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12 septembre 2022

[Recherche] : Prévention de la schizophrénie et des troubles bipolaires





Selon une nouvelle étude, le risque de schizophrénie et de troubles bipolaires peut être détecté des années avant le début de ces maladies.

Une étude menée par l’University College Dublin et financée par le Health Research Board a révélé que 50 % des personnes ayant développé ces troubles mentaux avaient fréquenté des services spécialisés dans la santé mentale des enfants et des adolescents (CAMHS) dans leur enfance.

Publié dans le journal Psychiatrie mondiale, les résultats suggèrent la possibilité d’une intervention plus précoce, voire d’une prévention, selon le professeur Ian Kelleher, de la faculté de médecine de l’UCD, qui a dirigé l’étude internationale menée en collaboration avec l’Institut finlandais de la santé et du bien-être (THL).

La schizophrénie et les troubles bipolaires apparaissent généralement au début de l’âge adulte et peuvent avoir un impact dévastateur sur les personnes touchées, ainsi que sur leurs familles.

"Nos résultats montrent que la moitié des personnes qui développent ces maladies avaient consulté le CAMHS à un moment donné de leur enfance, généralement plusieurs années avant de développer une schizophrénie ou un trouble bipolaire.

Nous savons que l’intervention précoce est essentielle pour améliorer les résultats des personnes atteintes de maladies mentales graves. Ces résultats démontrent les énormes possibilités de fournir une intervention beaucoup plus précoce, même pendant l’enfance, en développant des services spécialisés d’intervention précoce au sein des services existants de santé mentale pour enfants et adolescents."


Professeur Ian KELLEHER, École de Médecine de l’UCD

La schizophrénie et le trouble bipolaire sont des maladies mentales graves qui touchent environ 65 millions de personnes dans le monde. Ces deux troubles sont généralement diagnostiqués à l’âge adulte et sont souvent associés à des niveaux élevés d’invalidité et de coûts personnels et sociétaux. On sait cependant qu’une intervention précoce permet d’obtenir de meilleurs résultats pour les personnes touchées par ces maladies.

Les chercheurs à l’origine de la nouvelle étude ont utilisé les registres de santé finlandais, leaders mondiaux, pour suivre toutes les personnes nées en 1987 tout au long de l’enfance et de l’adolescence afin de voir si, entre la naissance et l’âge de 17 ans, elles ont fréquenté le CAMHS.

Grâce à des identifiants uniques de patients, les chercheurs ont pu suivre toutes ces personnes jusqu’à l’âge de 28 ans et voir qui a reçu un diagnostic de schizophrénie ou de trouble bipolaire.

Ils ont constaté que le risque de psychose ou de trouble bipolaire à l’âge de 28 ans était de 1,8 % pour les personnes qui n’avaient pas fréquenté le CAMHS. En revanche, pour les personnes qui avaient suivi un programme CAMHS ambulatoire à l’adolescence, le risque était de 15 % et pour les personnes qui avaient été admises dans un hôpital CAMHS pour adolescents, le risque était de 37 %.

« Cette recherche montre la puissance des registres électroniques de soins de santé pour répondre à des questions importantes sur la santé et les maladies humaines », a déclaré le professeur Mika Gissler, THL.

« Elle démontre comment les données des registres de soins de santé peuvent être utilisées pour mieux comprendre les voies d’accès aux maladies mentales graves, de l’enfance à l’âge adulte, et pour identifier les opportunités critiques d’intervention précoce. »

Soulignant l’importance de l’intervention précoce, le professeur Ian Kelleher a déclaré : « Nous savons qu’il est crucial d’intervenir le plus tôt possible pour prévenir certains des pires effets de ces maladies. Mais dans l’idéal, nous aimerions pouvoir intervenir avant même le début de la maladie, pour la prévenir complètement.

Ces résultats soulignent la possibilité d’intervenir bien plus tôt que nous ne le faisons actuellement, même dans l’enfance et l’adolescence, pour empêcher l’apparition de ces maladies mentales graves ».


Source :

Collège universitaire de Dublin

Référence du journal :

Lång, U., et al. (2022) Potentiel de prédiction de la psychose et du trouble bipolaire dans les services de santé mentale pour enfants et adolescents : une étude longitudinale de registre de toutes les personnes nées en Finlande en 1987. Psychiatrie mondiale. doi.org/10.1002/wps.21009.

