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26 mai 2026

Pour un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie

La FNUJA – Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats, réunie en Congrès à Grenoble du 13 au 16 mai 2026, emboîte le pas à la CGLPL – Contrôleur général des lieux de privation de liberté et à nombre de soignants, en exigeant dans une motion l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie.

La FNUJA EXIGE ainsi l’instauration d’un statut légal de l’enfant hospitalisé en psychiatrie, applicable tant aux enfants admis en soins psychiatriques sans consentement qu’à ceux admis en « soins libres » sur décisions de ses représentants légaux ou du juge des enfants, afin de garantir le respect effectif de leur dignité et de leurs droits et libertés fondamentaux ;

Elle APPELLE de ses vœux une réforme du code de la santé publique prévoyant :

● La délivrance obligatoire d’une information écrite, adaptée et accessible à l’enfant hospitalisé sur ses droits et ses voies de recours dès son admission,
● Le recueil systématique des souhaits de l’enfant dès son admission, dès lors qu’il est apte à exprimer sa volonté, et ce, quel que soit son âge,
● L’instauration d’un contrôle juridictionnel systématique, par le magistrat en charge du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés dans le domaine des soins sans consentement, pour toute hospitalisation en psychiatrie d’un enfant, et ce dans un délai de 12 jours maximum suivant l’hospitalisation, et l’assistance ou représentation obligatoire par un avocat ;
● La prohibition absolue du recours à l’isolement et à la contention pour les enfants,
● l’interdiction de l’accueil de tout enfant en services de soins pour adultes,
● La garantie effective du droit à l’éducation durant le temps de l’hospitalisation,
● La désignation d’un administrateur ad hoc en cas d’opposition d’intérêts entre l’enfant et ses
représentants légaux

Pour un statut légal de l'enfant hospitalisé en psychiatrie - Santé Mentale

22 mai 2026

"La radicalisation n’est pas un trouble psychiatrique !"

L’Assemblée nationale a adopté, le 5 mai une proposition de loi controversée qui vise à prévenir les risques d’attentat. 

Le texte, censé combler les "angles morts" du droit, crée une confusion entre radicalisation et troubles psychiques selon un collectif de vingt-neuf organisations de professionnels de la santé mentale et d’usagers. Dans un nouveau communiqué, ils réaffirment que "la radicalisation n’est pas un trouble psychiatrique" et rappellent leur ferme opposition à ce projet de loi qui doit être examiné en séance publique au Sénat à compter du 20 mai ...

21 mai 2026

[Sélestat] : Pour la conseillère municipale Anne Wieder, "il faut déstigmatiser le handicap psychique"

Psychologue à l’antenne sélestadienne du centre hospitalier d’Erstein depuis 21 ans, Anne Wieder s’est vu confié le poste de conseillère municipale déléguée en charge de la santé, de la prévention et du handicap.

Tous les jours, de nombreux Sélestadiens passent devant le centre de jour Liberté, à l’angle du boulevard Foch et de l’avenue de la Liberté, sans savoir qu’il abrite l’antenne sélestadienne du centre hospitalier (CH) d’Erstein. C’est là où Anne Wieder, nouvelle conseillère municipale déléguée (CMD) en charge de la santé, de la prévention et du handicap de la Ville de Sélestat, travaille en tant que psychologue.

« Cela fait 21 ans que j’occupe ce poste », souligne-t-elle. Quand elle a commencé à travailler pour le CH, Anne Wieder, 46 ans cette année, habitait encore à Saint-Louis. Et devait se rendre tous les jours à Erstein, soit une centaine de kilomètres aller, la même chose retour. « J’ai fait les trajets pendant trois ans », confie-t-elle...

Sélestat. Pour la conseillère municipale Anne Wieder, « il faut déstigmatiser le handicap psychique »

20 mai 2026

Inflammation : une piste clé en psychiatrie

Repérer un simple marqueur sanguin pourrait transformer la prise en charge des troubles psychiatriques sévères. Une étude sur 7 000 patients ouvre la voie à des soins plus personnalisés, intégrant mode de vie et santé métabolique.

