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29 avril 2026

Schizophrénie : une théorie vieille de 50 ans enfin confirmée sur les "voix"

Les hallucinations auditives représentent l'un des symptômes les plus déstabilisants de la schizophrénie. Jusqu'à présent, leur mécanisme exact demeurait mystérieux malgré de nombreuses hypothèses. Grâce à des technologies d'imagerie cérébrale avancées, une équipe de l'University of New South Wales a enfin percé ce secret en observant directement l'activité du cerveau pendant ces épisodes. Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour un dépistage précoce des troubles psychotiques.

Un mécanisme cérébral défaillant identifié

Thomas Whitford, chercheur en psychologie, a dirigé une expérience novatrice utilisant l'électroencéphalographie pour mesurer les ondes cérébrales. L'objectif consistait à comparer la réaction du cerveau face au discours intérieur chez trois groupes distincts. Son équipe a recruté 142 participants au total, dont 55 personnes schizophrènes ayant récemment vécu des hallucinations auditives, 44 autres atteintes de schizophrénie mais sans hallucinations récentes, et 43 individus sans antécédents psychiatriques.

Le protocole expérimental s'avérait ingénieux. Les volontaires devaient prononcer mentalement le mot « bah » ou « bih » tout en écoutant simultanément l'un de ces deux sons diffusés dans un casque audio. Ils ignoraient si leur choix correspondrait au stimulus externe. Cette méthode permettait d'observer comment le cerveau traite la coïncidence entre pensée verbale et perception sonore.

Les résultats, publiés dans la revue Schizophrenia Bulletin* ont révélé une différence majeure. Chez les personnes saines, le cortex auditif réduit naturellement son activité lorsqu'elles parlent intérieurement ou à voix haute. Le cerveau anticipe le son de sa propre voix et atténue sa réactivité pour éviter une surcharge sensorielle. Cette prédiction neurologique fonctionne comme un filtre automatique distinguant nos pensées des bruits extérieurs.

Quand le cerveau confond l'interne et l'externe

Chez les patients schizophrènes ayant connu des épisodes hallucinatoires récents, ce mécanisme de régulation dysfonctionnait complètement. Leur cerveau réagissait avec une intensité inhabituellement élevée lorsque leur parole intérieure correspondait au son externe. Au lieu de diminuer, l'activité cérébrale augmentait dramatiquement, comme si la voix provenait d'une source extérieure menaçante ou mystérieuse.

« Cette idée circule depuis cinquante ans, mais sa vérification s'avérait impossible car le discours intérieur reste fondamentalement privé », explique Whitford. La technologie moderne a finalement permis de mesurer objectivement ce phénomène invisible. Les données neurologiques confirment que le cerveau des personnes entendant des voix traite leur propre pensée verbale comme une intrusion externe.

Cette découverte explique pourquoi les hallucinations auditives semblent si authentiques et convaincantes pour ceux qui les vivent. Le cerveau ne distingue plus correctement l'origine des signaux auditifs. Les voix intérieures deviennent indiscernables des conversations réelles, créant une confusion profonde et angoissante. Cette erreur d'attribution transforme un processus mental normal en expérience perturbante.

Des perspectives thérapeutiques encourageantes

Les implications cliniques de cette recherche s'annoncent considérables pour la prise en charge psychiatrique. Les médecins pourraient identifier précocement les individus présentant ce défaut de prédiction neuronale, bien avant l'apparition d'une psychose déclarée. Un dépistage préventif permettrait d'intervenir rapidement avec des traitements adaptés, améliorant significativement le pronostic.

Les applications potentielles incluent notamment :

=> Le développement de tests diagnostiques basés sur l'EEG pour détecter les anomalies prédictives.
=> La mise au point de thérapies ciblant spécifiquement ce mécanisme de reconnaissance vocale.
=> L'adaptation des protocoles de rééducation cognitive pour renforcer la distinction interne-externe.
=> La personnalisation des traitements médicamenteux selon les profils neurologiques identifiés.

Cette avancée scientifique transforme radicalement notre compréhension des troubles schizophréniques en révélant leur base neurobiologique concrète.

