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23 septembre 2024

Infections respiratoires : sous antipsychotiques, les patients sont plus vulnérables aux formes sévères

Face au Covid, les personnes avec des troubles du spectre de la schizophrénie sont plus susceptibles d’avoir une forme sévère de l’infection avec hospitalisation. De manière générale, et ce même avant la pandémie, ces patients présentent un risque plus élevé d’infection respiratoire et de mortalité associée. Pourtant, du fait du manque de preuves, les troubles du spectre schizophrénique ne sont pas pris en compte dans les politiques vaccinales priorisant les populations à risque (grippe, pneumocoque), alors que la pneumonie est l’une des comorbidités avec la plus haute mortalité...

Infections respiratoires : sous antipsychotiques, les patients sont plus vulnérables aux formes sévères | Le Quotidien du Médecin (lequotidiendumedecin.fr)

29 septembre 2023

France : après l'épidémie, la psychiatrie

Comme le souligne l'OMS, le confinement et la crise économique ont entraîné chez de nombreuses personnes une dégradation de leur santé mentale et l'apparition de troubles psychiques : stress, angoisses, sentiment de solitude, dépression, addictions, comportements violents ou suicidaires. 

Et la France n'y échappe pas. Résultat : les hôpitaux psychiatriques, qui étaient déjà en difficulté à cause de la réduction de la moitié des lits depuis les années 70, sont désormais débordés.

16 avril 2023

[Recherche] : La santé mentale à l’épreuve du confinement

Anne Giersch et Amaury Mengin, deux chercheurs strasbourgeois de l’Inserm, ont étudié les effets psychiques du confinement pendant le Covid au sein de la communauté des chercheurs français. Nul n’est à l’abri de l’impact psychologique d’un confinement.

Tout en participant pendant la pandémie, de mars à juillet 2020, à une étude internationale sur la détresse psychologique dans quatre sociétés ayant adopté des stratégies de santé publique distinctes (Corée du Sud, Hong Kong, France et États-Unis), Anne Giersch, directrice de laboratoire au Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg , et son collègue psychiatre Amaury Mengin ont lancé une étude sur l’impact psychologique du confinement.

Portant sur la période du premier enfermement, du 17 mars au 17 mai 2020, cette étude a été distribuée par e-mail au sein d’un réseau de chercheurs français de l’université de Strasbourg, de l’Inserm et du CNRS, avant d’être relayée plus largement en France. Les participants ont complété de manière anonyme, à trois périodes différentes, des questionnaires d’autoévaluation, avec des narrations quotidiennes, avant de remplir à l’issue du confinement, entre le 22 juin et le 18 juillet, un autorapport. 

.../...

Leurs premiers retours ont montré des signes de « détresse et des symptômes atténués de psychose qui ne peuvent pas être assimilés à du stress et de l’anxiété », rapporte la chercheuse de l’Inserm.

« Dans le premier questionnaire, les perceptions inhabituelles et les idées de méfiance ont augmenté. Comme l’impression que sa propre image change, que les autres nous en veulent, que des messages dans la rue, dans les vitrines, les publicités ou dans les médias nous concernent directement. Il y a aussi une augmentation de l’utilisation du pronom personnel “je” que l’on observe dans la psychose. »

Dans le contexte d’inquiétude qui dominait alors, près de 20 % des participants ont atteint « un niveau de psychose où l’on conseille de consulter », commente Amaury Mengin. « Ces résultats signifient que nous sommes tous vulnérables au stress, aux hallucinations, aux symptômes atténués de psychose », relève Anne Giersch. 

publié dans les DNA du 12 avril 2023

18 décembre 2022

[Document] : Promouvoir la santé mentale des populations en temps de Covid-19

La Santé en action, Septembre 2022, n°461 

"Promouvoir la santé mentale des populations en temps de Covid-19"

La pandémie Covid-19 a un impact négatif majeur sur la santé mentale de la population, objectivé par des enquêtes scientifiques et par les professionnels qui travaillent en première ligne. Une trentaine d'experts et de professionnels de terrain dressent un état des connaissances et analysent les conséquences que la pandémie a sur la santé mentale de l'ensemble de la population. Ils formulent des recommandations pour l'action. Ce numéro spécial questionne en particulier l'éthique et les inégalités sociales et territoriales de santé.

