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30 décembre 2025
Deux BD expliquent la santé mentale aux personnes porteuses de handicap
Cette collection s’enrichit de deux nouveaux opus sur la santé mentale : le premier définit le concept, le second explore le « comment en prendre soin et trouver de l’aide quand la santé mentale se détériore ». Ces supports accessibles et gratuits favorisent ainsi l’auto-détermination des personnes et leur capacité à devenir actrices de leur santé. Ce sont aussi des outils utiles pour les soignants qui les accompagnent.
• "La santé mentale, c’est quoi ?" et "La santé mentale, comment se faire aider ?" sont accessibles en ligne ou en téléchargement sur la plateforme dédiée.
Deux BD expliquent la santé mentale aux personnes porteuses de handicap - Santé Mentale
26 décembre 2025
Schizophrénie : une théorie vieille de 50 ans enfin confirmée sur les "voix"
Les hallucinations auditives représentent l'un des symptômes les plus déstabilisants de la schizophrénie. Jusqu'à présent, leur mécanisme exact demeurait mystérieux malgré de nombreuses hypothèses. Grâce à des technologies d'imagerie cérébrale avancées, une équipe de l'University of New South Wales a enfin percé ce secret en observant directement l'activité du cerveau pendant ces épisodes. Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour un dépistage précoce des troubles psychotiques.
21 décembre 2025
[Enquête] : Appel à participation
Nous vous relayons ici l'appel d'un doctorant en psychologie. Merci de le diffuser aussi largement que possible.
Objet : Etude sur le parcours des étudiant·es concerné·es par un trouble psychique en 1ère année de licence
Bonjour,
Nous vous sollicitons aujourd’hui en tant qu’étudiant·e inscrit·e en 1ère année de Licence à l'université concerné·e par un trouble psychique. Si vous êtes proche d'un·e étudiant·e concerné·e, n'hésitez pas à transférer l'étude, cela nous aiderait grandement.
Notre objectif est de comprendre le parcours universitaire des étudiant·es durant la Licence.
Ceci permettra de développer des outils favorisant la réussite en licence au bénéfice de tou·tes les étudiant·es.
Nous espérons que vous accepterez de participer à ce programme ; si tel est le cas, vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous et remplir un premier questionnaire.
Participer à celui-ci prendra environ 20 minutes.
À la fin de celui-ci, nous vous demanderons votre adresse mail pour que nous puissions vous proposer un questionnaire similaire avant la fin des semestres 2 et 3 de votre licence.
Toutes les données récoltées dans le cadre de cette étude sont anonymes et confidentielles.
Lien vers le questionnaire : https://sondages.unistra.fr/
Ce programme de recherche est mené par Thibaut Kinnig. Les responsables scientifiques sont Camille Sanrey et Odile Rohmer (enseignantes-chercheuses au Laboratoire de Psychologie des Cognitions de l’Université de Strasbourg).
Ce programme de recherche est soutenu par l’Université de Strasbourg, l’Institut pour la Recherche en Santé Publique et la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie. Il a été validé par le Comité d’Ethique de la Recherche de l’Université de Strasbourg.
Pour toutes informations relatives à cette étude, vous pouvez écrire à tkinnig@unistra.fr
Nous vous souhaitons une bonne journée,
Cordialement,
Pour l’équipe de recherche,
Kinnig Thibaut
Doctorant en psychologie sociale
Laboratoire de Psychologie des Cognitions
Université de Strasbourg
20 décembre 2025
Aidantes, on vous aide aussi ! 8 initiatives d’avenir
Aide aux aidantes, un article de Femme Actuelle N°2140 (3 pages)
https://drive.google.com/file/d/1z8eBgk_-CpTLM2a1Mb_BImA3bkeK4LJv/view?usp=sharing18 décembre 2025
Comment arrêter les antidépresseurs ? Une méta-analyse met en avant le soutien psychologique
Que faire quand un patient sous antidépresseurs va mieux ? Longtemps négligée en France, la question est aujourd'hui perçue comme un enjeu médical majeur. « Dès que l'on change ou réduit un antidépresseur, c'est une source d'angoisse pour la personne concernée », rapporte à l'AFP Christine Villelongue, co-présidente de l'association France Dépression. Or « il n'y a aucun cadre : très souvent, quand on arrête, il n'y a pas de suivi ».
Une vaste étude, publiée ce 11 décembre dans le Lancet Psychiatry*, apporte des réponses solides grâce à l'ampleur des données recueillies : l’équipe menée par les chercheurs italiens Giovanni Ostuzzi et Debora Zaccoletti a évalué plus de 70 essais cliniques portant sur quelque 17 000 personnes en rémission complète ou partielle de troubles dépressifs ou anxieux. Différentes options pour le traitement antidépresseur ont été évaluées : arrêt brutal, diminution rapide (≤ 4 semaines), diminution lente (> 4 semaines), réduction de dose (≤ 50 % de la dose minimale efficace) ou poursuite du traitement, avec ou sans soutien psychologique.
Selon ses conclusions, un patient chez qui l'on arrête progressivement un antidépresseur n'a pas plus de risque de rechute que s'il poursuit son traitement, à condition de disposer d'un soutien psychologique. La pire option reste, dans tous les cas, un arrêt brutal ou rapide du médicament. « Les recommandations devraient préconiser une déprescription individualisée, avec une diminution progressive et un soutien psychologique structuré », conclut l’étude.
« Même si les antidépresseurs sont efficaces pour empêcher les rechutes dépressives, rien n'oblige à en faire un traitement à long terme pour tout le monde », souligne la psychologue Debora Zaccoletti, citée dans un communiqué du Lancet. Selon le psychiatre allemand Jonathan Henssler, auteur d’un commentaire, également publié par le Lancet Psychiatry, les résultats montrent surtout « le bénéfice supplémentaire apporté par une psychothérapie », sachant que tout arrêt, même progressif, reste associé à un risque de rechute.
Selon une précédente méta-analyse publiée dans The Lancet Psychiatry sur plus de 20 000 patients, dont 16 000 traités par antidépresseurs et 4 500 par placebo, l’incidence des symptômes liés directement à l’arrêt des antidépresseurs s’élèverait à 15 %, soit un patient sur sept. Sans différence significative entre arrêt dégressif et brutal (ce qui peut être aussi dû à la variabilité des protocoles dans les essais cliniques inclus).
Quelle réalité en France ?
Accompagner l’arrêt des antidépresseurs par un suivi psychologique n’est pas une option réaliste en France, selon Christine Villelongue, qui pointe la « carence » de soignants. Les conclusions du Lancet Psychiatry s'inscrivent « dans un monde idéal mais la réalité du terrain, ce n'est pas ça », juge-t-elle.
Le concept de déprescription n’est pas encore totalement entrée dans les pratiques, du moins en psychiatrie. « Tout au long de mon internat, achevé pourtant très récemment, ce sujet n'a jamais été abordé dans l'enseignement », explique la Dr Maeva Musso, présidente de l'Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues.
Lorsque les patients « expriment le souhait de réduire leurs traitements, cela est encore trop souvent interprété par le corps médical comme un déni de leur trouble », poursuit la Dr Musso, responsable d’une consultation d'optimisation et de réduction médicamenteuse dédiée aux enfants et adolescents entre 0 et 21 ans placés à l'aide sociale à l'Enfance (ASE), au Pôle Paris Centre Est Enfants. Et de citer en exemple la Norvège où des consultations dédiées à la déprescription sont proposées, et les Pays-Bas, où des micro-doses d'antidépresseurs sont autorisées afin de permettre une réduction très progressive.
