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25 avril 2026

Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés

Les personnes atteintes de schizophrénie ont des difficultés à reconnaître les émotions. Mais ces troubles pourraient aussi exister, plus discrètement, chez leurs proches. Une étude, portée par l’équipe PsyR2, explore les mécanismes cérébraux en jeu.

La schizophrénie est un trouble psychiatrique complexe qui affecte notamment la capacité à reconnaître les émotions, en particulier sur les visages. Ces difficultés ne sont pas anodines : elles sont liées à des problèmes relationnels, un repli social et une moindre autonomie.

Cependant, ces altérations ne concernent pas uniquement les patients. Des études montrent que leurs proches, pourtant en bonne santé, présentent eux aussi des difficultés, notamment face aux émotions négatives comme la peur ou la colère.

Portée par l’équipe PsyR2*, cette étude soulève une question clé : ces troubles pourraient-ils constituer un “endophénotype”, c’est-à-dire une signature intermédiaire entre les gènes et la maladie ?

Une approche plus proche de la vie réelle

Pour mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs ont étudié trois groupes :
= des patients atteints de schizophrénie,
= leurs frères et/ou sœurs non malades,
= et des personnes sans trouble psychiatrique.

Tous ont réalisé une tâche sous IRM fonctionnelle (IRMf), consistant à reconnaître des émotions sur des visages intégrés dans un contexte émotionnel (et non présentés isolément). Cette approche se veut plus proche des situations réelles.

.../...

Ce texte est une reprise de l’article « Reconnaître les émotions : un indice caché de la schizophrénie ? » publié par le CH Le Vinatier le 14 avril 2026.

Lire l'article complet : 
Reconnaissance des émotions dans la schizophrénie : les proches également concernés - Santé Mentale

24 avril 2026

Psychiatrie : quand le bon sens populaire devient toxique

"Quand on veut, on peut"💪

On vous a sûrement dit un truc comme ça en pensant vous aider.
En psychiatrie, certains proverbes ne sont pas juste faux, mais carrément contre-productifs.


1. "Quand on veut, on peut", justement
- certains troubles psy (dépression sévère, schizophrénie...) touchent directement la motivation
- demander à un patient de "vouloir plus fort", c'est comme demander à quelqu'un avec une jambe cassée de courir : "lève-toi et marche"

2. "Le temps guérit toutes les blessures"
- un trouble bipolaire ou une schizophrénie non traités ne s'arrangent pas seuls
- les mécanismes d'évitement dans les troubles anxieux se renforcent
=> Le temps sans soin n'est pas de la patience, c'est une perte de chance en fait

3. "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts"
- non, une dépression, une addiction, une entrée en schizophrénie, des troubles dissociatifs après un trauma dans l'enfance, ça ne rend pas plus fort
- on peut se reconstruire, mais ça laisse des cicatrices. Pas des super-pouvoirs

4. "Il suffit de se secouer un bon coup"
- on ne se "secoue" pas d'une crise de panique ou d'un TOC (on l'est déjà bien assez...)
- cela suppose que le trouble psychique est une question de volonté ou de paresse
- faire cela, c'est surtout ajouter une couche de culpabilité

5. "La parole est d'argent, mais le silence est d'or"
- en santé mentale, c'est souvent l'inverse
- le silence peut alimenter l'isolement, la rumination, la honte
- mettre des mots sur ce qu'on vit (avec un soignant, un proche...) aide à mieux comprendre et à avancer

6. "L'oisiveté est la mère de tous les vices"
- en burn-out ou en dépression, le repos n'est pas de la paresse: c'est une prescription. Il faut recharger les batteries
- forcer l'activité à tout prix peut aggraver l'épuisement, la culpabilité, retarder le rétablissement

7. "Chassez le naturel, il revient au galop"
- implique que tout changement est impossible, donc pas d'espoir
- important: le cerveau avec sa neuroplasticité peut moduler ses schémas, même anciens. C'est le fondement même des psychothérapies comme les TCC

8. "Il n'y a pas de fumée sans feu"
- dans les problématiques psychotiques, le patient peut être convaincu d'être persécuté sans aucun fait réel
- dans la phobie d'impulsion, les gens recherchent une origine aux pensées envahissantes...
=> il n'y a pas forcément de "feu" à retrouver

9. "Aide toi et le ciel t'aidera"
- attaque de panique, crise suicidaire... parfois, on ne sort pas seul d'une détresse psychique aiguë. Tout comme on ne gérerait pas seul une détresse respiratoire
- l'entourage, les soignants..ne sont pas un luxe. C'est ce qui permet de survivre

10. "Il faut savoir tourner la page"
- ça ne se décrète pas
- deuil pathologique, dépressions résistantes, traumatismes complexes... sont précisément des situations où "tourner la page" est très difficile même avec accompagnement
- ⚠️ couche de culpabilité ajoutée !

Les proverbes condensent une sagesse réelle.
Mais en santé mentale, le "bon sens" peut invalider, culpabiliser, retarder le soin.
À retenir : le cerveau est un organe, pas un muscle moral.

À diffuser si vous connaissez quelqu'un à qui ça peut servir !


Dr David MASSON, psychiatre

23 avril 2026

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?

Dans une nouvelle étude publiée dans Nature Neuroscience*, des chercheurs ont mieux compris le rôle d’une mutation génétique dans la schizophrénie.

Cette mutation du gène grin2a perturbe la capacité de la personne à adapter son interprétation du monde face à de nouvelles informations.

Mais en agissant sur cette mutation du gène grin2a, les scientifiques ont réussi à inverser son effet et à restaurer un comportement normal chez la Souris.

*Reduced mediodorsal thalamus activity underlies aberrant belief dynamics in a genetic mouse model of schizophrenia | Nature Neuroscience

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?

22 avril 2026

Handicap et accès à la culture : quand le "metal" devient vecteur d’inclusion

Vingt ans après la loi de 2005 sur l’égalité des droits des personnes en situation de handicap, l’accessibilité des lieux culturels a nettement progressé en France. Mais la participation réelle des publics concernés reste limitée. Une expérimentation menée entre une pension de famille et le Hellfest, en Loire-Atlantique, montre en quoi l’inclusion ne se résume pas à des aménagements techniques.

Un samedi de juin 2023, au milieu des dizaines de milliers de festivaliers réunis au Hellfest (Clisson, Loire-Atlantique), six habitants d’une pension de famille découvrent pour la première fois l’un des plus grands festivals de France. Certains vivent avec des troubles psychiques, d’autres avec des limitations physiques et pourtant, tous participent à une expérience singulière : explorer ce que signifie réellement l’« inclusion » dans un événement culturel singulier. Cette expérimentation, menée avec des résidents de la pension de famille de l’Orangerie, une structure gérée par la Croix-Rouge française, invite à repenser en profondeur la manière dont les institutions culturelles abordent le handicap. Car malgré les progrès réalisés ces dernières années, l’accès à la vie culturelle reste encore limité pour de nombreuses personnes en situation de handicap.

.../...

20 avril 2026

Quel rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères ?

Une étude menée à partir des données de plus de 7 000 patients par le centre de recherche académique dédié à l’avancement des connaissances scientifiques dans le domaine des troubles psychiatriques SINAPS, en partenariat avec la Fondation FondaMental (France), apporte un nouvel éclairage sur le rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères. Ce travail met en évidence de nouvelles pistes pour personnaliser la prise en charge des patients souffrant de dépression, de schizophrénie ou de trouble bipolaire. 

Communiqué.

Environ un tiers des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères (tels que la dépression résistante aux traitements, la schizophrénie ou le trouble bipolaire) présentent une inflammation chronique de bas grade. Ce phénomène biologique est associé à des formes plus sévères de la maladie et à une moins bonne réponse aux traitements.

Un marqueur biologique présent chez un tiers des patients

Publiée dans la revue scientifique internationale Brain, Behavior, and Immunity (1), cette recherche s’appuie sur les cohortes nationales FACE (FondaMental Advanced Centers of Expertise) de la Fondation FondaMental. Elle regroupe des patients atteints de dépression résistante, de schizophrénies ou de troubles bipolaires afin de mieux comprendre les facteurs communs associés à cette inflammation chronique. Les résultats montrent qu’environ 30 % des patients, quel que soit leur diagnostic psychiatrique, présentent des niveaux élevés de CRP (C-Reactive Protein), un biomarqueur sanguin révélateur d’inflammation chronique de bas grade.

Les chercheurs ont également utilisé plusieurs méthodes statistiques robustes (régression logistique pénalisée, forêts aléatoires et classification non supervisée) pour identifier les principaux facteurs associés à cette inflammation chronique de faible intensité :

= Le surpoids et l’obésité, de loin les facteurs les plus significatifs,
= Les déséquilibres métaboliques, notamment le cholestérol,
= Le tabagisme et la dépendance à la nicotine.

Ces facteurs liés au mode de vie et à la santé métabolique, bien connus en santé cardiovasculaire, jouent donc également un rôle clé dans l’inflammation associée aux troubles psychiatriques étudiés.

Cependant, l’étude montre que les facteurs liés à l’inflammation chronique diffèrent selon le sexe. Chez les femmes, l’inflammation est principalement associée au surpoids et aux troubles métaboliques. Un autre biomarqueur, l’acide urique, semble également impliqué. Chez les hommes, la situation est plus variée, mais le tabagisme apparaît comme un facteur particulièrement important.

Quelles perspectives pour les patients ?

Ces résultats plaident pour une prise en charge plus personnalisée, qui utilise la CRP non plus comme un simple indicateur général, mais comme un premier signal d’alerte pour orienter des actions ciblées. En complément des traitements standards (médicaments psychotropes et psychothérapie), cela pourrait inclure des interventions sur le mode de vie (alimentation, activité physique, arrêt du tabac) ou des traitements spécifiquement dirigés contre l’inflammation et/ou les anomalies métaboliques.

Ces travaux de recherche constituent une étape importante vers une psychiatrie de précision, adaptée aux caractéristiques individuelles. Les auteurs appellent désormais à des études prospectives pour évaluer l’impact de ces interventions ciblées sur l’inflammation.