25 octobre 2022

[Actualité] : Une forme sévère de COVID-19 peut augmenter le risque de schizophrénie

C’est la conclusion d’une récente étude publiée dans la revue Psychiatry Research : en cas d’hospitalisation pour forme sévère de COVID-19, le risque de développer une schizophrénie augmente de 11%. Les auteurs de l’étude soulignent que ce trouble mental devrait dès lors être considéré comme l’une des séquelles potentielles de l’infection.

Il a été montré que le virus SARS-CoV-2 peut envahir le système nerveux central et les manifestations neuropsychiatriques étaient fréquentes au début de la pandémie. Une étude publiée l’an dernier dans The Journal of Clinical Psychiatry, menée par une équipe de chercheurs français, avait mis en évidence le fait que, quatre mois après une hospitalisation pour une forme aigüe de COVID-19, plus de 20% des patients présentaient au moins un trouble psychiatrique — essentiellement un épisode dépressif majeur ou un trouble anxieux ; 5% d’entre eux présentaient un risque suicidaire significatif.

Il a par ailleurs été prouvé que le coronavirus peut impacter la structure, les fonctions et l’activité du cerveau humain. Ces résultats suggèrent qu’une forme sévère de COVID-19 peut avoir un impact important sur la santé mentale des malades. En outre, une pathologie cérébrale préexistante peut rendre les individus plus vulnérables à l’infection : il a notamment été rapporté que les patients schizophrènes courent un risque plus élevé de mortalité par COVID-19. Néanmoins, la relation de cause à effet entre la COVID-19 et la schizophrénie n’est pas claire. Une équipe a donc entrepris d’explorer cette association.

Lire l'article complet :

02 septembre 2022

Vaccination anti-Covid chez les malades mentaux : un succès.

Résultats des données nationales du Système National des Données de Santé

Nous avons montré dans trois études publiées en 2020 et 2021 que les personnes présentant des maladies mentales comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires avaient plus de risque de mourir d’une infection à COVID-19, de par des différences de prises en charge et/ou des différences immunologiques.


L’objectif de cette étude, publiée dans la prestigieuse revue European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience, était d'évaluer les résultats après un an de campagne de vaccination contre le Covid-19.


Nous avons utilisé les données du fichier national médico-administratif français (SNDS) et du téléservice de vaccination Covid du 4 janvier 2021 (date d'activation du téléservice) au 30 janvier 2022. Au 30 janvier 2022, le taux de première injection en France était de 80,2% (54 millions de personnes) et le taux de rappel de vaccination était de 78,3% (52,7 millions de personnes). À l'exception du trouble de l'usage des opioïdes, toutes les personnes souffrant de maladies chroniques ou présentant des facteurs de risque de mauvais résultats Covid-19 (par exemple, le tabagisme et l'obésité) avaient des taux de vaccination plus élevés que la population générale (de 83,4 % à 94,5 % contre 78,3 %). Cependant, les quatre maladies classées en dernière position, tant pour la vaccination initiale que pour la vaccination de rappel, étaient les troubles mentaux : troubles liés à l'alcool (86 et 84,3 %), troubles psychiatriques du neurodéveloppement (85,3 et 83,7 %), schizophrénies (85 et 83,4 %) et troubles liés à l'utilisation d'opioïdes (72,9 et 69,4 %).


Les psychiatres ont donc réussi leur pari : leurs patients sont mieux vaccinés que la population générale, à l’exception des personnes dépendantes aux opioïdes qui représentent une population particulière. Cependant, ces taux étaient inférieurs à ceux d'autres maladies chroniques à risque augmenté de mortalité par Covid-19. Nous avons également retrouvé d’importantes disparités géographiques, avec des taux de vaccinations effondrés outre-mer. 


