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06 juillet 2022

Comment la phénoménologie inspire-t-elle une posture d’attention et de présence au patient qui est une voie de soin ?

Dès le début du 20e siècle, la phénoménologie s’est intéressée à la santé mentale et au soin psychique. Philosophes et psychiatres ont cherché ensemble des voies nouvelles de soin et de compréhension de la souffrance psychique et de l’existence. Le psychiatre Jean Naudin explique l’apport de la phénoménologie à son métier :

 “Ce qui caractérise l'intérêt des psychiatres pour la phénoménologie et l'intérêt de la phénoménologie pour l'expérience psychiatrique, c’est l’intérêt commun fait pour le style. C'est une approche esthétique du monde qui fait que j'ai choisi ce métier-là.”

Une approche que rejoint Claudia Gaulé, psycho-praticienne en Gestalt-thérapie : “Une des racines de la phénoménologie, c’est l'esthétisme, c'est cet instant de rencontre avec l'autre, de rencontre avec l'environnement où il se passe un moment fait de vibrations émotionnelles. Le message qui est adressé est plus un message de l'ordre poétique plutôt qu'un discours ou un récit, c’est un moment où l’on fait passer quelque chose.

Deux ouvrages inédits de Michel Foucault publiés fin 2021 ont révélé l’intérêt du philosophe pour ces nouvelles approches inspirées de la phénoménologie.

Dans cet épisode, nous explorons différentes pratiques de thérapeutes inspirés par la phénoménologie comme l’analyse existentielle créée par Ludwig Binswanger que la psychanalyste Caroline Gros définit ainsi : “L'analyse existentielle au sens de Ludwig Binswanger, c'est la réunion de courants qui ne sont pas antagonistes, mais qui se marient, qui convergent, qui se sollicitent mutuellement. La psychanalyse d'un côté, la phénoménologie de l'autre. Et c'est avec l'apport de ces deux grandes sources que l'on peut travailler en analyse existentielle”.

Nous parlerons également de la Gestalt thérapie inspirée de la théorie de la perception, de la psychiatrie phénoménologique et serons notamment invités à suivre une séance à l’hôpital de Marseille avec Jean Naudin, et l’un de ses patients.

Un documentaire d’Élise Gruau, réalisé par Marie-Laure Ciboulet.


Une approche existentielle du soin psychique (radiofrance.fr)

05 juillet 2022

[Recherche] : Le cervelet, une région du cerveau clé pour la socialisation

Situé à l’arrière du crâne, le cervelet est une région du cerveau essentielle au contrôle de la fonction motrice, mais il contribue également aux fonctions cognitives supérieures, notamment aux comportements sociaux. Dans une étude récente, un consortium de recherche international comprenant des scientifiques de l’Inserm, de l’Université de Montpellier, du CNRS, de l’Institut de Neurociències Universitat Autònoma de Barcelone (INc-UAB) (Espagne) et de l’Université de Lausanne (Suisse) a découvert comment l’action d’un neurotransmetteur dans le cervelet, la dopamine, module les comportements sociaux via une action sur des récepteurs à dopamine spécifiques appelés D2R. En utilisant différents modèles de souris et des outils génétiques, les chercheurs et chercheuses montrent que des changements dans les niveaux de D2R, dans un type spécifique de cellules du cervelet, modifient la sociabilité et la préférence pour la nouveauté sociale, sans pour autant affecter les fonctions motrices. Ces résultats, publiés dans le journal Nature Neurosciences*, ouvrent la voie à une meilleure compréhension de certains troubles psychiatriques liés à la sociabilité, comme les troubles du spectre autistique (TSA), les troubles bipolaires ou la schizophrénie.

*Cerebellar dopamine D2 receptors regulate social behaviors | Nature Neuroscience



Le cervelet, une région du cerveau clé pour la socialisation | Salle de presse | Inserm

04 juillet 2022

Santé mentale des jeunes : appel aux bonnes volontés

Quelques chiffres alarmants :

43 % des étudiants en détresse psychologique, contre 29 % avant la pandémie (Observatoire de la vie étudiante – OVE –, 2021). Seuls 4 % d’entre eux ont pu consulter un service de santé universitaire ou bureau d’aide psychologique universitaire (OVE, 2021). Et seuls 1 % ont pu bénéficier des « chèques psy » débloqués par le gouvernement (ministère de l’enseignement supérieur, 2022). Le projet RHU PsyCARE dont le GHU Paris psychiatrie & neurosciences est promoteur, développe des essais cliniques afin d'améliorer les fonctions cognitives chez les jeunes et adolescents souffrant des pathologies émergentes.

