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06 mars 2026

[Livre] : "Fille d'accident"

Quand l'enfance guérit en thérapie

Karine Deraëdt ; éditions Hygee ; parution le 12/03/2026

Entre noirceur familiale et éclats de lucidité, Karine Deraëdt nous livre un roman coup de poing, aussi brutal que poignant. La narratrice enterre son père, et avec lui, des décennies de silence, de terreur et d’attentes déçues. Commence alors un récit sans filtre, qui navigue entre souvenirs d’enfance, internement psychiatrique et survie émotionnelle.L’écriture est vive, frontale, traversée de fulgurances poétiques et d’un humour noir salvateur.

05 mars 2026

La "Relax Box" qui apaise

Au CH d’Erstein, les jeunes hospitalisés sont incités à personnaliser une boîte avec divers objets ressources utilisables en cas de crise.

La Relax Box se présente sous la forme d’une boîte à personnaliser avec divers objets sensoriels (balle antistress, huile parfumée, musique apaisante, texture douce), mais aussi des supports pour favoriser la réflexion et la mise à distance (cartes mémo, techniques de respiration ou encore petits jeux). Depuis 2024, l’unité Saint-Exupéry du Centre hospitalier d’Erstein, en Alsace, propose ce dispositif thérapeutique aux adolescents hospitalisés, notamment ceux qui souffrent de troubles psychotiques. En mobilisant les cinq sens, les jeunes apprennent à identifier leurs signaux internes et à trouver des ressources pour éviter les débordements émotionnels. La Relax Box les aide ainsi à canaliser leurs émotions, à prévenir l’automutilation et à soutenir la désescalade des crises d’anxiété ou de colère.

En pratique, au cours d’un atelier thérapeutique d’1h30 chaque lundi, l’équipe soignante travaille avec huit jeunes sur le stress, les tensions et s’attarde sur les outils à disposition de chacun (techniques d’ancrage, méthodes de relaxation…). Ce temps de réflexion constitue un moment propice pour se familiariser avec la Relax Box et apprendre à la composer.

Chaque adolescent dispose ensuite de sa boîte dans sa chambre. Quand des tensions affleurent, ou qu’un état d’agitation est palpable, les soignants proposent d’y avoir recours. Souvent, les adolescents s’en saisissent d’eux-mêmes lorsqu’ils ne se sentent pas bien. Au fur et à mesure de l’utilisation, la boîte s’étoffe et se personnalise avec des photos de famille ou des objets qui leur tiennent à cœur.

Depuis la mise en place de la Relax Box, les équipes soignantes constatent un moindre recours à l’isolement et une baisse de l’auto et de l’hétéro-agressivité. Non seulement les adolescents parviennent à mieux réguler leurs émotions, mais ils échangent aussi à partir du contenu de cette boîte, sur les techniques qui leur conviennent.

La démarche s’inscrit dans une approche de soin global et participatif. Le patient devient acteur de son parcours et cette approche personnalisée favorise la compréhension de soi et de la maladie, la confiance en soi et l’implication active du patient dans son parcours de soin.

Le projet Relax Box a reçu le 2e Prix des équipes soignantes en psychiatrie 2025 lors des 11es Rencontres soignantes en psychiatrie, en octobre 2025.

Contact : C. Martinho, cadre de santé, cecilia.martinho@ch-erstein.fr

La Relax Box qui apaise - Santé Mentale

04 mars 2026

"Soyons fous" : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés

Un long métrage documentaire suit la création d'un court métrage par des personnes vivant avec un trouble psychique. Entre transmission, altitude et émotions brutes, "Soyons Fous" veut bousculer les préjugés sur la santé mentale.

Peut-on faire du cinéma quand on vit avec un trouble psychique et qu'on n'a jamais touché une caméra ? C'est le point de départ de Soyons Fous, documentaire réalisé par Quentin Perez et produit par Beyond Productions, né d'un autre constat : « les troubles psychiques isolent, et incitent à se taire pour ne pas être davantage isolé ».
En salles fin d'année 2026, ce film prend le contre-pied de cette triste réalité pour retracer toutes les étapes de fabrication d'un court métrage par une équipe dont la plupart des membres vivent avec une maladie mentale. Des premières réunions d'écriture à la diffusion en festival, la caméra suit un processus qui s'échelonne sur plus d'un an.