Et si une prise de sang permettait d'adapter les traitements en psychiatrie ? Une étude internationale menée par le centre SINAPS, en partenariat avec la Fondation FondaMental, met en lumière un levier concret : l'inflammation chronique de bas grade.
Selon les chercheurs, près de 30 % des patients souffrant de dépression résistante, de schizophrénie ou de troubles bipolaires présentent un taux élevé de CRP (protéine C-réactive), un biomarqueur de l'inflammation. Publiés dans la revue Brain, Behavior, and Immunity, ces travaux reposent sur l'analyse de plus de 7 000 patients suivis en France.

Des facteurs de risque bien identifiés

L'étude établit un lien clair entre inflammation et facteurs de santé déjà connus : surpoids, obésité, troubles métaboliques ou tabagisme. Autant d'éléments souvent associés aux maladies cardiovasculaires, mais désormais reconnus comme influençant aussi la santé mentale.
Autre enseignement clé : des différences selon le sexe. Chez les femmes, l'inflammation est davantage liée au poids et aux déséquilibres métaboliques, ainsi qu'à certains biomarqueurs comme l'acide urique. Chez les hommes, le tabagisme apparaît comme un facteur déterminant.

Vers une psychiatrie de précision

Ces résultats ouvrent la voie à une approche plus ciblée des soins. La CRP pourrait devenir un signal d'alerte clinique, permettant d'ajuster les traitements au profil de chaque patient.
« Comprendre si un patient présente une composante inflammatoire […] permet d'associer aux traitements classiques des interventions précoces ciblées », explique Tim Rietberg, doctorant à l'Université d'Anvers. Cela inclut des actions concrètes : activité physique, amélioration de l'alimentation, arrêt du tabac, voire traitements anti-inflammatoires spécifiques.
Pour la Pr Livia de Picker, « la psychiatrie de précision nous permet de sortir d'une approche standardisée », en affinant les diagnostics et les stratégies thérapeutiques.

Un enjeu majeur de santé globale

Au-delà des symptômes psychiatriques, ces travaux rappellent l'importance du lien entre santé mentale et physique. « Les personnes souffrant de maladies psychiatriques ont une espérance de vie réduite de 10 ans en moyenne », souligne la Pr Marion Leboyer.
En intégrant davantage les dimensions métaboliques et inflammatoires, cette recherche pourrait contribuer à améliorer le pronostic global des patients. Prochaine étape : des études prospectives pour mesurer l'impact concret de ces interventions ciblées.
Une avancée qui confirme une tendance de fond : la psychiatrie s'oriente vers des solutions personnalisées, où biologie et mode de vie deviennent des alliés majeurs du soin.

Inflammation : une piste clé en psychiatrie

19 mai 2026

Dépression résistante : une urgence de santé publique encore sous-estimée

Des psychiatres experts, l’association France Dépression et l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) formulent cinq propositions concrètes pour « mettre à niveau » la prise en charge de la dépression résistante, qui concerne près d’un million de personnes en France.

La dépression résistante, qui se caractérise par la persistance de l’épisode dépressif malgré au moins deux traitements antidépresseurs successifs bien conduits ou qui n’évolue pas suffisamment favorablement, est trop souvent « synonyme d’errance thérapeutique », dénoncent, dans un document des psychiatres, les associations de patients et de familles France Dépression et l’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ ou handicapées psychiques (Unafam). Pour mieux la prendre en charge, ce collectif fait cinq propositions :

– Renforcer la formation des professionnels de santé au repérage et à la prise en charge de la dépression résistante, grâce à des outils que devra élaborer Santé publique France (SpF), notamment car la détection précoce permet de « mieux traiter la dépression, l’empêchant de devenir résistante », alors que « le pic d’apparition des maladies psychiatriques, en particulier l’anxiété et la dépression, survient à 14 ans et demi« , précise le pédopsychiatre Pr Olivier Bonnot, nouveau président du Conseil national des universitaires de psychiatrie (CNUP). Le collectif propose ainsi « d’intégrer la dépression résistante dans les enseignements de psychiatrie et de médecine générale, dans les études médicales, en lien avec le Conseil national des universités en psychiatrie et les collèges universitaires », ou encore « l’élaboration de modules pédagogiques dédiés portant sur le repérage, la gradation thérapeutique, les innovations thérapeutiques et la prise en charge des comorbidités ». Le collectif préconise également « d’inscrire la thématique parmi les orientations prioritaires du Développement Professionnel Continu (DPC) ».