*Comparison of antidepressant deprescribing strategies in individuals with clinically remitted depression: a systematic review and network meta-analysis - The Lancet Psychiatry
Comment arrêter les antidépresseurs ? Une méta-analyse met en avant le soutien psychologique | Le Quotidien du Médecin | Spécialités | Psychiatrie
17 décembre 2025
PCH : la Cour des comptes appelle à une refonte profonde
Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr publié le 12/12/25
« Deux décennies après sa création, la PCH n'est pas encore un dispositif totalement stabilisé. » La Cour des comptes ne mâche pas ses mots. En décembre 2025, elle publie son premier rapport entièrement dédié à la Prestation de compensation du handicap, pierre angulaire du droit à compensation instauré par la loi de 2005. À la demande de la commission des finances de l'Assemblée nationale, l'institution indépendante, chargée de contrôler l'usage de l'argent public et d'évaluer les politiques publiques, ausculte en profondeur cette aide qui façonne le quotidien d'environ 400 000 Français. Au programme ? L'analyse de sa cohérence, de sa mise en œuvre concrète et de son impact financier. Un objectif s'impose : mettre en lumière les fragilités d'une prestation essentielle, rattrapée par des zones d'ombre et des inégalités tenaces.
Aux origines d'un droit : la vocation de la PCH...
Une (trop ?) grande pluralité de bénéficiaires
Entrée en vigueur en 2006, la PCH – financée par les départements, avec une contribution de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) – s'adresse aujourd'hui à des profils extrêmement variés :.. notamment l'ouverture de la prestation, en 2023, aux handicaps psychiques, cognitifs ou liés aux troubles du neurodéveloppement (PCH handicap psychique : en vigueur le 1er janvier 2023)...
Les fractures territoriales...
Enfants : le casse-tête du choix entre PCH et AEEH...
Une barrière d'âge devenue source d'inégalités...
Aides techniques : des règles figées dans le passé...
Parentalité : un soutien forfaitaire à réinventer...
Des contrôles encore trop fragmentés pour sécuriser la prestation...
Refonder pour mieux compenser
Au terme de son analyse, la Cour appelle à « clarifier », « harmoniser » et « rationaliser » la PCH pour restaurer un accès « équitable » et un pilotage « lisible ». Elle rappelle que « la personne en situation de handicap a droit à la compensation quels que soient l'origine et la nature de sa déficience ». Encore faut-il que ce droit s'exerce avec cohérence, transparence et uniformité. Il appartient désormais aux décideurs de choisir si la PCH doit être ajustée… ou réinventée.
16 décembre 2025
Transformer la psychiatrie grâce à la médecine de précision
Dans un article publié dans JAMA Psychiatry *, la Pr. Marion Leboyer (UPEC, AP-HP, Inserm, PEPR PROPSY, Fondation FondaMental) et un groupe de chercheurs internationaux, proposent une stratégie ambitieuse et concrète pour transformer la psychiatrie grâce à la médecine de précision et améliorer la prise en charge des patients par une approche plus personnalisée.
Ces travaux sont le fruit du Global Summit for precision Psychiatry, un colloque organisé à Bruxelles en 2024 par la Fondation FondaMental en collaboration avec le Programme français de psychiatrie de précision (France 2030) et l’ECNP (European College of Neuropsychopharmacology).
Les maladies psychiatriques : un défi de santé publique d’ampleur mondiale
Aujourd’hui, les maladies psychiatriques, comme les troubles bipolaires, les schizophrénies ou encore les dépressions, représentent l’un des plus grands défis de santé du XXIᵉ siècle. Selon l’OMS, elles touchent une personne sur huit dans le monde, soit 970 millions de personnes, et constituent l’une des principales causes de handicap.
Pourtant, deux personnes peuvent recevoir le même diagnostic (une dépression, un trouble bipolaire, une schizophrénie…) sans que leurs maladies ne soient dues aux mêmes causes et ne doivent être soignées de la même manière.
La psychiatrie de précision cherche justement à mieux décrire et comprendre ces différences afin de développer des stratégies thérapeutiques plus adaptées pour chaque individu.
Les progrès de la recherche en psychiatrie ouvrent la voie vers des traitements sur mesure pour chaque patient
Pendant longtemps, pour poser un diagnostic, les psychiatres ne pouvaient s’appuyer que sur les symptômes cliniques observables : tristesse, anxiété, fatigue, épisodes maniaques, hallucinations… Aujourd’hui, la recherche permet d’aller plus loin : grâce à l’imagerie cérébrale, la génétique, l’électrophysiologie, ou encore l’immunologie,il devient possible d’identifier des biomarqueurs.
Ces signaux biologiques mesurables permettront de regrouper des patients ayant des caractéristiques similaires, afin de mieux comprendre comment la maladie fonctionne, de poser des diagnostics plus précis et de mieux prévoir son évolution. C’est exactement cette démarche qui a permis, en cancérologie, d’améliorer considérablement la précision des diagnostics et l’efficacité des traitements au-delà de la seule localisation des tumeurs.
À partir de ces connaissances, il deviendra possible de :
- Personnaliser les stratégies thérapeutiques (regroupant traitements médicamenteux, prise en charge psychothérapeutique et amélioration de l’hygiène de vie) en fonction du profil biologique et des symptômes de chaque patient
- Mesurer l’efficacité d’innovations thérapeutiques en utilisant des critères d’évaluation objectifs lors des essais cliniques
- Accélérer la mise au point de nouveaux traitements conçus pour cibler précisément ces mécanismes biologiques pour des sous-groupes homogènes de patients
En France, cette dynamique émergente est portée par le Programme français de recherche en psychiatrie de précision(France 2030),copiloté par l’Inserm et le CNRS et dont le Pr Marion Leboyer assure la direction scientifique. Lancé en 2025, ses objectifs et méthodes sont détaillé dans un dossier spécial publié dans la revue Médecine Science en mai 2025
Une dynamique internationale à renforcer
La feuille de route insiste également sur l’importance d’une mobilisation internationale pour accélérer la recherche et l’innovation, afin d’offrir aux patients des soins personnalisés et plus efficaces. Cela passe par :
- Le renforcement des collaborations scientifiques internationales, indispensables à la validation des biomarqueurs
- L’adaptation des réglementations pour encourager l’innovation en psychiatrie, sur le modèle de l’oncologie
- L’investissement conjoint des acteurs publics et privés pour convertir les avancées de la recherche en outils cliniques opérationnels
Dans ce contexte, 2025 a marqué un tournant majeur pour la psychiatrie de précision à l’échelle internationale, avec la signature d’un consortium franco-britannique sur les biomarqueurs en psychiatrie et le lancement du Prix Precision Mind avec le soutien du groupe Wakam, pour soutenir des projets de recherche collaboratifs franco-britanniques dans ce domaine ou encore avec la mise en place de collaborations scientifiques entre les centres experts français et les centres d’excellence allemands.
Lire l’article
*Implementing Precision Medicine in Psychiatry | Psychiatry and Behavioral Health | JAMA Psychiatry | JAMA Network
Transformer la psychiatrie grâce à la médecine de précision - Santé Mentale
15 décembre 2025
Hôpitaux et cliniques – Le palmarès 2025
Pour ce qui concerne la psychiatrie, 3 pages à consulter :
13 décembre 2025
Guide : "Santé mentale, si on osait en parler ?"
