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18 septembre 2023
Suicide : un tabou à briser
Ce dimanche 10 septembre a eu lieu la journée internationale de prévention du suicide. Et cela depuis plus de 20 ans ! C’est une co-organisation de L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’organisation internationale pour la prévention du suicide. L’OMS considère le suicide comme un très grave problème de santé publique, à l’origine de près de la moitié des morts violentes, toutes causes confondues. Outre le drame de ces décès, le coût économique se chiffre en milliards d’euros.
L'ampleur croissante de cette journée de mondiale de prévention du suicide vient de la prise deconscience de l’importance de la mobilisation. Quelques chiffres pour donner une idée : on estime que dans le monde, toutes les quarante secondes a lieu un suicide, et toutes les trois secondes, une tentative. Cela correspond à un million de suicides chaque année, un million de vies perdues, non vécues.
Pendant longtemps le sujet était tabou, les familles et les proches endeuillés vivaient dans unesorte de silence honteux. Plusieurs raisons à cela : le remords et les scrupules liés au sentiment de culpabilité, d’abord. L’effroi et le gouffre du "c’est arrivé, c’est trop tard" aussi. Une forme d’impuissance silencieuse accompagne souvent les proches. Une chape de fatalité et d’isolement. C’est contre cela que veulent lutter les associations et les pouvoirs publics.
Lorsqu’on parle de suicide, on parle d’abord de personnes dont la vie soudainement bascule. On pourrait citer l’excellent film d’Edouard Bergeon, avec notamment Guillaume Canet, dans “Au nom de la terre” ; ce film mettait en lumière la détresse et l’isolement de certains agriculteurs face à l’endettement. Il y a donc les accidents de la vie, ses aléas plus ou moins lourds qui peuvent durablement amener à la spirale suicidaire. La perte d’un emploi, une séparation, l’angoisse économique sont autant de coups portés à l’équilibre de l’un d’entre nous. Et si la solitude ou l’isolement s’en mêle, la chute est possible.
Mais il y a aussi les personnes dont la santé mentale est déjà fragilisée, voire malade. On estime par exemple que le risque d’acte suicidaire est 30 fois supérieur à celui de la population générale, chez une personne souffrant de dépression. Chez les personnes atteintes de schizophrénie, le suicide constitue la première cause de mortalité.
Tous ces chiffres ne sont pas donnés pour nous affoler mais bien pour prendre conscience de l’importance du sujet !
Alors comment lutter précisément ?
Lutter c’est d’abord en parler… et c’est ce que nous faisons maintenant. En effet, briser le tabou, passe par une sensibilisation de chacun. La journée mondiale du 10 septembre s'est déclinée en de très nombreuses manifestations dans toute la France, et pas seulement dimanche, je vous invite à ouvrir les yeux et les oreilles, il y a tout au long du mois de septembre de multiples propositions. Chacune invite à mieux comprendre, à se rendre présent auprès de ceux dont on perçoit la détresse… et bien sûr, à communiquer le numéro national de prévention du suicide, gratuit et confidentiel, le 31 14. Des personnes formées à l’écoute sont disponibles 24h sur 24 et sept jours sur sept.
Un article rédigé par Laetitia Forgeot d’Arc, Sandrine Broutin - RCF, le 8 septembre 2023
15 septembre 2023
Cannabis et psychose : un rôle complexe
Les troubles psychotiques, en particulier la schizophrénie, se caractérisent par les symptômes dits « positifs » (comme les délires et les hallucinations) et des symptômes dits « négatifs » (tels que le repli, l’isolement social et l’incurie).
Il est actuellement bien établi que les personnes souffrant de troubles psychotiques ont une consommation de cannabis exceptionnellement élevée. On estime que 2/3 des individus avec des troubles psychotiques ont, ou ont eu, un usage de cannabis (1). De plus, lorsqu’il y a consommation, la fréquence (par exemple, le nombre de joints par jour) est également supérieure à celle de la population générale qui consomme du cannabis.
