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11 avril 2022

[Recherche] : Développement du cerveau et santé mentale chez les adolescents et jeunes adultes

En exploitant des données de la cohorte Healthy Brain Network, une équipe du CEA-Joliot (NeuroSpin) révèle une corrélation entre certains symptômes, possibles prémices de troubles de l'humeur à l'âge adulte, et des changements structurels du cerveau en développement chez plus de 650 jeunes. 


À l'adolescence, de nombreux diagnostics de maladies psychiatriques (troubles de l'humeur, schizophrénie ou aux troubles obsessionnels compulsifs) sont posés. Or les raisons de cette vulnérabilité à l'adolescence restent mal comprises.


Des études d'imagerie cérébrale récentes ont montré que le cerveau poursuit sa maturation et son développement au-delà de l'enfance jusqu'à 20, voire 30 ans. Or ces changements – plus importants dans certaines régions du cerveau que dans d'autres, en particulier dans celles qui hébergent les fonctions cognitives supérieures comme le langage ou la conscience – sont directement reliés à l'évolution de la santé mentale.


Pour en savoir plus, des chercheurs de Joliot ont utilisé les données d'une cohorte développementale en libre accès (Healthy Brain Network, HBN) pour analyser les associations entre des marqueurs de surface corticaux et les scores d'irritabilité et d'anxiété mesurés par les parents et par auto-évaluation – l'irritabilité et l'anxiété étant associées à un risque plus élevé de survenue de troubles de l'humeur à l'âge adulte.

Ils ont isolé un échantillon de 718 sujets pour lesquels la qualité des images IRM acquises dans le cadre de HBN était jugée satisfaisante et ils ont mesuré pour chacun d'eux l'épaisseur et la surface corticales et l'« indice de gyrification locale », caractérisant la formation des plis caractéristiques du cortex cérébral.

Ces trois marqueurs de maturation cérébrale ont ensuite été confrontés aux rapports parentaux d'irritabilité et d'anxiété chez 658 jeunes d'un âge moyen de 11,6 ans.

  • L'irritabilité est associée à une diminution de la surface du cortex préfrontal bilatéral et du précuneus (zone située à l'arrière de notre cerveau, sur la face interne du lobe pariétal du cortex cérébral).
  • L'anxiété est associée à une diminution de l'indice de gyrification locale dans le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal dorsomédial.

Ces résultats sont cohérents avec les modèles actuels de la maturation du réseau de régulation des émotions. Ils font ainsi apparaître, chez des enfants à risque de troubles de l'humeur, des modifications anatomiques dans les régions dysfonctionnelles.


La cohorte Healthy Brain Network créée en 2015 à New-York constitue l'un des ensembles de données neuroscientifiques les plus vastes et les plus complets consacrés à la santé mentale des enfants et des adolescents. Elle regroupera à terme les données de plus de 10.000 sujets âgés de 5 à 21 ans pour lesquels les parents étaient préoccupés par des problèmes psychiatriques potentiels.



Fabrique de savoirs - Développement du cerveau et santé mentale chez les adolescents et jeunes adultes (cea.fr)

10 avril 2022

[Recherche] : Des nouvelles de la Neurexine !

La Neurexine contrôle les cellules granulaires cérébelleuses, offrant un aperçu de l’autisme et des mécanismes de la schizophrénie


Dans cette étude publiée en ligne dans Rapports de cellule, avril 2022, le groupe de recherche du professeur agrégé Uemura et du professeur Tabuchi a clarifié le principe de base de la formation du réseau neuronal cérébral grâce à l’élucidation de la fonction des molécules d’adhésion cellulaire entre les synapses. En clarifiant le rôle de la neurexine dans les cellules granulaires du cervelet, la compréhension du principe de base a encore été avancée. Il a été rapporté que la neurexine était associée à des troubles neurodéveloppementaux tels que l’autisme, et les résultats de cette étude seront utiles pour élucider le mécanisme de formation des circuits neuronaux et les recherches futures liées aux troubles neurodéveloppementaux tels que l’autisme, la maladie de Tourette et la schizophrénie.


