’autres troubles, le personnel observant des progrès en matière de régulation émotionnelle, de communication et d’estime de soi.

Ermelinda Hadey décrit ce travail comme fondé sur une forme de logique du miroir : s’occuper d’un animal, selon elle, crée les conditions pour que les patients prennent soin d’eux-mêmes.

« Nous travaillons sur l’alimentation de l’animal, ce qui nous permet d’aborder les habitudes alimentaires du patient. Nous travaillons sur l’hygiène de l’animal et, par effet miroir, sur l’hygiène du patient aussi », explique-t-elle.

Beaucoup de patients prennent des antipsychotiques ou des sédatifs qui peuvent anéantir toute motivation. C’est précisément là, dit-elle, que les ânes se rendent indispensables.

« Cela ne remplace ni un médecin ni une prescription médicale, mais cela peut aider les patients à retrouver confiance en eux et un sentiment de valeur personnelle », souligne Hadey.

Pour une meilleure reconnaissance

Malgré son succès apparent, la thérapie avec les animaux reste en marge de la pratique psychiatrique officielle – et l’équipe de Ville-Evrard voudrait que cela change.

« Pour cela, il nous faut de la recherche. Nous avons de nombreux témoignages de patients… Les soignants qui les accompagnent constatent aussi les bénéfices au quotidien. Mais les médecins ont tellement d’autres responsabilités qu’ils ne les voient pas forcément directement », explique Hadey.

Pour l’étudiante infirmière Alicia Fabi, 18 ans, les patients reviennent des séances visiblement transformés. « À chaque retour d’activité, ils disent qu’ils se sentent bien, calmes et détendus, et qu’ils ont apprécié la sortie. C’est très positif », dit-elle.

Alors que la séance de vendredi touchait à sa fin et que les patients bavardaient dans la lumière de l’après-midi, une infirmière a lâché ce qui pourrait faire office de devise officieuse de l’unité : « Les ânes sont mes meilleurs collègues. »

Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent - Yahoo Actualités France

03 juin 2026

La "Contrôleure générale des lieux de privation de liberté" publie son rapport d'activité pour l'année 2025

Publié aux éditions Lefebvre-Dalloz, ce rapport est disponible en librairie. Il sera mis en ligne en intégralité sur le site internet du CGLPL à compter du 9 juillet 2025 (délai conventionnel de six semaines en accord avec l’éditeur).

Télécharger le dossier de presse

Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), autorité administrative indépendante, remet chaque année au Président de la République, au Gouvernement et au Parlement un rapport d’activité qui est rendu public.

Le présent rapport, nourri des nombreuses visites du CGLPL (2 391 depuis 2008) et des courriers qui lui sont adressés (près de 3 000 en 2025), s’ouvre sur une présentation des principaux constats du CGLPL pour chaque lieu de privation de liberté relevant de sa compétence : prisons, établissements de santé mentale, centres et locaux de rétention administrative, centres éducatifs fermés et locaux de garde à vue.

Il se poursuit par la mise en perspective des avis, recommandations et rapports publics adressés par le contrôle général au Gouvernement en 2025. Le CGLPL continue son travail de suivi de ses recommandations, générales ou formulées à l’issue des visites d’établissements, et présente les suites données par les pouvoirs publics à l’ensemble des recommandations exprimées en 2022.

Sont ensuite développés le bilan de l’activité du CGLPL en 2025 ainsi que des données statistiques actualisées sur la privation de liberté en France. Enfin, des témoignages, écrits et photographiques, en illustrent concrètement les développements.

Rapport d’activité 2025 - CGLPL

02 juin 2026

Schizophrénie et troubles psychotiques : lancement d’une commission internationale d’experts

La revue The Lancet annonce le lancement d’une commission internationale de chercheurs et de cliniciens de premier plan, coprésidé par Marion Leboyer (France) et Michael Berk (Australie). Objectifs : établir la synthèse des connaissances sur la schizophrénie et les troubles psychotiques et proposer des recommandations et une feuille de route des recherches à mettre en place.

Cette initiative majeure a pour ambition de faire progresser les connaissances scientifiques, d’améliorer la prise en charge clinique et de contribuer à orienter les politiques de santé publique et les stratégies de recherche concernant l’un des troubles psychiatriques les plus complexes et les plus insuffisamment pris en compte.