One-year results from the vaccination campaign against Covid-19 infection in 47 million individuals with severe mental disorders and other chronic diseases.

lien de l'étude : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35969276/ 

Dr Guillaume FOND @guillaumefond 




09 mai 2022

[Étude] : COVID et maladie psychiatrique : la double peine en termes de risque

Une vaste étude offre une image sombre du danger accru encouru pour les adultes ayant des antécédents psychiques ayant nécessité une hospitalisation;


Les adultes présentant de graves antécédents en termes de maladie psychique risquent deux fois plus de mourir de la COVID-19 que les autres s’ils sont contaminés par le coronavirus, selon la plus importante étude menée en Israel et consacrée à l’analyse du rapport entre le virus et la psychiatrie. 


Cette recherche publiée dans le journal à comité de lecture Molecular Psychology s’est basée sur les dossiers médicaux anonymisés de 125 273 Israéliens âgés de plus de 18 ans, qui ont en commun d’avoir été hospitalisés dans une unité psychiatrique.


Des années après leur hospitalisation, ils risquent encore plus que les autres de subir des conséquences graves du coronavirus, indique l’étude. 

Ils ont deux fois plus de risque de décéder des suites de la maladie et le risque d’hospitalisation est également, pour eux, multiplié par deux.


« Cette étude a des implications graves en matière de sécurité publique, et elle montre que les médecins doivent accorder une attention toute particulière aux personnes ayant des antécédents psychiatriques lorsqu’elles sont testées positives », commente auprès du Times of Israel le professeur Mark Weiser, directeur de la division psychiatrique à l’hôpital Sheba, qui a dirigé les recherches pour l’étude.


Aucun autre pays n’a fait d’étude nationale examinant la COVID au regard du cas très précis des personnes ayant été atteintes par des maladies psychiques.

Weiser a déclaré que les résultats concernaient toutefois les populations du monde entier et qu’ils mettaient en exergue la nécessité, pour les autorités, de réduire l’impact du virus sur ce groupe très particulier d’individus.


Il pense que ce risque accru est entraîné en partie par des facteurs qui, en termes de mode de vie, accompagnent souvent des antécédents psychiatriques – obésité, tabac, incapacité à se faire suivre au niveau médical ou absence d’activité physique, entre autres.

Mais des facteurs spécifiques liés à la COVID-19 tiennent aussi un rôle, souligne-t-il. Le taux de vaccination chez les Israéliens présentant des antécédents psychiatriques graves est de 25 % inférieur à celui de la population israélienne en général.


« Nos conclusions suggèrent qu’il faut que des mesures de santé publiques spéciales soient mises en place pour entrer en contact avec ces patients et les faire vacciner, un grand nombre d’entre eux ne venant pas se faire immuniser d’eux-mêmes », ajoute-t-il.


Weiser et ses collègues ont écrit dans l’étude que « des efforts de sensibilisation doivent être réalisés en matière de vaccination en direction des individus présentant des antécédents d’hospitalisation pour un trouble psychiatrique, et en particulier en direction des hommes âgés souffrant de schizophrénie, une catégorie peu susceptible de se faire vacciner qui présente néanmoins un risque élevé de mortalité. »



COVID et maladie psychiatrique : la double peine en termes de risque - Étude - The Times of Israël (timesofisrael.com)

09 février 2022

[Recherche] : Le confinement a‑t-il eu un impact sur les symptômes atténués de psychose ?

Anne Giersch, directrice du laboratoire Inserm "Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie" / Université de Strasbourg vient de publier un article sur les effets de la pandémie sur l'émergence de symptômes atténués de psychose.

Interview sur le site de l'INSERM :

Informations sur le site de l'UNISTRA :

https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/une-etude-sur-les-consequences-psychologiques-du-confinement

01 février 2022

La santé mentale, un sujet tabou dans notre société

La santé mentale est un sujet tabou dans notre société. Pourtant, la schizophrénie touche aujourd'hui 1% de la population générale, et la dépression concerne 20% des Français. Avec la crise du Covid, on assiste à une recrudescence des troubles mentaux. Pour le psychiatre Raphaël Gaillard, il existe un lien entre folie et créativité : on peut aussi se dire que c'est "dans ces moments de crise que la créativité est possible, que quelque chose peut se révéler..."

