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22 décembre 2022

[Recherche] : Est-ce qu'il y a un lien entre désorganisation de la pensée et cannabis ?

Quid du lien entre désorganisation de la pensée et cannabis ?

L’équipe de recherche PSYR2 (« Pathologies Psychiatriques, de la Résistance à la Réponse ; Centre de Recherche en neurosciences de Lyon) et le SUAL (Service Universitaire d’Addictologie de Lyon et de son agglomération) font l’hypothèse que la désorganisation de la pensée, c’est-à-dire la difficulté à établir un lien entre ses idées et à les communiquer clairement aux autres, serait également impactée par la consommation de cannabis chez des individus sans trouble psychotique ou ayant subi un premier épisode psychotique ou souffrant de schizophrénie.

Rappelons que le trouble de la pensée formelle (FTD Formal thought disorder) est un syndrome multidimensionnel qui survient principalement le long du continuum de la psychose. La consommation de cannabis est connue pour augmenter les symptômes de la psychose, en particulier les symptômes positifs. Cependant, l’impact de la consommation de cannabis sur la FTD chez les personnes présentant des symptômes tout au long du continuum de la psychose reste incertain. Pour combler cette lacune dans les connaissances, une méta-analyse examinant l’association entre la consommation de cannabis et la FTD chez ces personnes a été menée par PSYR2 et le SUAL.

La FDT englobe des symptômes particulièrement invalidants qui augmentent l’isolement social, réduisent la qualité de vie et sont associés à de moins bons résultats cliniques.

L’hypothèse de départ était que le cannabis aggraverait la FTD. Une recherche systématique a donc été initiée dans les bases de données PubMed, ScienceDirect, PsycINFO, Web of Science, Embase et Google Scholar jusqu’en juillet 2022. Dix-neuf études ont été incluses, totalisant 1840 consommateurs de cannabis et 3351 non-consommateurs de cannabis. La sévérité de la DFT s’est avérée plus élevée chez les consommateurs de cannabis (DMS = 0,21, IC 95 % [0,12–0,29],p  = 0,00009). Des analyses de sous-groupes ont révélé que la sévérité de la DFT était augmentée chez les consommateurs de cannabis, quelle que soit la sévérité du trouble :

– individus en bonne santé (DMS = 0,19, IC 95 % [0,05–0,33], p  = 0,02) ;
– patients avec un premier épisode psychotique (DMS = 0,21, IC 95 % [0,01–0,41], p  = 0,04) ;
– patients atteints de schizophrénie (DMS=0,25, IC95%[0,11–0,38], p  =0,005).

Les différences entre les groupes n’étaient pas significatives. Conformément à son effet déjà connu sur les symptômes positifs de la psychose, la consommation de cannabis semble être associée à une sévérité accrue de la FDT tout au long du continuum de la psychose. Les recherches futures devraient tenir compte des variables confusionnelles potentielles telles que d’autres troubles liés à l’utilisation de substances et explorer l’impact de la consommation de cannabis sur les dimensions de la FDT.

21 décembre 2022

[Radio] : Folie ordinaire - Agir pour notre santé mentale

Des chroniques courtes (3-4mn) en partenariat avec l'Œuvre Falret, une association reconnue d'utilité publique fondée en 1841 par le psychiatre français Jean-Pierre Falret ; elle accompagne des personnes souffrant de troubles psychiques et/ou en difficultés psychosociales afin qu’elles trouvent leur place dans la société et exercent pleinement leur citoyenneté. 

https://www.rcf.fr/culture-et-societe/folie-ordinaire-agir-pour-notre-sante-mentale

20 décembre 2022

Psychose infantile : définition, cause, symptômes, traitement

La psychose infantile est un trouble du développement de l’enfant difficile à diagnostiquer. Quels sont les symptômes de cette maladie ? Comment peut-on la traiter ?

Qu’est-ce qu’une psychose infantile ?

Une psychose infantile est un trouble qui touche environ 6 enfants sur 1 000, plus souvent les garçons que les filles. Elle fait partie des Troubles Envahissants du Développement de l’enfant (TED), et est dans certains cas appelée dysharmonie évolutive. Parmi les autres TED, on peut retrouver le trouble du spectre autistique (TSA) ou le syndrome d’Asperger.

Le terme de psychose infantile fait cependant débat, il n’est plus utilisé au niveau international depuis 1980, à cause de sa portée négative et stigmatisante. Mais il est cité dans la Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent, même si ce terme ne fait pas consensus, selon la Haute Autorité de Santé.