Ce lien épidémiologique solide entre troubles psychotiques et cannabis a suscité deux principales hypothèses :
1) l’association serait expliquée par un rôle toxique du cannabis, c’est-à-dire que le cannabis provoque les troubles psychotiques ; et/ou
2) un rôle autothérapeutique du cannabis, c’est-à-dire que le cannabis réduit les symptômes psychotiques.
Ces dernières années, l’hypothèse numéro 1 (cannabis « toxique ») semblait prendre le dessus. En effet, de nombreuses études avaient notamment montré que le tétrahydrocannabinol (THC), principal composant du cannabis, avait un fort potentiel pro-psychotique, et que la consommation de cannabis était liée à une évolution plus défavorable des troubles psychotiques. Cependant, l’hypothèse 2 (cannabis « protecteur ») n’était pas totalement écartée pour autant. Les individus concernés rapportaient un effet anxiolytique et anti-ennui du cannabis (plus que d’autres substances psychoactives), et certains autres composés du cannabis, comme le cannabidiol (CBD), semblaient avoir des effets bénéfiques sur certains symptômes de psychose.
Pour la première fois à l’échelle internationale, une équipe de chercheurs lyonnais a rassemblé les données individuelles des travaux menés dans le monde entier qui examinaient le lien entre cannabis et symptômes psychotiques. Les résultats de cette étude, portant sur plus de 3 000 patients suggèrent que le cannabis pourrait jouer un rôle à double facette :
– à la fois toxique (en renforçant) car il est associé à des symptômes positifs plus sévères (délire, hallucinations),
– et protecteur car associé à des symptômes négatifs moins sévères (repli, isolement social).
Les prochaines étapes consisteront à démontrer le lien de causalité entre le cannabis et ces associations, ainsi qu’à identifier les différentes molécules impliquées dans cet effet à double sens.
Cette étude a été financée par Le Vinatier, établissement psychiatrique universitaire de Lyon Métropole de premier plan en France, reconnu pour sa production scientifique au niveau national et européen.
(1) Par comparaison, dans la population générale française (qui est l’une des principales consommatrices de cannabis en Europe), le taux d’usage vie-entière de cannabis est de 46%
Les principaux scientifiques impliqués dans ce travail : Mathilde Argote, étudiante en doctorat de neurosciences ; Benjamin Rolland, psychiatre, addictologue, responsable du Service Universitaire d’Addictologie de Lyon, chercheur dans l’équipe INSERM-CNRS-UCBL1 « PSYR2-CRNL » ; Guillaume Sescousse, chercheur INSERM dans l’équipe INSERM-CNRS-UCBL1 « PSYR2-CRNL »
Communiqué de presse, CH Le Vinatier, 3 septembre 2023
14 septembre 2023
[Alsace] : L’auto-école solidaire s’adapte aux troubles psychiques
La Mission locale de Sélestat est agréée « auto-école solidaire » : certains de ses bénéficiaires peuvent y préparer le code et y apprendre la conduite. C’est gratuit et dédié en partie aux jeunes à troubles psychiques et cognitifs, qui ont particulièrement besoin de temps et de bienveillance.
Une salle, un powerpoint, des panneaux de signalisation : on est bien dans un cours de code de la route. À ceci près que les quatre participants se trouvent à la Mission locale de Sélestat, et qu’ici, « on prend le temps » d’après James Boilée, moniteur et référent mobilité. La structure sélestadienne est la seule du Grand Est à avoir obtenu l’agrément, au printemps dernier, pour être auto-école solidaire : si de nombreuses autres Missions locales accompagnent l’accès au permis, celle de Sélestat peut assurer des cours de conduite sur sa propre voiture, une Renault Zoé automatique qui attend sagement sur le parking.
Et depuis deux ans déjà, une dizaine de bénéficiaires par session de deux mois peut préparer le code gratuitement et avec une pédagogie bienveillante : soit en présentant un projet professionnel solide, soit parce qu’ils ont des troubles cognitifs. Sans condition de revenu.
