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19 juin 2026

Baromètre des pratiques en santé mentale et en psychiatrie en France : quels constats ?

Le Baromètre OPRA (Observatoire des PRAtiques en santé mentale) 2026 présente des résultats issus d’un sondage national sur les pratiques en santé mentale, centré sur les pratiques clés en psychiatrie sur l’année 2025. Porté par l’Observatoire des pratiques en santé mentale (OPRA), il repose sur une démarche bénévole associant personnes concernées, proches, professionnel·le·s et chercheur·euses. 

Le rapport met en évidence des marges importantes de progression dans la lutte contre les pratiques stigmatisantes et dans la reconnaissance d’une véritable horizontalité dans les accompagnements. Il montre aussi que la qualité de vie au travail des équipes constitue un enjeu central, car elle influence directement la qualité des pratiques proposées aux personnes accompagnées.

18 juin 2026

Présidentielle 2027 : participez à la consultation de France Assos Santé

France Assos Santé lance une consultation auprès de son réseau dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027.

Accès aux soins, suivi des personnes atteintes de maladies chroniques, qualité et sécurité des soins, prévention, protection sociale solidaire et universelle, soutenabilité du système, autant d’enjeux prioritaires sur lesquels France Assos Santé entend porter la voix des usagers.

 

L’objectif de la consultation : recueillir les attentes, propositions et témoignages des personnes concernées par les enjeux de santé afin de faire de la santé un sujet incontournable du débat public et de peser sur les politiques publiques à venir.

 

Votre avis compte ! En répondant à ce questionnaire, vous contribuerez directement à identifier les priorités que France Assos Santé pourra porter, au nom de ses associations membres, durant la campagne présidentielle.

 

Le questionnaire prend environ 20 minutes. Les réponses sont strictement anonymes et seront utilisées exclusivement pour nourrir le plaidoyer de France Assos Santé.

 

Lien vers le questionnaire : https://forms.office.com/e/gN29PiC1Jb

Date limite de réponse : 19 juin 2026

 

Merci par avance pour votre participation.

17 juin 2026

12 juin : C'était l'arrivée de Psycyclette !

L'Unafam 67 a eu le plaisir de fêter l'arrivée de Psycyclette, une randonnée cyclotouriste annuelle organisée par l’UNAFAM.

Cet événement unique rassemble des personnes vivant avec des troubles psychiques, leurs proches, des soignants et des bénévoles autour d’un défi collectif : parcourir plusieurs centaines de kilomètres à vélo à travers la France. Au-delà de la performance sportive, l’objectif est de briser les tabous et les préjugés liés aux troubles psychiques, en allant à la rencontre des habitants lors d’étapes conviviales et festives.

L’édition 2026 en quelques chiffres :
- 2 parcours
- 8 jours de randonnée
- Environ 1200 km parcourus

Plus d'une centaine de « psycyclistes » se sont engagés dans cette aventure humaine, démontrant que le lien social et la solidarité peuvent dépasser toutes les différences.

16 juin 2026

[Podcast] : "Si besoin", le nouveau podcast de Nicolas Demorand

Après plusieurs mois d'absence, Nicolas Demorand retrouve le chemin de Radio France pour son premier podcast dans lequel il aborde sa maladie qui l'a éloigné de l'antenne.

"Si besoin" : c'est ainsi que le personnel médical désigne les médicaments que le patient peut prendre uniquement s'il le juge utile. C'est aussi le titre choisi par Nicolas Demorand pour son nouveau podcast sur France Inter, une invitation aux auditeurs à écouter son témoignage, s'ils en ressentent le besoin.

Atteint de bipolarité qu'il avait rendue publique en mars 2025, le journaliste fait de la sensibilisation aux maladies psychiatriques un combat personnel. Dans cette série en six épisodes, il revient sur les mois qui ont suivi son départ de l'antenne, le temps passé à l'hôpital Sainte-Anne, l'aggravation de sa maladie et son parcours, à travers son propre témoignage mais aussi des entretiens avec des professionnels de santé, des soignants et des personnes touchées par des maladies psychiatriques

Si besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amelie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.

Écouter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/si-besoin#about

15 juin 2026

Dispositifs médicaux numériques en santé mentale : huit lauréats

Dans le cadre du Grand Défi « Dispositifs médicaux numériques en santé mentale » prévu dans le cadre du plan innovation santé 2030, volet santé de France 2030, huit lauréats ont été sélectionnées et vont être soutenus financièrement.

