Nouvelles fixes

Bonnes vacances


Prenez soin de vous et des vôtres et retrouvons nous à la rentrée, prêts à affronter les difficultés rencontrées pour avancer sur le chemin de l’espoir.

Nouvelles

Nous avons besoin de vous (adhésion ou simple don)

https://www.helloasso.com/associations/troubles-psychiques-tous-partenaires

Affichage des articles dont le libellé est psychoses. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est psychoses. Afficher tous les articles

27 avril 2025

Qu'appelle-t-on une psychose aiguë ?

Publié le 21 mars 2025 par Manon Duranen collaboration avec le Pr Vincent Camus (professeur de psychiatrie à la Faculté de médecine de Tours, praticien hospitalier et chef du Pôle de Psychiatrie-Addictologie au CHRU de Tours​​​​​​​)

La "psychose aiguë" désigne généralement un premier épisode psychotique qui apparaît soudainement et altère la perception de la réalité d’une personne pendant une courte période.

Sommaire

Définition : qu’est-ce qu’une psychose aiguë ?

Symptômes : comment se manifeste un "épisode psychotique" ?

Causes : quels facteurs peuvent être à l’origine d’un épisode psychotique bref ?

Comment diagnostiquer un trouble psychotique bref et quand consulter un psychiatre ?

Traitement : comment prendre en charge un trouble psychotique bref et quelles sont les options thérapeutiques ?

Psychose aiguë : symptômes, causes, traitement | Santé Magazine

19 novembre 2024

Dépression psychotique : plus qu'une simple dépression nerveuse

La dépression psychotique, considérée comme la forme la plus grave de dépression, touche environ 15 % des personnes souffrant d'épisodes dépressifs majeurs. Ce type de dépression est relativement fréquent et souvent sous-diagnostiqué.

Une page web est consacrée à cette dépression. Voir ci-dessous le sommaire :

Dépression psychotique : plus qu'une simple dépression nerveuse
Définition : qu'est ce que la psychose, ou une crise psychotique ?
Dépression psychotique : un trouble mental qui associe une dépression sévère à des symptômes de psychose

Symptômes : comment se comporte une personne psychotique ?
Symptômes de dépression classique
Symptômes psychotiques spécifiques

Episode psychotique, schizophrénie, trouble délirant : comment différencier ces troubles mentaux d'une mélancolie délirante ?

Comment soigner une dépression psychotique ?
Traitements médicamenteux : antidépresseurs et antipsychotiques
Electroconvulsivothérapie : une technique mobilisée en cas de résistance aux médicaments
Importance du suivi thérapeutique

Dépression psychotique : une des formes les plus sévères de dépression | Elsan



10 novembre 2024

Psychose : une thérapie utilisant des avatars semble prometteuse pour aider les patients qui entendent des voix

Entendre des voix est un symptôme courant des troubles psychotiques, notamment de la schizophrénie. Ces voix, parfois malveillantes et autoritaires, peuvent être très angoissantes pour le patient. Les traitements existants sont peu efficaces face à ces hallucinations auditives persécutrices. Une nouvelle thérapie numérique, mise au point par des chercheurs britanniques, propose d’incarner ces voix sous forme d’avatars. Le patient peu dès lors entamer un véritable « dialogue en face à face » avec les voix qui le hantent.

Environ 60% à 70% des personnes atteintes de schizophrénie entendent des voix angoissantes. Ces hallucinations auditives sont pénibles et nuisent grandement à la qualité de vie. La thérapie cognitivo-comportementale peut être utile, mais prend du temps. En outre, les recherches montrent que ses effets sont limités. « Il était donc essentiel que nous commencions à étudier de nouvelles formes de thérapie plus efficaces et plus courtes », a déclaré le professeur Thomas Craig, de l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neurosciences du King's College de Londres...

Psychose : une thérapie utilisant des avatars semble prometteuse pour aider les patients qui entendent des voix - Science et vie

29 avril 2023

Les consommateurs de cannabis ayant une prédisposition génétique à la schizophrénie sont plus susceptibles de présenter des symptômes psychotiques

Une étude publiée dans la revue Bulletin sur la schizophrénie souligne que les facteurs de risque génétiques de la schizophrénie peuvent augmenter la possibilité de ressentir des symptômes psychotiques subcliniques liés au cannabis chez les consommateurs réguliers de cannabis.