13 septembre 2023
[Podcast] : Gueules cachées
Au premier regard, on ne voit rien. C’est lorsque l’on écoute, lorsque l’on prête l’oreille... là on entend, on comprend, les fêlures, les cassures.
Borderline, schizophrènes, bipolaires, TCA... ils ont en commun l’invisibilité de leur mal. Sur ce podcast, ils en parlent.
"Mon métier, c'est juste de survivre et de parler aux gens..."
Laetitia Forgeot d'Arc, une amie de TP-TP, a créé ce podcast pour nous aider à comprendre.
12 septembre 2023
[Alsace] : Le centre hospitalier de Rouffach contraint de fermer une unité, faute de médecins psychiatres
DNA 8 septembre 2023
11 septembre 2023
[Recherche] : Développement de la schizophrénie, une conséquence de la dérégulation mitochondriale ?
Les chercheurs ont maintenant analysé les modèles superposés d’activité génique altérée dans deux modèles de syndrome de délétion 3q29, y compris des souris où la délétion a été conçue à l’aide du CRIPSR, et des organoïdes du cerveau humain, ou des cultures de tissus tridimensionnels utilisées pour étudier la maladie. Ces deux systèmes présentant tous deux une fonction mitochondriale altérée. Ce dysfonctionnement peut provoquer des déficits énergétiques dans le cerveau et entraîner des symptômes et troubles psychiatriques.
“Nos données soutiennent fortement l’hypothèse selon laquelle la dérégulation mitochondriale contribue au développement de la schizophrénie”, a déclaré Jennifer Mulle, professeure agrégée de psychiatrie, de neurosciences et de biologie cellulaire à la faculté de médecine Rutgers Robert Wood Johnson et co-auteure principale de l’étude publiée dans Science Advances*. Selon lui “L’interaction entre la dynamique mitochondriale et la maturation neuronale est un domaine important et doit être étudié davantage pour plus de compréhension sur le phénomène.”
Mulle, membre du Center for Advanced Biotechnology and Medicine de Rutgers, et ses collègues ont montré pour la première fois que la délétion 3q29 était un facteur de risque de schizophrénie en 2010. Les résultats convergent avec les travaux sur un autre facteur de risque génétique de la schizophrénie, le syndrome de délétion 22q11 (ou syndrome de DiGeorge), qui s’est également avéré impliquer une fonction mitochondriale perturbée.
“Pour les variantes génétiques associées à la schizophrénie, nous voulons comprendre la pathologie primaire au niveau cellulaire“, a déclaré Ryan Purcell, professeur adjoint de biologie cellulaire à la faculté de médecine de l’Université Emory et co-auteur principal de l’étude. “Cela nous donne un point d’appui qui pourrait aider à réduire la complexité polygénique de la schizophrénie et à mieux comprendre la neurobiologie.”
Environ une personne sur 30 000 naît avec le syndrome de délétion 3q29. En plus d’augmenter le risque de schizophrénie, la délétion 3q29 peut inclure une déficience intellectuelle, des troubles du spectre autistique et des malformations cardiaques congénitales. L’effet de la délétion 3q29 sur le risque de schizophrénie est supérieur à celui de n’importe quelle variante génétique connue, mais les contributions des gènes individuels à la délétion sont encore en cours d’élucidation.
08 septembre 2023
Peut-on vraiment guérir d’un trouble psychique ?
La guérison en médecine signifie la disparition d’une maladie et le retour à l’état de santé antérieur à celle-ci, un retour dit ad integrum, grâce à l’instauration d’une thérapie traitant des causes de la maladie. Cette définition s’adapte bien aux maladies aiguës comme une infection bactérienne ayant, dans la plupart des cas, un début et une fin. Mais cette approche ne peut pas être généralisée : elle est, par exemple, mise à mal avec les maladies chroniques comme le diabète, l’asthme, les troubles thyroïdiens… Dans ce cadre, les interventions soignantes ont pour objectif de limiter les manifestations de la maladie et ses impacts, faute de la faire disparaître. Par ailleurs, les progrès de la médecine permettent de guérir des maladies qui étaient jusque-là fatales, ou de les transformer en maladies chroniques avec lesquelles on peut vivre (comme certains cancers).