Vous êtes intéressés ou vous connaissez des gens que ces essais pourraient intéresser ?

Contactez-nous sur scope@ghu-paris.fr Plus d'infos sur notre https://psy-care.fr

03 juillet 2022

Les MDPH formées pour mieux attribuer les nouvelles PCH

De nouvelles PCH complètent l'offre à compter de janvier 2023, notamment pour les personnes avec un handicap psychique ou sourdaveugles. Mais les professionnels des MDPH sont-ils formés pour accueillir ces nouveaux publics ? La CNSA se mobilise.

Ça va bouger du côté de la PCH… A compter du 1er janvier 2023, l'attribution de la Prestation de compensation du handicap sera en effet élargie aux personnes sourdaveugles et à celles vivant avec une altération des fonctions mentales, psychiques ou cognitives ou des troubles neurodéveloppementaux (articles en lien ci-dessous). Ainsi en a décidé le décret du 19 avril 2022. Pour autant, les professionnels des MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées) sont-ils préparés pour évaluer correctement les besoins de ces nouveaux publics ? Pas certain…

Lire la suite... sur le site :

01 juillet 2022

UNISTRA : Les lauréats des 20 prix de thèse

L’Université de Strasbourg a célébré, vendredi 17 juin, ses 459 doctorants et a remis les prix de thèse aux 20 lauréats pour leurs travaux dans les domaines des Sciences et technologies, Sciences de la vie et de la santé et Sciences humaines et sociales.

Prix de la Fondation Université de Strasbourg  :


Marine Granjon, Nouvelles perspectives pour la recherche sur le handicap ; 


Xavier Jurado, Estimation de la dispersion des polluants atmosphériques à l‘échelle d’un quartier ; 


Matthieu Chidharom, Étude des fluctuations d’attention soutenue chez les volontaires sains et les patients souffrant de schizophrénie.


Université de Strasbourg. Les lauréats des 20 prix de thèse (dna.fr)



https://fondation.unistra.fr/impact/les-prix-de-these-de-luniversite-de-strasbourg-en-2022/

30 juin 2022

Non, les schizophrènes ne sont pas dangereux !

"Non, les schizophrènes ne sont pas dangereux", démonte le psychiatre Jean-Victor Blanc - YouTube


Référence à son livre : Pop & Psy - Comment la pop culture nous aide à comprendre les troubles psychiques

Jean-Victor Blanc, Editions Plon, paru le 24/02/22


RÉSUMÉ

Dans ce véritable manuel pop de la psychiatrie moderne (et vice versa), le Docteur Jean-Michel Blanc éclaire d'un jour nouveau les principales pathologies et évoque la santé mentale d'une manière plus positive et plus conforme à son quotidien de médecin. Lorsque les stars et les séries nous aident à comprendre les troubles psychiques...

La représentation des troubles mentaux est généralement erronée et paradoxale. D'un côté, ils exercent une fascination, des tabloïds aux nombreuses œuvres mettant en scène des troubles psychiques ; de l'autre, ils font peur, et leurs approches artistiques, souvent terrifiantes, sont prises pour argent comptant. Fréquemment abordée, la maladie mentale reste pourtant mal comprise.


- Se rase-t-on forcément la tête comme Britney Spears lorsqu'on est bipolaire ?
- La schizophrénie ressemble-t-elle à un dédoublement de la personnalité façon Black Swan ?
- Une série Netflix peut-elle déclencher des suicides ?
- Si je prends des antidépresseurs, vais-je me retrouver dans Requiem for a Dream ?

Répondre à ces questions en mixant culture pop et psychiatrie, tel est le pari du Dr Jean-Victor Blanc dans ce livre à la fois sérieux, scientifique et divertissant. Ainsi souhaite-t-il rendre sa discipline, encore méconnue, accessible au grand public afin de diminuer la stigmatisation dont les personnes touchées par les troubles psychiques sont victimes. 

https://www.youtube.com/watch?v=StEB3-ld910

29 juin 2022

Tri téléphonique aux Urgences psychiatriques : l’expérience stéphanoise est concluante

A l’occasion d’une session consacrée aux urgences psychiatriques lors du congrès Urgences 2022, la Professeure Catherine Massoubre, cheffe du service des urgences psychiatriques et de l'unité de crise du CHU de Saint-Etienne a décrit le dispositif, appelé Psy15, mis en place par son hôpital pour mieux prendre en charge les situations de détresse psychique.

