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11 avril 2023

[Recherche] : Une expérience révèle les effets d’une heure passée en forêt sur le cerveau

Plusieurs études ont montré une association entre la vie urbaine et un risque accru de troubles mentaux tels que les troubles anxieux, la dépression et la schizophrénie. Il est par conséquent essentiel de comprendre comment l’exposition aux environnements urbains et naturels affecte la santé mentale et le cerveau. Une équipe de l’Institut Max Planck pour le développement humain s’est penchée sur la question : dans une nouvelle étude, elle montre comment une heure passée dans la nature peut suffire à diminuer le stress.

Le cerveau humain est depuis toujours façonné par son environnement. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes, et ce nombre devrait frôler les 70% d’ici 2050. Or, il a été démontré que vivre en ville constitue un facteur de risque pour la santé mentale : l’anxiété, les troubles de l’humeur, la dépression majeure et la schizophrénie sont jusqu’à 56% plus fréquents en milieu urbain qu’en milieu rural.

À l’opposé, un nombre croissant de recherches a démontré les avantages cognitifs et affectifs de l’exposition aux environnements naturels. Il a notamment été démontré que l’exposition à la nature améliore la capacité de mémoire de travail, favorise la restauration de l’attention et permet de soulager le stress. Les preuves de ces effets bénéfiques ont été observées tant par des évaluations psychologiques que par des indicateurs physiologiques (fréquence cardiaque, taux de cortisol, etc.).




10 avril 2023

[Recherche] : Sommeil et troubles psychiques

"Le signe révélateur d'une perturbation du rythme circadien - un problème de sommeil - était présent dans chaque trouble", explique Amal Alachkar. "Alors que nous nous concentrions sur des pathologies largement connues, notamment l'autisme, le TDAH et le trouble bipolaire, nous soutenons que l'influence du rythme circadien peut être généralisée à d'autres problèmes de santé mentale, tels que le trouble obsessionnel-compulsif, l'anorexie mentale, la boulimie nerveuse, la dépendance alimentaire et la maladie de Parkinson." 

L'anxiété, l'autisme, la schizophrénie et le syndrome de Tourette ont chacun leurs propres caractéristiques distinctives, mais une nouvelle étude essaie de comprendre si la perturbation du rythme circadien peut expliquer ces troubles et la plupart des autres troubles mentaux.

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Translational Psychiatry , les scientifiques émettent l'hypothèse que la perturbation du rythme circadien (CRD) est un facteur psychopathologique partagé par un large éventail de maladies mentales. La recherche sur ses fondements moléculaires pourrait être la clé pour débloquer de meilleures thérapies et traitements.

"Les rythmes circadiens jouent un rôle fondamental dans tous les systèmes biologiques à toutes les échelles, des molécules aux populations", explique l'auteur principal Pierre Baldi, professeur d'informatique à l'Université de Californie à Irvine. "Notre analyse a révélé que la perturbation du rythme circadien est un facteur qui recouvre largement tout le spectre des troubles de santé mentale."

L'auteur principal Amal Alachkar, neuroscientifique et professeur d'enseignement au département des sciences pharmaceutiques, note les défis de tester l'hypothèse au niveau moléculaire, mais affirme qu'un examen approfondi de la littérature évaluée par des pairs sur les troubles de santé mentale les plus répandus a fourni de nombreuses preuves du lien.

"Le signe révélateur d' une perturbation du rythme circadien - un problème de sommeil - était présent dans chaque trouble", explique Alachkar. "Alors que nous nous concentrions sur des conditions largement connues, notamment l'autisme, le TDAH et le trouble bipolaire, nous soutenons que l'hypothèse du facteur psychopathologique CRD peut être généralisée à d'autres problèmes de santé mentale, tels que le trouble obsessionnel-compulsif, l'anorexie mentale, la boulimie nerveuse, la dépendance alimentaire. , et la maladie de Parkinson.

