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21 février 2021

Les services de soutien psychologique destinés aux étudiant·e·s

L’association Nightline, service d’écoute téléphonique gratuit et anonyme, a lancé une opération de soutien psychologique destiné aux étudiants pendant la crise sanitaire du Covid-19 à travers l’ouverture du site Internet www.soutien-etudiant.info et la publication d’un Guide de soutien psychologique étudiant.



Les principales structures de soutien disponibles sont répertoriées par académie et concernent :


Les services de santé universitaire (SSU, SUMPPS ou SIUMPPS)

Propres aux étudiant·e·s inscrit·e·s dans une université ou dans un rassemblement d'universités, il s’agit de services situés dans les campus des établissements qui offrent gratuitement des consultations médicales et/ou psychologiques ou psychiatriques.


Les Bureaux d’Aide Psychologique Universitaires (BAPU)

Des centres publics qui offrent un soutien psychologique gratuit uniquement aux étudiant·e·s (et pas seulement aux étudiant·e·s universitaires), notamment pour des traitements sur le moyen et long terme.

 

Les Centre Médico-Psychologique (CMP)

Des centres publics qui sont ouverts à tou·te·s les habitant·e·s d’un secteur géographique (et donc, incluent les étudiant·e·s qui habitent dans ce secteur). Ils offrent des consultations psychologiques et psychiatriques gratuitement et peuvent souvent accueillir les personnes en urgence.


Les Point Accueil Ecoute Jeune ; Maison des Adolescents ; Espaces Santé Jeunes

Des structures locales et conviviales qui offrent un soutien psychologique gratuit et des ressources d’information sur la santé mentale à tou·te·s les jeunes jusqu’à 25 ans.


[Webconférence] Maladies psychiatriques : en finir avec les préjugés

 Jeudi 18 mars 2021 à 15h

Retransmission en direct sur la chaine YouTube de l’INSERM.


Où en est la recherche psychiatrique en France ? Quels sont les progrès de la recherche clinique ?  Quels sont les objectifs prioritaires des politiques de santé mentale en France et les décisions prises pour transformer le regard sur ces maladies ? Autant de questions qui seront débattues lors de cette webconférence animée par le journaliste Paul de Brem.

Intervenants :

  • Jean-Antoine Girault, neurobiologiste à l'Institut du Fer à Moulin, Paris (unité Inserm 1270)

  • Marie Jauffret-Routside, sociologue au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale et société, Paris (unité Inserm 988)

  • Marion Leboyer, psychiatre, responsable du pôle Psychiatrie et addictions de l'hôpital universitaire Henri Mondor / Albert Chenevier, responsable de l’équipe Neuropsychiatrie translationnelle à l'Institut Mondor de recherche biomédicale et directrice de la fondation FondaMental

  • Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam)

19 février 2021

Mortalité dans la schizophrénie : vers un nouveau scandale sanitaire ? COVID-19 et schizophrénie

Auteurs : Guillaume FOND (Dr) et al.

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, available on-line 17 February 2021


Résumé

Les patients atteints de schizophrénie représentent une population vulnérable qui a été sous-étudiée dans le cadre de la recherche COVID-19. Nous avons cherché à établir si les résultats et les soins de santé différaient entre les patients atteints de schizophrénie et les patients sans diagnostic de maladie mentale. Nous avons mené une étude basée sur la population de tous les patients présentant des symptômes respiratoires et une infection à COVID-19 identifiés qui ont été hospitalisés en France entre février et juin 2020. Au total, 50 750 patients ont été inclus, dont 823 étaient des patients avec schizophrénie (1,6 %). Ces derniers ont connu une augmentation de la mortalité hospitalière (25,6 % contre 21,7 % pour les autres patients) et une diminution du taux d'admission en unité de soins intensifs- réanimation (23,7 % contre 28,4 %) par rapport aux témoins. Les patients schizophrènes âgés de 65 à 80 ans présentaient un risque de mortalité significativement plus élevé que les témoins du même âge (+7,89 %) alors qu'ils ont été moins admis en USI que les témoins du même âge (-15,44 %).



Cette étude montre l'existence de disparités en matière de santé et d'accès aux soins entre les patients schizophrènes et les patients sans diagnostic de maladie mentale. Ces disparités diffèrent en fonction de l'âge et du profil clinique des patients, ce qui suggère l'importance d'une gestion clinique personnalisée du COVID-19 et de stratégies de soins de santé avant, pendant et après l'hospitalisation pour réduire les disparités de santé dans cette population vulnérable. Les patients schizophrènes âgés de 65 à 80 ans étaient plus souvent envoyés par les hôpitaux ou les institutions que les patients sans diagnostic de maladie mentale grave, ce qui peut expliquer les mauvais résultats de santé des patients schizophrènes.