-Parmi les autres propositions, les auteurs de ce plaidoyer défendent une campagne de sensibilisation des professionnels de santé, grâce notamment à l’élaboration d’outils d’aide à la décision par Santé publique France (fiches cliniques, arbres décisionnels), à la diffusion d’informations via les canaux de l’Assurance Maladie et de l’Ordre des médecins ou encore à l’intégration d’outils de repérage directement dans les logiciels de prescription des médecins.

–Les signataires appellent aussi à établir un parcours de soins gradué articulant médecine de ville, structures spécialisées et centres experts, prenant aussi en charge les comorbidités et addictions des patients. Au niveau de la mise en œuvre de cette proposition, le collectif suggère « une saisine ou auto-saisine de la Haute Autorité de Santé afin d’élaborer des recommandations nationales précisant les critères de dépression résistante, les stratégies thérapeutiques selon les lignes de traitement et les modalités d’orientation vers les différents niveaux de recours » ou encore « la publication d’une instruction ministérielle demandant aux agences régionales de santé d’intégrer ce parcours dans les projets régionaux de santé et d’identifier les structures de recours sur leur territoire (psychiatrie hospitali.re, centres experts, dispositifs de prise en charge des addictions) ».

-Garantir un accès équitable aux approches thérapeutiques en psychiatrie

-Renforcer la qualité et l’harmonisation des pratiques de prise en charge de la dépression résistante :les auteurs souhaitent par exemple l’élaboration par la HAS d’un référentiel de bonnes pratiques couvrant le diagnostic et le suivi, la diffusion de ces recommandations auprès des professionnels via les sociétés savantes et les organismes de formation et l’intégration de ces critères dans les processus de certification de la qualité des établissements de santé.

Dépression résistante : une urgence de santé publique encore sous-estimée - Santé Mentale

18 mai 2026

[Enquête] : Donner la parole aux personnes vivant avec un trouble psychique

Nous vous relayons cette proposition...

Madame, Monsieur,

Je vous écris pour vous transmettre un questionnaire intitulé :
« Mieux accompagner les personnes vivant avec un trouble psychique ».

Je m’appelle Alexandre Haÿs. Je suis pair-aidant en santé mentale et co-fondateur de l’association poitevine Les (Im)patients.

Ce questionnaire s’adresse aux personnes qui vivent avec un trouble psychique.

Si c’est votre cas, vous pouvez y voir une occasion de partager votre expérience, avec vos propres mots : ce qui vous a aidé, ce qui vous a blessé, ce qui vous a soutenu, ce qui vous a redonné confiance, ou ce qui a parfois rendu votre parcours plus difficile.

Cette démarche part d’une idée simple : pour mieux accompagner les personnes concernées, il faut d’abord les écouter. Souvent, on parle d’elles, sur elles, ou à leur place. Ici, l’objectif est de partir de votre vécu, de votre quotidien, de votre rapport aux soins et à l’accompagnement.

Les réponses sont anonymes. Vous pouvez répondre librement, passer certaines questions, prendre votre temps et partager ce que vous voulez.

Voici le lien :
https://forms.gle/cwFZFHpiukxix6BX9

Si vous recevez ce message en tant que structure, association, professionnel ou proche, auriez-vous la gentillesse de transmettre ce formulaire aux personnes directement concernées qui pourraient souhaiter y répondre ?

Les réponses recueillies permettront de faire émerger des repères concrets pour mieux accompagner les personnes vivant avec un trouble psychique, mieux outiller les proches et les professionnels, et encourager des pratiques plus justes, plus respectueuses et plus humaines.

Je vous remercie sincèrement pour votre lecture, votre réponse éventuelle ou votre relais.

Bien cordialement,

Alexandre Haÿs

Pair-aidant en santé mentale. Mail : hays86000@gmail.com

Co-fondateur de l’association Les (Im)patients, engagée auprès des personnes atteintes de troubles psychiques
www.impatients-entraide-psy.fr

15 mai 2026

28 mai : Journée de sensibilisation pour rendre visible le trouble borderline - Strasbourg

Le service GREMO-PASS des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg organise le

Jeudi 28 mai 2026 à Strasbourg,

"La Vague Orange" 

Il s'agit d'une journée de sensibilisation autour du trouble de la personnalité borderline et de la prévention du suicide.