07 septembre 2023
Lits fermés, délais de prise en charge en hausse... Les chiffres alarmants de la psychiatrie
Une étude de la Fédération hospitalière de France confirme la situation « très dégradée de l’offre de soins en psychiatrie ». Depuis la crise sanitaire, les demandes de prise en charge ont explosé alors que les fermetures de lits se sont accentuées. Les délais d’attente pour les patients s’allongent.
Des chiffres sur un cri d’alarme. Depuis 2020, 58 % des établissements publics ont fermé des lits de psychiatrie, à un rythme qui s’est accéléré depuis la crise sanitaire, selon une enquête de la Fédération hospitalière de France (FHF) dévoilée ce mardi. "Depuis plusieurs années, les professionnels et les usagers alertent sur l’état de la psychiatrie en France. Avec la crise sanitaire, les demandes de soin ont explosé, alors que, dans le même temps, la capacité hospitalière a diminué", observe Sylvie Peron, psychiatre au CH Henri-Laborit de Poitiers (Vienne) et présidente du groupe de travail FHF sur la psychiatrie.
Cliquez sur l'image pour voir l'article :
https://drive.google.com/file/d/1hSshPqRPxx-LQjxJMflPIiXjUW8k1Q7w/view?usp=sharing
https://drive.google.com/file/d/1HRz9dbAlnkSGNvHTvPOdx8rCleKIorgL/view?usp=sharing
06 septembre 2023
La psychiatrie : domaine d’exception au principe de consentement des personnes ?
Auteur : Moreau Delphine
La Santé en action, 2023, n°464
05 septembre 2023
[Presse] : Appel à témoignages
Dans les Dernières Nouvelles d'Alsace :
Vous souffrez d'un trouble psychique et ne parvenez pas à être pris en charge ? Votre témoignage nous intéresse !
Selon une enquête de la Fédération hospitalière de France, les établissements publics de psychiatrie souffrent de fermetures de lits et de manque de personnels. Nous recueillons les témoignages des patients ou de leur famille.
C'est un cri d'alarme pour la prise en charge de la santé mentale en
France, alors que près de 20% des Français souffrent de troubles
psychiques et que le suicide est la première cause de mortalité chez les
15-35 ans. Selon une enquête de la Fédération hospitalière de France menée auprès de 110 établissements publics de santé et dévoilée par BFMTV,
« les fermetures structurelles de lits sont nombreuses et se sont
intensifiées après la crise sanitaire ». Par ailleurs, entre 25% et 75%
des postes de médecins seraient vacants dans 40% des établissements.
Résultat : les délais pour accéder à une consultation ou une prise en
charge s'allongent. « En psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, 45%
des établissements décrivent des délais d’accès à l’ambulatoire compris
entre 5 mois et plus d’un an », indique l'enquête.
Vous souffrez (ou une personne de votre entourage) de troubles psychiques et vous ne parvenez pas à vous faire prendre en charge ? Votre témoignage nous intéresse. Racontez-nous votre parcours. Depuis combien de temps cela dure-t-il ? Quelles démarches avez-vous effectuées pour espérer une prise en charge ? Comment faites-vous en attendant ? Quelles conséquences cela a-t-il sur vous et votre famille ? Espérez-vous une solution bientôt ? Vous pouvez témoigner dans le formulaire ci-dessous. Vos témoignages serviront à la rédaction d'un article. Si vous souhaitez témoigner anonymement, précisez-le dans votre témoignage. Merci.
Accès au questionnaire en ligne.










