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30 juin 2026
Santé mentale : l’IA, une chance ou un danger ?
Comme il a été rappelé en introduction à la conférence, l’enquête européenne « IA conversationnelle et santé mentale des jeunes » de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) indique que 86 % des jeunes Français utilisent une IA conversationnelle et que 48 % l’utilisent pour parler de sujets personnels ou intimes. Constatant que l’IA occupe désormais « une place centrale dans la vie de tous, y compris celle des plus jeunes », Clara Chappaz, ambassadrice du numérique et de l’intelligence artificielle pour la France, pense qu’elle doit désormais être traitée comme une question pleinement politique. « Les technologies ne sont plus seulement des sujets techniques, elles sont devenues des sujets profondément politiques », a-t-elle notamment déclaré. À cette fin, la France, explique-t-elle, cherche à faire entendre sa voix dans les instances internationales, du G7 à l’OCDE en passant par l’ONU, afin de poser des principes communs. Il s’agit de ne pas se faire déborder par des effets nocifs de l’IA, et de ne pas réagir trop tardivement, comme ce fut le cas par exemple pour les réseaux sociaux.
Détecter les signaux faibles
Une fois encadrée, l’IA reste un outil performant, y compris pour les professionnels de la santé mentale, a abondé le Dr Raphaël Gaillard, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris. La psychiatrie, serait, pour l’IA, « un terrain d’application privilégié. Car le diagnostic repose souvent sur l’agrégation de signaux faibles, captés parfois dès les premières secondes d’une consultation. Regrouper des signaux faibles, l’IA sait très bien le faire », résume-t-il. À ses yeux, cette capacité pourrait contribuer demain à rendre le diagnostic psychiatrique plus objectif, en complément des critères cliniques existants. Toutefois, a-t-il ajouté, rejoignant les préoccupations de Clara Chappaz, il est indispensable de prévoir des « garde-fous » afin que les chatbots puissent alerter ou orienter vers un professionnel lorsqu’une situation l’exige. L’IA pourrait ainsi devenir un outil d’appui au diagnostic et au suivi des maladies psychiatriques chroniques, sans se substituer au soin humain.
Définir les comportements attendus
Allison Fine Mishkin, responsable du développement de l’enfant chez OpenAI, a rejoint les préoccupations de Clara Chappaz et Raphaël Gaillard, en ce qui concerne l’encadrement de l’IA. Ainsi, a-t-elle développé, OpenAI n’autorise pas l’usage de ses produits aux moins de 13 ans. Mais cette règle est souvent transgressée. Selon certaines recherches aux États-Unis, cite-t-elle, environ la moitié des filles de moins de 13 ans se tournent déjà vers des chatbots lorsqu’elles se sentent tristes ou anxieuses.
« Il faut aussi se demander ce qui se passe dans la vie de ces jeunes lorsqu’elles ne disposent pas des ressources nécessaires pour se tourner vers un parent, un ami ou un autre adulte de confiance », a-t-elle souligné. Face à cet état de fait, OpenAI s’entoure d’une armada de médecins, psychiatres, psychologues, cliniciens et spécialistes du développement de l’enfant, pour examiner les réponses des IA aux questionnements enfantins, et définir les comportements attendus, notamment face aux questions de santé mentale. « Il ne suffit pas de dire qu’un outil est sûr et de le mettre entre les mains des jeunes », a insisté Allison Fine Mishkin. Il faut aussi définir les effets positifs que l’on cherche à produire.
Attachement émotionnel rare
Allison Fine Mishkin a également présenté des travaux menés par OpenAI, notamment l’analyse de 40 millions d’interactions avec ChatGPT et un essai contrôlé randomisé. Quatre résultats ressortent : l’attachement émotionnel aux chatbots semble rare ; les conversations très affectives restent minoritaires même chez les utilisateurs intensifs ; la modalité d’usage, voix ou texte, influence les comportements ; enfin, les personnes qui demandent des conseils personnels ne sont pas forcément les plus dépendantes émotionnellement au modèle.
Ces conclusions ne conduisent pas OpenAI à minimiser les risques, mais à défendre une démarche de recherche continue. « Il est essentiel de collaborer avec la communauté académique et de nous imposer des standards élevés de validation et de mise en œuvre », a déclaré Allison Fine Mishkin, en soulignant aussi l’importance des usages éducatifs, très présents chez les jeunes.
Raphaël Gaillard a, pour sa part, rappelé que les IA comportent néanmoins une part sombre, inexplorée. Il s’interroge sur la puissance relationnelle de ces outils, capables d’offrir une écoute permanente, sans jugement apparent, et entièrement centrée sur l’utilisateur. Certains patients, dit-il, confient désormais davantage de choses à une IA qu’à leur thérapeute. Le psychiatre rapporte avoir lu jusqu’à 140 pages d’échanges entre un patient et une IA, frappé par « le niveau d’intimité » produit par cette relation.
Intolérance aux relations humaines ?
Son inquiétude dépasse la seule dépendance : si l’IA devient plus disponible, plus fluide et moins frustrante que les relations humaines, elle pourrait réduire la tolérance aux désaccords, aux lenteurs et aux frictions ordinaires de la vie sociale. « Face à une interaction aussi puissante, disponible en continu, ne risque-t-on pas de perdre la patience nécessaire aux relations humaines ? », a-t-il demandé. Pour lui, l’IA pourrait devenir un outil de « désensibilisation » aux relations réelles si elle dispense l’utilisateur de composer avec une volonté autre que la sienne.
Flagornerie
La question de la « flagornerie » des chatbots – leur tendance à aller dans le sens de l’utilisateur – concentre aussi les inquiétudes. Clara Chappaz y voit un enjeu particulier pour les adolescents, qui ont besoin de confrontation et de limites pour se construire. « Nous n’avons pas encore de certitude sur les effets sycophantes, mais nous savons que les signaux que nous percevons doivent être pris très au sérieux dès aujourd’hui », a-t-elle averti.
Finalement, un consensus se dessine : l’IA ne doit être ni rejetée ni adoptée sans réserve. Elle peut ouvrir des perspectives majeures pour la psychiatrie, l’éducation et l’accès au savoir, mais seulement si ses effets sur les personnes vulnérables sont étudiés et encadrés. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre encore quinze ans », a résumé Clara Chappaz, en référence au retard pris face aux effets des réseaux sociaux.
Santé mentale et IA : chance ou danger ?