Corinne Masiero et Emmanuelle Bercot en coulisses

Avant le tournage, des professionnels du cinéma dont Corinne Masiero, Emmanuelle Bercot et le chef opérateur Philippe Rousselot ont pu transmettre les bases techniques et artistiques à l'équipe d'une quinzaine de participants. Le film a ensuite été tourné dans les Hautes-Alpes, à 2 800 mètres d'altitude, en autonomie. Apprendre à raconter une histoire, à défendre un point de vue, à travailler ensemble… Plus qu'un film, ce projet est vecteur d'insertion socio-professionnelle. Objectif ? « Tordre le cou à l'essentialisation », explique le réalisateur, autrement dit éviter de réduire une personne à son diagnostic. Le film montre le processus, avec ses contraintes, ses désaccords et ses ajustements.

Un projet de sensibilisation structuré

Labellisé « Grande Cause Nationale », ce long métrage documentaire a vocation à devenir un outil de sensibilisation. La tournée d'avant-premières a débuté en octobre 2025 et va se poursuivre dans les prochains mois dans plusieurs villes, en novembre 2025. Une avant-première est prévue le 17 février 2026 au cinéma Alésia à Paris, en présence de l'équipe du film. D'autres actions sont envisagées auprès des jeunes publics, avec l'objectif affiché de contribuer à faire évoluer les représentations du handicap psychique.

©Beyond Productions

Soyons fous : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés

03 mars 2026

Du cinéma AVEC ou SANS Handicap

L'APEH, Aide aux Parents d'Enfants Handicapés milite pour le droit au répit des parents d'enfants en situation de handicap, quel que soit leur âge ou leur handicap. Il n'est pas toujours facile d'oser aller au cinéma, d'affronter le regard des autres, sans avoir peur de déranger...

Avec nos partenaires Ciné Relax, le Cinéma Vox à Strasbourg et le Cinéma Le Trèfle à Dorlisheim, l'APEH propose chaque mois une séance de cinéma ouverte à tous AVEC ou SANS handicap, pour que toutes les familles bénéficient d'un moment de détente et du plaisir d'une séance.

Ce mois-ci avec Ciné Relax, nous vous proposons "Marsupilami".

- A Strasbourg,le samedi 14 mars à 16 heures, au cinéma VOX ( le 2 ème samedi du mois).

- A Dorlisheim, le samedi 21 mars à 15h30 au cinéma Le Trèfle ( le 3 ème samedi du mois).

Des bénévoles accueillent et informent le public pour que chacun se sente bienvenu. La séance commence à l'heure, sans publicité ni bande annonce, le son est moins fort, les lumières s'éteignent progressivement et le prix du billet est modéré (4,50€). Le public est informé que chacun peut exprimer ses émotions à sa manière, sans crainte. Ce dispositif chaleureux et bienveillant facilite l'accès de tous à ce loisir culturel.

Nous vous remercions de diffuser largement auprès des familles les projections de nos séances Ciné-Relax.

Pensez à vous inscrire par mail à : apehalsace@gmail.com

- Si vous venez en groupe.

- Si vous venez avec une personne en fauteuil roulant. Le nombre de places en fauteuil roulant est limité (3 à Strasbourg et à 5 à Dorlisheim)

- Si vous avez besoin d’un audio-guide, ils sont en nombre limité.

3 rue Streicher 67120 MOLSHEIM
06 11 39 93 74
E-mail: apehalsace@gmail.com
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01 mars 2026

Schizophrénie débutante : vers un traitement plus précoce et plus intensif

Alors que la Haute autorité de santé (HAS) prépare de nouvelles recommandations sur la prise en charge de la schizophrénie, une session organisée lors du congrès de l’Encéphale a mis en avant des potentielles évolutions. Au cours de sa présentation, la Pre Delphine Capdevielle (CHU de Montpellier) a rappelé l’importance d’une prise en charge « rapide, intensive et adaptée » dans les mois qui suivent un premier épisode psychotique.