09 septembre 2022

Les idées reçues sur la schizophrénie

Le point sur ce trouble méconnu avec le professeur Franck Nicolas, psychiatre et chef de pôle au Centre hospitalier Le Vinatier (Lyon) (responsable du Pôle Centre et Centre ressource de réhabilitation psychosociale et de remédiation cognitive)


Le terme « maladie » est inapproprié concernant la schizophrénie car il ne s’agit pas d’une maladie à proprement parler, avec une cause identifiable que l’on pourrait soigner, et on ne connaît pas tous les mécanismes qui sont à son origine. Ensuite, c’est un trouble hétérogène qui s’accompagne de différentes manifestations : cognitives (troubles de l’attention, de la mémoire, de la capacité à s’organiser, à se repérer dans l’espace), troubles de l’insight (la conscience d’avoir un trouble ou d’avoir besoin de se soigner), difficultés à s’approprier sa maladie, à nouer des interactions sociales, à comprendre les émotions et les états mentaux d’autrui, déficit de motivation.


Dire que la schizophrénie serait « curable » voudrait dire que la personne peut redevenir comme elle était avant le début des troubles. En pratique, on essaie plutôt de procurer aux gens une qualité de vie en matière d’autonomie, d’espoir, de relations sociales, professionnelles, etc. avec des médicaments et des méthodes non médicamenteuses comme la psychoéducation, pour comprendre et accepter sa maladie, la remédiation cognitive pour gérer au mieux les situations du quotidien malgré des difficultés cognitives.


Elle peut venir de la famille


C’est plus compliqué que cela. L’apparition de la maladie résulte de la rencontre entre d’une part une fragilité résultant de facteurs génétiques et neurodéveloppementaux, et d’autre part des éléments déclenchants psychosociaux et toxiques. De nombreux facteurs altérant le développement cérébral peuvent favoriser l’apparition ultérieure d’une schizophrénie en créant une vulnérabilité qui sera révélée par un stress tel qu’un traumatisme crânien ou psychologique, des émotions fortes ou une consommation de cannabis. Les femmes qui ont eu la grippe au 2e trimestre de grossesse ou qui ont souffert d’une famine ont plus de risque d’avoir un enfant avec une schizophrénie. Ce risque reste toutefois faible (il passe d’environ 1 à 2 %) Au-delà du rôle de ces facteurs précoces, il est très difficile de savoir pourquoi telle personne, va réagir ou non à des facteurs de stress à l’origine d’une schizophrénie à l’âge de 15 ou 25 ans. L’adolescence est un moment clé où une fragilité peut s’exprimer, du fait des changements cérébraux, psychiques, mentaux et relationnels qui interviennent à cet âge-là (dépits amoureux, changements hormonaux, études devenant plus difficiles, choix de vie…).


Elle est liée à l’usage de drogue


Le cannabis est un facteur déclenchant ; en fumer entretient aussi les symptômes de la schizophrénie. Une consommation de cannabis à l’âge de 15 ans augmente le risque d’entrée ultérieure dans la schizophrénie. On observe aussi une forte tendance aux addictions chez les personnes ayant une schizophrénie, que ce soit au tabac, au café et même aux jeux d’argent mais cela découle de leur fragilité.


Les schizophrènes sont dangereux


Peu de patients sont responsables d’actes violents. Et ceux qui passent à l’acte le font souvent après avoir consommé une drogue. En revanche, il y a beaucoup de patients qui sont des victimes et qui souffrent. Ils ont du mal à dire non et sont agressés, volés, ou soumis à des pressions psychologiques. Certains voient leur logement squatté ou sont victimes d’extorsion.


 La maladie impose d’être hospitalisé à vie


Surtout pas ! On va à l’hôpital pour traiter les crises, mais il ne faut pas y rester longtemps car ce n’est pas un milieu stimulant, ni structurant. L’hôpital est un endroit médicalisé destiné à prendre en charge les patients qui sont trop désorientés, désorganisés, et qui présentent un danger pour les autres et pour eux-mêmes. Il faut savoir que le taux de mortalité par suicide atteint 15 à 20 % parmi les malades, ce qui est très élevé. Une personne va à l’hôpital si elle ne peut pas rester dehors, sinon elle est prise en charge en ambulatoire ou par une équipe mobile. Cette dernière modalité de prise en charge est encore trop développée en France.


