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02 janvier 2025

Régime cétogène et psychose : les résultats d'une étude surprenante

Une étude publiée en 2024 dans la revue Psychiatry Research a montré des résultats prometteurs quant à l'utilisation d'un régime cétogène pour réduire les symptômes des troubles bipolaires et de la schizophrénie, tout en inversant le syndrome métabolique. Bien qu'il s'agisse d'une petite étude, d'autres recherches ont déjà démontré l'efficacité de ce régime pour atténuer les symptômes de la schizophrénie.
Cependant, c'est la première fois qu'une étude inclut également les troubles bipolaires.

Des similitudes frappantes entre les deux conditions

Bien que les troubles bipolaires et la schizophrénie soient des maladies distinctes, elles partagent des similitudes étonnantes sur le plan biologique. Les deux conditions impliquent des perturbations des neurotransmetteurs comme la dopamine et le glutamate. Les scanners cérébraux des personnes atteintes révèlent des changements structurels dans des régions similaires du cerveau.

De plus, les deux maladies sont associées à un degré élevé d'inflammation cérébrale et de stress oxydatif, ce qui explique l'efficacité des cétones.
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19 novembre 2024

Dépression psychotique : plus qu'une simple dépression nerveuse

La dépression psychotique, considérée comme la forme la plus grave de dépression, touche environ 15 % des personnes souffrant d'épisodes dépressifs majeurs. Ce type de dépression est relativement fréquent et souvent sous-diagnostiqué.

Une page web est consacrée à cette dépression. Voir ci-dessous le sommaire :

Dépression psychotique : plus qu'une simple dépression nerveuse
Définition : qu'est ce que la psychose, ou une crise psychotique ?
Dépression psychotique : un trouble mental qui associe une dépression sévère à des symptômes de psychose

Symptômes : comment se comporte une personne psychotique ?
Symptômes de dépression classique
Symptômes psychotiques spécifiques

Episode psychotique, schizophrénie, trouble délirant : comment différencier ces troubles mentaux d'une mélancolie délirante ?

Comment soigner une dépression psychotique ?
Traitements médicamenteux : antidépresseurs et antipsychotiques
Electroconvulsivothérapie : une technique mobilisée en cas de résistance aux médicaments
Importance du suivi thérapeutique

Dépression psychotique : une des formes les plus sévères de dépression | Elsan



10 octobre 2024

Schizophrénie : que se passe-t-il dans le cerveau quand on entend des voix ?

Une nouvelle étude met en évidence les anomalies du cerveau chez les patients schizophrènes qui souffrent d’hallucinations auditives.

Les personnes atteintes de schizophrénie entendent souvent des voix en l'absence de toute source sonore externe. Une nouvelle étude, publiée dans la revue PLOS Biology*, vient mettre un peu plus en lumière les mécanismes du cerveau – et ses processus défaillants – qui se cachent derrière ces hallucinations auditives.

Deux processus cérébraux perturbés chez les schizophrènes

Chez une personne en bonne santé, lorsqu'on se prépare à parler, le cerveau envoie un signal appelé "décharge corollaire", qui supprime la perception de sa propre voix. Ce mécanisme permet de distinguer les sons produits par soi-même des sons venant de l’extérieur. Mais cette nouvelle recherche, menée par des scientifiques de l'Université de New York Shanghai (Chine), montre que chez les patients schizophrènes qui entendent des voix, cette décharge corollaire ne fonctionne pas correctement : au lieu de supprimer ces sons internes, le cerveau des patients amplifie leur perception, d'après un communiqué**.

En parallèle, les chercheurs ont mis en évidence une autre anomalie : la "copie efférente". Ce signal est une sorte de brouillon interne des sons qu'une personne prévoit de produire. Mais chez les patients souffrant d'hallucinations auditives, cette copie efférente est amplifiée, plus bruyante. Autrement dit, le cerveau entend ces sons internes comme s'ils étaient plus forts – ou plus "réels" qu'ils ne le sont en réalité.

Mieux traiter les hallucinations auditives des patients

L'incapacité à bien distinguer les sons internes et externes provoque, chez les personnes schizophrènes, une confusion entre leurs propres pensées et des voix perçues comme venant de l'extérieur, leurs voix fantômes. Les scientifiques ont observé cette différence en comparant, à l’aide d’un électroencéphalogramme, les ondes cérébrales de 20 patients schizophrènes avec hallucinations auditives et 20 autres patients schizophrènes qui n'avaient jamais eu de tels symptômes.

Il apparaît que le dysfonctionnement des connexions fonctionnelles entre les systèmes moteur (responsable de la parole) et auditif (responsable de l’écoute) semble jouer un rôle central dans cette incapacité à distinguer réalité et imagination.

Comprendre ces mécanismes pourrait, selon l’équipe de recherche, ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients schizophrènes souffrant d'hallucinations auditives. En ciblant les processus défectueux de la décharge corollaire et de la copie efférente, il serait possible de diminuer la fréquence ou l'intensité des voix entendues par ces patients.

