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22 mai 2025

PSYKONOS : un test sanguin contre l'errance thérapeutique

Il pourrait arriver sur le marché dans deux ans et aider les patients bipolaires à venir à bout de l’errance thérapeutique liés à leurs troubles, estimée entre huit et 10 ans. 

Le test sanguin de diagnostic différentiel du trouble bipolaire et de la dépression, breveté par les chercheurs Raoul Belzeaux (psychiatre à Montpellier) et Nicolas Glaichenhaus (chercheur en immunologie à Marseille), est basé sur le dosage des cytokines, biomarqueurs de l’inflammation. Développé par la start-up Psykonos depuis 2013, il entrera dans sa phase finale d’ici à quelques semaines, avec le lancement de l’étude clinique sur 623 patients dans 10 centres experts hospitaliers, dont le CHU de Montpellier. L’analyse des biomarqueurs sera croisée avec un diagnostic psychiatrique. 

Un protocole clinique façonné avec la collaboration de la HAS, « car le test, estimé à 250 euros, fera l’objet d’une demande de remboursement auprès de l’Assurance maladie » précise Grégory Perraud, directeur général de Psykonos, qui rappelle le rôle majeur des associations de patients et aidants - Bipolarité France, Positive Minders, et Argos 2001- dans le recherche. Dernier défi pour la start-up, qui espère une levée de fonds à hauteur de 3 millions d’euros : lancer une recherche additionnelle, plus courte, fondée sur l’analyse de 8000 à 10 000 autres marqueurs sanguins, afin d’optimiser le test.

Référence : Le Point 15 mai 2025 n°2755

21 mai 2025

Le gouvernement lance la mission "Santé des personnes en situation de handicap"

"Le gouvernement est pleinement mobilisé pour faire de la santé un droit réel et effectif pour toutes les personnes en situation de handicap. Cette mission est une étape clé pour bâtir un système de santé plus accessible, plus inclusif et plus juste".

À la suite des engagements pris lors de la Conférence nationale du handicap (CNH) du 26 avril 2023, le Gouvernement lance une mission dédiée à l’amélioration de l’accès aux soins et à la prévention pour les personnes en situation de handicap. Un rapport d’étape sera remis dès l’été 2025 et un comité d’experts viendra en appui de la mission pour appuyer ses travaux.

Sous l’impulsion de Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, de Yannick Neuder, ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, et de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre chargée de l’Autonomie et du Handicap, cette mission vise à lever les obstacles qui entravent encore trop souvent la santé des personnes en situation de handicap. La lettre de mission est adressée à quatre personnalités : Laure-Marie Issanchou, directrice santé à la Fédération nationale de la Mutualité française, Carla Magaud, vice-présidente en charge de la communication et du handicap à l’Intersyndicale des internes en médecine, Françoise Thomas-Vialettes, présidente de Epipair formation, et Christine Gardel, inspectrice générale des affaires sociales.

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20 mai 2025

Pénurie de 14 psychotropes : plus de 30 organisations tirent la sonnette d'alarme

Anne-Gaëlle Moulun 5 mai 2025

Depuis début janvier 2025, 14 médicaments psychotropes sont en tension d’approvisionnement ou en ruptures de stock. Une situation qui provoque de graves conséquences pour les patients et pour les services, comme le dénoncent plus d’une trentaine de syndicats, d’associations et de sociétés savantes dans un communiqué commun. Les Drs Stéphane Henriette, psychiatre et Guillaume Sujol, pharmacien hospitalier, détaillent ces difficultés pour Medscape édition française.

« Depuis plusieurs mois, la psychiatrie se trouve particulièrement en difficulté, avec des tensions d’approvisionnement récurrentes allant jusqu’aux ruptures, et ce pour des molécules de plus en plus nombreuses », dénoncent dans un communiqué, 36 organisations dont des associations, syndicats, représentants des usagers et des familles, et sociétés savantes.

« Le phénomène est d’une ampleur inédite », souligne le Dr Stéphane Henriette, psychiatre praticien hospitalier au centre hospitalier de Saint-Cyr au Mont-d’or et secrétaire général du Syndicat des psychiatres des hôpitaux.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’un nouveau médicament soit concerné. Nous sommes dans une insécurité permanente

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19 mai 2025

[Livre] : "Où tu seras reine"

Chrystel Duchamp ; Editions Verso label Seuil ; parution le 17/01/25

Maud, vingt-cinq ans, entretient une relation fusionnelle avec sa mère. Quand sa psychiatre, qui suit la jeune femme pour une schizophrénie sévère, lui explique que ce lien l’empêche de s’épanouir, Maud décide de prendre ses distances avec la figure maternelle.
Jusqu’au jour où elle découvre sur son répondeur un message paniqué de cette dernière. Un message qui se conclut par « Je l’ai tué ».
Maud se précipite dans la maison de son enfance. Commence alors une chasse au trésor funèbre qui va l'amener, pièce par pièce, à exhumer d'inavouables secrets de famille…

18 mai 2025

L’allocation handicap augmente en mai, voici son nouveau montant

Si vous bénéficiez de l'allocation aux adulte handicapés (AAH), sachez que son montant est revalorisé depuis le 1er avril 2025, mais l'augmentation est effective à partir de ce mois de mai.

