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19 avril 2022

[Soirée débat] : "Hymne à l'inclusion"

"Hymne à l'inclusion" 


Soirée débat autour de la projection d’un film documentaire de Tarik BEN SALAH consacré à l’inclusion des personnes autistes en entreprise :


Mardi 26 avril 2022 de 18h à 20h30


Campus central de l’Université de Strasbourg
Institut Le Bel – Amphi 1
4 rue Blaise Pascal – 67000 STRASBOURG
(Station tram : Observatoire)


Toutes les informations en cliquant sur l'image :



https://drive.google.com/file/d/1tmPs9PJDcWuPvD4W-nZu_5B7Gd4__aVP/view?usp=sharing


Inscription auprès de  : m.patry@capemploi68-67.com

14 avril 2022

[Film] : "A la folie"

Le film "A la folie", signé Audrey Estrougo, plonge le spectateur dans l'intimité d'une famille confrontée à la schizophrénie et qui tente de vivre un quotidien normal entre amour et crises de larmes. 

En salle depuis le 6 avril 2022.



C'est l'histoire de deux sœurs, Emmanuelle, jouée par Virginie Van Robby, novice dans le cinéma et pourtant particulièrement imprégnée de son personnage, et Nathalie, interprétée par Lucie Debay. Emmanuelle s'apprête à rejoindre sa famille pour quelques jours à l'occasion de l'anniversaire de sa mère, accompagnée de son compagnon Baptiste. Elle le prévient que ce séjour familial risque d'être mouvementé. En cause, la maladie de sa sœur diagnostiquée schizophrène. Une fois sur place, ses craintes se confirment. Nathalie est instable, imprévisible, et Emmanuelle se heurte au déni de leur mère qui protège l'aînée malade.


Ce film, Audrey Estrougo l'a puisé dans son expérience personnelle. Comme Nathalie, son petit frère est atteint de schizophrénie. Et, comme Emmanuelle, elle a connu les déchirures et les tiraillements, la détestation et l'amour, propres à une famille touchée par le handicap psychique, qui s'aime « un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ». Si le cinéma s'est souvent emparé du sujet, à travers des films à sensation et de science-fiction, ce fut souvent dans une logique sensationnelle. A la folie se veut fidèle à la réalité à travers un scénario qui s'inspire du vécu. « Ce film vient nous donner une image franche, ni banalisée, ni édulcorée mais authentique de la vie d'une jeune fille souffrant de schizophrénie », indique la production, Damned films. Cette œuvre permet aussi de mieux comprendre les réactions des proches qui choisissent le déni, la fuite en avant ou la confrontation. Le format du film, « tourné en très courtes focales », permet ainsi d'être au plus près des acteurs et de leur psyché. Il montre enfin avec justesse la complexité de ce trouble qui ne se manifeste pas simplement par la présence de voix, comme le veut le cliché, mais via de multiples facettes : la provocation, l'inconscience de l'altérité, le changement d'humeur…


Réalisé en partenariat avec l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et handicapées psychiques (Unafam) et PositivMinders, "A la folie" recouvre une dimension pédagogique importante, notamment dans le repérage des symptômes de la schizophrénie. 


PositiveMinders rappelle à ce titre qu'il existe un outil de détection précoce des psychoses afin d'éviter un retard de diagnostic. L'application « PsyQuiz » lancée elle aussi à l'occasion des Journées de la schizophrénie en mars 2022) permet de distinguer le vrai du faux des troubles psychiques ; un outil qui ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé mais permet de mieux s'informer. 

12 avril 2022

Prisons : le retour vers l’emploi des détenus handicapés

Quelle option d'emploi pour les détenus en situation de handicap ? 

Pour faciliter leur réinsertion sociale et professionnelle, le ministère de la Justice et l'Apajh signent une convention qui implique notamment des entreprises adaptées.

 « Au-delà du handicap, de la condamnation, ces femmes, ces hommes sont toujours des citoyens, et, si l'on souhaite faciliter la réinsertion, éviter la récidive, le travail est un bon levier d'éducation et de progression ». « Ces femmes et ces hommes » dont parle Jean-Louis Garcia, président de la l'Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh), ce sont des personnes détenues en situation de handicap. Preuve que le sujet reste tabou en France, il n'existe aucun chiffre récent permettant d'évaluer leur nombre. Cette association tente de les rendre visibles et se mobilise pour faciliter leur réinsertion par le travail.