*Impaired motor-to-sensory transformation mediates auditory hallucinations | PLOS Biology

** Brain scan study shows what happens in the brain when a person with schizophrenia hears voices (medicalxpress.com)

Fréquence médicale (frequencemedicale.com)

16 février 2024

Trouble de la personnalité schizoïde : symptômes, diagnostic, prise en charge

Recensé parmi les troubles de la personnalité dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), le trouble de la personnalité schizoïde se définit comme une forme atténuée et non psychotique de la schizophrénie. Autrefois qualifiée de trouble de la personnalité antisociale, cette pathologie psychiatrique ne fait pas l’objet d’un consensus, car ses contours restent aujourd’hui encore mal définis. Quelles sont les principales caractéristiques de la personnalité schizoïde ? Comment est-elle détectée et traitée ?

Trouble de la personnalité schizoïde : le tableau clinique

Le trouble de la personnalité schizoïde se définit par une inadaptation et une prononciation excessive de certains traits de caractère. À terme, cette inadéquation pathologique a un impact notable sur le fonctionnement général de la personne concernée. Dans le cadre de ce trouble de la personnalité, le schizoïde présente un désintérêt majeur pour les interactions sociales ainsi que pour les sensations physiques et sensorielles. Dans les faits, les personnalités schizoïdes préfèrent largement être seules qu’en présence d’autrui. Le regard que l’autre porte leur importe peu, ce qui renvoie d’elles une image égocentrique, distante et individualiste. Ces personnes se réfugient très largement dans un monde intérieur, au sein duquel elles ont créé leur propre univers, parfois bâti sur des croyances mystiques, voire des relations imaginaires. Les symptômes du trouble de la personnalité schizoïde n’évoluent que très peu au cours de la vie, contrairement à d’autres troubles de la personnalité, qui tendent à s’améliorer.

Trouble de la personnalité schizoïde : le diagnostic

Pour établir le diagnostic du trouble de la personnalité schizoïde, les professionnels de santé peuvent s’appuyer sur les classifications internationales qui établissent des critères précis. C’est le cas, notamment, du DSM-V, qui fait figure de référence en la matière. Ainsi, la personne schizoïde doit au moins répondre à quatre de ces manifestations (d’après Le Manuel MSD) :

  • Ne pas rechercher les relations interpersonnelles, y compris avec les membres de sa famille.
  • Privilégier les activités solitaires.
  • Ne pas présenter un intérêt pour les relations sexuelles.
  • Ne pas prendre de plaisir à pratiquer une activité.
  • Ne pas avoir d’amis en dehors de ses parents.
  • Être indifférente au regard d’autrui, aux compliments comme aux critiques.
  • Ne pas exprimer d’émotions, et faire preuve de détachement face aux interactions avec les autres.

En outre, les psychologues et psychothérapeutes prennent en compte des éléments plus individualisés comme le parcours médical du patient, l’apparition des manifestations cliniques, la souffrance qu’il exprime, ou encore l’impact de ses différents symptômes sur sa vie privée et professionnelle. Le comportement de la personne lors de la consultation constitue aussi un précieux indice pour déterminer l’existence — ou non — d’un trouble de la personnalité.

Trouble de la personnalité schizoïde : la prise en charge


En France, les troubles de la personnalité représentent entre 30 et 40 % de la population psychiatrique, d’après le docteur en pharmacie Sarah Dapzol. Ceux-ci peuvent revêtir une intensité et des conséquences diverses et variées. Généralement, les personnes présentant une personnalité schizoïde sont très souvent peu ou mal diagnostiquées, car elles ont tendance à intérioriser leurs affects. Or, la précocité de la prise en charge revêt une réelle importance dans le cadre du trouble de la personnalité schizoïde. Plus le patient grandit, plus sa plasticité mentale se fige, et plus ses traits de personnalité pathologiques se stabilisent. Dans le cadre de ce trouble psychique, la psychothérapie constitue le principal traitement de fond. Mais pour être efficace, celle-ci suppose l’adhésion du patient, ainsi que l’instauration d’un climat de confiance avec le psychothérapeute.

Deux types de psychothérapies sont ainsi privilégiés :

La thérapie de soutien : cette forme thérapeutique vise à soulager la souffrance de la personne schizoïde en apaisant ses symptômes, et en l’aidant à mieux s’adapter aux diverses situations de la vie. Il s’agit d’une psycho-rééducation susceptible de s’inscrire dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales.

L’entraînement aux habiletés sociales : réalisé via des jeux de rôle, cet enseignement a pour objectif de développer les compétences nécessaires pour que l’individu schizoïde puisse mieux s’intégrer au sein de son entourage. Ces habiletés vont de l’expression des sentiments à la gestion des émotions, en passant par la résolution de conflits ou la communication sociale.

08 novembre 2023

[Question] : Quels sont les symptômes de la catatonie ?

La catatonie modifie la conscience qu’a une personne du monde qui l'entoure. Les individus atteints de catatonie réagissent très peu, voire pas du tout, à leur environnement, ou se comportent de manière inadaptée ou dangereuse pour eux-mêmes ou pour autrui.