29 juin 2026
Dépression, bipolarité, schizophrénie… La santé mentale, nouvel eldorado des laboratoires pharmaceutiques
Des médicaments qui marchent globalement bien… « pour 60 % à 70 % des patients. Mais les 30 % restants n’y répondent pas bien et c’est un problème majeur, explique Pierre-Michel Llorca, professeur de psychiatrie à l’université de Clermont Auvergne et membre de la fondation FondaMental. En psychiatrie, nous traitons des troubles dont nous ne connaissons souvent pas la cause précise. Certaines personnes souffrant de dépression ressentent, par exemple, beaucoup d’anxiété, d’autres sont ralenties, d’autres encore n’éprouvent plus aucun plaisir. On peut penser que les mécanismes sous-jacents sont différents. Pourtant, nous disposons des mêmes médicaments pour tous. »
Si la pharmacopée des psychiatres s’est si peu étoffée ces dernières décennies, c’est que les laboratoires se sont longtemps tenus relativement éloignés de ce champ de recherche, qu’ils considéraient comme trop risqué. Le taux de succès, s’agissant du développement d’un nouveau médicament, y est en effet « de l’ordre d’un sur dix, contre un sur six s’agissant des autres indications, souligne Bartlomiej Szabat-Iriaka, gérant santé chez Exane AM. Les principales raisons de cet écart sont simples : les patients sont très hétérogènes, les essais sur les animaux prédisent moins bien la réponse humaine, et l’efficacité est plus difficile à mesurer objectivement que dans des maladies guidées par des biomarqueurs. »
Regain d’intérêt avec de récentes découvertes scientifiques
Ces écueils n’ont pas disparu, mais les laboratoires sont de retour dans le champ de la psychiatrie. De récentes découvertes scientifiques ont suscité de leur part un regain d’intérêt pour les maladies mentales, qui touchent 20 % des Américains et des Européens.
En témoigne le rachat, en 2023, de la biotech Karuna Therapeutics par l’américain BMS, pour 14 milliards de dollars. Si le laboratoire américain a payé si cher cette société, c’est qu’elle disposait dans sa besace d’un candidat médicament, le KarXT, dont le mécanisme d’action rompt avec celui des antipsychotiques utilisés depuis trente ans. Au lieu de bloquer les récepteurs de la dopamine, ce qui occasionne des effets secondaires importants (troubles moteurs, cognitifs, prise de poids, effet sédatif…), le KarXT stimule un autre type de récepteurs (qu’on appelle les récepteurs muscariniques). À la clé : une efficacité plus grande sur les symptômes de la schizophrénie et moins d’effets secondaires. BMS ambitionne désormais d’étendre l’indication de ce médicament aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer et souffrant à ce titre de symptômes psychotiques. Commercialisé sous le nom de Cobenfy, il n’est cependant pas encore disponible en Europe.
« Cette avancée illustre bien comment des traitements novateurs peuvent enfin voir le jour après des années de stagnation en matière d’innovation et d’échecs dans les essais cliniques dans le domaine de la santé mentale, note le cabinet Ixia dans une étude récente. Encouragés par ces résultats, biotechs et laboratoires pharmaceutiques se lancent à nouveau dans la R&D en santé mentale. »
Près de 200 molécules en développement
Plusieurs concurrents de BMS se sont engouffrés dans la brèche. En janvier 2025, Johnson & Johnson a acquis Intra-Cellular Therapies, un spécialiste des maladies des maladies mentales, pour près de 15 milliards de dollars. Intra-Cellular disposait notamment d’un médicament tout juste commercialisé et indiqué dans le traitement de la schizophrénie et de la bipolarité, le Caplyta. Depuis cette acquisition, le laboratoire américain a obtenu l’autorisation d’étendre son indication dans le traitement de la dépression sévère. L’année dernière, le Caplyta rapporté 700 millions de dollars à Johnson & Johnson.
Biogen espère encore racheter Sage Therapeutics, qui a développé un traitement contre la dépression post-partum, tandis qu’AbbVie a acquis Cerevel Therapeutics pour près de 9 milliards de dollars. Un échec dans ce dernier cas puisque la molécule développée par cette biotech a finalement échoué en phase 2. AbbVie n’en a pas moins persévéré dans le traitement des maladies mentales, et acquis en août dernier un candidat médicament contre la dépression, développé par la start-up Gilgamesh, qui présente la particularité d’être un psychédélique - une classe de médicaments qui suscite l’intérêt grandissant des laboratoires.
Enrichir la panoplie du psychiatre
L’ampleur des recherches dans le domaine des maladies mentales est encore faible comparé aux travaux menés en cancérologie. Près de 200 molécules sont néanmoins actuellement en développement, selon la société Iqvia. 20 % d’entre elles visent le traitement de la dépression, 13 % la schizophrénie et 10 % les troubles du sommeil.
« Ces nouveaux médicaments sont intéressants en ce qu’ils enrichissent la panoplie du psychiatre, estime Pierre-Michel Llorca. Nous revendiquons de disposer du plus grand nombre de molécules possible parce que, aujourd’hui, nous ne savons pas prédire laquelle fonctionnera le mieux sur tel ou tel patient. Il nous faut pouvoir les tester, de façon empirique, en attendant de pouvoir catégoriser précisément les patients comme c’est le cas en oncologie, et pratiquer une psychiatrie de précision. » Le praticien regrette dès lors que ces médicaments ne soient pour l’instant disponibles qu’aux États-Unis, pour ceux qui sont déjà sur le marché.
Dépression, bipolarité, schizophrénie… La santé mentale, nouvel eldorado des laboratoires pharmaceutiques
26 juin 2026
Santé mentale : va-t-on vraiment plus mal qu'avant ?
Jamais la santé mentale n'a autant occupé l'espace public. Au point parfois de donner le sentiment que tout vacille. Les chiffres, les spécialistes et les personnes concernées racontent pourtant une histoire plus nuancée. Décryptage.
« Les Français sont les plus gros consommateurs d'anxiolytiques en Europe. » « Les jeunes vont de plus en plus mal. » « Une personne sur six aurait connu un épisode dépressif au cours de l'année écoulée. » Dans les médias, ces titres alarmistes deviennent familiers et interrogent : allons-nous vraiment de plus en plus mal ?
Spoiler alert : ces solitudes et ces douleurs n'ont pourtant rien de nouveau. Seule la manière dont nous les racontons a changé. Ainsi, lorsque Nicolas Demorand révèle, en 2025, qu'il vit avec un trouble bipolaire, beaucoup saluent son courage. D'autres lui écrivent pour le remercier. Pas seulement parce qu'ils se reconnaissent dans sa maladie, mais parce qu'ils retrouvent dans son récit quelque chose qui nous concerne tous. Cette fatigue de devoir toujours aller bien. Cette difficulté à montrer ses fragilités. Une parole qui se libère et qui constitue une avancée incontestable. Mais elle soulève aussi une question plus troublante. Assistons-nous réellement à une aggravation sans précédent des troubles psychiques ? Ou avons-nous appris à regarder autrement nos fragilités ?
.../...
https://informations.handicap.fr/a-sante-mentale-va-t-on-vraiment-plus-mal-qu-avant-39339.php
24 juin 2026
Autisme, TDAH, schizophrénie... Le paradoxe des troubles cognitifs et mentaux héritables ?
Si ces troubles engendrent des perturbations importantes sur la vie, pourquoi n'ont-ils pas été écartés par la sélection naturelle ?
Il est maintenant bien établi que la plupart des troubles neurodéveloppementaux - déficience intellectuelle, autisme, TDAH - et psychiatriques - schizophrénie, trouble bipolaire, etc. - ont une forte composante génétique. On sait aussi que ces troubles engendrent des perturbations importantes tout au long de la vie, des altérations des relations sociales et affectives et une diminution de la fécondité, car les personnes affectées ont, en moyenne, moins de descendants que les autres.