Ecouter : Raphaël Gaillard au micro de La Matinale RCF (12mn)

"Les troubles psychiques sont extrêmement fréquents", rappelle Raphaël Gaillard. Ainsi la schizophrénie touche 1% de la population générale, les troubles bipolaires, 2%. Quant à la dépression : elle concerne 20% des Français. "Cela signifie que sur vie entière, une personne sur cinq fera un épisode dépressif caractérisé."

Pourtant, les troubles mentaux, on en parle peu. C'est même un sujet tabou dans notre société. "Je crois qu'il faut changer ça, parce que c’est une question majeure que la question de la santé mentale dans la société."

C'est pour en parler que le psychiatre Raphaël Gaillard publie "Un coup de hache dans la tête" (éd. Grasset). Son titre tiré de Diderot, "qui écrivait que les grands artistes ont un petit coup de hache dans la tête", et qui célèbre le lien entre folie et créativité. Le psychiatre formule une hypothèse : Et si les troubles psychiques étaient liés à ce qui fait de nous des êtres humains, c'est-à-dire des êtres capables de créer ?

Dans son essai, Raphaël Gaillard décrit son expérience quotidienne de psychiatre et raconte la trajectoire de certains de ses patients. Dans le but de répondre à une question : souffrir d'un trouble psychique rend-il plus créatif ou est-ce que ça entrave la créativité ? "La réponse est que ça les entrave plutôt que ça ne soutient leur créativité et en même temps il y a bien quelque chose en lien avec la créativité."

Le pôle qu'il dirige à ­l’hôpital Sainte-Anne reçoit 12.000 patients par an : une véritable "chambre d'échos de la société", où l'on mesure "les répercussions sociales et économiques de la crise". Ainsi, pour Raphaël Gaillard, ce que l'on vit ce ne sont pas "des vagues mais une lame de fond". Selon le psychiatre, "la crise Covid est à l'origine d'une souffrance psychique très importante, et donc d'une recrudescence des troubles mentaux". Mais on peut aussi se dire que c'est "dans ces moments de crise que la créativité est possible, que quelque chose peut se révéler..."

25 janvier 2022

Applis de santé mentale : sont-elles efficaces ?

Alors que le nombre de psychiatres en France ne cesse de chuter, le marché des applis de santé mentale a le vent en poupe. Accessibles sans rendez-vous préalable, souvent gratuits et toujours disponibles, ces outils promettent de répondre à la recrudescence des demandes de soins en santé mentale depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Quels troubles concernent-ils ? Certains patients n’osent pas aller voir un psychiatre ou un psychologue : les applications sont-elles une solution pour eux ? Et ceux déjà pris en charge, quels bénéfices y trouvent-ils, pour quelle efficacité ? Parmi les applis qui allèguent un effet thérapeutique contre l’anxiété ou la dépression, seules 3 % ont été évaluées, et 1 % indépendamment de tout conflit d’intérêt économique. D’un point de vue éthique, enfin, à quelle confidentialité sont soumises des données de santé mentale privées mais partageables et interopérables ? 

Une professeure de santé publique, un sociologue et une psychiatre nous aident à y voir plus clair : quand la santé mentale flanche, l’appli est-elle un appui solide ?

L’avis de Karine Chevreul

Karine Chevreul est professeure de santé publique, directrice de l’unité 1123 Épidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (Inserm/ Université de Paris)

L’avis de Xavier Briffault

Xavier Briffault est sociologue au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale et société (unité 988 Inserm/CNRS/Université de Paris)

L’avis de Déborah Sebbane

Déborah Sebbane est psychiatre, directrice du Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale de Lille (EPSM Lille-Métropole, GHT Psychiatrie Nord – Pas-de-Calais)

Un article à retrouver dans le n°52 du magazine de l’Inserm

18 janvier 2022

[Podcast] : "L'incertitude dans laquelle les Français sont plongés depuis deux ans est insupportable"

France Inter, le 30 décembre 2021

Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l'Université de Paris, chef de pôle à l'hôpital Sainte-Anne, est l'invité du grand entretien de la matinale. L'occasion d'évoquer la mal-être des Français lié à la crise sanitaire qui dure.

