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11 mars 2024

"Comment vont les angoisses?": à Paris, des psys au chevet de sans-abri en détresse psychique

"Comment vont les angoisses?" : à Paris, une équipe mobile assure le suivi de personnes sans-abri souffrant de troubles psychiatriques, de la dépression à la schizophrénie, un accompagnement sur le fil entre acceptation, rupture de suivis et hospitalisation contrainte.

Station de métro Châtelet, 14h00. "Désolés pour le retard" : le psychiatre Thomas Mauras et l'infirmier Christophe Cieplinski, membres de l'équipe mobile psychiatrie précarité (EMPP) sud de Paris, serrent la main d'Edgar*, un jeune trentenaire coiffé d'un bonnet noir laissant échapper des cheveux bouclés.

"Comment ça va depuis la semaine dernière? Comment vont les angoisses?", demandent les deux professionnels. "Je n'ai pas le temps" de m'en occuper, répond le jeune homme, dont les "tocs" ont été repérés et signalés par une maraude sociale qui a prévenu l'équipe psy rattachée à l'hôpital Saint-Anne.

"Il présente des éléments psychotiques, avec des tocs atypiques, on lui a proposé à plusieurs reprises un traitement, il dit toujours qu’il n’a pas le temps", explique Thomas Mauras. "Mais il accepte une aide sociale, ça nous permet de le revoir plusieurs fois dans des contextes différents".

Selon une enquête de 2009 menée par le Samu social et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, un tiers (32%) des sans-abri à Paris présentent un trouble psychiatrique sévère nécessitant des soins.

Face à ces personnes qui ne sont souvent pas en mesure de venir consulter, des équipes mobiles EMPP ont été créées en 2005, à Paris et dans le reste du territoire, afin de faire des diagnostics, maintenir le lien, repérer les cas d'urgence et dans certains cas fournir des traitements.

Une personne sans-abri dort sur le Pont Neuf à Paris, le 5 mars 2024

"Il y a des gens qu’on ne va voir qu’une fois, on va les évaluer et on va estimer qu'il n'y a pas de troubles particuliers ou alors qu'il y a des troubles mais qui ne nécessitent pas de passer outre leur consentement" pour les hospitaliser, souligne Thomas Mauras. "Il y a aussi ceux qui sont très au fait de leurs difficultés et qui savent où consulter mais qui ne le souhaitent pas. Il y a enfin des gens qui nous envoient promener mais avec qui on finit au bout d’un certain temps par pouvoir établir un lien".

À l'image de cet homme, qui "entendait des voix", avait "des bouffées délirantes" et des comportements "très imprévisibles". Au bout de plusieurs rencontres, il "a finalement accepté de prendre un traitement" qui lui convient aujourd'hui. "Mais pour autant, il n'est pas prêt encore à aller dans un centre médico-psychologique".

16h. A quelques stations de Châtelet, Vera* est emmitouflée dans un duvet posée sur deux bouts de carton à même le sol, bonnet vissé sur la tête.

"Je suis très fatiguée, excusez-moi", souffle-t-elle dans le brouhaha des rames de RER. L'état psychique de la jeune femme, qui a brusquement quitté son centre d'hébergement d'urgence où elle logeait depuis un an, a suscité l'inquiétude d'une maraude sociale qui a prévenu l'EMPP.

"J'étais enfermée dans une chambre, c'était très dur, mes problèmes d'avant sont revenus, c'est pour cela que je suis retournée à la rue", explique-t-elle d'une voix douce, confiant avoir de "mauvaises pensées", perdre "la tête parfois" et se réveiller "souvent en pleurant".

"Ces pensées, vous n'arrivez pas à les chasser? Elles s'imposent à vous?", demande Thomas Mauras. "Non, ça va". Elle fait une pause. "Ça va mieux maintenant, je sais que je ne serais pas passée à l’acte, j’ai appris à vivre avec ma souffrance, à la gérer. Ne vous inquiétez pas pour moi".

"Est-ce que c'est une urgence psychiatrique? Ce n'est pas toujours criant, c'est pour cela qu'on pose toutes ces questions", explique Christophe Cieplinski. "Les idées de suicidaires de Véra* n'ont pas l'air d'être aussi présentes qu'il y a un an", note Thomas Mauras.

D'autres urgences sont plus "évidentes" et requièrent une hospitalisation, via dans certains cas une procédure dite de péril imminent. Au total, l'EMPP sud de Paris procède à une trentaine d'hospitalisations par an, une part toutefois infime (5%) de leurs interventions.

Parfois avec succès, parfois sans. Dans la rue depuis 25 ans, Jean*, un quinquagénaire souriant souffrant de psychose chronique sévère, a été hospitalisé à plusieurs reprises. Il a, quasiment à chaque fois, fugué de l'établissement, pour retrouver la rue.