La schizophrénie et les troubles psychotiques apparentés touchent environ 23 millions de personnes dans le monde (soit environ 1 personne sur 345) et sont associés à des conséquences sanitaires, sociales et économiques majeures. Malgré d’importantes avancées en génétique, neurobiologie, épidémiologie et thérapeutique, des lacunes importantes persistent en matière de diagnostic, de prévention, de prise en charge à long terme et de compréhension par le grand public. Dans les pays développés, la schizophrénie représente entre 1,5 % et 3 % des dépenses de santé.

Cette initiative est détaillée dans un Commentaire publié par The Lancet le 21 mai 2026, intitulé “Announcing the Lancet Commission on schizophrenia and psychotic disorders”, co-signé par Marion Leboyer (UPEC, AP-HP, Inserm, Fondation FondaMental, directrice scientifique du Programme de recherche français en psychiatrie de précision PEPR PROPSY – France), Michael Berk (Deakin University et Barwon Health – Australie), Bruno Pedraz-Petrozzi (Fondation FondaMental, Central Institute of Mental Health, University of Heidelberg, PEPR PROPSY – France/Allemagne) et Moritz Spangemacher (Central Institute of Mental Health, University of Heidelberg – Allemagne. *

Mieux articuler recherche et prise en charge

Pour répondre à ces enjeux, la Commission réunira données scientifiques, expertise clinique et contribution des personnes concernées afin de proposer une vision intégrée des troubles psychotiques et de leur prise en charge. Au-delà d’un état des lieux scientifique, la Commission ambitionne de proposer une feuille de route concrète face à un enjeu majeur de santé publique.

Le rapport final fournira des recommandations pratiques et fondées sur les preuves à destination des professionnels de santé — médecins généralistes, psychiatres et autres spécialistes — une synthèse des recherches et une vision stratégique des études à mener ainsi que des contenus accessibles et pédagogiques pour les patients, leurs proches et les décideurs publics à travers le monde.

Une approche globale centrée sur les personnes concernées

La Commission reconnaît les recouvrements fréquents entre schizophrénie, trouble bipolaire, dépression majeure et autres syndromes psychiatriques. Elle adoptera ainsi une approche intégrée visant à dépasser les catégories diagnostiques strictes afin de mieux refléter la complexité des troubles psychotiques.

Les personnes concernées, leurs proches et les associations de patients occupent une place centrale dans les travaux de la Commission. Leur participation contribuera à l’interprétation des données scientifiques et garantira que les recommandations soient socialement pertinentes, réalisables et porteuses d’impact.

La Commission entend également lutter contre la stigmatisation, les discriminations, l’exclusion sociale et les inégalités d’accès aux soins, avec une attention particulière portée aux territoires où les services de santé mentale demeurent limités ou insuffisamment financés.

Les Core Experts qui composent cette Commission

Le rapport final de la Commission dressera un état des lieux des avancées scientifiques et cliniques majeures dans le champ de la schizophrénie, tout en mettant en lumière les zones d’ombre qui subsistent et les priorités qui devront guider la recherche et les pratiques cliniques au cours de la prochaine décennie.

Les travaux de la Commission seront structurés autour de neuf grands chapitres portant notamment sur la validité des diagnostics, les trajectoires et stades évolutifs de la maladie, l’épidémiologie et les facteurs de risque, les mécanismes biologiques et biomarqueurs, les comorbidités psychiatriques et somatiques, la stigmatisation et les réponses sociétales, les traitements, les recommandations cliniques et de santé publique, ainsi que les priorités de recherche pour les années à venir.

Afin de garantir une couverture exhaustive de ces thématiques, plusieurs experts internationaux ont été nommés responsables scientifiques et rédactionnels et coordonnent chacun un groupe d’experts sur la thématique dont ils sont responsables :

Peter Falkai (Allemagne) : Professeur et directeur du département de psychiatrie et psychothérapie de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich, porte-parole des Centres allemands pour la santé mentale (DZPG)

Alison Yung (Australie) : Médecin, NHMRC Research Leadership Fellow et professeure de psychiatrie à l’Institute for Mental and Physical Health and Clinical Translation (IMPACT), Deakin University

Maxime Taquet (Royaume-Uni) : MSc BM BCh MRCPsych PhD, professeur associé à l’Université d’Oxford

Rob McCutcheon (Royaume-Uni) : MRCPsych, PhD, professeur associé et psychiatre consultant à l’Université d’Oxford

Dan Siskind (Australie) : MBBS, MPH, PhD, FRANZC, psychiatre clinicien universitaire au Metro South Addiction and Mental Health Service et professeur de psychiatrie à l’Université du Queensland

Nicola Reavley (Australie) : Principal Research Fellow à la Melbourne School of Population and Global Health

Mark Weiser (Israël) : division de psychiatrie du Sheba Medical Center et professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv

Andreas Meyer-Lindenberg (Allemagne) : professeur et directeur du département de psychiatrie et psychothérapie de l’Université de Heidelberg, CEO et directeur médical du Central Institute of Mental Health de Mannheim

En réunissant des experts internationaux, une approche interdisciplinaire et l’expertise des personnes concernées, la Commission entend faire évoluer la compréhension, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychotiques à l’échelle mondiale, tout en contribuant à lutter contre la stigmatisation, les discriminations et l’exclusion sociale.

*Announcing the Lancet Commission on schizophrenia and psychotic disorders - The Lancet
Communique de presse, Fondation Fondamental, Fondation Sisley-d’Ornano, 24 mais 2026

Schizophrénie et troubles psychotiques : lancement d'une commission internationale d'experts - Santé Mentale

01 juin 2026

[Livre] : Et c’est moi qu’on enferme

Philippa Motte, Editions Stock, parution le 07/05/2025

RÉSUMÉ

"Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes closes, des mots savants, des piqûres et des sangles qu’ils utiliseront pour me maîtriser si je me risque à exprimer le fond de ma pensée."
À trente et un ans, Philippa Motte est internée sous contrainte dans un service psychiatrique. C’est la troisième fois. Elle y reste plusieurs mois, assommée de médicaments et confrontée à la brutalité de certaines pratiques de soin. Pour tenir, elle s’allie aux autres patients et fait certaines des plus belles rencontres de sa vie. Longtemps blessée par le regard d’une société qui marginalise ceux qui souffrent psychiquement, c’est finalement dans la lutte pour préserver son identité que Philippa trouve son humanité profonde. Un récit puissant qui donne à ressentir les violences psychiatriques, et qui rend leur dignité à celles et ceux qui les subissent.

« La douleur psychique fait mal dans le corps » : Philippa Motte voit le sport comme d'un outil face à la bipolarité

30 mai 2026

L’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police de Paris à nouveau mise en cause par la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté

Les personnes en soins sans consentement, amenées dans cette structure pour une évaluation psychiatrique, sont accueillies dans des conditions "indignes" avec une mise à l’isolement systématique jugée illégale, selon l’autorité administrative indépendante.

2011, 2019, 2026. Chaque décennie ou presque, l’institution publique chargée de veiller au respect des droits des personnes privées de liberté revient à la charge avec, dans son viseur, une structure parisienne bien particulière : l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police de Paris, dont elle conteste, au-delà de son fonctionnement, le statut juridique.
C’est de nouveau le cas dans les «recommandations en urgence» publiées au Journal officiel, vendredi 24 avril, par la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, qui exhorte à faire entrer cette infirmerie dans le «dispositif hospitalier de droit commun».

Située dans le 14e arrondissement parisien, cette structure, qui existe depuis 1872, présente la spécificité, pour un établissement aux missions sanitaires (évaluation psychiatrique, soins, orientation), d’être placée sous la tutelle de la Préfecture de police, et donc du ministère de l’intérieur.
Elle reçoit des personnes en soins sans consentement, amenées par les services de police, le plus souvent dans un contexte de garde à vue ou en raison d’un trouble avéré à l’ordre public, pour évaluer la nécessité d’une hospitalisation en psychiatrie.

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29 mai 2026

Pénurie de médicaments psy : l'État hors de cause ?

Psychotropes, traitements du TDAH, antiépileptiques... Face aux pénuries de médicaments qui frappent les personnes handicapées, le Conseil d'État estime que l'État agit déjà. Une décision qui laisse les patients dans l'attente.

