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21 novembre 2025

Les personnes schizophrènes présentent une particularité biologique commune ?

Une étude révèle que les neurones des personnes atteintes de schizophrénie présentent des tailles et formes distinctes. Quels impacts sur les symptômes ?

Une étude récente a analysé des tissus cérébraux post-mortem de personnes atteintes de schizophrénie.
Les résultats montrent des neurones plus petits et une corrélation avec la sévérité des hallucinations.
Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.

Et si la différence entre un cerveau schizophrène et un cerveau dit « typique » se nichait dans les détails… minuscules ? Une étude japonaise, parue dans Psychiatry Research*, s’est penchée sur la micro-architecture des neurones de personnes vivant avec la schizophrénie. Grâce à une technologie d’imagerie 3D ultra-précise au synchrotron, les chercheurs ont scruté une zone clé du cerveau : le cortex cingulaire antérieur, impliqué dans la cognition, les émotions et la prise de décision.

Depuis longtemps, les IRM montrent une diminution de matière grise dans cette région chez certains patients schizophrènes. Mais que se passe-t-il, concrètement, au niveau des cellules nerveuses elles-mêmes ? Pour le découvrir, l’équipe de Ryuta Mizutani (Université Tokai, Japon) a étudié le soma (le corps cellulaire du neurone) à une échelle jamais atteinte auparavant. Objectif : mesurer sa taille et sa forme en 3D, micromètre par micromètre.

Des neurones vraiment différents

L’étude a porté sur des tissus cérébraux post mortem de 16 personnes (8 atteintes de schizophrénie et 8 témoins), pour un total de 263 neurones analysés. Résultat : les neurones du cortex cingulaire antérieur des patients schizophrènes étaient plus petits et plus fins. En moyenne :

La longueur du soma atteignait seulement 80 % de celle des témoins.

La largeur tournait autour de 90 %.

Les neurones pyramidaux, essentiels à la transmission d’informations, étaient les plus touchés, avec une longueur réduite à 79 % du groupe contrôle.

Les interneurones, eux, ne montraient pas de différence nette, mais leur faible nombre ne permet pas de conclure.

Taille du soma et sévérité des hallucinations

Les chercheurs ont également mis en évidence un lien entre la taille du soma et la gravité des symptômes : plus le corps cellulaire était court, plus les hallucinations étaient intenses. Même après avoir pris en compte les traitements médicamenteux, la corrélation persistait.

Autre découverte marquante : en combinant un soma raccourci et des neurites (prolongements neuronaux) plus tortueux, il devenait possible de distinguer clairement les cerveaux schizophrènes des cerveaux témoins. Ces altérations pourraient expliquer la perte de volume cérébral souvent observée en IRM : selon les calculs des auteurs, le volume neuronal total dans cette région serait réduit à 50–60 % de la normale.

Vers une signature biologique de la schizophrénie ?

Si l’échantillon reste modeste, ces résultats s’ajoutent à un faisceau de preuves que la schizophrénie n’est pas qu’un “trouble fonctionnel”, mais qu’elle s’accompagne bien de modifications physiques du cerveau, visibles à l’échelle cellulaire.

« Les neurones des personnes atteintes de schizophrénie sont distinctement différents », résume le professeur Mizutani.
« Si nous trouvons un moyen de restaurer ces changements, nous pourrions espérer guérir le trouble. »

L’équipe prévoit désormais d’étudier un plus grand nombre de cerveaux, à différents stades de la maladie, pour comprendre si ces altérations apparaissent tôt — ou si elles s’installent au fil du temps.

*Pyramidal soma size in the anterior cingulate cortex is small in schizophrenia and correlates with hallucination score - ScienceDirect

Les schizophrènes présentent une particularité biologique

10 avril 2022

[Recherche] : Des nouvelles de la Neurexine !