1 – Tim Rietberg et al. From non-specific biomarker to targeted action: transdiagnostic and sex-specific drivers of high-CRP status in severe mental illness across the FondaMental Advanced Centers of Expertise (FACE) cohorts, Brain, Behavior, and Immunity, 2026. https://doi.org/10.1016/j.bbi.2026.106464

Quel rôle de l’inflammation dans les troubles psychiatriques sévères ? - Santé Mentale

17 avril 2026

UNAFAM : appel à contribution

Prestations de solidarité : où en sommes-nous ?

7 avril 2026, 
Lettre de la Présidente de l'Unafam 


La Cour des Comptes nous a proposé de participer à son enquête sur l’aide à domicile des personnes en situation de handicap. Elle a été saisie par le Sénat qui désire évaluer l’efficacité des mesures qui ont été votées en ce sens.

Vous le savez, la prestation de compensation du handicap est ouverte aux personnes ayant un handicap psychique depuis 2022. Ce fut un grand combat, mené et gagné par l’Unafam pour soutenir l’autonomie des personnes. Quatre ans plus tard, il importe de savoir si nos proches peuvent en bénéficier, et de quelle façon.

De manière plus large, la Cour s’intéresse à l’ensemble des prestations de solidarité : Allocation Adulte Handicapé et soins à domicile. Quelle opportunité pour nous de mesurer comment les textes de loi sont appliqués pour nos proches.

Je vous serais donc très reconnaissante de répondre nombreux à cette enquête anonyme, en cliquant ICI.

Les résultats seront analysés par la Cour des Comptes, et rendus publics au mois de juin. La Cour nous transmettra également nos données analysée par ses soins.

Nous aurons ainsi une base de données solides pour faire entendre notre voix, et obtenir des améliorations en matière de solidarité et d’accompagnement des personnes les plus fragiles.

Plus que jamais, notre voix compte.

Emmanuelle Rémond, Présidente

16 avril 2026

L’ARS Grand Est poursuit le déploiement du plan "50 000 solutions" pour le handicap

Dans le Grand Est, l’Agence Régionale de Santé poursuit le déploiement du plan national "50 000 solutions", destiné à mieux répondre aux besoins des personnes en situation de handicap à chaque étape de leur parcours. 

Engagée depuis 2024, cette mobilisation a déjà permis la mise en place de plus de 6000 solutions nouvelles dans les dix départements de la région. Sur la période 2024-2026, 48,7 millions d’euros soutiennent ces projets, avec 2778 solutions créées en 2025 et 2345 réponses supplémentaires programmées pour 2026.

Un renforcement ciblé des réponses

Ce travail mené avec les Conseils départementaux, les MDPH et l’Éducation nationale porte notamment sur l’accompagnement des enfants dans leur scolarité, le développement de l’aide à domicile avec des temps de répit pour les aidants, ainsi que sur la création ou la diversification de l’offre médico-sociale. Il vise aussi des besoins précis, liés à l’autisme, aux troubles du neurodéveloppement, au handicap psychique ou encore au vieillissement.

Une trajectoire fixée jusqu’en 2030

La dynamique engagée doit se prolonger jusqu’en 2030. Pour 2027, trois priorités structurent déjà la poursuite du plan. La première concerne la réduction du déficit d’offre dans les périodes de transition, notamment entre l’adolescence et l’âge adulte, entre la sortie d’IME et l’autonomie, ou dans les situations de doubles vulnérabilités. La deuxième porte sur le développement du médico-social mobile, avec les SAMSAH, les SESSAD et les SAVS. La troisième vise à amplifier le travail autour de la sortie des établissements accueillant des enfants en situation de handicap, afin de rendre les parcours vers l’offre adultes plus fluides.

L’ARS Grand Est poursuit le déploiement du plan « 50 000 solutions » pour le handicap - Epinal Info

15 avril 2026

[Nouveau] : Association HopeStage

Rechutes, hospitalisations… il y a peut-être une autre voie
Transforme ta bipolarité en opportunité.

HopeStage est le premier réseau francophone créé par et pour les personnes bipolaires.

"Il offre des ressources et une communauté pour t'aider à te stabiliser gratuitement."

14 avril 2026

[Livre] : Aidants et fiers de l'être

Prendre soin de soi comme de son proche

Nicolas Franck, Romain Rey ; édition Odile Jacob ; Date de parution : 4 février 2026

Aider un proche malade ou âgé, ou encore atteint de troubles cognitifs ou d’une maladie dégénérative, bouleverse l’existence. Mais répondre à ses besoins ne doit pas exclure de respecter les siens propres.
La fonction d’aidant est essentielle, mais mal reconnue. Pour la personne qui l’exerce, prendre conscience de la charge qu’elle supporte permet de mieux y faire face.
Écrit à partir de nombreux témoignages, ce livre met en lumière le retentissement de ce rôle sur la santé physique et mentale des aidants, ainsi que sur leur quotidien. Son objectif est de leur permettre de prendre soin d’eux-mêmes pour prévenir l’épuisement, par une meilleure connaissance des états émotionnels et des tensions qu’ils traversent.
Toutes les questions liées à la condition d’aidant y sont abordées, dont celle du dialogue avec les soignants, avec l’entourage familial, et celle des aides et dispositifs existants, afin de pouvoir assumer ce rôle avec sérénité.

13 avril 2026

Améliorer la cognition sociale pour favoriser le fonctionnement social dans la schizophrénie

Interpréter correctement les émotions et les intentions d’autrui, comprendre les situations sociales, sont des capacités essentielles dans la vie quotidienne. Dans la schizophrénie, ces mécanismes peuvent être altérés. Une étude coordonnée par la Dre Elodie Peyroux et le Pr Nicolas Franck évalue un programme innovant pour y remédier.

Agir sur les biais d’attribution : un impact encore limité

Dans la littérature internationale, plusieurs méta-analyses montrent que certaines difficultés liées à la compréhension des émotions et des intentions d’autrui (par exemple interpréter correctement ce que les autres pensent ou ressentent) ainsi que certaines tendances à interpréter les situations de manière biaisée jouent un rôle important dans le handicap au quotidien, au-delà des difficultés cognitives « classiques » (mémoire, attention, etc.).

Les programmes de remédiation de la cognition sociale améliorent nettement certaines de ces compétences. En revanche, leur impact sur certaines interprétations automatiques, notamment la tendance à percevoir de l’hostilité chez les autres (aussi appelé biais d’hostilité) reste limité.

Le programme RC2S a précisément été développé pour répondre à cet enjeu.

Un entraînement personnalisé, au plus près du réel

La remédiation cognitive est une approche thérapeutique qui vise à améliorer certaines fonctions cognitives altérées (mémoire, attention, raisonnement, cognition sociale) à travers des exercices répétés et progressifs. L’objectif n’est pas seulement de s’entraîner, mais de développer des stratégies transférables dans la vie quotidienne. L’étude compare ici deux de ces approches :

Le programme RECOS (Remédiation Cognitive pour la Schizophrénie ou un trouble associé) , centré sur les fonctions neurocognitives (mémoire, attention, flexibilité mentale)

Et le programme RC2S (Remédiation Cognitive de la Cognition Sociale), qui cible spécifiquement les processus de cognition sociale.

Le programme RC2S repose sur une approche individualisée, fondée sur une évaluation initiale approfondie des profils cognitifs et fonctionnels, et combine des séances papier-crayon, des exercices informatisés et des mises en situation et des mises en situation proches du réel via des avatars.

Le programme vise à apprendre à ne pas interpréter trop vite les intentions des autres, surtout dans des situations floues, et à envisager d’autres explications possibles. L’idée est de limiter les malentendus qui peuvent fragiliser les relations.

Cette étude présente le premier essai contrôlé randomisé évaluant l’efficacité du programme RC2S (c’est-à-dire une étude où les participants sont répartis au hasard entre différents groupes afin de comparer les effets du programme).

Des effets encourageants sur les biais d’attribution dans la schizophrénie

Cinquante et un patients présentant une schizophrénie ont été répartis de manière aléatoire entre RC2S (25 participants) et RECOS (n=26 participants). Des évaluations cliniques, du fonctionnement social et neuropsychologiques ont été réalisées au début de l’étude, à la fin du programme et à trois mois de suivi, en aveugle (c’est-à-dire que les évaluateurs ne savaient pas quel programme suivait chaque participant). Le critère principal mesuré était le score de biais d’hostilité.

Les résultats ne montrent pas de différence statistiquement significative entre les deux groupes dans l’évolution au fil du temps. Néanmoins, seule l’intervention RC2S est associée à une diminution significative du biais d’hostilité entre le début et la fin du programme, suggérant un effet potentiel spécifique sur cette dimension, historiquement difficile à modifier. L’interprétation demeure prudente, en raison du nombre limité de participants et de scores initiaux relativement faibles, qui réduisent la marge de progression observable .

Sur le plan symptomatique, les deux programmes s’accompagnent d’une amélioration globale. RECOS semble produire un effet plus marqué sur les symptômes positifs, tandis que RC2S est associé à une amélioration plus précoce des symptômes négatifs, dimension particulièrement déterminante pour le fonctionnement social.

Les deux groupes présentent également des gains dans le domaine du fonctionnement interpersonnel, mais RC2S se distingue par une amélioration du domaine « amis et activités » suggérant un impact possible sur l’engagement social élargi.

Contrairement à l’hypothèse initiale d’une stricte spécificité des effets, les améliorations cognitives observées ne sont pas exclusivement limitées au domaine ciblé par chaque programme, ce qui suggère l’existence de mécanismes thérapeutiques communs liés à l’intensité, à la structuration et à la personnalisation des interventions.

Vers une remédiation plus personnalisée

Cette étude souligne l’intérêt d’approches individualisées, adaptées au profil cognitif et social de chaque patient. Elle suggère également que les outils immersifs, comme les simulations avec avatar, pourraient favoriser le transfert des compétences vers la vie réelle.

Pour les chercheurs, ces travaux s’inscrivent dans une dynamique plus large : développer des interventions innovantes, scientifiquement validées et centrées sur les besoins fonctionnels des patients.

De futures recherches, sur des échantillons plus larges, permettront de préciser les bénéfices spécifiques de ce type de programme et d’envisager des applications dans d’autres troubles caractérisés par des difficultés de cognition sociale.