Les projets lauréats sont :

• Projet PSYCHIATRY FM porté par CALLYOPE : solution fondée sur des modèles audio et l’IA pour mieux évaluer les symptômes en psychiatrie (schizophrénie, trouble bipolaire, etc.) et anticiper les rechutes.

• Projet DALIA BLOOM DPP porté par DALIA CARE : solution numérique innovante pour dépister précocement et améliorer le suivi de la dépression post-partum.

• Projet EOS RENAISSANCE porté par CLEER : plateforme numérique innovante en addictologie permettant un accompagnement personnalisé des patients et une optimisation du suivi médical grâce à l’intégration de données cliniques et médicamenteuses.

• Projet BEAM porté par SurgeCare : approche innovante combinant données multi-omiques et IA pour prédire la réponse des patients en dépression résistante et optimiser leur orientation thérapeutique.

• Projet POP10 porté par POPPINS : thérapie numérique innovante s’appuyant sur l’IA pour améliorer la prise en charge des troubles de l’apprentissage en mathématiques chez l’enfant.

• Projet LEOPAS porté par LEOPA : solution numérique innovante visant à améliorer le suivi des troubles bipolaires et à renforcer l’autonomie des patients grâce à des parcours thérapeutiques personnalisés.

• Projet MINDTRACK porté par MANITTY : dispositif médical numérique conçu pour la prévention, la détection précoce et le suivi longitudinal de la santé mentale, en particulier chez les enfants, adolescents et jeunes adultes. Il combine un suivi neurophysiologique continu en conditions de vie réelle avec des données cognitives, comportementales et psychosociales.

• Projet NEUROSCREEN porté par DEXTRAIN : solution numérique innovante combinant évaluation neurocognitive et IA pour accélérer le diagnostic précoce des troubles psychotiques.

Dispositifs médicaux numériques en santé mentale : huit lauréats - Santé Mentale

12 juin 2026

Restriction de liberté : un protocole renforce l’autonomie des infirmiers

Un protocole de levée des mesures des restrictions de libertés, portées par des infirmiers du CH Le Vinatier, va au-delà de la simple exécution de prescriptions médicales. Il positionne l’infirmier comme acteur de l’ajustement ou de la levée de ces mesures, au plus près de l’observation clinique quotidienne.

La réduction du recours à l’isolement et à la contention constitue aujourd’hui un enjeu majeur en psychiatrie. Dans ce contexte, le déploiement d’un protocole de levée de ces mesures, portées par des infirmiers du CH Le Vinatier (PULM : Psychiatrie Universitaire Lyon Métropole), marque une évolution significative des pratiques. Ce protocole repose sur une évaluation clinique structurée, continue et tracée qui permet aux équipes d’intervenir directement dans la décision de levée, dans un cadre sécurisé et défini. Il s’articule autour d’une évaluation standardisée du patient à partir d’une échelle d’évaluation et d’une appréciation clinique qui permet d’objectiver les capacités du patient à bénéficier d’un assouplissement de ces contraintes. La décision est ensuite validée en équipe.

S’appuyer sur des données probantes

L’intégration d’outils de psychométrie constitue un réel atout de cette évolution des pratiques. Il s’agit de s’appuyer sur des données probantes en lien avec le Décret relatif aux activités et compétences de la profession infirmière du 24 décembre 2025. Ces échelles standardisées d’agitation et/ou de risque hétéro-agressif (1) réduisent la subjectivité, sécurisent les pratiques et favorisent une homogénéisation des évaluations au sein des équipes. Loin de déshumaniser la relation de soin, ces outils renforcent la lisibilité clinique et la légitimité des décisions infirmières tout en déployant un vocabulaire commun (sémiologie, indicateurs). Il s’agit de ne plus se contenter de dire le « patient monte » ou « je ne le sens pas » mais de décrire précisément son comportement et ses symptômes pour ajuster au mieux la décision clinique. Ce modèle présente de multiples bénéfices.

– Pour le patient, il favorise une réduction de la durée des mesures d’isolement et/ou de contention et une meilleure prise en compte de son évolution clinique.

– Pour les infirmières, il valorise leurs compétences cliniques et renforce leur autonomie.

-Pour l’institution, il s’inscrit dans une démarche de qualité et de conformité aux recommandations actuelles de diminution du recours à l’isolement et la contention (en tendant vers zéro contention) qui s’inscrit dans une politique d’établissement autour des mesures coercitives (ETHIC : Eviter l’isolement / Transformer les pratiques/ Humaniser/ Impulser/ Contenir autrement)

Comment déployer ce protocole ?