L'Apajh a donc signé le 15 mars 2022, à la maison d'arrêt d'Amiens, une « Convention pluriannuelle d'objectifs 2022-2024 » avec les ministères de la Justice et de l'Insertion. Elle s'inscrit dans une feuille de route ministérielle engagée depuis plus d'un an pour favoriser de manière globale « l'insertion professionnelle des personnes placées sous-main de justice », « dans un objectif de prévention de la récidive ». Un détenu formé ou ayant travaillé en prison diminue en effet de près de moitié ses risques de récidiver et renforce ses perspectives de réinsertion, selon la Fondation de France et l'Institut Montaigne.


Sensibiliser le personnel pénitencier

Cette convention, qui concerne en premier lieu des personnes en situation de handicap mental et psychique, prévoit des séances de sensibilisation et de formation des personnels pénitentiaires sur les spécificités du handicap. Ils pourront ainsi proposer des ateliers à visée professionnelle adaptés et accompagner le détenu avec mise en œuvre, si besoin, d'un plan personnalisé de compensation (PCC) qui contient un volet consacré à l'emploi et la formation. Depuis un décret de mars 2021, des entreprises d'insertion par l'activité économique (IAE) et des entreprises adaptées (EA) qui emploient au moins 55% de travailleurs handicapés peuvent s'implanter en milieu carcéral. En Alsace, à la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin), les Ateliers de l'Ill ont fait figure de laboratoire depuis trois ans, avec le soutien de l'Apajh et de l'Agence régionale de santé (ARS) du Grand-Est. Les détenus en situation de handicap, principalement avec troubles psychiques, participent à des ateliers de production (câblage et travaux du bois) et dédiés à la citoyenneté (l'estime de soi, la capacité à prendre soin de soi, la participation sociale, les capacités à maintenir une activité). « Au-delà des activités proposées au sein de cet atelier adapté, ce sont aussi des habilités sociales retrouvées qui sont en jeu, au bénéfice de la personne elle-même pendant sa peine, et pour envisager une réinsertion réussie », explique l'Apajh.


Des antennes d'Esat et d'EA en prison

Fort de son succès, ce dispositif va être déployé ailleurs en France, avec deux antennes d'EA au sein des centres de détention de Poissy (Yvelines) et Châteauroux (Indre). Parallèlement, l'Établissement et service d'accompagnement par le travail (Esat) « Les grandes reuilles » à Bridoré (Indre-et-Loire) s'est engagé à accueillir des personnes condamnées à des travaux d'intérêt général. Selon l'administration pénitentiaire, quelque 20 000 détenus travaillent dans les établissements pénitentiaires dans 600 ateliers industriels du secteur de la métallurgie, la menuiserie, la confection textile, l'assemblage, le recyclage ou du conditionnement mais aussi dans l'économie de services avec par exemple des centres d'appels. Ouvrir ces ateliers à d'autres publics permettrait ainsi à des entreprises qui font face à des difficultés de recrutement de renforcer leurs équipes tout en répondant « à une logique républicaine », conclut Jean-Louis Garcia.



Prisons: le retour vers l'emploi des détenus handicapés

11 avril 2022

[Recherche] : Développement du cerveau et santé mentale chez les adolescents et jeunes adultes

En exploitant des données de la cohorte Healthy Brain Network, une équipe du CEA-Joliot (NeuroSpin) révèle une corrélation entre certains symptômes, possibles prémices de troubles de l'humeur à l'âge adulte, et des changements structurels du cerveau en développement chez plus de 650 jeunes. 


À l'adolescence, de nombreux diagnostics de maladies psychiatriques (troubles de l'humeur, schizophrénie ou aux troubles obsessionnels compulsifs) sont posés. Or les raisons de cette vulnérabilité à l'adolescence restent mal comprises.


Des études d'imagerie cérébrale récentes ont montré que le cerveau poursuit sa maturation et son développement au-delà de l'enfance jusqu'à 20, voire 30 ans. Or ces changements – plus importants dans certaines régions du cerveau que dans d'autres, en particulier dans celles qui hébergent les fonctions cognitives supérieures comme le langage ou la conscience – sont directement reliés à l'évolution de la santé mentale.


Pour en savoir plus, des chercheurs de Joliot ont utilisé les données d'une cohorte développementale en libre accès (Healthy Brain Network, HBN) pour analyser les associations entre des marqueurs de surface corticaux et les scores d'irritabilité et d'anxiété mesurés par les parents et par auto-évaluation – l'irritabilité et l'anxiété étant associées à un risque plus élevé de survenue de troubles de l'humeur à l'âge adulte.