Les rythmes circadiens régulent l'activité physiologique et les processus biologiques de notre corps au cours de chaque journée solaire. Synchronisés avec un cycle lumière/obscurité de 24 heures, les rythmes circadiens influencent quand nous avons normalement besoin de dormir et quand nous sommes éveillés.

Ils gèrent également d'autres fonctions telles que la production et la libération d'hormones, le maintien de la température corporelle et la consolidation des souvenirs. Le fonctionnement efficace et ininterrompu de ce système de chronométrage naturel est nécessaire à la survie de tous les organismes vivants, affirment les auteurs de l'article.

Les rythmes circadiens sont intrinsèquement sensibles aux signaux jour/nuit, de sorte qu'ils peuvent être facilement perturbés par une exposition à la lumière la nuit, et le niveau de perturbation semble dépendre du sexe et change avec l'âge. Un exemple est une réponse hormonale à la CRD ressentie par les femmes enceintes ; la mère et le fœtus peuvent ressentir les effets cliniques de la MRC et du stress chronique .

"Une question intéressante que nous avons explorée est l'interaction des rythmes circadiens et des troubles mentaux avec le sexe", explique Baldi, directeur de l'Institut de génomique et de bioinformatique. "Par exemple, le syndrome de Tourette est présent principalement chez les hommes, et la maladie d'Alzheimer est plus fréquente chez les femmes dans un rapport d'environ deux tiers à un tiers."

L'âge est également un facteur important, selon les scientifiques, car la CRD peut affecter le développement neurologique au début de la vie en plus d'entraîner l'apparition de troubles mentaux liés au vieillissement chez les personnes âgées.

Une importante question non résolue porte sur la relation causale entre la CRD et les troubles de santé mentale, dit Baldi. La CRD est-elle un acteur clé dans l'origine et l'apparition de ces maladies ou un symptôme auto-renforçant dans la progression de la maladie ?

Pour répondre à cette question et à d'autres, les chercheurs proposent un examen de la CRD au niveau moléculaire à l'aide de technologies transcriptomiques (expression génique) et métabolomiques dans des modèles murins.

"Il s'agira d'un processus à haut débit, les chercheurs acquérant des échantillons de sujets sains et malades toutes les quelques heures du cycle circadien", déclare Baldi. "Cette approche peut être appliquée avec des limites chez l'Homme, puisque seuls les échantillons de sérum peuvent réellement être utilisés, mais elle pourrait être appliquée à grande échelle dans des modèles animaux, en particulier des souris, en prélevant des tissus de différentes zones cérébrales et de différents organes, en plus de sérum. Ce sont des expériences approfondies et minutieuses qui pourraient bénéficier d'un consortium de laboratoires.

Il ajoute que si les expériences se produisent de manière systématique en ce qui concerne l'âge, le sexe et les zones cérébrales pour étudier la rythmicité moléculaire circadienne avant et pendant la progression de la maladie, cela aiderait la communauté de recherche en santé mentale à identifier les biomarqueurs potentiels, les relations causales et les nouvelles thérapeutiques. cibles et pistes.

Source : UC Irvine
DOI de l'étude originale : 10.1038/s41398-022-02028-3

08 avril 2023

Anxiété : quand les réseaux sociaux deviennent une aide

"Instagram est le support parfait pour parler de l’anxiété, car on peut échanger avec les membres de sa communauté".

Comme Selena Gomez, Léna Situations ou Pomme, de plus en plus de jeunes témoignent de leurs troubles anxieux en ligne. Une façon de parler de leur vulnérabilité et lever des tabous.