*Corollary Discharge Dysfunction to Inner Speech and its Relationship to Auditory Verbal Hallucinations in Patients with Schizophrenia Spectrum Disorders | Schizophrenia Bulletin | Oxford Academic

Schizophrénie : une théorie vieille de 50 ans enfin confirmée sur les « voix »

28 avril 2026

La honte ou le "passager clandestin" de la souffrance psychique.

La honte est partout en psychiatrie.
Et pourtant on ne la nomme presque jamais.


1- La honte, l'émotion invisible

-n'apparaît jamais comme symptôme à part entière dans DSM5
-pourtant elle est bien là, pesante, bloquante, si on sait l'entendre
-touche l'identité
-elle dit "je suis quelqu'un de mauvais" (≠culpabilité: "j'ai fait quelque chose de mal")

2- Honte et dépression

-fréquente en lien avec la déformation des cognitions
-empêche souvent de demander de l'aide car implique sa révélation
-porte sur des éléments très concrets du quotidien
-s'aggrave par comparaison aux autres
-plus elle est silencieuse plus elle s'installe

3- Honte et médicaments 💊

"ma mère en serait malade" 
-beaucoup les prennent en cachette
-la pharmacie ? Un lieu parfois redouté (une remarque du pharmacien...ou la voisine qui voit la boîte de risperidone)
-pourquoi ? "Dépendant", "zombifiant"...
- c'est être déjà du "mauvais côté"

4- Honte et hospitalisation

-"surtout ne mettez pas sur le bulletin de situation que je suis à l'HP"
-accepter d'être hospitalisé, c'est accepter d'être vu comme "fou"
-ne s'arrête pas à l'entrée
-continue pendant séjour, après la sortie: comment expliquer au travail, aux amis...?

5- Honte et travail

-Un arrêt pour lombalgies, ça se dit
-Un arrêt pour dépression sévère, c'est plus compliqué
-peur d'être perçu comme instable, imprévisible, moins compétent.
-et en toile de fond: "que dira-t-on de moi?"

6- Honte et proches

-"Je ne veux pas les inquiéter", "je ne peux pas être un fardeau"... des phrases entendues tellement en consultation
-souvent vu comme un geste altruiste "je les protège" mais s'enracine dans la honte d'être vu ainsi
-problème : on se prive d'un soutien si nécessaire

7- Honte et maladie invisible

-fonctionner en public, mais s'effondrer en privé
-en plus double peine: pas de pansement, pas de signe flagrant donc ça peut passer complètement inaperçu
-"mais tu n'as pas l'air malade" est très fréquent et clairement renforçateur de la honte

8- Honte et addictions

-intrication+++
-cercle vicieux: consommation pour fuir une honte préexistante, puis culpabilité de la consommation entretient la honte
-rechute vécue comme la preuve légitimant la honte: "je savais que je n'y arriverais pas, je ne suis pas qqn de confiance"

9- Quand la honte se cache derrière la colère

-honte plus simple à tolérer sous cette forme
-s'exprime contre les autres, le système...
-en consultation, un patient agressif ou opposant cache souvent une honte intense d'avoir besoin d'aide, d'être là, d'être vu dans cet état

10- Sortir de la honte

-la reconnaître + la nommer
-pas forcément une vérité
-thérapie d'autocompassion: apprendre à se traiter soi-même comme un ami
-sortir de la honte ne signifie pas ne plus la ressentir, mais qu'elle ne dicte plus nos comportements ni ne définit notre identité

On ne se libère pas de la honte en la taisant.
On commence à s'en libérer quand on ose enfin la nommer à voix haute.


C'était le rôle de ce texte.
C'est votre rôle maintenant de le faire en le diffusant.

Docteur David MASSON

27 avril 2026

Comprendre les troubles psychiatriques : le parcours de recherche de Wafa Ghoul entre Paris et Toronto

À l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (IPNP), un lieu où des chercheuses et chercheurs travaillent ensemble sur le fonctionnement du cerveau, Wafa Ghoul fait partie de ces jeunes chercheuses qui cherchent à éclairer l’origine des troubles psychiatriques à travers l’étude de l’ADN. Elle contribue ainsi à mieux reconnaître ces maladies, encore stigmatisées dans la société. 