Quel est le montant revalorisé de l'AAH?

L'allocation aux adultes handicaptés (AAH) est une aide qui vise à garantir un revenu minimum aux personnes en situation de handicap. Son montant est régulièrement revalorisé en fonction de l'inflation. En avril 2025, l'AAH a été revalorisée de 1,7% mais l'augmentation n'est effective qu'à partir de mai. Son nouveau montant est désormais au maximum de 1 033,32 € pour tout bénéficiaire ne disposant pas d'autres ressources.

Pour rappel, l'AAH avait connu un changement notable en 2023 avec la "déconjugalisation" de cette allocation, ce qui a permis de ne plus prendre en compte les ressources du conjoint dans le calcul de l'aide. Cette mesure avait permis à de nombreux bénéficiaires de voir leur allocation augmenter significativement ou de devenir éligibles à cette aide.

Quelles conditions pour bénéficier de l'AAH?

Pour bénéficier de l'allocation d'aide aux personnes handicapées, il faut:

- Vivre en France
- Être âgé d'au moins 20 ans

L’allocation handicap augmente en mai, voici son nouveau montant

17 mai 2025

[Webinaire] - Les troubles psy de 0 à 99 ans. Partie 3 : de 11 à 18 ans

22 mai 2025 — 18:00 - 20:00

Préadolescence et adolescence, des années aux comportements déconcertants…

Comment les différencier de troubles psy naissants ? Quelles sont les bonnes questions à se poser pour maintenir un cap éducatif, soutenant et bienveillant ? En tant que parents, pourquoi et quand intervenir ? Comment éviter de se voiler la face ou de trop s’inquiéter pour l’avenir ? Différents regards seront posés sur cette période charnière, où peuvent apparaître les premiers symptômes des troubles psy et où la réactivité de l’entourage joue souvent un rôle signifiant. Témoignages et expertises croisées enrichiront la discussion. 

16 mai 2025

Effets sédatifs des antipsychotiques : on sait mieux quand ça commence… et quand ça finit

Les antipsychotiques, essentiels dans le traitement de la schizophrénie, entraînent souvent des effets sédatifs. Une méta-analyse analyse la chronologie de leur apparition et de leur résolution, soulignant l'importance d'une surveillance précoce pour améliorer l'adhésion au traitement.

La schizophrénie est une pathologie courante qui a une prévalence de 1 % dans la population générale. Les antipsychotiques constituent le traitement pharmaceutique principal chez ces patients. Ils sont souvent requis pour contrôler les symptômes et prévenir la rechute.

Cependant, ces traitements sont à l’origine de nombreux effets secondaires, notamment une sédation, des troubles métaboliques et cardiovasculaires, une hyperprolactinémie et des troubles sexuels, qui peut altérer la qualité de vie du patient, et diminuer l’adhésion au traitement.

Bien qu’une tolérance aux effets secondaires sédatifs se développe, la temporalité d’apparition de ceux-ci et de leur résolution éventuelle restent mal connue. Une équipe a voulu évaluer cette dynamique chez des individus atteints de schizophrénie, auxquels étaient precrits différents antipsychotiques.

Une méta-analyse de données individuelles issues d’essais contrôlés randomisés

Dans cette méta analyse*, tous les essais randomisés contrôlés (ERC) contre placebo étudiant les monothérapies antipsychotiques dans la phase aiguë de la schizophrénie et des troubles schizoaffectifs ont été inclus. Les ERC ont été sélectionnés à partir d’une recherche parmi les publications sur PubMed depuis sa création jusqu’au 6 mai 2021.

Des données étaient disponibles pour les formes orales de rispéridone, palipéridone, olanzapine, quétiapine, halopéridol et placebo, et pour formes injectables de rispéridone, palipéridone, et placebo. Notons que la plupart des molécules telles que l’aripiprazole et la clozapine n’ont pas été prises en compte, et l'halopéridol était le seul antipsychotique de première génération étudié. Par conséquent, ces résultats peuvent ne pas représenter tous les antipsychotiques.

*The trajectory of sedative adverse events caused by antipsychotics: a meta-analysis of individual participant data from randomised, placebo-controlled, clinical trials in acute phase schizophrenia - The Lancet Psychiatry

Effets sédatifs des antipsychotiques : on sait mieux quand ça commence… et quand ça finit

15 mai 2025

Des scientifiques révèlent que les maladies mentales ne se limitent pas au cerveau

Une nouvelle étude de l’Université de Bristol suggère que l’on devrait envisager d’autres facteurs au-delà du cerveau, car des signaux immunitaires présents dans le sang semblent également jouer un rôle dans les maladies mentales. Cette connaissance pourrait être utile pour le développement de traitements à la fois innovants et efficaces.

