Nouvelles fixes

Bonnes vacances


Prenez soin de vous et des vôtres et retrouvons nous à la rentrée, prêts à affronter les difficultés rencontrées pour avancer sur le chemin de l’espoir.

Nouvelles

Nous avons besoin de vous (adhésion ou simple don)

https://www.helloasso.com/associations/troubles-psychiques-tous-partenaires

09 septembre 2026

[Humeur] : Psychiatrie à rebours

Tous les médicaments entraînent des effets indésirables (EI) parfois graves. Ces EI sont sous-estimés par les médecins, ils sont rarement déclarés et souvent niés par les laboratoires ; ce qui induit une longue obscurité statistique. Il faut parfois un scandale pour que la lumière se fasse.

Dénigrer l’industrie pharmaceutique ne suffit pas. Naïveté des patients, impuissance des médecins, négligence des autorités et conflits d’intérêts pèsent lourdement dans notre quasi-impossibilité d’évaluer le rapport bénéfices/risques d’un médicament.

La science clinique sera toujours la plus difficile et la plus manipulable de toutes. Comment affirmer qu’une céphalée, un trouble cutané ou digestif provient d’un médicament chez une personne qui a connu des troubles similaires auparavant ? Pour un avocat, défendre un laboratoire est plus facile que de défendre un extrémiste xénophobe en invoquant la liberté d’expression.

C’est dans le domaine de la psychiatrie que l’obscurité est la plus forte. Comme tous les médicaments, les psychotropes provoquent des EI d’ordre somatique, mais ils provoquent surtout des EI relevant du champ de la psychiatrie, ce qui en rend la confirmation clinique difficile. Comment accuser formellement une benzodiazépine de diminuer les capacités cognitives chez un anxieux ? Comment accuser un antidépresseur de provoquer le suicide chez un dépressif qui avait déjà des idées suicidaires ? Les avocats se régalent à jongler avec de telles arguties.

Mais la plus grande difficulté pour les cliniciens provient des innombrables médicaments à visée somatique qui provoquent des EI d’ordre psychiatrique. Des antiparkinsoniens provoquent des troubles compulsifs : jeu pathologique, hypersexualité, hyperphagie ou stéréotypies avec parfois de graves conséquences sociales. Tous les médicaments atropiniques prescrits dans de multiples indications (douleurs, incontinence urinaire, asthme, toux, allergies, troubles du rythme) peuvent induire des troubles cognitifs. Et pour comble, certains médicaments prescrits dans la maladie d’Alzheimer !

Les corticoïdes largement prescrits chez les enfants peuvent induire des troubles de l’humeur et du comportement, une hyperactivité, voire une psychose. Les antileucotriènes prescrit en pédiatrie contre l’asthme et les rhinites allergiques induisent des hallucinations.

De banals décongestionnants nasaux peuvent provoquer des psychoses. Les progestatifs majorent l’anxiété, ainsi que la mélatonine soi-disant anodine contre les insomnies. Certains antibiotiques peuvent déclencher un état maniaque. La théophylline et les bêtabloquants provoquent des insomnies. Certains antimigraineux provoquent des cauchemars. Des médicaments contre l’acné ou l’obésité induisent des comportements violents.

Il est plus facile d’attribuer un trouble psychique à l’environnement social qu’à un placard à pharmacie. Un clinicien qui peine déjà à confirmer un EI somatique aura du mal à persuader qu’une psychose aiguë est due à des gouttes nasales.

https://lucperino.com/1097/psychiatrie-a-rebours.html

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire