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03 octobre 2021

Assises de la Santé Mentale : création de l’Institut de Stimulation Cérébrale

La stimulation cérébrale ?

Qui est concerné ?

En France, plus de 8 millions de personnes sont touchées par des pathologies psychiatriques, majoritairement chroniques. Les maladies psychiatriques représentent la première cause d’incapacité à l’échelle mondiale. Sur le plan thérapeutique, depuis la découverte des premiers traitements médicamenteux antipsychotiques en 1952, à l’hôpital Sainte-Anne, les progrès ont été insuffisants.
Et pourtant, les besoins sont énormes avec un tiers de patients résistants aux traitements actuellement disponibles.
La stimulation cérébrale est apparue ces dernières années comme une voie de recherche très prometteuse pour accomplir un véritable saut thérapeutique, tant en termes de qualité que de confort et de sécurité des soins. Il s’agit d’un ensemble de techniques qui visent à stimuler des zones précises du cerveau pour soigner le patient.

Quels avantages ?


Ces techniques, qui s’appuient sur un équipement léger, permettent des interventions beaucoup mieux ciblée vers les seules zones cérébrales d’intérêt pour chaque patient, et présentent donc des effets indésirables moindres. Ce traitement se situe aux antipodes des représentations anxiogènes et datées encore trop répandues.

Le GHU Paris bénéficie d’un positionnement idéal, avec l’aide de partenaires clé, pour déployer à Paris un Institut de Stimulation Cérébrale grâce à :

Des équipes du GHU Paris qui ont déjà investi ces domaines avec plusieurs essais cliniques en cours, notamment dans le service du Dr Marion Plaze, au sein du Pôle hospitalo-universitaire psychiatrie Paris 15e, piloté par le Pr Raphaël Gaillard.

Des industriels et laboratoires de recherche à la pointe des développements les plus innovants dans le domaine des ultrasons diagnostiques et thérapeutiques, dont l’avance technologique en matière de stimulation cérébrale par ultrasons focalisés pourrait donner à la France un avantage comparatif majeur.

Pourquoi créer l’Institut de Stimulation Cérébrale?

Véritable incubateur et accélérateur de la recherche, l’Institut va permettre d’arriver rapidement à une large utilisation de cette offre thérapeutique pour les patients et de développer une solution industrielle française. Concrètement, les équipes travailleront :

A renforcer une approche de type médecine personnalisée, par l’utilisation de l’imagerie cérébrale qui individualise la zone du cerveau à traiter.

A aller encore plus loin grâce à une nouvelle technologie scientifique : la stimulation cérébrale profonde par ultrasons focalisés. Cette technologie non invasive pourrait être mise en œuvre, d’ici début 2022, sur le site Sainte-Anne, pour la première fois chez l’homme. Elle s’attache particulièrement à soigner les personnes vivant avec une dépression ou une addiction..

En soutenant financièrement ce projet à hauteur de 19 millions d’euros pour une durée de 5 ans*, le gouvernement confie au GHU Paris et à ses partenaires universitaires (Université de Paris) et scientifiques (Inserm/IPNP) la réalisation d’une avancée thérapeutique au bénéfice de milliers d’usagers de la psychiatrie, dont les attentes se voient aujourd’hui entendues.

Ce soutien rendra possibles le recrutement d’équipes cliniques et de recherche, un investissement technique et technologique, et des essais cliniques novateurs liés aux ultrasons.

Le porteur du projet :

Le GHU Paris psychiatrie & neurosciences est issu de la fusion, en 2019, de trois hôpitaux publics, Sainte-Anne, Maison Blanche et Perray Vaucluse. Hôpital universitaire rattaché à l’Université de Paris, le GHU dispose de la plus importante activité psychiatrique de France (60 000 patients pris en charge) et assure également une activité de référence dans les neurosciences (neurologie, neurochirurgie, neuro-imagerie, neurophysiologie, etc.). Le site de Sainte-Anne accueille par ailleurs l’Institut de Psychiatrie et de Neurosciences de Paris, qui dépend de l’INSERM et de l’Université de Paris.


02 octobre 2021

Prévention du suicide : lancement du numéro national 3114

Un numéro d'écoute à l'attention des personnes souffrant d'idées suicidaires, de leurs proches de personnes ou de personnes endeuillées par le suicide, a été lancé ce vendredi 1er octobre alors que 9 000 personnes mettent fin à leurs jours chaque année.