Neurexin contrôle les cellules granulaires cérébelleuses, offrant un aperçu de l'autisme et des mécanismes de la schizophrénie - Attractive Area 



09 avril 2022

[Livre] : Bien manger pour ne plus déprimer

Bien manger pour ne plus déprimer

Prendre soin de son intestin pour prendre soin de son cerveau 

Dr Guillaume Fond ; Editions Odile Jacob


« Ce livre, écrit par le meilleur spécialiste français des liens entre psychologie et microbiote, explique, preuves scientifiques à l’appui, comment ce que nous mangeons joue un rôle central sur nos émotions. Et il nous propose aussi tous les conseils pratiques pour que notre alimentation soit non seulement un plaisir, mais aussi une aide pour préserver ou réparer notre équilibre psychologique. Si vous devez ne lire qu’un ouvrage sur ce thème, c’est celui-ci  ! Un livre remarquable. »


 Christophe André

À la lumière des dernières découvertes relatives à l’influence de la santé de notre intestin sur la santé de notre cerveau, on ne peut plus ignorer le rôle de l’alimentation dans certains troubles psychiques comme la dépression ou l’hyperactivité.



08 avril 2022

Luc Vigneault : le patient partenaire qui repousse les frontières

Cet homme au parcours singulier met son savoir expérientiel de la schizophrénie au service de la recherche en santé mentale.


Le 8 décembre dernier, dans un amphithéâtre de l'Université de Bordeaux, un jury de soutenance de thèse était réuni pour entendre le doctorant Kévin-Marc Valéry présenter ses travaux sur la stigmatisation des personnes atteintes de schizophrénie. Dans le jury, côte à côte avec des sommités universitaires du domaine, se trouvait une figure au parcours singulier : Luc Vigneault.


"Je n'ai aucun diplôme universitaire, mais je vis avec la schizophrénie depuis plus de quatre décennies. J'ai été invité parce que mon savoir expérientiel de la maladie complémentait le savoir scientifique des autres membres du jury", explique-t-il...


Depuis 2010, Luc Vigneault utilise son savoir expérientiel de la schizophrénie dans ses activités professionnelles de chargé de cours, de pair aidant dans des équipes multidisciplinaires de soins et de patient partenaire dans des équipes de recherche...


«Il faut certaines qualités pour qu'un patient parvienne à faire sa place au sein d'une équipe de recherche, mais la volonté de s'impliquer et le désir d'apprendre constituent le point de départ. Avec un bon encadrement fourni par l'équipe de recherche, les autres qualités peuvent être développées avec le temps.»
Luc Vigneault confirme. «Je suis un meilleur patient partenaire qu'à mes débuts. Il faut du temps et beaucoup d'écoute pour comprendre comment fonctionne la recherche. Pour contribuer à l'équipe, il faut avoir dépassé le stade du ressentiment par rapport à sa maladie et aux soins reçus. Il faut aussi comprendre que ce n'est pas le lieu pour la militance.»


Les équipes dont il est membre profitent de son savoir, mais Luc Vigneault admet qu'il retire beaucoup de ses collaborations avec les chercheurs. «À 17 ans, on m'a dit que j'étais schizophrène et que jamais je ne pourrais travailler ou mener une vie normale. J'ai été interné à plusieurs reprises par la suite. Comme les autres personnes qui vivent avec la maladie mentale, j'ai été victime de stigmatisation sociale. Vous comprendrez que faire partie d'une équipe de recherche est une immense source de fierté pour moi. Toutes les souffrances que j'ai vécues ne sont pas vaines parce que j'en fais quelque chose d'utile aujourd'hui. Ma participation à un jury de soutenance de thèse est l'ultime consécration. Je souhaite que tous les gens qui vivent avec la maladie mentale y voient un message d'espoir. C'est une victoire au nom de tous les miens.»


Luc Vigneault: le patient partenaire qui repousse les frontières | ULaval Nouvelles | La Tribune - Sherbrooke

06 avril 2022

VigilanS : nouvel outil pour la prise en charge des patients suicidants

Dispositif de prévention secondaire, VigilanS assure pendant les 6 mois qui suivent un passage à l’acte suicidaire, une  veille téléphonique ou épistolaire.

Il concerne les personnes ayant déjà fait un ou plusieurs gestes suicidaires. Ces personnes sont adressées à VigilanS le plus souvent par un service d’urgence hospitalier dont elles sont sortantes, mais tout soignant (médecin généraliste, infirmier,….) prenant connaissance d’un récent passage à l’acte suicidaire chez un de ses patients, est légitime pour nous l’adresser.

Télécharger la plaquette de présentation en cliquant sur l'image :


 

05 avril 2022

[Point recherche] : les schizophrènes sont-ils gauchers ?