La notion de psychose infantile fait référence à une série de troubles psychiques en lien avec la personnalité de l’enfant et ses relations sociales, l’amenant à perdre contact avec la réalité.

Il existe plusieurs types de psychoses infantiles, notamment la psychose précoce déficitaire associée à un déficit mental important, la dysharmonie psychotique, et la psychose maniaco-dépressive. Le trouble du spectre autistique, et la schizophrénie, sont parfois confondus avec une psychose infantile.

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Lire l'article complet :


19 décembre 2022

[Guide] : PCH 2023 : la prestation de compensation du handicap

La prestation de compensation du handicap (PCH) est distribuée aux bénéficiaires par le département. Cette aide financière a pour objectif de couvrir les dépenses générées par leur perte d'autonomie.

Qu'est-ce que l'aide PCH ?

La prestation compensatoire du handicap, ou PCH, est une aide destinée à prendre en charge certaines dépenses liées au handicap, comme l'aménagement du véhicule ou du logement ou l'emploi d'une aide : personnalisée, elle est modulée en fonction des besoins spécifiques du demandeur. Pour les personnes dont le handicap est définitif, les aides sont accordées de façon illimitée. A compter du 1er janvier 2023, l'aide sera élargie aux personnes ayant un handicap psychique ou mental.

Quel est le montant de la PCH ?

La PCH n'est pas une allocation au montant fixe, mais bien une prestation destinée à dédommager les demandeurs d'un certain nombre de frais occasionnés, de façon régulière ou ponctuelle, par la situation de handicap. Le montant est donc déterminé par des plafonds et par le taux de prise en charge défini selon les revenus. Les frais couverts sont regroupés en cinq catégories. L'aide humaine sert à couvrir l'emploi d'une tierce personne, directement ou via des sociétés de prestation agréées : le tarif plafond varie de 15,74 euros à 22 euros de l'heure.

Une aide au logement est également possible. Les travaux d'aménagement peuvent être couverts à hauteur de 10 000 euros par période de dix ans. Le déménagement est aussi couvert, à hauteur de 3 000 euros par période de dix ans. L'aide au transport sert à couvrir les frais d'aménagement du véhicule, dans la limite de 1 500 euros. Une indemnité kilométrique pour les trajets en voiture particulière peut aussi être versée. Quelques aides spécifiques ou exceptionnelles, comme les frais d'entretien ou de réparation des matériels spécifiques, peuvent être accordées, dans la limite de 100 euros par moi ou 6 000 euros par période de dix ans. Enfin l'aide animalière doit servir à l'acquisition et à l'entretien d'un animal éduqué par un éducateur agréé et participant à l'autonomie du demandeur, et peut aller jusqu'à 6 000 euros par période de dix ans.

Qui a le droit à la PCH ?

Plusieurs conditions permettent le versement de cette prestation : l'autonomie, l'âge, les ressources et la résidence.

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18 décembre 2022

[Document] : Promouvoir la santé mentale des populations en temps de Covid-19

La Santé en action, Septembre 2022, n°461 

"Promouvoir la santé mentale des populations en temps de Covid-19"

La pandémie Covid-19 a un impact négatif majeur sur la santé mentale de la population, objectivé par des enquêtes scientifiques et par les professionnels qui travaillent en première ligne. Une trentaine d'experts et de professionnels de terrain dressent un état des connaissances et analysent les conséquences que la pandémie a sur la santé mentale de l'ensemble de la population. Ils formulent des recommandations pour l'action. Ce numéro spécial questionne en particulier l'éthique et les inégalités sociales et territoriales de santé.

17 décembre 2022

Schizophrénie paranoïde : cause, symptômes, prise en charge et traitement

La schizophrénie paranoïde caractérisait par le passé un type de schizophrénie particulier, que les experts ne reconnaissent plus à l’heure actuelle. En effet, en 2013, l’American Psychiatric Association (Association américaine de psychiatrie) a jugé le terme dépassé, puis d’autres organisations s’occupant de maladie mentale ont suivi cet avis.

Bien que le terme de « schizophrénie paranoïde » soit désormais obsolète et ne soit plus utilisé par les professionnels de la santé mentale, la paranoïa est un symptôme important de la schizophrénie, qui permet souvent de poser le diagnostic et de contribuer à la bonne prise en charge de cette maladie. Toutes les personnes atteintes de schizophrénie ne développent pas des sentiments de paranoïa. Cependant, la paranoïa est souvent un symptôme important de cette maladie mentale.