La catatonie perturbe le fonctionnement de certaines zones cérébrales, ce qui provoque le "syndrome catatonique". Les parties du cerveau affectées par la catatonie sont celles qui contrôlent ou gèrent les mouvements, les sens (vision, ouïe, odorat, toucher et goût), la mémoire, les capacités cognitives, la motivation, les émotions et les fonctions exécutives. Comme la catatonie peut toucher plusieurs zones cérébrales simultanément, ses symptômes sont nombreux et variés. Cela explique pourquoi elle peut se produire pour un grand nombre de raisons et la difficulté de son diagnostic.

Les symptômes de la catatonie selon le DSM-5

Le DSM-5 (la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, et des troubles psychiatriques) de l'American Psychiatric Association indique les douze signes cliniques de la catatonie :

L’agitation : la personne est agitée sans but.

La catalepsie : la personne reste dans la position dans laquelle une autre personne l’a placée.

L’écholalie : la personne fait écho aux sons d’autrui.

L’échopraxie : la personne imite les mouvements d’autrui.

Les expressions faciales grimaçantes.

Le maniérisme : la personne exécute des mouvements de manière inhabituelle ou exagérée.

Le mutisme.

Le négativisme : la personne ne réagit pas ou résiste activement à ce qui se passe autour d'elle sans raison.

La prise de posture : la personne occupe une position spécifique, souvent inconfortable.

La stéréotypie (mouvements répétitifs sans but).

La stupeur : absence de réaction face à l’environnement ou aux stimuli.

La flexibilité cireuse : la personne oppose une résistance à toute tentative de changement de position, puis ses muscles se relâchent lentement.

Symptômes de la catatonie : souvent négligés par les médecins

Les personnes souffrant de catatonie ne réagissent souvent pas aux événements ou y réagissent de manière inhabituelle ou inappropriée. Les chercheurs étudient la catatonie depuis sa description par le psychiatre allemand Karl Kahlbaum en 1874. Toutefois, les personnes atteintes de cette maladie psychiatrique sont souvent victimes d’errance diagnostique. Cela s'explique par le fait que, jusqu'à récemment, les psychiatres pensaient que la catatonie touchait uniquement les schizophrènes. De plus, les psychiatres ne sont pas d’accord sur le nombre de critères et les critères nécessaires au diagnostic de la catatonie. Enfin, certains signes de la catatonie, comme l'agitation ou le mutisme, sont similaires avec d’autres troubles neurologiques.

Comment sortir d’un état catatonique ?

Comme susmentionné, l’état catatonique est un état qui s’apparente à la schizophrénie. D’ailleurs, c’est généralement chez les personnes schizophrènes qu’on observe le plus cet état. Lorsqu’il est diagnostiqué, son traitement doit être double selon certaines sources médicales. D’abord, il faut soulager les symptômes de l’état catatonique. Puis, dans une seconde partie, vous devez traiter les causes. Et à cet effet, le site EM Consulte mentionne que le traitement symptomatique adapté serait les médicaments “benzodiazépines” ainsi que le “zolpidem”. Selon ce site, ces médicaments sont connus pour être très efficaces sur ce type d’état.

02 juillet 2023

Schizophrénie : définition, c'est quoi un(e) schizophrène ?

La schizophrénie est une maladie psychiatrique qui se caractérise par une grave division de la personnalité. 

Causes, symptômes, évolution, traitement : les explications de nos psychiatres :

Dr Patrick Lemoine et Pr Nicolas Franck.

Schizophrénie : définition, c'est quoi un(e) schizophrène ? (journaldesfemmes.fr)


10 mars 2023

Trouble de la personnalité schizotypique : test, symptômes

Qu'est-ce qu'un trouble de la personnalité schizotypique ?

"Le trouble de la personnalité schizotypique est un trouble de la personnalité caractérisé par des pensées et des comportements bizarres ou étranges", explique Guillaume Fond, psychiatre, enseignant à la faculté d'Aix-Marseille, chercheur, conférencier et auteur. Le trouble schizotypique est en outre caractérisé par une grande difficulté, une gêne et une capacité réduite à établir et maintenir des relations interpersonnelles.

Quels sont les symptômes d'un trouble de la personnalité schizotypique ?

"Les symptômes incluent des idées délirantes, des hallucinations, des croyances magiques, des comportements sociaux ou émotionnels inhabituels, et une réflexion déformée", précise Guillaume Fond. Il ajoute : "Il est important de noter que les personnes atteintes de ce trouble peuvent avoir des difficultés à maintenir des relations sociales et professionnelles en raison de leur comportement étrange et inhabituel". Selon la CIM-11 – la classification internationale des maladies établie par l'OMS, "les symptômes peuvent inclure un affect étouffé ou inapproprié et une anhédonie. Des idées paranoïaques, des idées de référence ou d'autres symptômes psychotiques, y compris des hallucinations de n'importe quelle modalité, peuvent survenir, mais ne sont pas d'une intensité ou d'une durée suffisante pour satisfaire les critères de diagnostic de la schizophrénie, du trouble schizoaffectif ou du trouble délirant. Les symptômes entraînent une détresse ou une déficience dans les domaines personnel, familial, social, scolaire, professionnel ou d'autres domaines de fonctionnement importants".