Grâce à un appel à projets entre l’Université Paris Cité (UPCité) et l’Université de Toronto (U of T), elle a pu développer ses recherches à l’international. Une expérience qu’elle raconte et qui l’a marquée, autant sur le plan professionnel que personnel.

Explorer les troubles psychiatriques à travers l’ADN

Doctorante à l’Université Paris Cité, Wafa entame son parcours dans le monde de la psychiatrie lors de son stage de master à l’IPNP en 2023.

« J’étais intéressée par la génétique humaine, mais la psychiatrie m’a attirée parce que c’est un domaine en pleine évolution avec encore beaucoup de choses à découvrir. »

Animée par une forte envie d’apprendre, elle choisit de poursuivre une thèse au sein de l’IPNP. Son travail consiste à étudier l’ADN de patientes et patients atteints de troubles psychiatriques, en particulier la catatonie, pour mieux décrypter ce qui se passe dans leur corps.

« La catatonie est un trouble qui affecte les mouvements et le comportement, c’est une maladie psychomotrice et une maladie rare. Les patients peuvent avoir des difficultés d’interaction: soit ne plus bouger du tout, soit au contraire être dans un état d’agitation complète. Elle peut se développer chez des personnes atteintes de schizophrénie ou de troubles bipolaires. »

Au cœur de ses recherches sur les troubles du mouvement et du comportement, Wafa explore différentes “couches” de l’ADN.

« L’idée, c’est d’analyser l’ADN présent dans le noyau des cellules, mais aussi l’ADN mitochondrial et le profil épigénétique pour essayer de comprendre quel est l’impact de l’environnement sur ces patients. »

En pratique, elle travaille à la fois sur l’ADN principal des cellules et l’ADN mitochondrial, présent dans les mitochondries ; ces structures qui produisent l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules, notamment celles du cerveau. Elle s’intéresse également au profil épigénétique, qui permet de comprendre comment l’environnement peut influencer l’activité des gènes. Ainsi, des facteurs comme le stress ou le mode de vie peuvent jouer un rôle dans le développement des troubles et expliquer pourquoi certaines personnes sont plus touchées que d’autres.

Au-delà de l’analyse des données génétiques, les recherches de Wafa portent aussi des enjeux de société et de santé publique. Elles participent à faire évoluer le regard porté sur les maladies psychiatriques, en contribuant à améliorer la prise en charge des patientes et patients, à affiner les diagnostics et, à terme, à développer des traitements plus ciblés et personnalisés.

« Que ce soit dans les médias ou dans la culture populaire, les personnes atteintes de troubles psychiatriques sont souvent vues comme “folles”, simplement parce qu’on ne connaissait pas les mécanismes biologiques ou génétiques derrière ces maladies. En réalité, il s’agit de pathologies comme les autres, comme le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Elles doivent être prises au sérieux, et les patients méritent la même attention médicale que les autres. »

Un premier pas à l’international

Les travaux de Wafa vont prendre une autre dimension en 2024. Son directeur de thèse Boris Chaumette, enseignant-chercheur en psychiatrie, l’encourage à continuer son analyse de l’ADN mitochondrial et à rejoindre un projet de collaboration internationale. Intitulé « Mitochondrial Gene Risk in Psychiatric Disorders: A Transatlantic Educational and Research Collaboration », ce programme est soutenu par UPCité et l’Université de Toronto via un appel à projets pour favoriser la recherche internationale, particulièrement pour les jeunes chercheuses et chercheurs. L’équipe du Pr. Ana Andreazza de l’Université de Toronto est accueillie à UPCité en mars 2025. Quelques mois plus tard, en octobre, Wafa s’envole à son tour pour Toronto. Une première expérience en Amérique du Nord, où elle découvre une autre manière de faire de la recherche.