Améliorer la cognition sociale pour favoriser le fonctionnement social dans la schizophrénie - Centre Hospitalier Le Vinatier

11 avril 2026

[Ressources] : La plateforme de répit de l’ARSEA

La plateforme de répit de l’ARSEA, lieu ressources pour les aidants que vous êtes en tant que parents d’enfants en situation de handicap, souhaite mieux comprendre et connaître vos besoins et envies.

https://drive.google.com/file/d/1idq4vmhWz4Lt53PVuHVlLsIdrrKE9kN-/view?usp=sharing

A cette fin, elle réalise une enquête auprès de vous afin d’organiser des rencontres pour les parents aidants que vous êtes.

Et, elle vous invite à répondre à un questionnaire en ligne via le lien :

https://forms.gle/EioizQCL1yxo5Sys9

09 avril 2026

[Recherche] : Les organoïdes cérébraux et l’intelligence artificielle : de nouvelles perspectives pour le diagnostic de la schizophrénie et des troubles bipolaires

Rédigé par Océane Delvarre, scientifique et bénévole au pôle recherche

Publié le : 12 mars 2026

Diagnostiquer la schizophrénie et le trouble bipolaire reste aujourd’hui un défi majeur en psychiatrie. En l’absence de biomarqueurs biologiques fiables, les cliniciens s’appuient essentiellement sur l’observation des symptômes et les entretiens cliniques, avec un risque d’erreurs et de confusions entre pathologies.

Une équipe de chercheurs de l’université Johns Hopkins (Baltimore, États-Unis) propose une approche innovante : combiner des organoïdes cérébraux, parfois simplifiés en « mini-cerveaux » – des modèles cellulaires cultivés en laboratoire qui reproduisent certaines caractéristiques du tissu cérébral humain – avec des algorithmes d’intelligence artificielle pour identifier des signatures neuronales propres à chaque trouble. À terme, cette approche pourrait compléter les outils cliniques actuels, en apportant un appui au diagnostic.

La schizophrénie et la bipolarité, des troubles difficiles à diagnostiquer

Aujourd’hui, aucun examen biologique, aucune prise de sang ni aucun test d’imagerie ne permet de poser avec certitude un diagnostic de schizophrénie ou de trouble bipolaire. Ces pathologies reposent sur une évaluation clinique des symptômes, qui peuvent être proches d’autres maladies neurologiques ou psychiatriques. Cette complexité explique les erreurs diagnostiques fréquentes1.

Les organoïdes cérébraux : des modèles cellulaires 3D du cerveau humain

Pour dépasser ces limites, les chercheurs se tournent vers les organoïdes cérébraux. Cultivées en laboratoire à partir de cellules humaines reprogrammées (issues par exemple de la peau ou du sang), ces structures tridimensionnelles reproduisent certaines caractéristiques du cerveau, comme l’organisation de réseaux neuronaux et une activité électrique. Elles ne constituent toutefois ni un organe complet ni un cerveau fonctionnel.

Dans cette étude, les scientifiques ont généré des organoïdes mimant la composition en cellules du cortex préfrontal, une région cérébrale clé impliquée dans la planification, la prise de décision et la régulation des comportements. Ces organoïdes ont été produits à partir de cellules de personnes atteintes de schizophrénie, de trouble bipolaire, mais aussi de personnes sans trouble psychiatrique, servant de groupe contrôle, afin de comparer les résultats1;2.

Quand l’intelligence artificielle « écoute » l’activité neuronale

Les organoïdes ont été enregistrés à l’aide de microélectrodes capables de capter leur activité électrique. Ces signaux ont ensuite été analysés par des algorithmes de machine learning (apprentissage automatique), capables de reconnaître des motifs complexes invisibles à l’œil humain2.

Résultat : les chercheurs ont identifié des signatures électriques distinctes entre les organoïdes sains et ceux issus de patients atteints de schizophrénie ou de trouble bipolaire. Ces différences deviennent encore plus marquées lorsque les réseaux neuronaux sont stimulés par des impulsions électriques, mimant une forte sollicitation du cerveau2.

L’intelligence artificielle parvient ainsi à distinguer des organoïdes de patients schizophrènes de ceux de personnes saines2, en se basant uniquement sur leurs signatures électrophysiologiques. Dans certaines conditions expérimentales, la précision de classification atteint plus de 92 %.

Vers des signatures neuronales des maladies psychiatriques

Ces résultats suggèrent l’existence de véritables « signatures neuronales » propres à chaque trouble. À terme, cette approche pourrait compléter les outils cliniques actuels, en apportant un appui au diagnostic2.

Au-delà du diagnostic, ces organoïdes ouvrent la voie à une nouvelle forme de médecine personnalisée : il devient possible de tester différents traitements directement sur les organoïdes issus des cellules d’un patient, afin d’observer leur effet sur l’activité neuronale, sans risque pour la personne. L’objectif n’est plus seulement de traiter les symptômes, mais d’adapter les prescriptions aux réponses biologiques individuelles1,2.

Un enjeu majeur pour les neurosciences et la psychiatrie de demain : la médecine personnalisée

Cette recherche illustre une évolution des neurosciences : le passage d’une psychiatrie fondée uniquement sur l’observation des comportements à une approche intégrant des données biologiques et computationnelles. En combinant organoïdes cérébraux, intelligence artificielle et neurosciences, les chercheurs développent des outils capables de relier le fonctionnement des réseaux neuronaux aux troubles psychiques. À terme, ces approches pourraient transformer la prise en charge des maladies psychiatriques et neurodéveloppementales, en permettant des diagnostics plus fiables, des traitements mieux ciblés et une médecine plus personnalisée.
Sources
Published, R. M. C. /. Neural basis of schizophrenia and bipolar disorder found in brain organoids. The Hub https://hub.jhu.edu/2025/09/22/schizophrenia-bipolar-disorder-brain-organoids/ (2025).

Cheng, K. et al. Machine learning-enabled detection of electrophysiological signatures in iPSC-derived models of schizophrenia and bipolar disorder. APL Bioeng. 9, 036118 (2025).

Les organoïdes cérébraux et l’intelligence artificielle : de nouvelles perspectives pour le diagnostic de la schizophrénie et des troubles bipolaires - Fondation pour la Recherche sur le Cerveau

08 avril 2026

Se reconnecter aux autres après un épisode psychotique

Lesley McCuaig Mars 27, 2026

Un cercle de soutien solide est essentiel au rétablissement après un épisode psychotique. Malheureusement, certaines personnes constatent que leurs relations peuvent se tendre voire se briser pendant et après un épisode.
Aujourd'hui, Lesley McCuaig revient sur les étapes qui lui ont permis de réfléchir, de reconstruire et de se détacher de certaines relations après avoir vécu un épisode psychotique lié à la schizophrénie.


La psychose influence la façon dont nous traitons l'information. Elle peut nous pousser à voir, croire ou entendre des choses qui ne sont pas réelles.

Parmi les effets secondaires potentiels de la psychose figure la difficulté à entretenir des relations. Pourtant, si la schizophrénie (la maladie dont je suis atteinte) affecte indéniablement les aidants, les amis et la famille, certaines personnes peuvent parfois oublier qu'elle est également difficile à vivre pour la personne malade elle-même.

Lorsque les symptômes de la psychose s'atténuent, certaines de nos relations peuvent s'améliorer. Mais, il arrive que la tension provoquée par un épisode psychotique soit trop intense au point d’endommager la relation, même après l'atténuation des symptômes.

Il n'est jamais agréable de perdre des amis ou des proches. Bien que cela puisse faire mal, nous devons prendre le temps de faire le deuil de ces relations et essayer d'aller de l'avant.

Comment la psychose a affecté mes relations

La psychose m’a coûté plusieurs relations qui comptaient beaucoup pour moi. Je suis parvenue à en reconstruire certaines avec du temps et des efforts, mais d'autres sont restées définitivement perdues.

Est-il difficile pour moi de vivre aujourd’hui sans ces relations ? Pour être honnête... oui, parfois. Je réfléchis souvent à ce qu’étaient mes relations avant et après mon diagnostic de schizophrénie.

Cependant, j'ai souvent remarqué que les relations que j'ai perdues à cause de la psychose étaient fragiles ou montraient déjà des signes de toxicité avant même mon diagnostic de schizophrénie. En d'autres termes, ces relations n'étaient pas solides dès le départ.

Lorsque je traverse un épisode psychotique, je suis accaparée par « ma » réalité. Parmi les symptômes de ma psychose figurent les hallucinations auditives, à savoir le fait d’entendre des choses qui n’existent pas. Pourtant, tout ce que je vis pendant un de ces épisodes est authentique. C'est ma réalité propre, même si elle n'est pas perceptible pour les autres.

Parfois, la psychose trouble la capacité de jugement et de discernement, compromettant ainsi la possibilité d’entretenir des relations équilibrées. D’autres fois, la psychose peut entraîner des comportements qui paraissent étranges ou imprévisibles aux yeux des autres, comme le fait de parler à des personnes qui ne sont pas là. Ces symptômes et ces réactions peuvent m'empêcher d’entretenir avec mes amis, ma famille et mes aidants des relations conformes aux normes sociales.

De même, le manque de discernement, les comportements imprévisibles et le fait d’être déconnecté de la réalité peuvent rendre presque impossible le maintien de relations équilibrées pendant un épisode psychotique. C'est une expérience aliénante pour tout le monde.

Reconstruire après la perte et chérir ceux qui sont restés

La bonne nouvelle, c'est qu'avec un traitement approprié, les personnes peuvent sortir d'un épisode psychotique et commencer à reconstruire ce qui a été perdu. Le fait de disposer d’un cercle familial, d’amis et d’aidants auxquels ils peuvent faire confiance et sur lesquels ils peuvent compter joue un rôle clé dans le processus de rétablissement.

Parfois, en raison d’un manque de compréhension, de la stigmatisation ou de leurs propres difficultés personnelles, certaines personnes ne sont pas en mesure d'accompagner quelqu’un qui se rétablit d'une psychose. Je comprends comment et pourquoi cela peut arriver, mais je suis reconnaissante et attachée à celles et ceux qui n'ont pas laissé un épisode psychotique définir notre amitié.

Personne ne sort indemne d'un épisode de psychose. Souvent, l’après-crise nécessite un travail pour gérer les séquelles comme les traumatismes, la culpabilité et la honte.

3 façons de naviguer dans les relations affectées par un épisode psychotique

1. Prendre le temps de faire son deuil

Lorsque la psychose entraîne une rupture des relations, la personne affectée doit prendre le temps de faire son deuil.

C’est un temps de réflexion et d’introspection. Il est également utile d'en parler avec quelqu'un, comme un ami ou un professionnel.

2. Choisir d'aller de l'avant

Après le deuil, apprenez à aller de l'avant avec ceux que vous aimez et respectez. Faire le deuil d'une relation fait mal, mais affronter ces sentiments vous permet d'aller de l'avant avec ou sans elle.

3. Savoir quand lâcher prise

Apprendre à lâcher prise est peut-être l'une des plus grandes leçons que j'ai tirées de mon expérience, depuis que j'ai reçu mon diagnostic de schizophrénie. Je veux tourner la page sur la vie que j’avais autrefois et commencer à me fixer de nouveaux objectifs réalistes pour l'avenir.

Les relations peuvent être complexes avec ou sans schizophrénie, mais les miennes ont été aggravées et compliquées par dix années d'alcoolisme. Parfois, je me dis que c’est un miracle qu'il me reste encore un ami !

Mais avec du temps, de la patience, des efforts et de l'engagement, les relations peuvent survivre et s'épanouir au-delà de la psychose. Vous pouvez réapprendre à faire confiance, à rire et à aimer.

Le point à retenir : aller de l'avant

Bien que la psychose puisse être perturbatrice et décourageante pour les personnes atteintes de schizophrénie, elle n'a pas à définir qui nous sommes.

Les relations vont et viennent. Certes, il peut être décevant et décourageant de voir un aidant, un ami ou un membre de la famille s'éloigner au moment même où l'on est au plus mal, mais cela ne doit pas définir toutes nos relations. Avec une bonne observance du traitement, il est possible de mener une vie très épanouissante avec des relations qui comptent.

Certaines relations peuvent survivre à la psychose et en sortir renforcées.

Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.

Se reconnecter aux autres après un épisode psychotique

07 avril 2026

Faire face à la stigmatisation de la schizophrénie : surmonter la honte de soi, les stéréotypes et les mythes médiatiques

Lesley McCuaig MARS 27, 2026

La stigmatisation de la schizophrénie peut être l’un des aspects les plus difficiles à vivre pour les malades. Lesley McCuaig relève trois sources de stigmatisation : la honte de soi, les stéréotypes sociaux et les mythes médiatiques. Appelant à une plus grande sensibilisation aux maladies mentales sévères, elle espère que le partage de son expérience contribuera à dissiper ces idées fausses.

La schizophrénie est sans doute le trouble psychiatrique qui suscite la plus forte stigmatisation.

Je passe beaucoup de temps à militer et à évoquer mon expérience de la schizophrénie afin de lutter contre la stigmatisation dont elle pâtit. Mes interventions et mes écrits m'ont permis de constater que de nombreuses personnes ne comprennent pas ce qu’est la schizophrénie.

La stigmatisation de la schizophrénie résulte souvent d'un manque d'éducation sur le sujet. Les gens ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas, et la schizophrénie peut sembler effrayante au premier abord.

J'ai donc choisi de raconter mon histoire afin d’éveiller les consciences sur la réalité de la vie avec la schizophrénie. J’espère que mes écrits et la lecture d’autres articles sur le même sujet aideront à mieux comprendre ce trouble psychiatrique souvent méconnu et à réduire ainsi la stigmatisation dont il fait l’objet.

La stigmatisation de la schizophrénie chez les personnes récemment diagnostiquées

Avant que l’on me diagnostique une schizophrénie, je ne savais presque rien de cette maladie. Si j'avais eu les connaissances que j’ai aujourd'hui, le choc du diagnostic aurait sans doute été moins violent.

L'autostigmatisation peut constituer un défi majeur pour les personnes souffrant de schizophrénie. On y retrouve souvent la honte d'être atteint de la maladie. En ce qui me concerne, la stigmatisation sociale entourant la schizophrénie, combinée à l’autostigmatisation, m'ont empêchée de tendre la main et de demander de l'aide.

Je ressentais une profonde honte liée aux hallucinations auditives que j’entendais.

Les stéréotypes sur la schizophrénie peuvent cacher des vérités surprenantes

Stéréotype social n° 1 : « Seuls les sans-abri ont des hallucinations auditives »

L'idée ici est, je pense, que « seuls » les sans-abri ont des hallucinations auditives dues à la schizophrénie ou à d'autres troubles mentaux sévères.

Les recherches montrent que 5,5 % de la population américaine souffre d'une maladie mentale sévère, un taux qui atteint 31,4 % chez les sans-abri. La schizophrénie touche environ 1 % de la population générale, mais 20 % des sans-abri.

Malgré une prévalence plus élevée chez les sans-abri, ces derniers ne représentent qu'un faible pourcentage des personnes atteintes de schizophrénie. En effet, sur les 1 % de personnes atteintes de schizophrénie, la grande majorité ne vit pas dans la rue. Ces stéréotypes renforcent la stigmatisation des sans-abri et de la schizophrénie. Ils impliquent que les personnes atteintes de schizophrénie sont incapables de mener une vie stable et que le fait d’avoir un logement peut prévenir ou guérir la maladie.

Stéréotype social n° 2 : « Les hallucinations auditives sont toujours un signe de schizophrénie »

Les chercheurs estiment que 5 à 28 % de la population générale entend des voix ou d'autres sons sous forme d'hallucinations. Ces phénomènes peuvent avoir diverses origines, notamment des troubles liés à la perte auditive, sans lien avec la schizophrénie. 16 % des personnes souffrant de troubles de l’audition ont des hallucinations sonores.

Jusqu'à 70 % des personnes feront l’expérience d’hallucinations auditives au moins une fois dans leur vie au moment de l’endormissement ou au réveil. Il s'agit d'une forme d'hallucination courante.

Les études montrent également qu'environ 75 % des personnes atteintes de schizophrénie souffriront d’hallucinations auditives.

Dépasser la représentation de la schizophrénie dans les médias

Mythe médiatique n° 1 : Les personnes atteintes de schizophrénie sont violentes

La stigmatisation de la schizophrénie est souvent entretenue par les représentations véhiculées par la presse, la radio ou le cinéma, notamment l’idée selon laquelle les « personnes atteintes de schizophrénie commettent des actes violents ».

En réalité, la plupart des personnes atteintes de troubles psychotiques ne commettront jamais d'acte de violence. Les études montrent que moins de 10 % des crimes violents commis au sein de la société peuvent être attribués à la schizophrénie.

De fait, selon certaines études, les personnes atteintes de schizophrénie sont 14 fois plus susceptibles d'être victimes d'un crime violent que d'en être les auteurs.

La stigmatisation peut avoir un effet paralysant sur la vie d'une personne. Cela peut entraîner notamment l’isolement social, une baisse de l'estime de soi, une détérioration des relations, une réduction des opportunités en matière d'emploi et de logement, et constituer un frein majeur à la recherche de soins, ce qui allonge les délais de prise en charge.

Qu'est-ce que la schizophrénie ? Il s'agit d'un trouble psychiatrique qui affecte les pensées, les émotions et les comportements d’une personne. Certains des premiers signes d'alerte sont de voir ou d’entendre quelque chose qui n'existe pas, d’avoir parfois une pensée désorganisée (symptômes positifs), de manquer de motivation pour effectuer ses activités quotidiennes (symptômes négatifs).

Lorsque l’on décrit les symptômes de la schizophrénie, le terme « positif » n'a pas la même signification que celle que nous lui attribuons habituellement. Les symptômes positifs sont des expériences qui s'ajoutent à l’état mental normal d'une personne, comme les hallucinations ou les troubles délirants. En revanche, les symptômes négatifs sont des pertes ou diminutions de fonctions psychologiques normales d'une personne, affectant sa motivation, ses interactions sociales et l’expression de ses émotions.

Mythe médiatique n° 2 : La schizophrénie est un dédoublement de la personnalité

La schizophrénie n'est pas synonyme de dédoublement de la personnalité, de personnalités multiples ou de troubles dissociatifs.

Au contraire, une personne atteinte de schizophrénie peut avoir des difficultés à prendre des décisions, à distinguer la réalité de l'imaginaire, ou encore à exprimer et gérer des émotions normales. Les symptômes peuvent varier d'une personne à l'autre.

Le point à retenir

La stigmatisation peut avoir un impact profond sur une personne atteinte d'une maladie, en altérant non seulement l'image qu’elle a d’elle-même mais aussi celle que la société lui renvoie.

Ainsi, pour contribuer à réduire la stigmatisation de la schizophrénie et celle associée aux maladies mentales sévères, je vous invite à vous informer et à sensibiliser votre entourage. Vous pouvez commencer par écouter des podcasts, lire des articles sur Internet ou regarder des vidéos sur YouTube. Si vous avez des enfants, vous pouvez les sensibiliser à la santé mentale dès leur plus jeune âge.

Nous sommes nombreux à nous mobiliser pour défendre les personnes atteintes de maladies mentales sévères telles que la schizophrénie. Ne laissez pas notre combat rester sans écho.

Ce témoignage et les informations présentées ont une visée pédagogique et ne constituent pas des conseils spécifiques pour l'évaluation, la gestion ou le traitement d'une quelconque pathologie.

Schizophrénie : comprendre et surmonter la stigmatisation, les stéréotypes et la honte

03 avril 2026

Les directives anticipées en psychiatrie (DAP) : qu'est-ce que c'est ?

L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) publie deux nouvelles ressources pour accélérer le déploiement des Directives anticipées en psychiatrie (DAP) : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Encore peu déployées dans les établissements malgré des bénéfices démontrés, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) constituent un levier majeur pour améliorer les parcours de soins et renforcer les droits des usagers.

Dans la continuité de sa webconférence de juillet 2025, l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) en collaboration avec le « Collectif national pour le déploiement des Directives Anticipées en Psychiatrie (DAP) » publie deux nouvelles ressources pour accélérer leur déploiement : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Ces outils sont destinés aux directions d’établissement, CME, Commission de Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques, encadrements médicaux, paramédicaux et socio-éducatifs.