On sait que la consommation excessive de cannabis est associée à des expériences de type psychotique, des symptômes de schizophrénie, des troubles cognitifs et une détresse émotionnelle. Des études ont montré que l’administration de constituants psychoactifs du cannabis peut induire des expériences aiguës de type psychotique, notamment des pensées inhabituelles, de la paranoïa, une pensée désorganisée et, dans de rares cas, des hallucinations auditives et visuelles.

.../...



16 avril 2023

[Recherche] : La santé mentale à l’épreuve du confinement

Anne Giersch et Amaury Mengin, deux chercheurs strasbourgeois de l’Inserm, ont étudié les effets psychiques du confinement pendant le Covid au sein de la communauté des chercheurs français. Nul n’est à l’abri de l’impact psychologique d’un confinement.

Tout en participant pendant la pandémie, de mars à juillet 2020, à une étude internationale sur la détresse psychologique dans quatre sociétés ayant adopté des stratégies de santé publique distinctes (Corée du Sud, Hong Kong, France et États-Unis), Anne Giersch, directrice de laboratoire au Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg , et son collègue psychiatre Amaury Mengin ont lancé une étude sur l’impact psychologique du confinement.

Portant sur la période du premier enfermement, du 17 mars au 17 mai 2020, cette étude a été distribuée par e-mail au sein d’un réseau de chercheurs français de l’université de Strasbourg, de l’Inserm et du CNRS, avant d’être relayée plus largement en France. Les participants ont complété de manière anonyme, à trois périodes différentes, des questionnaires d’autoévaluation, avec des narrations quotidiennes, avant de remplir à l’issue du confinement, entre le 22 juin et le 18 juillet, un autorapport. 

.../...

Leurs premiers retours ont montré des signes de « détresse et des symptômes atténués de psychose qui ne peuvent pas être assimilés à du stress et de l’anxiété », rapporte la chercheuse de l’Inserm.

« Dans le premier questionnaire, les perceptions inhabituelles et les idées de méfiance ont augmenté. Comme l’impression que sa propre image change, que les autres nous en veulent, que des messages dans la rue, dans les vitrines, les publicités ou dans les médias nous concernent directement. Il y a aussi une augmentation de l’utilisation du pronom personnel “je” que l’on observe dans la psychose. »

Dans le contexte d’inquiétude qui dominait alors, près de 20 % des participants ont atteint « un niveau de psychose où l’on conseille de consulter », commente Amaury Mengin. « Ces résultats signifient que nous sommes tous vulnérables au stress, aux hallucinations, aux symptômes atténués de psychose », relève Anne Giersch. 

publié dans les DNA du 12 avril 2023

06 mars 2023

Transition vers la psychose : pourrait-on la prévenir par un repérage précoce ?

La plupart des troubles psychiatriques retrouvés chez l'adulte commencent pendant l'enfance et surtout l'adolescence. Pour la psychose, le pic des diagnostics se situe autour de 20 ans, mais beaucoup pourraient être suspectés bien avant. Car « les troubles psychiatriques ne demandent pas la carte d'identité du patient avant de débuter », a rappelé le Pr Vincent Laprévote (psychiatre, CHRU, Nancy) à l'occasion du congrès de l'Encéphale 2023.

Sa présentation a précisé les concepts d'état clinique à haut risque de psychose et d'intervention précoce pour éviter la transition psychotique. Reste à trouver les marqueurs cliniques qui permettraient d'identifier les adolescents pour lesquels il faudra redoubler de vigilance.

Un état clinique à haut risque de psychose

« La question de l'âge est primordial. Pour pouvoir être là dès le début des troubles et même avant, il y a tout intérêt à s'intéresser à cette clinique très précoce », a commencé l'orateur.

Le concept d'état clinique à haut risque de psychose se définit avec des critères UHR (Ultra Haut Risque de Psychose) et des critères de base. Les critères UHR rassemblent des symptômes psychotiques durables mais dont l'intensité et la fréquence n'atteignent pas les seuils requis pour remplir la définition d'un épisode psychotique.

Pour pouvoir être là dès le début des troubles et même avant, il y a tout intérêt à s'intéresser à cette clinique très précoce.