12 décembre 2025
Santé mentale : la psychiatrie peut-elle se passer de la contention ?
Santé mentale : la psychiatrie peut-elle se passer de la contention ?
11 décembre 2025
[18 décembre] : Ciné-débat avec le CinéPsy
En collaboration avec le CinéPsy (internes en psychiatrie), l'UNAFAM organise un ciné-débat autour du film "Memory", réalisé par Michel Franco.
Jeudi 18 décembre 2025 à 20h
Cinéma Star, 27 Rue du Jeu-des-Enfants à StrasbourgSynopsis :Sylvia se rend depuis 13 ans aux réunions des Alcooliques Anonymes (AA). Elle travaille dans l’aide sociale, dans un foyer pour déficients, a une fille, et semble avoir retrouvé un équilibre. Lors d’une réunion d’anciens élèves, elle est abordée par Saul, qui la suit jusqu’à chez elle et reste planté devant son appartement sous la pluie. Récupéré par son frère et sa nièce, celui-ci est en fait atteint de la maladie d’Alzheimer, sa fille l’obligeant désormais à porter un collier, avec un numéro d’urgence pour les fois où il se perd. Mais pour Sylvia, les problèmes de mémoire de celui-ci, en font un réceptacle possible, pour évoquer un passé douloureux…
- Dr Philippe Meyer, psychiatre référent à la CUMP (Cellule d’Urgence Médico-Psychologique)
- Mme Nathalie JAEGGY, formatrice infirmière cadre, représentante de l'Unafam 67
Réservations conseillées, sur le site du cinéma via ce lien avec un tarif préférentiel de 5€ à 6 €, ou directement sur place.10 décembre 2025
Psychiatrie : les droits des mineurs hospitalisés sont bafoués
Atteintes aux droits fondamentaux et recours massif et injustifié à l’isolement et à la contention : l’alerte du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), publiée sous forme d’avis au Journal officiel ce 4 décembre 2025, jette une lumière crue sur les conditions de prise en charge des mineurs en psychiatrie.
Psychiatrie : les droits des mineurs hospitalisés sont bafoués, alerte le CGLPL | Le Quotidien du Médecin | Spécialités | Psychiatrie
09 décembre 2025
Stéphane Cognon, rétabli de la schizophrénie et devenu pair-aidant professionnel
https://www.lemonde.fr/sante/article/2025/11/25/stephane-cognon-retabli-de-la-schizophrenie-et-devenu-pair-aidant-professionnel_6654726_1651302.html
08 décembre 2025
2026 : Reconduction de la grande cause nationale dédiée à la santé mentale !
La « grande cause nationale » 2026 sera, comme en 2025, dédiée à la santé mentale avec des « actions plus concrètes ». Matignon a annoncé, le 27 novembre 2025, cette prolongation après une réunion entre Sébastien Lecornu, la ministre de la Santé Stéphanie Rist et l'ex-Premier ministre Michel Barnier. Cette cause, annoncée par ce dernier en septembre 2024 puis lancée en janvier 2025, a « ouvert un nouveau chapitre dans la manière d'aborder la santé mentale en France : une parole simple, directe, bienveillante et accessible partout sur le territoire », juge Matignon dans un communiqué.
Une réforme saluée par les associations
« L'Unafam approuve cette reconduction, qui continue à briser le silence afin qu'aucune personne n'ait plus honte de s'exprimer lorsqu'elle, ou son proche, a une difficulté de santé mentale. Néanmoins, cet élan doit s'accompagner de mesures concrètes et d'une nécessaire réorganisation de la psychiatrie », explique-t-elle dans un communiqué le 28 novembre. Pour l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques, « l'accès aux soins reste difficile et trop inégal selon les territoires, avec pour conséquence une errance médicale quasi-systématique », et la prise en charge peut « s'avérer traumatisante », notamment par l'usage de la contention pour des milliers de patients.
Améliorer l'accès précoce aux soins psychiatriques
La présidente de l'association, Emmanuelle Rémond, citée dans le communiqué, souhaite que le gouvernement « coordonne l'action interministérielle nécessaire pour améliorer la prévention, l'accès précoce à des soins psychiatriques de qualité et soutienne dans leur environnement toutes les personnes confrontées à une maladie psychique ».
De son côté, la Fédération de l'hospitalisation privée en psychiatrie (FHP Psy) a perçu comme « un signal fort » la prolongation de la grande cause, mais jugé que « la réalité reste dramatique : des milliers de personnes en souffrance psychique attendent des soins, alors que des services existent. Le problème n'est pas l'infrastructure : c'est l'organisation ». « Sans financement ni plan structurant (...) nous laissons perdurer 6 à 12 mois d'attente », a affirmé dans un communiqué cette organisation.
Santé mentale des jeunes en crise : urgence d'agir !
Avant l'annonce jeudi de Matignon, la Fédération des hôpitaux publics français avait interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui demander de reconduire la grande cause mais aussi de la dédier à la santé mentale des jeunes, vu « la gravité de la crise qui les frappe ». « Tant reste à faire. À l'hôpital, le manque d'effectif se fait toujours ressentir, et les services de psychiatrie restent saturés », « les centres médico-psychologiques (CMP) publics connaissent également de grandes difficultés », de sorte que les patients ont « un accès aux soins toujours plus difficile », avait notamment souligné la FHF dans un courrier transmis à l'AFP.
Santé mentale : grande cause prolongée, actions réclamées
07 décembre 2025
Santé mentale : faut-il s’inquiéter pour nos ados ?
- Santé mentale des jeunes : quel état des lieux ?
- Pourquoi les filles semblent-elles plus touchées ?
- Quelles sont les causes de cette dégradation ?
- Comment agir en tant que parent pour aider son enfant ?
Santé mentale : faut-il s’inquiéter pour nos ados ? | Harmonie Santé
05 décembre 2025
La plateforme "Tel Pharma" sécurise l’usage des psychotropes
Posez vos questions au 03 86 69 40 33 du lundi au vendredi de 8h à 18h pour obtenir un avis, gratuit.
La plateforme “Tel Pharma” sécurise l'usage des psychotropes - Santé Mentale
04 décembre 2025
[Insolite] : Consulter avec son chien sous le bureau pour améliorer sa santé mentale
Les entreprises et les collectivités autorisant la présence des animaux sur le lieu de travail dans le cadre du « Pet at Work » sont de plus en plus nombreuses : sur 10 employés qui viennent sur leur lieu de travail accompagnés de leur animal, huit déclarent un impact positif de cette présence sur leur implication. 60 % d’entre eux se perçoivent moins stressés, 39 % estiment que la communication dans l’équipe est améliorée et 17 % se trouvent plus productifs et efficaces. À un moment où les animaux sont de plus en plus naturellement acceptés dans les établissements médico-sociaux (thérapie assistée par l’animal), que peut-on dire de la situation des cabinets médicaux ?
Le premier constat est que le cadre réglementant la présence d’un chien dans l’espace de consultation reste flou. Si l’article R1112-48 du Code de la santé publique proscrit la présence d’animaux dans les établissements hospitaliers, cette interdiction ne s’étend pas aux cabinets médicaux libéraux, laissant place à des réponses variées. Or, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins, la présence d’animaux dans les cabinets n’est pas autorisée pour des raisons d’hygiène, de sécurité et d’allergies.