* les prénoms ont été changés

10 mars 2024

[16 mars] : Les SchizAwards, la cérémonie pour arrêter de se faire des films sur la Schizophrénie !

samedi 16 mars à 20h30
(en ligne)

Il était temps de mieux raconter la schizophrénie et de prendre du recul sur ce que les films donnent à voir. Par conséquent, quelques jours après la 96e cérémonie des Oscar, PositiveMinders lance les SchizAwards : la cérémonie pour arrêter de se faire des films sur la schizophrénie. 

Cette cérémonie sera présentée par Morgane Cadignan, humoriste et chroniqueuse, accompagnée d’un jury composé de six experts (psychiatres, personnes vivant avec une schizophrénie, proches, réalisateurs et acteurs) pour éclairer le grand public.

Inscription gratuite



09 mars 2024

Schizophrène, autiste, bipolaire… Ces termes psy utilisés pour s’insulter qui stigmatisent les malades !

Un psychiatre a lancé une pétition demandant aux politiques "d’arrêter d’utiliser les troubles psychiques comme des insultes". Les associations craignent régulièrement une stigmatisation.

"De la même manière qu’on ne dit plus sale noir ou sale homosexuel, j’aimerais qu’on ne puisse plus dire non plus sale autiste ou sale schizophrène !" 

Le sang d’Hugo Baup n’a fait qu’un tour, le week-end du 25 février, en entendant le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, traiter à plusieurs reprises Emmanuel Macron de "schizophrène". Pour ce psychiatre au centre hospitalier de Périgueux, les politiques devraient "arrêter d’utiliser les troubles psychiques comme des insultes", pour reprendre le titre de la pétition qu’il a lancée en ligne dans la foulée*. En cinq jours, son texte avait atteint un millier de signatures.

*Pétition · Arrêtez d’utiliser les troubles psychiques comme des insultes ! · Change.org

Schizophrène, autiste, bipolaire… Ces termes psy utilisés pour s’insulter qui stigmatisent les malades - Le Parisien

07 mars 2024

21ème journées de la schizophrénie du 16 au 23 mars 2024 : "La Force du Collectif – la clé pour se rétablir de la schizophrénie"

Le programme officiel des Journées de la Schizophrénie 2024 est disponible !

En ligne : 40 événements dans la Maison Virtuelle de la Psychiatrie

En présentiel : nos partenaires organisent dans toute la francophonie une quarantaine d'événements locaux.

Journées de la Schizophrénie - Schizinfo



06 mars 2024

Soirée d’échanges "Proches aidants"

Organisée par la CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) "Pays des sources"

Jeudi 14 mars 2024

De 18h45 à 21h à la maison des services et des associations de Durrenbach

Programme

18h45 - Accueil - Encas salés

19h00 - Les proches aidants
  • Qu’est ce qu’un proche aidant ?
  • Etre proche aidant, une auto-identification parfois complexe
  • Comment repérer un proche aidant? Comment l’accompagner dans son processus d’auto-identification?
  • Les ressources et orientations possibles sur le territoire
20h - Temps d'échanges - Cafés Desserts

Intervenants

Myriam STRUTZER - CEA

Christine SINGER - Plateforme de répit le Trèfle

Sandrine BUCHON et Michelle ESCUDIÉ – UNAFAM

Audrey DIEMERT – 2APA

Inscription obligatoire et gratuite

en cliquant sur le lien : 24-03-14 - Soirée échange - Proches aidants | Framaforms.org

ou par mail : contact@cptspaysdessources.org

05 mars 2024

Du cinéma pour TOUS, AVEC ou SANS handicap

L'APEH, Aide aux Parents d'Enfants Handicapés milite pour le droit au répit des parents d'enfants en situation de handicap, quel que soit leur âge ou leur handicap. Il n'est pas toujours facile d'oser aller au cinéma, d'affronter le regard des autres, sans avoir peur de déranger...

Avec nos partenaires Ciné Relax (ex Ciné-ma différence) le cinéma Vox à Strasbourg et le cinéma Le Trèfle à Dorlisheim, l'APEH propose chaque mois une séance de cinéma ouverte à tous AVEC ou SANS handicap, pour que toutes les familles bénéficient d'un moment de détente et du plaisir d'une séance.

Des bénévoles accueillent et informent le public pour que chacun se sente bienvenu. La séance commence à l'heure, sans publicité ni bande annonce, le son est moins fort, les lumières s'éteignent progressivement et le prix du billet est modéré. Le public est informé que chacun peut exprimer ses émotions à sa manière, sans crainte. Ce dispositif chaleureux et bienveillant facilite l'accès de tous à ce loisir culturel.