Les BLIPS (Brief Limited Intermittent Psychotic Symptoms), par exemple, sont de véritables petits épisodes psychotiques : le seuil est atteint en intensité mais leur durée est trop brève. « C'est vraiment très court, il y a quelque chose qui se passe et en même temps c'est insuffisant pour poser un diagnostic », a indiqué le Pr Laprévote. Il a précisé que les jeunes ont souvent conscience des symptômes et ont la capacité de s'y adapter.

Se produisant plus tôt, les symptômes de base sont des perturbations subjectives. Autrement dit, c'est le patient qui s'en plaint. Ces symptômes de base se distinguent des symptômes psychotiques classiques car il n'y a pas de perte franche de contact avec la réalité. Ils peuvent être très divers : modifications des processus de pensée (apparition d'interférences de pensée, blocage de pensée, difficulté à manier les raisonnements abstraits), troubles dans l'émission ou la perception du langage, perturbations sensorielles fines (par ex : une hypersensibilité à la lumière ou aux sons, le fait d'entendre des sons très forts).

S'il ne s'agit pas encore d'hallucinations, ces manifestations sensorielles peuvent constituer une première alerte surtout s'il y a une association de ces symptômes.

30% des états cliniques à haut risque font la transition

L'évolution des états cliniques à haut risque de psychose vers la psychose est documentée. Les psychiatres considèrent que 30 % des patients présentant un état clinique à haut risque de psychose vont faire une transition vers un trouble psychotique avéré dans les deux ans.

« Cela veut dire que 70 % ne vont pas faire la transition », commente le Dr Laprévote. Avant de nuancer cette information a priori plutôt positive. « Ceci dit, le taux de rétablissement est assez faible : beaucoup de patients développent par la suite un autre trouble psychiatrique de l'adulte (anxiété, dépression, trouble bipolaire). En outre, une proportion importante, qui reste avec des symptômes sous le seuil pendant longtemps, sont réellement en souffrance. »

Le concept d'état clinique à haut risque de psychose s'est accompagné de l'idée d'un accompagnement qui ressemble à celui recommandé pour les premiers épisodes psychotiques.

La méthode globale d'accompagnement est fondée sur le case management : un intervenant (infirmier, psychologue, ergothérapeute, travailleur social) très disponible avec une file active peu nombreuse accompagne intensivement le patient en ambulatoire.

Reste que si l'efficacité d'une intervention précoce est démontrée dans les premiers épisodes psychotiques, elle est encore discutée au stade d'état clinique à haut risque de psychose.

Certaines méta-analyses montrent une diminution significative de la transition vers la psychose. Et, les chiffres sont impressionnants : l'intervention permettrait d'empêcher une transition sur deux. Sauf qu'ils ont été contredits par d'autres méta-analyses.

Qui sont les patients qui font une transition vers la psychose ?

L'orateur a présenté l'intérêt des études de registres finlandaises qui fournissent des données sur un grand nombre de personnes sur un temps long. Ainsi, une étude récente qui a utilisé les données de santé de 55 875 personnes nées en 1987 a montré, résultat attendu, qu'1,8% de la cohorte avait développé un trouble psychotique ou bipolaire[1]. En cas d'antécédents de consultation en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, la fréquence de développement d'un trouble psychotique ou d'un trouble bipolaire montait à 12,8%. Le risque de développer un trouble psychotique ou bipolaire était 24% en cas d'hospitalisation en pédopsychiatrie dans l'enfance tout diagnostic confondu et de 36% si cet antécédent d'hospitalisation avait lieu pendant l'adolescence.

« Ces chiffres sont quand même très importants. Moi en tant que psychiatre d'adultes, ça m'amène à m'interroger. C'est une vraie question de recherche », a souligné Vincent Laprévote qui a poursuivi « Il est question d'identifier plus précisément les marqueurs cliniques qui, dans l'enfance, permettraient de déterminer à quels enfants il faut faire plus attention ».

La tentative de suicide fait probablement partie de ces marqueurs. Une autre étude sur les données des registres finlandais a montré que la fréquence des troubles psychotiques ou bipolaires était de 3,7 % dans l'ensemble de la population étudiée, de 17,6 % en cas de tentative de suicide, et de 29 % si cette tentative avait eu lieu avant 18 ans [2].

Il est question d'identifier plus précisément les marqueurs cliniques qui, dans l'enfance, permettraient de déterminer à quels enfants il faut faire plus attention.

