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04 juin 2026
[Insolite] : Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent
Au cœur du domaine, entre bâtiments de ferme du XIXe siècle et sous-bois, cinq ânes prennent une part non négligeable du travail de soin psychique, entre deux bouchées de foin.
L’unité de thérapie avec des ânes de l’hôpital, unique en France, fonctionne depuis 2016, lorsque Ermelinda Hadey, infirmière en psychiatrie, et son mari François ont lancé ce programme en pariant sur le fait que ces animaux, réputés pour leur calme et leur sociabilité, pourraient nouer avec les patients des liens que les traitements classiques ne permettent pas toujours d’établir.
« Médecine animale »
Vendredi, les patients ont promené les ânes – Nono, Pitou, Oscar, Manolo et Malraux – dans le parc, leur ont nettoyé les sabots et, à la fin de la séance, les ont enlacés. Chaque patient est associé, au fil du temps, à un même compagnon, car la familiarité, visiblement, fonctionne dans les deux sens.
Pour Nathalie, 60 ans, l’effet est immédiat. « Quand vous prenez un médicament qui vous détend… c’est exactement pareil, dit-elle. J’appellerais ça de la médecine animale. Ça soulage. On ne pense plus au reste. »
Les patients ne sont identifiés que par leur prénom afin de préserver leur anonymat.
L’infirmière Audrey Seffar cite les progrès de Nathalie comme exemple de ce que les animaux peuvent déclencher. Au début, elle refusait de descendre de la voiturette mise à disposition des patients ayant des difficultés physiques.
« Mais petit à petit, avec des encouragements, elle l’a fait, explique Seffar. L’animal sert de médiateur. Il est tellement extraordinaire qu’aujourd’hui elle a pu quitter la voiturette et se tenir aux côtés de son âne. »
Un autre patient, Jérôme, 52 ans, estime que le programme l’aide à rompre la solitude.
« Discuter avec des gens, participer à des activités que je ne ferais pas normalement, ça m’aide dans ma vie quotidienne, dit-il. Ça permet de sortir de la routine des soins et des médicaments. Rester chez moi, ce n’est pas bon pour moi. »
« Éponges émotionnelles »
Certains des ânes sont arrivés à Ville-Evrard après avoir eux-mêmes connu la négligence ou la maltraitance – ils ont été adoptés via des refuges avant que François Hadey ne les forme au travail thérapeutique. Il décrit leurs aptitudes pour ce rôle avec un respect presque professionnel.
« Un âne est très intelligent. Il comprend très vite, mais il faut lui expliquer lentement, dit-il. Les ânes sont des animaux calmes, sereins, généralement proches des gens. Une fois engagés dans ces interactions, ils créent un lien très fort avec les patients. Ce sont des éponges émotionnelles. »
Le programme a obtenu en 2022 le statut officiel d’unité de soins, une reconnaissance administrative qui a permis de recruter trois infirmiers à temps plein, épaulés par des bénévoles d’une association pour s’occuper des animaux.
Depuis, il s’est élargi à d’autres espèces : cochons d’Inde, poules, colombes, chèvres, tortues et lapins, les plus petits animaux étant amenés directement dans les chambres des patients qui ne peuvent pas sortir.
Les séances sont gratuites pour les patients et financées par le système public de santé français. Elles sont conçues comme des interventions thérapeutiques pour des personnes souffrant d’anxiété, de dépression, d’autisme, de schizophrénie et d’autres troubles, le personnel observant des progrès en matière de régulation émotionnelle, de communication et d’estime de soi.
Ermelinda Hadey décrit ce travail comme fondé sur une forme de logique du miroir : s’occuper d’un animal, selon elle, crée les conditions pour que les patients prennent soin d’eux-mêmes.
« Nous travaillons sur l’alimentation de l’animal, ce qui nous permet d’aborder les habitudes alimentaires du patient. Nous travaillons sur l’hygiène de l’animal et, par effet miroir, sur l’hygiène du patient aussi », explique-t-elle.
Beaucoup de patients prennent des antipsychotiques ou des sédatifs qui peuvent anéantir toute motivation. C’est précisément là, dit-elle, que les ânes se rendent indispensables.