S’interrogeant sur la réalité pratique de la présence de canidés dans les cabinets, deux jeunes médecins ont consacré leur thèse, en 2025, à ce sujet....
Consulter avec son chien sous le bureau pour améliorer sa santé mentale | Le Quotidien du Médecin | Libéral / Soins de ville | Exercice
03 décembre 2025
Troubles mentaux : et si c’était à cause des modifications d'un seul gène ?
Schizophrénie, dépression, anxiété… Jusqu’à présent, les preuves montraient que ces troubles mentaux résultaient de l'interaction de nombreux facteurs, notamment génétiques. Mais dans une récente étude, parue dans la revue Molecular Psychiatry* des scientifiques l'Institut de génétique humaine du Centre hospitalier universitaire de Leipzig (Allemagne) ont révélé le rôle joué par un seul gène dans le développement de ces maladies.
Dans le cadre de leurs travaux, ils sont partis d’un constat : "il a été récemment identifié que des variants rares du gène GRIN2A, codant pour la sous-unité GluN2A du récepteur N-méthyl-D-aspartate (NMDAR), confèrent un risque important de schizophrénie." Afin de déterminer la prévalence des troubles mentaux chez les personnes présentant des troubles liés à GRIN2A, qui joue un rôle central dans la régulation de l'excitabilité électrique des cellules nerveuses, l’équipe a analysé les données de 121 adultes porteurs d'une altération du gène GRIN2A. Ensuite, ils ont recherché la présence de symptômes psychiatriques chez ces patients.
*GRIN2A null variants confer a high risk for early-onset schizophrenia and other mental disorders and potentially enable precision therapy | Molecular Psychiatry
Troubles mentaux : et si c’était à cause des modifications d'un seul gène ?
02 décembre 2025
[Recherche] : Le Vinatier finance un projet doctoral sur les hallucinations dans la schizophrénie
Pouvez-vous nous rappeler qui encadrera votre projet ainsi que le service et la structure de recherche qui vous accueillera ?
Mon projet sera encadré par la Dr. Marine Mondino et par le Pr. Frédéric Haesebaert, deux membres de l’équipe PsyR2 du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL), situé au sein du Vinatier.
En parallèle, les études composant mon projet bénéficient de la collaboration de 11 centres hospitaliers sur tout le territoire national ainsi que d’un centre de neuroimagerie (CERMEP). (…)
(…)
Pouvez-vous nous expliquer votre sujet doctoral/post-doctoral ?
Mon projet doctoral s’articule autour de trois études portant sur les hallucinations chez les patients atteints de schizophrénie. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes cognitifs et cérébraux impliqués, afin de développer des approches thérapeutiques innovantes et personnalisées avec la stimulation cérébrale non invasive. (…)
• Retrouvez l’intégralité de l’interview de Santiago Rodriguez sur le site du Vinatier Psychiatrie universitaire Lyon métropole
Le Vinatier finance un projet doctoral sur les hallucinations dans la schizophrénie - Santé Mentale
01 décembre 2025
[Application] : MediTchat
MediTchat est une application qui permet aux personnes inscrites de :
✓ Poser leurs questions santé du quotidien à d'autres patients qui vivent la même chose
✓ Se sentir moins seuls face aux moments difficiles (nuits d'insomnie, doutes, peurs)
✓ Échanger des astuces pratiques (gestion de la douleur, organisation du quotidien...)
Depuis son lancement en juillet 2025, nous avons déjà connecté une soixantaine de patients qui témoignent du soulagement de pouvoir enfin échanger avec des personnes qui "comprennent vraiment".
Pour découvrir l'application ?
https://koalendar.com/u/meditchatContacts :
meditchat@gmail.com
06 11 04 24 60 (Diane Nieudan)06 23 66 18 44 (Florence Spagnol)
meditchat.com29 novembre 2025
[Livre] : Les émotions fantômes
Ancien infirmier en psychiatrie, je vous informe de la prochaine parution de mon huitième livre aux éditions Bérangel, avec lesquelles je travaille et que je recommande vivement. Il sera intitulé :
"Les émotions fantômes", un titre évocateur.
La plupart des expériences vécues durant l’enfance jouent un rôle déterminant dans le développement émotionnel ultérieur. Elles laissent une empreinte, bonne ou mauvaise, et érigent les fondations de notre équilibre psychologique.
Les souvenirs ne sont donc pas qu’un simple retour dans le passé ; ils constituent notre identité. Inscrits en nous, ils influencent notre présent et notre futur. Parfois, ils peuvent être à l’origine d’un mal-être, de symptômes et de maladies. Comment peut-on s’en départir et tâcher de maîtriser ces fantômes d’hier ?
Quatre histoires, inspirées par mes expériences personnelles et professionnelles, tentent d’apporter un éclairage sur les mécanismes de transmission de la souffrance cachée.
Le livre sera préfacé par le Professeur Marcel RUFO et post facé par le Dr Hervé BOKOBZA.
Vous pouvez dès lors réaliser une précommande à partir du lien suivant :
https://fr.ulule.com/les-emotions-fantomes/coming-soon/
Les petites maisons d’édition, comme Bérangel, tentent de survivre et se battent pour conserver une liberté de parole, il faut absolument les soutenir.
28 novembre 2025
Santé mentale : la grande cause nationale prolongée en 2026 ?
L'ancien Premier ministre Michel Barnier, redevenu député après la chute de son gouvernement, a été auditionné, le 18 novembre 2025, pendant près d'une heure et demie par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap, et les coûts de ces défaillances pour la société.
Une sensibilité personnelle au sujet de la santé mentale
L'ex-locataire de Matignon, avec une "sensibilité personnelle" sur un sujet auquel sa famille a été confrontée et dans lequel sa mère s'est fortement engagée au sein de l'association Unafam, a déclaré qu'il "continue à suivre cela" et va "demander au Premier ministre de prolonger la cause nationale l'année prochaine". "Je lui ai dit, je le vois la semaine prochaine pour cette question", a-t-il ajouté.
Un manque de temps et de moyens
Dans son échange avec la commission, principalement avec la présidente Nicole Dubré-Chirat (EPR) et le rapporteur Sébastien Saint-Pasteur (PS), Michel Barnier s'est déclaré "très frappé (...) que la volonté s'émousse si elle n'est pas soutenue. Il y a les changements de Premier ministre, de ministres, le rythme de changement des ministres de la Santé absolument insensé. Donc, je pense qu'il faut plus de temps". S'il a évoqué "le plan que M. (Yannick) Neuder (ancien ministre de la Santé, ndlr) a mis en place (...) avec beaucoup de bonne volonté, de coordination, d'initiatives", celui qui est désormais député de Paris a observé qu'"il manque des moyens, des postes". Et, "en raison de l'instabilité, ou d'un manque de suivi, ou de je ne sais quoi, le comité interministériel (sur la santé mentale, ndlr) a été reporté trois fois".
"La prévention coûte moins cher que la réparation"
Défendant une approche "pluriannuelle", il a martelé que "la prévention coûte moins cher que la réparation". "Faut-il y être confronté dans sa chair pour poser ce sujet plus fort? Parce qu'on a le sentiment que, depuis votre départ, ça s'est un peu affaissé", a glissé le rapporteur. "Être concerné m'a conduit à suivre les questions plus attentivement", a notamment considéré Michel Barnier. Depuis le début de la grande cause, "les actions n'ont pas été assez vite par rapport aux difficultés sur le territoire" et "on prend du retard sur la santé mentale déjà des jeunes", a alerté Nicole Dubré-Chirat.