Quelle est la cause d'un trouble de la personnalité schizotypique ?

"Les causes de ce trouble sont encore mal comprises, mais il est généralement considéré comme étant lié à une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux", note le spécialiste. Quant aux chiffres, il est là encore difficile d'établir une prévalence de la maladie en France : "selon les études, elle varie de 0,7% à 4% de la population générale. Il est difficile de comparer les études car elles utilisent des critères diagnostiques différents et ont des tailles d'échantillon variables" détaille le psychiatre.

A quel âge survient le trouble de la personnalité schizotypique ?

Les symptômes du trouble de la personnalité schizotypique débutent en général à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte.

Quelle est l'évolution d'un trouble de la personnalité schizotypique ?

"Le trouble évolue le plus souvent de manière stable à travers la vie adulte", précise Guillaume Fond. Toutefois, une faible proportion de cas évoluera vers une schizophrénie ou un autre trouble psychotique.

Comment pose-t-on le diagnostic d'un trouble de la personnalité schizotypique ?

Le diagnostic repose sur des critères cliniques :
  • des idées de référence – sentiment selon lequel des éléments de l'environnement de la personne portent une signification particulière la concernant. Ex : un sujet du journal TV lui est particulièrement adressé
  • une pensée magique – s'attribuer la capacité de provoquer ou empêcher les événements, accomplir des désirs, sans autre intervention que la pensée
  • une altération des perceptions (perceptions étranges)
  • un langage caractérisé par une syntaxe inhabituelle
  • un sentiment de persécution
  • une mauvaise adaptation dans les situations sociales
  • un maniérisme inhabituel (manque de naturel)
  • des comportements excentriques
  • peu d'amis proches
  • une anxiété lors des interactions sociales
Le patient doit présenter au moins 5 de ces critères, durant plusieurs années, pour que le diagnostic soit probant.

Quel est le traitement d'un trouble de la personnalité schizotypique ?

"La prise en charge du trouble de la personnalité schizotypique peut inclure des thérapies cognitivo-comportementales et/ou des médicaments pour traiter les symptômes concomitants - des antipsychotiques et antidépresseurs notamment", explique Guillaume Fond. Une psychothérapie peut également être un soutien pour le patient.

21 janvier 2023

Trouble schizo-affectif : causes, symptômes à reconnaître, traitements

Le trouble schizo-affectif se caractérise par un trouble mental associant des symptômes d'un trouble bipolaire (caractérisé par plusieurs épisodes dépressifs ou la présence simultanée d'épisodes dépressifs et de manie) et des symptômes d'une schizophrénie.

1. Qu’est-ce qu’un trouble schizo-affectif ?

Le trouble schizo affectif est, aujourd’hui encore, assez peu connu en comparaison du trouble bipolaire, des troubles psychotiques ou des addictions. Il touche pourtant de nombreuses personnes, environ 1 % de la population générale.

Ce trouble se caractérise par une combinaison de symptômes de la schizophrénie (idées délirantes, hallucinations) et des symptômes de troubles de l’humeur comme qu’une dépression ou une manie.

La « psychose » désigne des symptômes tels que les délires, les hallucinations, une désorganisation de la pensée et de la parole, ainsi que des comportements moteurs bizarres et inappropriés (notamment la catatonie), qui indiquent une perte de contact avec la réalité. « Affectif » fait référence aux émotions et à l’humeur de la personne.

Les médecins envisagent un diagnostic d’un trouble schizo affectif lorsqu’une personne présente à la fois une psychose et des troubles de l’humeur. Les symptômes de l’humeur doivent être présents plus de la moitié de la durée totale de la maladie et être associés à au moins deux symptômes de la schizophrénie : délires, hallucinations, discours désorganisé, peu d’émotions, réduction du langage, comportement désorganisé, etc.

Pour que les médecins distinguent le trouble schizo affectif de la schizophrénie et des troubles de l’humeur, ils peuvent avoir besoin d’une évaluation à long terme des symptômes de la personne et de la nature de leur évolution.

2. Quels sont les symptômes pour reconnaître un trouble schizo-affectif ?

Selon le DSM-IV (Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux IV), il existe plusieurs critères que doit remplir une personne pour être diagnostiquée comme souffrant de ce trouble. Tout d’abord, il faut que la personne ait connu une période continue de maladie au cours de laquelle elle présente un épisode dépressif majeur, maniaque ou mixte. Durant cette même période, la personne a eu des idées délirantes ou des hallucinations pendant au moins deux semaines. Enfin, les symptômes qui remplissent les critères d’un épisode d’altération de l’humeur sont présents pendant une part substantielle de la durée totale des phases active et résiduelle de la maladie.

