Nouvelles fixes
- Organisation de la formation Profamille, psychoéducation pour les familles
- Soutien du groupe musical "Les Voix de l'Aube"
- Organisation de la formation PSSM (Premiers secours en santé mentale)
Nouvelles
Nous avons besoin de vous (adhésion ou simple don)
https://www.helloasso.com/associations/troubles-psychiques-tous-partenaires
10 mars 2026
L'origine des hallucinations auditives de la schizophrénie élucidée
Une hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix.
Symptôme psychotique majeur de la schizophrénie, les hallucinations auditives verbales seraient bien le résultat d'une perception erronée des malades de leur propre discours intérieur.
Cette hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude en s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix. Des résultats obtenus par l'Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, située en Australie, et publiés dans la revue Psychological Medecine*
*Momentary dynamics of inner speech varieties, auditory verbal hallucinations, and affect in schizophrenia spectrum disorders: an experience sampling study | Psychological Medicine | Cambridge Core
L'origine des hallucinations auditives de la schizophrénie élucidée
09 mars 2026
Les Journées de la Schizophrénie sont de retour du 14 au 21 mars !
En 2026, nous avons choisi d'aborder le dévoilement.
- des événements physiques,
- une campagne grand public,
- des interventions dans les médias.
07 mars 2026
Tempête mentale : une série de podcasts pour comprendre les troubles psychiques
- la bipolarité,
- l’anxiété,
- les troubles du comportement alimentaire,
- la schizophrénie.
Chaque épisode met en scène un huis clos intérieur : une personne anonyme dialogue avec « la voix » de son trouble, interprétée par Camille Lellouche.
Grâce à ce dispositif sensible et unique, le podcast montre comment le trouble s’impose, se cache, influence, bouscule ou tente de contrôler le quotidien.
Les épisodes, courts et accessibles, sont inspirés de témoignages réels et validés par un professionnel de santé.
Ecouter la série complète
06 mars 2026
[Livre] : "Fille d'accident"
Karine Deraëdt ; éditions Hygee ; parution le 12/03/2026
Entre noirceur familiale et éclats de lucidité, Karine Deraëdt nous livre un roman coup de poing, aussi brutal que poignant. La narratrice enterre son père, et avec lui, des décennies de silence, de terreur et d’attentes déçues. Commence alors un récit sans filtre, qui navigue entre souvenirs d’enfance, internement psychiatrique et survie émotionnelle.L’écriture est vive, frontale, traversée de fulgurances poétiques et d’un humour noir salvateur.
05 mars 2026
La "Relax Box" qui apaise
La Relax Box se présente sous la forme d’une boîte à personnaliser avec divers objets sensoriels (balle antistress, huile parfumée, musique apaisante, texture douce), mais aussi des supports pour favoriser la réflexion et la mise à distance (cartes mémo, techniques de respiration ou encore petits jeux). Depuis 2024, l’unité Saint-Exupéry du Centre hospitalier d’Erstein, en Alsace, propose ce dispositif thérapeutique aux adolescents hospitalisés, notamment ceux qui souffrent de troubles psychotiques. En mobilisant les cinq sens, les jeunes apprennent à identifier leurs signaux internes et à trouver des ressources pour éviter les débordements émotionnels. La Relax Box les aide ainsi à canaliser leurs émotions, à prévenir l’automutilation et à soutenir la désescalade des crises d’anxiété ou de colère.
En pratique, au cours d’un atelier thérapeutique d’1h30 chaque lundi, l’équipe soignante travaille avec huit jeunes sur le stress, les tensions et s’attarde sur les outils à disposition de chacun (techniques d’ancrage, méthodes de relaxation…). Ce temps de réflexion constitue un moment propice pour se familiariser avec la Relax Box et apprendre à la composer.
Chaque adolescent dispose ensuite de sa boîte dans sa chambre. Quand des tensions affleurent, ou qu’un état d’agitation est palpable, les soignants proposent d’y avoir recours. Souvent, les adolescents s’en saisissent d’eux-mêmes lorsqu’ils ne se sentent pas bien. Au fur et à mesure de l’utilisation, la boîte s’étoffe et se personnalise avec des photos de famille ou des objets qui leur tiennent à cœur.
Depuis la mise en place de la Relax Box, les équipes soignantes constatent un moindre recours à l’isolement et une baisse de l’auto et de l’hétéro-agressivité. Non seulement les adolescents parviennent à mieux réguler leurs émotions, mais ils échangent aussi à partir du contenu de cette boîte, sur les techniques qui leur conviennent.
La démarche s’inscrit dans une approche de soin global et participatif. Le patient devient acteur de son parcours et cette approche personnalisée favorise la compréhension de soi et de la maladie, la confiance en soi et l’implication active du patient dans son parcours de soin.
Le projet Relax Box a reçu le 2e Prix des équipes soignantes en psychiatrie 2025 lors des 11es Rencontres soignantes en psychiatrie, en octobre 2025.
Contact : C. Martinho, cadre de santé, cecilia.martinho@ch-erstein.fr
La Relax Box qui apaise - Santé Mentale
04 mars 2026
"Soyons fous" : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés
Peut-on faire du cinéma quand on vit avec un trouble psychique et qu'on n'a jamais touché une caméra ? C'est le point de départ de Soyons Fous, documentaire réalisé par Quentin Perez et produit par Beyond Productions, né d'un autre constat : « les troubles psychiques isolent, et incitent à se taire pour ne pas être davantage isolé ».
En salles fin d'année 2026, ce film prend le contre-pied de cette triste réalité pour retracer toutes les étapes de fabrication d'un court métrage par une équipe dont la plupart des membres vivent avec une maladie mentale. Des premières réunions d'écriture à la diffusion en festival, la caméra suit un processus qui s'échelonne sur plus d'un an.
Corinne Masiero et Emmanuelle Bercot en coulisses
Avant le tournage, des professionnels du cinéma dont Corinne Masiero, Emmanuelle Bercot et le chef opérateur Philippe Rousselot ont pu transmettre les bases techniques et artistiques à l'équipe d'une quinzaine de participants. Le film a ensuite été tourné dans les Hautes-Alpes, à 2 800 mètres d'altitude, en autonomie. Apprendre à raconter une histoire, à défendre un point de vue, à travailler ensemble… Plus qu'un film, ce projet est vecteur d'insertion socio-professionnelle. Objectif ? « Tordre le cou à l'essentialisation », explique le réalisateur, autrement dit éviter de réduire une personne à son diagnostic. Le film montre le processus, avec ses contraintes, ses désaccords et ses ajustements.
Un projet de sensibilisation structuré
Labellisé « Grande Cause Nationale », ce long métrage documentaire a vocation à devenir un outil de sensibilisation. La tournée d'avant-premières a débuté en octobre 2025 et va se poursuivre dans les prochains mois dans plusieurs villes, en novembre 2025. Une avant-première est prévue le 17 février 2026 au cinéma Alésia à Paris, en présence de l'équipe du film. D'autres actions sont envisagées auprès des jeunes publics, avec l'objectif affiché de contribuer à faire évoluer les représentations du handicap psychique.
©Beyond Productions
Soyons fous : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés
03 mars 2026
Du cinéma AVEC ou SANS Handicap
Avec nos partenaires Ciné Relax, le Cinéma Vox à Strasbourg et le Cinéma Le Trèfle à Dorlisheim, l'APEH propose chaque mois une séance de cinéma ouverte à tous AVEC ou SANS handicap, pour que toutes les familles bénéficient d'un moment de détente et du plaisir d'une séance.
Ce mois-ci avec Ciné Relax, nous vous proposons "Marsupilami".
- A Strasbourg,le samedi 14 mars à 16 heures, au cinéma VOX ( le 2 ème samedi du mois).
- A Dorlisheim, le samedi 21 mars à 15h30 au cinéma Le Trèfle ( le 3 ème samedi du mois).
Des bénévoles accueillent et informent le public pour que chacun se sente bienvenu. La séance commence à l'heure, sans publicité ni bande annonce, le son est moins fort, les lumières s'éteignent progressivement et le prix du billet est modéré (4,50€). Le public est informé que chacun peut exprimer ses émotions à sa manière, sans crainte. Ce dispositif chaleureux et bienveillant facilite l'accès de tous à ce loisir culturel.
Nous vous remercions de diffuser largement auprès des familles les projections de nos séances Ciné-Relax.
Pensez à vous inscrire par mail à : apehalsace@gmail.com
- Si vous venez en groupe.
- Si vous venez avec une personne en fauteuil roulant. Le nombre de places en fauteuil roulant est limité (3 à Strasbourg et à 5 à Dorlisheim)
- Si vous avez besoin d’un audio-guide, ils sont en nombre limité.
3 rue Streicher 67120 MOLSHEIM
06 11 39 93 74
E-mail: apehalsace@gmail.com
Retrouvez nous sur notre Site Internet et Facebook
01 mars 2026
Schizophrénie débutante : vers un traitement plus précoce et plus intensif
27 février 2026
Tempêtes sous des crânes. Une vie avec des troubles psy
Je ne suis pas un malade mental, j’ai des troubles psy
Épisode n° 1
Chez les ados, un diagnostic psy qui traîne des pieds
Épisode n° 2
« J’avais un sentiment de surpuissance et en même temps, je me sentais dépassée »
Épisode n° 3
L’errance avant le diagnostic psy : « On se débat dans le noir »
Épisode n° 4
« Les médicaments ne sont pas que des substances chimiques : ils aident à vivre »
Épisode n° 5
26 février 2026
Schizophrénie : comment l’inflammation et le métabolisme influencent la résistance aux traitements
Kaori Saitoh, chercheuse en psychiatrie à l’IMRB Neuropsychiatrie translationnelle (UPEC, Inserm U955), au FHU ADAPT (UPEC, AP-HP) et à la Fondation FondaMental
La schizophrénie est une maladie mentale qui touche environ 1 % de la population au cours de la vie. Pour 20 à 30 % des patients, les traitements antipsychotiques standards ne sont pas efficaces, conduisant à une forme résistante appelée schizophrénie résistante au traitement (TRS), pour laquelle la clozapine demeure l’option thérapeutique de référence.
L’identification précoce de la TRS est essentielle mais reste difficile. Des études antérieures ont montré que les personnes atteintes de schizophrénie présentent souvent des signes d’inflammation chronique de faible intensité et un syndrome métabolique (caractérisé par une obésité, des troubles de la glycémie, des dyslipidémies et de l’hypertension artérielle). Ces deux affections, souvent interconnectées, pourraient jouer un rôle important dans la réponse au traitement.
Dans notre étude portant sur 419 patients en France, nous avons mesuré des marqueurs sanguins d’inflammation et évalué la présence d’un syndrome métabolique, puis examiné leur association avec le besoin de recourir à la clozapine.
Nous avons observé que les individus présentant une inflammation étaient plus susceptibles d’être résistants au traitement, et que ce risque était encore plus marqué chez les personnes présentant à la fois une inflammation et un syndrome métabolique. Par ailleurs, l’inflammation et le syndrome métabolique étaient tous deux significativement associés à la schizophrénie ultra-résistante, même en comparaison avec des patients répondant aux antipsychotiques standards ou à la clozapine.
Ces résultats suggèrent que l’inflammation et les troubles métaboliques pourraient constituer des indicateurs pertinents d’une mauvaise réponse au traitement. Comme ces paramètres peuvent être détectés par des analyses sanguines et potentiellement améliorés par des changements de mode de vie, ils offrent une opportunité d’intervention précoce afin d’optimiser la prise en charge. Toutefois, notre étude reposant sur des données recueillies à un seul moment, il n’a pas été possible d’établir un lien de causalité entre ces facteurs et la TRS.
L’évaluation de l’inflammation et du syndrome métabolique pourrait aider les cliniciens à identifier plus tôt les patients à haut risque et à concevoir des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Des recherches longitudinales supplémentaires seront toutefois nécessaires pour confirmer ces observations et développer des marqueurs d’inflammation réellement exploitables en pratique clinique.
Lire l'article
Actualités | Fondation FondaMental
25 février 2026
[Guide] : Communiquer en santé mentale
Mickaël Worms-Ehrminger, Ed. Presses de l’EHESP, coll. Terrains Santé Social, publié janvier 2026
Entre 2021 et 2024, l’acceptation du handicap psychique est passée de 36 % à 28 %, malgré une présence accrue de la santé mentale dans l’espace public. Érigée en Grande Cause nationale 2025, elle mobilise de nombreux acteurs, sans toutefois produire une dynamique claire et cohérente. Comme dans d’autres champs de mobilisation, la communication en santé mentale reproduit des écueils connus : narration catastrophiste, manque de perspectives positives et dilution des responsabilités. Ces biais, évitables, freinent les progrès individuels, sociétaux et systémiques.
24 février 2026
Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?
Les recommandations actuelles concernant la prise en charge de la schizophrénie font l’objet d’une révision approfondie. L’objectif est double : intégrer les dernières avancées scientifiques et adapter ces recommandations au contexte clinique contemporain, notamment au système de soins en santé mentale. Dans ce cadre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a initié un travail ciblé sur les premiers épisodes psychotiques, les personnes à risque d’évolution vers une psychose et les diagnostics et évaluations pré-thérapeutiques, avant d’aborder la prise en charge médicamenteuse (1). Comme l’a soulevé Pr Dondé Coquelet (Grenoble) lors du congrès de l’Encéphale (2), ce processus soulève des questions cruciales, notamment sur la place des biomarqueurs dans la stratification des patients et la personnalisation des soins.
Une pathologie hétérogène rendant difficile l’identification de marqueurs universels
La schizophrénie est une pathologie complexe, impliquant des dysfonctionnements dans de multiples systèmes. Pourtant, le diagnostic en pratique clinique reste catégoriel, ce qui met en lumière le besoin urgent d’une psychiatrie de précision. Les biomarqueurs suscitent un intérêt croissant dans ce contexte et leur potentiel est vaste, notamment pour : préciser le risque évolutif après un premier épisode psychotique ; affiner le diagnostic, y compris dans les formes larvaires ou atypiques ; identifier des sous-types cliniques et/ou des cibles thérapeutiques ; prédire le pronostic et la réponse aux traitements ainsi que la tolérance à ces derniers.
Bien que de nombreux marqueurs aient été étudiés (syndrome infectieux, estrogènes, délétion 22q11.2, etc.), aucun n’a encore démontré une efficacité clinique validée ou une applicabilité généralisée. En effet, pour qu’un biomarqueur soit cliniquement utile, il doit répondre à des critères stricts : sensibilité et spécificité élevées, reproductibilité, mesurabilité aisée et ubiquitaire, association à un mécanisme biologique précis et capacité à fournir une information quantitative. Or, la schizophrénie est une maladie hétérogène, ce qui rend difficile l’identification de marqueurs universels. Pour surmonter cette hétérogénéité, il est essentiel : de constituer des bases de données larges pour séparer les sous-groupes, d’analyser longitudinalement les données, car les réponses évoluent avec la maladie, et de multiplier les biomarqueurs pour affiner la précision diagnostique et pronostique.
De quelques avancées récentes et pistes prometteuses
Lors de son allocution, Pr Dondé Coquelet a présenté quelques avancées prometteuses dans ce domaine, notamment plusieurs études et cohortes, comme TONE-P (1 000 sujets évalués avec des questionnaires prépsychotiques tels que le PQ16 et le PCA) ont permis d’identifier l’anxiété sociale comme critère le plus discriminant pour évaluer le haut risque de psychose. Un autre marqueur d’intérêt pourrait être la réduction de l’amplitude de la négativité de discordance (mismatch negativity ou MMN), une réponse électrique du cerveau provoquée par n’importe quel changement dans un son ou motif sonore à partir du moment où la mémoire garde la trace des précédents stimuli, qui prédit un risque accru de conversion vers un premier épisode psychotique et une résistance médicamenteuse. On sait aussi que le cumul de biomarqueurs (EEG, IRM, IL-16) améliore la robustesse du pronostic de transition psychotique, tandis que des études récentes ont montré que les tests auditifs qui distinguent des sous-groupes de patients schizophrènes avec ou sans déficit auditif ont permis de constater que le premier groupe avait un pronostic plus sévère (plus de troubles cognitifs, plus d’impact fonctionnel, plus de décrochage scolaire) que les sujets sans déficit.
Malgré des avancées encourageantes dans ce domaine, et avant d’envisager une révision des recommandations, il est crucial d’accepter la réalité physiopathologique plurielle de la schizophrénie, de maintenir un regard critique sur la précision individuelle par rapport aux données groupales et de poursuivre les efforts de traduction des avancées scientifiques en pratique clinique, conclut le Pr Dondé Coquelet.
Haute Autorité de Santé. Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage. Juillet 2025.
Dondé Coquelet C. Le futur de la schizophrénie : vers une psychiatrie de précision ? L’encéphale. Du 21 au 23 janvier 2026 (Paris)
Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?
23 février 2026
Trouble bipolaire, santé métabolique et fonctions cognitives : ce que montre la cohorte FACE-BD
Ophélia Godin, épidémiologiste, chercheuse à la Fondation FondaMental.
En France, entre 1% et 2,5% de la population est concernée par une forme de troubles bipolaires, soit entre 650.000 et 1.600.000 personnes. Ces personnes présentent souvent des problèmes de santé associés, appelés comorbidités. Parmi eux, le syndrome métabolique touche une personne sur cinq, soit une prévalence deux fois plus élevée que dans le reste de la population. Il est caractérisé par l’association de plusieurs symptômes métaboliques : l’obésité, les troubles de la glycémie, les dyslipidémies et l’hypertension artérielle.
Parallèlement, les troubles cognitifs constituent une dimension centrale des troubles bipolaires, avec un impact durable sur le fonctionnement social, professionnel et la qualité de vie. Si un lien entre syndrome métabolique et cognition a été suggéré, les données disponibles restaient jusqu’ici limitées par des effectifs restreints ou des approches uniquement transversales.
C’est dans ce contexte qu’une étude menée à partir de la cohorte FACE-BD, qui rassemble des patients suivis dans les Centres Experts Bipolaires sur tout le territoire français, a cherché à évaluer les associations entre syndrome métabolique et performances cognitives chez les personnes vivant avec un trouble bipolaire, en croisant une analyse transversale et un suivi longitudinal. Coordonnée par la Fondation FondaMental, FACE-BD est la première cohorte mise en place sur le territoire national permettant un bilan approfondi et un suivi à long terme des personnes atteintes de troubles bipolaires.
Les chercheurs ont analysé les données de 1 175 personnes atteintes de trouble bipolaire. Toutes ont passé des évaluations cliniques et des tests neuropsychologiques standardisés permettant de mesurer leurs performances cognitives. Un indice global de cognition a été calculé à partir de ces tests. Parmi elles, 367 personnes ont été réévaluées deux ans plus tard afin d’observer l’évolution de leurs performances dans le temps. Les analyses ont pris en compte plusieurs facteurs, comme l’âge, le sexe, le niveau d’études, les traitements et les comorbidités addictives.
Les résultats montrent que le syndrome métabolique était présent chez 21,5 % des participants. Les analyses transversales mettent en évidence une association entre la présence d’un syndrome métabolique et des performances cognitives plus faibles. Les personnes concernées présentent notamment un indice cognitif global inférieur, ainsi que des performances réduites en flexibilité cognitive, en inhibition et en mémoire verbale. Ces associations persistent après ajustement sur les principaux facteurs cliniques et sociodémographiques.
En revanche, sur une période de deux ans, les chercheurs n’ont pas observé de modification significative des capacités cognitive liée au syndrome métabolique. Autrement dit, ce syndrome serait associé à des performances cognitives plus faibles, mais pas à un déclin cognitif au cours de la période de suivi. Des études longitudinales complémentaires demeurent nécessaires pour mieux caractériser l’évolution de ces associations à plus long terme.
Ces données soulignent l’importance d’un dépistage systématique et rigoureux des anomalies métaboliques chez les personnes vivant avec un trouble bipolaire. Dépister tôt des problèmes comme le surpoids, l’hypertension, le cholestérol ou la glycémie permet de les traiter rapidement et d’éviter des complications.
En parallèle, il est important d’identifier et d’accompagner les difficultés cognitives, par exemple la mémoire, l’attention ou la capacité à s’adapter aux situations du quotidien. Des interventions adaptées - comme des programmes de rééducation cognitive ou un suivi psychologique - peuvent aider les patients à rester autonomes et à améliorer leur fonctionnement social et professionnel.
Lire l'article
Actualités | Fondation FondaMental
21 février 2026
L’Occitanie s’engage collectivement pour réduire les pratiques d’isolement et de contention
A. Salis (Ferrepsy), I. Garcia (CH Béziers), B. Le Floch Meunier (SRA Occitanie), M. Bordes (Ferrpsy),
J. J Morfoisse (SRA Occitanie), F. Olivier (Ferrepsy), R. Haoui (CH Béziers/Ferrepsy).
Les pratiques d’isolement et de contention constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour la psychiatrie, à la croisée des impératifs cliniques et du respect des droits des patients, dans une recherche d’équilibre au cœur d’une réflexion éthique sur les soins. La loi du 22 janvier 2022 (1) a profondément modifié le cadre juridique de ces mesures, en renforçant leur encadrement et le contrôle judiciaire, tout en réaffirmant leur caractère de dernier recours.
La réduction du recours à l’isolement et à la contention constitue un axe majeur de réflexion et de recherche pour la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (Ferrepsy) depuis sa création. À ce titre, la Ferrepsy a conduit plusieurs travaux, dont la première étude multicentrique menée auprès des établissements autorisés de l’ex Midi-Pyrénées (2), une étude qualitative portant sur le vécu des patients (3), ainsi qu’une étude multicentrique en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, dont les résultats font actuellement l’objet d’un article en cours de rédaction.
C’est dans ce contexte que l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a confié à la Ferrepsy, à la Structure Régionale d’Appui à la qualité et à la sécurité des soins (SRA) Occitanie une mission régionale inédite. Elle vise à coordonner et à accompagner des établissements autorisés à réaliser des soins sans consentement, afin de réduire durablement le recours à l’isolement et à la contention sur l’ensemble du territoire occitan.
La démarche régionale s’articule autour de quatre grandes étapes : la création d’une dynamique collective regroupant les établissements et les professionnels de terrain, la réalisation d’une enquête régionale pour objectiver et analyser les pratiques, le recueil d’indicateurs partagés et le déploiement progressif d’une Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) régionale, destinée à structurer l’amélioration continue. Cette organisation permet de combiner animation territoriale, partage de savoir-faire, échanges inter-établissements et évaluation formalisée des pratiques, en cohérence avec les recommandations nationales et les objectifs de moindre recours à l’isolement et à la contention.
Une mission régionale structurante et fédératrice
Conduite depuis octobre 2022, cette mission a pour ambition d’animer et de structurer une communauté régionale de référents et de binômes soignants impliqués dans la mise en place des stratégies de moindre recours « isolement/contention » au sein des établissements.
Vingt-et-un établissements, couvrant l’ensemble de la région Occitanie, ont été mobilisés, avec la participation d’environnement 150 professionnels tout au long du projet, en tenant compte du turn-over des équipes.
Découvrez la Journée Régionale d’échange moindre recours isolement et contention, Ferrepsy Occitanie, en vidéo.
1 – Article 17 – LOI n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, Légifrance, en ligne: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000045062872
2 – J.L. Senon, R. Carré, S. Porteau, A. Clénet, V. Dujardin, R. Haoui, Contention en psychiatrie : de nouvelles approches pour mieux la comprendre – Epidémiologie de la contention : première étude en France sur 13 établissements psychiatriques (Ferrepsy-Occitanie), French Journal of Psychiatry, https://doi.org/10.1016/S2590-2415(19)30012-1.
3 – Carré, R., Moncany, A.-H., Schmitt, L. et Haoui, R. (2017). Contention physique en psychiatrie : étude qualitative du vécu des patients. L’information psychiatrique, 93(5), 393-397. https://doi.org/10.1684/ipe.2017.1644
(…) Un article à télécharger gratuitement en pdf
L'Occitanie s'engage collectivement pour réduire les pratiques d'isolement et de contention - Santé Mentale
20 février 2026
Rencontre avec Charles Nécol, président de la Coordination régionale Santé mentale France Grand Est
Son action témoigne d’un attachement constant à l’ancrage territorial et d’une volonté de décloisonner les pratiques, en articulant le local et le national. Il défend avec conviction une santé mentale fondée sur les droits, la citoyenneté, le pouvoir d’agir et la participation des personnes concernées, considérant leur parole comme un levier essentiel pour orienter les démarches et transformer durablement les pratiques.
Lire l’interview complète
19 février 2026
Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation !
Dans un communiqué commun, des associations d’usagers et de professionnels de la psychiatrie s’insurgent contre une nouvelle proposition de loi qui envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Selon eux, cette dérive législative crée la confusion entre maladie psychiatrique et radicalisation et va à l’encontre des recommandations de bonnes pratiques médicales de l’Haute autorité de santé.
Les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts souhaitent alerter sur les dangers de la Proposition de loi (PPL) visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat, n° 2180, déposée le mardi 2 décembre 2025, notamment sur la confusion véhiculée entre radicalisation et troubles psychiatriques, et sur les conséquences potentiellement désastreuses sur le système de soins psychiatriques d’une part et la sécurité de la société dans son ensemble d’autre part.
En préambule, si la PPL s’appuie sur 2 exemples dramatiques qui nécessitent une réflexion approfondie sur le devenir des personnes sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF), rappelons qu’à ce jour aucune étude ne montre de lien entre maladie mentale et terrorisme. En outre, le deuxième crime mentionné ne concerne pas une problématique terroriste mais une problématique de violence sexuelle, qui, si elle n’est pas moins dramatique, appelle des réponses différentes (cf audition au Sénat).
Cette nouvelle proposition de loi envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous OQTF. Il existe déjà des dispositifs d’évaluation au niveau départemental et national spécifiquement dédiés aux personnes radicalisées, dans lesquels des psychiatres interviennent, précisément afin d’identifier les rares situations relevant de soins psychiatriques :
-Les groupes d’évaluation départementaux (GED),
-Les dispositifs régionaux d’appui et de soutien des professionnels (CRESAM),
-L’unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) au niveau national.
Lorsque la dangerosité d’un individu est en lien avec une pathologie psychiatrique, la loi permet déjà d’imposer une hospitalisation sous contrainte par arrêté municipal (en urgence) ou préfectoral (mesure de soins sans consentement sur décision du représentant de l’Etat), sur la base d’un certificat médical, et ce sans attendre un passage à l’acte.
Cependant, comme déjà souligné lors de plusieurs auditions de professionnels et d’experts de la psychiatrie devant le Sénat (en matière de violences sexuelles notamment), par définition et hors situation d’urgence, aucun parcours de soin cohérent ne peut être déployé pour une personne sous OQTF, dans l’incertitude permanente d’une expulsion à venir, rendant par là même inefficace la perspective d’un soin contribuant à la réduction des risques de violence pour des sujets malades.
Cette nouvelle PPL propose donc des réponses à forte puissance symbolique avec des effets contre-productif sur le plan global et systémique, puisque affaiblissant encore l’offre de soins pour les personnes qui en relèvent réellement. Cette approche détourne également l’attention sur les réels leviers et les nombreux problèmes qui alimentent ces parcours et aggravent le risque de commettre des actes violents (destruction du filet social, précarisation administrative des individus, solitude, addictions, désinsertion, etc…).
Enfin, plutôt que de subir avec la population générale, une dégradation du cadre de vie et des injonctions paradoxales, les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts, qui restent attachés à la prévention des actes terroristes et à la sécurité publique, rappellent que la psychiatrie ne doit pas être instrumentalisée comme un outil de gestion de la dangerosité ou de la politique migratoire. Ils réaffirment leur volonté de contribuer au plus près du législateur et des pouvoirs publics à l’évolution d’un cadre législatif et sanitaire à la fois cohérent et efficient.
Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation ! - Santé Mentale
18 février 2026
Démission du Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie : le Collectif Santé mentale Grande Cause nationale demande des garanties claires sur la future gouvernance
● Un pilotage national fort et durable : une autorité clairement identifiée, dotée de moyens et d’une légitimité suffisante pour garantir la construction, la mise en œuvre, la cohérence et la continuité de la stratégie nationale de santé mentale.
● Une coordination interministérielle : une mobilisation structurée de l'ensemble des ministères qui intègre effectivement la santé mentale dans l’ensemble des politiques publiques (éducation, travail, logement, justice, jeunesse, solidarités, budget, etc.)
● Une gouvernance nationale concertée et participative : un pilotage associant durablement partenaires, professionnels et personnes concernées, dans une logique de transparence et de co-construction.
● Une déclinaison territoriale structurée : la mise en place et le renforcement de gouvernances régionales et infra-régionales clairement identifiées, capables d’assurer ces mêmes exigences de transversalité, de participation et de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé mentale. Cette gouvernance devra être pleinement ancrée dans une approche de santé publique. Le collectif sera particulièrement vigilant à ce qu'elle ne soit pas subordonnée à d’autres logiques, notamment sécuritaires. Le Collectif Grande Cause appelle désormais le Gouvernement à transformer rapidement ses annonces en décisions concrètes et à garantir un pilotage à la hauteur du renouvellement de la Grande Cause Nationale et des enjeux d’amélioration durable de la santé mentale des populations.
Démission du Délégué ministériel à la santé mentale : réaction du Collectif Grande Cause nationale - Santé mentale France
17 février 2026
Centres Experts : un réseau national pour améliorer la prise en charge des patients et des aidants
Un réseau national pour améliorer la prise en charge des patients et des aidants
Pour renforcer la qualité et l’efficacité de la prise en charge, la Fondation FondaMental a conçu et coordonne les Centres Experts. Hébergés au sein de services hospitaliers (sectorisés ou universitaires) partout en France, ces les Centres Experts proposent des bilans diagnostiques pluridisciplinaires, spécialisés, exhaustifs et standardisés. Ils permettent d’établir une évaluation précise et de formuler des recommandations thérapeutiques personnalisées.
Les Centres Experts couvrent quatre pathologies
- Bilan Dépressions résistantes
- Bilan Schizophrénie
- Bilan Troubles bipolaires
- Bilan Troubles du spectre de l’autisme
Tous les Centres Experts utilisent les mêmes outils d’évaluation, adaptés à chaque pathologie, et collaborent en mettant en commun les données recueillies. Les données cliniques et biologiques des patients consentants sont ainsi analysées, ouvrant la voie à la psychiatrie de précision, une approche innovante et individualisée de la psychiatrie de demain.
Les conditions d’accès en Centre Expert
Les Centres Experts s’adressent :
- aux patients déjà diagnostiqués,
- mais aussi aux personnes chez qui un trouble est suspecté et qui souhaitent bénéficier d’une évaluation diagnostique approfondie.
Les modalités d’accès
Les Centres Experts reçoivent uniquement sur demande écrite d’un psychiatre référent, transmise
En orientant son patient vers un Centre Expert, le psychiatre bénéficie d’un regard extérieur et de l’expertise pluridisciplinaire de l’équipe. Dans certains cas, l’adressage peut également être effectué par un médecin généraliste, mais cette possibilité dépend des Centres : il est donc recommandé de vérifier directement auprès du Centre le plus proche.
Contribution des patients à la recherche
Les patients reçus en consultation participent directement aux progrès de la recherche et contribuent à enrichir les connaissances sur leur maladie. L’analyse des données cliniques anonymisées permet d’étudier les facteurs de risque, l’évolution des pathologies et l’efficacité des traitements. Selon les cas, les patients peuvent également participer à des projets de recherche spécifiques.
Les Centres Experts | Maladies Mentales | Fondation FondaMental
16 février 2026
Non, un régime riche en gras ne soigne pas la schizophrénie !
C’est la dernière allégation du ministre de la santé américain Robert F. Kennedy Jr. Si ce régime dit cétogène a démontré un intérêt dans certaines formes d'épilepsie, les données restent aujourd’hui beaucoup trop préliminaires concernant la schizophrénie.
Avec Boris Chaumette, psychiatre et enseignant-chercheur à l’Université Paris Cité, à l’INSERM et à l’Institut Robert-Debré du Cerveau de l'Enfant
Derrière ce nom de cétogène se cache un régime - et c’est un peu contre intuitif - un régime riche en graisses. Il consiste à réduire drastiquement les glucides, sucre, riz, pâtes, mais aussi une bonne partie des légumes et fruits, au profit de beaucoup de gras.
Un régime très gras utilisé dans certains cas d'épilepsie
Puisqu’il n’y a plus de glucides, le corps doit changer son métabolisme et se servir des graisses plutôt que le glucose comme carburant, c’est ce qu’on appelle la cétose. Évacuons d’emblée la question de la perte de poids, ce n’est pas un régime recommandé comme stratégie durable à ce niveau-là. En revanche, il est vrai qu’il a été étudié dans certaines pathologies neurologiques, notamment l’épilepsie.
Le psychiatre Boris Chaumette explique que le régime cétogène modifie profondément les voies du métabolisme en changeant le carburant énergétique des cellules, notamment au niveau des mitochondries qui sont nos usines énergétiques. « Quand les mitochondries sont dysfonctionnelles, elles peuvent générer du stress oxydatif et favoriser la mort cellulaire. Donc une des vertus du régime cétogène, c'est d'éviter cette mitochondrie et que les nutriments aillent dans d'autres voies et donc ne passent pas par cette usine défectueuse ». En fournissant une source d’énergie alternative, le régime cétogène peut réduire ce stress dans ces pathologies et a montré des bénéfices cliniques dans certaines formes d’épilepsie pharmacorésistantes. Pour l’une d’entre elle d’ailleurs, le déficit en GLUT1, c’est même un traitement de référence.
Pour la schizophrénie, une surinterprétation de résultats extrêmement limités
Pour une fraction de patients atteints de schizophrénie cette fois, certains scientifiques soupçonnent des anomalies de la mitochondrie, c’est ce parallèle qui a conduit à faire du régime cétogène une piste actuelle de recherche. Mais, évidemment, il y un « mais »... Kennedy, dans sa prise de parole au Tennessee State Capitol mercredi dernier, évoque les travaux récents d’un chercheur, vraisemblablement Christopher Palmer. Ce scientifique a bien publié une étude en juin 2019 dans Schizophrenia Research mais elle concerne seulement 2 patients.
Pour Boris Chaumette, ces observations restent largement insuffisantes pour tirer des conclusions générales : « Des patients qui bénéficient de certaines approches, ça c'est toujours intéressant, mais ça ne fait pas une loi pour autant. » De plus, l'étude est un rapport de cas et elle a été menée sans protocole en double aveugle. Ce qui signifie que patient et médecin connaisse la nature du traitement, ce qui expose à des biais. Il faudrait répliquer les résultats, déterminer à qui s'adresse vraiment ce type de régime et poursuivre les études. Des essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer rigoureusement cette piste. Mais à ce stade, selon Boris Chaumette, présenter le régime cétogène comme un traitement relève d'une « surinterprétation de résultats extrêmement limités. »
Des recommandations nutritionnelles à contre-courant
Ces déclarations s’inscrivent dans une vision plus large défendue par Robert F. Kennedy Jr pour sa campagne « Take Back Your Health », soit « Reprenez en main votre santé ». Le ministre de la santé affiche une recherche permanente de causes extérieures à des maladies dont la part génétique et biologique est importante, comme on l’a vu dans ses prises de position sur les vaccins et l’autisme. Et puis, on note également la présence d’un discours nutritionnel qui encourage une alimentation très riche en graisses animales, aux antipodes des recommandations de ces dernières décennies.
Peut-être qu’un jour, pour des profils très spécifiques de patients, le régime cétogène pourrait devenir un outil. C’est la logique de la médecine personnalisée ou de précision. Mais le régime cétogène ne soignera certainement jamais cette maladie. La schizophrénie est une pathologie chronique. Et si les traitements actuels améliorent nettement la santé et le quotidien des patients, on n’en guérit pas pour autant. La chronique est à écouter pour entendre l'intégralité des explications de Boris Chaumette.
Non, un régime riche en gras ne soigne pas la schizophrénie | France Culture
15 février 2026
Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique
Avec la création d’établissements pénitentiaires spécifiques pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger plutôt que comme une souffrance à accompagner, déplore un collectif de psychiatres et de magistrats, dans une tribune au « Monde ».
Publié le 04 février 2026
Alors que le gouvernement a proclamé 2025 « année de la santé mentale » et a décidé de la prolonger en 2026, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, propose de créer des établissements pénitentiaires spécifiquement destinés aux personnes incarcérées souffrant de troubles psychiatriques. Ce choix, parce qu’il inscrit la prise en charge dans un cadre carcéral, dans un contexte où la psychiatrie publique de droit commun est profondément fragilisée, place d’emblée la souffrance psychique sous une logique de gestion du risque plutôt que dans celle du soin. Il ne s’agit pas ici de nier la souffrance des prisons françaises, ni de céder à la tentation d’opposer la sécurité aux soins. Il s’agit d’expliquer pourquoi la proposition avancée constitue une entrave au principe du soin, mission essentielle d’Etat.
L’idée avancée paraît simple : regrouper ces personnes dans un même lieu permettrait de mieux les prendre en charge. Mais c’est précisément cette inversion qui pose problème. Dès lors que le cadre est pénitentiaire, la maladie mentale est traitée comme un facteur de danger à organiser plutôt que comme une souffrance à accompagner. C’est d’ailleurs une tension qui encombre chaque jour les soignants en milieu pénitentiaire, dans les dispositifs de soins psychiatriques implantés dans les prisons, comme dans les neuf unités hospitalières spécialement aménagées.
La simple phrase : « Avez-vous bien pris votre traitement ? », prononcée en prison dans un quotidien rythmé par l’enfermement, les contrôles et les mesures d’ordre risque systématiquement d’éloigner la personne détenue du soin en l’associant à ces enjeux judiciaires. Cela risque également de fragiliser l’établissement d’une confiance et d’empêcher ainsi la mise en place d’une réelle alliance thérapeutique avec les soignants, ces derniers ayant pour mission principale l’apaisement d’une souffrance personnelle...
« Transformer la prison en réponse à la souffrance psychique est une impasse clinique, éthique et politique »
14 février 2026
Psychik : le podcast consacré à la santé mentale
Laurent Karila : Psychik | France TV
12 février 2026
L'effectivité des voies de recours en psychiatrie
"L'effectivité des voies de recours en psychiatrie".
Publié le 22/01/2026
Depuis le début des années 2010, des décisions du Conseil constitutionnel ont progressivement contraint le législateur à renforcer l’encadrement du recours aux soins psychiatriques sans consentement et à le soumettre à un contrôle juridictionnel. Par la suite, une définition du recours à l’isolement et à la contention en psychiatrie a été inscrite dans le code de la santé publique et ces mesures ont également été soumises au contrôle du juge.
En France, en 2022, 285 947 personnes majeures ont été hospitalisées à temps plein en psychiatrie, dont 76 000 sans leur consentement. Lors de ses visites, le CGLPL constate de nombreuses atteintes aux droits des patients, en particulier concernant leur liberté d’aller et de venir et le recours à des mesures d’isolement et de contention hors du cadre strict défini par le code de la santé publique. Certains dysfonctionnements s’expliquent, au moins en partie, par la crise que traverse aujourd’hui la psychiatrie française, s’agissant tant de conditions d’accès dégradées, de la pénurie de moyens ou encore d’inégalités territoriales.
Le CGLPL a souhaité procéder à une évaluation de l’effectivité de ce contrôle juridictionnel et examiner les autres voies contentieuses permettant l’amélioration de la situation des patients en soins sans consentement, étant précisé que le recours contentieux ne saurait constituer l’unique réponse au besoin de protection des droits fondamentaux.
La protection des droits des patients hospitalisés sans leur consentement passe par l’amélioration de la prise en compte de ces droits dans le cadre de la procédure de contrôle juridictionnel existante et par le développement d’autres types de contentieux de nature à contribuer à une évolution des pratiques. De telles évolutions ne sauraient toutefois se passer du déploiement d’une politique ambitieuse de moindre recours aux soins sans consentement et aux mesures d’isolement et de contention.
Ce rapport présente les voies de contrôle juridictionnel prévues par le droit au bénéfice des patients placés en soins sans consentement ou objet de mesures d’isolement et de contention, dresse un bilan de leurs effets sur les droits des patients et propose diverses pistes d’évolution pour renforcer ces effets.
Télécharger le rapport dans son intégralité
L'effectivité des voies de recours en psychiatrie - CGLPL
11 février 2026
[BD] : Le monde est psy ! Voyage en santé mentale
RÉSUMÉ
Entre conversation intime et enquête documentaire, ce roman graphique dessiné par Laurent Richard déjoue les idées reçues sur la psychiatrie. À travers un échange vivant entre Jasmina Mallet, psychiatre spécialiste des neurosciences, et Benoît Broyart, écrivain passionné par les liens entre maladie mentale et création artistique, découvrez une approche à la fois humaine des troubles bipolaires, schizophrénie, autisme : ce livre lève le voile sur ces réalités qui concernent près d'un Français sur cinq. Un parcours initiatique qui mêle histoire de la psychiatrie, témoignages, anecdotes personnelles et réflexions sur notre rapport à la santé mentale.
Une bande dessinée à la fois informative et profondément emphatique, qui invite le lecteur à déstigmatiser la maladie mentale et à regarder différemment la souffrance psychique.
10 février 2026
Congrès français de psychiatrie 2025 : la psychiatrie en exploration
Au-delà des psychotropes classiques, la psychiatrie explore des possibilités de traitements de plus en plus variées, comme en témoigne le 17e Congrès français de psychiatrie (CFP – Cannes, du 10 au13 décembre).
Sommaire
Lumière sur la luminothérapie !
La kétamine trop peu utilisée ?
Psychédéliques et cannabidiol à l’étude contre l’alcool
Bientôt un consensus pour optimiser l’usage des antidépresseurs chez le sujet âgé
Environnement et autisme : rien n’est encore prouvé
Un lien entre TDAH et obésité
SMS du Congrès français de psychiatrie 2025
CFP 2025 : la psychiatrie en exploration | Le Quotidien du Médecin
09 février 2026
[Guide] : Full santé mentale
Dans un monde ultra-connecté où règne le culte de la performance, comment aborder le rapport à soi, à son corps, aux autres, au travail et au monde ?
RÉSUMÉ
Ce livre explore sans tabou les sujets de société qui questionnent la santé mentale des jeunes générations, et pas que : identité, diet culture, relations affectives, FOMO (fear of missing out), fête, solitude, burn-out, éco-anxiété… Quels impacts ont-ils sur notre santé mentale ? Comment parvenir à trouver le bon équilibre ?
Ce guide rempli de références culturelles vous donne des clés de lecture pour comprendre ce qui se passe dans nos têtes ainsi que dans la société. Il vous apprend à détecter les signaux d’alerte et à demander de l’aide sans culpabiliser ! Loin des positions moralisatrices sur la santé mentale, vous y retrouverez :
- Des thématiques sociétales résolument dans l’ère du temps
- Un point de vue décomplexé pour changer nos représentations
- Des conseils et des ressources pour aller mieux
- Des interviews d’expert·es reconnu·es
Avec la contribution du Dr Antoine Pelissolo, psychiatre
https://www.vuibert.fr/livre/9782311151497-full-sante-mentale
04 février 2026
Chez les moins de 30 ans, les troubles psychotiques progressent de 37 % !
03 février 2026
[Guide] : Handicap psychique : Ressources
Parce qu’en France les troubles psychiques pâtissent d’un manque de moyens et de considération par les pouvoirs publics, des personnes malades et/ou en situation de handicap psychique sont laissées sur le bord de la route, à la charge de leurs aidants tant sur le plan sanitaire que sur le plan de l’accompagnement médico-social, social ou sur le plan financier.
Cette charge mentale pèse lourdement sur les familles. 93 % d’entre elles ne sont pas confiantes dans l’accueil et l’accompagnement dont pourra bénéficier leur proche lorsqu’elles ne seront plus là. Ce chiffre alarmant de notre baromètre 2023 ne témoigne pas d’une peur irrationnelle, mais d’une inquiétude fondée. Les familles savent que sans leur aide leur proche connaît un risque plus élevé de se précariser et d’être privé de tous ses droits.
Ce livret a pour objectif d’aider les familles à mieux appréhender les droits de leur proche, et à organiser le passage de relais en s’appuyant sur le droit commun et les droits spécifiques relatifs au handicap.
02 février 2026
La stimulation cérébrale peut-elle améliorer les capacités d’anticipation altérées dans le TDAH et la schizophrénie ?
Dr. Anne Giersch, directrice de recherche à l’INSERM et responsable de l’équipe ‘Psychiatrie’ dans l’Unité Strasbourg Translational Neuroscience & Psychiatry à Strasbourg. Elle s’intéresse aux troubles du sens de soi dans la schizophrénie, en lien avec des expériences de perception du temps inhabituelles et fragmentées.
Le projet du Dr. Anne Giersch, intitulé « Attention et anticipation : quelles altérations dans le TDAH et la schizophrénie et quels effets de la TMS sur le cervelet CRUS I/II ?» est financé par la Fondation à hauteur de 80 000€ dans le cadre de l’appel à projets 2025 « les mécanismes sous-tendant des approches thérapeutiques communes aux maladies du cerveau ».
Que ce soit pour attraper le bus à temps ou éviter un obstacle en marchant, notre cerveau doit constamment anticiper ce qui va se passer et rester concentré au bon moment. Cette capacité à prévoir un événement futur et préparer une action adaptée avant qu’il n’arrive correspond à l’anticipation temporelle, étroitement liée à la capacité à maintenir l’attention dans le temps. Ces fonctions sont souvent altérées dans des troubles comme la schizophrénie et le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). La stimulation magnétique transcrânienne (TMS), technique non invasive de stimulation cérébrale, représente un espoir pour ces pathologies, mais son efficacité reste encore à démontrer. Cibler le cervelet apparaît comme une piste prometteuse mais peu encore exploitée en raison d’une connaissance limitée de ses effets et mécanismes. Ce projet vise à évaluer les effets de la stimulation magnétique transcrânienne dans la schizophrénie et le TDAH, afin d’en optimiser l’efficacité et de contribuer au développement de nouvelles approches de traitement pour les patients atteints de ces troubles.
Attention et prédiction : des mécanismes de l’anticipation altérés dans la schizophrénie et le TDAH
Traiter une information sensorielle en détail prend du temps. C’est pourquoi il est nécessaire d’anticiper les informations à venir afin de rester connecté avec son environnement. L’anticipation temporelle repose sur deux mécanismes complémentaires : des processus attentionnels, qui permettent de maintenir l’information dans le temps, et des mécanismes de prédiction automatiques, qui permettent au cerveau de prédire le déroulement d’un évènement de façon rapide et implicite. Le premier mécanisme est altéré dans la schizophrénie et le TDAH. Et les travaux du Dr. Anne Giersch et son équipe ont suggéré que les mécanismes automatiques sont altérés en cas de schizophrénie. Ces altérations expliqueraient les difficultés des patients à se connecter à ce qui les entoure, jusqu’à se confondre avec leur environnement et perdre la perception de leurs limites corporelles, et leur sens de soi.
La stimulation magnétique transcrânienne, une piste thérapeutique potentielle pour le TDAH et la schizophrénie
La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) est une technique non invasive de stimulation du cerveau, qui représente un espoir pour de nombreuses pathologies psychiatriques mais qui n’a pas encore fait la preuve de son efficacité dans la schizophrénie ou le TDAH. Leur application reste limitée en raison du manque de connaissance sur leurs effets et leur mode d’action. L’objectif du projet, réalisé chez l’homme et la souris, est de réunir les éléments qui permettront d’éclairer les choix des modes de stimulation les plus efficaces pour ces deux troubles.
Cibler les processus d’anticipation altérés dans la schizophrénie et le TDAH en stimulant le cervelet
Les travaux antérieurs des chercheurs suggéraient l’implication du cervelet dans les capacités d’anticipation. En effet, leurs données indiquent que la TMS appliquée sur le cervelet permet d’améliorer les capacités de prédiction temporelle chez des volontaires sains. Le projet permettra de savoir si la TMS a ces effets bénéfiques par une amélioration de l’attention ou de mécanismes plus automatiques. En parallèle, les chercheurs distingueront les mécanismes attentionnels et automatiques dans la schizophrénie et le TDAH. Il s’agit de savoir quelles altérations peuvent être remédiées dans chacune de ces pathologies à l’aide de la TMS.
Vers des protocoles de stimulation plus efficaces pour la schizophrénie et le TDAH
L’application d’un protocole très similaire chez la souris est destinée à vérifier si d’autres protocoles de stimulation sont plus efficaces que ceux utilisés habituellement chez l’homme. Cette étape par l’animal permet d’éviter des études chez l’homme qui pourraient être pénibles pour les volontaires.
Ce projet permettra d’évaluer le potentiel thérapeutique de la stimulation magnétique transcrânienne dans la schizophrénie et le TDAH, afin d’en optimiser l’efficacité et de contribuer au développement de nouvelles approches de traitement pour ces troubles.
Equipes et partenaire
Le projet associe les équipes aux expertises complémentaires du Dr. Anne Giersch (Strasbourg), pour son expertise dans l’étude des troubles cognitifs liés aux pathologies psychiatriques, du Dr. Anne Bonnefond (Lyon) qui explore de longue date les troubles de l’attention soutenue, du Dr. Sébastien Weibel (Strasbourg), spécialiste reconnu du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et l’équipe du Dr. Philippe Isope (Strasbourg) spécialiste du rôle du cervelet dans le traitement temporel des informations.
La stimulation cérébrale peut-elle améliorer les capacités d’anticipation altérées dans le TDAH et la schizophrénie ? - Fondation pour la Recherche sur le Cerveau
31 janvier 2026
Schizophrénie : le rôle inattendu du cervelet
Une équipe de l’UNIGE et des HUG décrit pour la première fois l’interaction entre le cervelet et le système de récompense chez les personnes atteintes de schizophrénie.
Apathie, retrait social, perte de motivation: les symptômes dits «négatifs» de la schizophrénie sont parmi les plus invalidants et les plus difficiles à traiter. Une équipe de l’Université de Genève (UNIGE) révèle aujourd’hui le rôle inattendu du cervelet dans leur apparition, via sa capacité à moduler le système cérébral de la récompense. Ce mécanisme, jusqu’ici peu exploré, ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblées et non invasives. L’étude est publiée dans Biological Psychiatry*.
Trouble neuropsychiatrique affectant 1 % de la population, la schizophrénie est connue pour ses symptômes hallucinatoires ou délirants. Mais la maladie se caractérise également par une forte apathie, une difficulté à ressentir du plaisir et un retrait social progressif. Ces symptômes dits «négatifs», pour lesquels il n’existe pas de traitement, sont particulièrement invalidants.
Nous montrons qu’une régulation renforcée du cervelet sur le système de récompense s’accompagne d’une atténuation des symptômes négatifs et inversement.
Plusieurs études ont montré que des anomalies du système de la récompense – et plus précisément de l’aire tegmentale ventrale (ATV) productrice de la dopamine – sont associées à ces symptômes. L’ATV serait en effet suractivée chez les personnes atteintes de schizophrénie, engendrant une impression que «tout se vaut» et donc une absence de motivation.
Le cervelet, un régulateur caché
Dans une étude novatrice, une équipe de l’UNIGE et des HUG montre que le cervelet joue un rôle clé dans la régulation, ou la dérégulation, de ce mécanisme via l’ATV. «Notre ‘‘petit cerveau’’ abrite en réalité 50% de nos neurones. S’il a longtemps été cantonné à son rôle strictement moteur, on découvre aujourd’hui qu’il assure aussi des fonctions émotionnelles et cognitives importantes», explique Indrit Bègue, professeure assistante au sein du Laboratoire de neuroimagerie et psychiatrie translationnelle du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’UNIGE, au Centre Synapsy de recherche en neurosciences pour la santé mentale, et médecin hospitalo-universitaire au Service de psychiatrie adulte des HUG, qui a dirigé ses travaux.
Grâce au suivi de 146 patients et patientes, sur une période allant de 3 à 9 mois, ainsi qu’à l’analyse d’une cohorte indépendante de validation, l’équipe a observé et décrit pour la première fois l’interconnexion entre le cervelet et l’ATV dans le contexte de la schizophrénie. «Nous montrons qu’une régulation renforcée du cervelet sur le système de récompense s’accompagne d’une atténuation des symptômes négatifs et inversement. Ce mécanisme inédit ouvre des perspectives pour développer des approches thérapeutiques ciblées», explique Jade Awada, doctorante dans l’équipe d’Indrit Bègue, au Laboratoire de neuroimagerie et psychiatrie translationnelle du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’UNIGE ainsi qu’au Centre Synapsy de recherche en neurosciences pour la santé mentale, première auteure de l’étude. Ces analyses ont été réalisées par Jade Awada et Farnaz Delavari, co-première auteure de l’étude et chercheuse dans le laboratoire du Pr Stephan Eliez.
Une cible thérapeutique accessible?
Contrairement à l’ATV, située dans les couches profondes du cerveau, le cervelet est localisé en surface, à l’arrière du crâne. Il est donc beaucoup plus accessible et peut faire l’objet d’interventions non-invasives, comme la stimulation magnétique transcrânienne. «Il s’agit de générer des champs magnétiques à proximité de la zone cérébrale ciblée – ici le cervelet – pour la stimuler et la renforcer. Nous sommes actuellement en train d’évaluer les possibilités de ce dispositif pour ‘‘soigner’’ le circuit entre le cervelet et l’ATV mis en évidence dans notre étude», indique Indrit Bègue. Un essai randomisé contrôlé, financé par la Fondation Leenaards (Prix Scientifique 2023) et la Fondation Privée des HUG, est déjà en cours sur une cohorte de patients et patientes au sein du Campus Biotech. Les résultats sont attendus pour 2028.
*A Longitudinal and Reproducible Anti-Coactivation Pattern Between the Cerebellum and the Ventral Tegmental Area Is Related to Apathy in Schizophrenia - Biological Psychiatry
Schizophrénie: le rôle inattendu du cervelet - Médias - UNIGE
30 janvier 2026
Ultrasons : piste prometteuse contre la dépression résistante
Le 13 janvier 2026, Handicap.fr s’intéressait à la technologie innovante de Sonomind, start-up française lauréate du Prix Marcel Dassault pour l’innovation en psychiatrie 2025, remis par la Fondation FondaMental et le Groupe Dassault.
Sonomind a développé une technique de neuromodulation par ultrasons pour traiter la dépression résistante. Indolore et non invasive, cette méthode cible avec précision les circuits cérébraux impliqués dans les troubles de l’humeur, grâce à une lentille acoustique personnalisée imprimée en 3D. Les premiers essais cliniques menés en France montrent une réduction des symptômes de plus de 60 % après cinq jours de traitement, sans effets secondaires.
Cette approche représente un espoir supplémentaire dans la lutte contre les formes résistantes de dépression, qui concernent 30 à 50 % des patients et pour lesquelles les traitements classiques se révèlent inefficaces.
Handicap.fr | Ultrasons: piste prometteuse contre la dépression résistante | Actualités | Fondation FondaMental
29 janvier 2026
Évaluer la place de l’accueil familial thérapeutique en psychiatrie : un enjeu de recherche et de santé publique
Alternative historique à l’hospitalisation prolongée, l’accueil familial thérapeutique en psychiatrie reste peu évalué en France. Le Vinatier et le Centre Hospitalier d’Ainay-le-Château s’engagent dans une recherche nationale pour mesurer ses bénéfices cliniques, sociaux et organisationnels.
L’accueil familial thérapeutique a été l’une des premières alternatives à l’hospitalisation psychiatrique. Il s’est développé lors de la fermeture progressive des asiles.
Son principe est simple : des familles d’accueil thérapeutiques, formées et encadrées, hébergent une à trois personnes vivant avec des troubles psychiatriques sévères.
Ce modèle existe encore aujourd’hui dans plusieurs pays : Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Croatie, États-Unis. Il reste pourtant marginal en France.
Un dispositif toujours actif à Ainay-le-Château
En France, l’accueil familial thérapeutique est principalement porté par le Centre Hospitalier d’Ainay-le-Château.
Actuellement, 228 patients y sont accueillis au sein de 128 familles.
28 janvier 2026
[Podcast] : "Santé mentale" : de quoi parle-t-on ?
Une série de podcasts réalisés par Laetitia FORGEOT d'ARC dans le cadre de la Maison de la Santé Mentale de l'Eurométropole de Strasbourg.
Récits croisés : Six personnes ont osé se jeter à l'eau pour témoigner et nous faire comprendre !
Parler de la santé mentale sans tabou, c'est possible grâce aux témoignages de Evelyne, Margot, Bénane, Dalila, Eric et Joséphine ! Ils parlent sans fard de leurs combats, des souffrances et des mots qui blessent, de leur espérance aussi.
Le courage des Gueules cachées au service de la déstigmatisation.
Accès direct au premier épisode :
https://smartlink.ausha.co/gueules-cachees-1/recits-croises-episode-1
Tout les épisodes sont accessibles sur les serveurs Deezer, Spotify ou Apple Podcasts.
Sinon, retrouvez-les tous sur le site Gueules cachées.
Avec le soutien de l'UNAFAM, groupe du Bas-Rhin.
27 janvier 2026
Le jeu de rôle, un outil de soin ?
Les équipes soignantes mobilisent de plus en plus le jeu de rôle dans leurs pratiques. Cet outil met en travail les capacités relationnelles, les angoisses du lien, les difficultés de la rencontre et de l’ajustement avec l’autre, autant de problématiques au cœur des troubles psychiques. Quelles différences avec le psychodrame ? Rétablissement, psychoéducation, entraînement des habiletés sociales, formation… Comment le jeu de rôle permet-il d’expérimenter une autre place, de "progresser" ou d’engager des changements profonds ?
26 janvier 2026
Handicap : frères et sœurs, l'angoisse de l'après-parents
18 janvier 2026 • Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr
« Est-ce que je devrai la prendre sous mon aile ? Même si j'essaie de ne pas y penser, cette question trotte dans la tête de tout le monde. » À 19 ans, Valentine, sœur de Juliette, de quatre ans sa cadette, porteuse d'une maladie génétique rare, met des mots sur une angoisse que partagent des milliers de frères et sœurs en France : que se passera-t-il quand les parents ne seront plus là ? Une inquiétude diffuse, persistante, qui s'invite dans les choix de vie, les trajectoires professionnelles et l'intime.
Frères et sœurs : les aidants de l'ombre
Être frère ou sœur d'une personne en situation de handicap intellectuel, cognitif, psychique ou autre, c'est souvent grandir plus vite que les autres. C'est apprendre à composer avec la différence, mais aussi endosser progressivement un rôle d'aidant, parfois sans même le nommer. « On parle de plus en plus des proches aidants, en particulier les parents, mais on oublie trop souvent les frères et sœurs », déplore Luc Gateau, président de l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei). Pourtant, ils deviennent très souvent, à terme, les aidants principaux.
Frontière floue entre présence et responsabilité permanente
95 % des parents d'enfants en situation de handicap redoutent l'avenir de leur enfant lorsqu'ils ne seront plus là, selon l'enquête de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), "Le handicap en chiffres – édition 2024". Une inquiétude qui rejaillit directement sur la fratrie et est « d'autant plus forte que le manque de solutions d'accompagnement adaptées est criant », poursuit Luc Gateau. « Je gère le quotidien de ma sœur depuis le décès de notre mère : l'administratif, les courses, le suivi médical… », témoigne Andrée, 65 ans, sœur et tutrice de Pascale. Et d'ajouter cette phrase transmise par sa mère : « Tu n'as pas à prendre en charge ta sœur mais tu as à en avoir le souci ». Une frontière souvent floue entre présence affective et responsabilité permanente.
25 janvier 2026
Stimuler le système immunitaire pour traiter la dépression bipolaire : de premiers résultats encourageants pour l’interleukine-2
Marion Leboyer, professeur de psychiatrie (UPEC, AP-HP, Inserm), directrice scientifique du Programme français de psychiatrie de précision (PEPR PROPSY) et directrice générale de la Fondation FondaMental.
En 2025, nous avons publié une étude dans le cadre du projet européen H2020 MOODSTRATIFICATION, menée avec l’AP-HP. Elle explorait une piste innovante pour traiter la dépression bipolaire : stimuler le système immunitaire avec une faible dose d’interleukine-2 (IL-2). Cette molécule, naturellement produite par le corps, agit en augmentant le nombre de lymphocytes T régulateurs (Tregs), des cellules clés du système immunitaire qui protègent notre corps contre les réactions inflammatoires excessives et le développement de maladies auto-immunes.
En effet, de plus en plus de recherches montrent que toutes les maladies mentales (par exemple : dépressions, troubles bipolaires ou schizophrénies) mais pas tous les patients, peuvent être liés à une inflammation chronique et à des anomalies du système immunitaire.
Dans cette première étude clinique mené en double aveugle sur un petit nombre de patients, les participants ayant reçu cette faible dose d’IL-2 ont vu leurs symptômes dépressifs et anxieux s’améliorer progressivement, tout en présentant une très bonne tolérance au traitement. Ces résultats suggèrent que rééquilibrer le système immunitaire pourrait avoir un effet direct sur les symptômes psychiatriques, ouvrant la voie à des traitements totalement nouveaux pour les personnes qui ne répondent pas suffisamment aux thérapies actuelles.
L’étape suivante sera de reproduire ces résultats sur un plus grand nombre de patients, et d’étendre l’approche à d’autres troubles mentaux présentant une composante inflammatoire. À terme, l’objectif est de développer des traitements personnalisés, adaptés au profil immunitaire de chaque patient. C’est tout l’enjeu du Programme Français de psychiatrie de précision (PEPR PROPSY), qui a pour objectif d’identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques adaptées aux différents sous-groupes de patients.
Stimuler le système immunitaire pour traiter la dépression bipolaire : de premiers résultats encourageants pour l’interleukine-2 | Actualités | Fondation FondaMental
24 janvier 2026
Passport BP : un parcours innovant pour les patients bipolaires
Lancée en 2019, l’expérimentation nationale Passport BP (pour « parcours de soins innovant dédié aux personnes atteintes de troubles bipolaires ») conduite par la Fondation FondaMental en partenariat avec Sêméia (1) repose sur une organisation inédite : un suivi personnalisé assuré par des infirmiers « case managers » spécialement formés, appuyé par des outils numériques de télésuivi, de psychoéducation et de remédiation cognitive.
Plus de 1000 patients ont ainsi bénéficié de ce suivi au sein de plusieurs établissements hospitaliers de référence, dont les Hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, le CHU de Clermont-Ferrand, le CHU de Besançon et le Centre Hospitalier Le Vinatier à Lyon.
23 janvier 2026
Loi sur les centres experts en santé mentale : le Sénat valide, d’autres fustigent
Le 16 décembre, le Sénat a adopté la proposition de loi déposée par le sénateur médecin Alain Milon, sur l’intégration des centres experts en santé mentale dans le code de santé publique. Ce vote favorable intervient malgré l’opposition de nombreux psychiatres et psychologues pour lesquels l’efficacité de tels centres est contestée.
Dans l’exposé des motifs de cette proposition de loi polémique, Alain Milon (Les Républicains) rappelle que la psychiatrie française est organisée en secteurs "d’environ 70 000 personnes", "offrant un panier de soins intra et extra hospitalier" pour une prise en charge de proximité.
« Cependant, l'accès tardif aux soins ne garantit ni une prévention satisfaisante, ni une prise en charge spécialisée par pathologie, ni une prise en charge des comorbidités somatiques conduisant à une mortalité prématurée pour les patients concernés », relève Alain Milon.
22 janvier 2026
Le Monde.fr : La prison, un "nouvel asile" au bord de l’implosion
Surpopulation carcérale, pression sécuritaire, crise de la psychiatrie… les professionnels de la santé et de l’administration pénitentiaire dénoncent une situation alarmante et le silence des politiques.
Le jeudi 11 décembre après-midi, à la maison d’arrêt d’Argentan (Orne), les surveillants ont découvert le corps de Yanis, 22 ans, pendu, au milieu de sa cellule. Toujours en vie, mais inanimé, il est transporté en urgence à l’hôpital d’Alençon, où il meurt deux jours plus tard. Incarcéré depuis janvier 2024 à la prison d’Evreux (Eure), il avait été transféré en novembre de la même année au centre pénitentiaire d’Argentan, après une double condamnation (à quinze mois de prison ferme), pour vol aggravé et recel.
Cela faisait plusieurs mois déjà que l’état psychologique de Yanis se dégradait. A plusieurs reprises, il a fait état à ses proches d’un sentiment de persécution de plus en plus prononcé. En juin, sa famille, relayée par son avocat, Eric Plouvier, alerte la direction de la prison et demande un transfert d’établissement. Sans réponse. L’été se passe et l’état dépressif de Yanis se détériore. Il est hospitalisé une première fois le 28 octobre, au centre psychothérapique de l’Orne, à Alençon, puis le 6 novembre au centre hospitalier d’Argentan. Après chaque séjour, c’est le retour en cellule.
Le dimanche 7 décembre, sa mère lui rend visite et s’aperçoit qu’il tient des propos suicidaires, entend des voix et refuse de s’alimenter depuis plusieurs jours. A la sortie, elle exige une intervention médicale en urgence. Le lendemain, Me Plouvier écrit au directeur de l’établissement un courrier, que Le Monde a pu consulter, dans lequel il demande « la mise en œuvre sans délai de toutes les mesures susceptibles de préserver son intégrité physique ». « Un examen urgent par un psychiatre ou un psychologue apparaît également indispensable », est-il ajouté.
Le courrier reste sans réponse et, deux jours plus tard, Yanis se pend dans sa cellule. « Aujourd’hui, on préfère laisser les détenus atteints de troubles psychiques mourir en prison plutôt que de les soigner en hôpital », condamne Eric Plouvier, qui compte attaquer l’Etat en responsabilité.
21 janvier 2026
RAPPEL de certains médicaments !
Nous avons été informés d’un risque potentiel de non-conformité des médicaments suivants en forme injectable : Palipéridone à libération prolongée (LP) Biogaran, Rispéridone LP et Octréotide LP Téva. Aucun cas grave de pharmacovigilance en lien avec ce risque de non-conformité n’a été signalé à ce jour. Par mesure de précaution, tous les dosages de tous les lots de ces médicaments sont rappelés auprès des grossistes répartiteurs, des pharmaciens de ville et hospitaliers.
La couverture des besoins des patients pour ces trois médicaments reste assurée par d’autres laboratoires.
La palipéridone LP et la rispéridone LP injectables sont des antipsychotiques utilisés dans le traitement des patients souffrant de schizophrénie. L’octréotide LP injectable, elle, est un médicament utilisé pour le traitement de l’acromégalie (trouble hormonal) ou de symptômes associés à des tumeurs endocriniennes.
Ces rappels n’entraîneront pas de détérioration de la disponibilité de ces médicaments, d’autres laboratoires ayant pris le relais pour assurer la couverture complète des besoins.
Les professionnels de la chaîne du médicament qui ont encore en stock un des médicaments concernés par le rappel sont invités à les retourner selon les modalités spécifiées par les laboratoires.
Actualité - Rappel des médicaments injectables Palipéridone LP (Biogaran), Rispéridone LP et Octréotide LP (Téva) sans impact sur la couverture des besoins qui est assurée - ANSM