Quétiapine, sertraline, venlafaxine… Autant de noms se terminant en « ine » et surtout en dèche pharmaceutique. Depuis 2024, les pénuries de psychotropes plongent des milliers de patients dans l'angoisse. Pour les personnes en situation de handicap psychique, ces ruptures peuvent provoquer rechutes, hospitalisations ou décompensations sévères. Dans ce contexte, le syndicat Jeunes Médecins avait saisi en octobre 2025 le Conseil d'État pour dénoncer « l'insuffisance » des réponses publiques face à la crise. Mais dans une décision rendue le 7 mai 2026, la plus haute juridiction administrative a rejeté leur requête. Le Conseil d'État estime que le ministère de la Santé et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ont déjà pris plusieurs mesures pour limiter les ruptures d'approvisionnement, notamment sur les médicaments psychotropes.

Des mesures d'urgence déjà activées par l'État

Le Conseil d'État détaille les actions engagées depuis 2024 : sanctions financières contre des laboratoires ne respectant pas leurs stocks de sécurité, interdictions d'exportation (autorisant dans le même temps des spécialités alternatives), importations de médicaments étrangers ou encore délivrance à l'unité pour certaines molécules comme la quétiapine (Handicap psy : la pénurie de quétiapine sème l'inquiétude). L'ANSM avait également autorisé des préparations magistrales pour pallier certaines ruptures. Une stratégie déjà dénoncée par plusieurs psychiatres et associations de patients, qui alertent sur une médecine « de bricolage ». Handicap.fr avait notamment documenté les conséquences de ces pénuries sur les personnes sous psychotropes, parfois contraintes de changer brutalement de traitement, avec des effets secondaires lourds.

Un "bouclier européen" contre les pénuries

Cette décision intervient alors que l'Union européenne tente d'organiser la « riposte » (Médicaments critiques : l'UE passe à l'action ). Le 12 mai 2026, un accord « provisoire » de trilogue a validé un futur mécanisme européen de solidarité pharmaceutique. Objectif : imposer un système d'alerte six mois avant les ruptures et organiser le partage des stocks entre États membres. Ce « bouclier européen » doit entrer progressivement en vigueur fin 2026, avec des obligations renforcées pour les industriels en 2027. Une avancée attendue dans un contexte où les personnes handicapées, notamment celles vivant avec un handicap psychique ou neurologique, restent particulièrement dépendantes de traitements parfois introuvables.

"Il subsiste des difficultés d'approvisionnement"

Malgré les dispositifs engagés, le Conseil d'État reconnaît noir sur blanc que « subsistent des difficultés d'approvisionnement, en particulier en quétiapine ». Mais pour la juridiction, cela ne suffit pas à démontrer une « méconnaissance caractérisée » des obligations de l'État. Pour les associations de patients, cette décision illustre surtout les limites d'un système de santé sous tension. Car derrière les débats juridiques, la réalité demeure brutale : pour de nombreuses personnes handicapées ou vivant avec des troubles psychiques, l'accès continu aux médicaments reste encore loin d'être garanti. Le Conseil d'État rappelle que l'État doit garantir la sécurité sanitaire, même si la responsabilité industrielle reste en première ligne dans cette crise systémique. De son côté, le syndicat des Jeunes médecins par la voix de sa présidente, le Dr Anna Boctor, a rétorqué que « les psychotropes ne sont pas des médicaments de confort. Derrière ces tensions, il y a des patients bipolaires, schizophrènes ou souffrant de troubles psychiatriques sévères, pour lesquels une rupture de traitement peut avoir des conséquences sévères ».

Pénurie de médicaments psy : l'État hors de cause ?

28 mai 2026

Schizophrénie – Un nouveau traitement mensuel franchit une étape clé vers son autorisation européenne

Les sociétés pharmaceutiques Teva et Medincell ont annoncé ce jeudi 21 mai 2026 que l’Agence européenne des médicaments (EMA) a accepté d’examiner leur demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l’Olanzapine LAI (TEV-‘749). Ce traitement, une injection sous-cutanée à libération prolongée administrée une fois par mois, est destiné aux adultes atteints de schizophrénie. S’il est approuvé, il pourrait représenter une avancée majeure pour des milliers de patients en Europe, en répondant au défi crucial de l’observance thérapeutique.

