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22 juin 2025

Bref retour sur les journées nationales Santé Mentale France les 12 et 13 juin 2025

Ces journées qui se sont tenues à Montpellier ont réuni plus de 700 participants, dont notre présidente Françoise MALAVIELLE, qui nous propose ce résumé.

Ces rencontres étaient centrées sur le rétablissement, un nouveau paradigme issu des usagers et qui a beaucoup évolué dans le champ de la santé mentale ces dernières décennies comme l’a bien relaté Aude Fauvel, historienne spécialiste de l'histoire de la psychiatrie française.

Cette évolution, relativement récente en France, nécessite un changement de regard de la part des équipes de soins et l’implication dans ces équipes « d’experts d’expérience ». Un programme « Médiateurs de Santé-Pairs »(MSP) visant à accompagner la formation et le recrutement de personnes concernées par des troubles psychiques rétablies ou en voie de rétablissement, dans des établissements hospitaliers ou structures médico-sociales est détaillé par le CCOMS, Centre Collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale installé dans un EPSM (Etablissement Public de Santé Mentale) déployé dans la métropole lilloise. Actuellement on compte près de 200 MSP en France ayant une licence professionnelle délivrée à Paris XIII ou à Bordeaux.

Un autre exemple d’alliance entre des professionnels d’un établissement psychiatrique et d’une patiente devenue, depuis, pair aidante et patiente experte au sein de ce même établissement, est rapporté.

Un des outils du rétablissement est la réhabilitation psychosociale. Un exemple de cette démarche est porté par un service du Centre Hospitalier de Rouffach (68) dont l’originalité est de présenter un modèle intégré de coordination entre PTSM, CLSM et Centre de ressources en Réhabilitation Psychosociale.

Aussi, pour aider à (re)trouver le chemin du rétablissement un nouveau média participatif Plein Espoir, construit par et pour les personnes vivant avec des troubles psychiques, est proposé à l’initiative de Santé mentale France.


Le rétablissement de la personne souffrant d’un trouble psychique passe aussi par celui de ses proches : ateliers PROSPECT (Unafam), psychoéducation (Programme Profamille), soutien des jeunes aidants (Communauté de pratiques Etincelles&Co).

En conclusion, "l’ambition de ces journées était de promouvoir une inventivité et une transversalité de proximité sur les territoires afin de favoriser les processus de rétablissement des personnes concernées, dans le respect de leur projet de vie, dans un souci de co-construction, de déstigmatisation et de promotion de leur citoyenneté".

21 juin 2025

[Dossier] : La santé mentale à "Apprentis d’Auteuil"

Newsletter juin 2025

La santé mentale, Grande Cause nationale 2025, est un sujet de préoccupation majeure chez les acteurs du champ social, tant les jeunes sont touchés par des problématiques qui impactent leur quotidien et mettent à mal leur avenir. "Apprentis d’Auteuil" met en place des formations pour ses salariés et déploie sur le terrain des actions de sensibilisation et d’accompagnement des jeunes, en particulier pour ceux dont les parcours sont particulièrement exposés et complexes.

t.information.apprentis-auteuil.org/mrx/80sgXi6lM/938000/1473545390.html

20 juin 2025

[Tribune] : Non à la technocratisation du soin psychique

Le gouvernement prône une approche standardisée des psychothérapies. Une vision technocratique que dénoncent psychologues et chercheurs dans un texte collectif.

Si le constat de l'ampleur des souffrances psychiques des Français ne cesse de se confirmer depuis les années 2000, la récente crise du Covid a été un vrai tournant politique : création d'un poste de délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie en 2019, Assises de la santé mentale et de la psychiatrie en 2021 suivies du Sommet mondial sur la santé mentale, création de « MonParcoursPsy » en 2022 devenu « MonSoutienpsy » en 2024. Selon l'Assurance maladie, une personne sur quatre serait à risque d'un trouble psychologique au cours de sa vie.