Bien qu’elles touchent de nombreuses personnes, les maladies mentales sont souvent traitées principalement par des substances chimiques cérébrales, telles que la sérotonine et la dopamine, négligeant l’impact potentiel du système immunitaire sur le cerveau.

De plus, la majorité des médicaments utilisés pour la santé mentale affectent les neurotransmetteurs. Face à l’inefficacité de ces thérapies pour certains patients, une étude récente a révélé un lien entre l’activité du système immunitaire et diverses maladies neuropsychiatriques, comme la dépression et la schizophrénie.

Selon Christina Dardani et Golam Khandaker de l’Université de Bristol*, les signaux immunitaires, tant dans le sang que dans le cerveau, semblent être tous deux concernés par les maladies mentales.

Cette nouvelle compréhension pourrait faciliter le développement de traitements efficaces.

Les échecs de certaines thérapies chez des patients signalent des racines biologiques possibles plus profondes, parmi lesquelles l’implication du système immunitaire se distingue.

Par exemple, certains médicaments qui stimulent le système immunitaire peuvent entraîner des symptômes dépressifs, et les infections ainsi que les maladies auto-immunes sont également associées à des maladies mentales.

Pour cette étude, une méthode appelée Mendelian randomization a été utilisée, permettant d’analyser des données génétiques pour établir des relations de causalité en se concentrant sur 736 protéines liées au système immunitaire présentes dans le sang et le cerveau des êtres humains.

Les chercheurs ont examiné comment ces protéines sont liées à sept maladies mentales.

Pour déterminer la causalité, un système à trois niveaux a été imposé, se concentrant sur la dépression, la schizophrénie, les troubles bipolaires, la maladie d’Alzheimer, le trouble d’hyperactivité/déficit de l’attention (THADA), l’autisme et l’anxiété.

Parmi les plus de 700 protéines étudiées, l’équipe en a identifié 29 en rapport avec ces troubles, et leurs résultats respectent des normes statistiques et biologiques strictes.

Puis, parmi ces 29 protéines, certaines sont déjà des cibles pour des médicaments et 20 d’entre elles ont des traitements approuvés ou en phase d’essai pour d’autres maladies. Leur lien avec les maladies mentales ouvre la voie à des repositionnements thérapeutiques.

Pour la schizophrénie, les experts ont identifié 57 biomarqueurs liés au système immunitaire. La dépression présentait 24 protéines associées, et le trouble bipolaire partageait certains marqueurs avec la schizophrénie.

La maladie d’Alzheimer a montré 28 marqueurs en relation avec le système immunitaire.

Notre étude démontre que l’inflammation dans le cerveau et dans le corps peut influencer le risque de maladies mentales. Les résultats remettent en question la séparation traditionnelle entre le corps et l’esprit et suggèrent d’envisager la dépression et la schizophrénie comme des affections touchant l’individu dans son ensemble.

Cette étude aide à cibler les traitements, offrant ainsi un chemin vers de nouveaux médicaments.

Les chercheurs prévoient de vérifier leurs résultats à l’aide de dossiers de santé, d’études animales et d’essais cliniques.

Cependant, ils recommandent la prudence, car la majorité des données proviennent de personnes d’ascendance européenne, nécessitant des études plus diversifiées.

En explorant la biologie du système immunitaire et du cerveau, cette étude porte un nouvel espoir pour des millions de personnes vivant avec des maladies mentales.

*Immunological drivers and potential novel drug targets for major psychiatric, neurodevelopmental, and neurodegenerative conditions by Christina Dardani, Golam M. Khandaker et al. in Molecular Psychiatry [open access]

Des scientifiques révèlent que les maladies mentales ne se limitent pas au cerveau

14 mai 2025

[Livre] : Et c'est moi qu'on enferme

Philippa Motte, Editions Stock, parution le 07/05/2025

"Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes closes, des mots savants, des piqûres et des sangles qu’ils utiliseront pour me maîtriser si je me risque à exprimer le fond de ma pensée."

À trente et un ans, Philippa Motte est internée sous contrainte dans un service psychiatrique. C’est la troisième fois. Elle y reste plusieurs mois, assommée de médicaments et confrontée à la brutalité de certaines pratiques de soin. Pour tenir, elle s’allie aux autres patients et fait certaines des plus belles rencontres de sa vie. Longtemps blessée par le regard d’une société qui marginalise ceux qui souffrent psychiquement, c’est finalement dans la lutte pour préserver son identité que Philippa trouve son humanité profonde. Un récit puissant qui donne à ressentir les violences psychiatriques, et qui rend leur dignité à celles et ceux qui les subissent.

Et c'est moi qu'on enferme (Grand format - Broché 2025), de Philippa Motte | Stock

Philippa, bipolaire, raconte l’effrayante beauté de la folie