Déroulé de la journée :
📍 Place d’Austerlitz – Strasbourg
• 12h – 17h : village associatif avec stands, échanges et animations
• 14h – 15h30 : marche citoyenne dans le centre-ville → pour rendre visible une réalité encore trop souvent invisibilisée. Venez marcher avec nous !

📍 Le Shadok
• 17h30 – 19h30 : tables rondes ouvertes au public → échanges entre personnes concernées, proches, associations et professionnel·le·s
• 20h : moment musical

👉 Vous trouverez ci-dessous l’affiche et le dépliant de l’événement :
Dépliant vague orange 2026_0.pdf, 3.37 Mo
Affiche vague orange 2026.pdf, 2.67 Mo

12 mai 2026

Pollution environnementale : un facteur de risque pour la santé mentale

Particules fines, dioxyde d’azote, bruit des transports, métaux lourds, perturbateurs endocriniens… l’exposition à la pollution environnementale pourrait contribuer au développement de troubles psychiatriques, tels que la dépression, le trouble bipolaire ou la schizophrénie.

C’est ce que souligne un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), qui s’appuie sur une revue systématique de la littérature [1]. L’agence appelle à mieux intégrer ces données dans les politiques de santé publique.

Les données sont désormais assez convergentes et constituent une base solide en faveur de l’implication de la pollution atmosphérique dans l’apparition de pathologies mentales

Pr Franck Schurhoff

« Le nombre croissant de données établissant un lien entre la pollution et les troubles de la santé mentale souligne l’urgence d’intégrer les politiques environnementales et de santé publique », indique l’agence. « Même des réductions modestes des niveaux de pollution pourraient apporter des améliorations significatives en matière de santé mentale à l’échelle de la population. »

En 2023, les troubles mentaux représentent la sixième cause de handicap et la huitième cause de mortalité dans l’Union européenne. Depuis les années 2000, leur prévalence est en hausse constante. Si l’influence de facteurs psychosociaux liés à la vie en milieu urbain (stress, insécurité, précarité…) a longtemps focalisé l’attention des chercheurs, l’implication de la pollution est de plus en plus pointée du doigt.

Deux fois plus de maladies psychiatriques en zone urbaine

« L’effet de la pollution de l’air sur la santé mentale est étudié depuis seulement 10 à 15 ans », a souligné auprès de Medscape édition française le Pr Franck Schurhoff (Hôpital Henri-Mondor, AP-HP, Créteil). « Les données sont désormais assez convergentes et constituent une base solide en faveur de l’implication de la pollution atmosphérique dans l’apparition de pathologies mentales. »

Les particules fines (PM10 et PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2) sont parmi les polluants les mieux documentés. Selon l’AEE, les revues systématiques disponibles mettent en évidence un lien statistiquement significatif entre une exposition chronique à ces polluants et les symptômes dépressifs.

La pollution de l’air pourrait non seulement favoriser l’apparition de troubles, mais aussi en aggraver les symptômes et l’évolution.

Le lien entre environnement urbain et santé mentale a d’abord été mis en évidence à travers l’urbanicité, c’est-à-dire le fait de naître, grandir et vivre en ville, explique le psychiatre, coordonnateur d’un projet sur la question (voir encadré). Selon une revue récente à laquelle il a participé, le risque de troubles psychotiques est environ deux fois plus élevé en milieu urbain qu’en zone rurale, avec un risque relatif compris entre 2 et 2,5 dans les méta-analyses, suivant une relation dose-réponse [2].

Pour autant, « l’urbanicité n’est pas un facteur de risque en soi, mais un agrégat de facteurs sociaux et environnementaux », précisent les auteurs. Parmi ces facteurs figurent la fragmentation sociale, l’isolement et la précarité, ainsi qu’un moindre accès aux espaces verts et une exposition accrue à la pollution atmosphérique.