20 décembre 2022

Psychose infantile : définition, cause, symptômes, traitement

La psychose infantile est un trouble du développement de l’enfant difficile à diagnostiquer. Quels sont les symptômes de cette maladie ? Comment peut-on la traiter ?

Qu’est-ce qu’une psychose infantile ?

Une psychose infantile est un trouble qui touche environ 6 enfants sur 1 000, plus souvent les garçons que les filles. Elle fait partie des Troubles Envahissants du Développement de l’enfant (TED), et est dans certains cas appelée dysharmonie évolutive. Parmi les autres TED, on peut retrouver le trouble du spectre autistique (TSA) ou le syndrome d’Asperger.

Le terme de psychose infantile fait cependant débat, il n’est plus utilisé au niveau international depuis 1980, à cause de sa portée négative et stigmatisante. Mais il est cité dans la Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent, même si ce terme ne fait pas consensus, selon la Haute Autorité de Santé.

La notion de psychose infantile fait référence à une série de troubles psychiques en lien avec la personnalité de l’enfant et ses relations sociales, l’amenant à perdre contact avec la réalité.

Il existe plusieurs types de psychoses infantiles, notamment la psychose précoce déficitaire associée à un déficit mental important, la dysharmonie psychotique, et la psychose maniaco-dépressive. Le trouble du spectre autistique, et la schizophrénie, sont parfois confondus avec une psychose infantile.

.../...

Lire l'article complet :


04 décembre 2022

Psychose débutante et troubles cognitifs

L’étude Scope vise à évaluer si un programme d’entraînement cognitif personnalisé améliore le fonctionnement après un premier épisode psychotique.

Les troubles psychotiques sont caractérisés par des troubles de la pensée, des délires et des hallucinations, qui, s’ils ne sont pas pris en soins, peuvent évoluer vers une schizophrénie, un trouble schizoaffectif ou un trouble bipolaire. Les antipsychotiques diminuent de façon notable ces symptômes, mais n’agissent pas sur les déficits cognitifs associés (1).

L’équipe de la Pr Marie-Odile Krebs (Pôle Pepit, GHU Paris psychiatrie et neurosciences), a lancé, il y a un an, Scope (Self-administered COgnitive Personalized training in Early psychosis), une étude randomisée contrôlée d’un entraînement cognitif auto-administré, personnalisé pour des adolescents et jeunes adultes souffrant d’un premier épisode psychotique. 

Scope vise à améliorer leur fonctionnement grâce à un programme d’entraînement cognitif numérique, HappyNeuron (2), accessible sur tablette ou téléphone portable, qui propose des exercices focalisant sur des domaines cognitifs individualisés, c’est-à-dire choisis en fonction des difficultés observées ou rapportées par les patients. L’entraînement dure 3 mois, à raison de 30 minutes d’exercices par jour, 4 à 5 fois par semaine.

Pendant l’étude, les patients bénéficient d’un bilan complet avant et après l’intervention. Un coaching téléphonique hebdomadaire leur permet de communiquer, de partager leurs expériences et de se faire guider si nécessaire. Une participation financière au prorata de leur assiduité aux évaluations leur est également proposée.

D’ici à 2026, 240 patients devront être intégrés à cette recherche (40 dans un travail pilote, puis 200). À ce jour, 20 patients ont été inclus dans l’étude pilote, suivis à Paris, Lille, Rennes, Poitiers, Antony et Clermont de l’Oise. Les centres de Brest, Rouen, Nantes, Clermont-Ferrand, Caen, Saint-Étienne, Orsay et Bron devraient commencer les inclusions prochainement.

Tout clinicien intéressé, mais aussi toute personne entre 16 et 35 ans, souffrant d’un premier épisode psychotique, traitée depuis moins d’un an et ne souffrant pas d’autres troubles psychiatriques ou somatiques graves, peut se signaler aux chercheurs.

1– Loewy R, Fisher M, Ma S, Carter C, et al. Durable Cognitive Gains and Symptom Improvement Are Observed in Individuals With Recent-Onset Schizophrenia 6 Months After a Randomized Trial of Auditory Training Completed Remotely. Schizophr Bull. 2022 Jan 21 ;48(1):262-272. doi: 10.1093/schbul/sbab102.

