Message du Dr Guillaume FOND
Je suis ravi de partager les résultats d'un travail
collaboratif au sein du réseau international des centres
experts schizophrénie, en partenariat avec des experts des
États-Unis, de l'Australie, de l'Allemagne, de l'Italie, du
Canada et des Pays-Bas. Notre recherche a été récemment
publiée dans le BMJ Mental Health, sous le titre "Adjunctive
agents to antipsychotics in schizophrenia: a systematic
umbrella review and recommendations for amino acids, hormonal
therapies, and anti-inflammatory drugs."
Dans cette étude, nous avons effectué une revue globale et
évalué les traitements adjuvants aux antipsychotiques pour la
schizophrénie, les antipsychotiques étant actuellement le
traitement de référence. Notre analyse a porté sur 63 essais
cliniques randomisés (ECR) comprenant 4 219 participants
uniques et 29 méta-analyses.
Nos conclusions provisoires (WFSBP-grade 1) indiquent que deux
molécules peuvent être recommandées en complément des
antipsychotiques : la N-acétyl-cystéine (NAC, 1200-3600
mg/jour, pendant plus de 12 semaines) pour améliorer les
symptômes négatifs et la psychopathologie générale, et les
acides gras polyinsaturés (3000 mg/jour d'acide
eicosapentaénoïque, pendant plus de 12 semaines) pour
améliorer la psychopathologie générale.
Nous émettons des recommandations plus faibles (WFSBP-grade 2)
pour la sarcosine et la minocycline en ce qui concerne
l'amélioration des symptômes négatifs chez les patients
atteints de schizophrénie chronique (mais pas dans les stades
précoces), ainsi que pour la NAC concernant l'amélioration des
symptômes positifs et cognitifs. Cependant, ces
recommandations plus faibles ne sont pas encore prêtes pour
une application clinique.
Nous avons également trouvé des preuves provisoires de
l'efficacité des œstrogènes et du raloxifène chez certains
patients, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires
pour évaluer leur rapport bénéfice/risque.
Ces médicaments pourraient être provisoirement prescrits aux
patients pour lesquels d'autres traitements se sont révélés
inefficaces, mais ils devraient être interrompus en cas
d'inefficacité. La publication de ces recommandations est une
première mondiale : pour la première fois des traitements
d'une autre classe médicamenteuse que les antipsychotiques
sont recommandés dans le traitement de la schizophrénie. C'est
une nouvelle majeure pour les patients et leurs proches qui
demandaient ces recommandations depuis longtemps.
La publication (en anglais) est disponible ICI.
N'hésitez
pas à diffuser largement