Lutter contre le défi de l’observance thérapeutique

La schizophrénie est une maladie chronique qui nécessite un traitement continu, souvent sous forme de comprimés quotidiens. Cependant, le suivi de ce traitement au long cours représente une difficulté majeure pour de nombreux patients, entraînant des rechutes et des hospitalisations. L’Olanzapine LAI a été spécifiquement conçue pour surmonter cet obstacle.

« L’observance thérapeutique reste un défi majeur pour les personnes atteintes de schizophrénie, en particulier pour celles qui dépendent des formes orales d’olanzapine. Notre olanzapine injectable à libération prolongée, administrée par voie sous-cutanée, pourrait apporter une plus grande stabilité en offrant l’efficacité et la sécurité éprouvées de l’olanzapine sous la forme d’un traitement mensuel », a déclaré Eric Hughes, vice-président exécutif et directeur médical de Teva.

Il ajoute : « L’absence d’une formulation d’olanzapine à action prolongée viable a, pendant trop longtemps, limité les options thérapeutiques disponibles, et nous sommes impatients de collaborer avec l’EMA pour contribuer à répondre à ce besoin médical non satisfait ».

Une pathologie invalidante au lourd fardeau

La schizophrénie touche entre 0,3 % et 1,5 % de la population européenne. Il s’agit d’un trouble mental chronique et gravement invalidant qui altère la pensée, les émotions et le comportement. Les conséquences sont souvent lourdes : isolement social, instabilité professionnelle et une espérance de vie réduite de 15 à 20 ans par rapport à la population générale. Les rechutes sont fréquentes, avec environ 80 % des patients en connaissant plusieurs au cours des cinq premières années de traitement. Chaque épisode comporte un risque de dégradation fonctionnelle et de résistance au traitement.

« L’olanzapine orale quotidienne est l’un des antipsychotiques les plus couramment prescrits aux personnes souffrant de schizophrénie en Europe, où les traitements injectables à libération prolongée sont déjà largement utilisés », a souligné Christophe Douat, Directeur Général de Medincell.

« Nous sommes convaincus qu’une formulation d’olanzapine à libération prolongée, pratique et qui s’intègre naturellement dans la vie des patients, pourrait contribuer à répondre à un besoin réel et durable dans la prise en charge de la schizophrénie ».

Une technologie innovante et un dossier clinique solide

La demande d’autorisation déposée auprès de l’EMA s’appuie sur un programme de développement clinique complet, incluant l’étude de phase 3 SOLARIS. Selon les entreprises, les résultats de cette étude ont démontré un profil d’efficacité et de sécurité pour l’Olanzapine LAI conforme à celui des formulations orales d’olanzapine déjà commercialisées.

Le traitement repose sur la technologie SteadyTeq™, une innovation brevetée par Medincell. Elle utilise un copolymère qui, une fois injecté sous la peau, forme un dépôt entièrement biorésorbable. Ce dernier assure une libération contrôlée, régulière et prolongée du principe actif pendant un mois. Le produit n’est pour l’heure approuvé par aucune autorité réglementaire dans le monde. Une demande similaire a été acceptée pour examen par la FDA aux États-Unis en février 2026.

À propos des entreprises engagées

Teva Pharmaceutical Industries Ltd. (https://www.tevapharm.com/) est une société biopharmaceutique mondiale qui développe et produit des médicaments innovants et génériques.

Medincell (https://www.medincell.com/fr/) est une société biopharmaceutique basée à Montpellier, spécialisée dans le développement de traitements injectables à action prolongée grâce à sa technologie propriétaire BEPO®. UZEDY®, un autre traitement contre la schizophrénie utilisant cette technologie, est déjà commercialisé aux États-Unis par Teva.

TEL AVIV : Schizophrénie - Un nouveau traitement mensuel franchit une étape clé vers son autorisation européenne - Presse Agence

27 mai 2026

ONU : la France inspectée sur les lieux d'enfermement

Pour la première fois, un mécanisme de l'ONU chargé de prévenir la torture visite la France du 17 au 23 mai 2026. Hôpitaux psychiatriques, prisons, centres fermés... Les enjeux concernent aussi les droits des personnes handicapées.