Ils ont isolé un échantillon de 718 sujets pour lesquels la qualité des images IRM acquises dans le cadre de HBN était jugée satisfaisante et ils ont mesuré pour chacun d'eux l'épaisseur et la surface corticales et l'« indice de gyrification locale », caractérisant la formation des plis caractéristiques du cortex cérébral.

Ces trois marqueurs de maturation cérébrale ont ensuite été confrontés aux rapports parentaux d'irritabilité et d'anxiété chez 658 jeunes d'un âge moyen de 11,6 ans.

  • L'irritabilité est associée à une diminution de la surface du cortex préfrontal bilatéral et du précuneus (zone située à l'arrière de notre cerveau, sur la face interne du lobe pariétal du cortex cérébral).
  • L'anxiété est associée à une diminution de l'indice de gyrification locale dans le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal dorsomédial.

Ces résultats sont cohérents avec les modèles actuels de la maturation du réseau de régulation des émotions. Ils font ainsi apparaître, chez des enfants à risque de troubles de l'humeur, des modifications anatomiques dans les régions dysfonctionnelles.


La cohorte Healthy Brain Network créée en 2015 à New-York constitue l'un des ensembles de données neuroscientifiques les plus vastes et les plus complets consacrés à la santé mentale des enfants et des adolescents. Elle regroupera à terme les données de plus de 10.000 sujets âgés de 5 à 21 ans pour lesquels les parents étaient préoccupés par des problèmes psychiatriques potentiels.



Fabrique de savoirs - Développement du cerveau et santé mentale chez les adolescents et jeunes adultes (cea.fr)

10 avril 2022

[Recherche] : Des nouvelles de la Neurexine !

La Neurexine contrôle les cellules granulaires cérébelleuses, offrant un aperçu de l’autisme et des mécanismes de la schizophrénie


Dans cette étude publiée en ligne dans Rapports de cellule, avril 2022, le groupe de recherche du professeur agrégé Uemura et du professeur Tabuchi a clarifié le principe de base de la formation du réseau neuronal cérébral grâce à l’élucidation de la fonction des molécules d’adhésion cellulaire entre les synapses. En clarifiant le rôle de la neurexine dans les cellules granulaires du cervelet, la compréhension du principe de base a encore été avancée. Il a été rapporté que la neurexine était associée à des troubles neurodéveloppementaux tels que l’autisme, et les résultats de cette étude seront utiles pour élucider le mécanisme de formation des circuits neuronaux et les recherches futures liées aux troubles neurodéveloppementaux tels que l’autisme, la maladie de Tourette et la schizophrénie.


Neurexin contrôle les cellules granulaires cérébelleuses, offrant un aperçu de l'autisme et des mécanismes de la schizophrénie - Attractive Area 



09 avril 2022

[Livre] : Bien manger pour ne plus déprimer

Bien manger pour ne plus déprimer

Prendre soin de son intestin pour prendre soin de son cerveau 

Dr Guillaume Fond ; Editions Odile Jacob


« Ce livre, écrit par le meilleur spécialiste français des liens entre psychologie et microbiote, explique, preuves scientifiques à l’appui, comment ce que nous mangeons joue un rôle central sur nos émotions. Et il nous propose aussi tous les conseils pratiques pour que notre alimentation soit non seulement un plaisir, mais aussi une aide pour préserver ou réparer notre équilibre psychologique. Si vous devez ne lire qu’un ouvrage sur ce thème, c’est celui-ci  ! Un livre remarquable. »


 Christophe André

À la lumière des dernières découvertes relatives à l’influence de la santé de notre intestin sur la santé de notre cerveau, on ne peut plus ignorer le rôle de l’alimentation dans certains troubles psychiques comme la dépression ou l’hyperactivité.



08 avril 2022

Luc Vigneault : le patient partenaire qui repousse les frontières

Cet homme au parcours singulier met son savoir expérientiel de la schizophrénie au service de la recherche en santé mentale.


Le 8 décembre dernier, dans un amphithéâtre de l'Université de Bordeaux, un jury de soutenance de thèse était réuni pour entendre le doctorant Kévin-Marc Valéry présenter ses travaux sur la stigmatisation des personnes atteintes de schizophrénie. Dans le jury, côte à côte avec des sommités universitaires du domaine, se trouvait une figure au parcours singulier : Luc Vigneault.