On devrait donc s’attendre à ce que les variants génétiques qui augmentent le risque de ces troubles fassent l’objet d’une sélection naturelle négative, c’est-à-dire qu'ils soient éliminés au fil des générations, puisqu'ils ne sont renouvelés que par de rares mutations. Ces troubles devraient donc être tout aussi rares. Or, leur prévalence se situe à au moins 1 % de la population.
Des troubles mieux considérés dans le passé ?
Pour résoudre ce paradoxe, certains chercheurs ont postulé que ces troubles n’avaient pas les mêmes effets délétères dans notre passé lointain et qu'ils étaient sans doute mieux tolérés et moins stigmatisés qu’aujourd’hui, ou qu’ils s’accompagnaient de qualités valorisées.
Par exemple, les personnes schizophrènes ayant des hallucinations étaient peut-être perçues comme communiquant avec les esprits, acquérant ainsi prestige et fonction sociale. Les personnes bipolaires étaient peut-être plus créatives que la moyenne et les personnes autistes se rendaient peut-être utiles grâce à des talents particuliers au sein de leurs intérêts restreints. Ainsi, ces troubles auraient offert des avantages adaptatifs qui contrebalançaient voire surpassaient leurs inconvénients. Et les variants génétiques y prédisposant auraient ainsi pu se maintenir dans notre génome, voire faire l’objet d’une sélection positive.
Une nouvelle étude fascinante*
Ces hypothèses ont longtemps été inaccessibles à l’investigation scientifique. Une nouvelle étude sur l’évolution récente du génome humain apporte enfin des éléments de réponse. Elle s’appuie sur deux grandes avancées scientifiques. La première est le développement des études génomiques révélant les prédispositions génétiques pour de nombreux traits et maladies, y compris pour des traits complexes comme les troubles psychiatriques.
La deuxième est le développement de techniques permettant de reconstituer et analyser l’ADN ancien, issu de restes humains âgés de centaines, de milliers et même de centaines de milliers d’années. Ensemble, ces avancées permettent d’évaluer les prédispositions génétiques chez nos lointains ancêtres et de déterminer si elles ont augmenté, diminué, ou sont restées stables.
Les résultats de cette étude fascinante montrent d’abord que, loin de la fable d’une espèce humaine libérée de l’évolution génétique depuis l’avènement de la culture, celle-ci n’a jamais cessé d’évoluer, son génome se modifiant sans discontinuer jusqu’à ce jour. Ils montrent aussi qu’au cours des 10 000 dernières années, les prédispositions génétiques pour l’intelligence générale ont fait l’objet d’une sélection positive, c'est-à-dire que leur fréquence a augmenté, alors que celles pour la schizophrénie, le trouble bipolaire ou encore le TDAH, ont fait l’objet d’une sélection négative.
Cela suggère que ces troubles ont diminué la descendance des personnes concernées tout au long des derniers millénaires, remettant en cause l’hypothèse d’un avantage adaptatif. Seul le trouble du spectre de l’autisme, au moins dans ses formes les moins sévères, échappe à ce constat, les variants génétiques associés ne semblant pas avoir subi de changements significatifs.
Notre cerveau est particulièrement sensible aux mutations
Alors, comment expliquer le paradoxe de la prévalence relativement élevée de ces troubles ? La meilleure explication est que, bien que les variants génétiques concernés soient régulièrement éliminés, ils se renouvellent constamment par l’apparition de nouvelles mutations. Certes, les mutations individuelles sont très rares, ce qui fait que la plupart des maladies génétiques sévères restent très rares. Mais le cerveau est notre organe le plus complexe, il mobilise plus du tiers de notre génome pour son développement et son fonctionnement, soit environ 7 000 gènes. Une mutation dans n’importe lequel d’entre eux est susceptible de le faire dérailler et d’engendrer des troubles cognitifs ou psychiatriques.
Cela fait de notre cerveau, notre cognition et notre santé mentale des "cibles génomiques" tellement grandes que même des mutations rares sont susceptibles de les toucher régulièrement. Ainsi, quand bien même ils font l’objet d’une sélection génétique négative, les troubles n’en finissent pas de revenir à chaque génération et se maintiennent à une prévalence relativement élevée.
Franck Ramus, chercheur au CNRS et à l’Ecole normale supérieure (Paris)
* Ancient DNA reveals pervasive directional selection across West Eurasia Nature volume 654, pages419–428 (2026)
Autisme, TDAH, schizophrénie... Le paradoxe des troubles cognitifs et mentaux héritables, par Franck Ramus – L'Express
23 juin 2026
[Décembre] : 18e Congrès de Psychiatrie du 2 au 5 décembre 2026 à Strasbourg
22 juin 2026
La difficile problématique du poids chez les patients souffrant de troubles psychiatriques sévères
La prévalence du surpoids et de l’obésité est plus importante chez les adultes souffrant de troubles mentaux sévères qu’en population générale. Les causes sont multifactorielles (hygiène de vie, effet métabolique des traitements, facteurs psychosociaux…), ce qui impose une approche globale et intégrée des soins. La surveillance pondérale constitue en particulier un élément important de la prise en charge, qui doit combiner une approche pluridisciplinaire associant aux psychiatres les médecins généralistes, les nutritionnistes et des programmes de prévention incluant de l’activité physique. Différents types d’intervention hygiéno-diététique ont été évalués à ce titre. Il s’agit le plus souvent d’interventions hebdomadaires sur 6 à 12 mois, qui reposent classiquement sur l’autosurveillance, la définition d’objectifs, une éducation nutritionnelle, et la promotion de l’activité physique. Les méta-analyses ont cependant montré un effet modeste, voire une absence d’effet, sur la perte de poids. La nécessité d’un engagement et d’une participation régulière constituent en effet des freins importants à ces interventions dans cette population.
De nouvelles approches pour favoriser la perte de poids
De nouvelles approches tentent de contourner ces obstacles, à l’instar du programme Coach-ToFit. Cet essai contrôlé randomisé a récemment évalué une intervention sur 6 mois chez des sujets atteints de schizophrénie, de troubles bipolaires ou de troubles dépressifs majeurs et obèses (IMC ≥ 30 kg/m²). Il montre qu'une intervention délivrée via une application sur téléphone, avec soutien à distance (appels téléphoniques hebdomadaires) par des patients experts formés et supervisés, permet d'obtenir une perte de poids plus importante par rapport au groupe contrôle (−3,2 vs −1,6 kg). Toutefois, après ajustement, cette différence n'atteint pas le seuil de significativité statistique (différence ajustée : −1,62 kg ; IC 95 % : −3,38 à 0,14 ; p = 0,07). Environ un tiers des patients du groupe intervention atteignent une perte de 5 % de leur poids corporel (36,6 % versus 22 % dans le groupe contrôle), sans différence significative après ajustement. En revanche, la perte d'au moins 7 % du poids corporel était significativement plus fréquente dans le groupe intervention (22,6 % versus 8,2 % ; p = 0,007), représentant une probabilité 3,9 fois plus élevée.
Une relation bidirectionnelle entre troubles mentaux et excès pondéral
Ces approches préventives sont d’autant plus importantes que l’excès de poids concerne une part importante des sujets souffrant de troubles psychiatriques sévères. Une méta-analyse basée sur 120 études dans 43 pays a montré que 25 % de ces sujets sont obèses et 60 % obèses ou en surpoids.