« Cela ne remplace ni un médecin ni une prescription médicale, mais cela peut aider les patients à retrouver confiance en eux et un sentiment de valeur personnelle », souligne Hadey.
Pour une meilleure reconnaissance
Malgré son succès apparent, la thérapie avec les animaux reste en marge de la pratique psychiatrique officielle – et l’équipe de Ville-Evrard voudrait que cela change.
« Pour cela, il nous faut de la recherche. Nous avons de nombreux témoignages de patients… Les soignants qui les accompagnent constatent aussi les bénéfices au quotidien. Mais les médecins ont tellement d’autres responsabilités qu’ils ne les voient pas forcément directement », explique Hadey.
Pour l’étudiante infirmière Alicia Fabi, 18 ans, les patients reviennent des séances visiblement transformés. « À chaque retour d’activité, ils disent qu’ils se sentent bien, calmes et détendus, et qu’ils ont apprécié la sortie. C’est très positif », dit-elle.
Alors que la séance de vendredi touchait à sa fin et que les patients bavardaient dans la lumière de l’après-midi, une infirmière a lâché ce qui pourrait faire office de devise officieuse de l’unité : « Les ânes sont mes meilleurs collègues. »
Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent - Yahoo Actualités France
03 avril 2026
Les directives anticipées en psychiatrie (DAP) : qu'est-ce que c'est ?
Encore peu déployées dans les établissements malgré des bénéfices démontrés, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) constituent un levier majeur pour améliorer les parcours de soins et renforcer les droits des usagers.
Dans la continuité de sa webconférence de juillet 2025, l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) en collaboration avec le « Collectif national pour le déploiement des Directives Anticipées en Psychiatrie (DAP) » publie deux nouvelles ressources pour accélérer leur déploiement : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.
Ces outils sont destinés aux directions d’établissement, CME, Commission de Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques, encadrements médicaux, paramédicaux et socio-éducatifs.
Outils reconnus de santé publique, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) contribuent à prévenir les situations de crise, à renforcer l’alliance thérapeutique et à réduire les hospitalisations sans consentement (–23 à –25 %). Elles permettent également de diminuer le recours à l’isolement et à la contention.
Pourtant, malgré ces bénéfices démontrés, leur mise en oeuvre reste inégale, peu structurée et souvent marginale dans les pratiques. Les freins sont multiples : manque d’outillage, absence de pilotage institutionnel, formation insuffisante des professionnels, difficulté à intégrer le savoir expérientiel des personnes concernées et à mesurer l’impact réel du déploiement.
Un partage de trois retours d’expérience
Le webinaire et le guide de l’Anap ont pour objectif de mettre en lumière les leviers d’un déploiement réussi à travers 3 outils consolidés de mesures ou directives anticipées en psychiatrie :– DAiP (Directives anticipées incitatives en psychiatrie) : cet outil est déployé au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences. Son déploiement s’appuie sur un engagement fort de l’établissement, un pilotage structuré, la formation des équipes et l’intégration dans le dossier patient.
Télécharger le guide
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24 janvier 2026
Passport BP : un parcours innovant pour les patients bipolaires
Lancée en 2019, l’expérimentation nationale Passport BP (pour « parcours de soins innovant dédié aux personnes atteintes de troubles bipolaires ») conduite par la Fondation FondaMental en partenariat avec Sêméia (1) repose sur une organisation inédite : un suivi personnalisé assuré par des infirmiers « case managers » spécialement formés, appuyé par des outils numériques de télésuivi, de psychoéducation et de remédiation cognitive.
Plus de 1000 patients ont ainsi bénéficié de ce suivi au sein de plusieurs établissements hospitaliers de référence, dont les Hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, le CHU de Clermont-Ferrand, le CHU de Besançon et le Centre Hospitalier Le Vinatier à Lyon.
14 novembre 2025
Accès aux soins pour les personnes en situation de handicap : état des lieux et solutions
Vingt ans après la Loi Handicap, les inégalités persistent. De nombreuses personnes en situation de handicap rencontrent encore des obstacles dans leur parcours de soins.
Quelle est la réalité de ces inégalités aujourd’hui ? Quelles solutions existent pour un accès aux soins équitable et sans entrave ? C’est ce que propose de découvrir « Handicap & Santé », une série de cinq reportages réalisés par Doctissimo, avec le soutien de Sanofi.