Le délai des six semaines habituellement appliqué pour évaluer l’efficacité et les effets secondaires d’un premier traitement par antipsychotique « pourrait être abaissé à quatre semaines » afin d’envisager plus rapidement une augmentation des doses, suggère la psychiatre. « Aller lentement dans l’initiation du traitement peut représenter une perte de temps pour le patient. »
Concernant les antipsychotiques injectables à longue durée d’action de deuxième génération, notamment les agonistes partiels des récepteurs dopaminergiques D2, « ils doivent pouvoir être proposés rapidement », afin d’améliorer l’acceptation du traitement et la qualité de vie des patients, a ajouté la spécialiste.
Une utilisation en deuxième intention de la clozapine pourrait également être mise en avant, des données récentes ayant mis en évidence un risque de rechute réduit et une amélioration de l’espérance de vie associés à un traitement plus précoce par ce puissant antipsychotique.
Les recommandations de 2025 de l’International College of Neuropsychopharmacology (CINP) préconisent un recours plus rapide à la clozapine, mais toujours après échec de deux antipsychotiques.

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26 février 2026

Schizophrénie : comment l’inflammation et le métabolisme influencent la résistance aux traitements

Publié le 27 janvier 2026

Kaori Saitoh, chercheuse en psychiatrie à l’IMRB Neuropsychiatrie translationnelle (UPEC, Inserm U955), au FHU ADAPT (UPEC, AP-HP) et à la Fondation FondaMental

La schizophrénie est une maladie mentale qui touche environ 1 % de la population au cours de la vie. Pour 20 à 30 % des patients, les traitements antipsychotiques standards ne sont pas efficaces, conduisant à une forme résistante appelée schizophrénie résistante au traitement (TRS), pour laquelle la clozapine demeure l’option thérapeutique de référence.

L’identification précoce de la TRS est essentielle mais reste difficile. Des études antérieures ont montré que les personnes atteintes de schizophrénie présentent souvent des signes d’inflammation chronique de faible intensité et un syndrome métabolique (caractérisé par une obésité, des troubles de la glycémie, des dyslipidémies et de l’hypertension artérielle). Ces deux affections, souvent interconnectées, pourraient jouer un rôle important dans la réponse au traitement.

Dans notre étude portant sur 419 patients en France, nous avons mesuré des marqueurs sanguins d’inflammation et évalué la présence d’un syndrome métabolique, puis examiné leur association avec le besoin de recourir à la clozapine.

Nous avons observé que les individus présentant une inflammation étaient plus susceptibles d’être résistants au traitement, et que ce risque était encore plus marqué chez les personnes présentant à la fois une inflammation et un syndrome métabolique. Par ailleurs, l’inflammation et le syndrome métabolique étaient tous deux significativement associés à la schizophrénie ultra-résistante, même en comparaison avec des patients répondant aux antipsychotiques standards ou à la clozapine.

Ces résultats suggèrent que l’inflammation et les troubles métaboliques pourraient constituer des indicateurs pertinents d’une mauvaise réponse au traitement. Comme ces paramètres peuvent être détectés par des analyses sanguines et potentiellement améliorés par des changements de mode de vie, ils offrent une opportunité d’intervention précoce afin d’optimiser la prise en charge. Toutefois, notre étude reposant sur des données recueillies à un seul moment, il n’a pas été possible d’établir un lien de causalité entre ces facteurs et la TRS.

L’évaluation de l’inflammation et du syndrome métabolique pourrait aider les cliniciens à identifier plus tôt les patients à haut risque et à concevoir des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Des recherches longitudinales supplémentaires seront toutefois nécessaires pour confirmer ces observations et développer des marqueurs d’inflammation réellement exploitables en pratique clinique.

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Actualités | Fondation FondaMental

25 février 2026

[Guide] : Communiquer en santé mentale

Repères pour de nouvelles stratégies et pratiques

Mickaël Worms-Ehrminger, Ed. Presses de l’EHESP, coll. Terrains Santé Social, publié janvier 2026

Entre 2021 et 2024, l’acceptation du handicap psychique est passée de 36 % à 28 %, malgré une présence accrue de la santé mentale dans l’espace public. Érigée en Grande Cause nationale 2025, elle mobilise de nombreux acteurs, sans toutefois produire une dynamique claire et cohérente. Comme dans d’autres champs de mobilisation, la communication en santé mentale reproduit des écueils connus : narration catastrophiste, manque de perspectives positives et dilution des responsabilités. Ces biais, évitables, freinent les progrès individuels, sociétaux et systémiques. 