Concernant spécifiquement la pollution de l’air, « les études se sont intéressées à son rôle à la fois comme facteur de risque et comme facteur modificateur de la maladie psychiatrique, susceptible d’influencer son évolution chez les patients déjà atteints », souligne le psychiatre. Elle pourrait ainsi non seulement favoriser l’apparition de troubles, mais aussi en aggraver les symptômes et l’évolution.

L’exposition à la pollution de l’air extérieur pendant des périodes critiques du développement cérébral – in utero, pendant l’enfance et l’adolescence – est associée à des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau

Le moment et la durée de l'exposition sont des critères fondamentaux. De nombreuses études suggèrent un effet à long terme d’une exposition précoce, y compris in utero. « Des travaux ont montré que l’exposition à la pollution de l’air pendant la grossesse ou l’enfance augmente le risque de troubles psychiatriques 15 à 20 ans plus tard ».

L’hypothèse d’une neuro-inflammation chronique

Ces observations sont cohérentes avec les données en neurosciences, note l’AEE. « L’exposition à la pollution de l’air extérieur pendant des périodes critiques du développement cérébral – in utero, pendant l’enfance et l’adolescence – est associée à des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau. »

Plusieurs études montrent une association entre les pics de pollution et une augmentation des épisodes dépressifs ou des décompensations psychotiques.

Plusieurs mécanismes sont avancés, en particulier une réponse inflammatoire systémique. « Les polluants inhalés stimulent la production de cytokines pro-inflammatoires au niveau pulmonaire. Ces médiateurs peuvent ensuite franchir la barrière hémato-encéphalique et induire une neuro-inflammation chronique », explique le Pr Schurhoff. Cette inflammation favoriserait alors l’émergence ou l’aggravation de troubles psychiatriques.

Au-delà de ce risque à long terme, certaines données suggèrent également un effet aigu. Plusieurs études montrent une association entre les pics de pollution et une augmentation des épisodes dépressifs ou des décompensations psychotiques, notamment chez les patients atteints de schizophrénie.

Dans une étude menée sur 11 ans en région parisienne, les équipes du Pr Schurhoff ont observé une hausse des passages aux urgences pour troubles psychotiques et épisodes dépressifs lors des pics de particules fines (PM2.5 et PM10)[3]. La corrélation apparait plus marquée entre le nombre annuel de pics de PM2,5 et les passages pour troubles psychotiques.

Ces résultats restent observationnels, mais renforcent l’hypothèse d’un impact direct de la pollution atmosphérique sur la santé mentale.

Vers une évolution des politiques publiques ?

Si le lien de causalité n’est pas formellement établi, les données apparaissent convergentes. Pour l’AEE, la réduction de la pollution pourrait contribuer à améliorer le bien-être mental. « Même une augmentation modeste du risque peut avoir un impact important à l’échelle de la population, compte tenu de la forte prévalence des troubles mentaux. »

Ces éléments plaident pour une évolution des politiques publiques, estime l’agence. Jusqu’à présent, les stratégies de réduction de la pollution atmosphérique ont été principalement justifiées par leurs bénéfices respiratoires et cardiovasculaires. « Elles pourraient également avoir des bénéfices pour la santé mentale » et contribuer ainsi à « réduire la charge des troubles mentaux » à l’échelle de la population.

Au-delà de la pollution atmosphérique, l’AEE souligne également le rôle du bruit de l’environnement. Les données montrent que l’exposition chronique au bruit des transports est ainsi associée à une augmentation du risque de dépression (+3 %) et d’anxiété (+2 %).

À l’inverse, l’exposition aux espaces verts apparaît comme un facteur protecteur, associé à une réduction du stress et à une amélioration du bien-être psychique.

En France, plusieurs travaux de recherche en cours

Malgré les arguments suggérant un impact neurotoxique, les liens entre pollution atmosphérique et troubles mentaux sont encore peu étudiés en France. Pour étudier l’influence de la pollution de l’air sur les risques de schizophrénie, de troubles bipolaires et de troubles du spectre de l’autisme, le Pr Schurhoff et ses équipes prévoient la mise en place d’ une chaire d’excellence , coordonnée par la Fondation FondaMental, avec l’objectif notamment de mener des études cliniques.