La Neurexine contrôle les cellules granulaires cérébelleuses, offrant un aperçu de l’autisme et des mécanismes de la schizophrénie


Dans cette étude publiée en ligne dans Rapports de cellule, avril 2022, le groupe de recherche du professeur agrégé Uemura et du professeur Tabuchi a clarifié le principe de base de la formation du réseau neuronal cérébral grâce à l’élucidation de la fonction des molécules d’adhésion cellulaire entre les synapses. En clarifiant le rôle de la neurexine dans les cellules granulaires du cervelet, la compréhension du principe de base a encore été avancée. Il a été rapporté que la neurexine était associée à des troubles neurodéveloppementaux tels que l’autisme, et les résultats de cette étude seront utiles pour élucider le mécanisme de formation des circuits neuronaux et les recherches futures liées aux troubles neurodéveloppementaux tels que l’autisme, la maladie de Tourette et la schizophrénie.


Neurexin contrôle les cellules granulaires cérébelleuses, offrant un aperçu de l'autisme et des mécanismes de la schizophrénie - Attractive Area 



29 juin 2021

[Recherche] : Le Covid-19 est capable d’infecter les neurones

Le SARS-CoV-2 pourrait pénétrer dans le cerveau via le nerf olfactif et infecter localement les cellules pouvant être à l’origine de complications neurologiques et psychiques, selon des chercheurs néerlandais.

La propagation du virus s’arrête rapidement et se limite à quelques cellules du cerveau, mais cette infection minimale entraîne une réaction des "cytokines", les messagers entre les cellules immunitaires, jouant un rôle dans l’inflammation locale, a conclu l’étude, publiée dans la revue américaine "mSphere"*.

Une personne sur trois qui a surmonté le Covid-19 a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant l’infection, avait indiqué en avril une large étude publiée dans le journal spécialisé "The Lancet Psychiatry".

De plus en plus de données indiquent que le virus pourrait entrer dans le cerveau via le nerf olfactif. Cependant, ce qui se passe après l’entrée du SARS-CoV-2 dans le cerveau restait mal compris.

"En plus de ce qu’indique notre étude, le système immunitaire joue probablement aussi un rôle. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour le savoir", a précisé la chercheuse Femke de Vrij, du département de psychiatrie de l’hôpital Erasmus.

Les chercheurs ont observé le virus sur une courte période de temps en laboratoire, dans des cellules neuronales de culture, obtenues à partir de souches pluripotentes induites (iPS).

"Nous n’avons également examiné qu’un nombre limité de types de cellules cérébrales", a ajouté Mme de Vrij, soulignant que d’autres recherches pourront permettre d’en apprendre davantage sur les "effets d’une infection virale sur les structures cérébrales à court et à long terme".

*Replication Kinetics, Cell Tropism, and Associated Immune Responses in SARS-CoV-2- and H5N1 Virus-Infected Human Induced Pluripotent Stem Cell-Derived Neural Models | mSphere (asm.org)
Le Covid-19 est capable d’infecter les neurones, selon une étude (nouvelobs.com)

07 avril 2021

[Recherche] : Le SARS-Cov2 infecte bien les neurones

Une étude internationale impliquant plusieurs équipes de l’Université de Yale (USA), de l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université/Inserm/CNRS) et de l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP confirme la capacité du SARS-CoV-2 à infecter les neurones et en identifie plusieurs conséquences. Les résultats ont été publiés le 12 janvier 2021 dans la revue Journal of Experimental Medicine*.

Elle suggère également que les symptômes neurologiques observés dans la Covid-19 pourraient être une conséquence de cette atteinte directe du système nerveux central. De futures études sont maintenant nécessaires pour identifier précisément la voie empruntée par le virus pour entrer dans le cerveau et confirmer le lien entre les changements cellulaires observés au niveau des neurones et les symptômes neurologiques rapportés.

*Neuroinvasion of SARS-CoV-2 in human and mouse brain, Eric Song et al., J Exp Med (2021) 218 (3): e20202135. 



Santé Mentale - Le SARS-CoV-2 infecte bien les neurones (santementale.fr)