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04 juin 2026
[Insolite] : Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent
Au cœur du domaine, entre bâtiments de ferme du XIXe siècle et sous-bois, cinq ânes prennent une part non négligeable du travail de soin psychique, entre deux bouchées de foin.
L’unité de thérapie avec des ânes de l’hôpital, unique en France, fonctionne depuis 2016, lorsque Ermelinda Hadey, infirmière en psychiatrie, et son mari François ont lancé ce programme en pariant sur le fait que ces animaux, réputés pour leur calme et leur sociabilité, pourraient nouer avec les patients des liens que les traitements classiques ne permettent pas toujours d’établir.
« Médecine animale »
Vendredi, les patients ont promené les ânes – Nono, Pitou, Oscar, Manolo et Malraux – dans le parc, leur ont nettoyé les sabots et, à la fin de la séance, les ont enlacés. Chaque patient est associé, au fil du temps, à un même compagnon, car la familiarité, visiblement, fonctionne dans les deux sens.
Pour Nathalie, 60 ans, l’effet est immédiat. « Quand vous prenez un médicament qui vous détend… c’est exactement pareil, dit-elle. J’appellerais ça de la médecine animale. Ça soulage. On ne pense plus au reste. »
Les patients ne sont identifiés que par leur prénom afin de préserver leur anonymat.
L’infirmière Audrey Seffar cite les progrès de Nathalie comme exemple de ce que les animaux peuvent déclencher. Au début, elle refusait de descendre de la voiturette mise à disposition des patients ayant des difficultés physiques.
« Mais petit à petit, avec des encouragements, elle l’a fait, explique Seffar. L’animal sert de médiateur. Il est tellement extraordinaire qu’aujourd’hui elle a pu quitter la voiturette et se tenir aux côtés de son âne. »
Un autre patient, Jérôme, 52 ans, estime que le programme l’aide à rompre la solitude.
« Discuter avec des gens, participer à des activités que je ne ferais pas normalement, ça m’aide dans ma vie quotidienne, dit-il. Ça permet de sortir de la routine des soins et des médicaments. Rester chez moi, ce n’est pas bon pour moi. »
« Éponges émotionnelles »
Certains des ânes sont arrivés à Ville-Evrard après avoir eux-mêmes connu la négligence ou la maltraitance – ils ont été adoptés via des refuges avant que François Hadey ne les forme au travail thérapeutique. Il décrit leurs aptitudes pour ce rôle avec un respect presque professionnel.
« Un âne est très intelligent. Il comprend très vite, mais il faut lui expliquer lentement, dit-il. Les ânes sont des animaux calmes, sereins, généralement proches des gens. Une fois engagés dans ces interactions, ils créent un lien très fort avec les patients. Ce sont des éponges émotionnelles. »
Le programme a obtenu en 2022 le statut officiel d’unité de soins, une reconnaissance administrative qui a permis de recruter trois infirmiers à temps plein, épaulés par des bénévoles d’une association pour s’occuper des animaux.
Depuis, il s’est élargi à d’autres espèces : cochons d’Inde, poules, colombes, chèvres, tortues et lapins, les plus petits animaux étant amenés directement dans les chambres des patients qui ne peuvent pas sortir.
Les séances sont gratuites pour les patients et financées par le système public de santé français. Elles sont conçues comme des interventions thérapeutiques pour des personnes souffrant d’anxiété, de dépression, d’autisme, de schizophrénie et d’autres troubles, le personnel observant des progrès en matière de régulation émotionnelle, de communication et d’estime de soi.
Ermelinda Hadey décrit ce travail comme fondé sur une forme de logique du miroir : s’occuper d’un animal, selon elle, crée les conditions pour que les patients prennent soin d’eux-mêmes.
« Nous travaillons sur l’alimentation de l’animal, ce qui nous permet d’aborder les habitudes alimentaires du patient. Nous travaillons sur l’hygiène de l’animal et, par effet miroir, sur l’hygiène du patient aussi », explique-t-elle.
Beaucoup de patients prennent des antipsychotiques ou des sédatifs qui peuvent anéantir toute motivation. C’est précisément là, dit-elle, que les ânes se rendent indispensables.
« Cela ne remplace ni un médecin ni une prescription médicale, mais cela peut aider les patients à retrouver confiance en eux et un sentiment de valeur personnelle », souligne Hadey.
Pour une meilleure reconnaissance
Malgré son succès apparent, la thérapie avec les animaux reste en marge de la pratique psychiatrique officielle – et l’équipe de Ville-Evrard voudrait que cela change.
« Pour cela, il nous faut de la recherche. Nous avons de nombreux témoignages de patients… Les soignants qui les accompagnent constatent aussi les bénéfices au quotidien. Mais les médecins ont tellement d’autres responsabilités qu’ils ne les voient pas forcément directement », explique Hadey.
Pour l’étudiante infirmière Alicia Fabi, 18 ans, les patients reviennent des séances visiblement transformés. « À chaque retour d’activité, ils disent qu’ils se sentent bien, calmes et détendus, et qu’ils ont apprécié la sortie. C’est très positif », dit-elle.