Épisode 4 - Handicap psychique et neurologique : lever le tabou
Comment sortir des tabous et améliorer l’accès aux soins de santé ?
13 juillet 2025
Psychotropes : les pénuries de médicament persistent, les médecins à bout de solutions
Ce constat fait suite à une cinquième réunion, le 10 juillet, avec les représentants des professionnels de santé, des patients et de la chaîne du médicament.
Alors que la santé mentale est « grande cause nationale » en 2025, une quinzaine de tensions d'approvisionnement et ruptures de stock en psychotropes ont été signalées par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) depuis début janvier.
Après la quétiapine - neuroleptique souvent prescrit pour traiter la schizophrénie, la bipolarité et certaines dépressions -, les tensions d'approvisionnement ont touché le teralithe - sels de lithium contre la bipolarité - ou des antidépresseurs courants, la sertraline et la venlaxafine.
Pour la quétiapine, la situation reste « dégradée » pour les dosages de 300 et 400 mg, les laboratoires exploitants « ne peuvent pas nous donner de certitude sur leurs prochains approvisionnements », explique l'ANSM. En revanche, la situation « continue de s'améliorer » pour le dosage de 50 mg de ce médicament à libération prolongée, tout comme pour la sertraline en 25 mg et 50 mg.
Des difficultés d'approvisionnement "temporaire"
En ce qui concerne le téralithe, « la situation est en train de revenir progressivement à la normale » pour le dosage 250 mg, tandis qu'elle « s'améliore significativement au niveau du laboratoire » pour le dosage de 400 mg.
Plus tôt dans la journée, l'ANSM avait indiqué que les difficultés d'approvisionnement pour le médicament Zypadhera, s'aggravaient et avait appelé les médecins à ne plus entamer de traitement avec ce produit destiné à traiter la schizophrénie.
Ce médicament est mal approvisionné depuis déjà plus d'un an, mais l'ANSM disait dans un communiqué avoir « été informée par le laboratoire Cheplapharm et par des remontées de terrain d'une aggravation de ces tensions ».
Le laboratoire Cheplapharm « évoque des difficultés de production temporaires et l'évolution de ses process en vue de renforcer la qualité », précise l'agence du médicament. « Le laboratoire indique qu’il sera en mesure de commencer à remettre à disposition le médicament à partir de septembre 2025. »
Le Zypadhera, traitement à base d'olanzapine, est donné sous forme injectable, de manière à agir de façon prolongée.
La molécule existe aussi sous forme orale, mais cela suppose de la prendre plus souvent. Le risque est que le patient, souvent instable mentalement, ne suive plus son traitement de manière assidue.
Psychotropes : les pénuries de médicament persistent, les médecins à bout de solutions
01 juillet 2025
Schizophrénie : quelle place pour des thérapies cognitives et comportementales spécialisées ?
Lorsque Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, alerte, le 26 mars 2025, sur les insuffisances de la prise en charge des troubles psychiatriques sévères en France, ses propos doivent être replacés dans le contexte des connaissances actuelles.
Revenir sur les données scientifiques disponibles concernant l’efficacité des psychothérapies permet de mieux comprendre les enjeux cliniques et les recommandations fondées sur les preuves, notamment pour les troubles du spectre de la schizophrénie.
L'article tente de répondre à ces questions :
- Que sait-on aujourd’hui de la schizophrénie ?
- Des psychothérapies spécialisées, mais pas que…
- Des programmes efficaces… mais peu accessibles
- Les thérapies cognitives et comportementales sont-elles adaptées à la schizophrénie ?
- À l’étranger, quelques programmes ont fait leurs preuves
- Où en est-on en France ?
- Pour des approches spécialisées et validées scientifiquement
LIRE L'ARTICLE COMPLET :
Schizophrénie : quelle place pour des thérapies cognitives et comportementales spécialisées ?
16 juin 2025
Yannick Neuder veut avancer sur les psychothérapies spécifiques pour troubles psychiques
05 juin 2025
[Podcast] Schizophrénie : de nouveaux visages thérapeutiques
Avec Boris Chaumette, enseignant à l'Université Paris Cité, chercheur à l'Institut Pasteur et à l'INSERM et psychiatre à l'hôpital Sainte Anne
Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l'Université Paris-Descartes et responsable du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne
La schizophrénie, littéralement "esprit divisé", n'affecte qu'environ 1 % de la population française. Pourtant, cette maladie mentale reste profondément stigmatisée : comment améliorer sa prise en charge ?