Inversement, les personnes obèses présentent un risque accru de troubles mentaux. Les addictions alimentaires sont notamment associées au surpoids et à l’obésité, surtout l’hyperphagie boulimique, qui touche entre 5 et 30 % des personnes obèses. La prévalence des pathologies psychiatriques augmente avec la sévérité de l’obésité. Les troubles dépressifs sont également plus fréquents chez les personnes obèses qu’en population générale, avec un risque de dépression augmenté de 55 % chez les personnes obèses et un risque d’obésité augmenté de 58 % chez les personnes dépressives. Les troubles bipolaires sont également plus fréquemment retrouvés chez les personnes obèses : un tiers des patients bipolaires souffrent d’hyperphagie boulimique. Il en va de même chez les schizophrènes : 58 % de patients obèses contre 27 % en population générale. Ce surrisque existe aussi chez les sujets atteints de trouble du déficit attentionnel avec ou sans hyperactivité (TDAH), la prévalence de l’obésité étant majorée de 70 % chez ces patients. Dans cette population psychiatrique, l’obésité est non seulement associée à une espérance de vie réduite de 15 à 25 ans, notamment du fait de pathologies cardiovasculaires, mais elle peut aussi affecter l’observance et aggraver les symptômes psychiatriques.
Ces traitements qui favorisent l’obésité
La prise de poids est un effet indésirable fréquent de nombreux psychotropes. Les antipsychotiques en particulier ont un effet obésogène : 15 à 72 % des patients traités sont concernés. La prise de poids peut être très importante, pouvant atteindre 30 à 40 kg, en particulier en début de traitement chez les sujets à indice de masse corporelle (IMC) bas, de sexe féminin et d’âge jeune.
Le risque de prise de poids est plus important avec l’olanzapine et la clozapine, moins important avec l’aripiprazole et l’amisulpride et intermédiaire pour la quétiapine et la rispéridone. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande de rechercher les facteurs de risque et d’informer les patients avant initiation de traitement, puis de surveiller l’IMC au cours des premiers mois, de façon à pouvoir mettre en place rapidement des mesures hygiéno-diététiques et éventuellement un relai vers un antipsychotique moins obésogène. Cette dimension iatrogène du surpoids et de l’obésité est d’autant plus importante à prendre en compte que les patients schizophrènes ou atteints de troubles bipolaires ont une plus grande vulnérabilité : comportements plus sédentaires, alimentation déséquilibrée, tabagisme, accès plus limité aux soins, isolement social…
Cet article a d’abord été publié sur univadis.fr* qui, comme JIM, fait partie du réseau professionnel Medscape.
*La difficile problématique du poids chez les patients souffrant de troubles psychiatriques sévères | Univadis
La difficile problématique du poids chez les patients souffrant de troubles psychiatriques sévères
19 juin 2026
Baromètre des pratiques en santé mentale et en psychiatrie en France : quels constats ?
18 juin 2026
Présidentielle 2027 : participez à la consultation de France Assos Santé
France Assos Santé lance une consultation auprès de son réseau dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027.
Accès aux soins, suivi des personnes atteintes de maladies chroniques, qualité et sécurité des soins, prévention, protection sociale solidaire et universelle, soutenabilité du système, autant d’enjeux prioritaires sur lesquels France Assos Santé entend porter la voix des usagers.
L’objectif de la consultation : recueillir les attentes, propositions et témoignages des personnes concernées par les enjeux de santé afin de faire de la santé un sujet incontournable du débat public et de peser sur les politiques publiques à venir.
Votre avis compte ! En répondant à ce questionnaire, vous contribuerez directement à identifier les priorités que France Assos Santé pourra porter, au nom de ses associations membres, durant la campagne présidentielle.
Le questionnaire prend environ 20 minutes. Les réponses sont strictement anonymes et seront utilisées exclusivement pour nourrir le plaidoyer de France Assos Santé.
Lien vers le questionnaire : https://forms.office.com/e/
Date limite de réponse : 19 juin 2026
Merci par avance pour votre participation.
17 juin 2026
12 juin : C'était l'arrivée de Psycyclette !
Cet événement unique rassemble des personnes vivant avec des troubles psychiques, leurs proches, des soignants et des bénévoles autour d’un défi collectif : parcourir plusieurs centaines de kilomètres à vélo à travers la France. Au-delà de la performance sportive, l’objectif est de briser les tabous et les préjugés liés aux troubles psychiques, en allant à la rencontre des habitants lors d’étapes conviviales et festives.
L’édition 2026 en quelques chiffres :
- 2 parcours
- 8 jours de randonnée
- Environ 1200 km parcourus
Plus d'une centaine de « psycyclistes » se sont engagés dans cette aventure humaine, démontrant que le lien social et la solidarité peuvent dépasser toutes les différences.
16 juin 2026
[Podcast] : "Si besoin", le nouveau podcast de Nicolas Demorand
"Si besoin" : c'est ainsi que le personnel médical désigne les médicaments que le patient peut prendre uniquement s'il le juge utile. C'est aussi le titre choisi par Nicolas Demorand pour son nouveau podcast sur France Inter, une invitation aux auditeurs à écouter son témoignage, s'ils en ressentent le besoin.
Atteint de bipolarité qu'il avait rendue publique en mars 2025, le journaliste fait de la sensibilisation aux maladies psychiatriques un combat personnel. Dans cette série en six épisodes, il revient sur les mois qui ont suivi son départ de l'antenne, le temps passé à l'hôpital Sainte-Anne, l'aggravation de sa maladie et son parcours, à travers son propre témoignage mais aussi des entretiens avec des professionnels de santé, des soignants et des personnes touchées par des maladies psychiatriques
Si besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amelie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.
Écouter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/si-besoin#about
15 juin 2026
Dispositifs médicaux numériques en santé mentale : huit lauréats
Les projets lauréats sont :
• Projet PSYCHIATRY FM porté par CALLYOPE : solution fondée sur des modèles audio et l’IA pour mieux évaluer les symptômes en psychiatrie (schizophrénie, trouble bipolaire, etc.) et anticiper les rechutes.
• Projet DALIA BLOOM DPP porté par DALIA CARE : solution numérique innovante pour dépister précocement et améliorer le suivi de la dépression post-partum.
• Projet EOS RENAISSANCE porté par CLEER : plateforme numérique innovante en addictologie permettant un accompagnement personnalisé des patients et une optimisation du suivi médical grâce à l’intégration de données cliniques et médicamenteuses.
• Projet BEAM porté par SurgeCare : approche innovante combinant données multi-omiques et IA pour prédire la réponse des patients en dépression résistante et optimiser leur orientation thérapeutique.
• Projet POP10 porté par POPPINS : thérapie numérique innovante s’appuyant sur l’IA pour améliorer la prise en charge des troubles de l’apprentissage en mathématiques chez l’enfant.
• Projet LEOPAS porté par LEOPA : solution numérique innovante visant à améliorer le suivi des troubles bipolaires et à renforcer l’autonomie des patients grâce à des parcours thérapeutiques personnalisés.
• Projet MINDTRACK porté par MANITTY : dispositif médical numérique conçu pour la prévention, la détection précoce et le suivi longitudinal de la santé mentale, en particulier chez les enfants, adolescents et jeunes adultes. Il combine un suivi neurophysiologique continu en conditions de vie réelle avec des données cognitives, comportementales et psychosociales.