Santé mentale : la grande cause nationale prolongée en 2026?
27 novembre 2025
[27 novembre] : Les troubles psy de 0 à 99 ans. Chapitre 7 : 65 ans et plus
Description
Après 65 ans, de nouvelles pages s'écrivent. Avec l'âge, diverses fragilités psy ou somatiques se font plus présentes et créent des difficultés inconnues jusque-là, pouvant entraîner des changements de vie importants, telle qu'une entrée en maison de retraite.
PositiveMinders
Webinaire - Les troubles psy de 0 à 99 ans. Partie 7 : 65 ans et +
26 novembre 2025
Pour l’Unafam, "en psychiatrie, les droits fondamentaux restent encore trop souvent théoriques"
Voici ce qu’il faut en retenir. Ce colloque a représenté le point d’orgue d’une année marquée par la volonté de placer le respect des droits au coeur des actions et du plaidoyer de l’Unafam : d’abord en publiant un manifeste pour l’abolition de la contention, remis en mains propres au ministre de la Santé, puis avec la rédaction d’une note de position comprenant 48 mesures pour refonder la psychiatrie en France, dans le respect des droits et de la dignité des personnes vivant avec des troubles psychiques, et enfin à travers la diffusion d’une campagne de sensibilisation télévisuelle, diffusée au cours du mois d’octobre sur les chaînes des réseaux France Télévisions et Canal+.
Des droits encore trop théoriques
Un Français sur cinq connaîtra un trouble psychique au cours de sa vie. Pourtant, l’accès à un diagnostic pour des troubles tels que la schizophrénie ou les troubles bipolaires demeure trop tardif, souvent après plusieurs années, entraînant des pertes de chance majeures sur le plan du pronostic et de l’inclusion sociale. À ces retards s’ajoutent de fortes inégalités d’accès et de qualité entre territoires et établissements, qui se traduisent par des pratiques hétérogènes, des moyens inégaux et des équipements inadaptés, générant des ruptures de parcours et des traitements insuffisamment personnalisés. Les droits fondamentaux – information, consentement, libertés individuelles et accès aux droits sociaux, notamment au logement, à l’emploi et aux ressources -restent trop souvent théoriques. Dans le champ de l’emploi, l’accès et surtout le maintien en poste demeurent un angle mort des politiques publiques.
Des approches qui font leurs preuves
Pourtant, les preuves s’accumulent en faveur d’approches structurées fondées sur les droits, qui ont pu être mises en valeur tout au long de la journée. Qu’il s’agisse de QualityRights, des mesures anticipées, de la pair-aidance ou de la recherche participative (projet Amadeus), ces démarches améliorent l’alliance thérapeutique, réduisent le recours à la contrainte et accroissent la satisfaction des usagers et de leurs proches, en vue du rétablissement des personnes malades et de leur (ré)intégration dans la société. Cette approche par les droits s’inscrit en cohérence directe avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé, qui placent le respect des droits au cœur de la réforme des systèmes de santé mentale afin d’améliorer la qualité des soins.
Grande Cause nationale : tenir le cap
Lors de son allocution, Michel Barnier, député et ancien Premier ministre à l’origine de la Grande Cause nationale santé mentale a rappelé la gravité de la situation et la nécessité d’une action publique durable. S’appuyant sur une histoire personnelle de plus de 45 ans aux côtés de l’Unafam, il a souligné combien le passage du silence à la parole reste un combat d’actualité, et combien l’absence de continuité gouvernementale entrave les avancées. Il a précisé vouloir obtenir la prolongation d’un an de la Grande Cause nationale santé mentale, estimant indispensable que les ministres travaillent ensemble et dans la durée : « La situation dans laquelle se trouve le pays est extrêmement grave. […] Ce qui est terrible, c’est que les changements de gouvernement et de ministre font qu’il n’y a pas de continuité. C’est la raison pour laquelle je vais rencontrer le Premier ministre la semaine prochaine et lui demander de prolonger la Grande Cause d’une année supplémentaire. […] Vous pouvez compter sur moi. » Un engagement qui fait écho au discours d’ouverture d’Emmanuelle Rémond, présidente de l’Unafam, qui a déclaré : « Cette année, nous avons choisi comme fil rouge de notre journée les droits humains. C’est notre conviction, qui s’appuie sur les recommandations des Nations Unies. Le respect des droits humains doit être le levier qui soutient la transformation nécessaire de l’organisation des soins de santé mentale. Mobilisons-nous pour des droits effectifs, partout, pour tous. »
• Colloque Unafam 2025 : usagers de la psychiatrie, tous citoyens, communiqué de l’Unafam, 19 novembre 2025.
Pour l'Unafam, "en psychiatrie, les droits fondamentaux restent encore trop souvent théoriques" - Santé Mentale
25 novembre 2025
Les psychiatres vent debout contre un projet remettant en cause les approches psychanalytiques
« Une rupture grave pour la pluralité des soins psychiques et l’autonomie professionnelle ». Près d’une douzaine d’organisations représentants de la psychiatrie, sociétés savantes et syndicats, s’insurgent contre un amendement sénatorial au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) déposé par des centristes ce 16 novembre 2025. Cette modification du texte prévoit qu’« à compter du 1er janvier 2026, les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie ».
Concrètement, il s’agit de mettre fin au financement public ou au remboursement des soins de praticiens (médecins ou psychologues) dont la formation et la pratique relèvent de l’orientation psychanalytique, qu’ils exercent en centres médico-psychologiques, dans le secteur médico-social, en exercice libéral ou encore via Mon soutien psy.
Les psychiatres vent debout contre un projet remettant en cause les approches psychanalytiques | Le Quotidien du Médecin | Spécialités | Psychiatrie
24 novembre 2025
[Livre] : Au pays des ombres. Voyage au coeur de la folie
Que faire des égarés, de ceux que l'on appelle les " fous " ? Que faire de ceux qui souffrent de sévères troubles mentaux, perdus dans une société dont ils n'ont pas les codes ? Comment les aider ? Le peut-on seulement ? Et pour les plus inquiétants comment les empêcher de récidiver quand ils ont tué ? C'est à toutes ces questions et à bien d'autres que tente de répondre le docteur Laurent Layet.
À travers un récit d'une grande force, ce psychiatre expert auprès des tribunaux, relate le quotidien des Unités pour malades difficiles, les UMD, ces structures peu connues du grand public et souvent oubliées des pouvoirs publics. Il nous plonge dans cet univers glaçant où se côtoient des individus cassés par la vie, abandonnés par la raison, parfois touchants dans leur solitude, dans leur incapacité à exprimer leur détresse, leur douleur profonde. Comme Monsieur D., ce mastodonte de 140 kilos de plus de deux mètres qui incarne à lui seul les incohérences d'un système psychiatrique à bout de souffle. Comme Mamadou Traoré, " l'enfant sacré ", " le tueur des parkings ", qui effaçait à mains nues, du visage de ses victimes, tout signe d'humanité avec une telle force que les enquêteurs pensaient qu'il utilisait une batte de baseball !
