Citation :
Si chacun considère désormais le diagnostic comme une science, les
pratiques qu’il suscite relèvent plus souvent d’art, d’artisanat, de
divinations, de mercatique ou autres incantations, que de science
exacte.
Par ailleurs, certains processus pathologiques échappent encore au
concept anatomoclinique ; vous l’aurez deviné, ce sont majoritairement
les processus des troubles mentaux. Les médecins préfèrent parler de
« troubles » que de maladies tant qu’ils n’ont pas trouvé de "signature" radiologique, endoscopique, métabolique ou génétique, ni
du vivant du patient, ni après sa mort. Ces troubles sont un véritable
casse-tête pour les médecins (si l’on peut s’exprimer ainsi), mais on a
pris l’habitude de les leur confier malgré tout.
Les médecins se sont alors acharnés à trouver des « signatures » ou
« marqueurs », tels que déficit hormonal de dépression, encéphalogramme
de schizophrénie, gène d’autisme, métabolisme de maladie bipolaire,
synapses d’hyperactivité ; sans trop de succès jusqu’à présent. Faute de
diagnostic, ils ont inventé des « échelles » d’évaluation pour les
troubles de l’humeur et du comportement.
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