Coordonnée par l’université Paris-Est Créteil, le projet PUMA vise à « examiner le lien entre l’urbanicité, la pollution de l’air et les troubles psychiatriques ». Une étude vient d’être lancée pour étudier les effets à court terme de la pollution de l’air au niveau individuel en équipant de capteurs de pollution des patients atteints d’un trouble bipolaire, de schizophrénie, de dépression résistante ou d’un trouble du spectre de l’autisme.

« Leur exposition à la pollution va être enregistrée en temps réel pendant un mois. En parallèle, ils seront invités à renseigner leur état psychologique sur une application trois fois par mois », a expliqué le Pr Schurhoff. « Il s’agit de vérifier si leur état psychologique varie en fonction de l’intensité de la pollution ».

Autre étude en projet portée par la Fondation FondaMental : l’étude rétrospective Pollupsyqui vise à déterminer s’il existe un lien entre le niveau d’exposition à la pollution atmosphérique et le risque de développer une schizophrénie, un trouble du spectre de l’autisme ou un trouble bipolaire, dans un premier temps pendant la vie entière, puis pendant les différentes périodes du neurodéveloppement.

« L’exposition des personnes ayant un trouble à différents polluants sera mesurée depuis leur naissance jusqu’à leur inclusion dans l’étude, en utilisant l’historique résidentiel de chacun, et comparée à des sujets sans trouble psychiatrique », précise le psychiatre, responsable scientifique de l’étude. « On peut ainsi estimer les niveaux d’exposition, selon le lieu de résidence, en remontant jusqu’à 30 ans en arrière ».

Références

Pollution and mental health: current scientific evidence, European Environment Agency, publication en ligne du 3 mars 2026. Source


Pignon B, Szöke A, Ku B, Melchior M, Schurhoff F, Urbanicity and psychotic disorders: Facts and hypotheses, Dialogues in Clinical Neuroscience. 2023 Dec;25(1):122-138. Source


Pignon B, Borel C, Lajnef M, Richard JR, Szöke A, Hemery F, Leboyer M, Foret G, Schürhoff F, PM2.5 and PM10 air pollution peaks are associated with emergency department visits for psychotic and mood disorders, Environmental Science and Pollution Research. 2022; ;29(59):88577-88586. Source

Pollution de l‘air : un facteur de risque pour la santé mentale

11 mai 2026

Les mauvaises idées pour prendre soin de sa santé mentale

Problème, on pense que celles-là c'est OK (hélas, non...)
Comment sortir de l'escalier sans fin ?


1- Penser positif, quoi qu'il arrive
-voir uniquement le bon côté des choses
-problème : ça ne fait pas disparaître mais recouvrir l'émotion difficile. Et ça peut la faire revenir plus fort en boomerang
-les émotions négatives sont des signaux, pas des ennemis

2- Éviter tout ce qui fait souffrir
-c'est utile, mais à court terme.
-problème : votre cerveau fait cette observation : "J'ai évité et je me sens soulagé"
-Il apprend que vous aviez bien raison d'avoir peur, et il la confirme
-l'évitement, c'est l'engrais de la peur

3- En parler encore et encore à ses proches
-parler, expliquer, partager, se soutenir aide
-le piège : tourner sans fin à deux en co-ruminant. On s'alimente mutuellement sans avancer
-parler de sa souffrance, ce n'est pas la même chose que travailler dessus en psychothérapie

4- Attendre de se sentir prêt avant d'agir
-"J'attends de me sentir motivé"
-problème : attendre d'être prêt, c'est attendre quelque chose qui ne viendra que si on commence
-la motivation se nourrit de l'action, et pas l'inverse. C'est en démarrant qu'on devient prêt

5- Continuer à ruminer quand on n'a pas trouvé de solution
-alors on cogite encore et encore
-problème : à un moment c'est comme un hamster qui court dans une roue : épuisant et non productif
-la qualité d'une solution ne se mesure pas en quota horaire

6- Chercher uniquement le "pourquoi" salvateur
-comprendre est important
-problème : quand cette quête devient obsédante, elle retarde tout
-je peux comprendre pourquoi je me suis blessé à vélo, mais le savoir ne dispense pas chirurgie + rééducation
-le soin c'est aussi le "comment"