Dans cette logique, la santé mentale a cette année été érigée « grande cause nationale » par le gouvernement, avec ce slogan « Parlons santé mentale ! ». C'est à ce titre que, en tant que psychologues cliniciens, enseignants et chercheurs en psychopathologie, nous souhaitons prendre la parole dans cette tribune, en réponse – d'abord – aux récentes propositions du Pr Frank Bellivier (délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie) mais aussi – plus généralement – pour contribuer au débat sur la santé mentale en France.

Dans une prise de parole au Sénat suivi d'un article publié dans L'Express le 27 mars – ces propos ayant été reconfirmés le 16 mai dernier lors des 40 ans du titre de psychologue –, le Pr Bellivier affirme que l'offre de soin psychologique doit être revue en profondeur au motif qu'elle ne serait pas assez fondée sur des « données probantes ».

La santé mentale n'est pas qu'une affaire médicale

Selon lui, les psychologues actuellement formés le seraient de façon insuffisante ; il s'agirait de ne les certifier « cliniciens » qu'à la condition qu'en plus de leur titre de psychologue (obtenu à bac + 5), ils soient formés à un éventail réduit de thérapies supposées scientifiquement efficaces comme « la remédiation cognitive dans la schizophrénie, la psychoéducation dans les troubles bipolaires ou […] les troubles dépressifs récurrents, les thérapies cognitivo-comportementales dans les troubles anxieux, ou l'EMDR dans le psychotraumatisme ».

Cliniciens recevant quotidiennement des patients en souffrance – schizophrènes, dépressifs, anxieux ou psychotraumatisés – mais formés à d'autres types de thérapies aussi rigoureuses et reconnues, nous sommes interpellés par ces affirmations peu étayées scientifiquement, qui témoignent d'une méconnaissance tant du métier de psychologue que de ce que soigner veut dire. On se doit de le rappeler dans le débat public : non, la santé mentale n'est pas qu'une affaire médicale !

Les psychothérapies ne reposent pas sur un principe actif identifiable comme c'est le cas pour les médicaments, et ne peuvent donc être administrées selon les mêmes logiques de traitement. Par ailleurs, non, les psychologues ne sont pas des psychotechniciens, experts en tel ou tel type de thérapie. Et, enfin, non, la recherche scientifique sur l'efficacité des psychothérapies ne conclut pas à la seule efficacité des quatre approches citées par M. Bellivier, à l'exclusion des autres.

Il faut savoir décrypter que, derrière les fausses évidences prônées par le délégué ministériel à la santé mentale, le modèle qu'il préconise dans le champ du soin est un modèle essentiellement biomédical qui fait de la souffrance psychique une « maladie comme les autres » (ainsi que l'affirme la fondation FondaMental à laquelle il est fortement lié) et qui situe de facto le psychologue à une place de paramédical exerçant sous l'autorité du psychiatre – comme si, à chaque diagnostic correspondait un seul et unique traitement psychothérapique, testé selon les standards de la médecine. Et comme si le psychologue se réduisait à n'être qu'un technicien de la psychothérapie, alors que ses fonctions vont bien au-delà.

De multiples leviers au cas par cas

Si un tel modèle biomédical est légitime et a fait ses preuves dans le soin des pathologies somatiques, il est aujourd'hui controversé en ce qui concerne les troubles psychiques et leur traitement. Les études les plus récentes concluent plutôt que la métaphore médicale en psychologie donne lieu à de nombreux biais de compréhension et de prise en charge, au sens où il n'y a pas, stricto sensu, de « santé mentale » que viendraient « troubler » des « maladies mentales », lesquelles pourraient être traitées par des psychothérapies-médicaments.

La réalité clinique est plus complexe. Les souffrances psychiques sont multifactorielles : elles relèvent certes en partie de causes génétiques et environnementales mais tout aussi bien de causes psychiques. Ces trois factorialités s'intriquent dès la vie intra-utérine et engendrent au fil du développement psychologique des effets en cascade, fondant la singularité de chacun.