• Projet NEUROSCREEN porté par DEXTRAIN : solution numérique innovante combinant évaluation neurocognitive et IA pour accélérer le diagnostic précoce des troubles psychotiques.
Dispositifs médicaux numériques en santé mentale : huit lauréats - Santé Mentale
12 juin 2026
Restriction de liberté : un protocole renforce l’autonomie des infirmiers
La réduction du recours à l’isolement et à la contention constitue aujourd’hui un enjeu majeur en psychiatrie. Dans ce contexte, le déploiement d’un protocole de levée de ces mesures, portées par des infirmiers du CH Le Vinatier (PULM : Psychiatrie Universitaire Lyon Métropole), marque une évolution significative des pratiques. Ce protocole repose sur une évaluation clinique structurée, continue et tracée qui permet aux équipes d’intervenir directement dans la décision de levée, dans un cadre sécurisé et défini. Il s’articule autour d’une évaluation standardisée du patient à partir d’une échelle d’évaluation et d’une appréciation clinique qui permet d’objectiver les capacités du patient à bénéficier d’un assouplissement de ces contraintes. La décision est ensuite validée en équipe.
S’appuyer sur des données probantes
L’intégration d’outils de psychométrie constitue un réel atout de cette évolution des pratiques. Il s’agit de s’appuyer sur des données probantes en lien avec le Décret relatif aux activités et compétences de la profession infirmière du 24 décembre 2025. Ces échelles standardisées d’agitation et/ou de risque hétéro-agressif (1) réduisent la subjectivité, sécurisent les pratiques et favorisent une homogénéisation des évaluations au sein des équipes. Loin de déshumaniser la relation de soin, ces outils renforcent la lisibilité clinique et la légitimité des décisions infirmières tout en déployant un vocabulaire commun (sémiologie, indicateurs). Il s’agit de ne plus se contenter de dire le « patient monte » ou « je ne le sens pas » mais de décrire précisément son comportement et ses symptômes pour ajuster au mieux la décision clinique. Ce modèle présente de multiples bénéfices.
– Pour le patient, il favorise une réduction de la durée des mesures d’isolement et/ou de contention et une meilleure prise en compte de son évolution clinique.
– Pour les infirmières, il valorise leurs compétences cliniques et renforce leur autonomie.
-Pour l’institution, il s’inscrit dans une démarche de qualité et de conformité aux recommandations actuelles de diminution du recours à l’isolement et la contention (en tendant vers zéro contention) qui s’inscrit dans une politique d’établissement autour des mesures coercitives (ETHIC : Eviter l’isolement / Transformer les pratiques/ Humaniser/ Impulser/ Contenir autrement)
Comment déployer ce protocole ?
Cette dynamique nécessite :
= La formation des infirmiers à l’usage des outils psychométriques,
= L’appropriation collective des protocoles
= Le maintien d’une collaboration étroite avec les médecins
= La mise en place d’un suivi via une évaluation des pratiques professionnelles et un accompagnement sur le terrain.
L’appui de la Direction générale, de la Direction des soins, de la Présidence de la Commission médicale et du Département qualité de l‘établissement sont des facteurs déterminants qui favorisent l’implantation de cette démarche. Un premier déploiement réalisé dans trois unités d’entrée adultes révèle une appropriation inégale du dispositif par les soignants. Plusieurs paramètres sont à considérer : la dynamique d’équipe et le paradigme de soin, la notion de prise de risque ou de glissement de tâches, une présence médicale importante qui n’encourage pas toujours l’équipe à utiliser ce protocole… Des freins ont ainsi pu être mis en lumière : crainte de prendre la mauvaise décision ou encore sentiment de manque de légitimité, ce qui montre l’importance d’un accompagnement des équipes dans cette démarche.
Néanmoins, les retours restent positifs et mettent en avant la réduction des mesures d’isolement et/ou de contention, la flexibilité, la rapidité de la mise en œuvre du protocole et une valorisation des compétences soignantes. Les décisions de levée des mesures ont pu être prises en semaine et pendant le week-end à des horaires variables. La majorité avait lieu en fin de journée ou le dimanche. Le créneau horaire entre midi et 14h apparait également à plusieurs reprises. Actuellement le déploiement de ce protocole se poursuit sur quatre unités dont les urgences psychiatriques (UPRM), avec des retours qualitatifs et quantitatifs prévus fin 2026, ce qui devrait permettre à terme de le valider.
Pour plus d’information : deCLIC@ch-le-vinatier.fr Frédérique ROLLET, CSS Pole Urgence (Frederique.rollet@ch-le-vinatier.fr)ou Sandy MATHIEU, IPA PAPV/ Cheffe de Projet sur la Réduction des Mesures Coercitives (Sandy.mathieu@ch-le-vinatier.fr)
Restriction de liberté : un protocole renforce l’autonomie des infirmiers - Santé Mentale
11 juin 2026
Accumulation d'objets, isolement, déni... tout comprendre au syndrome de Diogène
Des piles d’objets qui envahissent progressivement les pièces, des volets qui restent fermés pendant des mois, une personne qui ne reçoit plus personne chez elle, un logement qui devient insalubre. Dans l’imaginaire collectif, le syndrome de Diogène est souvent associé à des situations extrêmes d’insalubrité. Pourtant, il révèle souvent une grande souffrance et une détresse psychologique des victimes de ce trouble. « Tout le monde peut être sujet à ce syndrome », explique Thibaut Moinard, secrétaire de l’association Syndrome Diogène solutions. Contrairement aux idées reçues, il ne concerne pas uniquement des personnes âgées ou précaires. « On retrouve parfois des personnes ayant des troubles psychiatriques ou psychologiques comme la schizophrénie ou la bipolarité, mais pas seulement », développe-t-il.
Un burn-out, un licenciement, un choc émotionnel, un épisode traumatique peut déclencher un syndrome de Diogène, qui ne survient d’ailleurs pas du jour au lendemain, mais s’installe progressivement. « Il y a aussi fréquemment des traumas liés à l’enfance. On retrouve aussi des personnes sujettes à des dépressions », souligne Thibaut Moinard. Les deuils non résolus constituent également un facteur fréquent. « Se séparer d’objets peut alors être vécu comme une seconde mort », insiste-t-il.
Des objets comme protection
Peu à peu, l’accumulation devient une forme de protection. Les objets prennent une place grandissante dans le logement, mais aussi dans l’équilibre psychologique de la personne. Cette accumulation s’accompagne souvent d’un paradoxe, déroutant pour l’entourage : « Les personnes sont à la fois dans le déni et très conscientes de ce qui se passe. Elles ne veulent plus ouvrir leur porte à beaucoup de monde, elles se coupent progressivement de leur famille et de leurs proches », signale Thibaut Moinard.