Du 17 au 23 mai 2026, le Sous-Comité pour la prévention de la torture (SPT), organe de l'ONU, mène une visite officielle en France afin d'inspecter plusieurs lieux de privation de liberté : prisons, centres de rétention, commissariats mais aussi établissements psychiatriques. L'objectif ? Prévenir les « traitements cruels, inhumains ou dégradants » en accédant directement aux lieux d'enfermement et aux témoignages des personnes concernées. Cette mission intervient dans un contexte déjà tendu, alors que la France est régulièrement épinglée pour ses pratiques en matière de psychiatrie, de handicap et d'enfermement. « Cette visite est l'occasion de voir la réalité du terrain », prévient l'ONU, qui remettra des conclusions confidentielles aux autorités. Face à l'absence de chiffres officiels centralisés sur la maltraitance institutionnelle, cette inspection internationale sonne comme un nouveau signal d'alarme pour la protection des droits fondamentaux.

Psychiatrie et handicap : des alertes déjà nombreuses

Ces dernières années, les critiques se sont en effet multipliées. Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a récemment dénoncé des « dysfonctionnements majeurs » à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (I3P) (CGPL: Alerte sur l'infirmerie psy de la préfecture de police), évoquant des atteintes aux droits fondamentaux des patients psychiatriques handicapés. L'ONU elle-même avait sévèrement critiqué la politique française du handicap en 2021, pointant le recours massif à l'institutionnalisation, le manque d'accessibilité et les atteintes à l'autonomie des personnes handicapées (Politique du handicap : l'ONU ne ménage pas la France). Dans les établissements fermés, associations et défenseurs des droits alertent depuis des années sur les pratiques d'isolement, de contention ou les ruptures de soins psychiatriques.
Selon l'ONU, les experts du SPT rencontreront autorités, professionnels, associations et personnes privées de liberté afin d'évaluer les risques de torture ou de mauvais traitements.

Une visite très attendue avant les conclusions de l'ONU

Alors que 96 États ont ratifié ce protocole de prévention (la France l'a ratifié en 2008), la transparence de l'État français sera scrutée de près. Le gouvernement acceptera-t-il de publier l'intégralité du rapport de l'ONU ? « Le SPT encourage les autorités françaises à en autoriser la publication, dans un souci de transparence et de responsabilité », peut-on lire sur le communiqué officiel publié le 12 mai 2026. Dans le champ du handicap psychique et du médico-social, les enjeux sont larges : respect du consentement, dignité des patients, conditions d'hospitalisation et contrôle des mesures coercitives. Alors que les alertes se multiplient sur l'état de la psychiatrie française, cette inspection internationale place désormais la France sous le regard direct des Nations unies.

ONU : la France inspectée sur les lieux d'enfermement

26 mai 2026

Pour un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie

La FNUJA – Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats, réunie en Congrès à Grenoble du 13 au 16 mai 2026, emboîte le pas à la CGLPL – Contrôleur général des lieux de privation de liberté et à nombre de soignants, en exigeant dans une motion l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie.

La FNUJA EXIGE ainsi l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie, applicable tant aux enfants admis en soins psychiatriques sans consentement qu’à ceux admis en « soins libres » sur décisions de ses représentants légaux ou du juge des enfants, afin de garantir le respect effectif de leur dignité et de leurs droits et libertés fondamentaux ;

Elle APPELLE de ses vœux une réforme du code de la santé publique prévoyant :

● La délivrance obligatoire d’une information écrite, adaptée et accessible à l’enfant hospitalisé sur ses droits et ses voies de recours dès son admission,
● Le recueil systématique des souhaits de l’enfant dès son admission, dès lors qu’il est apte à exprimer sa volonté, et ce, quel que soit son âge,
● L’instauration d’un contrôle juridictionnel systématique, par le magistrat en charge du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés dans le domaine des soins sans consentement, pour toute hospitalisation en psychiatrie d’un enfant, et ce dans un délai de 12 jours maximum suivant l’hospitalisation, et l’assistance ou représentation obligatoire par un avocat ;
● La prohibition absolue du recours à l’isolement et à la contention pour les enfants,
● l’interdiction de l’accueil de tout enfant en services de soins pour adultes,
● La garantie effective du droit à l’éducation durant le temps de l’hospitalisation,
● La désignation d’un administrateur ad hoc en cas d’opposition d’intérêts entre l’enfant et ses
représentants légaux

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