Une plateforme téléphonique en lien avec le SAMU a été créée aux urgences pour répondre aux appels à motifs psychologiques de 9h à 17h30. L’objectif est de faciliter le conseil, d’orienter au mieux les patients en difficulté psychologique et d’éviter le recours massif aux urgences.


Une des originalités du système est que le psychiatre n’intervient qu’en deuxième ligne : ce sont des infirmières (IDE) expérimentées en psychiatrie et/ou psychologie qui prennent les appels. L’IDE doit pouvoir répondre – donner un conseil médical, proposer une téléconsultation adaptée, mobiliser le SAMU/SMUR ou permettre d’avoir un accès simple à un autre professionnel – par l’option la mieux adaptée à la situation de l’appelant. Pour ce faire, les IDE ont pour rôle de faire le lien avec l’appelant. 


Bilan avec 1 an et demi de recul

Parmi les motifs de recours aux Urgences Psy15, la psychiatre a listé 25% de patients suicidaires, 30% souffrant d’angoisse, 15% d’agitation, 13% de délires et d’hallucinations. "Quand le patient est extrêmement inquiétant, on bascule sur le médecin régulateur pour envoyer les secours".


Sur la période de janvier à septembre 2021, 55% des appels ont conduit à une arrivée aux Urgences contre 97% d’arrivage aux Urgences pour appels psy avant la mise en place dispositif.

"Ce chiffre est aujourd’hui plus bas, après 1 an et demi, on est passé à 40% d’envoi aux Urgences, ce qui s’explique par l’expérience acquise par les IDE", considère-t-elle.



Tri téléphonique aux Urgences psychiatriques : l’expérience stéphanoise est concluante (medscape.com)

28 juin 2022

[Podcast] : "La schizophrénie, dont souffre mon frère, est violemment stigmatisée"

Le podcast "Rebond, vivre avec le handicap" interroge des personnalités sur leur rapport au handicap et la façon dont elles vivent avec. Le rappeur Gringe se confie sur la maladie de son frère Thibault et sur l’importance de libérer la parole. 

Sur scène, le public a découvert son flow aux côtés du rappeur Orelsan dans le groupe Les Casseurs flowters, avant de le retrouver dans une carrière solo, couronnée par un disque d’or pour son album Enfant lune. Derrière l’écran, les spectateurs l’ont aperçu dans les films Carbone, Les Chatouilles, Comment c’est loin, mais aussi des séries TV comme Validé ou VTC.

Mais c’est dans le rôle d’un écrivain que le rappeur et acteur Gringe a publié son premier roman, Ensemble, on aboie en silence. De son vrai nom Guillaume Tranchant, il a mis sur le papier les échanges entre lui et son jeune frère Thibault, atteint de schizophrénie. Une façon de comprendre la maladie et de partager un quotidien. Désormais parrain de l’association La Maison perchée, qui accompagne les jeunes adultes souffrant d’un trouble psychique, il nous explique comment vivre avec cette maladie, et quel est son impact sur la vie familiale et professionnelle.

Gringe se confie dans « Rebond, vivre avec le handicap », un podcast du Monde en partenariat avec l’Agefiph. Depuis le 29 mars, tous les mardis, retrouvez le témoignage d’une nouvelle personnalité.

Accéder au transcript de l’interview grâce à ce lien.

Retrouvez tous les épisodes de « Rebond » ici : « Rebond », le podcast du « Monde » qui parle du handicap

27 juin 2022

[Agenda] : Rappel de quelques dates importantes !


[Conférence] : J’aide un.e proche… Quels sont mes droits ?