Une étude française a rapporté que la plupart des patients psychiatriques hospitalisés avec un diagnostic COVID-19 étaient gardés dans des services psychiatriques spécialisés et non dans des hôpitaux généraux. La division entre médecine physique et psychiatrique entraîne une confusion quant au secteur du service de santé (c'est-à-dire les niveaux de soins primaires, de santé mentale ou de soins aigus) qui devrait assumer la responsabilité de la gestion des patients ayant des besoins de santé complexes. Nous manquons de données nationales sur le taux de patients âgés schizophrènes qui sont institutionnalisés, mais nous pouvons raisonnablement supposer que l'institutionnalisation est un facteur de risque d'infection grave par COVID-19 chez les patients âgés avec schizophrénie. Nos résultats soutiennent une stratégie de détection systématique chez les patients avec schizophrénie institutionnalisés et d'intervention précoce dans cette population. Cela a déjà été fait dans un refuge pour sans-abri à Boston où 36 % des résidents ont été testés positifs. Le taux d'admission en réanimation était plus faible chez les patients schizophrènes que chez les patients sans diagnostic de maladie mentale grave, ce qui illustre parfaitement le débat entre les arguments fondés sur l'utilité et ceux fondés sur l'équité. Les patients schizophrènes présentaient l'un des plus mauvais indicateurs de pronostic justifiant le triage en réanimation. Cependant, ce triage basé uniquement sur le pronostic exacerbe les inégalités existantes en matière de santé, laissant les patients défavorisés dans une situation plus difficile.


Mortalité dans la schizophrénie: vers un nouveau scandale sanitaire? COVID-19 et schizophrénie - ScienceDirect

 

18 février 2021

[Recherche] : Etude sur les troubles du sommeil dans la schizophrénie

Bien que la proportion des troubles du sommeil dans la schizophrénie soit importante, elle n’avait jamais été quantifiée jusqu’alors. Dans une étude menée sur la cohorte nationale FACE-SZ, des questionnaires de précision ont été présentés à 562 patients avec schizophrénie suivis dans les 10 centres experts. Le résultat est sans appel : 58% des patients rapportent au moins un trouble du sommeil parmi les troubles d’endormissement, les réveils nocturnes, l’excès de sommeil ou la somnolence pendant la journée.

 

Les auteurs de l’étude ont montré que la qualité de vie des patients était fortement impactée par ces troubles du sommeil. Ils ont identifié des facteurs explicatifs qui pourraient représenter des cibles d’intervention, parmi eux la migraine, l’épisode dépressif, la mauvaise adhérence au traitement et l’akathisie, un effet secondaire de certains antipsychotiques. Les centres experts proposent des interventions multi-facettes comme la psychothérapie ou les modifications de traitement qui peuvent améliorer les troubles du sommeil dans la schizophrénie. Les résultats de l’étude suggèrent également que traiter les troubles du sommeil pourrait potentiellement améliorer l’observance du traitement, la dépression, l’agressivité et la qualité de vie des patients.


Recommendations of the schizophrenia expert center network for the screening prevention and treatment of sleep disorders based on the results from the real-world schizophrenia FACE-SZ national cohort.

Sunhary de Verville PL, Etchecopar-Etchart MD, Richieri R, Godin O, Schürhoff F, Berna F, Aouizerate B, Capdevielle D, Chereau I, D'Amato T, Dubertret C, Dubreucq J, Leignier S, Mallet J, Misdrahi D, Passerieux C, Pignon B, Rey R, Urbach M, Vidailhet P, Leboyer M, Llorca PM, Lançon C, Boyer L, Fond G; FACE-SZ (FondaMental Academic Centers of Expertise for Schizophrenia) group.Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 2021 Feb 11:110275. doi: 10.1016/j.pnpbp.2021.110275.


17 février 2021

Rapport de la Cour des Comptes : LES PARCOURS DANS L’ORGANISATION DES SOINS DE PSYCHIATRIE

La Cour des comptes favorable au remboursement des psychothérapies prescrites par le médecin traitant.