Avant même que le logement ne devienne insalubre, certains comportements peuvent constituer des signaux d’alerte. Le premier est souvent l’isolement. « Une des grandes caractéristiques, c’est ce que j’appelle la culture de l’excuse », indique le secrétaire de Syndrome Diogène solutions. « La personne trouve toujours une raison pour ne pas recevoir : pas ce week-end, pas le suivant. Et les proches commencent à se demander pourquoi elle ne les invite plus jamais. »
Une forme de négligence corporelle peut également apparaître au fur et à mesure. D’autres signes peuvent être plus discrets : achats compulsifs, accumulation d’objets inutiles ou achetés en plusieurs exemplaires, difficulté à jeter ou à se séparer de possessions anciennes. À l’extérieur de l’habitation, certains indices peuvent aiguiller : « Les volets fermés en permanence sont assez caractéristiques », note le responsable associatif. Dans les situations les plus avancées, certaines personnes finissent même par investir leur balcon ou leur voiture, faute d’espace dans leur logement.
Ne pas forcer le nettoyage
Face à un proche dont le comportement inquiète, le réflexe de sa famille est souvent de vouloir agir vite. Une réaction compréhensible, mais souvent contre-productive. « Il ne faut surtout pas forcer le nettoyage », insiste Thibaut Moinard. « Ces objets sont une sorte de peau extérieure, de carapace, de protection. Pour la personne, voir quelqu’un jeter ses affaires peut être extrêmement violent. » L’accompagnement commence par la parole. « Il faut recréer du lien social, faire intervenir une aide extérieure, amener vers un suivi psychologique. Derrière le syndrome, il y a souvent une grande souffrance », poursuit-il. Vous pouvez solliciter l’aide d’une assistante sociale ou d’une psychologue. Les rendez-vous à l’extérieur sont à privilégier dans premier temps pour ne pas mettre la personne dans l’embarras.
Les associations, comme Syndrome Diogène solutions, interviennent généralement à la demande de familles, de syndics ou parfois des personnes concernées elles-mêmes. « On ne rentre pas chez les gens en leur disant qu’il faut tout ranger. On commence par discuter, de la pluie et du beau temps, de choses simples. Fréquemment, les personnes finissent par se confier », détaille Thibaut Moinard. Car contrairement à certaines idées reçues, toutes ne sont pas dans le déni complet. « Certaines nous appellent elles-mêmes à l’aide. Elles savent qu’elles ont besoin d’aide mais ne savent pas par où commencer. Il y a toujours cette contradiction : elles ont trop honte de la situation, tout en ayant du mal à en sortir seules. »
Sortir du déni pour amorcer le changement
Le traitement du syndrome de Diogène repose rarement sur une seule intervention. Il nécessite en général un accompagnement global, mêlant soutien psychologique sur le long terme, accompagnement social et désencombrement progressif. L’objectif n’est pas seulement de vider un logement, mais de comprendre ce qui a conduit à cette situation.
Pour les proches, comme pour les voisins ou les propriétaires confrontés à une situation de ce type, la première étape consiste souvent à renouer le dialogue ou à faire appel à une structure extérieure capable d’établir un contact. Car derrière les montagnes d’objets, il y a avant tout une personne en souffrance. Et si la loi protège l’inviolabilité du domicile, elle rappelle aussi qu’il existe un devoir de vigilance face à une personne potentiellement en danger. Toute la difficulté consiste alors à trouver le juste équilibre entre respect de l’intimité et la nécessité d’apporter de l’aide et de la protection.
Décryptage. Accumulation d'objets, isolement, déni... tout comprendre au syndrome de Diogène
10 juin 2026
Isolement et contention dans les établissements psychiatriques français : état des lieux de ces pratiques controversées
Comme en 2025, la « Grande cause nationale » 2026 est consacrée à la santé mentale. Dans ce contexte, Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, a annoncé le 2 juin 2026 la suppression, à l’horizon 2030, de la contention dans les services de psychiatrie.
La psychiatrie se distingue en effet des autres spécialités médicales par la possibilité de recourir à des soins sans le consentement des personnes, ainsi que par d’autres pratiques restreignant la liberté de mouvement, telles que l’isolement en chambre dédiée et la contention mécanique à l’aide de sangles.
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09 juin 2026
Les troubles mentaux laissent-ils des traces dans l’urine ?
"Les troubles de santé mentale sont source de souffrance importante pour les patients, souffrance qui pourrait être atténuée par des biomarqueurs de diagnostic précoce", selon des scientifiques de l’université de Cambridge (Royaume-Uni).
TDAH, bipolarité, anorexie : 67 marqueurs urinaires liés à des troubles psychiatriques
Pour les besoins de l’étude, les auteurs ont utilisé une approche de randomisation mendélienne, à savoir une méthode génétique qui imite un essai clinique utilisant les informations génétiques des participants, afin d'identifier des biomarqueurs urinaires potentiels de sept troubles psychiatriques. Au total, 67 marqueurs urinaires liés à des troubles psychiatriques, dont 21 spécifiques à un seul trouble, ont été détectés. Parmi ceux-ci, l’équipe a constaté des taux anormaux de vitamine B6 (pyridoxal) dans l'anorexie, de N,N-diméthylglycine dans le TDAH, et des variations de créatine et de tyrosine liées à la bipolarité et à la schizophrénie.
Selon les scientifiques, ces marqueurs pourraient faciliter les décisions cliniques et permettre une prise en charge plus précoce des patients. Car, pour rappel, le diagnostic des troubles mentaux peut actuellement prendre des mois, voire des années. "Les personnes atteintes de trouble bipolaire attendent en moyenne plus de neuf ans pour obtenir un diagnostic, tandis que des affections comme le TDAH et l'anorexie, en particulier chez les enfants et les adolescents, entraînent souvent de longs délais avant l'évaluation et le traitement."
Confirmer ces résultats pour faciliter le diagnostic des troubles mentaux
La prochaine étape consiste à tester ces marqueurs urinaires dans le cadre d'essais cliniques en conditions réelles, d’après Jihan Zaki, qui a participé à l’étude. "Si ces résultats se confirment lors d'essais cliniques, nous pourrions offrir aux médecins généralistes et aux équipes de santé mentale un outil pratique pour faciliter un diagnostic plus précoce et réduire la pression sur les services de santé publique déjà surchargés", a conclu Sabine Bahn.
*Discovery of urinary metabolite biomarkers of psychiatric disorders using two-sample Mendelian randomization | BMC Psychiatry | Springer Nature Link
Les troubles mentaux laissent-ils des traces dans l’urine ?
08 juin 2026
Au sortir de la réunion interministérielle Santé mentale du 2 juin, le Collectif Santé mentale Grande cause fait part de sa grande insatisfaction
Si certaines annonces marquent des avancées, notamment l’objectif de mettre fin à la contention et à l’isolement, elles restent aujourd’hui très en-deçà des attentes suscitées par la Grande cause nationale et de l’ampleur des besoins exprimés sur le terrain.
Depuis deux ans, les constats sont connus. Les alertes sont documentées. Les propositions existent.
La question est désormais politique : la santé mentale sera-t-elle enfin portée comme une véritable politique publique interministérielle, dotée d’une gouvernance claire, de moyens ambitieux et construite avec les personnes concernées ?