Outils reconnus de santé publique, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) contribuent à prévenir les situations de crise, à renforcer l’alliance thérapeutique et à réduire les hospitalisations sans consentement (–23 à –25 %). Elles permettent également de diminuer le recours à l’isolement et à la contention.
Pourtant, malgré ces bénéfices démontrés, leur mise en oeuvre reste inégale, peu structurée et souvent marginale dans les pratiques. Les freins sont multiples : manque d’outillage, absence de pilotage institutionnel, formation insuffisante des professionnels, difficulté à intégrer le savoir expérientiel des personnes concernées et à mesurer l’impact réel du déploiement.

Un partage de trois retours d’expérience

Le webinaire et le guide de l’Anap ont pour objectif de mettre en lumière les leviers d’un déploiement réussi à travers 3 outils consolidés de mesures ou directives anticipées en psychiatrie :– DAiP (Directives anticipées incitatives en psychiatrie) : cet outil est déployé au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences. Son déploiement s’appuie sur un engagement fort de l’établissement, un pilotage structuré, la formation des équipes et l’intégration dans le dossier patient.

Deux dates pour le webinaire :
15 avril de 13h à 14h

02 avril 2026

[Polémique] : Santé mentale : les "centres experts", ligne de fracture entre psychiatres

Cela fait des mois que le sujet des « centres experts » monte dans les rangs des psychiatres, fracturant une communauté habituée à donner de la voix. Samedi 28 mars, un collectif de professionnels, le Printemps de la psychiatrie, veut relancer le débat et « alerter l’opinion », alors qu’il fait partie des détracteurs du modèle, à l’occasion d’une journée de conférences, à Paris, sur le thème : « Expertiser n’est pas soigner. Quelle(s) psychiatrie(s) pour demain ? »

Derrière cette question sont ciblés les 54 centres spécialisés dans le diagnostic et la recherche coordonnés par FondaMental, une fondation de coopération scientifique, de droit privé, créée en 2007 et dévolue à la santé mentale, avec des institutions comme l’AP-HP ou l’Inserm. Ces centres, qui traitent de quatre grandes pathologies (bipolarité, schizophrénie, dépression résistante et troubles du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle), proposent aux patients des bilans « pluridisciplinaires spécialisés, exhaustifs et standardisés », suivis de recommandations de prise en charge. En vingt ans, quelque 20 000 patients, adressés par d’autres médecins (généralistes, psychiatres), ont ainsi pu être évalués.

Si, d’un côté, leurs partisans défendent une « psychiatrie de précision », adossée à des centres hospitaliers universitaires (CHU), de l’autre, leurs opposants attaquent un échelon « déconnecté » des soins et du terrain. Et le débat a pris une tournure politique : une proposition de loi prévoyant d’inscrire ces centres experts dans le code de santé publique a été adoptée en première lecture au Sénat, le 16 décembre 2025. Portée par le sénateur Les Républicains du Vaucluse Alain Milon (ex-administrateur de la fondation), elle est venue exacerber les tensions, même si, à date, elle n’est pas inscrite à l’agenda de l’Assemblée nationale.

« Experts à distance »

Plusieurs organisations du secteur (Syndicat des psychiatres des hôpitaux, Association nationale des psychiatres, présidents et vice-présidents de commission médicale d’établissement des centres hospitaliers…) ont émis d’importantes réserves sur ce texte qui permettrait aux centres experts de sortir de leur statut expérimental, pour intégrer un « troisième » niveau de « recours » en psychiatrie. Celui-ci viendrait s’ajouter à un premier niveau (médecins généralistes, professionnels de ville…), et à un second niveau (centres médico-psychologiques, établissements hospitaliers).

Santé mentale : les « centres experts », ligne de fracture entre psychiatres - Mahalsa France

01 avril 2026

Aides sociales : ce qui change en 2026

La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026.

Elle revalorise les aides sociales à hauteur de l’inflation (+0,9 %) au 1er avril 2026. Sont concernés :

- le RSA (Revenu de solidarité active) qui passe à 653,33 euros par mois,
- l'AAH (Allocation aux adultes handicapés) qui passe à 1 042,62 euros par mois,
- l'APL (Aide personnalisée au logement), dont le montant varie selon la situation des ménages,
- les allocations familiales, dont les montants varient selon la situation des ménages.

Évaluez vos droits à des prestations sociales en quelques clics | economie.gouv.fr

31 mars 2026

Santé mentale : la grande cause à l’oeuvre

La Grande Conversation fait le bilan de la première année Grande cause nationale santé mentale avec Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale de l'Alliance pour la Santé Mentale qui a porté, aux côtés du Collectif « Santé mentale Grande cause nationale », un plaidoyer pour faire de la santé mentale la Grande cause nationale de 2025 et 2026.

La première année de Grande cause nationale a permis une meilleure visibilité du sujet auprès du grand public, ainsi que l’émergence d’un collectif d’acteurs du champ de la santé mentale qui porte une vision transversale de la santé mentale, touchant toutes les sphères de la société au-delà du sanitaire : école, travail, universités… Enjeu majeur de société, la santé mentale pâtit encore au début de cette deuxième année de Grande cause nationale d’un manque de moyens et de mobilisation des pouvoirs publics...

Santé mentale : la grande cause à l’œuvre - La Grande Conversation

28 mars 2026

Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

À l’entrée en prison, de nombreuses personnes détenues présentent des marqueurs de vulnérabilité psychique, tels qu’un passé de troubles psychiatriques ou d’addictions. De nouveaux travaux révèlent que les semaines qui suivent cette période sont des moments clés en matière de prévention du suicide et de sevrage. Ils indiquent aussi que, si la prévalence des troubles psychiatriques semble globalement stable au cours de l’incarcération, les situations varient largement d’une personne à l’autre.

S’il est bien établi que les troubles psychiatriques sont surreprésentés dans les prisons françaises, aucune recherche n’avait jusqu’à présent suivi l’évolution de la santé mentale en milieu carcéral.

C’est à cette lacune que répond l’étude « Épidémiologie psychiatrique longitudinale en prison » (EPSYLON) menée entre 2022 et 2025 dans près d’une dizaine de maisons d’arrêt. Voici ses conclusions.

Une vulnérabilité majeure dès l’entrée en détention

Ce projet national s’est appuyé sur une enquête sociologique et une étude épidémiologique menée en trois temps de mesure, auprès de 1 000 personnes détenues au sein de sept établissements pénitentiaires répartis sur quatre directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP). Pour ce volet quantitatif, toutes les personnes entrantes dans les établissements qui ont fait l’objet de l’enquête ont été successivement incluses (entre janvier et juillet 2024 pour les hommes, et entre janvier et septembre 2024 pour les femmes). Elles ont ensuite bénéficié de trois entretiens d’évaluation de leur santé mentale avec des enquêtrices indépendantes (à l’entrée en prison, à trois mois et à neuf mois).

Le premier résultat marquant de l’enquête réside dans les multiples marqueurs de vulnérabilité identifiés dès l’entrée en prison. À l’arrivée en détention, plus des deux tiers des répondants présentent un trouble psychiatrique ou addictologique, actuel ou passé. Plus d’un répondant sur dix a déjà été hospitalisé en psychiatrie et la quasi-totalité des personnes interrogées a été exposée à des évènements potentiellement traumatiques.

Cette vulnérabilité s’accompagne de niveaux élevés de précarité sociale : une personne sur deux vivait hors logement personnel avant l’incarcération et 30 % des répondants étaient au chômage. À cela s’ajoutent des parcours judiciaires précoces, 27 % des personnes ayant connu au moins une mesure pénale durant leur minorité.

Une apparente stabilité qui cache une réalité contrastée

Dans l’ensemble, notre étude met en évidence une relative stabilité de la prévalence des troubles psychiatriques en maison d’arrêt au cours du temps : à chacun des temps de mesure – à l’entrée, à trois mois et à neuf mois – environ 40 % des personnes évaluées présentent un trouble psychiatrique ou addictologique actuel.

Seules les prévalences du risque suicidaire et des addictions diminuent au cours des trois premiers mois de détention. Ces risques restent cependant particulièrement élevés, y compris après les premiers mois de détention, tout comme les niveaux des troubles psychiques.

Ce phénomène semble traduire les difficultés spécifiques de l’entrée en prison. Il souligne combien cette période constitue un moment clé du parcours carcéral, appelant une vigilance accrue en matière de prévention du suicide et de prise en charge du sevrage.

Ce constat est largement étayé par le volet qualitatif de notre enquête, qui montre que l’entrée en détention est vécue comme une expérience profondément déstabilisante, tant du fait des ruptures qu’elle génère dans les parcours biographiques des personnes détenues que des conditions d’incarcération au sein du quartier nouveaux arrivants, systématiquement décrites comme particulièrement éprouvantes.

Par ailleurs, l’apparente stabilité de la fréquence des troubles au cours de la détention masque en réalité des trajectoires individuelles extrêmement variées, marquées par des améliorations ou des dégradations de la santé mentale.

Ces résultats peuvent être interprétés à la lumière de facteurs propres à l’environnement carcéral. Le sentiment d’isolement évoqué par un tiers des répondants est par exemple associé à une détérioration de la santé mentale. Il en est de même pour l’expérience de violences en détention, rapportée par un participant sur cinq.

Notre enquête met également en évidence l’insuffisance de l’accès au travail, à une formation ou à des activités, alors même qu’il s’agit d’un déterminant de la santé mentale bien identifié en milieu pénitentiaire.

Quelles pistes d’amélioration ?

Alors que le ministère de la Justice a annoncé en début d’année vouloir mettre en place des établissements pénitentiaires consacrés à l’accueil des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques, notre enquête montre à quel point l’environnement carcéral peut être délétère pour la santé mentale.

Nos résultats permettent d’envisager plusieurs axes d’amélioration, respectueux des grands principes éthiques du soin en prison. Il apparaît indispensable d’accompagner l’entrée en prison, d’améliorer les conditions de détention et d’optimiser l’accès aux soins en milieu pénitentiaire afin de garantir une qualité de soins équivalente à celle offerte en population générale.