23 novembre 2025
[Replay] : Première journée du réseau français de pair-aidance en santé mentale
Une journée entièrement consacrée à la promotion et au déploiement de la pair-aidance. Un programme riche avec la venue de 3 intervenants internationaux :
Marie-Hélène Morin - Professeure-chercheuse en travail social, Université du Québec à Rimouski
Jean-François Pelletier - Professeur adjoint de clinique au Département de psychiatrie de l’Université Yale et co-responsable du DU "Pair-aidance croisée : théories et pratiques situées" (université de Tours)
Stéphane Waha - Bénévole au Funambule (bipolarité) ; formateur et accompagnateur au projet PAT du SMES (Santé Mentale et Exclusion Sociale) à Bruxelles
[Replay] Première journée du réseau français de pair-aidance en santé mentale - Centre ressource réhabilitation
22 novembre 2025
Santé mentale, psychiatrie et idées reçues
Ces troubles restent souvent incompris et mal traités au sein de la population générale, mais aussi dans le corps médical lui-même qui n’est pas le dernier à tenir des propos stigmatisants à l’encontre des usagers de la psychiatrie. Parfois même, les professionnels de la santé mentale tombent eux-mêmes dans le piège des idées reçues. Souvent considérés comme des oiseaux bizarres par les autres médecins , fréquemment dans des services à part des autres spécialités médicales, dans des bâtiments déconnectés du reste de l’hôpital, les psychiatres ont aussi leur part du travail à faire pour rendre leurs pratiques plus transparentes, homogènes et compréhensibles aux yeux du grand public, mais aussi des autres médecins.
Petit tour d’horizon de cette jungle de la santé mentale bien trop luxuriante et dans laquelle le patient tente tant bien que mal de se frayer un chemin.
21 novembre 2025
Les personnes schizophrènes présentent une particularité biologique commune ?
Une étude récente a analysé des tissus cérébraux post-mortem de personnes atteintes de schizophrénie.
Les résultats montrent des neurones plus petits et une corrélation avec la sévérité des hallucinations.
Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.
Et si la différence entre un cerveau schizophrène et un cerveau dit « typique » se nichait dans les détails… minuscules ? Une étude japonaise, parue dans Psychiatry Research*, s’est penchée sur la micro-architecture des neurones de personnes vivant avec la schizophrénie. Grâce à une technologie d’imagerie 3D ultra-précise au synchrotron, les chercheurs ont scruté une zone clé du cerveau : le cortex cingulaire antérieur, impliqué dans la cognition, les émotions et la prise de décision.
Depuis longtemps, les IRM montrent une diminution de matière grise dans cette région chez certains patients schizophrènes. Mais que se passe-t-il, concrètement, au niveau des cellules nerveuses elles-mêmes ? Pour le découvrir, l’équipe de Ryuta Mizutani (Université Tokai, Japon) a étudié le soma (le corps cellulaire du neurone) à une échelle jamais atteinte auparavant. Objectif : mesurer sa taille et sa forme en 3D, micromètre par micromètre.
Des neurones vraiment différents
L’étude a porté sur des tissus cérébraux post mortem de 16 personnes (8 atteintes de schizophrénie et 8 témoins), pour un total de 263 neurones analysés. Résultat : les neurones du cortex cingulaire antérieur des patients schizophrènes étaient plus petits et plus fins. En moyenne :
La longueur du soma atteignait seulement 80 % de celle des témoins.
La largeur tournait autour de 90 %.
Les neurones pyramidaux, essentiels à la transmission d’informations, étaient les plus touchés, avec une longueur réduite à 79 % du groupe contrôle.
Les interneurones, eux, ne montraient pas de différence nette, mais leur faible nombre ne permet pas de conclure.
Taille du soma et sévérité des hallucinations
Les chercheurs ont également mis en évidence un lien entre la taille du soma et la gravité des symptômes : plus le corps cellulaire était court, plus les hallucinations étaient intenses. Même après avoir pris en compte les traitements médicamenteux, la corrélation persistait.
Autre découverte marquante : en combinant un soma raccourci et des neurites (prolongements neuronaux) plus tortueux, il devenait possible de distinguer clairement les cerveaux schizophrènes des cerveaux témoins. Ces altérations pourraient expliquer la perte de volume cérébral souvent observée en IRM : selon les calculs des auteurs, le volume neuronal total dans cette région serait réduit à 50–60 % de la normale.
Vers une signature biologique de la schizophrénie ?
Si l’échantillon reste modeste, ces résultats s’ajoutent à un faisceau de preuves que la schizophrénie n’est pas qu’un “trouble fonctionnel”, mais qu’elle s’accompagne bien de modifications physiques du cerveau, visibles à l’échelle cellulaire.
« Les neurones des personnes atteintes de schizophrénie sont distinctement différents », résume le professeur Mizutani.
« Si nous trouvons un moyen de restaurer ces changements, nous pourrions espérer guérir le trouble. »
L’équipe prévoit désormais d’étudier un plus grand nombre de cerveaux, à différents stades de la maladie, pour comprendre si ces altérations apparaissent tôt — ou si elles s’installent au fil du temps.
*Pyramidal soma size in the anterior cingulate cortex is small in schizophrenia and correlates with hallucination score - ScienceDirect
Les schizophrènes présentent une particularité biologique
20 novembre 2025
[26 novembre] : Atelier "Récits croisés"
Mercredi 26 novembre de 16h à 19h
Maison de la Santé Mentale,
4, rue des Bonnes Gens - 67000-Strasbourg
Après le podcast audio "Gueules cachées", Laetitia Forgeot d'Arc propose de réaliser un podcast commun : regarder et partager les étapes de vies, les bifurcations imposées par la maladie ou les troubles psy, les issues ou les culs de sac. Puis décider d'enregistrer et de témoigner, c'est ça l'expérience "Récits croisés"!
Avec le soutien de l'Unafam 67.
Gratuit, sur inscription (places limitées) : gueules.cachees@gmail.com
19 novembre 2025
"C'est jamais gentil les voix" : un schizophrène expose les dessous de la maladie
Pour en parler, Bouchard a reçu Luc Vigneault, conférencier, auteur, et lui-même atteint de schizophrénie. Avec une franchise désarmante, il raconte son expérience des «voix» : toujours négatives, terrorisantes, et perçues comme venant de l'extérieur, non de sa propre tête. Il a même révélé avoir reçu des « voix mandatées » lui commandant de commettre des actes graves.
L'étude met fin aux théories ésotériques : les voix sont en fait produites par le propre cerveau de la personne malade, agissant comme des pensées négatives transformées en sons extérieurs bien réels pour l'entendeur.
Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles méthodes de détection et de traitement. Vigneault explique que bientôt, des outils comme la prise de sang ou la fibre optique pourraient aider à diagnostiquer la maladie.
«Ça vient carrément de l'intérieur» | «C'est jamais gentil les voix»: un schizophrène expose les dessous de la maladie — FM93
18 novembre 2025
Invitation : Marché de Noël solidaire de l'UNAFAM
Message de nos amis de l'UNAFAM...
L’UNAFAM Bas-Rhin a le plaisir de vous inviter à son Marché de Noël solidaire, un moment convivial et chaleureux que nous organisons grâce à l’engagement des bénévoles !
ROUTE NOUVELLE ALSACE - 34, route de la Fédération – Strasbourg
Quand ?
- Vendredi 21 novembre 2025 de 16h à 19h
- Samedi 22 novembre 2025 de 14h à 18h
- Dimanche 23 novembre 2025 de 14h à 18h
Au programme :
- Bredele maison
- Vin chaud & jus de pommes chaud
- Confiture de cynorrhodon
- Décorations de Noël artisanales
Préparés avec soin par notre équipe de bénévoles.