Au sortir de la réunion interministérielle Santé mentale du 2 juin, le Collectif Santé mentale Grande cause fait part de sa grande insatisfaction - Santé mentale France
05 juin 2026
[Podcast] : Grandir avec un parent en souffrance psychique
Alors quand le dernier numéro de l’Ecole des parents est arrivé dans nos boites mail avec à la Une, "Grandir auprès d’un parent en souffrance psychique" on s’est dit qu’il fallait vraiment en parler ! Le riche dossier proposé par la revue explore de nombreux aspects éducatifs liés à la santé mentale des parents comme la solitude et la responsabilisation des enfants. Il est tentant aussi de parler d'une forme de lâcheté de la société, d'une prise en compte bien trop faible du monde éducatif - et, étonnamment, du milieu médical - des problèmes posés par la maladie mentale à l’entourage. Ces articles et entretiens nous engagent à sortir du silence, à faire circuler la parole afin d’aider les familles concernées. Ce qui revient, nous en sommes convaincus, à améliorer l’existence de tous.
Louise Tourret s'entretient avec ses invitées :
Grandir avec un parent en souffrance psychique | France Culture
04 juin 2026
[Insolite] : Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent
Au cœur du domaine, entre bâtiments de ferme du XIXe siècle et sous-bois, cinq ânes prennent une part non négligeable du travail de soin psychique, entre deux bouchées de foin.
L’unité de thérapie avec des ânes de l’hôpital, unique en France, fonctionne depuis 2016, lorsque Ermelinda Hadey, infirmière en psychiatrie, et son mari François ont lancé ce programme en pariant sur le fait que ces animaux, réputés pour leur calme et leur sociabilité, pourraient nouer avec les patients des liens que les traitements classiques ne permettent pas toujours d’établir.
« Médecine animale »
Vendredi, les patients ont promené les ânes – Nono, Pitou, Oscar, Manolo et Malraux – dans le parc, leur ont nettoyé les sabots et, à la fin de la séance, les ont enlacés. Chaque patient est associé, au fil du temps, à un même compagnon, car la familiarité, visiblement, fonctionne dans les deux sens.
Pour Nathalie, 60 ans, l’effet est immédiat. « Quand vous prenez un médicament qui vous détend… c’est exactement pareil, dit-elle. J’appellerais ça de la médecine animale. Ça soulage. On ne pense plus au reste. »
Les patients ne sont identifiés que par leur prénom afin de préserver leur anonymat.
L’infirmière Audrey Seffar cite les progrès de Nathalie comme exemple de ce que les animaux peuvent déclencher. Au début, elle refusait de descendre de la voiturette mise à disposition des patients ayant des difficultés physiques.
« Mais petit à petit, avec des encouragements, elle l’a fait, explique Seffar. L’animal sert de médiateur. Il est tellement extraordinaire qu’aujourd’hui elle a pu quitter la voiturette et se tenir aux côtés de son âne. »
Un autre patient, Jérôme, 52 ans, estime que le programme l’aide à rompre la solitude.
« Discuter avec des gens, participer à des activités que je ne ferais pas normalement, ça m’aide dans ma vie quotidienne, dit-il. Ça permet de sortir de la routine des soins et des médicaments. Rester chez moi, ce n’est pas bon pour moi. »
« Éponges émotionnelles »
Certains des ânes sont arrivés à Ville-Evrard après avoir eux-mêmes connu la négligence ou la maltraitance – ils ont été adoptés via des refuges avant que François Hadey ne les forme au travail thérapeutique. Il décrit leurs aptitudes pour ce rôle avec un respect presque professionnel.
« Un âne est très intelligent. Il comprend très vite, mais il faut lui expliquer lentement, dit-il. Les ânes sont des animaux calmes, sereins, généralement proches des gens. Une fois engagés dans ces interactions, ils créent un lien très fort avec les patients. Ce sont des éponges émotionnelles. »
Le programme a obtenu en 2022 le statut officiel d’unité de soins, une reconnaissance administrative qui a permis de recruter trois infirmiers à temps plein, épaulés par des bénévoles d’une association pour s’occuper des animaux.
Depuis, il s’est élargi à d’autres espèces : cochons d’Inde, poules, colombes, chèvres, tortues et lapins, les plus petits animaux étant amenés directement dans les chambres des patients qui ne peuvent pas sortir.
Les séances sont gratuites pour les patients et financées par le système public de santé français. Elles sont conçues comme des interventions thérapeutiques pour des personnes souffrant d’anxiété, de dépression, d’autisme, de schizophrénie et d’autres troubles, le personnel observant des progrès en matière de régulation émotionnelle, de communication et d’estime de soi.
Ermelinda Hadey décrit ce travail comme fondé sur une forme de logique du miroir : s’occuper d’un animal, selon elle, crée les conditions pour que les patients prennent soin d’eux-mêmes.
« Nous travaillons sur l’alimentation de l’animal, ce qui nous permet d’aborder les habitudes alimentaires du patient. Nous travaillons sur l’hygiène de l’animal et, par effet miroir, sur l’hygiène du patient aussi », explique-t-elle.
Beaucoup de patients prennent des antipsychotiques ou des sédatifs qui peuvent anéantir toute motivation. C’est précisément là, dit-elle, que les ânes se rendent indispensables.
« Cela ne remplace ni un médecin ni une prescription médicale, mais cela peut aider les patients à retrouver confiance en eux et un sentiment de valeur personnelle », souligne Hadey.
Pour une meilleure reconnaissance
Malgré son succès apparent, la thérapie avec les animaux reste en marge de la pratique psychiatrique officielle – et l’équipe de Ville-Evrard voudrait que cela change.
« Pour cela, il nous faut de la recherche. Nous avons de nombreux témoignages de patients… Les soignants qui les accompagnent constatent aussi les bénéfices au quotidien. Mais les médecins ont tellement d’autres responsabilités qu’ils ne les voient pas forcément directement », explique Hadey.
Pour l’étudiante infirmière Alicia Fabi, 18 ans, les patients reviennent des séances visiblement transformés. « À chaque retour d’activité, ils disent qu’ils se sentent bien, calmes et détendus, et qu’ils ont apprécié la sortie. C’est très positif », dit-elle.
Alors que la séance de vendredi touchait à sa fin et que les patients bavardaient dans la lumière de l’après-midi, une infirmière a lâché ce qui pourrait faire office de devise officieuse de l’unité : « Les ânes sont mes meilleurs collègues. »
Un hôpital français fait appel aux ânes pour la santé mentale, les patients approuvent - Yahoo Actualités France
03 juin 2026
La "Contrôleure générale des lieux de privation de liberté" publie son rapport d'activité pour l'année 2025
Télécharger le dossier de presse
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), autorité administrative indépendante, remet chaque année au Président de la République, au Gouvernement et au Parlement un rapport d’activité qui est rendu public.
Le présent rapport, nourri des nombreuses visites du CGLPL (2 391 depuis 2008) et des courriers qui lui sont adressés (près de 3 000 en 2025), s’ouvre sur une présentation des principaux constats du CGLPL pour chaque lieu de privation de liberté relevant de sa compétence : prisons, établissements de santé mentale, centres et locaux de rétention administrative, centres éducatifs fermés et locaux de garde à vue.
Il se poursuit par la mise en perspective des avis, recommandations et rapports publics adressés par le contrôle général au Gouvernement en 2025. Le CGLPL continue son travail de suivi de ses recommandations, générales ou formulées à l’issue des visites d’établissements, et présente les suites données par les pouvoirs publics à l’ensemble des recommandations exprimées en 2022.