Cette pathologie est mal diagnostiqué et mal comprise car ses manifestations sont très variées. On devrait presque parler de spectre de la schizophrénie. Cette pathologie d’accès à la conscience se traduit par une altération du rapport au réel. Actuellement, environ 30 % des patients répondent bien aux antipsychotiques dopaminergiques. Pour les 70 % restants, il est urgent de trouver des approches plus adaptées. Mais pour cela, il faut encore étudier théoriquement cette psychose. Car aujourd'hui, nous traitons les symptômes sans en connaître les causes.
24 avril 2025
Suivi gynécologique au naturel : quels produits et pratiques avec un handicap psychique ?
Souvent invisibilisées dans les politiques de santé, les femmes en situation de handicap psychique rencontrent des obstacles importants dans l’accès au suivi gynécologique. Anxiété, troubles relationnels, phobies médicales ou méconnaissance des besoins spécifiques compliquent leur prise en charge. Pourtant, des pratiques plus douces, naturelles et personnalisées peuvent permettre un accompagnement plus respectueux et efficace.
Le suivi gynécologique des femmes en situation de handicap psychique reste aujourd’hui très insuffisant. Une étude de 2022 menée en Île-de-France par Handiconnect (2016-2017) a révélé que seules 58 % d’entre elles bénéficient d’un suivi régulier, contre plus de 80 % dans la population générale.
.../...
https://handinova.fr/suivi-gynecologique-au-naturel-quels-produits-et-pratiques-avec-un-handicap/
16 avril 2025
Traitement contre les maladies mentales : malgré leur efficacité thérapeutique, certains centres experts sont menacés de fermeture
Article rédigé parAnne-Laure Dagnet Radio France Publié le 14/04/2025
Ils sont essentiels pour tous ceux qui souffrent de graves maladies psychiatriques comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Les centres experts sont menacés car leur mode de financement a changé cette année et certains des 54 établissements sont privés de dotations publiques. Or ce sont les seuls à fournir aux malades un bilan complet et des thérapies innovantes.
franceinfo a rencontré des patients et des équipes qui les suivent à l'hôpital Albert Chenevier de l'AP-HP à Créteil, dans le Val-de-Marne.
Dans le bâtiment un peu décrépit du pôle psychiatrie, un père et son fils de 26 ans ont rendez-vous avec l'un des psychiatres du centre. "Aujourd'hui, c'est une consultation qui va durer à peu près une heure, explique le docteur Franck Schürhoff. Après, on fera le bilan." Ce père est venu à l'hôpital Albert Chenevier de l'AP-HP de Créteil sur recommandation du psychiatre qui suit son fils en ville. "On veut définir exactement ce qui se passe pour pouvoir trouver une parade à tous ses freins", dit-il. "Ce qui me gêne actuellement, ce sont des pensées intrusives... complète son fils d'un ton hésitant. J'ai un trouble aussi un peu délirant. J'ai une mauvaise mémoire..."
Et son père de reprendre : "En fait, il s'apercevait qu'il ne pouvait pas être avec les autres, et qu'il avait l'impression d'être vu, regardé, qu'on va l'attaquer, qu'il est sous écoute... Ça a été très dur."
Un bilan global
Ce jeune homme est schizophrène et son traitement ne suffit pas à canaliser ses troubles. Ce jour-là, c'est le psychiatre qui coordonne le centre expert de Créteil qui le reçoit dans une petite salle, équipée d'une table et d'un ordinateur : "On va faire un point général sur l'histoire des problèmes psychologiques. Là, j'ai cru comprendre que ça avait démarré depuis à peu près deux ans. Et ensuite, je vous listerai tout un tas de symptômes, qu'on voit dans différentes pathologies d'ailleurs, et, pour chacun, vous me direz si vous les avez déjà eus ou si vous les avez actuellement."