« C’est une grande équipe vraiment spécialisée dans les liens entre mitochondrie et troubles bipolaires, qui travaille aussi au niveau biologique et qui fait de l’expérimentation, ce que nous ne faisons pas au laboratoire. Nous, on est plutôt dans l’analyse informatique du séquençage de l’ADN. […] Le fait de partager mes données, d’apprendre à communiquer avec des personnes plus expérimentées, et de présenter mes résultats, c’était très constructif. Je suis revenue avec beaucoup plus d’idées. »

Les premiers résultats de ce projet franco-canadien apportent déjà des éléments encourageants.

« On a montré que les personnes qui souffrent de psychose présentent plus de variations dans l’ADN que celles à risque qui n’ont pas développé la maladie. On est encore au début, mais l’objectif est de comprendre quels mécanismes biologiques sont impliqués. »

Les chercheuses et chercheurs ne savent pas encore exactement pourquoi des variations apparaissent : elles peuvent être héritées ou se développer au cours de l’évolution des cellules. Si les causes restent encore incertaines, ces travaux ouvrent des pistes prometteuses pour mieux cerner l’apparition de certains troubles.

Comprendre les troubles psychiatriques : le parcours de recherche de Wafa Ghoul entre Paris et Toronto | Université Paris Cité

26 avril 2026

Festival "Les Rencardes" : nous y étions !

Le 11 avril 2026, rencontre entre handicap(s) et culture à Bischheim.

Le groupe musical "Les Voix de l'Aube" a pu faire la démonstration de ce qu'il sait faire... (Article DNA du 25 avril).


Malheureusement le journaliste a oublié de mentionner notre groupe (snif...)


25 avril 2026

Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés

Les personnes atteintes de schizophrénie ont des difficultés à reconnaître les émotions. Mais ces troubles pourraient aussi exister, plus discrètement, chez leurs proches. Une étude, portée par l’équipe PsyR2, explore les mécanismes cérébraux en jeu.

La schizophrénie est un trouble psychiatrique complexe qui affecte notamment la capacité à reconnaître les émotions, en particulier sur les visages. Ces difficultés ne sont pas anodines : elles sont liées à des problèmes relationnels, un repli social et une moindre autonomie.

Cependant, ces altérations ne concernent pas uniquement les patients. Des études montrent que leurs proches, pourtant en bonne santé, présentent eux aussi des difficultés, notamment face aux émotions négatives comme la peur ou la colère.

Portée par l’équipe PsyR2*, cette étude soulève une question clé : ces troubles pourraient-ils constituer un “endophénotype”, c’est-à-dire une signature intermédiaire entre les gènes et la maladie ?

Une approche plus proche de la vie réelle

Pour mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs ont étudié trois groupes :
= des patients atteints de schizophrénie,
= leurs frères et/ou sœurs non malades,
= et des personnes sans trouble psychiatrique.

Tous ont réalisé une tâche sous IRM fonctionnelle (IRMf), consistant à reconnaître des émotions sur des visages intégrés dans un contexte émotionnel (et non présentés isolément). Cette approche se veut plus proche des situations réelles.

.../...

Ce texte est une reprise de l’article « Reconnaître les émotions : un indice caché de la schizophrénie ? » publié par le CH Le Vinatier le 14 avril 2026.

Lire l'article complet : 
Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés - Santé Mentale

24 avril 2026

Psychiatrie : quand le bon sens populaire devient toxique

"Quand on veut, on peut"💪

On vous a sûrement dit un truc comme ça en pensant vous aider.
En psychiatrie, certains proverbes ne sont pas juste faux, mais carrément contre-productifs.