1. Schizophrénie paranoïde : définition

Dans son article intitulé « What is Schizophrenia », l’American Psychiatric Association précise que la schizophrénie est une maladie mentale qui se caractérise par un trouble chronique du cerveau. La schizophrénie est une pathologie complexe, et les personnes qui en souffrent sont souvent victimes de préjugés dus à des idées fausses qui les isolent du reste de la population. Cette maladie est souvent confondue avec un dédoublement de la personnalité, ou un trouble de la personnalité multiple. Une grande partie des patients vivent avec leur famille, en foyers adaptés ou seuls. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dans son dossier consacré à la schizophrénie, indique ainsi qu’un tiers des personnes atteintes de schizophrénies et bien prises en charge sont en rémission. Toutefois, la maladie touche 600 000 personnes en France, dont la moitié fera au moins une tentative de suicide. L’Organisation mondiale de la santé, dans son article sur les troubles mentaux, précise ainsi que les personnes souffrant de schizophrénie ont une espérance de vie réduite de 10 à 20 ans par rapport à celle de la population générale. Mieux connaître la maladie permettra de réduire ce chiffre.

2. Les symptômes de la schizophrénie paranoïde

La Cleveland Clinic, dans son article « Paranoid Schizophrenia », indique que les principaux symptômes de la schizophrénie sont :

= des délires, en particulier des délires de contrôle (la personne croit être contrôlée par une force extérieure), de grandeur (elle croit posséder des capacités, de l’argent ou un statut qu’elle n’a pas en réalité), de persécution (elle croit que tout le monde ou une personne en particulier lui en veut) ;

= des hallucinations : la personne a la sensation de voir ou d’entendre (notamment des voix) certaines choses qui n’existent pas en réalité ;

= un discours désorganisé ou incohérent : la personne répète sans cesse certains mots ou en invente ;

= un comportement désorganisé : la personne est dans l’incapacité de contrôler son comportement, par exemple pour effectuer des gestes de la vie quotidienne, pour maîtriser ses impulsions, la manifestation de ses émotions ou ses gestes ;

= les symptômes négatifs : il s’agit d’une diminution de l’intérêt général pour le monde, d’un manque d’enthousiasme affiché pour des activités vues comme amusantes par la majorité des gens, d’une disparition des émotions. Comme si la personne se mettait en retrait du monde ;

= la paranoïa : la personne se méfie des autres, et règle toute sa vie en conséquence de ce délire de persécution

= l’anosognosie : du fait d’un trouble cérébral, la personne manque de lucidité sur son état, et ne reconnaît pas qu’elle est malade.

3. Les causes de la schizophrénie paranoïde

La cause de la schizophrénie n’est pas encore déterminée avec certitude. L’Organisation mondiale de la santé, dans son dossier consacré à la maladie, indique que différents facteurs entrent en jeu, en particulier la concomitance entre certains gènes et un certain nombre de facteurs environnementaux et psychosociaux. Le risque de développer une schizophrénie augmente également lorsque la personne consomme beaucoup de cannabis.

4. Schizophrénie paranoïde : quand consulter ?

Compte tenu de l’anosognosie associée à cette maladie (le fait que la personne ne reconnaisse pas qu’elle est malade), c’est souvent l’entourage qui incite et encourage la personne qui souffre de schizophrénie à consulter un médecin. Le diagnostic est parfois posé à la suite d’une tentative de suicide.

5. Examens et diagnostics de la schizophrénie paranoïde

Le diagnostic de la schizophrénie doit être établi grâce à une prise en charge multidisciplinaire, qui englobe à la fois l’aspect médical, mais aussi l’aspect social et psychologique. Le diagnostic est souvent établi à l’issue d’une hospitalisation consécutive à un épisode psychotique. Cette prise en charge par plusieurs spécialistes permet d’exclure d’autres troubles mentaux et d’autres causes (abus de substances psychotropes ou de médicaments, anomalies cérébrales). Une évaluation psychiatrique permet de déterminer l’état mental de la personne, en observant son comportement et en l’interrogeant sur ses pensées, ses délires, ses hallucinations, sa consommation de substances et ses idées suicidaires. Le médecin interroge également le patient sur ses antécédents familiaux et personnels.

6. Traitements de la schizophrénie paranoïde

L’Inserm précise le traitement recommandé pour la schizophrénie :

= la prise de médicaments antipsychotiques ;

= la prise en charge psychosociale, qui passe par une remédiation cognitive, certaines techniques de thérapie cognitivo-comportementale, de la cognition sociale, une psychoéducation, mais également l’intégration de l’entourage dans le processus, afin d’améliorer la connaissance de la maladie et donc la qualité de vie du patient et de son entourage.