Pour autant, ces mesures, seules, ont toutes les chances de s’avérer insuffisantes dans un contexte où les prisons françaises font face à une surpopulation carcérale inédite. Au-delà des soins en prison, il importe donc de repenser l’amont en luttant contre les inégalités sociales de santé afin d’améliorer le dépistage et la prise en charge des troubles psychiatriques, mais aussi faciliter l’orientation des personnes souffrant de troubles sévères vers des dispositifs sanitaires.

Cet article a été co-rédigé par Kevin D'Ovidio, épidémiologiste statisticien, Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France (F2RSM Psy).

Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

27 mars 2026

Un de vos proches présente un problème de santé mentale ? Aidez-nous à comprendre votre expérience.

L’objectif de l’étude PSY-AID, menée au sein de l’Université Paris Cité, est de mieux comprendre comment les proches s’adaptent aux problèmes de santé mentale d’un membre de leur entourage, la vision qu’ils ont de ces difficultés mais aussi de leurs conséquences.

Les proches de personnes présentant des troubles psychiatriques sont une de leurs principales sources de soutien face à la maladie. Ce soutien est d’autant plus important dans les moments de crise et notamment, lors de l’hospitalisation. Pourtant, peu de travaux se sont intéressés à l’impact de cette prise en charge sur les proches.

L’objectif de l’étude PSY-AID est donc d’explorer le vécu des proches de patients présentant un trouble psychiatrique et notamment, d’investiguer l’impact de l’hospitalisation sur leur ajustement psychologique. Plus précisément, il s’agit :

- d’explorer les facteurs impliqués dans l’adaptation psychologique des proches de patients : âge/genre ; statut du proche (frère, mère, ami(e)…) ; type et ancienneté du trouble psychiatrique ; niveau d’autonomie du patient ;

- de déterminer la charge liée à l’hospitalisation dans le vécu des proches ;

- d’explorer le rôle des modalités d’hospitalisation dans l’adaptation psychologique des proches : hospitalisation libre ou sous contrainte ; à temps complet ou temps partiel ; durée de l’hospitalisation ; motif de l’hospitalisation…

Cette étude comparative sera menée auprès d’un minimum de 600 proches de patients, âgés de 18 à 70 ans, dont un membre de leur entourage (âgé d’au moins 14 ans) a fait l’objet d’un suivi par un professionnel de santé mentale ou d’une hospitalisation pour motif psychiatrique au cours des trois dernières années. Les participants rempliront de façon anonyme un questionnaire en ligne et seront invités à contacter les organisateurs de la recherche pour participer à un entretien visant à partager leur expérience.

Les résultats permettront de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les proches de personnes présentant des problèmes de santé mentale mais aussi leurs ressources et les processus psychologiques impliqués dans leur adaptation à la maladie. À terme, il s’agit de proposer des pistes aux professionnels de la santé et du médico-social pour mieux accompagner les proches de patients.

Les inclusions se dérouleront jusqu’en décembre 2026 et les premiers résultats seront publiés à partir de septembre 2027.

Informations détaillées sur l’étude : https://lpps.u-paris.fr/participer-aux-recherches-et-activites/appel-a-participation/

Un de vos proches présente un problème de santé mentale ? Aidez-nous à comprendre votre expérience - Santé Mentale

26 mars 2026

Pénurie de quiétapine : la directrice générale du LEEM fait le point sur la situation

Christophe Gattuso, 20 mars 2026

Phénomène international qui touche particulièrement plusieurs pays d’Europe, les tensions d’approvisionnement en quiétapine, rencontrées depuis plus d’un an préoccupent l’agence européenne du médicament (EMA), qui suit de près la situation.

En France, les autorités sanitaires se mobilisent également depuis 2024 pour faire face au risque de pénurie des médicaments contenant de la quétiapine, prescrits en France dans plusieurs types de troubles psychiques durables : la schizophrénie, le trouble bipolaire et certaines dépressions.

« Des difficultés persistent pour la quétiapine 400 mg à libération prolongée et pour le Téralithe 250 mg, observait l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué, le 5 février 2026. Néanmoins, de manière générale, la situation se stabilise suite aux améliorations des derniers mois. La reconstitution progressive des stocks se poursuit pour la plupart des psychotropes. »

Lors du Congrès de l’Encéphale, le 21 janvier, Laurence Peyraut, directrice générale du LEEM, syndicat des entreprises du médicament, est revenue sur les raisons de ces tensions et a expliqué comment les laboratoires pharmaceutiques s’organisaient pour y faire face et garantir l’accès aux traitements concernés.

Une concentration de la production problématique

Les importantes difficultés d’approvisionnement qui sont allées jusqu’à des ruptures de stocks sont consécutives à un arrêt partiel de l’activité de l’usine Pharmathen International, en Grèce, qui fournit, en temps normal, 60 % de la quétiapine distribuée en France. Lié à un défaut qualité, cet arrêt a démarré en juillet 2024 et a duré plusieurs mois. Il faudra encore plusieurs mois pour reconstituer les stocks. L’EMA s’attend à ce que les difficultés persistent jusqu’au milieu de l’année 2026.

« La concentration de la production auprès d’un acteur fragilise la chaîne du médicament », analyse Laurence Peyraut. Les difficultés rencontrées par l’usine grecque Pharmathen a eu un effet « boule de neige » sur les pénuries. Les laboratoires, les pharmaciens et les médecins essaient de trouver des solutions alternatives en attendant que la situation s'améliore. « Cela reporte des situations de pénurie sur les traitements alternatifs, puisque cela augmente la demande sur un traitement. Une tension naturelle en découle », poursuit la DG du LEEM.

Une forte pression sur les prix

Les entreprises pharmaceutiques ont travaillé étroitement avec l'ANSM pour trouver des solutions palliatives le temps que la chaîne de production se remette en marche.

« Nous avons interdit les exportations, activé des mécanismes de solidarité européenne voire des mécanismes de solidarité entre les laboratoires, mis en place la dispensation à l’unité, la préparation magistrale et essayé de trouver des solutions de remplacement, indique Laurence Peyraut. Et même si ce n'est pas souhaitable, on a arrêté les procédures d'initiation en attendant que les solutions se remettent en marche. »

La psychiatrie est particulièrement exposée aux pénuries car les innovations de rupture sont extrêmement difficiles, observe par ailleurs la responsable du LEEM. « Par nature, le prix des médicaments baisse et l’innovation incrémentale, [qui consiste à faire évoluer le produit ou service sans en changer ses caractéristiques fondamentales, NDLR], n'est pas valorisée, poursuit Laurence Peyraut. C’est un problème ».

La pression très importante sur les prix dessert la France « qui a aujourd'hui les prix les plus bas en Europe, cela installe une concurrence malsaine entre les pays. »

Cette pression sur les prix entraîne une difficulté à alimenter le marché, comme on a pu le voir en période de pandémie. Le Pr Antoine Pelissolo, chef de la psychiatrie au CHU Henri-Mondor de Créteil, déplorait cette situation, il y a quelques mois, dans nos colonnes : « Etant donné que ces produits sont vendus à un prix inférieur en France, les laboratoires préfèrent les commercialiser dans des pays où les marges sont plus élevées. Cela pose un problème de souveraineté puisque nous n'avons pas de contrôle sur la situation », observait-il.

Les prix bas poussent les industriels à essayer de trouver des modes de production les plus performants possibles, ce qui a amené la France à concentrer la production de quiétapine dans l’usine Pharmathen, en Grèce.

L’enjeu d’une souveraineté sanitaire européenne

Laurence Peyraut observe par ailleurs que 80% de la recherche clinique est faite hors Europe, essentiellement aux Etats-Unis et en Asie. La prise de position très agressive de Donald Trump exprimée à Davos, pendant le congrès de l’Encéphale, ajoute à ce « problème géopolitique du médicament ». « Le sujet de la souveraineté sanitaire doit être porté par l'Europe », estime Laurence Peyraut

« Il y a urgence à recapitaliser le médicament, mais aussi le soin pour les patients », poursuit la directrice du LEEM. D’autant que les Français vieillissent - nous sommes aussi nombreux à plus de 65 ans que les moins dans 25 ans. En outre, un quart des jeunes souffriraient de symptômes dépressifs depuis les années COVID.

Face au risque de pénuries de médicaments, les industriels ont lancé en mars 2021 la plateforme TRACStocks pour optimiser l'information sur les ruptures de stocks de médicaments et les anticiper autant que possible. Les laboratoires ont également signé une charte d'engagement dans le cadre de la feuille de route pénurie avec le gouvernement pour trouver des solutions. La mise en place de stocks de sécurité votée par les parlementaires est en revanche une « fausse bonne idée » selon Laurence Peyraut.

« Il est logique de vouloir mobiliser des stocks, notamment si demain, nous avons de nouveau des conflits armés sur le territoire. Mais vouloir faire des stocks de sécurité, c’est avoir du stock partout et des produits nulle part ! Aucune étude n'a démontré que cela règle les problèmes. » En dépit de ce programme volontariste, « six antipsychotiques de dernière génération sont disponibles dans d'autres pays européens et pas en France », déplore Laurence Peyraut.

Devant le parterre de psychiatres réunis au congrès de l’encéphale, la DG du LEEM a affirmé qu’il fallait « absolument revaloriser la psychiatrie en France et accélérer la recherche fondamentale pour trouver des solutions ». « Il faut continuer à investir, reconnaître la valeur de l'innovation même incrémentale, et tout faire pour redonner accès à l'innovation en France », a-t-elle conclu.

Pénurie de quiétapine : le point sur la situation

25 mars 2026

Combien coûte la schizophrénie en France ?

À l'occasion des Journées mondiales de la Schizophrénie, qui se déroulées jusqu'au 21 mars, Asterès publie son étude portant sur le coût de la Schizophrénie en France, réalisée par Maëva Robart.

Asterès estime que le coût total de la Schizophrénie s’élève à 6,4 Mds€ (milliards) par an, se distinguant par un profil de coût atypique où le volet socio-économique (4,8 Mds€) surpasse largement le coût médical (1,6 Md€).