Après cette consultation, le professeur Franck Schürhoff dressera un bilan global avec un infirmier pour des analyses de sang, une prise de tension, un électrocardiogramme. Il fera aussi intervenir un neuropsychologue. Et à l'issue de ce bilan étalé sur deux jours, le psychiatre proposera à ce jeune homme toute une gamme de soins, c'est ce qui rend ces centres experts uniques. "On est indispensable parce qu'on propose une amélioration dans la prise en charge des patients avec des armes thérapeutiques qui n'existent pas forcément ailleurs", soutient Franck Schürhoff.
"Améliorer la mémoire des patients, améliorer leurs capacités intentionnelles, améliorer leur fonctionnement dans le quotidien, leur façon de penser quand elle est pathologique. On peut travailler avec les patients sur leur capacité à sortir de l'isolement social, du repli."
L'équipe à Créteil reçoit une dizaine de nouveaux patients par semaine pour réaliser ces bilans particulièrement poussés. Et dans toute la France, ce sont plus de 20 000 personnes qui ont été évaluées par les 54 centres experts en psychiatrie.
Plébiscité par les patients et les médecins
Les centres experts s'occupent aussi de l'autisme et des dépressions sévères. Ils sont plébiscités par les patients, parce que cela fonctionne. Cela a permis à Patricia, professeure d'histoire à la retraite bipolaire, de maîtriser sa maladie. Elle a été suivie pendant trois ans par un centre expert qui lui a recommandé un médicament qui lui a changé la vie. "Ça m'a donné des outils pour pouvoir reprendre ma vie en main, dans le sens où quand j'ai été diagnostiquée bipolaire, le monde s'est écroulé. C'est-à-dire qu'en fait, je ne savais plus qui j'étais. J'étais persuadée que j'étais folle. Ce qui n'est pas le cas. Mais quand on a un diagnostic comme ça, on ne sait pas", explique-t-elle.
Le ministère de la Santé a en effet modifié leur mode de financement, mais la dirigeante de la fondation FondaMental a des arguments pour défendre son réseau : "On a montré qu'il y a une diminution de 50% des journées de réhospitalisation, 12 mois après un passage sur un centre expert. Donc, on imagine bien que si ses patients vont mieux, le système global s'améliore parce qu'ils vont moins aux urgences, parce qu'ils coûtent moins cher et qu'on peut réallouer des budgets à d'autres choses. Donc globalement, ce système a montré toute son efficacité", affirme la psychiatre.
Faute de dotations suffisantes pour les hôpitaux dont ils dépendent, certains centres experts comme ceux de Clermont-Ferrand ou de Strasbourg pourraient fermer leurs portes dès cette année.
REPORTAGE. Traitement contre les maladies mentales : malgré leur efficacité thérapeutique, certains centres experts sont menacés de fermeture
10 février 2025
L'alogie, un symptôme psychiatrique sous-diagnostiqué ?
Sommaire
-Définition : qu'est-ce que l'alogie ?
-Symptômes : comment identifier une alogie ?
-Dépression, schizophrénie... Dans quel contexte apparaît l'analogie ?
-Diagnostic : pourquoi est-ce que l'alogie passe si souvent inaperçue ?
-Quelles peuvent être les conséquences de l'alogie sur le quotidien ?
-Solutions : comment vaincre l'alogie ?
L'alogie, ou l'incapacité à exprimer ses pensées : causes et solutions | Santé Magazine
29 janvier 2025
Anhédonie : comment l'identifier et renouer progressivement avec le plaisir ?
Sommaire :
-Définition : qu’est-ce que l’anhédonie ?
-Symptômes : comment reconnaître l’anhédonie ?
-Causes : pourquoi on ne ressent plus d'émotions, notamment de joie ou de plaisir ?
-Quand consulter un professionnel de la santé mentale ?
-Traitement de l’anhédonie : comment se soigner et s’en sortir ?
Anhédonie : symptômes et solutions pour renouer avec le plaisir | Santé Magazine
06 janvier 2025
Remboursement psychologue : conditions et prix de la consultation
Vous ressentez de l’anxiété, un sentiment d’angoisse qui impacte votre vie familiale ? Vous envisagez d’avoir recours à un psychologue ? Mais combien coûte une séance ? Les consultations chez un psy sont-elles remboursées comme pour un psychiatre ? Pouvez-vous bénéficier de séances gratuites ?