Cette dynamique nécessite :

= La formation des infirmiers à l’usage des outils psychométriques,

= L’appropriation collective des protocoles

= Le maintien d’une collaboration étroite avec les médecins

= La mise en place d’un suivi via une évaluation des pratiques professionnelles et un accompagnement sur le terrain.

L’appui de la Direction générale, de la Direction des soins, de la Présidence de la Commission médicale et du Département qualité de l‘établissement sont des facteurs déterminants qui favorisent l’implantation de cette démarche. Un premier déploiement réalisé dans trois unités d’entrée adultes révèle une appropriation inégale du dispositif par les soignants. Plusieurs paramètres sont à considérer : la dynamique d’équipe et le paradigme de soin, la notion de prise de risque ou de glissement de tâches, une présence médicale importante qui n’encourage pas toujours l’équipe à utiliser ce protocole… Des freins ont ainsi pu être mis en lumière : crainte de prendre la mauvaise décision ou encore sentiment de manque de légitimité, ce qui montre l’importance d’un accompagnement des équipes dans cette démarche.

Néanmoins, les retours restent positifs et mettent en avant la réduction des mesures d’isolement et/ou de contention, la flexibilité, la rapidité de la mise en œuvre du protocole et une valorisation des compétences soignantes. Les décisions de levée des mesures ont pu être prises en semaine et pendant le week-end à des horaires variables. La majorité avait lieu en fin de journée ou le dimanche. Le créneau horaire entre midi et 14h apparait également à plusieurs reprises. Actuellement le déploiement de ce protocole se poursuit sur quatre unités dont les urgences psychiatriques (UPRM), avec des retours qualitatifs et quantitatifs prévus fin 2026, ce qui devrait permettre à terme de le valider.

Pour plus d’information : deCLIC@ch-le-vinatier.fr Frédérique ROLLET, CSS Pole Urgence (Frederique.rollet@ch-le-vinatier.fr)ou Sandy MATHIEU, IPA PAPV/ Cheffe de Projet sur la Réduction des Mesures Coercitives (Sandy.mathieu@ch-le-vinatier.fr)

Restriction de liberté : un protocole renforce l’autonomie des infirmiers - Santé Mentale

11 juin 2026

Accumulation d'objets, isolement, déni... tout comprendre au syndrome de Diogène

Le syndrome de Diogène est un trouble du comportement complexe qui touche des personnes de tous horizons. Comment se manifeste-t-il ? Quels sont les signes qui doivent alerter ? Comment agir ? Décryptage.

Des piles d’objets qui envahissent progressivement les pièces, des volets qui restent fermés pendant des mois, une personne qui ne reçoit plus personne chez elle, un logement qui devient insalubre. Dans l’imaginaire collectif, le syndrome de Diogène est souvent associé à des situations extrêmes d’insalubrité. Pourtant, il révèle souvent une grande souffrance et une détresse psychologique des victimes de ce trouble. « Tout le monde peut être sujet à ce syndrome », explique Thibaut Moinard, secrétaire de l’association Syndrome Diogène solutions. Contrairement aux idées reçues, il ne concerne pas uniquement des personnes âgées ou précaires. « On retrouve parfois des personnes ayant des troubles psychiatriques ou psychologiques comme la schizophrénie ou la bipolarité, mais pas seulement », développe-t-il.

Un burn-out, un licenciement, un choc émotionnel, un épisode traumatique peut déclencher un syndrome de Diogène, qui ne survient d’ailleurs pas du jour au lendemain, mais s’installe progressivement. « Il y a aussi fréquemment des traumas liés à l’enfance. On retrouve aussi des personnes sujettes à des dépressions », souligne Thibaut Moinard. Les deuils non résolus constituent également un facteur fréquent. « Se séparer d’objets peut alors être vécu comme une seconde mort », insiste-t-il.

Des objets comme protection

Peu à peu, l’accumulation devient une forme de protection. Les objets prennent une place grandissante dans le logement, mais aussi dans l’équilibre psychologique de la personne. Cette accumulation s’accompagne souvent d’un paradoxe, déroutant pour l’entourage : « Les personnes sont à la fois dans le déni et très conscientes de ce qui se passe. Elles ne veulent plus ouvrir leur porte à beaucoup de monde, elles se coupent progressivement de leur famille et de leurs proches », signale Thibaut Moinard.