La crise sanitaire dure et pèse de plus en plus sur le moral des Français. On ne voit toujours pas le bout du très long tunnel et les conséquences psychiques sont réelles. Professeur de psychiatrie à l'Université Paris-Descartes et responsable du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne, Raphaël Gaillard est en première ligne pour témoigner de la santé mentale des Français. 

Et il explique, "on sent très bien" la fatigue de la population. "Nous, psychiatres sommes en quelque sort des sous-mariniers de la société. Nous voyons la société dans ses profondeurs et ce que nous voyons, ce ne sont pas des vagues successives, ce sont des lames de fond, une lame de fond qui est la souffrance psychique". 

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-30-decembre-2021

08 janvier 2022

Covid-19 : la souffrance psychique, "une lame de fond", selon le directeur du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne

"Nous ne voyons pas de vagues successives mais une lame de fond", a témoigné jeudi Raphaël Gaillard, directeur du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne, professeur de psychiatrie à l'université de Paris, sur France Inter jeudi 30 décembre. "Cette lame de fond, c'est celle de la souffrance psychique, elle a une temporalité longue, c'est ça la souffrance des Français aujourd'hui", dit-il alors que selon le dernier bilan de Santé Publique France, un tiers des Français présente un état anxieux ou dépressif.

"Le taux de Français souffrant d'un trouble anxieux est deux fois plus élevé que ce que l'on observe habituellement. Pour la dépression, on parle de 6 points de plus et 70% des Français ont eu des troubles du sommeil", détaille Raphaël Gaillard. "Nous devons faire face à une demande considérable, et c'est d'autant plus difficile que nous manquons de moyen", précise-t-il avant de déplorer un appauvrissement de la psychiatrie, ces 40 dernières années.

"35 ans plus tard, nous avons trois fois moins de lits..."

De plus en plus de jeunes souffrent de troubles psychiques, selon le professeur, "l'incertitude dans laquelle ils sont plongés depuis deux ans est insupportable", explique-t-il. "Nous avons parlé à l'excès de distanciation sociale alors qu'elle devrait être physique, poursuit Raphaël Gaillard. Pour un adolescent, construire sa propre identité, c'est aussi s'inspirer des autres en les voyant. Or nous observons une forme de dissolution du lien social, ce qui est terrible pour les jeunes."

Le point central est que cette lame de fond de souffrance psychique rencontre une réalité, selon Raphaël Gaillard, "le fait que les troubles psychiques sont extrêmement fréquents". Une personne sur cinq aura un épisode dépressif dans sa vie, la schizophrénie affecte 1% de la population général, la bipolarité, 2%. "La question de la santé mentale va devenir le risque systémique principal de notre société", explique le professeur de psychiatrie, "aujourd'hui nous n'avons pas assez de moyens" mais "je crois qu'il y a une prise de conscience globale de cet enjeu majeur".

29 décembre 2021

Santé mentale : innover pour mieux accompagner

Ébranlé par la crise sanitaire et déjà fragilisé par le manque de moyens, le secteur de la santé mentale est en pleine mutation. Déstigmatisation de la maladie, inclusion sociale des personnes concernées, nouveaux types d’accompagnement… autant d’avancées positives que soutiennent les acteurs de la philanthropie.



Crédit/Copyright : Thomas Salva

Dépression, schizophrénie, bipolarité, état anxieux ou problème d’addiction… En France, une personne sur quatre a été, est ou sera concernée au cours de sa vie par des troubles psychiques. Face à cette situation alarmante que la crise sanitaire et les confinements ont aggravée, la santé mentale est devenue plus que jamais un enjeu majeur de santé publique. Après avoir été longtemps considérée comme le parent pauvre de la médecine, elle est aujourd’hui au centre des préoccupations des pouvoirs publiques qui inauguraient en septembre dernier les premières Assises de la santé mentale et de la psychiatrie.