La schizophrénie empêche de travailler, d’avoir des enfants, etc


C’est faux. Il est possible d’avoir des enfants si on a un partenaire stable et si on est suffisamment autonome et responsable pour gérer sa maladie et son traitement. On essaye de donner aux gens les moyens de choisir. Cela n’a pas de sens de leur dire que telle ou telle chose leur est interdite du fait de leur maladie car leur diagnostic ne les définit pas. Chaque personne qui a reçu ce diagnostic est différente des autres. Ce qui est impossible à l’un ne le sera pas forcément à l’autre.


Cela se voit


Ce n’est pas la maladie que l’on voit mais plutôt les effets secondaires de certains médicaments qui donnent des tremblements ou des mouvements répétitifs de la bouche, par exemple.



Les idées reçues sur la schizophrénie - Ça m'intéresse (caminteresse.fr)

08 septembre 2022

[Film] : La traversée de l’ombre

Le combat d’une jeune directrice de service social pour faire bouger les lignes de la psychiatrie dans la Suisse rurale des années 1970... Un téléfilm réaliste, inspiré de faits réels.

À la fin des années 1970, le milieu psychiatrique suisse a pris du retard par rapport au reste de l’Europe. C’est dans ce climat que Christa Liniger, fraîchement diplômée de l’université de Zurich, obtient son premier poste de directrice du service social d’une clinique psychiatrique rurale, où son compagnon Marc exerce en tant que médecin assistant. La jeune femme souhaite s’occuper des patients dans une structure dédiée, située à l’extérieur de l’établissement, et nourrit le fol espoir de parvenir à les aider à retrouver leur place dans la société. Mais le professeur Sennhauser, directeur inflexible aux pratiques archaïques, aussi charismatique que manipulateur, met tout en œuvre pour contrecarrer ses plans. Au sein d'un corps médical exclusivement masculin, la jeune femme se voit alors peu à peu traitée comme quantité négligeable et accumule les déconvenues, autant professionnelles que personnelles... 


Du traitement glacial réservé aux patients à l’enthousiasme chaleureux dont fait preuve Christa, cette fiction, qui s’inspire d’une histoire vraie, dépeint avec réalisme une période charnière pour la psychiatrie en Suisse.



La traversée de l’ombre - Regarder le film complet | ARTE 


disponible du 09/08/2022 au 14/10/2022

07 septembre 2022

[Télévision] : Les rencontres du Papotin

Dans "Les rencontres du Papotin", une rédaction de journalistes autistes mène des interviews de célébrités.

Les journalistes du Papotin - qui sont des personnes atteintes de troubles autistiques - vont interviewer une personnalité dans la nouvelle émission de France 2, un samedi par mois, selon les codes du journal : libre, décomplexé et parfois complètement absurde.



TÉLÉVISION - Une célébrité, des journalistes atypiques et une interview "sans filtre". Voilà ce que nous promet la nouvelle émission de France 2, intitulée Les rencontres du Papotin. Elle reprend les codes du journal éponyme dans lequel les journalistes sont tous porteurs du trouble du spectre autistique. Ce sont eux qui mènent l’interview, un samedi par mois, avec une parole libre et décomplexée dans une salle où la frontière entre les journalistes et l’invité est abolie.

Le premier épisode de l’émission proposée par Olivier Nakache et Eric Toledano, diffusé ce samedi 3 septembre, a vu Gilles Lellouche se confronter aux journalistes. La chaîne promet : « On peut tout dire au Papotin, mais, surtout, tout peut arriver ! » Alors l’acteur se prête au jeu et « dit tout au Papotin » : il avoue par exemple être mauvais joueur, avoir peur de la solitude et ne plus avoir de permis de conduire.

Le ton employé est celui d’un journal né en 1990, à l’hôpital de jour d’Antony (Hauts-de-Seine), à l’initiative d’un éducateur de l’époque, Driss El Kesri. Aujourd’hui, il est composé de 53 journalistes atypiques, tous bénévoles. Après tout, le Papotin est une activité qui leur est proposée à l’hôpital de jour au même titre que le théâtre ou la psychomotricité.

Lire la suite ICI

06 septembre 2022

Mieux déceler les troubles psychotiques chez l’enfant par un test génétique ?

Selon une étude, les soignants pourraient mieux identifier les troubles psychotiques chez un enfant grâce à des analyses ADN.