1. "Quand on veut, on peut", justement
- certains troubles psy (dépression sévère, schizophrénie...) touchent directement la motivation
- demander à un patient de "vouloir plus fort", c'est comme demander à quelqu'un avec une jambe cassée de courir : "lève-toi et marche"

2. "Le temps guérit toutes les blessures"
- un trouble bipolaire ou une schizophrénie non traités ne s'arrangent pas seuls
- les mécanismes d'évitement dans les troubles anxieux se renforcent
=> Le temps sans soin n'est pas de la patience, c'est une perte de chance en fait

3. "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts"
- non, une dépression, une addiction, une entrée en schizophrénie, des troubles dissociatifs après un trauma dans l'enfance, ça ne rend pas plus fort
- on peut se reconstruire, mais ça laisse des cicatrices. Pas des super-pouvoirs

4. "Il suffit de se secouer un bon coup"
- on ne se "secoue" pas d'une crise de panique ou d'un TOC (on l'est déjà bien assez...)
- cela suppose que le trouble psychique est une question de volonté ou de paresse
- faire cela, c'est surtout ajouter une couche de culpabilité

5. "La parole est d'argent, mais le silence est d'or"
- en santé mentale, c'est souvent l'inverse
- le silence peut alimenter l'isolement, la rumination, la honte
- mettre des mots sur ce qu'on vit (avec un soignant, un proche...) aide à mieux comprendre et à avancer

6. "L'oisiveté est la mère de tous les vices"
- en burn-out ou en dépression, le repos n'est pas de la paresse: c'est une prescription. Il faut recharger les batteries
- forcer l'activité à tout prix peut aggraver l'épuisement, la culpabilité, retarder le rétablissement

7. "Chassez le naturel, il revient au galop"
- implique que tout changement est impossible, donc pas d'espoir
- important: le cerveau avec sa neuroplasticité peut moduler ses schémas, même anciens. C'est le fondement même des psychothérapies comme les TCC

8. "Il n'y a pas de fumée sans feu"
- dans les problématiques psychotiques, le patient peut être convaincu d'être persécuté sans aucun fait réel
- dans la phobie d'impulsion, les gens recherchent une origine aux pensées envahissantes...
=> il n'y a pas forcément de "feu" à retrouver

9. "Aide toi et le ciel t'aidera"
- attaque de panique, crise suicidaire... parfois, on ne sort pas seul d'une détresse psychique aiguë. Tout comme on ne gérerait pas seul une détresse respiratoire
- l'entourage, les soignants..ne sont pas un luxe. C'est ce qui permet de survivre

10. "Il faut savoir tourner la page"
- ça ne se décrète pas
- deuil pathologique, dépressions résistantes, traumatismes complexes... sont précisément des situations où "tourner la page" est très difficile même avec accompagnement
- ⚠️ couche de culpabilité ajoutée !

Les proverbes condensent une sagesse réelle.
Mais en santé mentale, le "bon sens" peut invalider, culpabiliser, retarder le soin.
À retenir : le cerveau est un organe, pas un muscle moral.

À diffuser si vous connaissez quelqu'un à qui ça peut servir !


Dr David MASSON, psychiatre

23 avril 2026

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?

Dans une nouvelle étude publiée dans Nature Neuroscience*, des chercheurs ont mieux compris le rôle d’une mutation génétique dans la schizophrénie.

Cette mutation du gène grin2a perturbe la capacité de la personne à adapter son interprétation du monde face à de nouvelles informations.

Mais en agissant sur cette mutation du gène grin2a, les scientifiques ont réussi à inverser son effet et à restaurer un comportement normal chez la Souris.

*Reduced mediodorsal thalamus activity underlies aberrant belief dynamics in a genetic mouse model of schizophrenia | Nature Neuroscience

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?

22 avril 2026

Handicap et accès à la culture : quand le "metal" devient vecteur d’inclusion

Vingt ans après la loi de 2005 sur l’égalité des droits des personnes en situation de handicap, l’accessibilité des lieux culturels a nettement progressé en France. Mais la participation réelle des publics concernés reste limitée. Une expérimentation menée entre une pension de famille et le Hellfest, en Loire-Atlantique, montre en quoi l’inclusion ne se résume pas à des aménagements techniques.

