Génétique, imagerie, immunologie, neurosciences… L’Express lève le voile sur les avancées scientifiques, méconnues mais bien réelles, qui sont en train de changer la donne en psychiatrie. Les médecins comprennent de mieux en mieux les mécanismes biologiques à l’œuvre dans la dépression, l’anxiété, les troubles bipolaires, la schizophrénie ou encore les addictions. Ces progrès commencent à porter leurs fruits, avec une profusion de nouvelles stratégies thérapeutiques en cours de développement. En ouvrant des voies vers de possibles guérisons, ils redonnent des perspectives aux malades et pourraient rendre la discipline plus attractive pour les soignants. L’espoir est là, alors que ces maladies touchent un nombre croissant de Français depuis la crise sanitaire.
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11 février 2024
[Dossier dans le magazine "L'Express"] : Troubles mentaux : les nouveaux espoirs
09 février 2024
Troubles psychiatriques : comment mieux prendre en charge les SDF ?
Beaucoup de personnes sans domicile fixe sont atteintes de troubles psychiatriques mal pris en charge. Pour remédier à ce problème, la Haute Autorité de Santé émet de nouvelles recommandations.
"Veiller à ce que les personnes en situation de grande précarité et présentant des troubles psychiques aient accès à un parcours de santé, d’insertion sociale et de vie citoyenne : c'est tout l'objet des recommandations de bonnes pratiques publiées par la Haute Autorité de santé", explique l’institution dans un communiqué de presse.
30 % des SDF sont atteints de troubles psychiatriques sévères
Les populations en situation de grande précarité augmentent continûment depuis 20 ans en France. D’après la Fondation Abbé Pierre, 330.000 personnes seraient sans domicile sur notre territoire.
Concernant la prévalence des troubles psychiques dans cette population, une étude parisienne l’estime à environ 30 % si l’on ne tient compte que des troubles psychiatriques sévères comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Selon les données internationales, cette proportion s’élèverait à plus de 75 % si on inclut d’autres troubles comme la dépression, l’anxiété ou le trouble de stress post-traumatique.
"Les personnes concernées qui cumulent les difficultés (vulnérabilités sociales et psychiques, problèmes somatiques, situations administratives complexes), rencontrent de multiples obstacles pour accéder aux soins ainsi qu'aux dispositifs sociaux. Elles sont aussi souvent stigmatisées", déplore la HAS.
"Malgré l’existence de dispositifs d’aide et les diverses initiatives mises en œuvre aux niveaux national ou local, les réponses apportées aux SDF atteints de troubles psychiatriques restent encore insuffisantes", estiment les experts en santé publique.
08 février 2024
[Livre] Schizophrénie : existe-t’-il un ADN de la folie ?
À travers l’exemple de la schizophrénie, l’auteur dévoile comment notre ADN, par ses multiples variations, peut être à l’origine des troubles mentaux. Les tests génétiques, accessibles en consultation, ouvrent la voie à une meilleure considération des patients et de leurs proches, à la prévention et à l’amélioration des soins, voire à une meilleure information pour l’entourage. Ces nouvelles méthodes diagnostiques et thérapeutiques laissent entrevoir un avenir porteur d’espoir.
Boris Chaumette est maître de conférences à l’université Paris Cité, psychiatre au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences (hôpital Sainte-Anne), chercheur à l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris (laboratoire INSERM U1266), et professeur adjoint à l’université McGill à Montréal.
07 février 2024
[Tribune] : Supprimons le mot "schizophrénie", un terme stigmatisant et un diagnostic discuté
Un collectif alerte, dans une tribune au « Monde », sur les stéréotypes et les idées fausses associés à la schizophrénie et aux conséquences néfastes pour les personnes concernées. Et appelle à un débat national inclusif pour changer cette terminologie.
Introduit pour la première fois en 1911 par le psychiatre suisse Eugen Bleuler, le terme « schizophrénie » vient du grec schizo (qui signifie « fendre ») et phren (qui fait référence à l’esprit). Le terme est aujourd’hui employé en psychiatrie pour désigner des troubles psychiques sévères et persistants dont les causes sont encore mal comprises. Les représentations sociales négatives et les conséquences de stigmatisation qui y sont attachées sont bien connues et néfastes, à tel point que les personnes concernées sont susceptibles d’en souffrir davantage que du trouble lui-même.
Les stéréotypes et idées fausses qui circulent sur la schizophrénie sont encore trop souvent relayés par les médias, qui associent schizophrénie et dédoublement de personnalité ou duplicité, schizophrénie et violence/criminalité, ou schizophrénie et extrême dangerosité. La société s’est donc construit une représentation sociale des personnes atteintes de ces troubles particulièrement péjorative, éloignée de la réalité et de leur vécu.
Sur la forme, Jim Van Os – professeur de psychiatrie à l’université de Maastricht, aux Pays-Bas – estime qu’il est nécessaire de changer de vocabulaire pour changer la façon de penser la schizophrénie, et nous a invités, dès 2009, à nous débarrasser de ce terme pour la qualifier. En France, au regard du mésusage outrancier du mot, de l’ignorance de sa définition et de ses conséquences néfastes pour les personnes concernées, une évolution de la terminologie s’impose.