SOMMAIRE
Combien coûte une séance chez le psychologue ?
Psychothérapeute, psychanalyste, psychologue ou psychiatre... : quelles différences ?
Qu’est-ce que le dispositif MonSoutienPsy ?
Dans quels cas peut-on faire appel à MonSoutienPsy ?
Qui peut bénéficier du dispositif MonSoutienPsy ?
Comment se passe le parcours de soin avec MonSoutienPsy ?
Doit-on avancer les frais avec le dispositif MonSoutienPsy ?
Comment se faire rembourser les séances chez le psychologue ?
Quel psychologue est remboursé par la Sécurité sociale ?
Séances de psy : quel remboursement par la mutuelle ?
Comment savoir si un psychologue est remboursé par sa mutuelle ?
Qu’est-ce que le dispositif Santé Psy Étudiant ?
Remboursement psychologue : conditions et prix de la consultation
27 décembre 2024
Comment prendre en charge la schizophrénie ?
La schizophrénie nécessite une prise en charge globale et rigoureuse qui combine traitements médicamenteux, psychothérapie et soutien psychosocial pour favoriser le rétablissement des patients et améliorer leur qualité de vie.
Sommaire
Rappel : qu’est-ce que la schizophrénie ?
Est-ce qu’on peut guérir de la schizophrénie ?
Quels médicaments privilégier pour contrer les symptômes ?
Quoi qu’il arrive, n’arrêtez pas votre traitement sans avis médical !
Quid de l’électroconvulsivothérapie (ECT) ou sismothérapie contre la maladie ?
Schizophrénie : une prise en charge psycho-thérapeutique est indispensable !
25 décembre 2024
Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire…
Indicateurs de qualité et de sécurité des soins : que retenir en 2024 ?
Le recueil des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la certification des établissements de santé sont deux dispositifs incontournables mis en place par la Haute Autorité de santé (HAS) pour améliorer la qualité des soins. En cette fin d’année, l’agence présente sur le service en ligne Qualiscope, les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins recueillis en 2024 et précise que près de 70 % des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. « Ces résultats donnent une photographie à un moment donné du niveau de qualité des soins, dès lors que la prise en charge est engagée », souligne le Pr Lionnel Collet, président de la HAS. Ils permettent ainsi aux professionnels « de faire le point sur leurs pratiques, leurs difficultés mais aussi leurs réussites. »
En 2024, 21 indicateurs ont été mesurés par la HAS, dans quatre secteurs d’activité : la médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), dont la chirurgie ambulatoire, les soins médicaux et de réadaptation (SMR), l’hospitalisation à domicile (HAD) et la psychiatrie. Les données sont issues, selon les cas, de questionnaires patients (e-Satis), des dossiers patients, de questionnaires établissements et du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).
L’hospitalisation à temps plein en psychiatrie : des indicateurs en deçà des attentes
En psychiatrie, la HAS pointe que l’espérance de vie d’un patient souffrant de pathologie psychiatrique sévère est de 20 % inférieure à celle constatée en population générale. La première cause de surmortalité est le suicide mais les accidents et les causes médicales sont également surreprésentés, tout particulièrement les maladies cardiovasculaires et respiratoires dont le taux de comorbidité est compris entre 30 et 60 %. C’est pour ces raisons que la HAS a développé des indicateurs autour de ces thématiques. Sur cette deuxième mesure, on constate que les établissements ont pu structurer leurs dossiers et que l’année 2024 a été marquée par une progression notable liées aux très gros efforts mis en place sur le terrain.
– L’évaluation cardiovasculaire et métabolique chez les patients adultes est réalisée chez 69% des patients, soit +9 points par rapport à 2021
– L’évaluation gastro-intestinale est faite chez 46 % des patients1, soit +17,5 points
– Le repérage et la proposition d’aide à l’arrêt des addictions sont effectifs chez 65% des patients (+10,6 points)
Certification des établissements : les établissements spécialisés en psychiatrie plus en difficultés
En cette fin d’année 2024, près de 70% des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. 87 % des établissements affichent de bons ou très bons résultats. Les CHU et centres de lutte contre le cancer obtiennent les meilleurs résultats et sont plus nombreux à obtenir la mention « Haute qualité de soins » que les autres établissements. D’autres types d’établissements connaissent plus de difficultés. C’est le cas des établissements spécialisés en psychiatrie.