Un samedi de juin 2023, au milieu des dizaines de milliers de festivaliers réunis au Hellfest (Clisson, Loire-Atlantique), six habitants d’une pension de famille découvrent pour la première fois l’un des plus grands festivals de France. Certains vivent avec des troubles psychiques, d’autres avec des limitations physiques et pourtant, tous participent à une expérience singulière : explorer ce que signifie réellement l’« inclusion » dans un événement culturel singulier. Cette expérimentation, menée avec des résidents de la pension de famille de l’Orangerie, une structure gérée par la Croix-Rouge française, invite à repenser en profondeur la manière dont les institutions culturelles abordent le handicap. Car malgré les progrès réalisés ces dernières années, l’accès à la vie culturelle reste encore limité pour de nombreuses personnes en situation de handicap.

.../...

20 avril 2026

Quel rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères ?

Une étude menée à partir des données de plus de 7 000 patients par le centre de recherche académique dédié à l’avancement des connaissances scientifiques dans le domaine des troubles psychiatriques SINAPS, en partenariat avec la Fondation FondaMental (France), apporte un nouvel éclairage sur le rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères. Ce travail met en évidence de nouvelles pistes pour personnaliser la prise en charge des patients souffrant de dépression, de schizophrénie ou de trouble bipolaire. 

Communiqué.

Environ un tiers des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères (tels que la dépression résistante aux traitements, la schizophrénie ou le trouble bipolaire) présentent une inflammation chronique de bas grade. Ce phénomène biologique est associé à des formes plus sévères de la maladie et à une moins bonne réponse aux traitements.

Un marqueur biologique présent chez un tiers des patients

Publiée dans la revue scientifique internationale Brain, Behavior, and Immunity (1), cette recherche s’appuie sur les cohortes nationales FACE (FondaMental Advanced Centers of Expertise) de la Fondation FondaMental. Elle regroupe des patients atteints de dépression résistante, de schizophrénies ou de troubles bipolaires afin de mieux comprendre les facteurs communs associés à cette inflammation chronique. Les résultats montrent qu’environ 30 % des patients, quel que soit leur diagnostic psychiatrique, présentent des niveaux élevés de CRP (C-Reactive Protein), un biomarqueur sanguin révélateur d’inflammation chronique de bas grade.

Les chercheurs ont également utilisé plusieurs méthodes statistiques robustes (régression logistique pénalisée, forêts aléatoires et classification non supervisée) pour identifier les principaux facteurs associés à cette inflammation chronique de faible intensité :

= Le surpoids et l’obésité, de loin les facteurs les plus significatifs,
= Les déséquilibres métaboliques, notamment le cholestérol,
= Le tabagisme et la dépendance à la nicotine.

Ces facteurs liés au mode de vie et à la santé métabolique, bien connus en santé cardiovasculaire, jouent donc également un rôle clé dans l’inflammation associée aux troubles psychiatriques étudiés.

Cependant, l’étude montre que les facteurs liés à l’inflammation chronique diffèrent selon le sexe. Chez les femmes, l’inflammation est principalement associée au surpoids et aux troubles métaboliques. Un autre biomarqueur, l’acide urique, semble également impliqué. Chez les hommes, la situation est plus variée, mais le tabagisme apparaît comme un facteur particulièrement important.

Quelles perspectives pour les patients ?

Ces résultats plaident pour une prise en charge plus personnalisée, qui utilise la CRP non plus comme un simple indicateur général, mais comme un premier signal d’alerte pour orienter des actions ciblées. En complément des traitements standards (médicaments psychotropes et psychothérapie), cela pourrait inclure des interventions sur le mode de vie (alimentation, activité physique, arrêt du tabac) ou des traitements spécifiquement dirigés contre l’inflammation et/ou les anomalies métaboliques.

Ces travaux de recherche constituent une étape importante vers une psychiatrie de précision, adaptée aux caractéristiques individuelles. Les auteurs appellent désormais à des études prospectives pour évaluer l’impact de ces interventions ciblées sur l’inflammation.

1 – Tim Rietberg et al. From non-specific biomarker to targeted action: transdiagnostic and sex-specific drivers of high-CRP status in severe mental illness across the FondaMental Advanced Centers of Expertise (FACE) cohorts, Brain, Behavior, and Immunity, 2026. https://doi.org/10.1016/j.bbi.2026.106464

Quel rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères ? - Santé Mentale