24 mars 2026

[Alsace] : Wittenheim - Les résidents des Tulipiers reçus à Angoulême, leur BD récompensée

La résidence wittenheimoise Les Tulipiers accueille des personnes en situation de handicap psychique. Chaque année, quelques résidents envoient leur BD commune dans le cadre du Prix Hippocampe. Adossé au Festival d’Angoulême, ce prix récompense les meilleures bandes dessinées dans différentes catégories. Pour la première fois, certains résidents se sont déplacés pour recevoir le trophée.

Leur dernière récompense datait de 2022. La résidence Les Tulipiers, qui héberge des personnes schizophrènes, bipolaires ou atteintes d’autres troubles psychiques, participe chaque année depuis 2019 au prix Hippocampe, relié au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Primé dans la catégorie « foyer », le groupe de dessinateurs a pu se rendre sur place afin de se voir remettre le prix en main propre.

Pour le foyer Les Tulipiers et ses hôtes, pouvoir se déplacer en personne à Angoulême est d’abord un symbole. Preuve que l’art, utilisé comme un outil thérapeutique, est capable de faire triompher le collectif. Leur bande dessinée intitulée Une invention imprévue, lauréate cette année, permet aussi à sa manière, de faire changer le regard sur le handicap psychique.

Un projet de longue durée

C’est dans le cadre des activités proposées par la résidence que le collectif de quatre dessinateurs a imaginé leur bande dessinée avec Delphine Colé, chargée d’activités pour l’établissement. Thème imposé pour cette édition angoumoisine : « Ma plus belle invention ». Peu à peu, le groupe est parvenu au sujet de leur BD : dessiner sur une invention imprévue, en s’inspirant de la légendaire recette de la tarte tatin créée par mégarde.

Aboutissement de plusieurs mois de travail acharné, Christophe, Carine, Amar et Nuray ont chacun à leur manière participé à la conception de la BD. « Tout le monde y a mis son petit grain de sel et on a construit l’histoire ensemble », précise Delphine Colé. Les résidents se réunissaient généralement une fois par semaine, une initiative qui crée de l’engagement et une cohésion au sein du groupe.

Sortir de sa zone de confort

Au début du projet artistique, tous n’étaient pas familiers avec la bande dessinée ou les arts plastiques. Amar, par exemple, a dû sortir de sa zone de confort pour contribuer à l’activité : « On m’a un peu forcé au départ à faire le projet de cette année ! Je n’avais pas un bon niveau en arts plastiques, alors forcément je me mettais des barrières », explique-t-il en souriant. « Nuray est sortie de sa zone de confort car elle n’a jamais fait de dessin », assure aussi la chargée d’activités.

Carine regarde régulièrement des « petits tutos sur YouTube » pour s’améliorer continuellement, elle laisse son art s’exprimer sur différents supports exposés dans sa chambre. Christophe, lui, avait bien une base, il dit « avoir fait de petites études à Paris ». Entendez les Beaux-arts de Paris. Il y a bien eu quelques difficultés : une « écriture à main levée, un peu difficile » pour Carine ou la difficulté à concilier les différents styles de chacun. Les résidents ont notamment utilisé le décalquage.

Un premier déplacement en personne

Lors de leur dernière victoire dans cette catégorie en 2022, la pandémie avait empêché l’organisation du festival. Le collectif n’avait donc pas pu se déplacer. Avec le soutien de la direction de l’établissement, c’est désormais chose faite. « On est arrivés au bout de 6 ou 7 heures de route. On est allé au musée de la bande dessinée, où les prix étaient distribués, ils ont accroché notre bande dessinée dans une grande salle. Après, on a dû s’exprimer. On s’est même fait quelques pizzas », raconte avec enthousiasme Christophe.

La récompense a surpris l’ensemble du collectif à commencer par Amar. « J’étais content, étonné, ça fait plaisir », affirme-t-il. Carine a été très touchée par la cérémonie : « Je dois dire qu’on y comptait. On y a vraiment mis toute notre âme. […] On avait des frissons, c‘était magnifique, on nous applaudissait, on nous a laissés parler au micro. C’était trop bien ! Un peu impressionnant aussi, forcément », confie-t-elle.

Une reconnaissance valorisante

Au quotidien, les résidents ont fini par y prendre goût. « Ça nous a donné un but, on a beaucoup d’activités, mais il n’y en a pas une qui soit aussi nécessaire que la BD. C’est prenant. », juge Carine. Pour Amar, recevoir le prix était « gratifiant ». Pour Delphine Colé, le prix est également une reconnaissance qui fait triompher le collectif : « En s’appuyant sur les autres, on arrive à créer et remporter un prix, c’est juste énorme ! », s’exclame la chargée d’activités.

L’expérience a permis de faire changer le regard sur le handicap. D’un point de vue extérieur, certes, mais aussi des résidents sur eux-mêmes. Une évolution remarquée par Delphine Colé, qui les a accompagnés au long de l’aventure : « Christophe, en tant qu’artiste avec son identité, a dû la mettre un peu de côté au profit du collectif. Amar, c’est une belle surprise, il s’est beaucoup amélioré et est à l‘écoute. Carine est une révélation chaque année, elle progresse en tant qu’artiste de son côté et elle revient chaque année avec de nouvelles approches au niveau de la colorisation. D’un point de vue technique, elle me dépasse presque », constate celle qui a les accompagnés tout au long du projet. « C’est une expérience, une aventure incroyable et irremplaçable qu’on n’oubliera jamais », complète l’ancien élève des Beaux-arts de Paris.

Wittenheim. Les résidents des Tulipiers reçus à Angoulême, leur BD récompensée

23 mars 2026

Schizophrénie et trouble bipolaire I : la FDA valide la milsapéridone (Bysanti)

Stéphanie Lavaud, 19 mars 2026

Les autorités américaines de régulation du médicament ont validé la milsapéridone (Bysanti), un traitement de première intention pour le traitement aigu des épisodes maniaques ou mixtes associés au trouble bipolaire I, également indiqué pour le traitement de la schizophrénie chez les adultes, a annoncé Vanda Pharmaceuticals dans un communiqué[1].

Bioéquivalence avec l’ilopéridone

La milsapéridone appartient à la classe des antipsychotiques atypiques. Cette nouvelle entité chimique se transforme rapidement en ilopéridone, fournissant ainsi deux molécules actives qui agissent en tandem en antagonisant les récepteurs D2 de la dopamine, 5-HT2A de la sérotonine et alpha1-adrénergiques afin de moduler les voies clés dans ces troubles. Son profil de sécurité correspond étroitement à celui établi pour l'ilopéridone.

De fait, l'autorisation de mise sur le marché délivrée par la FDA s'appuie sur des études cliniques qui ont démontré que la milsapéridone agissait de la même manière que l'ilopéridone, un antipsychotique atypique déjà étudié et autorisé. Ces études ont montré que Bysanti était bioéquivalent à l'ilopéridone sur toute la gamme posologique. Les études de bioéquivalence ont également confirmé que Bysanti est absorbé et utilisé par l'organisme de la même manière que l'ilopéridone, dont le profil de sécurité est étayé par les données issues d'essais menés auprès de milliers de personnes et de plus de 100 000 années-patients d'utilisation dans le monde réel.

Dans les études sur la schizophrénie, les effets secondaires les plus courants étaient les suivants : vertiges, bouche sèche, fatigue, nez bouché, somnolence, accélération du rythme cardiaque, hypotension artérielle en position debout (hypotension orthostatique) et prise de poids [2].

Dans les études sur la manie bipolaire, les effets secondaires courants comprenaient une accélération du rythme cardiaque, des vertiges, une bouche sèche, une augmentation des taux d'enzymes hépatiques dans les analyses sanguines, un nez bouché, une prise de poids, une hypotension artérielle et une somnolence.

À l’étude dans le trouble dépressif majeur résistant au traitement.

20 mars 2026

Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie

Des travaux récents explorent comment certaines signatures génétiques du placenta, influencées par l’environnement prénatal comme l’exposition au THC, pourraient moduler la vulnérabilité psychiatrique ultérieure. Ces données interrogent la prévention dès la grossesse et ouvrent la voie à un repérage biologique précoce des trajectoires à risque.

La schizophrénie apparaît souvent à l’adolescence, après des années de développement cérébral silencieux. Les chercheurs cherchent désormais ses origines bien avant les premiers symptômes. Des travaux récents déplacent le regard vers la période prénatale.Ils interrogent le rôle du placenta, organe clé des échanges entrela mère et le fœtus.

Une équipe de la Western University et du Children’sHospital of Eastern Ontario a publié dans Biology of Reproduction* desrésultats sur l’exposition prénatale au THC. Ces travaux examinentcomment certaines signatures génétiques placentaires pourraientsignaler un risque accru de schizophrénie. Cette piste reliefacteurs environnementaux, expression des gènes et vulnérabilitépsychiatrique future, dès la naissance.

*Identifying established human placental markers of schizophrenia in rodents after gestational ∆9-tetrahydrocannabinol exposure† | Biology of Reproduction | Oxford Academic

Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie - Science et vie

19 mars 2026

Les Héros de Notre Temps 2026 : savoir agir face aux troubles mentaux avec PSSM

L'association Premiers secours en santé mentale (PSSM) présidée par Muriel Vidalenc déploie en France une formation reconnue au niveau mondial pour permettre à chacun de devenir secouriste en santé mentale.

L'ambiance est à la fois studieuse et décontractée dans la salle de cours du Greta (formation pour adultes) de Saint-Germain-en-Laye (78) en cette mi-décembre. La douzaine d'étudiants de 30 à 62 ans, réunis en groupe de 3 ou 4, alternent mises en situation et apports plus théoriques, animés par Corinne Geoffroy. Cette formatrice professionnelle, qui travaille aussi sur le burn-out ou la gestion du stress, est agréée PSSM (Premiers secours en santé mentale) et conduit ces adultes vers une attestation de secouriste en santé mentale.

La méthode est très reconnue à l'échelle internationale; elle a vu le jour en Australie en 2000 et a été d'abord popularisée dans les pays anglo-saxons. L'association PSSM France, fondée en 2018, est garante dans notre pays de cette formation adaptée au contexte français. Elle donne aux individus "les connaissances, les compétences et la confiance nécessaires pour soutenir un ami, un membre de la famille ou un collègue confronté à un problème de santé mentale ou à une crise". Elle est délivrée partout en France par près de 2000 formateurs eux-mêmes expressément formés; 250.000 personnes l'ont déjà suivie.