De ce fait, aucune approche exclusive n'est aujourd'hui praticable pour l'ensemble des patients ayant reçu un même diagnostic, sur le modèle de ce qui a lieu en médecine. Différentes psychothérapies apparaissent au contraire comme également efficaces et de multiples leviers cliniques doivent être inventés au cas par cas.

Plus encore, ce qui se dégage des études depuis une vingtaine d'années en termes d'efficience thérapeutique, c'est l'importance du facteur « non spécifique » de la relation au thérapeute. En d'autres termes, il s'agirait plutôt de promouvoir les psychologues les mieux formés aux multiples dimensions de l'« alliance thérapeutique » (les plus souples, les plus capables de se décentrer pour entendre quelque chose de la souffrance psychique des patients et co-construire avec eux le soin le plus ajusté).

Or il se trouve que ces compétences sont électivement portées par les « psychologues cliniciens » formés à la psychopathologie psychanalytique, ceux, paradoxalement, que le délégué à la santé mentale entend exclure du champ du soin en leur refusant le titre de « clinicien ».

Une perte de chance pour les patients

Une grande partie de la profession – d'ailleurs composée de psychologues de tous bords – s'est à un titre ou à un autre récemment insurgée à l'idée d'un tel supposé « kit psychothérapique » d'État, sans aucun fondement clinique ni scientifique. Une partie des psychiatres s'est également jointe au mouvement.

Concrètement, un trouble anxieux ou une dépression peuvent être traités avec une même part d'efficacité – sur la moyenne des patients – par une psychothérapie psychanalytique, une thérapie cognitivo-comportementale, une thérapie médicamenteuse ou un mixte des deux ou des trois, en fonction de l'adhérence au traitement de chaque personne concernée, de son histoire de vie, de ses ressources du moment. Faire croire qu'il y aurait, dans le champ de la santé mentale, une seule « meilleure psychothérapie » pour chaque supposée « maladie » constitue donc – au-delà de la pseudo-scientificité d'une telle position – une perte de chance pour les patients.

Une telle politique en santé mentale – décrochée des réalités du terrain ainsi que des conclusions de la science – risque bien, comme ça l'a été pour les pays qui sont allés dans cette voie, de devenir elle-même, à moyen terme, un problème pour la santé mentale. Le modèle médical ne saurait constituer la réponse à tous les défis de notre société – y compris ceux relatifs à la souffrance psychique.

Santé mentale : les psychologues contre la réforme Bellivier

19 juin 2025

Derrière la grave pénurie française de médicaments psychotropes, une défaillance industrielle

Plus de la moitié des pharmacies disposent de moins d’un jour de stock de traitements-clés pour les personnes bipolaires ou en dépression. L’arrêt à l’automne 2024 d’une usine grecque qui fabrique, pour le marché français, un antipsychotique et un antidépresseur très courants, a conduit à des pertes d’approvisionnement en cascade.

« C’est allé crescendo. D’abord une première molécule, puis une deuxième, et une troisième… » Au comptoir de sa petite officine, installée dans le centre-ville d’Aurillac, Christophe Nouvel fait le décompte des psychotropes qui manquent à l’appel dans ses tiroirs. « Aucune livraison de venlafaxine depuis quatre semaines, pareil pour le sel de lithium. Quant à la sertraline, on en reçoit au compte-goutte, une à deux boîtes de 25 milligrammes tous les trois jours, mais rien depuis février au format de 50 milligrammes, une référence dont on dispense habituellement une trentaine de boîtes par mois », constate-t-il, dépité.

Quétiapine, sertraline, venlafaxine, sel de lithium… Le pharmacien du Cantal n’est pas le seul à subir cette disette qui affecte sans discontinuer le pays depuis plusieurs mois, alors que, hasard infortuné du calendrier, la santé mentale a été labellisée « grande cause nationale » pour l’année 2025 par le gouvernement. Au 30 mai, 55 % des officines du territoire disposaient de moins d’un jour de stock de sertraline 25 mg, l’un des dosages les plus couramment prescrits pour cet antidépresseur, 51 % dans le cas de la venlafaxine 75 mg, et 59 % pour la venlafaxine 37,5 mg, selon des données fournies par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Un phénomène qui touche spécifiquemet la France.