Écouter mais aussi orienter : le 3114, numéro national de prévention du suicide, a été lancé depuis Lille ce vendredi dans le cadre d'une stratégie visant à "casser la courbe" des suicides en France, où ils sont responsables de 9 000 morts par an.

Ce nouveau numéro gratuit garantit une écoute "professionnelle et confidentielle" 24h/24 et 7 jours/7, par des infirmiers et psychologues formés comme répondants.

Il vise les personnes souffrant d'idées suicidaires mais aussi leurs proches et les personnes endeuillées par un suicide.

300 personnes dans le réseau à terme

Au total, dix centres ouvrent leurs portes vendredi à travers le pays et seront rejoints par neuf autres d'ici le début de 2022, pour constituer un réseau employant à terme 300 personnes. Un tchat doit également être lancé en 2022.

Promis dans le cadre du "Ségur de la santé" et coordonné par le CHU de Lille, ce numéro vient compléter, entre autres, le système de suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide VigilanS, créé en 2015 dans les Hauts-de-France.

Le centre de Lille assurera aussi, comme ceux de Brest et Montpellier, la réception des appels pendant la nuit.

"Casser la courbe" des suicides

L'ensemble de la stratégie nationale de prévention du suicide a pour objectif d'"arriver à une cassure de la courbe des décès par suicide", a expliqué lors d'une présentation à la presse le professeur Pierre Thomas, chef du pôle psychiatrie du CHU de Lille et coordinateur national du projet.

"ll y a encore 9 000 décès par suicides par an sur le territoire, c'est énorme, ce sont des décès évitables", a-t-il ajouté.

Pour le Dr Charles-Edouard Notredame, psychiatre et coordinateur-adjoint du projet, "la grande différence par rapport aux lignes d'écoute existantes en prévention du suicide, c'est que celle-ci est professionnelle alors que la plupart sont bénévoles et qu'elle a davantage une logique d'intervention et d'action, notamment dans le secours grâce à une collaboration très étroite avec le Samu".



01 octobre 2021

Assises de la Santé Mentale et de la psychiatrie : tout ce qui s'est passé !

Les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie se sont déroulées les 27 et 28 septembre 2021.

Toutes les informations, les compte-rendus, les témoignages sont disponibles ici :

https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/evenements/assises-de-la-sante-mentale-2021?


En particulier, vous pouvez retrouver l'enregistrement de toutes les interventions :

Revoir la première journée (27 septembre)

Revoir la deuxième journée (28 septembre)




30 septembre 2021

Les annonces d’Emmanuel Macron pour la psychiatrie

En clôture des assises de la santé mentale et de la psychiatrie, qui se sont tenues les 27 et 28 septembre, le président de la République, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures en faveur de la psychiatrie : l’ouverture de 800 postes pour les Centres médico-psychologiques (CMP), des consultations de psychologues remboursées sur prescription médicale, ou encore 80 millions d’euros pour la recherche sur les neurosciences, l’intelligence artificielle et les dispositifs médicaux.

Jusqu’à présent « ni moyens à la hauteur, ni reconnaissance »

"La santé mentale est un enjeu majeur, insuffisamment assumé dans notre pays. Les moyens mis pendant longtemps n’ont pas été à la hauteur, ni la reconnaissance", a constaté Emmanuel Macron. Relevant que "la pédopsychiatrie et la psychiatrie ont fait l’objet de sous-investissements importants", il en a observé les conséquences : "une perte d’attractivité et des fermetures de lits, résultats de la désaffection des soignants."

Néanmoins, le président n’a pas annoncé de nouveau plan pour la psychiatrie, seulement des mesures complétant la feuille de route de 2018, qui avait déjà permis de débloquer 1,4 milliard d’euros. Emmanuel Macron a articulé sa stratégie pour la psychiatrie autour de trois axes : améliorer la prévention, décloisonner et mieux organiser les soins, et investir dans la recherche.

"La santé mentale est un enjeu majeur, insuffisamment assumé dans notre pays" (Emmanuel Macron).

Sur le volet de la prévention, il a plaidé pour une communication grand public régulière sur la santé mentale. Il souhaite également développer les formations aux premiers secours en santé mentale. « À peine 10 000 secouristes sont formés actuellement. Notre objectif est d’en avoir 60 000 d’ici à 2023 », a projeté le président. Il veut par ailleurs améliorer la prévention sur le début de la vie en mettant en œuvre la stratégie des 1000 premiers jours et en développant une offre de psychiatrie en périnatalité. « À partir de 2022, un entretien post-natal obligatoire avec une sage-femme sera déployé et permettra un échange pour toutes les jeunes mères », a-t-il indiqué.