La filière des soins psychiatriques ne tourne pas rond. D'un côté, des hospitalisations en hausse (340 000 personnes en 2018), mais trop souvent « inadéquates » voire « sous contrainte », avec des « entrées par les urgences » et des sorties « sans continuité des soins » ni « suivi à domicile ». De l'autre, une demande « ambulatoire » qui « ne cesse d'augmenter » (2,1 millions de personnes en 2018), en premier lieu dans les CMP, (centres médico-psychologiques) où « au moins un tiers » des patients devraient plutôt consulter un psychologue. Tel est le constat dressé par la Cour des comptes, dans un rapport publié mardi.



Au vu des presque 15 milliards d'euros annuels dépensés pour les hôpitaux, cliniques, établissements médico-sociaux et psychiatres libéraux, les « pertes d'efficacité » sont flagrantes pour la Cour des comptes, qui recommande une meilleure « gradation » des soins.


Une solution expérimentée dans quatre régions.

Pour pallier cette situation, la Cour estime qu'il faudrait « prévoir que l'accès aux soins en CMP pour les adultes passe par le filtrage » d'un professionnel « de première ligne » comme le médecin traitant, afin que ces consultations soient enfin « centrées sur les publics prioritaires ». Et pour les cas les moins graves, « des psychothérapies assurées par des psychologues libéraux » seraient prises en charge par la Sécu, là aussi « sur prescription du médecin traitant ».

Un schéma testé depuis deux ans dans quatre départements (Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Landes, Morbihan) qu'il conviendrait de « généraliser dès que possible ».

La Cour recommande par ailleurs d'imposer des « conditions techniques de fonctionnement » aux hôpitaux et cliniques psychiatriques, comme pour les autres spécialités soumises à une « autorisation d'activité ». Ces normes sont actuellement, selon elle, « inexistantes » dans les secteurs public et privé non lucratif, et « très limitées » dans le privé lucratif. Même quand il en va « du respect de la dignité du patient », avec par exemple un maximum de deux lits par chambre valable en rééducation mais « pas exigé en psychiatrie ».


Article publié le 16/02/2021


16 février 2021

Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinale : du nouveau !

Note du 15 février 2021 : Vaccination en priorité des personnes à risque

Suite à la publication le 13 janvier 2021 dune liste de pathologies pour lesquelles les patients sont à très haut risque d’hospitalisation ou de décès en cas de COVID-19, la vaccination a été ouverte pour ces personnes à partir du 18 janvier 2021, simultanément aux personnes de plus de 75 ans.

Avec l’avancée de la campagne de vaccination et l’arrivée de nouveaux vaccins, il faut désormais anticiper l’accès à la vaccination des personnes à risque.


Pour cette prochaine étape de la campagne vaccinale en France, le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale recommande l’accès prioritaire à la vaccination anti COVID-19 pour les personnes suivantes :

- Les personnes atteintes des comorbidités listées par la Haute Autorité de Santé dans son avis du 27 novembre 2021, et ne bénéficiant pas encore d’un accès à la vaccination (l’obésité avec IMC >30, la BPCO et l’insuffisance respiratoire, l’hypertension artérielle compliquée, l’insuffisance cardiaque, le diabète de type 1 et de type 2).

- Les personnes atteintes de schizophrénie.

- Les personnes présentant des retards mentaux.

- Les personnes atteintes des maladies rares listées ci-dessous (liste élaborée en collaboration avec les Filières Santé Maladies Rares).

11 février 2021

En schizophrénie, la santé mentale ne va pas sans la santé physique

Article de Guillaume Fond, Christophe Lançon, Laurent Boyer

La revue du Praticien, 2021;71(1);58-9



Malheureusement, accessible seulement aux abonnés...

10 février 2021

Journées de la Schizophrénie ‒ du 13 au 20 mars 2021

 Schizophrénie : C’est quoi ce délire !?

Alors que la santé mentale des Français s’est fortement dégradée dans le contexte anxiogène lié à la pandémie de Covid-19, qu’en est-il des troubles des personnes souffrant de schizophrénie ? À l'initiative de la 18e édition des Journées de la Schizophrénie, l’association PositiveMinders fait le point sur cette maladie qui touche près de 660 000 personnes en France.



Pour sa campagne 2021 de déstigmatisation, PositiveMinders rétablit la réalité autour des symptômes les plus impressionnants de la schizophrénie : les délires psychotiques, qui véhiculent beaucoup de fausses croyances et de peurs. Qu’est-ce que le délire, comment y faire face et maintenir la communication ? Psychiatres, chercheurs, patients et proches apportent leurs réponses et témoignages.