Les enfants ont souvent une imagination débordante, et dans certains cas, ce comportement peut être associé à des troubles psychotiques précoces. Or ces symptômes pourraient avoir une cause génétique, selon une étude publiée dans l’American Journal of Psychiatry*. Pour mieux les repérer, des chercheurs préconisent une analyse par puces à ADN chromosomique.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont examiné 137 enfants atteints de psychose précoce ou de symptômes psychotiques avant l’âge de 18 ans. Parmi eux, plus de 70% avaient commencé à souffrir de psychose avant l'âge de 13 ans. Et 28 % correspondaient aux critères de la schizophrénie, avec des symptômes persistants.


Tous ont subi des tests chromosomiques qui ont révélé, pour 40% d'entre eux, des variantes du nombre de copies de gènes, c'est-à-dire des suppressions ou des duplications de morceaux de leur ADN. Une variabilité qui est habituellement associée à des troubles psychiatriques et neurodéveloppementaux. Ce qui fait dire aux chercheurs que les psychoses chez l'enfant pourraient être décelées plus rapidement.


"Nos résultats plaident en faveur d'un test de puce à ADN chromosomique chez tout enfant ou adolescent diagnostiqué avec une psychose", déclare dans un communiqué* Catherine Brownstein, qui a codirigé l'étude à l'Université de Montréal. "Les tests permettraient aux familles de mieux comprendre le comportement de leur enfant, et pourraient aider à faire avancer la recherche."

"Plus la psychose est décelée sur le tard, plus il est difficile de la traiter plus tard", rappelle David Glahn, co-auteur de la recherche. "Si nous pouvons le traiter plus tôt et de manière appropriée, l'enfant s'en sortira probablement mieux au cours de sa vie."




*Similar Rates of Deleterious Copy Number Variants in Early-Onset Psychosis and Autism Spectrum Disorder | American Journal of Psychiatry (psychiatryonline.org)

Mieux déceler les troubles psychotiques chez l’enfant par un test génétique? (pourquoidocteur.fr) 

05 septembre 2022

Handicap invisible : un guide pour les employeurs publics

Comment repérer le handicap invisible d'un salarié et aménager au mieux son poste de travail ? Réponse en 67 pages dans le guide pratique dédié aux employeurs du public, édité en juin 2022 par le Fiphfp. Disponible en ligne !


Retards, absences, congés maladies à répétition, fatigabilité, oublis ou encore évitement sont autant de signaux qui doivent alerter un employeur. Ils laissent à penser, selon le guide publié en juin 2022 par le Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (Fiphfp), que l'employé peut être porteur d'un handicap invisible. Fibromyalgie, endométriose, handicap psychique, sclérose en plaques… 80 % des handicaps ne sont pas perceptibles (article en lien ci-dessous). Ce livret de 67 pages, disponible en ligne (à télécharger dans le lien ci-dessous), s'adresse aux accompagnants ou encadrants dans la fonction publique des personnes atteintes de « maladies chroniques ou de troubles de type psychique, cognitif, du développement ». Malgré ce caractère invalidant, elles ne sont pas toujours bénéficiaires de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (BOETH), par choix car « elles préfèrent taire leur handicap » ou parce que « l'invisibilité tient alors au labyrinthe administratif ».


La concertation de l'équipe pro


Or il est possible « d'aider ces personnes en respectant leur désir éventuel de discrétion », fait savoir le Fiphfp. Pour accompagner au mieux les employeurs dans cette démarche, le guide s'articule en quatre grandes thématiques. La première aborde les signaux facilement identifiables pour repérer un handicap invisible au travail. A chaque fois, une liste de plusieurs principes à adopter est proposée avec des exemples de bonnes pratiques. A commencer par la concertation avec les acteurs clés, supérieurs, employés, médecins, psychiatres, représentants syndicaux, qui « facilite le retour au travail ».


Rappel des droits des salariés


Le deuxième grand axe référence l'ensemble des ressources humaines dont dispose l'employeur pour « organiser une capacité d'écoute ». Il peut en effet faire appel au médecin du travail, aux référents et correspondants handicap (article en lien ci-dessous), aux acteurs de la direction des ressources humaines, aux managers de proximité ou encore aux représentants du personnel. L'avant-dernière partie rappelle les droits du salarié en situation de handicap : l'aménagement de son poste de travail et de ses horaires (notamment la mise en place de temps partiel), le Congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS), le télétravail, les formations adaptées, les procédures de reclassement…


Quelles aides ?