Pour poursuivre cette politique de prévention à l’école, il souhaite « ouvrir le dialogue avec l’Éducation nationale ». En parallèle, il envisage de déployer les maisons des adolescents, pour ces derniers et leurs familles. « L’objectif est d’en créer une par département (il en existe actuellement 118 mais inégalement réparties: 40 départements n'en ont pas, NDLR) et d’augmenter sur trois ans le développement des accueils familiaux thérapeutiques », a détaillé Emmanuel Macron.

Concernant l’organisation des soins, le président a loué le modèle de développement des centres médico-psychologiques (CMP), « qui a permis de développer un accompagnement, un traitement dans un cadre adapté ». Néanmoins, il a reconnu que « le manque de moyens des CMP a fragilisé certains territoires ». Il souhaite donc « renforcer le continuum ville-hôpital et poursuivre la logique de secteur ». Pour cela, 800 postes seront ouverts dans les CMP à partir de l’année prochaine. « Il faut réduire les délais d’attente, qui sont parfois devenus insupportables, au-delà de 18 mois », a insisté Emmanuel Macron, plaidant pour des « délais humains ».

Afin de mieux organiser la prise en charge précoce et d’affiner l’articulation du travail des psychologues et des psychiatres, il a décidé la prise en charge par l’Assurance maladie des consultations de psychologues à partir de 2022, sur la base d’un forfait de 40 euros pour la première séance de bilan, puis 30 euros pour les suivantes. Les consultations devront être prescrites par un médecin. « Toute la profession de psychologues n’était pas ravie », a reconnu Emmanuel Macron, qui assume cependant une mesure qui lui paraît « juste et proportionnée ». Il a précisé que les psychologues qui ne souhaitaient pas s’inscrire dans ces parcours de soins pourront continuer à pratiquer les tarifs qu’ils souhaitent.

Pour les psychiatres, une revalorisation déjà actée

En revanche, pour la rémunération des psychiatres, le président a renvoyé vers les mesures déjà décidées récemment, comme la revalorisation des consultations des psychiatres et pédopsychiatres libéraux prévues dans l'avenant 9 à la convention médicale, ainsi que les 8,2 milliards d'euros du Ségur destinée à renforcer l'attractivité des postes à l'hôpital et à en ouvrir de nouveaux. Ainsi, la consultation des psychiatres, neuropsychiatres et neurologues est revalorisée à un tarif de 42,5 euros. Par ailleurs une majoration spécifique de 3 euros est créée pour les consultations de psychiatres à destination de patients de moins de 16 ans. Enfin, la prise en charge en urgence (dans les deux jours ouvrables) suivant la demande d’un médecin d’un patient en ville par un psychiatre est également revalorisée à 85 euros.

Pour les libéraux, il a indiqué son désir de « réfléchir à d’autres formes de revalorisations », comme des intéressements aux missions de santé publique.

Concernant le nombre de lits, le président a reconnu que « dans certains territoires, le mouvement de fermetures de lits a été trop rapide ». Un dispositif de « lits à la demande » va être mis en place avec un financement de 15 millions d’euros en 2022, puis 25 millions d’euros par an à partir de 2023, soit environ 500 ETP.

Le président a estimé par ailleurs qu’il fallait « mieux reconnaître le rôle des infirmiers en psychiatrie » et a envisagé une augmentation du nombre d’infirmiers en pratiques avancées (IPA) « au-delà de ce qui a été prévu par le Ségur ». Un financement de 3 millions d’euros en 2022 et 6 millions d’euros par an à partir de 2023 est prévu pour former 540 IPA supplémentaires.

De plus, 20 nouvelles équipes mobiles de psychiatrie de la personne âgée vont être créées, avec un financement de 5 millions d’euros à partir de 2022. En parallèle, 40 équipes mobiles pour la santé somatique devraient voir le jour.

La prise en charge en urgence (dans les deux jours ouvrables) est revalorisée à 85 euros.

80 millions d’euros pour la recherche

Dernier axe de la stratégie d’Emmanuel Macron : la recherche. Le président a décidé d’investir massivement dans les neurosciences, l’intelligence artificielle et les dispositifs médicaux. « L’État soutiendra un programme de recherche dédié à la santé mentale financé dans le cadre du 4e programme d’investissement d’avenir (PIA4), à hauteur de 80 millions d’euros, piloté par l’Inserm et le CNRS », a-t-il annoncé. Enfin, il a soutenu la création de l'Institut de stimulation cérébrale à l'hôpital Saint-Anne et du centre de recherche e-care, à Robert Debré.