La première fois que Marco Coiffard, 29 ans, a fait une crise d’angoisse, il n’a pas compris ce qui lui arrivait. Quand les symptômes se sont répétés, il a cherché à se renseigner. Assailli par une crainte sourde, constante et paralysante, la gorge et le ventre perpétuellement noués, l’esprit colonisé par des pensées négatives, le jeune monteur dans l’audiovisuel a le réflexe de chercher en ligne pour mettre des mots sur sa souffrance. « Je n’avais aucune idée de ce qu’était l’anxiété, se souvient-il. J’ai passé de longues heures à tenter de trouver des explications sur Internet, à écumer les forums pour voir si des personnes vivaient la même chose que moi. J’avais besoin qu’on me dise que je ne perdais pas la tête et que je n’étais pas seul. »

Marco décide alors de créer un groupe Facebook pour réunir les témoignages de gens souffrant de la même chose que lui. Quelques mois plus tard, il lance @bonjouranxiété sur Instagram pour « informer et sensibiliser aux questions de santé mentale ». Il rédige alors ses premiers posts et raconte avec des mots simples le quotidien contrarié d’une personne anxieuse.

Suivi par 287 000 personnes, il adopte les codes visuels et le ton propres à Instagram et publie des gifs, des citations, des photos d’animaux et des tranches de vie. Exemple : « L’anxiété le soir, voilà à quoi ça ressemble. Les pensées remontent à la surface parce qu’on se retrouve seul face à soi-même et ce n’est jamais agréable. Ça engendre des troubles du sommeil et beaucoup de fatigue au quotidien. »



07 avril 2023

[Recherche] : Des cellules cérébrales humaines implantées chez des rats pour étudier les troubles psychiatriques

Des scientifiques ont réussi à implanter un genre de cellules cérébrales humaines, des organoïdes, chez de jeunes rats pour mieux étudier des troubles psychiatriques complexes, comme la schizophrénie, selon une étude parue mercredi 12 octobre. Il est très difficile d'étudier les troubles mentaux car les animaux ne les éprouvent pas de la même façon que les humains, qui pour leur part ne peuvent pas faire l'objet d'expériences in vivo.

Les scientifiques pratiquent déjà des mises en culture de tissus de cerveau humain issus de cellules souche. Mais en laboratoire, "les neurones n'atteignent pas la taille qu'ils atteindraient dans un véritable cerveau humain", explique Sergiu Pasca, professeur de psychiatrie et sciences comportementales à l'université américaine de Stanford (Californie), et principal auteur de l'étude publiée dans Nature*.

L'âge des rats est primordial

De surcroît, ces tissus étant mis en culture en dehors du corps humain, ils ne permettent pas d'étudier les symptômes qu'entraîne un défaut dans leur fonctionnement. La parade consiste à implanter ces tissus de cerveau humain, appelés organoïdes, dans le cerveau de jeunes rats. L'âge est important car le cerveau d'un animal adulte arrête de se développer, ce qui aurait affecté l'intégration des cellules humaines. En les transplantant sur un animal jeune, "nous avons constaté que les organoïdes peuvent devenir assez grands et vascularisés" et donc être alimentés par le réseau sanguin du rat, au point d'"occuper environ le tiers de l'hémisphère du cerveau" de l'animal, détaille Sergiu Pasca .


Les chercheurs ont testé la bonne implantation des organoïdes en envoyant un souffle d'air sur les moustaches du rat, qui s'est traduit par une activité électrique dans les neurones d'origine humaine, signe qu'ils jouaient bien leur rôle de récepteur avec un stimulus. Ils ont ensuite voulu savoir si ces neurones pouvaient transmettre un signal au corps du rat. Pour cela, ils ont implanté des organoïdes modifiés au préalable en laboratoire pour réagir à une lumière bleue. Ils ont alors entraîné les rats à s'abreuver à une canule d'eau quand cette lumière bleue stimulait les organoïdes via un câble connecté à leur cerveau. La manœuvre s'est avérée efficace en deux semaines.

*Maturation and circuit integration of transplanted human cortical organoids | Nature

06 avril 2023

Sélestat : Un groupe de parole pour les proches de personnes atteintes de troubles psychiques

À compter du jeudi 9 mars, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) lance à Sélestat un groupe de parole pour les proches de personnes souffrant de troubles psychiques. Bénédicte*, dont la fille est atteinte de schizophrénie, a décidé d’y participer.