"Je n'ai aucun diplôme universitaire, mais je vis avec la schizophrénie depuis plus de quatre décennies. J'ai été invité parce que mon savoir expérientiel de la maladie complémentait le savoir scientifique des autres membres du jury", explique-t-il...


Depuis 2010, Luc Vigneault utilise son savoir expérientiel de la schizophrénie dans ses activités professionnelles de chargé de cours, de pair aidant dans des équipes multidisciplinaires de soins et de patient partenaire dans des équipes de recherche...


«Il faut certaines qualités pour qu'un patient parvienne à faire sa place au sein d'une équipe de recherche, mais la volonté de s'impliquer et le désir d'apprendre constituent le point de départ. Avec un bon encadrement fourni par l'équipe de recherche, les autres qualités peuvent être développées avec le temps.»
Luc Vigneault confirme. «Je suis un meilleur patient partenaire qu'à mes débuts. Il faut du temps et beaucoup d'écoute pour comprendre comment fonctionne la recherche. Pour contribuer à l'équipe, il faut avoir dépassé le stade du ressentiment par rapport à sa maladie et aux soins reçus. Il faut aussi comprendre que ce n'est pas le lieu pour la militance.»


Les équipes dont il est membre profitent de son savoir, mais Luc Vigneault admet qu'il retire beaucoup de ses collaborations avec les chercheurs. «À 17 ans, on m'a dit que j'étais schizophrène et que jamais je ne pourrais travailler ou mener une vie normale. J'ai été interné à plusieurs reprises par la suite. Comme les autres personnes qui vivent avec la maladie mentale, j'ai été victime de stigmatisation sociale. Vous comprendrez que faire partie d'une équipe de recherche est une immense source de fierté pour moi. Toutes les souffrances que j'ai vécues ne sont pas vaines parce que j'en fais quelque chose d'utile aujourd'hui. Ma participation à un jury de soutenance de thèse est l'ultime consécration. Je souhaite que tous les gens qui vivent avec la maladie mentale y voient un message d'espoir. C'est une victoire au nom de tous les miens.»


Luc Vigneault: le patient partenaire qui repousse les frontières | ULaval Nouvelles | La Tribune - Sherbrooke

06 avril 2022

VigilanS : nouvel outil pour la prise en charge des patients suicidants

Dispositif de prévention secondaire, VigilanS assure pendant les 6 mois qui suivent un passage à l’acte suicidaire, une  veille téléphonique ou épistolaire.

Il concerne les personnes ayant déjà fait un ou plusieurs gestes suicidaires. Ces personnes sont adressées à VigilanS le plus souvent par un service d’urgence hospitalier dont elles sont sortantes, mais tout soignant (médecin généraliste, infirmier,….) prenant connaissance d’un récent passage à l’acte suicidaire chez un de ses patients, est légitime pour nous l’adresser.

Télécharger la plaquette de présentation en cliquant sur l'image :


 

05 avril 2022

[Point recherche] : les schizophrènes sont-ils gauchers ?

Point recherche : Jasmina Mallet, psychiatre et chercheuse, praticien hospitalier responsable du CE schizophrénies du CHU Louis Mourier, APHP

Les personnes ayant un trouble du développement neurologique (déficit d’attention, hyperactivité, trouble des apprentissages…) sont souvent gauchers ou ambidextres.


Qu’en est-il des personnes vivant avec une schizophrénie ? 


Une équipe de chercheurs a étudié les données des personnes avec une schizophrénie des centres experts de la Fondation FondaMental. Résultat ? 42 % de ces personnes sont non-droitiers, un chiffre bien plus élevé que dans la population générale (autour de 15%). Leur profil clinique est plus sévère (idées délirantes, hallucinations, symptômes dépressifs, consommation de cannabis) et les troubles des apprentissages plus fréquents (dyslexie, dysphasie).


Ces résultats tendraient à renforcer l’hypothèse neurodéveloppementale de la schizophrénie : à la base de cette maladie, il y aurait une insuffisante asymétrie cérébrale, ce qui entraînerait une surreprésentation de non-droitiers parmi les patients vivant avec une schizophrénie. Prochaine étape ? Suivre dans le temps l’évolution de ces patients à « latéralité atypique ».


Lire l’article : https://doi.org/10.1080/15622975.2021.2013094





POINT RECHERCHE DU 16 MARS | Fondation FondaMental (fondation-fondamental.org)