Nous vous proposons ce mois de Mars: 
- A Strasbourg, "Cocorico"  Le 9 Mars à 16 heures, au cinéma VOX ( le 2ème samedi du mois).
- A Dorlisheim, "Le Dernier Jaguar" Le 16 Mars » à 15h30 au cinéma Le Trèfle (le 3ème samedi du mois).

Nous vous remercions de diffuser largement auprès des familles les projections de nos séances Ciné-Relax (ex Ciné ma différence).

Attention! Le nombre de places en fauteuil roulant est limité à 3 à Strasbourg et à 5 à Dorlisheim! s'inscrire par mail à :  apehalsace@gmail.com

  3 rue Streicher 67120 MOLSHEIM
              06 11 39 93 74
E-mail: apehalsace@gmail.com

Retrouvez nous sur notre Site Internet et Facebook

04 mars 2024

[Enquête] : Appel à participation !

Message reçu :

Je suis étudiante en Master 2 de Neuropsychologie clinique à l'Université d'Angers.

Dans le cadre de mon Master je suis à la recherche de participants pour une enquête en ligne. Cette dernière porte sur les liens entre la personnalité et la santé mentale. Le questionnaire est totalement anonyme et destiné aux personnes de plus de 18 ans et francophones. 

Accepteriez-vous s'il vous plait de bien vouloir le diffuser dans votre association auprès des usagers ? 

J'explore le trait de personnalité de l'empathie et de l'alexithymie (difficulté à identifier ses émotions) au sein de diverses pathologies (dont la cérébro-lésion, les troubles neurodéveloppementaux et les troubles psychiques).

03 mars 2024

La Métropole de Lyon veut "montrer l’exemple" dans le soutien aux aidants

Au cœur de plusieurs projets expérimentaux dont "la Métropole aidante", la Métropole de Lyon poursuit son engagement envers les aidants. Première en son genre en France, la Maison de répit implantée à Tassin s’apprête d'ailleurs à s’exporter en région parisienne.

"Nous sommes la métropole qui a le plus d’avance en la matière, avec des projets très innovants", s’est targué Henri de Rohan-Chabot, le président de la Fondation France Répit, au cours d’une conférence de presse, où étaient rassemblés le président de la Métropole, Bruno Bernard, et plusieurs acteurs institutionnels et associatifs du secteur médico-social.

La Maison de répit de Tassin-la-Demi-Lune, où s’est tenue la conférence, est l’un des projets expérimentaux phares du territoire. Initiée par la Fondation France Répit et ouverte en 2018 grâce (notamment) aux investissements de l’entreprise BioMérieux, ce lieu unique en France permet aux aidants et à leurs proches malades de se ressourcer et d’être accompagnés. 450 familles sont suivies en continu grâce aux équipes mobiles, et quinze places sont ouvertes en permanence dans cette maison moderne implantée dans un vaste parc boisé.

Balnéothérapie, yoga, sport, jardinage mais aussi aide aux démarches administratives, l’aidant est au centre du dispositif.

L’aide aux aidants, une priorité

Très bientôt, ce lieu unique en France ne le sera plus. Face à son succès, le modèle lyonnais s’apprête à être exporté en région parisienne où une seconde Maison de Répit ouvrira ses portes à Boulogne-Billancourt. "On aimerait que ce soit démultiplié partout dans la Métropole et en France", s’est enthousiasmé Bruno Bernard.

"Même si nous n’arriverons pas à trouver des solutions pour tout le monde, nous avons la responsabilité de trouver des solutions pour le plus grand nombre. Notre Métropole souhaite montrer l’exemple et faire de l’aide aux aidants une priorité de notre politique de santé", a ajouté le président de la Métropole. Juste à côté de la Maison, un projet d’habitat partagé inclusif, porté par l’association Grim, et dédié aux personnes porteuses de handicap psychique devrait également sortir de terre d’ici 2026.

La Métropole de Lyon veut "montrer l’exemple" dans le soutien aux aidants | Tribune de Lyon

01 mars 2024

Quand l’escalade s’adapte au handicap

À Reichstett, jeudi 8 février, le centre d’escalade Hapik a reçu une cinquantaine de jeunes en situation de handicap pour goûter aux plaisirs de l’escalade.

Le centre d’escalade Hapik situé dans le centre commercial Shopping Promenade a ouvert en septembre 2021. Son manager François Derocher décrit "une structure adaptée, colorée, avec des parcours de différentes difficultés qui rend l’escalade ludique et accessible à tout public dont celles atteintes d’un handicap mental ou psychique".


29 février 2024

"Macron est atteint de schizophrénie"… Et si on arrêtait d’utiliser des noms de maladies mentales comme des insultes ?