Sont ensuite développés le bilan de l’activité du CGLPL en 2025 ainsi que des données statistiques actualisées sur la privation de liberté en France. Enfin, des témoignages, écrits et photographiques, en illustrent concrètement les développements.
Rapport d’activité 2025 - CGLPL
02 juin 2026
Schizophrénie et troubles psychotiques : lancement d’une commission internationale d’experts
Cette initiative majeure a pour ambition de faire progresser les connaissances scientifiques, d’améliorer la prise en charge clinique et de contribuer à orienter les politiques de santé publique et les stratégies de recherche concernant l’un des troubles psychiatriques les plus complexes et les plus insuffisamment pris en compte.
La schizophrénie et les troubles psychotiques apparentés touchent environ 23 millions de personnes dans le monde (soit environ 1 personne sur 345) et sont associés à des conséquences sanitaires, sociales et économiques majeures. Malgré d’importantes avancées en génétique, neurobiologie, épidémiologie et thérapeutique, des lacunes importantes persistent en matière de diagnostic, de prévention, de prise en charge à long terme et de compréhension par le grand public. Dans les pays développés, la schizophrénie représente entre 1,5 % et 3 % des dépenses de santé.
Cette initiative est détaillée dans un Commentaire publié par The Lancet le 21 mai 2026, intitulé “Announcing the Lancet Commission on schizophrenia and psychotic disorders”, co-signé par Marion Leboyer (UPEC, AP-HP, Inserm, Fondation FondaMental, directrice scientifique du Programme de recherche français en psychiatrie de précision PEPR PROPSY – France), Michael Berk (Deakin University et Barwon Health – Australie), Bruno Pedraz-Petrozzi (Fondation FondaMental, Central Institute of Mental Health, University of Heidelberg, PEPR PROPSY – France/Allemagne) et Moritz Spangemacher (Central Institute of Mental Health, University of Heidelberg – Allemagne. *
Mieux articuler recherche et prise en charge
Pour répondre à ces enjeux, la Commission réunira données scientifiques, expertise clinique et contribution des personnes concernées afin de proposer une vision intégrée des troubles psychotiques et de leur prise en charge. Au-delà d’un état des lieux scientifique, la Commission ambitionne de proposer une feuille de route concrète face à un enjeu majeur de santé publique.
Le rapport final fournira des recommandations pratiques et fondées sur les preuves à destination des professionnels de santé — médecins généralistes, psychiatres et autres spécialistes — une synthèse des recherches et une vision stratégique des études à mener ainsi que des contenus accessibles et pédagogiques pour les patients, leurs proches et les décideurs publics à travers le monde.
Une approche globale centrée sur les personnes concernées
La Commission reconnaît les recouvrements fréquents entre schizophrénie, trouble bipolaire, dépression majeure et autres syndromes psychiatriques. Elle adoptera ainsi une approche intégrée visant à dépasser les catégories diagnostiques strictes afin de mieux refléter la complexité des troubles psychotiques.
Les personnes concernées, leurs proches et les associations de patients occupent une place centrale dans les travaux de la Commission. Leur participation contribuera à l’interprétation des données scientifiques et garantira que les recommandations soient socialement pertinentes, réalisables et porteuses d’impact.
La Commission entend également lutter contre la stigmatisation, les discriminations, l’exclusion sociale et les inégalités d’accès aux soins, avec une attention particulière portée aux territoires où les services de santé mentale demeurent limités ou insuffisamment financés.
Les Core Experts qui composent cette Commission
Le rapport final de la Commission dressera un état des lieux des avancées scientifiques et cliniques majeures dans le champ de la schizophrénie, tout en mettant en lumière les zones d’ombre qui subsistent et les priorités qui devront guider la recherche et les pratiques cliniques au cours de la prochaine décennie.
Les travaux de la Commission seront structurés autour de neuf grands chapitres portant notamment sur la validité des diagnostics, les trajectoires et stades évolutifs de la maladie, l’épidémiologie et les facteurs de risque, les mécanismes biologiques et biomarqueurs, les comorbidités psychiatriques et somatiques, la stigmatisation et les réponses sociétales, les traitements, les recommandations cliniques et de santé publique, ainsi que les priorités de recherche pour les années à venir.
Afin de garantir une couverture exhaustive de ces thématiques, plusieurs experts internationaux ont été nommés responsables scientifiques et rédactionnels et coordonnent chacun un groupe d’experts sur la thématique dont ils sont responsables :
Peter Falkai (Allemagne) : Professeur et directeur du département de psychiatrie et psychothérapie de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich, porte-parole des Centres allemands pour la santé mentale (DZPG)
Alison Yung (Australie) : Médecin, NHMRC Research Leadership Fellow et professeure de psychiatrie à l’Institute for Mental and Physical Health and Clinical Translation (IMPACT), Deakin University
Maxime Taquet (Royaume-Uni) : MSc BM BCh MRCPsych PhD, professeur associé à l’Université d’Oxford
Rob McCutcheon (Royaume-Uni) : MRCPsych, PhD, professeur associé et psychiatre consultant à l’Université d’Oxford
Dan Siskind (Australie) : MBBS, MPH, PhD, FRANZC, psychiatre clinicien universitaire au Metro South Addiction and Mental Health Service et professeur de psychiatrie à l’Université du Queensland
Nicola Reavley (Australie) : Principal Research Fellow à la Melbourne School of Population and Global Health
Mark Weiser (Israël) : division de psychiatrie du Sheba Medical Center et professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv
Andreas Meyer-Lindenberg (Allemagne) : professeur et directeur du département de psychiatrie et psychothérapie de l’Université de Heidelberg, CEO et directeur médical du Central Institute of Mental Health de Mannheim
En réunissant des experts internationaux, une approche interdisciplinaire et l’expertise des personnes concernées, la Commission entend faire évoluer la compréhension, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychotiques à l’échelle mondiale, tout en contribuant à lutter contre la stigmatisation, les discriminations et l’exclusion sociale.
*Announcing the Lancet Commission on schizophrenia and psychotic disorders - The Lancet
Communique de presse, Fondation Fondamental, Fondation Sisley-d’Ornano, 24 mais 2026
Schizophrénie et troubles psychotiques : lancement d'une commission internationale d'experts - Santé Mentale
01 juin 2026
[Livre] : Et c’est moi qu’on enferme
RÉSUMÉ
"Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes closes, des mots savants, des piqûres et des sangles qu’ils utiliseront pour me maîtriser si je me risque à exprimer le fond de ma pensée."
À trente et un ans, Philippa Motte est internée sous contrainte dans un service psychiatrique. C’est la troisième fois. Elle y reste plusieurs mois, assommée de médicaments et confrontée à la brutalité de certaines pratiques de soin. Pour tenir, elle s’allie aux autres patients et fait certaines des plus belles rencontres de sa vie. Longtemps blessée par le regard d’une société qui marginalise ceux qui souffrent psychiquement, c’est finalement dans la lutte pour préserver son identité que Philippa trouve son humanité profonde. Un récit puissant qui donne à ressentir les violences psychiatriques, et qui rend leur dignité à celles et ceux qui les subissent.
« La douleur psychique fait mal dans le corps » : Philippa Motte voit le sport comme d'un outil face à la bipolarité