Point recherche : Jasmina Mallet, psychiatre et chercheuse, praticien hospitalier responsable du CE schizophrénies du CHU Louis Mourier, APHP

Les personnes ayant un trouble du développement neurologique (déficit d’attention, hyperactivité, trouble des apprentissages…) sont souvent gauchers ou ambidextres.


Qu’en est-il des personnes vivant avec une schizophrénie ? 


Une équipe de chercheurs a étudié les données des personnes avec une schizophrénie des centres experts de la Fondation FondaMental. Résultat ? 42 % de ces personnes sont non-droitiers, un chiffre bien plus élevé que dans la population générale (autour de 15%). Leur profil clinique est plus sévère (idées délirantes, hallucinations, symptômes dépressifs, consommation de cannabis) et les troubles des apprentissages plus fréquents (dyslexie, dysphasie).


Ces résultats tendraient à renforcer l’hypothèse neurodéveloppementale de la schizophrénie : à la base de cette maladie, il y aurait une insuffisante asymétrie cérébrale, ce qui entraînerait une surreprésentation de non-droitiers parmi les patients vivant avec une schizophrénie. Prochaine étape ? Suivre dans le temps l’évolution de ces patients à « latéralité atypique ».


Lire l’article : https://doi.org/10.1080/15622975.2021.2013094





POINT RECHERCHE DU 16 MARS | Fondation FondaMental (fondation-fondamental.org)

04 avril 2022

Sylvie Sandeau, accepter l'autisme comme une différence

Le 2 avril était la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Sylvie Sandeau a longtemps souffert de se sentir différente. Diagnostiquée autiste à l'âge adulte, elle a écrit un livre pour partager son expérience et changer le regard sur l'autisme. 

Ecouter son interview sur France Culture (15mn)



03 avril 2022

[A consulter] : Tutelle, curatelle, etc.

Tutelle, curatelle, etc. (nouvelle édition 2022-2023)

de Gérard Amable et Véronique Bonpain
507 pages – Format : 15 x 21 cm – Prix : 32 €
Editions du Puits Fleuri

Ce guide juridique et pratique apporte des réponses concrètes aux questions que se posent les professionnels et les familles en matière de protection juridique des personnes majeures. Il est à jour de la loi « Justice » de 2019, de l’ordonnance "Santé et Social" de 2020 et de la loi « Bioéthique » de 2021.

Les familles qui s’inquiètent pour un proche (parent âgé, enfant majeur handicapé, notamment) trouveront là tous les renseignements utiles. Comment agir pour aider ce proche ? Faut-il demander une mesure de protection juridique ? Comment s’y prendre ? Si j’accepte d’être tuteur ou curateur, quel sera mon rôle en pratique ?

Les professionnels du secteur social et médicosocial, ainsi que le corps médical, trouveront là un éclairage précieux sur les personnes majeures protégées. Que recouvre chaque mesure de protection ? Qu’est-ce qu’un tuteur ou un curateur professionnel ? Selon le domaine, qui doit faire quoi ? Qui peut prendre une décision ? Le tuteur, le curateur, le médecin, la famille, le juge des tutelles ?

L’ouvrage est disponible sur le site internet de l’éditeur (Editions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com), en librairies et sur les sites internet de vente en ligne.



02 avril 2022

DARIC : Dispositif d’Accompagnement au Rétablissement et à l’Insertion dans la Cité

Le DARIC, c’est 20 personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères qui maintiennent en activité une ferme au coeur de KRAUTWILLER.

Après une première visite, le bénéficiaire demandeur de son entrée, choisit les ateliers auxquels il souhaite participer. En parallèle, il construit son projet avec un référent et commence un parcours individualisé.

TOUTES les informations en cliquant sur l'image ci-dessous :

Contact : contact@animal-hom.fr 

Site : https://www.daric.animal-hom.fr

01 avril 2022

[Législation] : Troisième réforme des mesures d’isolement-contention

De nouvelles dispositions renforcent les droits des patients, en instituant une saisine obligatoire du juge avant 72 heures d’isolement ou 48 heures de contention.

L’article 17 de la loi du 22 janvier 2022 (1) réforme pour la troisième fois l’article L. 3222-5-1 du Code de la santé publique. Son contenu est une reprise pure et simple de l’article 41 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022, qui avait été censuré comme « cavalier législatif » (2) par le Conseil constitutionnel (3). 