Perspectives
Dans ce contexte, des analyses complémentaires sont attendues en 2025 pour les indicateurs en hospitalisation à temps plein en psychiatrie. « Dès l’année prochaine, les deux dispositifs de la HAS continueront de se développer, avec notamment la mise en place d’un nouveau référentiel pour la certification des établissements de santé. Ces évolutions viendront par exemple fournir des résultats dans le programme Santé mentale et Psychiatrie 2025-2030 publié prochainement », conclut le Pr L. Collet.
Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire... - Santé Mentale
23 décembre 2024
Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues
Dans un guide de bonnes pratiques, la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) précise les grands principes pour la prise en charge des personnes détenues hospitalisés sans consentement en psychiatrie. Le document rappelle leurs droits fondamentaux et décline des modalités concrètes d’organisation.
Mieux prendre en charge les personnes détenues hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement nécessitent de mieux connaître le profil de ces patients et leurs statuts, afin d’éviter la stigmatisation, rappelle la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) dans un guide de bonnes pratiques publié via le Bulletin officiel Santé, protection sociale, solidarité. Issu d’un groupe de travail sur la santé mentale des détenus, ce document d’une trentaine de pages précise les modalités d’organisation de ses prises en charge particulières dans les services de psychiatrie ou les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA).
Assorti de quelques vignettes cliniques ou retours d’expériences, il se découpe en quatre grands chapitres :
– Le parcours des personnes détenues relève à la fois du judiciaire (les différents établissements pénitentiaires sont précisés : maison d’arrêt, centres de détention, centres pour mineurs…) et du sanitaire. Les soins aux détenus doivent être équivalents à ceux prodigués à la population en milieu libre. La vocation d’abord « thérapeutique » est rappelé, ce qui suppose de chercher à établir une relation de confiance et de recherche le consentement libre et éclairé de la personne.
– Les droits du patients sont les mêmes que n’importe quel patient, « en tenant compte des restrictions liées à leur statut » et à leur état de santé. En cas de soins sans consentement, les détenus doivent être informés des diverses voies de recours et peuvent notamment alerter le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL).
– Les relations partenariales et la communication entre acteurs sanitaires et pénitentiaires concernent notamment la transmission des informations et le respect du secret médical. L’importance des relais avant, pendant et après l’hospitalisation est pointée pour éviter les ruptures de soins.
– L’organisation matérielle rappelle les conduites à tenir en cas d’incidents (sortie non prévue, vol…) et règles de transport : selon la situation de la personne, elles différent dans l’organisation et le type d’escorte (agents pénitentiaires seuls, personnels hospitaliers seuls ou escorte mixte).
• Note d’information n° DGOS/P3/2024/161 du 4 nov. 2024, BO SPSS,n° 2024/31 du 15 nov. 2024, portant guide des bonnes pratiques et principes fondamentaux relatifs à la prise en charge en soins psychiatriques sans consentement des patients détenus au sein d’établissements de santé autorisés en psychiatrie, selon les dispositions de l’article R. 6111-40-5 du Code de la santé publique, https://sante.gouv.fr
Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues - Santé Mentale
03 juillet 2024
Ancrage : des techniques pour aller mieux...
Ces techniques visent à soulager les états de détresse émotionnelle et à lutter contre la dissociation. Ces techniques doivent être répétées très régulièrement, notamment en dehors des crises, pour être efficaces.
Cliquer sur le tableau pour l'agrandir...
29 juin 2024
[Dossier] : Dynamique des équipes mobiles
Les équipes mobiles sont "à la mode". Elles font souffler un vent nouveau et constituent une réelle source de créativité clinique. Cette appellation recouvre une grande diversité de pratiques, de dispositifs et de publics concernés. Seul dénominateur commun, la mobilité, qui apparaît comme une redécouverte et un enrichissement de l’ADN du soin. A quels besoins répondent les équipes mobiles ? Avec quels types de professionnels et quelles références théoriques ? Quelle place pour le travail en binôme ? Comment circonscrire ce phénomène ?