Venez nombreux partager ce moment festif et soutenir nos actions !
16 novembre 2025
Une thérapie numérique efficace dans la schizophrénie en phase III
L'étude CONVOKE est "le premier et unique essai clinique à montrer une réduction statistiquement significative des symptômes négatifs expérientiels de la schizophrénie en complément du traitement antipsychotique standard", se félicitent les deux partenaires.
Cette thérapie numérique, dont le nom de code est CT-155 ou BI 3972080, a été développée pour fournir des techniques d'intervention psychosociale interactive ciblant les croyances défaitistes et le manque de motivation.
Ce logiciel fixe aux patients des objectifs personnalisés qui s'alignent sur le niveau de fonctionnement actuel qui est propre à chacun pour favoriser l'engagement dans des activités du monde réel (activation comportementale) et propose des interventions thérapeutiques visant à aider les patients à atteindre ces objectifs (restructuration cognitive, entraînement des compétences sociales et des affects positifs ainsi que de la capacité à tolérer la détresse), expliquent la biotech américaine et le groupe allemand.
Dans cette phase III américaine, ont été inclus 457 adultes atteints de schizophrénie depuis 14,8 ans en médiane, avec des symptômes négatifs modérés à sévère définis par un score initial d'au moins 2 points sur au moins deux des trois domaines parmi les activités sociales, professionnelles et récréatives de l'échelle CAINS-MAP (score initial médian de 26 points), traités par antipsychotique à dose stable.
Ces patients ne devaient notamment pas être traités par plus de deux antipsychotiques (ou deux formulations différentes) ni avoir suivi de psychothérapie au cours des trois derniers mois, selon des critères d'exclusion présentés en session orale, le 13 octobre, par Abhishek Pratap, directeur exécutif global evidence lead chez Boehringer Ingelheim.
Ils ont été randomisés en double aveugle entre l'ajout de la thérapie numérique CT-155 et une application mobile contrôle (présentation similaire, fonctionnement incitant à un engagement quotidien, avec quelques éléments d'éducation thérapeutique).
Il apparaît tout d'abord que le niveau d'engagement dans l'étude est resté élevé tout au long des quatre mois prévus, s'élevant à 70,4% avec la thérapie CT-155 et 76,5% avec l'appli contrôle à la fin de l'étude. Les données montrent également un engagement quotidien des patients, avec une utilisation médiane de 76 jours au cours de l'étude (vs 92 jours), pendant 8 minutes par jour en médiane (vs 2 min).
Le critère principal d'évaluation a été atteint, avec une réduction des symptômes négatifs expérientiels (avolition, anhédonie…) après 16 semaines d'utilisation de la thérapie numérique, de 6,8 points sur l'échelle CAIN-MAPS vs -4,2 points avec l'appli contrôle, soit une amélioration de 62%, avec une taille d'effet D de Cohen de -0,32, un résultat statistiquement significatif et équivalent à ce qui est observé dans des essais cliniques évaluant des antipsychotiques, des antidépresseurs ou des psychothérapies, selon Abhishek Pratap.
Les analyses de sensibilité ont montré la robustesse de ce résultat, retrouvée également dans les analyses par sous-groupe.
Les résultats pour les critères secondaires, comme les symptômes de motivation et de plaisir, les symptômes négatifs expressifs, les symptômes positifs ou le fonctionnement social, n'ont pas été présentés et ne sont pas non plus mentionnés dans le communiqué.
La thérapie numérique CT-155 a par ailleurs été bien tolérée, avec aucun événement indésirable grave en lien avec le traitement. L'incidence des événements indésirables était de 9,3% avec la thérapie CT-155 et de 13,4% avec l'appli contrôle mais leur nature n'a pas été précisée. Aucun n'a conduit à l'abandon prématuré de l'étude.
Click Therapeutics et Boehringer Ingelheim avaient obtenu, en 2024, le statut de Breakthrough Device Designation pour la thérapie CT-155 de la part de la Food and Drug Administration (FDA) américaine. Ce traitement est prévu pour être proposé sur prescription, indiquent-ils.
Une étude multicentrique est par ailleurs en cours pour évaluer l'efficacité de l'appli CT-155 en vie réelle auprès de 262 patients. Elle doit s'achever début 2027, selon le registre américain des essais cliniques ClinicalTrials.
Luu Ly Do Quang
Une thérapie numérique efficace dans la schizophrénie en phase III - TICpharma
Schizophrénie : une thérapie numérique efficace sur les symptômes négatifs - Santé Mentale
15 novembre 2025
Psychiatrie : des médecins réclament le remboursement de certains traitements non encore autorisés
Les approvisionnements de médicaments à base de quétiapine, souvent prescrits pour traiter la schizophrénie et les troubles bipolaires, vont rester compliqués au moins jusqu’à la fin de l’année.
Les signataires d’une tribune soulignent que l’adoption d’une telle mesure pourrait «partiellement pallier la pénurie de psychotropes frappant le pays» depuis le début de l’année.
Un collectif de professionnels de santé appelle l'État à autoriser le remboursement de certains médicaments prescrits en psychiatrie même lorsque leur indication ne correspond pas à celle pour laquelle ils sont autorisés, dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde* daté de mercredi.
Les signataires - des psychiatres dont le professeur Antoine Pélissolo, des pharmaciens et pédopsychiatres, l'association Bicycle etc... - déplorent que «certains psychotropes ne sont en effet pas remboursés par la sécurité sociale dans le cadre de leurs usages en psychiatrie, et ce malgré le niveau de preuve tels qu'ils sont mondialement recommandés».
Ils soulignent que cette rigidité «exclut les patients les plus démunis de l'accès à des traitements qui sont parfois les seuls efficaces», «une situation particulièrement vraie en médecine extra-hospitalière où les psychiatres sont plus susceptibles d'être contrôlés par la Caisse d'assurance maladie pour des prescriptions hors AMM», c'est-à-dire des médicaments prescrits pour une maladie ou un trouble autre que celui officiellement autorisé par les autorités sanitaires.
Une pénurie de psychotropes en France
Or, en psychiatrie, 43,5% des prescriptions se font hors autorisation de mise sur le marché (AMM), précisent-ils. Ces molécules «parfois indispensables» diminuent selon eux, «considérablement le recours à d'autres prises en charge (bien plus coûteuses quoique remboursées)» mais aussi le taux d'hospitalisation, la fréquence de consultations et des arrêts de travail. «La possibilité pour un praticien de faire accéder son patient au remboursement de ces molécules sans être inquiété par la CPAM est une mesure peu coûteuse pouvant être adoptée sur directive ministérielle», écrivent-ils.
L'adoption d'une telle mesure, pourrait aussi, selon eux «partiellement pallier la pénurie de psychotropes frappant le pays» depuis le début de l'année. Ils demandent que «soit établie la liste des médicaments dont les patients de psychiatrie doivent pouvoir bénéficier quelles que soient leurs ressources, y compris si cela implique une prise en charge par la CPAM alors que la molécule n'a pas d'AMM dans cette indication».
Les approvisionnements de médicaments à base de quétiapine, souvent prescrits pour traiter la schizophrénie et les troubles bipolaires, vont rester compliqués au moins jusqu'à la fin de l'année, a prévenu lundi l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L'autorité sanitaire maintient aussi un suivi hebdomadaire de la situation d'autres antipsychotiques (rispéridone, chlorpromazine, venlafaxine, téralithe), confrontés à des difficultés d'approvisionnement à des degrés divers.