800 postes dans les CMP, psychologues remboursés : les annonces d’E. Macron pour la psychiatrie (medscape.com)

28 septembre 2021

27 septembre 2021

Festival Senti’Mental : de Strasbourg à Colmar en passant par Sélestat

Le Centre Ressources Culture et Handicap de L’Évasion a programmé, en partenariat avec l’association Lézard de Colmar, huit rendez-vous (spectacles, ciné et docu-débats, théâtre forum…) du 
30 septembre au 12 octobre 

à Sélestat, Colmar, Erstein et Strasbourg, 

dans le cadre des Semaines d’Information sur la Santé mentale.

Le festival Senti’Mental voit le jour dans un contexte bien particulier lié à la pandémie, dans lequel la santé mentale de toutes et tous a été mise à rude épreuve. L’isolement lié aux confinements successifs, à la fermeture des écoles et universités ou encore la généralisation du télétravail ont remis sur le devant de la scène un sujet bien trop souvent considéré comme secondaire, voire tabou. Les clichés sont nombreux dès que sont évoqués des mots comme «psychiatrie», «dépression», «addiction» ou «bipolarité». Pourtant, une personne sur quatre est concernée par un trouble psychique au cours de sa vie. Pour certains, c’est un moment de vie, pour d’autres, c’est un bouleversement tel qu’on parle de handicap.

Ce moment si singulier que nous traversons ensemble est l’occasion de questionner notre vision de la santé mentale, en utilisant le medium que nous maîtrisons le mieux, celui des arts et de la culture. C’est dans ce contexte, ainsi qu’en lien avec les Semaines d’Information sur la Santé mentale (du 4 au 17 octobre), que l’association Lézard, qui organise des événements culturels à Colmar depuis plus de 30 ans, et L’Évasion, à Sélestat, structure de référence sur la question art/inclusion depuis plus de 15 ans et ayant récemment créé un Centre Ressources Culture et Handicap, se sont associés pour la création d’un temps fort visant à faire se rencontrer grand public, personnes en situation de handicap psychique, professionnel·le·s de santé et du médico-social ou encore étudiant·e·s.

Les films et les spectacles proposés, accessibles au plus grand nombre, permettent de combattre avec vivacité, humour et poésie les préjugés sur les troubles psychiques. Il s’agit aussi de se questionner sur l’histoire et l’état actuel de la psychiatrie en France, et de souligner ce qui nous rassemble tous en tant qu’êtres humains, comme les émotions ou l’expérience du deuil. L’échange est au coeur du festival. À l’issue de chaque spectacle et de chaque film, un temps de débat est proposé avec les artistes et les intervenant·e·s professionnel·le·s invité·e·s pour l’occasion.

Elen Gouzien, directrice de L’Évasion
Thomas Passuello, coordinateur de l’association Lézard

26 septembre 2021

[Recherche] : Résultats préliminaires d’une revue systématique des études portant sur la stigmatisation dans la schizophrénie.

Présentation d'une thèse intitulée : 

"Résultats préliminaires d’une revue systématique des études portant sur la stigmatisation dans la schizophrénie."

Morgane Joseph et Martin Vidal Penas (Internes en D.E.S de psychiatrie)
Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (direction Dr Guillaume Fond)

https://www.youtube.com/watch?v=JemUS3wShyM



24 septembre 2021

[Recherche] : La dépression, les troubles bipolaires et la schizophrénie partagent des similitudes au niveau des bactéries intestinales

Le microbiote intestinal est un vaste sujet d’étude passionnant et qui suscite un intérêt grandissant ces dernières années. Cela est notamment dû au fait que plus la médecine avance et explore les mécanismes de différentes maladies (physiques ou psychiatriques), plus nous constatons que nombre d’entre elles semblent liées à des perturbations au sein des populations de bactéries intestinales. Une nouvelle étude britannique suggère qu’un certain nombre de troubles psychiatriques partagent des perturbations communes du microbiote intestinal.

La méta-analyse, publiée dans la revue JAMA Psychiatry, a révélé que la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie et l’anxiété étaient tous associés à des anomalies microbiennes intestinales similaires, notamment à des quantités plus élevées de bactéries pro-inflammatoires.

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