= Dans certains cas, la stimulation magnétique intracrânienne et l’électroconvulsivothérapie (c’est-à-dire les électrochocs ou sismothérapie) peuvent être envisagées.

7. Comment prévenir la schizophrénie paranoïde ?

Compte tenu de l’absence de certitude sur les causes de la schizophrénie, il est impossible de prévenir cette maladie. Toutefois, il est recommandé de limiter la consommation de cannabis, car les substances de ce type semblent favoriser le développement de la schizophrénie, en particulier chez les personnes ayant fumé avant l’âge de 18 ans.

Sources :

Inserm, American Psychiatric Association, Maria Hejnar, psychologue clinicienne, Mental Health UK, Cleveland Clinic, Organisation mondiale de la santé

16 décembre 2022

Appel à projet 2023 : "Maladies psychiques : accès aux soins et vie sociale"

La Fondation de France lance l'appel à projets 

"Maladies psychiques : accès aux soins et vie sociale".

Elle entend soutenir des initiatives s’appuyant concrètement sur un travail d’accompagnement concerté entre le médical, le social et le médico-social.

Date limite de réception des dossiers : 22 février 2023


Maladies psychiques : accès aux soins et vie sociale - Fondation de France

15 décembre 2022

[E-book] : Santé buccale et psychiatrie

Pourquoi s'intéresser à la santé buccale des patients en psychiatrie ?

La santé buccale fait partie intégrante de la prise en charge globale du patient en psychiatrie. Longtemps négligée, car difficile à mettre en œuvre, elle représente pourtant un véritable enjeu de santé publique. L’état bucco-dentaire dégradé a en effet des incidences majeures sur la santé et la qualité de vie. 

Dans ce domaine où la prévention a fait ses preuves, l’infirmier est en première ligne pour repérer les signes avant coureurs des pathologies bucco-dentaires, mettre en place une démarche éducative et accompagner le patient dans des soins adaptés. Il faut prendre le temps d’observer, d’écouter et de comprendre, savoir différer sans renoncer, en un mot, se mettre au temps du patient. Une connaissance fine de la pathologie mentale est donc nécessaire.

Les auteurs : Frédéric Denis, odontologiste praticien hospitalier, CH la Chartreuse, Dijon et Christine Coquaz, Directrice des soins

E-book gratuit à télécharger :

13 décembre 2022

[Recherche] : Révolution en vue dans le diagnostic de la bipolarité ?

La start-up Aleciag développe un test sanguin pour diagnostiquer la bipolarité. Une expérimentation va être lancée selon "Ouest-France".

La bipolarité pourrait bientôt être détectée par une simple prise de sang. C'est l'objet de 10 ans de recherches de la start-up Aleciag, basée près de Montpellier, dans l'Hérault. Un test, baptisé Edit-B, va être lancé dans un laboratoire médical local, selon Ouest-France. Si ce dernier fonctionne, les médecins pourront donc plus facilement différencier une dépression d'une bipolarité. « Notre test permettra de pallier l'errance diagnostique des patients, qui dure sept ans en moyenne. Jusque-là, il était très difficile pour un médecin de diagnostiquer la différence entre ces deux maladies mentales, car elles se ressemblent. Mais leur prise en charge n'est pas du tout la même », confie Alexandra Prieux, cofondatrice d'Alcediag, auprès du quotidien local.

Selon une étude réalisée sur des patients du CHU de Montpellier et publiée en mai dernier, le test aurait 90 % de sensibilité pour détecter les personnes malades. Une deuxième étude, de validation, est d'ores et déjà lancée et prendra deux ans, avec 436 patients testés. Le but est de commercialiser ce test en 2023. Il le sera d'abord en Italie et en Suisse, avant d'arriver en France.

Dinah Weissman, également cofondatrice de la start-up, essaie d'expliquer comment cela fonctionne : "Quand le cerveau dysfonctionne, il envoie des signaux dans le corps, comme le ferait un rein ou un foie malade". Signaux captés donc par cette prise de sang. « Faire entrer la biologie dans la psychiatrie, c'est une révolution », se réjouit-elle. Alexandra Prieux abonde : « En psychiatrie, tout reste à faire. Nous nous intéressons aussi à la schizophrénie, à la dépression post-partum, au stress post-traumatique. Un jour, c'est sûr, nous saurons détecter toutes les maladies mentales et les traiter, car ce sont des maladies comme les autres. »

En France, entre 650 000 et 1 650 000 personnes sont touchées par des troubles bipolaires. Si la maladie n'est pas traitée, 20 % des patients meurent par suicide. De manière générale, l'espérance de vie des patients est actuellement réduite de 10 ans.