Depuis 15 ans, la Fondation de France a fait de la santé mentale un axe prioritaire de son action. Elle agit notamment pour favoriser l’accès aux soins et l’inclusion des personnes vivant avec une maladie psychique, développer le dépistage chez les jeunes et soutenir la recherche. Cette mobilisation est aussi partagée par de nombreuses fondations abritées, parmi lesquelles les fondations Sisley d’Ornano, Chantelix, Vincent-Verry, Geneviève Allier ou plus récemment la Fondation Béa.

Lire les détails ici :

15 décembre 2021

Dépression : prise en charge insuffisante et manque d’informations

Le baromètre mené par CSA pour l’Unafam, la Fondation Pierre Deniker et Janssen auprès de plus de 1 000 Français et 300 professionnels de santé concernant la dépression met en évidence trois grands enseignements.

• D’abord, alors que 10% des Français souffrent actuellement de dépression et que 25 % en ont déjà souffert, la prise en charge de la maladie reste largement insuffisante.

• Ensuite, l’étude met en évidence que, pour les patients, le silence s’ajoute à la souffrance psychique et à la prise en charge insuffisante.

• Enfin, le sondage confirme une intuition largement partagée : déjà préoccupante, la situation s’accentue avec la crise Covid.

À ce tableau sombre, s’ajoute un élément trop peu évoqué : oui, la dépression se soigne, comme 95% des soignants l’affirment. C’est pourquoi l’Unafam et la Fondation Deniker insistent sur le sentiment de gachis qu’inspirent ces résultats.

Observatoire "Les Français et la dépression" réalisé par l’Institut CSA pour le compte du laboratoire Janssen, de la Fondation Pierre Deniker et de l’Unafam (sept 2021).

Lire l'article complet sur :

06 décembre 2021

Marion LEBOYER, Grand Prix INSERM 2021

Le Grand Prix Inserm 2021 récompense Marion LEBOYER, psychiatre et chercheuse qui a dédié sa carrière à comprendre et à mieux soigner les maladies mentales. Ce Grand Prix récompense le caractère novateur de ses travaux de recherche en particulier sur les troubles bipolaires, la schizophrénie et les troubles du spectre de l’autisme.

Marion Leboyer, dirige le laboratoire Neuropsychiatrie translationnelle à Créteil (unité 955 Inserm/Université Paris-Est Créteil). Elle a dédié sa vie professionnelle à la recherche sur les maladies mentales et ses travaux de recherche novateurs ont largement contribué à améliorer le traitement des personnes qui souffrent de schizophrénie, de dépression, de troubles bipolaires ou encore de troubles du spectre de l’autisme, avec toujours pour objectif l’idée de mettre en place des approches thérapeutiques personnalisées pour chaque patient.

En 2007, elle crée la fondation FondaMental, sur laquelle son laboratoire s’appuie pour mener ses recherches. Son équipe est à l’origine de la découverte de plusieurs gènes impliqués dans différents troubles mentaux et a contribué à démontrer le coût de la santé mentale en France.
L’équipe de Marion Leboyer s’est également fortement impliquée pour soutenir les patients durant l’épidémie de Covid-19, mettant en place les plateformes numériques CovidÉcoute puis Écoute Étudiants Île-de-France, dédiées au soutien psychologique et à l’écoute.

Marion Leboyer, Grand Prix Inserm 2021 - Santé Mentale (santementale.fr)



30 novembre 2021

[Podcast] : Santé mentale : et si la pandémie avait eu raison des idées reçues ?

Depuis plus de dix ans, les professionnels tirent la sonnette d’alarme mais c’est la pandémie qui a rendu audible l’urgence sur la Santé mentale en France.