Et pour souligner l’importance de la prévention et d’un diagnostic précoce, PositiveMinders a conçu un dispositif digital original, TheMostIncredibleShop.com, qui plonge le grand public au cœur de quelques-uns des délires les plus frappants. Elle en profite également pour promouvoir l’accélération du rétablissement des patients grâce aux nouvelles technologies.


Lire le communiqué de presse ICI


09 février 2021

"Ça explose" : à Strasbourg, les services de pédopsychiatrie arrivent à saturation

Le mal-être de la jeunesse semble déferler sur l’hôpital. Après la vague de malades dans les services Covid en mars dernier, une déferlante comparable est en train de s’abattre sur les services psychiatriques en charge des enfants et des adolescents. Europe 1 s’est rendue aux hôpitaux universitaires de Strasbourg.


Dans le service de pédopsychiatrie des hôpitaux universitaires de Strasbourg, les soignants sont en première ligne face à ce qu’on appelle ici "la troisième vague psychique" du COVID-19.
Les appels sont nombreux et le téléphone sonne régulièrement. "On peut en avoir dix d’affilée, et plus urgents les uns que les autres", explique Catherine à l’accueil. Les jeunes sont particulièrement concernés. 

"J’ai beaucoup de familles en pleurs au téléphone aussi", poursuit Catherine. "La dernière, c’était une maman dont le petit garçon est rentré à la maison en disant 'est-ce qu’il faut que je me suicide ?'" Les médecins parlent d’une "détresse inédite des enfants et des adolescents". Il y aurait trois fois plus de prises en charge d’adolescents anorexiques et une augmentation de 20% des passages à l’acte suicidaire.

"Effet cocotte-minute"

Le confinement, le couvre-feu, les cours en distanciel, l’absence de sorties, l’isolement, la solitude en sont les causes principales. "Pendant des mois, ils ont pris sur eux et c’est maintenant que ça explose", dit la pédopsychiatre Julie Rolling qui parle d’une "effet cocotte-minute". Elle explique que certains types de tentatives de suicide comme la pendaison, particulièrement grave, ont augmenté significativement : "Habituellement, on en a quelques-unes chaque année et là on est déjà à quatre tentatives de suicide de ce type depuis le début de l’année."

Le manque de places à l’hôpital est aussi une source d’inquiétude pour les professionnels de santé. Julie Rolling évoque le cas d’une adolescente ayant effectué une quatrième tentative de suicide et qui a été ballotée entre différents services, tous complets, avant de trouver une place dans un lit de chirurgie en pédiatrie. "C’était la solution la moins catastrophique", juge-t-elle. La pédopsychiatrie est saturée, comme l’étaient les services de réanimation au printemps dernier. Les équipes réclament désormais des moyens et du personnel.

Par Arthur Helmbacher, édité par Antoine Cuny-Le Callet 

08 février 2021

Olivier Véran veut "jeter les bases d’une réforme profonde en santé mentale"

"Je veux réaffirmer dans le contexte sanitaire actuel l’enjeu prioritaire de la santé mentale", a souligné Olivier Véran, ministre de la Santé, lors de son intervention au congrès de l’Encéphale le 21 janvier. "La dimension psychologique de cette crise est aussi importante que sa dimension somatique", a-t-il insisté. Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, vient d’annoncer avant l’été l’organisation d’Assises de la santé mentale.



Trois orientations majeures :


  • Diversifier la formation et l’information en santé mentale 

Des dispositifs d’écoute doivent notamment être accessibles au grand public et aux professionnels de santé.


  • Renforcer l'offre d'accompagnement et de prévention pour les jeunes 

"Nous devons donner dès le plus jeune âge les outils qui contribuent à prévenir les comportements néfastes, notamment les conduites à risques chez les jeunes. Pour les étudiants, la création de 1600 emplois étudiants référents sera prolongée jusqu’en juin. Nous avons créé 80 postes de psychologues et 60 postes d’assistantes sociales. En parallèle, nous poursuivons le déploiement des premiers secours en santé mentale".


  • Renforcer la mobilisation autour des objectifs de santé mentale et rendre plus visibles les actions de la politique de santé mentale. Nous souhaitons notamment renforcer la recherche en santé mentale et psychiatrie.


Olivier Véran veut « jeter les bases d’une réforme profonde en santé mentale » (medscape.com)