7- Attendre d'une consultation d'être longue pour être efficace
-s'il faut du temps pour comprendre la situation, 1 h avec son psy peut conforter sans faire bouger grand chose
-il peut se passer quelque chose même dans une consultation de 20 min
-la précision compte, pas le chrono

8- Devoir absolument être exhaustif avec son psy
-vous préparez vos séances comme un exposé sans trame ?
-problème : le principal se noie dedans
-ce qui compte : bien définir vos problématiques et objectifs ensemble. Pas préparer une autobiographie

9- Chercher le médicament miracle qui résout tout
-un 💊 c'est ok quand un trouble bloque tout
-problème : il ne règle pas tout et ne fait pas voir la vie en rose
-son objectif : aider à apaiser et reprendre pied
-il rend possible la psychothérapie, et c'est déjà beaucoup !

10- Croire qu'aller mieux = ne plus rien ressentir de désagréable
-un tel souhait rend une guérison impossible et irréaliste
-objectif : pouvoir ressentir et traverser sans s'effondrer, et non s'anesthésier émotionellement
-la tristesse et l'anxiété sont saines et utiles !

Sortir de l'escalier sans fin, ça commence déjà par reconnaître qu'on y est.

Ça vous a parlé ? Faites largement circuler ce texte (à télécharger ici). 


C'est déjà une vraie bonne idée pour prendre soin de notre santé mentale.

Docteur David MASSON




07 mai 2026

"Je suis une personne, pas une maladie" : atteint de schizophrénie, Bernard s’est inséré professionnellement

Bernard Royer de Véricourt, 56 ans, diagnostiqué schizophrène depuis ses 24 ans, plaide pour une réhabilitation psychosociale par le travail. C’est par ce biais, et grâce à un traitement médicamenteux, qu’il s’est stabilisé et a retrouvé du sens à sa vie.

Le regard de Bernard Royer de Véricourt, 56 ans et demi, est averti tandis qu’il guette les innombrables serre-joints qui maintiennent les lattes de bois à la recherche de ceux qui méritent un petit coup de pompe. Avec plusieurs patients du Césame - dont les noms resteront gravés sur l’embarcation -, le centre de santé mentale angevin, il construit sa quatrième barque en bois dans le cadre du chantier naval thérapeutique mis en place par l’établissement il y a plusieurs années.

C’est en 1993 que Bernard est diagnostiqué schizophrène. Un coup de massue. À l’époque, c’est soit on travaillait, soit on touchait l’Allocation aux adultes handicapés. À seulement 24 ans, son horizon se réduit, ses parents y contribuant fortement. Ils m’ont beaucoup stigmatisé, ont mis la pression sur le corps médical et martelaient que de toute façon, je ne travaillerai jamais. Sa maladie se caractérise alors par des angoisses fréquentes, marquées par des bouffées délirantes, des dissociations avec la réalité et générant des hospitalisations longues freinant par à-coups son parcours professionnel.

La réhabilitation par le travail

Mais Bernard le sait, je suis une personne, pas une maladie. Alors pour rebondir, il passe plusieurs diplômes, s’essaie à diverses professions pour tourner la page. D’abord des études de médecine soldées par un échec, puis un BTS conducteur de travaux, un brevet de paysagisme, ensuite le travail dans les vignes, la vie de père au foyer, avant, finalement, de trouver sa voie, pas si éloignée de celle de son grand-père marin : charpentier de marine.

Contractuel depuis octobre 2022 au sein du Césame en tant que moniteur-éducateur, Bernard fait partie d’une minorité. En effet en France, seules 38 % des personnes en situation de handicap psychique sont en emploi. C’est dans l’objectif de faire émerger des solutions afin de leur faciliter l’accès et le maintien dans l’emploi que se tient ce jeudi 30 avril le Forum emploi et santé mentale au Campus Pierre-Cointreau organisé par l’Alliance pour la Santé Mentale, la Fédération Santé mentale France et Fabrice Le Peutrec, formateur engagé sur les questions d’insertion et de troubles psychiques.

« Je suis une personne, pas une maladie » : atteint de schizophrénie, Bernard s’est inséré - Angers.maville.com