Cet argument du cavalier n’a pas été soulevé cette fois (il aurait sans doute pu l’être, au regard du contenu très hétérogène du nouveau texte, principalement dédié au pass vaccinal), sans doute pour éviter une trop forte insécurité juridique. Rappelons en effet que le Conseil constitutionnel avait déjà censuré à deux reprises l’article L. 3222-5-1 (4) et donné au législateur jusqu’au 31 décembre 2021 pour le consolider. Le caractère privatif de liberté des mesures d’isolement et de contention exige que l’autorité judiciaire intervienne systématiquement à bref délai pour en contrôler la légalité.


Ce qui change en pratique

Les conditions du recours à l’isolement ou à la contention demeurent globalement inchangées. Les mesures ne peuvent être prises que sur décision motivée d’un psychiatre, pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, de manière adaptée, nécessaire et proportionnée au risque, après évaluation. Une surveillance stricte du patient doit être assurée, outre l’exigence de traçabilité de chaque mesure dans un registre spécial. Les changements concernent surtout les modalités de contrôle juridictionnel.


• La loi prévoyait jusqu’ici une simple information obligatoire du juge des libertés et de la détention (JLD) à bref délai en cas de renouvellement « exceptionnel » au-delà de 48 heures pour l’isolement et 24 heures pour la contention. Cette information obligatoire du juge au-delà de la durée légale est maintenue, mais elle incombe désormais au directeur de l’établissement accueillant le malade et non plus – comme dans l’ancienne version du texte – au psychiatre ayant décidé de la mesure.


Le JLD dûment informé peut alors, à ce stade, s’autosaisir afin de contrôler que le prolongement se justifie au regard des critères légaux. En théorie, le juge devrait vérifier que la motivation de la décision du psychiatre traduit l’existence d’un danger grave et imminent et la nécessité de recourir à l’isolement et la contention. En pratique toutefois, on conçoit la difficulté d’un juge à contrôler ces conditions de fond, intimement liées à une évaluation médicale des risques. Si la décision apparaît bien motivée, le magistrat suivra. L’obligation d’informer « au moins un membre de la famille ou une personne susceptible d’agir dans l’intérêt du patient » pèse quant à elle sur le médecin.


• La principale nouveauté réside dans la saisine obligatoire du JLD par le directeur de l’établissement psychiatrique à l’issue d’un délai de 72 heures pour l’isolement et 48 heures pour la contention, sous peine de mainlevée. Le JLD statue dans un délai de 24 heures à compter du terme des durées prévues pour sa saisine. Deux hypothèses se présentent alors.

– Dans la première, le juge relève que la poursuite de l’isolement ou de la contention du malade ne se justifie plus au regard des conditions posées à l’article L. 3222-5-1, I et ordonne la mainlevée. Dans ce cas, aucune nouvelle mesure ne peut être prise avant l’expiration d’un délai de 48 heures à compter de cette mainlevée, sauf en cas de « survenance d’éléments nouveaux dans la situation du patient qui rendent impossibles d’autres modalités de prise en charge permettant d’assurer sa sécurité ou celle d’autrui ». Le JLD doit alors être informé sans délai par le directeur et peut se saisir. d’office.

– Dans la seconde hypothèse, le juge autorise la poursuite de la mesure, qui peut alors être renouvelée aux conditions légales. Toutefois, lorsque le juge a déjà été amené à statuer deux fois pour « valider » le maintien à l’isolement et qu’un nouveau renouvellement apparaît nécessaire, il doit cette fois être saisi avant l’expiration d’un délai de 6 jours après sa dernière décision.


Une incitation toujours renforcée

L’intérêt de ce dispositif particulièrement complexe réside surtout dans sa dimension dissuasive. Il s’agit d’inciter les psychiatres et les équipes soignantes à une diminution très forte du nombre et de la durée des mesures d’isolement et de contention, et à la recherche d’alternatives moins contraignantes pour les patients.

1– Loi n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique.
2– Expression qui qualifie un article de loi qui glisse subrepticement des dispositions n’ayant rien à voir avec le sujet traité par le projet de loi.
3– Cons. const., 16 décembre 2021, n° 2021-832 DC.
4– Cons. const., 19 juin 2020, n° 2020-844 QPC ; 4 juin 2021, n° 2021-912/913/914 QPC.


Troisième réforme des mesures d'isolement-contention - Santé Mentale (santementale.fr)