"Je pense que Monsieur Macron est atteint d’une schizophrénie inquiétante et dangereuse". La phrase signée Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a été prononcée dimanche lors d’un déplacement au Salon de l’agriculture. Il répondait au président de la République qui estimait que l’agriculture française "méritait mieux" que le "projet de décroissance et de bêtise" du RN.

Une utilisation du terme "schizophrénie" qui a fait bondir plusieurs psychiatres. "Vu de l’extérieur, ça peut ressembler à une guéguerre sémantique mais ce n’est pas le cas, prévient d’emblée Nicolas Rainteau, psychiatre au CHU de Montpellier. J’accompagne les patients dans des projets de vie et ce qui bloque au quotidien, ce n’est pas la maladie mais la stigmatisation".

[On irait jamais dire "le président est cancéreux"]

Si la schizophrénie n’est pas la seule concernée par ce mésusage (la bipolarité et l’autisme ne sont pas en reste), elle l’est toutefois tout particulièrement. Rien que ces derniers mois, Gérald Darmanin, Alain Juppé et Éric Zemmour ont eux aussi utilisé cette maladie mentale pour dénigrer des opposants politiques.

Hugo Baup, psychiatre hospitalier, épingle chaque mauvais usage sur son compte X et les tweets commencent à s’empiler. "Je ne fais que ça depuis six mois. On dirait que c’est une espèce de rite initiatique, que tant qu’on n’a pas utilisé n’importe comment le terme de schizophrénie à la télévision, on n’est pas un vrai politicien", se désole le médecin qui se dit "en colère". "On irait jamais dire "le président est cancéreux ou sidéen", mais avec la santé mentale, on se permet tout".

Mais pourquoi les hommes politiques aiment-ils tant faire un parallèle avec cette pathologie ? "C’est une manière de neutraliser un adversaire politique, de lui enlever toute raison, toute stature politique, analyse Hugo Baup. Un fou aux manettes, ce n’est pas très rassurant". Car le terme est toujours utilisé de manière négative. Par les personnalités politiques, mais pas seulement. "Des journalistes utilisent aussi le terme schizophrénie en dehors de sa définition de manière outrancière car ça fait peur, ça attire et ça fait vendre", regrette le médecin.

La stigmatisation, une deuxième maladie

En utilisant ce terme, Jordan Bardella renvoie Emmanuel Macron à une sorte de double personnalité. Pourtant, la schizophrénie n’a rien à voir avec une quelconque dualité. Pour rappel, il s’agit d’une maladie psychiatrique complexe touchant 600.000 personnes en France et qui se traduit notamment par une perception perturbée de la réalité, des idées délirantes mais aussi un isolement social et une démotivation. "La langue française est suffisamment riche et belle pour trouver d’autres synonymes", considère Hugo Baup qui s’est donné pour mission de vulgariser la santé mentale sur son compte X.

Outre le stéréotype de la double personnalité, la stigmatisation porte aussi sur la dangerosité des malades. "La schizophrénie n’est pas du tout un facteur de dangerosité, assure le psychiatre. Mais le malade a 7 à 17 fois plus de risques que la population générale d’être violent envers lui-même". Selon le médecin, cette stigmatisation entraîne une mise à distance des patients dont les autres « ne veulent pas ». "La stigmatisation, c’est quasiment une deuxième maladie, estime Nicolas Rainteau. On n’imagine pas cet impact tant qu’on ne le vit pas au quotidien".

Changer le nom de la maladie, une solution ?

« Utiliser à mauvais escient un mot en le stéréotypant donne à la population une idée fausse de ce qu’est cette maladie et le problème, c’est que cette mauvaise définition fait foi, insiste Nicolas Rainteau, psychiatre au CHU de Montpellier. Quand on pose un diagnostic de schizophrénie, la personne nous dit : "Non, moi je n’ai pas de double personnalité et je ne suis pas dangereux". »

Selon lui, des sorties telles que celle de Jordan Bardella, vues par des millions de Français, nuisent au travail de fond et de fourmis réalisé par des associations, des malades, leurs proches mais aussi les soignants. « Moi, quand je parle de cette pathologie, ce n’est pas au Salon de l’agriculture et on ne me tend pas 15.000 micros », regrette le praticien hospitalier.

« Les personnes souffrant de schizophrénie ont déjà tellement la sensation d’être un fardeau pour la société et sont parfois au bord du suicide, si en plus, elles voient dans les médias que le nom de leur maladie apparaît dans un climat tendu et haineux… C’est tout ce qu’il ne faut pas faire », insiste Hugo Baup. Pour en finir avec ce mésusage, un collectif de médecins et de patients français propose de changer le nom de cette maladie. Chose faite pour le Japon depuis 2002. La pathologie s’appelle désormais « trouble de l’intégration ».