Les symptômes de ce trouble sont donc ceux de la dépression, de la manie et de la schizophrénie. La dépression se caractérise par : une perte ou prise de poids, un petit appétit, un manque d’énergie, une perte d’intérêt pour les activités plaisantes, une impression de manquer d’espoir et de valeur, un sentiment de culpabilité, une tendance à dormir peu ou trop, une incapacité à penser ou à se concentrer et des idées noires.

La manie se traduit par : un faible besoin de sommeil, une agitation, une estime de soi affectée, une tendance à être facilement distrait, une augmentation de l’activité sociale, professionnelle ou sexuelle, des comportements dangereux ou autodestructeurs, des pensées rapides et une tendance à parler rapidement.

La schizophrénie quant à elle se manifeste par les symptômes suivants : hallucinations, délires, pensée désorganisée, comportement étrange ou inhabituel, mouvements lents ou immobilité, faible motivation et des problèmes de langage.

3. Quelles sont les causes d’un trouble schizo-affectif ?

Le développement du trouble schizo affectif peut être lié à de multiples facteurs : vulnérabilité génétique (expression des gènes), les perturbations du développement du cerveau pendant l’enfance ou l’adolescence, l’exposition intra-utérine à une maladie virale, historique personnel (par exemple une psycho traumatisme durant l’enfance), environnement social, etc.

4. Quels sont les traitements pour un trouble schizo-affectif ?

Comme le trouble schizo affectif conduit souvent à une invalidité à long terme, les personnes nécessitent souvent un traitement global, notamment : médicaments antipsychotiques, psychothérapie et soutien en milieu non hospitalier.

Les médecins appliquent les protocoles antidépressifs et anti-maniaques. En premier lieu, le professionnel recommande des médicaments pour améliorer l’humeur. Si ces derniers ne sont pas efficaces, il peut prescrire des antipsychotiques comme l’alopéridol ou la rispéridone.

Les patients présentant un trouble schizo affectif de type bipolaire seraient traités avec du lithium, de la carbamazépine, du valproate ou une combinaison des trois. Les patients souffrant d’un trouble schizo affectif de type dépressif devraient, eux, être traités via la consommation d’antidépresseurs. Certains professionnels recommandent une thérapie comportementale et cognitive. L’objectif de la thérapie est d’arriver à une stabilisation de l’humeur, un apprentissage des stratégies de gestion des symptômes psychotiques, ainsi qu’un travail sur d’autres problématiques éventuelles : stress chronique, addictions, etc.

Il s’agit d’un trouble complexe, dans sa définition et dans son traitement.

20 décembre 2022

Psychose infantile : définition, cause, symptômes, traitement

La psychose infantile est un trouble du développement de l’enfant difficile à diagnostiquer. Quels sont les symptômes de cette maladie ? Comment peut-on la traiter ?

Qu’est-ce qu’une psychose infantile ?

Une psychose infantile est un trouble qui touche environ 6 enfants sur 1 000, plus souvent les garçons que les filles. Elle fait partie des Troubles Envahissants du Développement de l’enfant (TED), et est dans certains cas appelée dysharmonie évolutive. Parmi les autres TED, on peut retrouver le trouble du spectre autistique (TSA) ou le syndrome d’Asperger.

Le terme de psychose infantile fait cependant débat, il n’est plus utilisé au niveau international depuis 1980, à cause de sa portée négative et stigmatisante. Mais il est cité dans la Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent, même si ce terme ne fait pas consensus, selon la Haute Autorité de Santé.

La notion de psychose infantile fait référence à une série de troubles psychiques en lien avec la personnalité de l’enfant et ses relations sociales, l’amenant à perdre contact avec la réalité.

Il existe plusieurs types de psychoses infantiles, notamment la psychose précoce déficitaire associée à un déficit mental important, la dysharmonie psychotique, et la psychose maniaco-dépressive. Le trouble du spectre autistique, et la schizophrénie, sont parfois confondus avec une psychose infantile.

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17 décembre 2022

Schizophrénie paranoïde : cause, symptômes, prise en charge et traitement

La schizophrénie paranoïde caractérisait par le passé un type de schizophrénie particulier, que les experts ne reconnaissent plus à l’heure actuelle. En effet, en 2013, l’American Psychiatric Association (Association américaine de psychiatrie) a jugé le terme dépassé, puis d’autres organisations s’occupant de maladie mentale ont suivi cet avis.

Bien que le terme de « schizophrénie paranoïde » soit désormais obsolète et ne soit plus utilisé par les professionnels de la santé mentale, la paranoïa est un symptôme important de la schizophrénie, qui permet souvent de poser le diagnostic et de contribuer à la bonne prise en charge de cette maladie. Toutes les personnes atteintes de schizophrénie ne développent pas des sentiments de paranoïa. Cependant, la paranoïa est souvent un symptôme important de cette maladie mentale.