Derrière la grave pénurie française de médicaments psychotropes, une défaillance industrielle

18 juin 2025

[Livre] : La santé psychique des écrivains et de leurs personnages

Sophie Viguier-Vinson et Patrick Lemoine ; éditions Odile Jacob ; paru le 28 mai 2025

Les grands écrivains : ils accompagnent nos vies, nous leur devons des émotions, des formulations inoubliables, mais n’ont-ils pas aussi, eux et leurs personnages, des fragilités, des failles et des parts d’ombre ?

Ce livre propose une approche nouvelle de quelques pages célèbres à travers le double regard de la journaliste et du psychiatre. Car, dans les livres et chez leurs auteurs, le médecin retrouve parfois ses patients…
Alors que penser des aventures de la psyché dans la littérature ? Qu’arrive-t-il au juste à Peau d’Âne ? Le spleen de Baudelaire : dépression saisonnière ? Mythomane ou délirant, Don Quichotte ? Lady Macbeth est-elle folle, et de quelle folie ? Et Maupassant, Céline ou Kafka ?

Quand l’écrivain est en souffrance ou malmène ses personnages jetés dans des mondes chaotiques, le psychiatre pourrait-il les sauver de leurs penchants et de leurs fêlures ?
Dans le cabinet du psy, les personnages et les auteurs dévoilent les secrets de leur âme et mettent leur cœur à nu.
Le bonheur de retrouver de grandes œuvres de la littérature, le plaisir d’en découvrir les ressorts psychiques.

Patrick Lemoine est psychiatre, docteur en neurosciences, expert honoraire près la cour d’appel de Lyon. Il a été professeur invité à Pékin, Stanford et chercheur associé à Montréal. Auteur de nombreux best-sellers dont La Santé psychique de ceux qui ont fait le monde et La Santé psychique des génies, il a dirigé avec Boris Cyrulnik une Histoire de la folie avant la psychiatrie.

Sophie Viguier-Vinson est journaliste et essayiste, elle écrit pour Le Monde, Sciences humaines, La Croix, Notre Temps, Femme actuelle, Maxi et Lire Magazine.

17 juin 2025

Plan de relance de la psychiatrie : 26 mesures… mais avec quel financement ?

Le Gouvernement a dévoilé le 11 juin un plan pour mieux repérer et soigner les troubles psychiques mais aussi rendre plus attractive la psychiatrie, aujourd’hui sinistrée. En 3 axes et 26 mesures, mais sans nouveaux financements, ce plan « de sursaut et de refondation » marque le « point de départ d’un engagement durable » selon le ministre de la Santé et de l’Accès aux soins.

Ces mesures, dévoilées par Yannick Neuder à l’issue d’un comité interministériel, sont annoncées au lendemain du meurtre d’une surveillante de collège par un élève de 14 ans, source d’un émoi national. « Nous devons à la psychiatrie une réparation. Et aux Français une promesse : celle de ne plus laisser la souffrance psychique sans réponse » a rappelé le ministre. Face à ces engagements, une réalité : environ un tiers des postes de praticiens hospitaliers sont vacants, le nombre de lits réduit, alors que celui des patients a doublé depuis une vingtaine d’années.

En substance, ce plan santé mentale et psychiatrie doit permettre de mieux repérer, mieux soigner, mieux accompagner. Il s’agit « de remettre de l’humain, de la cohérence, de la confiance » et ce, "
à la hauteur de ce que nous devons à celles et ceux qui vivent avec un trouble psychique, et à celles et ceux qui les soignent".

OUI MAIS ????