Après le premier confinement, un quart des Français interrogés souffraient de troubles anxieux. En 2020, le nombre de tentatives de suicide chez les moins de 15 ans a doublé tandis que près de 20% des malades du Covid-19 ont eu plusieurs mois après le pic inflammatoire, des séquelles psychiques. Hors pandémie, les maladies psychiques touchent chaque année en France, une personne sur 5 soit 12 millions d’individus.

Invitée : Marion Leboyer est psychiatre, professeur de psychiatrie à l’université Paris-Est-Créteil. Responsable du pôle Psychiatrie et addictologie des hôpitaux universitaires Henri-Mondor (Créteil) ainsi que du laboratoire de Psychiatrie translationnelle de l’Inserm. Elle dirige également FondaMental, la fondation qu’elle a créée et qui travaille sur la Santé mentale.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-mode-d-emploi/sante-mentale-et-si-la-pandemie-avait-eu-raison-des-idees-recues

25 novembre 2021

[Recherche] : Un antidépresseur prévient les complications les plus graves du COVID

La fluvoxamine, un antidépresseur à faible coût, prévient certaines des complications les plus graves du COVID-19, réduisant considérablement le risque d'hospitalisation et de décès, rapportent les chercheurs.

Les résultats de l'étude, la plus grande à ce jour à évaluer un antidépresseur commun et peu coûteux comme traitement du COVID-19, apparaissent dans The Lancet Global Health .

Cet essai, mené au Brésil, confirme les résultats du premier essai de fluvoxamine pour COVID-19, qui a été lancé début 2020. Les résultats de cet essai, dirigé par Eric J. Lenze Angela M. Reiersen, ont été publiés dans JAMA il y a un an. . Les deux se sont intéressés à l'antidépresseur en raison de ses propriétés anti-inflammatoires. Ils sont également co-auteurs de la nouvelle étude.

L'étude brésilienne a suivi environ 1 500 patients nouvellement diagnostiqués avec COVID-19. Parmi eux, 741 personnes ont reçu le médicament - un comprimé de 100 mg de fluvoxamine deux fois par jour pendant 10 jours - tandis que 756 ont reçu un placebo deux fois par jour. L'essai a été interrompu prématurément parce que ceux qui prenaient de la fluvoxamine ont obtenu de bien meilleurs résultats que ceux qui prenaient un placebo.


.../...

Cela coûte environ 4 $ pour un traitement, il peut donc également être rentable, contrairement à d'autres thérapies COVID-19 plus récentes. Cela peut être particulièrement utile dans les pays où les taux de vaccination restent faibles.


21 novembre 2021

COVID : l’association SOS amitié Strasbourg reçoit 30% d'appels en plus, elle a besoin de dons !

En 2020, l’association d’écoute SOS amitié a vu ses appels augmenter de 30%. Elle lance un appel aux dons pour pouvoir accueillir de nouveaux bénévoles dans le Bas-Rhin et ouvrir deux nouvelles structures. Cela permettra de mieux répondre aux demandes.

L’association d’écoute SOS amitié existe à Strasbourg depuis 1964 et cette année, elle est submergée d’appels. En 2020, ils ont augmenté de 30%, ainsi l’association lance un appel aux dons pour pouvoir accueillir plus de bénévoles. "Ils sont obligés de venir à Strasbourg pendant un an avant d’avoir le droit de passer des appels depuis leur domicile. Donc pour quelqu’un qui habite à Wissembourg, Strasbourg ça fait un peu loin", explique Thérèse Jauffret, présidente de SOS amitié Strasbourg.

L’argent récolté servira aussi à la formation et aux consultations de psychologues des 54 bénévoles. L’an dernier, l’antenne de Strasbourg avait réussi à recruter vingt nouvelles personnes. Chacun d’entre eux passent 20 heures par mois à faire de l’écoute téléphonique, répondre à des mails et discuter avec des personnes en détresse. Mais leur nombre reste tout de même insuffisant car un appel sur trois reste sans réponse.