06 février 2024
Schizophrénie : de nouveaux traitements prometteurs
Nouvelle classe thérapeutique en vue dans la schizophrénie, ce trouble mental grave qui, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, concerne dans le monde 24 millions de personnes, soit une sur 300. Les résultats d’un essai américain de phase 3 d’un nouveau traitement viennent en effet de faire l’objet d’une publication dans la revue The Lancet*.
Des améliorations pour les patients atteints de schizophrénie
Son nom, KarXT (Karuna Therapeutics). Il s'agit d'une molécule dite agoniste des récepteurs muscariniques et non dopaminergiques ou sérotoninergiques comme les antipsychotiques aujourd’hui disponibles. Ce composé combine la xanoméline, un agoniste des récepteurs muscariniques M1 et M4 et le trospium, un antagoniste muscarinique, pour atténuer les effets indésirables de la xanoméline et accroître sa tolérance au niveau périphérique.
L’essai randomisé, dit Emergent-2, a inclus 252 participants issus de 22 sites américains : un groupe recevait la molécule à des doses croissantes, l’autre un placebo. Selon les données publiées dans cette étude, les deux types de symptômes de la maladie, ceux dits "positifs" (hallucinations, délire, agitation) comme aussi les "négatifs" (retrait, apathie, dépersonnalisation...) ont été réduits de manière significative dans le groupe recevant KarXT, avec environ 10 points de différence entre les deux groupes selon les scores utilisés pour les mesures. Des améliorations observées avec aussi moins d’effets secondaires (somnolence, prise de poids, rigidité) qu’avec les molécules usuelles, un facteur connu de mauvaise observance sur le long terme.
Une durée de traitement trop courte pour en tirer des conclusions
Autant de données encourageantes pour cette nouvelle classe de médicaments auxquelles toutefois l’éditorial du Lancet apporte un bémol.
D’une part, ce traitement n’a été utilisé que chez des patients en phase aigüe, ce qui ne permet pas encore de savoir si la molécule sera utilisable chez des patients présentant des symptômes moins sévères et, d'autre part, la durée du traitement a été courte (cinq semaines). Un délai trop court pour pouvoir prédire leur efficacité et sécurité sur le long terme.
Mais la classe semble néanmoins prometteuse, un autre antipsychotique de cette même famille (un agoniste du récepteur muscarinique M4, l’emraclidine) ayant lui aussi montré d'autres résultats encourageants dans un autre essai publié en 2022 dans The Lancet**.
Si la biotech Karuna Therapeutics à l'origine du développement de la molécule - rachetée 14 milliards de dollars fin décembre 2023 par Bristol Myers Squibb - prévoit déjà de lancer sa molécule courant 2024 sur le marché américain, l’éditorial du Lancet rappelle aussi que les progrès dans la schizophrénie ne peuvent reposer uniquement sur des avancées thérapeutiques. Car si des molécules plus efficaces sont en attente, il faudra aussi développer une approche prenant en compte des facteurs socioéconomiques de la maladie sans oublier de lutter contre sa stigmatisation.
*The Lancet 403 ISS 10422, P160-170 JAN. 13, 2024
** The Lancet 400 ISS 10369, P2210-2220 Dec. 17, 2022
05 février 2024
[Enquête] : Appel à participation
N'hésitez pas à répondre à cette enquête !
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Madame, Monsieur,
Nous menons, au sein de l’Université Paris Cité et de l’Université de Bordeaux, l’étude EVA visant à explorer le point de vue des parents ayant une maladie chronique ou en situation de handicap sur l’aide apportée par leur(s) enfant(s).
L’objectif est plus précisément de mieux comprendre le vécu des patients lorsqu’ils sont parents et qu’ils ont des enfants mineurs ou jeunes adultes. Il s’agit d’explorer la qualité de vie des patients, leur besoin d’aide, et leur perception du vécu de leur(s) enfant(s).
Les résultats permettront de développer l’accompagnement des patients et de leur famille.
Participation :
Cette étude s’adresse aux personnes :
- Ayant un problème de santé mentale chronique
- Ayant au moins un enfant âgé entre 6 et 25 ans vivant à leur domicile (quotidiennement ou très régulièrement).
La participation consiste à compléter un questionnaire en ligne, de 30 minutes environ.
Vous trouverez toutes les informations relatives à l’étude sur la page https://jaid.recherche.
Une courte vidéo de présentation
Une note d’information détaillée
Le lien pour compléter le questionnaire sur une plateforme sécurisée : https://sondage.app.u-paris.
fr/189129?lang=fr
Si vous êtes intéressé(e) par cette étude, n’hésitez pas à y participer et à la diffuser autour de vous !
Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter l’équipe JAID à l’adresse suivante : jaid.psycho@u-paris.fr
Nous vous remercions de votre attention.
04 février 2024
[Appel à projets de recherche appliquée] : "Troubles psychiques : participation sociale et citoyenne"
Il concerne les enfants, adultes et personnes âgées vivant avec des troubles psychiques.