Alors que la séance de vendredi touchait à sa fin et que les patients bavardaient dans la lumière de l’après-midi, une infirmière a lâché ce qui pourrait faire office de devise officieuse de l’unité : « Les ânes sont mes meilleurs collègues. »
Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent - Yahoo Actualités France
04 décembre 2025
[Insolite] : Consulter avec son chien sous le bureau pour améliorer sa santé mentale
Les entreprises et les collectivités autorisant la présence des animaux sur le lieu de travail dans le cadre du « Pet at Work » sont de plus en plus nombreuses : sur 10 employés qui viennent sur leur lieu de travail accompagnés de leur animal, huit déclarent un impact positif de cette présence sur leur implication. 60 % d’entre eux se perçoivent moins stressés, 39 % estiment que la communication dans l’équipe est améliorée et 17 % se trouvent plus productifs et efficaces. À un moment où les animaux sont de plus en plus naturellement acceptés dans les établissements médico-sociaux (thérapie assistée par l’animal), que peut-on dire de la situation des cabinets médicaux ?
Le premier constat est que le cadre réglementant la présence d’un chien dans l’espace de consultation reste flou. Si l’article R1112-48 du Code de la santé publique proscrit la présence d’animaux dans les établissements hospitaliers, cette interdiction ne s’étend pas aux cabinets médicaux libéraux, laissant place à des réponses variées. Or, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins, la présence d’animaux dans les cabinets n’est pas autorisée pour des raisons d’hygiène, de sécurité et d’allergies.
S’interrogeant sur la réalité pratique de la présence de canidés dans les cabinets, deux jeunes médecins ont consacré leur thèse, en 2025, à ce sujet....
Consulter avec son chien sous le bureau pour améliorer sa santé mentale | Le Quotidien du Médecin | Libéral / Soins de ville | Exercice
15 octobre 2024
Origine de la schizophrénie : quelle étude ne permettra pas de donner sa langue au chat ?
Les auteurs ont identifié 1 915 études et ont abouti à l’inclusion de 17 d’entre elles (publiées dans 11 pays). Au total, l’équipe australienne a constaté que la possession d’un chat doublerait le risque de développer une schizophrénie. Il faut cependant préciser que toutes les études ne sont pas unanimes à ce sujet. Certaines n’ont trouvé strictement aucun lien entre la schizophrénie et le fait d’avoir un chat à la maison.
Bien que cette corrélation soit statistiquement significative, les auteurs insistent bien entendu sur le fait que le lien de causalité n’est pas établi. Mais ils avancent quelques pistes d’explication et notamment l’exposition au parasite Toxoplasma gondii. Si T. gondii est dans le viseur, des chercheurs ont suggéré que d'autres pathogènes, comme Pasteurella multocida, pourraient également jouer un rôle. Une influence négative de cette bactérie, présente dans la salive des chats, sur la santé psychique a en effet été discutée.
Toutefois, avant de dresser un portrait des chats comme complices potentiels de la schizophrénie, une analyse critique s’impose. Les études présentent plusieurs limites méthodologiques notables. Premièrement, le caractère auto-déclaratif des données quant à la possession d’animal n’est pas exempt de biais, notamment mémoriels. Deuxièmement, bien que les chercheurs aient tenté de contrôler diverses variables potentiellement confondantes, il reste possible que des facteurs socio-environnementaux non mesurés influencent à la fois la possession de chats et le risque de schizophrénie.
Prudents, les scientifiques indiquent que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour confirmer le lien entre la possession d'un chat et le développement de la schizophrénie.
En somme, si vos patients se plaignent que leur chat les observe trop attentivement, ne les orientez pas immédiatement vers un psychiatre.
Torrey EF et al ; Could Schizophrenia Be a Viral Zoonosis Transmitted From House Cats ?Schizophrenia Bulletin, Volume 21, Issue 2, 1995, Pages 167–171, https://doi.org/10.1093/schbul/21.2.167
McGrath JJ et al ; Cat Ownership and Schizophrenia-Related Disorders and Psychotic-Like Experiences: A Systematic Review and Meta-Analysis. Schizophrenia Bulletin, Volume 50, Issue 3, May 2024, Pages 489–495, https://doi.org/10.1093/schbul/sbad168
Origine de la schizophrénie : quelle étude ne permettra pas de donner sa langue au chat ? (jim.fr)
21 avril 2024
Le risque de schizophrénie pourrait augmenter chez les propriétaires de chats
Une méta-analyse australienne établit un lien entre posséder un chat et le développement de la schizophrénie. Les chercheurs australiens ont mené une méta-analyse de 17 études réalisées sur plus de 40 ans et ont émis l'hypothèse que posséder un chat ou être régulièrement en contact avec l'animal - surtout à un jeune âge - était associé à un risque accru de développer ultérieurement la schizophrénie. Cette méta-analyse avait déjà effectivement établi une corrélation entre avoir un chat et un risque accru de développer la schizophrénie.
https://lenouveaureveil.com/le-risque-de-schizophrenie-pourrait-augmenter-chez-les-proprietaires-de-chats/26 février 2021
MÉDIATION ANIMALE EN PSYCHIATRIE
La présence régulière d’un animal dans un lieu de soin déclenche souvent des effets positifs, parfois étonnants… Mais elle ne suffit pas pour que surviennent, « comme par magie », des bénéfices thérapeutiques. Cette médiation doit s’inscrire dans un dispositif rigoureux, pensé par des soignants formés. Les animaux viennent alors démultiplier les zones de contact entre patients et cliniciens et renouveler les schémas interactifs habituels. Repères théoriques et retours d’expérience.