1. Schizophrénie paranoïde : définition

Dans son article intitulé « What is Schizophrenia », l’American Psychiatric Association précise que la schizophrénie est une maladie mentale qui se caractérise par un trouble chronique du cerveau. La schizophrénie est une pathologie complexe, et les personnes qui en souffrent sont souvent victimes de préjugés dus à des idées fausses qui les isolent du reste de la population. Cette maladie est souvent confondue avec un dédoublement de la personnalité, ou un trouble de la personnalité multiple. Une grande partie des patients vivent avec leur famille, en foyers adaptés ou seuls. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dans son dossier consacré à la schizophrénie, indique ainsi qu’un tiers des personnes atteintes de schizophrénies et bien prises en charge sont en rémission. Toutefois, la maladie touche 600 000 personnes en France, dont la moitié fera au moins une tentative de suicide. L’Organisation mondiale de la santé, dans son article sur les troubles mentaux, précise ainsi que les personnes souffrant de schizophrénie ont une espérance de vie réduite de 10 à 20 ans par rapport à celle de la population générale. Mieux connaître la maladie permettra de réduire ce chiffre.

2. Les symptômes de la schizophrénie paranoïde

La Cleveland Clinic, dans son article « Paranoid Schizophrenia », indique que les principaux symptômes de la schizophrénie sont :

= des délires, en particulier des délires de contrôle (la personne croit être contrôlée par une force extérieure), de grandeur (elle croit posséder des capacités, de l’argent ou un statut qu’elle n’a pas en réalité), de persécution (elle croit que tout le monde ou une personne en particulier lui en veut) ;

= des hallucinations : la personne a la sensation de voir ou d’entendre (notamment des voix) certaines choses qui n’existent pas en réalité ;

= un discours désorganisé ou incohérent : la personne répète sans cesse certains mots ou en invente ;

= un comportement désorganisé : la personne est dans l’incapacité de contrôler son comportement, par exemple pour effectuer des gestes de la vie quotidienne, pour maîtriser ses impulsions, la manifestation de ses émotions ou ses gestes ;

= les symptômes négatifs : il s’agit d’une diminution de l’intérêt général pour le monde, d’un manque d’enthousiasme affiché pour des activités vues comme amusantes par la majorité des gens, d’une disparition des émotions. Comme si la personne se mettait en retrait du monde ;

= la paranoïa : la personne se méfie des autres, et règle toute sa vie en conséquence de ce délire de persécution

= l’anosognosie : du fait d’un trouble cérébral, la personne manque de lucidité sur son état, et ne reconnaît pas qu’elle est malade.

3. Les causes de la schizophrénie paranoïde

La cause de la schizophrénie n’est pas encore déterminée avec certitude. L’Organisation mondiale de la santé, dans son dossier consacré à la maladie, indique que différents facteurs entrent en jeu, en particulier la concomitance entre certains gènes et un certain nombre de facteurs environnementaux et psychosociaux. Le risque de développer une schizophrénie augmente également lorsque la personne consomme beaucoup de cannabis.

4. Schizophrénie paranoïde : quand consulter ?

Compte tenu de l’anosognosie associée à cette maladie (le fait que la personne ne reconnaisse pas qu’elle est malade), c’est souvent l’entourage qui incite et encourage la personne qui souffre de schizophrénie à consulter un médecin. Le diagnostic est parfois posé à la suite d’une tentative de suicide.

5. Examens et diagnostics de la schizophrénie paranoïde

Le diagnostic de la schizophrénie doit être établi grâce à une prise en charge multidisciplinaire, qui englobe à la fois l’aspect médical, mais aussi l’aspect social et psychologique. Le diagnostic est souvent établi à l’issue d’une hospitalisation consécutive à un épisode psychotique. Cette prise en charge par plusieurs spécialistes permet d’exclure d’autres troubles mentaux et d’autres causes (abus de substances psychotropes ou de médicaments, anomalies cérébrales). Une évaluation psychiatrique permet de déterminer l’état mental de la personne, en observant son comportement et en l’interrogeant sur ses pensées, ses délires, ses hallucinations, sa consommation de substances et ses idées suicidaires. Le médecin interroge également le patient sur ses antécédents familiaux et personnels.

6. Traitements de la schizophrénie paranoïde

L’Inserm précise le traitement recommandé pour la schizophrénie :

= la prise de médicaments antipsychotiques ;

= la prise en charge psychosociale, qui passe par une remédiation cognitive, certaines techniques de thérapie cognitivo-comportementale, de la cognition sociale, une psychoéducation, mais également l’intégration de l’entourage dans le processus, afin d’améliorer la connaissance de la maladie et donc la qualité de vie du patient et de son entourage.

= Dans certains cas, la stimulation magnétique intracrânienne et l’électroconvulsivothérapie (c’est-à-dire les électrochocs ou sismothérapie) peuvent être envisagées.

7. Comment prévenir la schizophrénie paranoïde ?

Compte tenu de l’absence de certitude sur les causes de la schizophrénie, il est impossible de prévenir cette maladie. Toutefois, il est recommandé de limiter la consommation de cannabis, car les substances de ce type semblent favoriser le développement de la schizophrénie, en particulier chez les personnes ayant fumé avant l’âge de 18 ans.