Bénédicte a longuement hésité avant d’accepter de raconter comme il est difficile de vivre au côté d’une personne atteinte de troubles psychiques, les angoisses, les doutes, les espoirs. Elle espère que son témoignage servira à d’autres personnes qui seraient dans une situation analogue.

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Dominique Hostein est psychologue à Wintzenheim au sein d’un service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (Samsah). C’est elle qui à partir du 9 mars à Sélestat animera le groupe de parole dédié aux proches de malades souffrant de troubles psychiques.

"Je souhaite que ce groupe de parole soit un lieu bienveillant d’écoute et de partage. L’objectif est que les gens échangent, s’écoutent et se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls. Je serai là pour les accueillir au stade où ils se trouvent, les mettre en confiance et les aider à cheminer à leur rythme et à faire preuve de résilience."



05 avril 2023

Schizophrénie : des pistes pour une médecine personnalisée

Si les médicaments antipsychotiques sont efficaces contre cette pathologie, ils ne sont pas spécifiques à chaque patient. De nouvelles techniques permettent de juger de leur efficacité et d'individualiser la prise en charge. De même, de nouvelles molécules et méthodes de soins vont prochainement élargir l'éventail de solutions à disposition des médecins.

Les médecins disposeront-ils un jour d'un test pour diagnostiquer la schizophrénie, cette pathologie psychiatrique qui concerne environ 1% de personnes dans le monde et près de 660.000 en France ? "Il me paraît difficile de compter sur un marqueur diagnostic pour l'avenir proche. En revanche, d'ici quelques années, nous pourrons sans doute nous appuyer sur des biomarqueurs prédictifs de la réponse thérapeutique qui permettront d'individualiser le traitement", répond David Misdrahi, responsable du Centre Expert FondaMental schizophrénie au sein du Centre Hospitalier Charles Perrens à Bordeaux.

Vers une médecine personnalisée

Des hypothèses robustes existent qui témoignent d’un lien entre maladies mentales et système immunitaire. Plusieurs études ont en effet fait état de la présence de marqueurs inflammatoires sanguins et cérébraux, d’anomalies des cellules immunitaires ou de pathologies auto-immunes ou inflammatoires chez les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Ce dialogue entre cerveau et système immunitaire s'établit, pour partie, par l'intermédiaire des cytokines, de petites protéines qui jouent un rôle majeur dans la réponse inflammatoire. Déjà, l'analyse fine des différentes cytokines présentes dans le sang des patients traités souffrant de schizophrénie a permis de définir des sous-types de maladies qui répondent à des besoins thérapeutiques différents. Le dosage des cytochromes, produits de la dégradation des médicaments, permet de mieux évaluer la réponse thérapeutique du patient. D'autres marqueurs sanguins, liés à l'activité des mitochondries, ont été identifiés, en 2021.

Et de nombreux autres sont en cours d'investigations qui permettront de développer des stratégies différenciées selon les profils qu'ils définissent. "Aujourd'hui, la proposition médicamenteuse n'est pas spécifique. Ces nouvelles découvertes vont permettre une prise en charge individualisée pour moduler les doses ou changer de molécules. C'est aussi un outil pour définir des stades évolutifs de la maladie et peut-être même identifier certains troubles chez des personnes jugées à ultra-haut risque de commencer une schizophrénie avant même qu'apparaissent les véritables symptômes de la maladie", explique David Misdrahi.