Des formations sur deux jours

"Il s'agit d'un projet citoyen, indique Muriel Vidalenc, présidente de l'association. Comment, sans se substituer à un professionnel, être capable d'Approcher, d'Ecouter, de Réconforter, d'Encourager à consulter et de Renseigner sur les ressources disponibles". Les initiales de ces cinq démarches forment l'acronyme AERER et structurent les formations délivrées sur 2 jours.

"Nous avons des signaux inquiétants concernant les jeunes. Nous avons développé des modules spécifiques sur les ados et nous envisageons de compléter les modules standard avec une approche consacrée aux seniors" , précise la présidente qui se réjouit de voir prolongée cette année la Grande Cause nationale santé mentale. Anxiété chronique, dépression, pensées suicidaires, phobies…: de fait, 30% des Français ont dans leur entourage une personne qui souffre d'un trouble de santé mentale, selon Santé Publique France.

Pour les salariés, le montant des sessions peut être pris en charge par leur entreprise et sans doute à l’avenir via le compte personnel de formation.

Le fonds solidaire PSSM France peut endosser la facture, sur dossier et sous conditions de ressources, ou pour des bénévoles associatifs.

Comment aider ?

PSSM France est soutenue par des fondations et entreprises mais ne fait pas appel à la générosité du public. L'association, qui compte 23 salariés, a agréé à ce jour 1800 formateurs. Vous voulez être le prochain? La formation de deux jours coûte 250€. Des aides au financement sont possibles.

Aider ou participer. S'inscrire ou s'informer https://www.pssmfrance.fr/

18 mars 2026

[28 mars] : Journée Mondiale des Troubles Bipolaires

La prochaine Journée Mondiale des Troubles Bipolaires, organisée par Argos 2001 en collaboration avec La fondation FondaMental et la Cité de la Santé, également partenaire aura lieu le 28 mars 2026 à la Cité de la Santé d’Universciences sur le thème

VIVRE AVEC UN TROUBLE BIPOLAIRE
HIER, AUJOURDH’UI ET DEMAIN

28 mars 2026 de 9h15 à 17h30
Auditorium de la Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris 19e
et aussi à distance (via Zoom)

Lors de cette journée qui aura lieu en présentiel et en webinaire, après un bref retour sur le passé, et quelques précisions nécessaires sur les mutations en cours de la psychiatrie, nous nous proposons de faire le point sur l’évolution de la recherche dans le domaine de la psychiatrie en faisant appel aux principaux artisans de la psychiatrie de précision.

Dans ce chapitre, notre objectif est de nous faire préciser ce qui est possible actuellement, le sera dans un avenir proche, ou constitue des buts plus lointains (la psychiatrie personnalisée).

Puis, nous traiterons des apports de l’IA et des outils numériques dans la prise en charge des patients sans oublier, l’importance de l’humain dans la recherche aussi bien que dans le soin.

Programme et inscription :

17 mars 2026

[Rapport] : Dix mesures d'urgence pour le repérage et l’intervention précoce en santé mentale

Le rapport de la mission "Intervention et repérage précoce" s’appuie sur une revue de littérature internationale et plus de 100 auditions menées entre novembre 2025 et janvier 2026.


Ce rapport a été rédigé par :

Dr Rachel Bocher, Psychiatre des Hôpitaux, Cheffe de pôle au CHU Nantes,
Pr Marie-Odile Krebs, Psychiatre d’adulte, Cheffe du pôle PEPIT au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Responsable d’équipe à l’IPNP Inserm UMR1266 - Université Paris Cité, Coordinatrice du réseau Transition et du RHU PsyCARE
Mme Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale pour l’Alliance de la Santé Mentale

dans le cadre de la mission sur le repérage et l’intervention précoce en santé mentale, initiée à la demande de Mr Yannick Neuder, Ministre de la Santé et de l’accès aux soins.

La mission s’est déroulée de novembre 2025 à février 2026. Dans ce cadre, ont été auditionnées plus de 100 personnes que nous remercions pour leur temps et leur implication (listées en annexe)

Nous remercions également Mmes Laetitia Vrignaud, Lydie Mathevet et Léa De Macedo pour leur aide précieuse dans la conduite et la synthèse des auditions.

Nous remercions enfin Paris Santé campus et son directeur Antoine Tesnière pour leur accueil au sein de leurs locaux.

https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/2026-02-25-rapport-mission-intervention-precoce.pdf

16 mars 2026

L'accueil de malades psychiatriques par l'orchestre de Toulouse fait des émules en France

Pour rompre le cercle vicieux de l'isolement et de l'autostigmatisation, une vingtaine de patients en psychiatrie, atteints de dépression ou de troubles bipolaires, schizophréniques ou de la personnalité, assistent aux répétitions de l'orchestre de Toulouse dans le cadre du projet "Résonance(s)" qui, après trois années, essaime dans toute la France.

Le projet est né en 2023 d'un partenariat entre l'orchestre national du Capitole et plusieurs institutions de santé mentale de la région. Son objectif, face à des pathologies susceptibles d'enfermer les malades dans un regard négatif sur eux-mêmes, est de leur permettre d'assister à quatre répétitions par an pour enclencher une dynamique de retour vers l'autre et de favoriser leur rétablissement.

Mi-février, environ 25 patients de cliniques et hôpitaux de jour, accompagnés de leurs soignants, s'installent par petits groupes dans la spectaculaire salle de concert toulousaine de la Halle aux grains.

Face à eux, les musiciens s'apprêtent à travailler trois mouvements de la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz (1803-1869), un monument du romantisme français.

Le choix d'assister aux répétitions plutôt qu'aux concerts n'est pas un hasard: voir les musiciens vêtus de T-shirts et sweats à capuche, comme eux, aide les patients à s'identifier.

Pendant deux heures, les malades de la vingtaine à la soixantaine écoutent attentivement, prenant parfois des notes. Un jeune homme ferme les yeux quelques instants pour se laisser porter par la musique.

Patients comme soignants montrent beaucoup de curiosité à l'égard des musiciens présents, l'altiste Claire Pélissier et le hautboïste Serge Krichewsky. Puis la discussion s'attarde sur le troisième mouvement de la Symphonie fantastique, qui s'ouvre sur un dialogue plein de mélancolie entre hautbois et cor anglais.

"A partir du moment où vous avez joué le troisième mouvement, j'ai beaucoup pleuré", confie une patiente aux instrumentistes. "Ça m'a permis de lâcher beaucoup d'émotions, j'arrivais très tendue (à la répétition). J'ai été emportée par l'émotion", poursuit-elle.

La psychiatre Nathalie Bounhoure, à l'origine du projet, est spécialiste de "réhabilitation psychosociale". Elle a voulu inscrire Résonance(s) dans ce champ de la psychiatrie, qui tente d'aider les patients "à se décaler du fardeau du diagnostic" et "se retrouver en tant que personnes".

"Ça m'a vraiment permis de reprendre pied, de m'enraciner, de comprendre que mes émotions viennent, passent... Ce sont des choses qui arrivent tous les jours, tout le temps, mais au moins, avec la musique, on n'est pas seules", a confié à l'AFP Naémi, une patiente de 25 ans. "On se sent légitimes d'être dans cette fluctuation, car la musique fluctue aussi."

"Les personnes malades sont très isolées dans ce qu'elles éprouvent", déplore Mme Bounhoure. Or "c'est très important de pouvoir éprouver la même chose que l'autre". Participer à un projet de groupe dans un domaine, la musique, porteur d'un grand potentiel de "synchronicité émotionnelle", peut donc "les aider à se reconnecter dans la relation à autrui", souligne-t-elle.

"Je me suis sentie dans une unité entre le chef d'orchestre, l'orchestre et moi. Je ressentais les tensions, les moments d'admiration; quand le chef d'orchestre veut entraîner l'orchestre, plus loin, plus fort", a confié à l'AFP Danielle, une patiente de 65 ans atteinte d'hypersensibilité. "Ça rompt une solitude, ça permet de se réaffirmer, d'avancer."

"C'est comme si ça venait parler à mon inconscient. (...) On se rend compte à quel point la musique est un levier puissant au niveau émotionnel", a analysé Laëtitia, une autre patiente de 44 ans, sujette à des problématiques de dépression et d'addiction.

"C'est bien beau de prendre des antidépresseurs et de parler à un psychiatre", mais "heureusement que le suivi ne se limite pas à des médicaments", s'est-elle réjouie.

Le succès des trois premières sessions a conduit plusieurs orchestres - de la Philharmonie de Paris, de Limoges et de Rouen - à rallier le projet en janvier 2026, et d'autres ensembles musicaux à Caen, Metz et Bordeaux, ainsi que celui de Radio France, doivent se lancer en septembre, détaille Nathalie Bounhoure.

L'accueil de malades psychiatriques par l'orchestre de Toulouse fait des émules en France

Dépression, troubles bipolaires, schizophrénie... Quand les orchestres symphoniques jouent les médecins

14 mars 2026

[14 mars] : Ouverture de la 23° semaine de la schizophrénie

Le site de la campagne d'information (toutes les infos, toutes les manifestations, tout le programme) :

https://onsefaitconfiance.com/

Le clip vidéo à voir absolument !!! (45sec)

https://www.youtube.com/watch?v=baERFV7UMVo

Les petits pin's verts !

Ces pin’s gratuits, accompagnés d’une carte expliquant leur sens et leur usage, peuvent être retirés à l’Unafam, 34 route de la Fédération, 67100-STRASBOURG

13 mars 2026

Antipsychotiques : des médicaments autorisés en Europe… mais pas encore en France

Autorisé au niveau européen, un médicament peut être prescrit en Allemagne, en Italie ou en Espagne tout en restant hors de portée des patients français pendant des mois, parfois des années. C’est le cas de plusieurs antipsychotiques de nouvelle génération. Une succession de procédures d’évaluation, de négociations de prix et de décisions de remboursement ralentit leur arrivée dans l’Hexagone.

Pourquoi ?

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