Avant même que le logement ne devienne insalubre, certains comportements peuvent constituer des signaux d’alerte. Le premier est souvent l’isolement. « Une des grandes caractéristiques, c’est ce que j’appelle la culture de l’excuse », indique le secrétaire de Syndrome Diogène solutions. « La personne trouve toujours une raison pour ne pas recevoir : pas ce week-end, pas le suivant. Et les proches commencent à se demander pourquoi elle ne les invite plus jamais. »

Une forme de négligence corporelle peut également apparaître au fur et à mesure. D’autres signes peuvent être plus discrets : achats compulsifs, accumulation d’objets inutiles ou achetés en plusieurs exemplaires, difficulté à jeter ou à se séparer de possessions anciennes. À l’extérieur de l’habitation, certains indices peuvent aiguiller : « Les volets fermés en permanence sont assez caractéristiques », note le responsable associatif. Dans les situations les plus avancées, certaines personnes finissent même par investir leur balcon ou leur voiture, faute d’espace dans leur logement.

Ne pas forcer le nettoyage

Face à un proche dont le comportement inquiète, le réflexe de sa famille est souvent de vouloir agir vite. Une réaction compréhensible, mais souvent contre-productive. « Il ne faut surtout pas forcer le nettoyage », insiste Thibaut Moinard. « Ces objets sont une sorte de peau extérieure, de carapace, de protection. Pour la personne, voir quelqu’un jeter ses affaires peut être extrêmement violent. » L’accompagnement commence par la parole. « Il faut recréer du lien social, faire intervenir une aide extérieure, amener vers un suivi psychologique. Derrière le syndrome, il y a souvent une grande souffrance », poursuit-il. Vous pouvez solliciter l’aide d’une assistante sociale ou d’une psychologue. Les rendez-vous à l’extérieur sont à privilégier dans premier temps pour ne pas mettre la personne dans l’embarras.

Les associations, comme Syndrome Diogène solutions, interviennent généralement à la demande de familles, de syndics ou parfois des personnes concernées elles-mêmes. « On ne rentre pas chez les gens en leur disant qu’il faut tout ranger. On commence par discuter, de la pluie et du beau temps, de choses simples. Fréquemment, les personnes finissent par se confier », détaille Thibaut Moinard. Car contrairement à certaines idées reçues, toutes ne sont pas dans le déni complet. « Certaines nous appellent elles-mêmes à l’aide. Elles savent qu’elles ont besoin d’aide mais ne savent pas par où commencer. Il y a toujours cette contradiction : elles ont trop honte de la situation, tout en ayant du mal à en sortir seules. »

Sortir du déni pour amorcer le changement

Le traitement du syndrome de Diogène repose rarement sur une seule intervention. Il nécessite en général un accompagnement global, mêlant soutien psychologique sur le long terme, accompagnement social et désencombrement progressif. L’objectif n’est pas seulement de vider un logement, mais de comprendre ce qui a conduit à cette situation.

Pour les proches, comme pour les voisins ou les propriétaires confrontés à une situation de ce type, la première étape consiste souvent à renouer le dialogue ou à faire appel à une structure extérieure capable d’établir un contact. Car derrière les montagnes d’objets, il y a avant tout une personne en souffrance. Et si la loi protège l’inviolabilité du domicile, elle rappelle aussi qu’il existe un devoir de vigilance face à une personne potentiellement en danger. Toute la difficulté consiste alors à trouver le juste équilibre entre respect de l’intimité et la nécessité d’apporter de l’aide et de la protection.

Décryptage. Accumulation d'objets, isolement, déni... tout comprendre au syndrome de Diogène

10 juin 2026

Isolement et contention dans les établissements psychiatriques français : état des lieux de ces pratiques controversées

Dans les services de psychiatrie, certaines mesures restreignant la liberté des patients, telles que les soins sans consentement, la mise à l’isolement ou la contention à l’aide de sangles, sont autorisées dans un cadre légal strict. Les recherches révèlent toutefois d’importantes différences entre établissements dans le recours à ces pratiques. Quelle est la situation en France, alors que le ministère de la santé ambitionne d’en finir avec la contention d’ici à 2030 ?

Comme en 2025, la « Grande cause nationale » 2026 est consacrée à la santé mentale. Dans ce contexte, Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, a annoncé le 2 juin 2026 la suppression, à l’horizon 2030, de la contention dans les services de psychiatrie.

