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09 mars 2021

[Tribune] : Il faut donner à la psychiatrie les moyens ambulatoires et hospitaliers qui lui ont été enlevés

Les conditions d’accueil des patients de psychiatrie se dégradent fortement. Des pratiques comme la contention mécanique ou le recours à l’isolement réapparaissent. Le Collectif inter-hôpitaux alerte sur les atteintes réitérées portées aux droits et à la dignité des patients

Psychiatres, infirmiers, psychologues, membres du Collectif inter-hôpitaux, nous souhaitons alerter la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, sur les atteintes réitérées portées aux droits et à la dignité des patients relevant de soins psychiatriques. Depuis quelques années, les conditions d’accueil des patients se dégradent fortement et des pratiques réputées disparues reviennent : les contentions mécaniques se banalisent dans de nombreux services d’urgence des hôpitaux français. Et ce, sans aucun contrôle d’aucune instance.

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Le nombre d’usagers de la psychiatrie est passé de 1 million en 1997 à 2,3 millions en 2020, sans que les équipes de soin soient renforcées à la hauteur de cette croissance. La tension sur les lits contraint à réserver les hospitalisations aux patients les plus graves, relevant le plus souvent de soins sous contrainte, sans pouvoir répondre aux autres indications. Le recours à l’isolement et à la contention, devenu fréquent alors qu’il était rare il y a trente ans, signe donc à la fois l’aggravation des situations cliniques d’entrée et le dénuement numérique et théorique des équipes de soin. 

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Signataires :

Aude Daniel, psychiatre, centre hospitalier (CH) Edouard-Toulouse, Marseille ; Karine Dantzer, infirmière, CH Montfavet, Avignon ; Noélie Falguière, psychiatre, EPS Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis) ; Laurence Gembara, psychiatre, CHU de Clermont-Ferrand ; Morgane Girard, psychologue, CH Edouard-Toulouse, Marseille ; Dominique Laurent-Crippa, infirmière, AP-HM, Marseille ; Baptiste Libault, infirmier, CH Montfavet, Avignon ; Maud Pontis, psychologue, CHU de Rennes ; Magali Trouvé, psychiatre, CH Montfavet, Avignon ; Etienne Vacher, psychiatre, CH Alpes-Isère, Sainte Egrève ; Laurent Vassal, psychiatre, EPS Ville-Evrard 


Lire la tribune sur Le Monde du 9 mars 2021

08 mars 2021

Quel sport pour les patients atteints de schizophrénie ?

Plusieurs études ont révélé que les patients atteints de schizophrénie sont fréquemment sédentaires et pratiquent peu d’activité physique au quotidien. Cette sédentarité a plusieurs impacts négatifs :

  • Sur la santé mentale et l’évolution des troubles schizophrènes ;

  • Sur la santé physique et métabolique des patients (développement de maladies chroniques liées à la sédentarité) ;

  • Sur l’autonomie et la qualité de vie.



Parallèlement, des études considèrent la pratique sportive comme un élément fondamental de la prise en charge des patients schizophrènes. Dans ce contexte, une nouvelle étude, menée sur 79 patients schizophrènes suivis sur une période de 12 semaines, a été menée récemment.

Parmi ces patients, 38 ont bénéficié d’un suivi classique et 39 d’un suivi classique associé à de la marche active. Ce programme de marche active consistait en cinq séances hebdomadaires de 30 minutes de marche, effectuées tout en portant une charge de poids moyen. L’analyse statistique des données a révélé une absence d’effet significatif de la marche active sur les fonctions cognitives et seulement un faible effet significatif sur les capacités verbales. En revanche, un effet significatif a été observé sur deux autres paramètres :


  • L’attention ;

  • La vitesse de réaction.


Quel sport pour les patients atteints de schizophrénie ? (sante-sur-le-net.com)



04 mars 2021

Covid-19 : entre confinements et restrictions, l’épreuve sans fin des familles de handicapés

Récit par Vanessa Schneider

[Extrait]
Fermeture momentanée des centres spécialisés, difficultés d’accès aux soins et aux activités… Confrontés aux multiples épisodes de la crise sanitaire, les proches de personnes handicapées ont le sentiment de vivre un long cauchemar depuis un an.

Servane a perdu beaucoup de forces depuis un an, mais elle a gardé son sens de l’humour. Cette Grenobloise de 45 ans raconte sa famille à mots choisis, sobres et précis. Elle est professeure des écoles, son mari chef d’entreprise, leur premier enfant, une fille de 17 ans, va bien. Le second, Antoine, 15 ans, a souffert d’un grave problème d’oxygénation à la naissance, qui a provoqué une paralysie cérébrale très sévère : il ne parle pas et ne peut se mouvoir seul. Depuis l’âge de 4 ans, il est pris en charge en établissement spécialisé. Son frère Arthur, le troisième enfant du couple, est né en mai 2010 avec une surdité profonde. C’est à ce moment-là que Servane éclate de rire : « Le handicap, ici, on en connaît un rayon ! »

Il y a sept ans, cette femme énergique a dû arrêter de travailler, engloutie par la paperasse administrative, noyée dans l’océan des sigles et des acronymes, happée par les rendez-vous avec les professionnels de santé, les multiples prises en charge éducatives et médicales dont ses enfants ont besoin. Elle s’est par ailleurs dévouée corps et âme à une association, Loisirs pluriel, où valides et handicapés se regroupent pour des activités.

Jusqu’à l’arrivée du Covid-19, Antoine était hébergé dans un centre de jour, où il dormait tout de même deux soirs par semaine. « Cela nous permettait de souffler et de nous occuper de nos autres enfants », précise Servane. Le premier confinement, en mars 2020, a bouleversé cet équilibre. Du jour au lendemain, le centre a fermé ses portes, l’auxiliaire de vie chargée de promener Antoine, de lui donner le bain et de préparer sa soupe, a cessé de travailler.

Pendant que son mari continue de se rendre à son entreprise, Servane se retrouve à la maison avec les trois enfants. « En mode robot, en pilotage automatique », comme elle dit, contrainte d’enchaîner les gestes en se répétant : « Il faut que tout le monde aille bien. »

Pas facile avec Antoine : il nécessite une attention de chaque instant et a besoin d’être stimulé, sous peine de régresser. Les autres enfants ont été un peu livrés à eux-mêmes, passant beaucoup de temps sur leurs écrans. « Tous les soirs je me disais : “Je ne vais pas tenir, je vais m’écrouler demain.” Il y a eu beaucoup de larmes, beaucoup de craquages, mais on s’est soutenus entre parents d’enfants handicapés, et j’ai tenu. »

A force de porter son fils, Servane est sortie de cette première épreuve avec une tendinite, des douleurs dans tout le corps, une fatigue physique et psychique extrême. De la colère aussi : « La pandémie a mis en exergue l’approche globale du handicap en France, où il est considéré comme le problème des parents. Il est fou qu’en 2021 on n’aménage pas nos vies d’aidants. Nos familles sont invisibles, car nous ne grognons pas, nous ne manifestons pas, nous sommes trop épuisés pour ça. »

Lire la suite sur lemonde.fr (réservé aux abonnés)


03 mars 2021

Centre de Référence pour les Maladies Rares à expression psychiatrique (CRMR)

Le Centre de Référence pour les Maladies Rares à expression psychiatrique (CRMR) du GHU Paris a été labellisé en 2017 dans le cadre du 3ème Plan National Maladies Rares. Avec les autres CRMR et Centres de compétences du territoire, il s’intègre dans la Filière Nationale de Santé DefiScience (http://www.defiscience.fr/) qui concerne les maladies rares du développement cérébral.




https://www.ghu-paris.fr/fr/annuaire-des-structures-medicales/centre-de-reference-pour-les-maladies-rares-expression





28 février 2021

[Vidéos] : Une chaîne YouTube à visiter !

Cette chaîne rassemble les vidéos réalisées pour l'association Fou De Normandie.

Elle est animée par Jean-Baptiste Alexanian, psychiatre


Cette association à pour vocation de répondre aux questions qui se posent sur les troubles psychiques / psychiatriques. "Nous essayons de vulgariser les notions importantes de psychiatrie et nous réalisons une revue de la littérature scientifique".



https://youtube.com/c/jeanbaptistealexania


27 février 2021

Les centres médico-psychologiques de psychiatrie générale et leur place dans le parcours du patient.

Rapport public de l'IGAS publié en juillet 2020 et mis en ligne le 23 février 2021.

Les centres médico-psychologiques (CMP) sont des unités d’accueil et de coordination pour des soins psychiatriques en milieu ouvert, offrant prévention, diagnostic, soins ambulatoires et interventions à domicile.

D’une grande diversité en termes de taille, de moyens, de manières de travailler ou de positionnement auprès des autres acteurs du soin psychique, ces 1 780 centres, au cœur de la psychiatrie ambulatoire, connaissent, sur longue période, une forte hausse de la demande de soins : en 30 ans, le dispositif ambulatoire a accueilli un million de patients supplémentaires, majoritairement en CMP.

Face à cette demande, leurs principes de proximité, de pluridisciplinarité et d’accessibilité peuvent se trouver pris en défaut, en raison de la rareté des professionnels disponibles ou de difficultés à assurer leur coordination ou de répondre aux urgences et soins non programmés.


26 février 2021

MÉDIATION ANIMALE EN PSYCHIATRIE



La présence régulière d’un animal dans un lieu de soin déclenche souvent des effets positifs, parfois étonnants… Mais elle ne suffit pas pour que surviennent, « comme par magie », des bénéfices thérapeutiques. Cette médiation doit s’inscrire dans un dispositif rigoureux, pensé par des soignants formés. Les animaux viennent alors démultiplier les zones de contact entre patients et cliniciens et renouveler les schémas interactifs habituels. Repères théoriques et retours d’expérience.


25 février 2021

[Recherche] : Des “mini-cerveaux” capables de se développer in vitro ?


Des chercheurs de l’université de Californie, Los Angeles (UCLA) et de l’université de Stanford ont observé la maturation d’organoïdes de cerveau cultivés pendant 20 mois en laboratoire (cf. Les organoïdes, un outil au service de la recherche). Leur étude est publiée dans la revue Nature Neuroscience [1].



En réalisant une « analyse génétique approfondie » de ces organoïdes fabriqués à partir de cellules souches pluripotentes induites, les équipes du Dr Daniel Geschwind de l’UCLA et du Dr Sergiu Pasca de l’université de Stanford ont découvert que ces organoïdes « suivent une horloge interne » qui guide leur développement « d’une manière étonnamment similaire » à celui du cerveau humain. « Nous montrons qu’ils atteignent la maturité post-natale vers 280 jours de culture, et après cela commencent à modéliser certains aspects du cerveau du nourrisson, y compris des changements physiologiques connus », précise Aaron Gordon, post-doctorant à l’UCLA et premier auteur de l’étude.

Des caractéristiques qui font d’eux « un bon modèle pour l’étude des maladies humaines » selon le Dr Geschwind. Depuis plusieurs années, des chercheurs cultivent des organoïdes de cerveau humain « pour étudier les troubles neurologiques et neurodéveloppementaux de l’homme, tels que l’épilepsie, l’autisme et la schizophrénie ». Mais jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que les cellules constitutives de ces organoïdes restaient « bloquées dans un état de développement analogue à celui des cellules observées lors du développement du fœtus ». D’après les chercheurs, ces résultats montrent « qu’il pourrait être possible de faire croître les cellules jusqu’à une maturité qui permettra aux scientifiques de mieux étudier les maladies qui apparaissent à l’âge adulte, telles que la schizophrénie ou la démence ».


Note de la rédaction :

Le développement d’organoïdes de cerveau n’est pas sans poser de problèmes éthiques (cf. Mini-cerveaux cultivés en laboratoire : un problème de conscience ? et Un modèle de cerveau embryonnaire humain développé à partir de cellules souches, quel risque éthique ?)


[1] Long-term maturation of human cortical organoids matches key early postnatal transitions, Nature Neuroscience (2021). DOI: 10.1038/s41593-021-00802-y


Source : Medical Xpress, University of California Los Angeles (22/02/2021)

Des "mini-cerveaux" capables de se développer in vitro ? - Gènéthique (genethique.org)


24 février 2021

[Revue] : La schizophrénie, un trouble mental aux multiples visages

Tout un dossier publié dans la revue Cerveau & Psycho N°130, mars 2021

Boris Chaumette, psychiatre et chercheur en neurosciences à Paris.

Il n’y a pas « une », mais « des » schizophrénies, aux symptômes variés et handicapants, bien loin des clichés véhiculés par l’imaginaire collectif. Les chercheurs et les médecins comprennent de mieux en mieux les étapes de la pathologie depuis la première crise psychotique. Une aide précieuse pour toutes les personnes concernées.


SOMMAIRE

p.28 : Un trouble mental aux multiples visages

p.36 : Une maladie auto-immune ?

p.42 : Les clé de la prévention

p.46 : Interview "On peut retrouver une vie normale après une schizophrénie"