Sources :

Inserm, American Psychiatric Association, Maria Hejnar, psychologue clinicienne, Mental Health UK, Cleveland Clinic, Organisation mondiale de la santé

12 mai 2022

Schizophrénie : stimuler le cerveau pour réduire les symptômes négatifs

En 2021, l’équipe PsyR2 du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, a publié les résultats d’une étude conduite notamment par Marine Mondino et Jérôme Brunelin au Centre Hospitalier le Vinatier, à Bron (69), sur les effets de la stimulation cérébrale non invasive sur les symptômes négatifs de la schizophrénie.

Sur quoi porte cette recherche ?


Chez environ 1/3 des patients atteints de schizophrénie, les symptômes dits négatifs (le manque de motivation, le repli sur soi, la perte de la capacité à éprouver du plaisir…) de cette maladie mentale ne répondent pas suffisamment aux approches thérapeutiques actuellement disponibles et sont source de handicaps importants. Le but de notre étude est d’apporter une nouvelle solution thérapeutique alternative pour aider les patients dans cette situation.


D’un point de vue neurobiologique, les études d’imagerie médicale ont montré que ces symptômes négatifs étaient associés à des anomalies de fonctionnement et de connexion d’une région du cerveau appelée le cortex préfrontal dorsolatéral. Le groupe de recherche a  proposé de stimuler cette région du cerveau afin d’en restaurer l’activité et la communication avec les autres régions du cerveau. Pour cela, il a appliqué des impulsions magnétiques de manière répétée (rTMS) à haute fréquence sur le crâne des patients en regard de cette région cérébrale.


PsyR2 a fait l’hypothèse que, stimuler de façon répétée, le cortex préfrontal dorsolatéral permettrait de diminuer les symptômes négatifs de la schizophrénie en restaurant la connectivité de cette région avec le reste du cerveau (mesuré grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle- IRMf).


L’étude en pratique

La structure de recherche a réalisé une étude randomisée et contrôlée combinant évaluations cliniques et neuroimagerie par IRMf. 22 patients atteints de schizophrénie (ayant des symptômes négatifs résistants aux traitements médicamenteux) ont été inclus dans l’étude et ont reçu 20 sessions de stimulation magnétique appliquée en regard du cortex préfrontal dorsolatéral gauche. Douze des patients ont reçu de la stimulation active alors que les 10 autres ont reçu de la stimulation placebo. Les sessions de stimulation étaient délivrées deux fois par jour, sur 10 jours consécutifs.


Les symptômes négatifs ont été évalués avec un instrument de mesure spécifique avant et à la suite des 10 sessions de stimulation, puis à un, trois et six mois après celles-ci. Grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, la connectivité fonctionnelle du cortex préfrontal dorsolatéral gauche (ou la façon dont cette partie communique avec le reste du cerveau) a été mesurée avant et après les 10 sessions. L’étude a été réalisée en double aveugle : ni les patients, ni les évaluateurs ne sont au courant de la nature de la stimulation reçue (active ou placebo).


Les résultats et les perspectives d’avenir


6 mois après une cure de 20 sessions de stimulation active (comparé à la stimulation placebo), PsyR2 démontre qu’il existe une diminution significative des symptômes négatifs. De plus, cette action entraine une augmentation de la connectivité fonctionnelle du cortex préfrontal dorsolatéral gauche et de plusieurs autres régions cérébrales importantes dans la schizophrénie.  C’est le cas, notamment, de la zone qui régule la Dopamine. Cette molécule est ciblée par les traitements pharmacologiques de la schizophrénie.

Selon les chercheurs, ces résultats représentent "un espoir qu’il faudra confirmer par de nouvelles études incluant un plus grand nombre de patients avant de pouvoir proposer cette solution thérapeutique aux personnes concernées et qu’elle intègre la pratique clinique courante" .


• Article à retrouver sur le site du Centre hospitalier Le Vinatier

Schizophrénie : stimuler le cerveau pour réduire les symptômes négatifs - Santé Mentale (santementale.fr)




05 mars 2022

[Vidéo] :Comportements prédictifs d’un risque de transition psychotique

Vidéo :Comportements prédictifs d’un risque de transition psychotique par Éric FAKRA (Psychiatrie, CHU de Saint Etienne) 

La vision de la schizophrénie s’est totalement transformée au cours des dernières décennies. Longtemps considérée comme une pathologie au pronostic inéluctablement péjoratif, il est maintenant admis que l’évolution peut s’avérer souvent favorable. Parallèlement, le concept de "staging" a fait son introduction dans le champ de la psychiatrie, distinguant plusieurs stades cliniques comme autant d’étapes distinctes répondant à une physiopathologie et des prises en charges spécifiques. L’intérêt s’est alors porté sur les phases précoces de la schizophrénie, notamment la phase prodromique des signes annonciateurs de la maladie. 


Dès lors, une caractérisation précise des symptômes prodromiques s’est établie. L’ambition est non seulement de débuter la prise en charge au plus tôt afin de préserver le pronostic, mais également de cerner les sujets à risque qui développeront la maladie, c’est-à-dire qui réaliseront une transition psychotique.