Destiné aux étudiants et professionnels de la communication en santé, aux soignants, aux associations et aux créateurs de contenu, cet ouvrage propose un état des lieux lucide. En mobilisant des facteurs cognitifs, émotionnels et comportementaux, il invite à adopter une posture de critique pragmatique afin d’améliorer concrètement l’impact des actions en santé mentale.

24 février 2026

Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?

Dr Dominique-Jean Bouilliez | 09 Février 2026

Les recommandations actuelles concernant la prise en charge de la schizophrénie font l’objet d’une révision approfondie. L’objectif est double : intégrer les dernières avancées scientifiques et adapter ces recommandations au contexte clinique contemporain, notamment au système de soins en santé mentale. Dans ce cadre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a initié un travail ciblé sur les premiers épisodes psychotiques, les personnes à risque d’évolution vers une psychose et les diagnostics et évaluations pré-thérapeutiques, avant d’aborder la prise en charge médicamenteuse (1). Comme l’a soulevé Pr Dondé Coquelet (Grenoble) lors du congrès de l’Encéphale (2), ce processus soulève des questions cruciales, notamment sur la place des biomarqueurs dans la stratification des patients et la personnalisation des soins.

Une pathologie hétérogène rendant difficile l’identification de marqueurs universels

La schizophrénie est une pathologie complexe, impliquant des dysfonctionnements dans de multiples systèmes. Pourtant, le diagnostic en pratique clinique reste catégoriel, ce qui met en lumière le besoin urgent d’une psychiatrie de précision. Les biomarqueurs suscitent un intérêt croissant dans ce contexte et leur potentiel est vaste, notamment pour : préciser le risque évolutif après un premier épisode psychotique ; affiner le diagnostic, y compris dans les formes larvaires ou atypiques ; identifier des sous-types cliniques et/ou des cibles thérapeutiques ; prédire le pronostic et la réponse aux traitements ainsi que la tolérance à ces derniers.

Bien que de nombreux marqueurs aient été étudiés (syndrome infectieux, estrogènes, délétion 22q11.2, etc.), aucun n’a encore démontré une efficacité clinique validée ou une applicabilité généralisée. En effet, pour qu’un biomarqueur soit cliniquement utile, il doit répondre à des critères stricts : sensibilité et spécificité élevées, reproductibilité, mesurabilité aisée et ubiquitaire, association à un mécanisme biologique précis et capacité à fournir une information quantitative. Or, la schizophrénie est une maladie hétérogène, ce qui rend difficile l’identification de marqueurs universels. Pour surmonter cette hétérogénéité, il est essentiel : de constituer des bases de données larges pour séparer les sous-groupes, d’analyser longitudinalement les données, car les réponses évoluent avec la maladie, et de multiplier les biomarqueurs pour affiner la précision diagnostique et pronostique.

De quelques avancées récentes et pistes prometteuses

Lors de son allocution, Pr Dondé Coquelet a présenté quelques avancées prometteuses dans ce domaine, notamment plusieurs études et cohortes, comme TONE-P (1 000 sujets évalués avec des questionnaires prépsychotiques tels que le PQ16 et le PCA) ont permis d’identifier l’anxiété sociale comme critère le plus discriminant pour évaluer le haut risque de psychose. Un autre marqueur d’intérêt pourrait être la réduction de l’amplitude de la négativité de discordance (mismatch negativity ou MMN), une réponse électrique du cerveau provoquée par n’importe quel changement dans un son ou motif sonore à partir du moment où la mémoire garde la trace des précédents stimuli, qui prédit un risque accru de conversion vers un premier épisode psychotique et une résistance médicamenteuse. On sait aussi que le cumul de biomarqueurs (EEG, IRM, IL-16) améliore la robustesse du pronostic de transition psychotique, tandis que des études récentes ont montré que les tests auditifs qui distinguent des sous-groupes de patients schizophrènes avec ou sans déficit auditif ont permis de constater que le premier groupe avait un pronostic plus sévère (plus de troubles cognitifs, plus d’impact fonctionnel, plus de décrochage scolaire) que les sujets sans déficit.