Lundi 27 juin de 14 heures à 16 heures

à la Maison de la CEA, 4 rue des magasins, 67800 Bischheim.

https://psy-partenaires.blogspot.com/2022/06/conference-jaide-une-proche-quels-sont.html

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[Webinaire] : Vivre avec des troubles psy et des troubles cognitifs

Lundi 27 juin 2022 à 18h 


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[Ciné-Débat] : L'UNAFAM (Union des familles et amis de malades et/ou handicapés psychiques) vous convie à son ciné-débat autour du film "A la folie", sorti le 6 avril 2022


Mardi 28 juin à 20h

au cinéma Star St Exupéry (18, Rue du 22 Novembre - Strasbourg)

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[Congrès] : Journées Neurosciences Psychiatrie Neurologie (JNPN)


"Le cerveau en partage"


jeudi 30 juin et vendredi 1er juillet 2022 


Palais des Congrès, Paris


https://psy-partenaires.blogspot.com/2022/06/journees-neurosciences-psychiatrie.html

25 juin 2022

De l'autisme à la schizophrénie : le rôle de la neuroinflammation dans les maladies psychiatriques

Parlons neuroinflammation : on sait maintenant comment un état d'inflammation persistante peut être associé à la fois à des maladies psychiatriques et neurodégénératives.

Parmi les dernières recherches, on s'intéresse particulièrement au lien entre les infections virales pendant la grossesse et le risque de troubles neurodéveloppementaux chez l'enfant à naître.

Un sujet sur lequel le professeur Pistis de l'Université de Cagliari est intervenu lors du XVe Congrès mondial sur l'inflammation, qui s’est tenu à Rome du 5 au 8 juin.

Un nombre croissant d'études en Italie et dans le reste du monde ont montré qu'un état d'inflammation persistante est associé à la fois à des maladies psychiatriques et à des maladies neurodégénératives.

INFLAMMATION PENDANT LA GROSSESSE ET RISQUE DE DÉVELOPPEMENT DE MALADIES PSYCHIATRIQUES

Les derniers développements dans le domaine de la recherche sur la corrélation entre les infections virales pendant la grossesse et le risque de développer des maladies psychiatriques chez les enfants sont particulièrement pertinents.

Pathologies généralement diagnostiquées dans la petite enfance, comme l'autisme, ou à la fin de l'adolescence, comme la schizophrénie.

D’après le Pr Pistis « La grossesse représente une période particulièrement vulnérable non seulement pour la mère, mais aussi pour le fœtus.

Il est en effet possible que toute infection virale, comme le Covid-19 ou même une grippe banale, contractée par la femme enceinte puisse augmenter le risque – quoique très faible, je tiens à le préciser – de développement de maladies psychiatriques chez l'enfant à naître.

C'est un phénomène qui a déjà été observé dans le passé, dans le cas d'autres pandémies virales, et lié surtout au diagnostic de schizophrénie ou de troubles du spectre autistique ».

Plus précisément, il a été mis en évidence comment le processus inflammatoire déterminé par la réponse immunitaire maternelle à une infection peut être un facteur qui, en combinaison avec d'autres - y compris, par exemple, une prédisposition génétique, une naissance prématurée ou des complications obstétricales - peut altérer le développement neurologique du fœtus avec des conséquences à long terme.

NEUROINFLAMMATION : ENTRE NOUVELLES CONNAISSANCES ET PERSPECTIVES D'AVENIR

La neuroinflammation n'est pas une maladie en soi, mais une affection qui accompagne de nombreuses maladies neurodégénératives ou psychiatriques.

On parle de neuroinflammation lorsque le cerveau présente un état inflammatoire, parfois même léger, mais qui peut tout de même altérer le fonctionnement des cellules nerveuses, provoquant une série de symptômes neurologiques ou psychiatriques.

Par conséquent, chez les patients souffrant de ce type de trouble, la neuroinflammation peut être responsable d'une nouvelle aggravation de la maladie et de son évolution.

«Il est très important, poursuit le professeur Pistis, de continuer à étudier ce phénomène car l'état neuro-inflammatoire peut être la sonnette d'alarme de nombreux troubles psychiatriques, des maladies qui ne peuvent être identifiées par des tests de laboratoire.

Si donc on détecte des signes, par exemple dans le sang, de cet état neuro-inflammatoire, on peut procéder au diagnostic précoce de ces pathologies ».

«À cela s'ajoute, conclut le professeur Pistis, la possibilité de développer de nouvelles thérapies ou d'utiliser des médicaments déjà disponibles aujourd'hui pour une grande variété de maladies dans le but de réduire la neuroinflammation et d'avoir ainsi une arme supplémentaire dans le traitement des maladies psychiatriques et neurodégénératives. 


De l'autisme à la schizophrénie : le rôle de la neuroinflammation (emergency-live.com)