Même si les 12-25 ans restent majoritaires parmi les appelants, en quelques années, les motifs de leurs appels anonymes pour demander de l’aide ont changé. "Avant c’était beaucoup d’appels concernant des maladies psychiques comme la bipolarité ou la schizophrénie. Aujourd’hui le Covid laisse des traces, ce n'est pas terminé", précise la présidente.

"Les gens sont angoissés, il y a un certain malaise. Nous avons des appels de personnes qui ont été malade du Covid ou qui subissent un Covid long. Il y a aussi les gens qui ont perdu leur travail à cause de la crise sanitaire ou encore ceux qui ne veulent pas se faire vacciner", détaille-t-elle.

SOS amitié se retrouve donc à faire majoritairement de la prévention contre le suicide surtout sur le chat (fil de discussion). Il est ouvert de 13h à 3h du matin tous les jours. "C’est très souvent des choses difficiles, on a des jeunes qui ont des pensées suicidaires qui nous disent qu’ils vont passer à l’acte par exemple. On ne peut pas ignorer la détresse d’un jeune. Au téléphone on a plutôt des gens qui souffrent de solitude, qui veulent simplement discuter avec quelqu’un", détaille Thérèse Jauffret.

L’association a répondu à 700.000 appels venant de partout en France, en 2020. Grâce aux dons, l’association espère pouvoir prendre plus d’appels et aider d’avantage de personnes.


Infos pratiques : 
                            Écoute anonyme 24h/24 et 7j/7 
                            au 0972394050 (numéro national) 
                            et au 0388223333 (numéro de Strasbourg).

Le lundi 22 novembre, un nouveau point d'écoute SOS amitié sera inauguré à Colmar. Jusqu'à présent, seule l'antenne de Mulhouse réceptionnait les appels en provenance du Haut-Rhin, chiffrés à 17.000 en un an. L'association espère recruter des candidats écoutants.

Covid : l’association SOS amitié Strasbourg reçoit 30% d'appels en plus, elle a besoin de dons (francetvinfo.fr)

20 novembre 2021

Les troubles mentaux sont des maladies à risque de mortalité COVID

Le CDC (Center for Diseases Prevention, une autorité internationale pour la prévention des maladies) vient de rajouter officiellement les troubles mentaux à la liste des maladies à risque de mortalité COVID (incluant la schizophrénie, la dépression et le trouble bipolaire) en citant comme référence scientifique la méta-analyse publiée en septembre dans le JAMA psychiatry

La liste des maladies: list of conditions
Méta-analyse : https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2782457


Dr Guillaume FOND @guillaumefond

Hôpitaux Universitaires de Marseille, Responsable Centre Expert Schizophrénie et Dépression Résistante, Responsable Service d'Information Médicale Psychiatrie

06 novembre 2021

Les troubles de l'humeur augmenteraient le risque de développer une forme grave du Covid-19

Aux États-Unis, les personnes chez qui l'on a diagnostiqué des troubles de l'humeur tels que la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression majeure peuvent désormais recevoir des injections de rappel contre le Covid-19. 

Une décision validée par les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies. Cette recommandation est intervenue quelques semaines après que l'agence a ajouté les troubles de l'humeur à sa liste de conditions médicales qui exposent les personnes à un risque accru de contracter une maladie grave avec le Covid-19 — une liste qui comprend également l'obésité, le diabète et la grossesse. 

En France, les personnes souffrant de troubles psychiatriques, reconnus comme des commorbidités, peuvent également recevoir une dose de rappel.

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Une méta-analyse dont Roger McIntyre est le co-auteur et qui a été publiée dans la revue JAMA Psychiatry le mois dernier a révélé une association entre les troubles de l'humeur préexistants et un risque plus élevé d'être hospitalisé et de mourir du Covid-19. Cette recherche a analysé 21 études incluant plus de 91 millions de personnes. Elle n'a toutefois pas établi de lien entre ces troubles de l'humeur et le fait d'être physiquement plus susceptible de contracter le Covid-19.

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https://www.businessinsider.fr/les-troubles-de-lhumeur-augmenteraient-le-risque-de-developper-une-forme-grave-du-covid-19-189097