Il s’agit donc de dégager des pistes de progrès visant à améliorer la participation sociale et citoyenne dans tous les secteurs d’activités (éducation, emploi, santé, sport, culture, etc.) des personnes vivant avec des troubles psychiques, en s’appuyant et en valorisant leurs compétences et leurs capacités.
Cet appel à projets s’intéressera à des sujets divers comme : les démarches d’accompagnement, l’entourage des personnes, la méconnaissance et les idées fausses sur la santé mentale qui engendrent une stigmatisation des personnes, les politiques publiques, etc.
Les candidats devront proposer un projet de recherche entrant dans le cadre de l’objectif général ci- dessus et prenant en compte les 6 critères de sélection présentés dans les pages suivantes.
Les résultats attendus des recherches ne se limiteront pas à des descriptions ou constatations mais apporteront aussi des recommandations, des solutions et des outils concrets et opérationnels pour impulser du changement. La production de connaissances utiles et utilisables par les acteurs de terrain est au cœur de la démarche attendue de recherche appliquée.
03 février 2024
Troubles psychiatriques : le stress à l'adolescence bouleverse le cerveau !
L’adolescence est une période cruciale pour la plasticité cérébrale. Ce terme désigne la capacité du cerveau à remodeler ses connexions - il est doté d’environ 100 milliers de milliards de connexions - en fonction de l'environnement et des expériences vécues.
Or, des chercheurs ont découvert qu’un stress important vécu pendant l’adolescence pouvait impacter ce fonctionnement. Leur étude a été publiée dans la revue Translational Psychiatry.
Un impact sur les cellules du cerveau
“Le cerveau en développement de l’adolescent est très sensible aux expériences sociales et aux insultes environnementales, ce qui influence la façon dont les traits de personnalité émergent”, ont écrit les auteurs.
Ils ont étudié l’impact d’un stress intense sur le cerveau de rongeurs adolescents. “Comme le cerveau humain, le cerveau d'un rat adolescent est très plastique. Cette plasticité se voit au niveau moléculaire et en termes de comportement”, a indiqué Thamyris Santos-Silva, premier auteur de l'article, dans un communiqué.
Les scientifiques ont ainsi découvert que ce stress excessif pouvait, par un processus complexe, entraîner l’apparition de troubles du comportement et de problèmes psychiatriques. Comment ? Selon leurs observations, le stress peut altérer le profil de certains gènes exprimés dans le cerveau et qui jouent un rôle dans la respiration cellulaire. Celle-ci est essentielle car elle permet de créer de l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules humaines, y compris des neurones.
“L'analyse a montré des altérations des gènes (...) chez les animaux stressés. Parmi les dix gènes les plus touchés, plusieurs étaient associés à des voies liées au stress oxydatif (qui agressent les cellules, ndlr) et à la fonction mitochondriale (qui permet la respiration cellulaire, ndlr), un composant cellulaire clé de la production d'énergie pour le cerveau”, a détaillé Felipe Villela Gomes, dernier auteur de l'article et professeur au département de pharmacologie de la FMRP-USP.
Ces changements au niveau des gènes "entraînent des altérations de la connectivité des cellules cérébrales, qui se propagent de manière systémique et peuvent produire des altérations persistantes à l'âge adulte en corrélation avec des troubles psychiatriques”, a résumé sa consœur.
02 février 2024
[Replay] de la conférence "Psychonutrition" au congrès de l'Encéphale (Paris 2024)
Dans cette conférence j'aborde :
- un état des lieux de la santé mentale en France (données nationales inédites 2021-2023)
- les découvertes biologiques qui ont révolutionné la compréhension des maladies mentales
- les recommandations internationales concernant les nutraceutiques avec un focus sur la dépression et la schizophrénie
01 février 2024
“En France, on manque d’acteurs et d’actrices qui parlent de leurs troubles psychiques”
Article de Télérama publié le 28 janvier 2024 à 14h00
« État de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté. » La définition de la santé mentale selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est un peu flippante. Il y aurait même de quoi devenir anxieux ! Avec de telles exigences de réussite sur le plan personnel et professionnel, et un prisme productiviste très américain, qui peut prétendre être en bonne santé ?
Ces dernières années, de plus en plus de personnalités (Justin Bieber, Stromae, Britney Spears, Blanche Gardin) ont évoqué publiquement leur santé mentale et les pathologies qui les minent : dépression, anxiété, schizophrénie, bipolarité, addictions…
D’innombrables films ou séries (des Sopranos à En thérapie) ont traité du sujet, contribuant à libérer la parole sur ce qui est toujours considéré par beaucoup comme un tabou. Selon l’OMS, encore, un milliard de personnes dans le monde sont concernées par des troubles psychiques. En décembre dernier, sur l’invitation du festival du cinéma européen des Arcs, Télérama a participé à un atelier sur la santé mentale, devant et derrière l’écran. Il était animé par le psychiatre et créateur du festival Pop & Psy, Jean-Victor Blanc, qui a répondu à nos questions.