16 juin 2025

Yannick Neuder veut avancer sur les psychothérapies spécifiques pour troubles psychiques

Le ministre chargé de la Santé a évoqué les perspectives de la profession de psychologue, souhaitant notamment travailler à renforcer l'accès et la prise en charge des psychothérapies spécifiques pour les troubles psychiques. Il fait aussi "une priorité" de la poursuite de la montée en charge du dispositif Mon soutien psy.

15 juin 2025

Pour une psychiatrie sans violence : l’Unafam publie un Manifeste pour l’abolition de la contention

À l’occasion de la réunion du Comité national stratégique santé mentale et psychiatrie, présidé par le ministère de la Santé le 11 juin, et en cette année où la santé mentale est déclarée Grande cause nationale, l’Unafam publie son Manifeste pour l’abolition de la contention en psychiatrie.

Ce manifeste est présenté en avant-première dans le quotidien La Croix, annoncé par une dépêche de l’Agence France Presse (AFP), puis relayé par l’association sur les réseaux sociaux ainsi que dans un communiqué de presse.

Malgré un encadrement légal fixé depuis 2016 pour en limiter l’usage, chaque année, 8 000 personnes sont encore attachées par des sangles sur un lit dans des services hospitaliers psychiatriques, ou immobilisées à l’aide d’une camisole. Or, la contention n’est pas un soin. Elle porte atteinte à la dignité des personnes, fragilise la relation thérapeutique et n’a pas sa place dans une psychiatrie respectueuse des droits humains.

Des alternatives existent. Elles reposent sur l’écoute, la prévention, l’accompagnement et le respect. Plusieurs pays, ainsi que certains services hospitaliers en France, ont déjà démontré qu’un autre modèle est possible.

À travers ce manifeste, l’Unafam appelle à une transformation en profondeur du système psychiatrique, pour améliorer la qualité des soins dans le respect des droits fondamentaux.

Les représentants des usagers nommés par l’Unafam et investis de plus de 1 300 mandats dans les établissements psychiatriques, seront mobilisés pour faire connaître ces alternatives et engager le dialogue.

Parlons-en, mobilisons-nous tous ensemble !

Pour une psychiatrie sans violence : l’Unafam publie un Manifeste pour l’abolition de la contention | Unafam

13 juin 2025

[26 juin] : Webinaire - Les troubles psy de 0 à 99 ans. Partie 4 : de 19 à 30 ans

26 juin 2025 — 18:00 - 20:00

Description

Entre 19 et 30 ans, que de changements de vie, de décisions à prendre pour envisager l’avenir. Il y a de quoi se sentir seul, être déstabilisé, anxieux, voire déboussolé. Et… pas facile de demander ou de chercher de l’aide quand tout vacille ! ​
À travers différents regards et diverses expériences, nous verrons comment interpréter certains signes ou changements de comportement, quelles questions se poser, quand et qui consulter, quand considérer qu’un trouble s’est insinué. Et… comment garder espoir! ​​

Témoignages et expertises croisées enrichiront la discussion.

Webinaire - Les troubles psy de 0 à 99 ans. Partie 4 : de 19 à 30 ans

12 juin 2025

[Livre] : Dites-leur que je suis folle

Pauline Thullier-Girard ; Editions Baudelaire ; paru le 07/01/25

P. Thullier-Girard dresse dans ces pages le portrait d'une femme ayant vécu l'enfer : l'enfermement en psychiatrie. Entre réalité et délire, elle s'interroge sur la nature de ses maux. « J'ai beaucoup de mal avec la médecine moderne. Celle qui prescrit. Celle qui enferme. Celle qui nourrit les peurs. J'ai du mal avec la camisole chimique. Mais je la gobe, parce que j'ai peur que les mauvais esprits ne reviennent. » 

P. Thullier-Girard a rédigé deux ouvrages dans le passé, et réalisé deux films. Après un master de littérature à La Sorbonne, elle tombe malade, et écrit "Dites-leur que je suis folle" comme une résilience. Elle a aussi été actrice de télévision et scénariste.

Strasbourg. Elle entendait des voix : une jeune femme met des mots sur la schizophrénie