L’identification de marqueurs de transition psychotique constitue ainsi une préoccupation centrale et continue des cliniciens et des chercheurs. Plusieurs aspects liés au comportement ont été décrits et ont pu être associés à une valeur prédictive tels que des symptômes négatifs, des troubles de la pensée, le déclin du fonctionnement social, ou encore les troubles du contrôle de l’agressivité. Il est intéressant de remarquer que certaines particularités des symptômes basiques, caractéristiques de la phase prodromique, rejoignent les descriptions physiopathologiques des auteurs plus anciens.


Comportements prédictifs d’un risque de transition psychotique par Éric FAKRA - YouTube

09 février 2022

[Recherche] : Le confinement a‑t-il eu un impact sur les symptômes atténués de psychose ?

Anne Giersch, directrice du laboratoire Inserm "Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie" / Université de Strasbourg vient de publier un article sur les effets de la pandémie sur l'émergence de symptômes atténués de psychose.

Interview sur le site de l'INSERM :

Informations sur le site de l'UNISTRA :

https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/une-etude-sur-les-consequences-psychologiques-du-confinement

23 janvier 2022

[Podcast] : Vous entendez des voix ? Rassurez-vous, vous n'êtes (sans doute) pas fou !

Explications de Caroline Péneau, Hélène Loevenbruck et Christophe André au micro de "Grand bien vous fasse" par France Inter.


Si nous sommes constamment en train de communiquer avec notre "voix intérieure", qui agit inconsciemment comme un guide, régulant naturellement nos moindres émotions, il arrive parfois que ces dernières prennent le dessus chez certaines personnes, au point d'avoir l'impression d'entendre systématiquement des voix.

Caroline Pineau : "Longtemps, on a cru que c'était typiquement un symptôme de la schizophrénie, ce qui a entraîné de faux diagnostics. Alors qu'on peut tout à fait avoir ce genre d'hallucination sans troubles psychologiques".

Christophe André : "Loin d'être schizophrènes, certains de mes patients étaient parfaitement adaptés, avaient une vie familiale et une vie professionnelle tout à fait normale, mais, simplement, ces voix les déstabilisaient profondément. Ce n'est que assez tardivement qu'on s'est aperçu qu'on pouvait les traiter et les aider sans leur donner des neuroleptiques, comme s'il s'agissait de délires".

Il y a "des raisons neuro-anatomiques", un mécanisme cognitif qui fait qu'il est tout à fait normal de se parler à soi-même, et d'entendre comme des voix. Cela est directement lié d'après Hélène Le Van Vanbrugh à un déséquilibre de notre rapport avec notre voix intérieure : "Comme nous avons la capacité exceptionnelle de pouvoir simuler des voix intérieures et de susciter des dialogues mentaux, eh bien ce mécanisme qui essentiel à notre humanité peut parfois dérailler et véritablement se désynchroniser d'où des perturbations d'ordre social".

Il faut apprendre à apprivoiser ces "voix internes" (souvent suscitées par un stress accru)

Voici les quelques conseils que prescrivent nos trois invités pour ne plus avoir l'impression d'entendre systématiquement des voix :

Caroline Pineau : "On peut les traiter par des médicaments, des thérapies et des groupes de parole où on parle avec des personnes qui connaissent ce même soucis, pour essayer d'apprivoiser ses propres voix, apprendre à les connaître, parce qu'il y a, en réalité à ce moment-là, des voix positives et des voix négatives qui se croisent.

Chez les entendeurs de voix, la moitié est positive et l'autre négative, tandis que, chez les schizophrènes, c'est 90 % de voix négatives

L'idée, c'est d'apprendre à vivre avec pour faire en sorte qu'elles disparaissent progressivement".

Christophe André : "On leur apprend à considérer que ces voix ne sont qu'un symptôme de stress. C'est très souvent le cas. En général, on a l'impression d'entendre ces voix lorsqu'on est plutôt fatigué, stressé ou préoccupé. Il faut apprendre à les repérer (surtout les négatives) comme une sorte de petit effet indésirable ou latéral de leur fonctionnement cérébral.

Toutefois, ce qui n'est pas normal, c'est de considérer que ces voix viennent de l'extérieur de soi".

Comment savoir si on est atteint de schizophrénie ?

D'après Christophe André, la schizophrénie est possible lorsqu'on constate que la personne en question est persuadée que ces voix n'émanent pas d'elle mais de l'extérieur :

"C'est que les perturbations émotionnelles sont trop fortes au point de vue émotionnel pour que l'on puisse s'en rendre compte. Ou lorsqu'il y a des crises d'angoisse très fortes et des troubles du comportement".

Les patients schizophrènes ont du mal à comprendre que c'est eux qui émettent ces voix depuis leur propre intérieur.

RÉÉCOUTER - Grand bien vous fasse : À quoi sert sa voix intérieure ?

Vous entendez des voix ? Rassurez-vous, vous n'êtes (sans doute) pas fou ! (franceinter.fr)