2– S’appuyant sur les avancées récentes de la recherche en sciences cognitives, HappyNeuron est une méthode d’entraînement cérébral en ligne, complète, qui stimule les 5 grandes fonctions cognitives : mémoire, attention, langage, fonctions exécutives (raisonnement, logique) et visuo-spatial, en fonction d’une évaluation et d’un suivi voir www.happyneuron.fr.


Contact : Dr Linda Scoriels, directrice scientifique de l’étude Scope, scope@ghu-paris.fr.

27 février 2022

I-Care/You-Care, psychoéducation pour les jeunes et leurs parents

"Premier épisode psychotique (PEP)" : I-Care/You-Care, psychoéducation pour les jeunes et leurs parents

Premier programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) disponible pour les jeunes de 16 à 30 ans ayant un premier épisode psychotique (PEP) et leurs parents, I-Care/You-Care montre des résultats prometteurs, selon un poster présenté au Congrès de l’Encéphale en janvier 2022. Cet outil est proposé par le Centre d’évaluation pour les jeunes adultes et adolescents (C’JAAD)(1) GHU Paris psychiatrie et neurosciences.


La survenue d’un PEP constitue une véritable rupture dans le parcours des personnes touchées, tant sur le plan affectif, social que familial. Il impacte également fortement l’insertion scolaire/professionnelle et s’accompagne régulièrement de prise de risques : conduites dangereuses, consommations de toxiques, tentatives de suicide. Cette rupture entraine souvent un handicap psychique et social durable, et dans un peu plus d’un cas sur deux, les troubles évolueront vers une schizophrénie. L’intérêt d’un diagnostic et d’une prise en charge précoce, dès le PEP n’est aujourd’hui plus débattu, du fait de son impact positif sur le pronostic. Les traitements antipsychotiques sont efficaces sur les symptômes psychotiques positifs, or l’impact social, psychique et scolaire est massivement lié aux symptômes cognitifs et négatifs de la psychose. Cela montre l’importance fondamentale d’adjoindre à cette chimiothérapie des interventions thérapeutiques complémentaires.

L’enjeu principal de l’intervention précoce est d’instituer rapidement des soins intégrés et adaptés au stade évolutif de la maladie et à l’âge, en veillant à les adapter au mieux dans leur trajectoire de vie et à limiter la stigmatisation. Dans le cadre d’un PEP, l’initiation d’un traitement adapté à l’âge et le suivi clinique doit être le plus précoce possible. Le traitement doit s’accompagner de psychoéducation, de thérapies cognitivo-comportementales (TCC) auprès des jeunes et des familles afin d’améliorer la compréhension des troubles et l’engagement de tous dans le projet de rétablissement.

Destiné aux jeunes patients ayant présenté un PEP et à leur famille, le programme I-Care/You-Care vise à renforcer l’adhésion du jeune et de sa famille à la prise en charge médicamenteuse et psychosociale proposée.


Méthode

I-Care/You-Care est un programme construit en 12 séances hebdomadaires, qui ont lieu le soir (18-20 heures), de façon simultanée dans des groupes parallèles pour des jeunes de 16 à 30 ans ayant un PEP, selon les critères de la Comprehensive Assessment of at risk mental states (Caarms), depuis moins de 12 mois et leurs parents. Les groupes fermés comprennent 6 à 8 participants chez les jeunes et 8 à 16 chez les parents. Le programme actuel, labellisé par l’ARS d’Ile-de-France, a évolué en prenant en compte les retours des premiers participants. Co-construit avec les personnes concernées, I-Care/You-Care est également co-animé par des pairs aidants et des parents aidants.


Résultats et perspectives

A ce jour, 3 sessions de 2 groupes patients et parents ont eu lieu, une a démarré en janvier 2022. Les évaluations montrent un fort taux de participation ainsi qu’une très bonne acceptabilité avec un très bon taux de satisfaction. Des résultats prometteurs en termes d’adhésion aux soins, de conscience et de compréhension du trouble.

La situation sanitaire a modifié le format du groupe rendant l’utilisation des données recueillies moins pertinentes, difficilement analysables avec des données manquantes. L’augmentation du nombre de participants ainsi qu’une analyse plus approfondie permettront de mettre en évidence les dimensions cliniques évaluées et les critères constituant un frein à l’amélioration clinique.



1– Le C’JAAD est le Centre régional référent à l’initiative du Réseau Transition.