La psychiatrie se distingue en effet des autres spécialités médicales par la possibilité de recourir à des soins sans le consentement des personnes, ainsi que par d’autres pratiques restreignant la liberté de mouvement, telles que l’isolement en chambre dédiée et la contention mécanique à l’aide de sangles.

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09 juin 2026

Les troubles mentaux laissent-ils des traces dans l’urine ?

Un test urinaire pourrait permettre de dépister beaucoup plus tôt des troubles, comme la bipolarité, le TDAH et l'anorexie.

"Les troubles de santé mentale sont source de souffrance importante pour les patients, souffrance qui pourrait être atténuée par des biomarqueurs de diagnostic précoce", selon des scientifiques de l’université de Cambridge (Royaume-Uni). 

Problème : la recherche de biomarqueurs est coûteuse. Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue BMC Psychiatry*, les chercheurs britanniques ont ainsi tenté de déterminer si un test urinaire, ne nécessitant pas de dépenses supplémentaires et permettant d’éviter les délais liés aux analyses de biomarqueurs classiques en laboratoire, pouvait aider à dépister certains troubles mentaux. "Un test urinaire est une procédure rapide, non invasive et courante dans le système de santé", a indiqué Sabine Bahn, auteure principale des travaux et directrice du Centre de recherche neuropsychiatrique de Cambridge.

TDAH, bipolarité, anorexie : 67 marqueurs urinaires liés à des troubles psychiatriques

Pour les besoins de l’étude, les auteurs ont utilisé une approche de randomisation mendélienne, à savoir une méthode génétique qui imite un essai clinique utilisant les informations génétiques des participants, afin d'identifier des biomarqueurs urinaires potentiels de sept troubles psychiatriques. Au total, 67 marqueurs urinaires liés à des troubles psychiatriques, dont 21 spécifiques à un seul trouble, ont été détectés. Parmi ceux-ci, l’équipe a constaté des taux anormaux de vitamine B6 (pyridoxal) dans l'anorexie, de N,N-diméthylglycine dans le TDAH, et des variations de créatine et de tyrosine liées à la bipolarité et à la schizophrénie.

Selon les scientifiques, ces marqueurs pourraient faciliter les décisions cliniques et permettre une prise en charge plus précoce des patients. Car, pour rappel, le diagnostic des troubles mentaux peut actuellement prendre des mois, voire des années. "Les personnes atteintes de trouble bipolaire attendent en moyenne plus de neuf ans pour obtenir un diagnostic, tandis que des affections comme le TDAH et l'anorexie, en particulier chez les enfants et les adolescents, entraînent souvent de longs délais avant l'évaluation et le traitement."

Confirmer ces résultats pour faciliter le diagnostic des troubles mentaux

La prochaine étape consiste à tester ces marqueurs urinaires dans le cadre d'essais cliniques en conditions réelles, d’après Jihan Zaki, qui a participé à l’étude. "Si ces résultats se confirment lors d'essais cliniques, nous pourrions offrir aux médecins généralistes et aux équipes de santé mentale un outil pratique pour faciliter un diagnostic plus précoce et réduire la pression sur les services de santé publique déjà surchargés", a conclu Sabine Bahn.

*Discovery of urinary metabolite biomarkers of psychiatric disorders using two-sample Mendelian randomization | BMC Psychiatry | Springer Nature Link

Les troubles mentaux laissent-ils des traces dans l’urine ?

08 juin 2026

Au sortir de la réunion interministérielle Santé mentale du 2 juin, le Collectif Santé mentale Grande cause fait part de sa grande insatisfaction

En tant que co-fondatrice et co-animatrice du Collectif Santé mentale – Grande cause nationale, Santé mentale France partage l’inquiétude et l’insatisfaction exprimées à l’issue de la réunion interministérielle du 2 juin organisée par la ministre de la Santé, Stéphanie RIST.

Si certaines annonces marquent des avancées, notamment l’objectif de mettre fin à la contention et à l’isolement, elles restent aujourd’hui très en-deçà des attentes suscitées par la Grande cause nationale et de l’ampleur des besoins exprimés sur le terrain.

Depuis deux ans, les constats sont connus. Les alertes sont documentées. Les propositions existent.

La question est désormais politique : la santé mentale sera-t-elle enfin portée comme une véritable politique publique interministérielle, dotée d’une gouvernance claire, de moyens ambitieux et construite avec les personnes concernées ?

Au sortir de la réunion interministérielle Santé mentale du 2 juin, le Collectif Santé mentale Grande cause fait part de sa grande insatisfaction - Santé mentale France