Alors que la santé mentale est «grande cause nationale» en 2025, ces pénuries sont une épreuve pour les malades, pour qui un arrêt brutal de traitement peut avoir des conséquences dramatiques.
*En psychiatrie, « les patients devraient être remboursés de certaines molécules non encore autorisées »
Psychiatrie: des médecins réclament le remboursement de certains traitements non encore autorisés
Pour aller plus loin, consultez le site suivant très informatif sur le sujet :
Prescription hors autorisation de mise sur le marché en psychiatrie adulte - Afis Science - Association française pour l’information scientifique
14 novembre 2025
Accès aux soins pour les personnes en situation de handicap : état des lieux et solutions
Vingt ans après la Loi Handicap, les inégalités persistent. De nombreuses personnes en situation de handicap rencontrent encore des obstacles dans leur parcours de soins.
Quelle est la réalité de ces inégalités aujourd’hui ? Quelles solutions existent pour un accès aux soins équitable et sans entrave ? C’est ce que propose de découvrir « Handicap & Santé », une série de cinq reportages réalisés par Doctissimo, avec le soutien de Sanofi.
Épisode 4 - Handicap psychique et neurologique : lever le tabou
Comment sortir des tabous et améliorer l’accès aux soins de santé ?
13 novembre 2025
[Livre] : SCHIZOPHRENIE : Se rétablir de la maladie durablement avec une méthode unique basée sur l’expérience vécue, les neurosciences et la psychologie
Et s'il était enfin possible de se rétablir durablement de la schizophrénie ?
Le diagnostic est tombé, et avec lui, un sentiment de fatalité ? Vous ou un proche êtes confronté au brouillard de la confusion, à l'isolement, aux traitements qui semblent ne gérer que les symptômes, sans jamais offrir de véritable espoir ? Vous n'êtes pas seul.
L’auteur a connu ce chemin semé d'embûches. Il a vécu la maladie de l'intérieur. Mais au lieu de la subir, il l'a transformée en une quête de connaissance.
Ce livre sur la schizophrénie n'est pas un simple manuel théorique de plus.
Il ne s'agit plus de simplement survivre, mais d'apprendre à mieux vivre avec la schizophrénie et, à terme, de reprendre le contrôle de sa vie.
Amazon. fr - SCHIZOPHRENIE: Se rétablir de la maladie durablement - Babillote, Florent - Livres
12 novembre 2025
Langue française : emploi inapproprié des mots ‘’schizophrène’’ et ‘’schizophrénie’’ .
Nous sommes de fidèles auditeurs de France Inter, merci pour vos émissions .
Bravo à Philippe Aghion pour le prix Nobel et merci infiniment à Nicolas Demorand pour son livre et son magnifique témoignage sur ses troubles psychiques.
Les mots ont un sens. Mal les utiliser, c’est les galvauder.
La schizophrénie est une maladie que nous connaissons car l’un de nos fils en est atteint. Des aidants, des associations de familles de malades se battent pour que cette maladie fréquente (1 % de la population et 13 millions de personnes souffrent de troubles psychiques, soit 20 % de la population) soit mieux comprise et traitée.
Trop souvent dans les discours politiques et médiatiques, le terme « schizophrénie » est détourné. Chaque fois que nous entendons des personnes cultivées et intelligentes employer le nom ‘’schizophrénie’’ dans un contexte négatif et inapproprié nous sommes surpris, déçus, voire énervés.
La banalisation de l’utilisation péjorative du mot « schizophrénie » et de ses variations pour parler d’une personne ou d’une situation ambivalente, renforce les préjugés, la stigmatisation et l’isolement des personnes qui vivent avec ce trouble psychique. Il faut continuer d’expliquer, de diffuser des informations afin de corriger les préjugés, d’où mon courrier.
Si vous le souhaitez, veuillez contacter une association (par exemple l’ Unafam) pour avoir plus d’informations sur cette maladie et sur la façon d’en parler susceptible d’aider au mieux le plus grand nombre et corriger les préjugés.
En vous remerciant d’avoir pris le temps de nous lire et au plaisir de continuer à écouter France Inter.
La médiatrice de Radio France
Langue française #45/25 – La Médiatrice
11 novembre 2025
Schizophrénie : un antibiotique courant pourrait réduire le risque
Hallucinations, idées délirantes, isolement social et relationnel… C’est ainsi que se traduit la schizophrénie. Cette maladie psychique débute souvent à l'adolescence, période critique de vulnérabilité. Afin de mieux comprendre comment la prévenir, des chercheurs de l'Université d'Édimbourg (Écosse) ont mené une étude parue dans la revue American Journal of Psychiatry* Dans le cadre de celle-ci, ils ont émis l'hypothèse que les jeunes ayant fréquenté des services psychiatriques pour adolescents exposés à la doxycycline, un antibiotique, présenteraient un risque moindre de développer une schizophrénie.
Afin de vérifier cette théorie, l’équipe a utilisé les données du registre national finlandais de santé. Elle a passé en revue les informations de 56.395 personnes, nées entre 1987 et 1997, ayant consulté des services psychiatriques pour adolescents, entre 13 et 18 ans, et s'étant vu prescrire des antibiotiques. Les patients ont été suivis depuis la première prescription d'antibiotiques jusqu'à l'âge de 30 ans.
Parmi eux, 16.189 avaient pris de la doxycycline. Ce médicament est indiqué dans le traitement des infections à germes sensibles à la doxycycline dans leurs manifestations respiratoires, génitales, urinaires, oculaires ou générales. De précédentes recherches suggèrent qu'elle peut réduire l'inflammation des cellules cérébrales et influencer l'élagage synaptique, un processus naturel par lequel le cerveau affine ses connexions neuronales. Un élagage excessif a été associé au développement de la schizophrénie.
"La formule g a été utilisée pour estimer le risque de schizophrénie en fonction des niveaux d'exposition à la doxycycline (dose cumulative de doxycycline utilisée : aucune utilisation de doxycycline ; faible utilisation : inférieur à 1.499 mg ; utilisation moyenne, 1.500-2.999 mg ; utilisation élevée, supérieur à 3.000 mg) pendant différentes périodes de suivi."
Un risque inférieur de 30 à 35 % de développer une schizophrénie grâce au doxycycline
Le risque de schizophrénie après 10 ans de suivi était de 2,1 % pour les personnes ayant pris des antibiotiques autres que la doxycycline. En comparaison, le risque de schizophrénie à 10 ans était significativement plus faible chez les patients traités par doxycycline. Ce dernier était inférieur de 30 à 35 %. "Actuellement, nous ne disposons d'aucune intervention connue pour réduire le risque de développer une schizophrénie chez ces jeunes. C'est pourquoi ces résultats sont si prometteurs.""Étant donné que cette étude était de nature observationnelle et non un essai contrôlé randomisé, nous ne pouvons pas tirer de conclusions définitives sur la causalité. Cependant, il s'agit d'un signal important qui justifie des recherches plus approfondies sur l'effet protecteur de la doxycycline et d'autres traitements anti-inflammatoires chez les jeunes patients en psychiatrie, afin de potentiellement réduire le risque de développer une maladie mentale grave à l'âge adulte", ont conclu les auteurs.
*Doxycycline Use in Adolescent Psychiatric Patients and Risk of Schizophrenia: An Emulated Target Trial | American Journal of Psychiatry
Schizophrénie : un antibiotique courant pourrait réduire le risque