ETP pour les PEP : I-Care/You-Care, D. Willard, C. Jantac, C. Bellot, C. Daban, J. Chaignaud, V. Morin, E. Chevallier, J. Dumont, MO Krebs. Poster, Congrès de l’Encéphale, 19-21 janvier 2022. 


Contact : Dominique Willard, psychologue, Responsable de l’Unité Accompagnement Familial et Psychoéducation, D.WILLARD@ghu-paris.fr

04 octobre 2021

[Recherche] : Certains antipsychotiques liés à une augmentation du risque du cancer du sein

L’utilisation d’antipsychotiques hyperprolactinémiants est associée de façon significative à un risque accru de cancer du sein chez les femmes atteintes de schizophrénie, suggère une nouvelle étude publiée dans The Lancet. Néanmoins, appelés à commenter ces résultats, deux experts sont plus mitigés et indiquent qu’à ce stade de la recherche, un changement de pratique clinique semble prématuré.

Les investigateurs ont comparé des données des registres finlandais portant sur plus de 30 000 femmes diagnostiquées schizophrènes. Sur ces patientes, 1 069 avaient aussi reçu un diagnostic de cancer du sein. Les résultats montrent qu’une exposition à long terme à des psychotiques hyperprolactinémiants était associée à une augmentation du risque de 56% de développer un cancer du sein comparé à une exposition de courte durée. Aucune association significative n’a été observée avec une exposition cumulée à des antipsychotiques sans effet sur la prolactine.

"Si vous devez programmer un traitement par antipsychotiques sur du long terme, préférez des antipsychotiques qui n’augmentent pas la prolactine chez les femmes et informez les filles du risque potentiel afin de permettre une décision partagée en toute connaissance de cause", a affirmé le chercheur Christoph Correll, professeur de psychiatrie (Hofstra/Northwell, New York) et co-auteur de l’étude à Medscape Medical News.

"Il importe de surveiller la prolactinémie et d’agir en cas d’hyperprolactinémie chez les femmes atteintes de schizophrénie traitées par antipsychotiques hyperprolactinémiants" insiste-t-il.

La prévalence du cancer du sein est augmentée de 25% chez les femmes atteintes de schizophrénie par rapport à la population générale. Les antipsychotiques ont longtemps été vus comme un coupable potentiel, mais les recherches n’ont pas permis de conclure, explique Christoph Correll.

Antipsychotic use and risk of breast cancer in women with schizophrenia: a nationwide nested case-control study in Finland - The Lancet Psychiatry

Certains antipsychotiques liés à une augmentation du risque du cancer du sein ?
 (medscape.com)



15 décembre 2020

Vient de sortir ! "Classification des psychoses endogènes"

Classification des psychoses endogènes

Pr Karl Leonhard (auteur) 
Traduit par Jack R.Foucher, Julien Elowe, Fabrice Berna
Elsevier Masson (Editeur), paru le 2 septembre 2020

Résumé
 
À partir de l’étude de nombreux patients décrits de façon attentive sur de nombreuses années le psychiatre et neurologue allemand Karl Leonhard (1904-1988) a établi et complété tout au long de sa carrière une classification des psychoses endogènes (aussi connue sous le nom de classification de Wernicke-Kleist-Leonhard) plus fine que celles établies par le DSM ou la CIM et fondée sur l’observation clinique. Cette plus grande précision dans la description des différents phénotypes psychotiques (plus proches des situations rencontrées en pratique clinique) et leur organisation au sein de la classification permettent de mieux orienter les pistes de recherche sur les psychoses pour les patients leur pronostic et leur prise en charge.

Cette classification jamais traduite en français suscite un intérêt croissant et s’inscrit dans une nouvelle démarche de « médecine personnalisée ». Sa compréhension et son utilisation sont facilitées par la présence de nombreux résumés et cas cliniques. L’ouvrage expose ainsi l’ensemble des psychoses dites endogènes à savoir les psychoses épisodiques les psychoses cycloïdes ainsi que les schizophrénies de système et les schizophrénies non systémiques.
La traduction française ainsi que l’introduction resituant la classification et ses enjeux par rapport aux positions théoriques et aux travaux actuels sont assurées par Jack R. Foucher (neurologue et psychiatre, maître de conférences à l’Université de Strasbourg) Julien Elowe (psychiatre chef de service de l’hôpital psychiatrique de Prangins Suisse) et Fabrice Berna (psychiatre et professeur de psychiatrie à l’Université de Strasbourg).