17 juin 2024
Usage de l'isolement et de la contention en psychiatrie : des chiffres inédits !
LE QUOTIDIEN : En 2022, 76 000 personnes ont été hospitalisées sans leur consentement en psychiatrie, selon votre dernière publication. Parmi elles, 37 % (28 000 personnes) ont été placées à l’isolement, 11 % (8 000) ont connu la contention mécanique. Des chiffres inédits ?
CORALIE GANDRÉ : C’est en effet la première fois que sont publiés des chiffres nationaux détaillés sur l’isolement et la contention en psychiatrie, les caractéristiques des personnes qui en font l’objet et les variations entre établissements. Ceci grâce à la loi de modernisation de notre système de santé de 2016, qui a rendu obligatoire le recueil de ces informations par les établissements de santé depuis 2018.
Ces données montrent que les personnes concernées sont plus souvent de sexe masculin, relativement jeunes ; elles arrivent plus fréquemment par les urgences. Elles connaissent des hospitalisations plus longues en moyenne sur l’année. Les patients mis à l’isolement sont également plus vulnérables socio-économiquement.
On observe par ailleurs des variations très marquées dans l’usage de ces pratiques – en théorie de dernier recours – entre établissements : certains n’y recourent pas, d’autres ont des taux très élevés.
Quelles sont les hypothèses pour expliquer ces disparités ?...
09 juin 2024
Patients "en rupture de soins" : quelles solutions ?
La compliance au traitement est un défi pour toutes les spécialités médicales* et la psychiatrie n’échappe pas à la règle. Ainsi, alors que la discipline est confrontée à une période difficile en terme de démographie soignante, le nombre de réhospitalisations de patients est un sujet particulièrement d’actualité. L’objectif de l’étude observationnelle menée sur une période de trois mois (de juin à août 2023 ) au sein d’une Unité d’Hospitalisation Temps Plein (UHTP) en psychiatrie (Saint-Denis – 93) – était d’étudier les caractéristiques des patients réhospitalisés en psychiatrie dont le motif de la décompensation clinique spécifiait « rupture de soins ».
Discussion
Au vu de ces premiers résultats, différentes solutions peuvent ainsi être mises en pratique.
Pour les soignants
Avant la sortie (par l’équipe de l’UHTP) :
– prendre contact avec la famille ou les proches aidants avant la sortie d’hospitalisation ;
– envoyer une lettre de liaison de l’UHTP vers le CMP au psychiatre référent à la sortie du patient ;
– assurer un lien téléphonique de relai pour informer le psychiatre référent de la sortie du patient ;
– assurer un lien téléphonique et par le dossier partagé avec le médecin traitant généraliste.
Après la sortie (par le CMP) :
– reprogrammer le patient quand un RDV a été manqué dans les 15 jours (envoyer un message, un courrier ou avoir le patient au tel pour essayer de comprendre pourquoi il n’a pas honorer le rdv) et s’appuyer sur le travail de l’équipe mobile psychiatrie et précarité (ESTIM 93)
– envisager pour ces patients « à risque de rupture » (ceux ayant déjà été hospitalisés pour rupture de soins) sur le CMP un suivi par une infirmier de pratique avancée (IPA) ;
– mettre en place des passages d’IDE à domicile pour faciliter la prise du traitement ;
– favoriser le relai thérapeutique par la mise en place d’un traitement antipsychotique à action prolongée ;
– si pas de réponse du patient malgré les différentes sollicitations programmer une visite à domicile (VAD)
– envoyer un message de rappel ou appeler le patient avant la consultation ;
En prévention pour les patients
– faire intervenir des pairs aidants afin de témoigner de l’efficacité du traitement ;
– proposer un programme d’éducation thérapeutique au patient et ses proches, avec une séance annuelle de consolidation
– groupes de soutien.
Conclusion
La rupture de suivi psychiatrique ou l’arrêt de traitement médicamenteux sont les deux causes principales de rechute dans la schizophrénie. Des solutions peuvent être mises en place notamment en s’appuyant sur les équipes de soins ambulatoires, les proches des patients (famille ou personne de confiance) avec l’aide de l’éducation thérapeutique ou du médecin traitant. Ces mesures devraient permettrent d’anticiper ou de diminuer les risques de perte de vue des patients à risque.