Enfin, le guide présente les dispositifs du Fiphfp que peuvent mobiliser les employeurs publics : la Prestation spécifique d'orientation professionnelle (PSOP) qui facilite l'élaboration d'un nouveau projet professionnel lorsque le maintien dans le poste de travail n'est pas possible ; les Prestations d'appui spécifique (PAS) qui mettent en œuvre des expertises et des conseils ou encore le job coaching sans reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), similaire au dispositif d'emploi accompagné qui permet le maintien de l'emploi dans le milieu ordinaire mais sans avoir nécessairement obtenu une RQTH.


Handicap invisible : un guide pour les employeurs publics




Télécharger le guide

03 septembre 2022

SantePsyJeunes.fr, le nouveau site d'information en santé mentale pour les adolescents et jeunes adultes

SantePsyJeunes.fr est un site d’information en santé mentale dédié à la prévention, la détection et l’intervention la plus précoce possible des troubles psychiques émergents afin de maximiser les chances de rétablissement. Il s'adresse principalement aux adolescents et jeunes adultes.


Ce site vous proposera un ensemble d’outils et de ressources pour faciliter la compréhension des troubles, le repérage des premiers signes et l’orientation vers les centres spécialisés.


SantePsyJeunes.fr est le fruit d’un travail collaboratif d’experts du réseau Transition en interaction avec les membres de l’association La Maison Perchée dans le cadre du projet de Recherche Hospitalo-Universitaire (RHU) PsyCARE
Actuellement en construction, nous avons besoin de votre avis pour une amélioration du contenu.


Pour participer au sondage, cliquez ici : Sondage Sante Psy Jeunes


Pour avoir accès au site, cliquez ici : https://dev.psy-care.fr



SantePsyJeunes.fr, le nouveau site d'information en santé mentale pour les adolescents et jeunes adultes | GHU Paris psychiatrie & neurosciences (ghu-paris.fr)

02 septembre 2022

Vaccination anti-Covid chez les malades mentaux : un succès.

Résultats des données nationales du Système National des Données de Santé

Nous avons montré dans trois études publiées en 2020 et 2021 que les personnes présentant des maladies mentales comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires avaient plus de risque de mourir d’une infection à COVID-19, de par des différences de prises en charge et/ou des différences immunologiques.


L’objectif de cette étude, publiée dans la prestigieuse revue European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience, était d'évaluer les résultats après un an de campagne de vaccination contre le Covid-19.


Nous avons utilisé les données du fichier national médico-administratif français (SNDS) et du téléservice de vaccination Covid du 4 janvier 2021 (date d'activation du téléservice) au 30 janvier 2022. Au 30 janvier 2022, le taux de première injection en France était de 80,2% (54 millions de personnes) et le taux de rappel de vaccination était de 78,3% (52,7 millions de personnes). À l'exception du trouble de l'usage des opioïdes, toutes les personnes souffrant de maladies chroniques ou présentant des facteurs de risque de mauvais résultats Covid-19 (par exemple, le tabagisme et l'obésité) avaient des taux de vaccination plus élevés que la population générale (de 83,4 % à 94,5 % contre 78,3 %). Cependant, les quatre maladies classées en dernière position, tant pour la vaccination initiale que pour la vaccination de rappel, étaient les troubles mentaux : troubles liés à l'alcool (86 et 84,3 %), troubles psychiatriques du neurodéveloppement (85,3 et 83,7 %), schizophrénies (85 et 83,4 %) et troubles liés à l'utilisation d'opioïdes (72,9 et 69,4 %).


Les psychiatres ont donc réussi leur pari : leurs patients sont mieux vaccinés que la population générale, à l’exception des personnes dépendantes aux opioïdes qui représentent une population particulière. Cependant, ces taux étaient inférieurs à ceux d'autres maladies chroniques à risque augmenté de mortalité par Covid-19. Nous avons également retrouvé d’importantes disparités géographiques, avec des taux de vaccinations effondrés outre-mer. 


One-year results from the vaccination campaign against Covid-19 infection in 47 million individuals with severe mental disorders and other chronic diseases.

lien de l'étude : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35969276/ 

Dr Guillaume FOND @guillaumefond