Malgré des avancées encourageantes dans ce domaine, et avant d’envisager une révision des recommandations, il est crucial d’accepter la réalité physiopathologique plurielle de la schizophrénie, de maintenir un regard critique sur la précision individuelle par rapport aux données groupales et de poursuivre les efforts de traduction des avancées scientifiques en pratique clinique, conclut le Pr Dondé Coquelet.

Références

Haute Autorité de Santé. Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage. Juillet 2025.

Dondé Coquelet C. Le futur de la schizophrénie : vers une psychiatrie de précision ? L’encéphale. Du 21 au 23 janvier 2026 (Paris)

Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?

23 février 2026

Trouble bipolaire, santé métabolique et fonctions cognitives : ce que montre la cohorte FACE-BD

Publié le 3 février 2026

Ophélia Godin, épidémiologiste, chercheuse à la Fondation FondaMental.

En France, entre 1% et 2,5% de la population est concernée par une forme de troubles bipolaires, soit entre 650.000 et 1.600.000 personnes. Ces personnes présentent souvent des problèmes de santé associés, appelés comorbidités. Parmi eux, le syndrome métabolique touche une personne sur cinq, soit une prévalence deux fois plus élevée que dans le reste de la population. Il est caractérisé par l’association de plusieurs symptômes métaboliques : l’obésité, les troubles de la glycémie, les dyslipidémies et l’hypertension artérielle.

Parallèlement, les troubles cognitifs constituent une dimension centrale des troubles bipolaires, avec un impact durable sur le fonctionnement social, professionnel et la qualité de vie. Si un lien entre syndrome métabolique et cognition a été suggéré, les données disponibles restaient jusqu’ici limitées par des effectifs restreints ou des approches uniquement transversales.

C’est dans ce contexte qu’une étude menée à partir de la cohorte FACE-BD, qui rassemble des patients suivis dans les Centres Experts Bipolaires sur tout le territoire français, a cherché à évaluer les associations entre syndrome métabolique et performances cognitives chez les personnes vivant avec un trouble bipolaire, en croisant une analyse transversale et un suivi longitudinal. Coordonnée par la Fondation FondaMental, FACE-BD est la première cohorte mise en place sur le territoire national permettant un bilan approfondi et un suivi à long terme des personnes atteintes de troubles bipolaires.

Les chercheurs ont analysé les données de 1 175 personnes atteintes de trouble bipolaire. Toutes ont passé des évaluations cliniques et des tests neuropsychologiques standardisés permettant de mesurer leurs performances cognitives. Un indice global de cognition a été calculé à partir de ces tests. Parmi elles, 367 personnes ont été réévaluées deux ans plus tard afin d’observer l’évolution de leurs performances dans le temps. Les analyses ont pris en compte plusieurs facteurs, comme l’âge, le sexe, le niveau d’études, les traitements et les comorbidités addictives.

Les résultats montrent que le syndrome métabolique était présent chez 21,5 % des participants. Les analyses transversales mettent en évidence une association entre la présence d’un syndrome métabolique et des performances cognitives plus faibles. Les personnes concernées présentent notamment un indice cognitif global inférieur, ainsi que des performances réduites en flexibilité cognitive, en inhibition et en mémoire verbale. Ces associations persistent après ajustement sur les principaux facteurs cliniques et sociodémographiques.

En revanche, sur une période de deux ans, les chercheurs n’ont pas observé de modification significative des capacités cognitive liée au syndrome métabolique. Autrement dit, ce syndrome serait associé à des performances cognitives plus faibles, mais pas à un déclin cognitif au cours de la période de suivi. Des études longitudinales complémentaires demeurent nécessaires pour mieux caractériser l’évolution de ces associations à plus long terme.

Ces données soulignent l’importance d’un dépistage systématique et rigoureux des anomalies métaboliques chez les personnes vivant avec un trouble bipolaire. Dépister tôt des problèmes comme le surpoids, l’hypertension, le cholestérol ou la glycémie permet de les traiter rapidement et d’éviter des complications.

En parallèle, il est important d’identifier et d’accompagner les difficultés cognitives, par exemple la mémoire, l’attention ou la capacité à s’adapter aux situations du quotidien. Des interventions adaptées - comme des programmes de rééducation cognitive ou un suivi psychologique - peuvent aider les patients à rester autonomes et à améliorer leur fonctionnement social et professionnel.

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Actualités | Fondation FondaMental