Nouvelles cibles thérapeutiques

Les médicaments antipsychotiques traditionnellement prescrits visent la voie dopaminergique en bloquant principalement la transmission dopaminergique et ceux, de deuxième génération, agissent également sur la voie sérotoninergique. Ce sont deux neuromédiateurs, des composés qui permettent aux neurones de communiquer. "Mais d'autres voies sont en train d'être explorées car il est évident que d'autres neurotransmetteurs sont impliqués. Il n'est pas forcément question de remplacer les médicaments existants mais plutôt de compléter le traitement et d'améliorer certains symptômes insuffisamment corrigés" explique le psychiatre. Ainsi, l'étude CONNEX qui se déroule dans plusieurs pays évalue l'intérêt de l'iclepertine dans l'amélioration des troubles cognitifs. Cette substance, développée par le laboratoire Boehringer Ingelheim, cible la voie glutamatergique et plus précisément le récepteur NMDA au glutamate. Puisque l'inflammation semble jouer un rôle, des molécules agissant contre les médiateurs de cette réaction sont également testées sur la voie des endocannabinoïdes.

Outre les médicaments, d'autres soins sont aussi primordiaux "pour corriger les troubles cognitifs, les désordres émotionnels et apporter un mieux-être" insiste le médecin. A commencer par l'éducation thérapeutique, au cours de laquelle une équipe pluridisciplinaire, à travers des ateliers de groupe et un suivi personnalisé, permet aux patients de mieux comprendre leur maladie et d'apprendre à gérer les symptômes et les effets secondaires des traitements. Des techniques, comme le neurofeedback, permet au patient d’appréhender son état cérébral grâce à l'imagerie par IRM en temps réel et de s'entraîner à moduler son activité cérébrale, ou la stimulation magnétique transcrânienne sont en cours d'évaluation et de test.

Dans un avenir proche, la prise en charge de la schizophrénie va sans doute connaître de nombreux changements et évoluer vers une médecine de précision qui offrira des solutions thérapeutiques propres à chaque malade.

04 avril 2023

Semaine de l’autisme du samedi 1er avril au samedi 8 avril

La Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme c'était le 2 avril. 

A cette occasion, le GEM Aspies & Cie (Strasbourg) organise sa semaine de l’autisme du samedi 1er avril au samedi 8 avril.

Programme

📌 Vous trouverez le programme précis jour par jour en pièces jointes. Les inscriptions se font sur le site internet du GEM via le planning d'activités.


Appel au dons (vêtements et livres)

 Pour approvisionner notre offre de vêtements et de livres lors du vide dressing / bourse aux livres du vendredi 7 avril, nous lançons un appel à dons.

  • Vêtements adultes en bon état (t-shirts, pulls, pantalons, shorts, jupes, vestes…)
  • Accessoires en bon état (sacs, bonnets, gants…)
  • Livres en bon état (BDs, romans, ressources sur l’autisme ou autre…)

Faites un don jusqu’au mercredi 06/04, au GEM Aspies & Cie, 42 route de l’Hôpital 67100 Strasbourg, lors de votre venue pour une activité ou lors des horaires d’ouverture.

Les profits de ces différentes actions seront totalement reversés dans une caisse solidaire, pour aider les adhérent·es à financer leurs participations aux activités/sorties.

03 avril 2023

Soutenir les aidants en développant les solutions de répit

Dans le cadre de la stratégie gouvernementale “Agir pour les aidants 2020-2022”, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a été saisie d’une mission portant sur l’évolution du cadre juridique et financier de l’offre de répit pour les aidants de personnes âgées, de personnes en situation de handicap et de personnes malades. Elle publie son rapport, panorama des solutions de répit existantes pour les aidants et des freins à leur développement.

Si on dénombre entre 8 et 11 millions d’aidants en France, ils ne se reconnaissent encore pas tous comme tel. Pourtant, ils contribuent de manière essentielle au maintien à domicile des personnes âgées, à l’inclusion des personnes en situation de handicap et au soutien des personnes malades, et leur rôle est appelé à se renforcer dans les années à venir. Rares sont ceux qui savent pouvoir bénéficier d’un accompagnement, alors qu’ils risquent l’épuisement et l’isolement social.

« Alors que le rôle des proches aidants est appelé à se renforcer dans les années à venir, les solutions de répit doivent prévenir leur risque d’épuisement »

Que montre le rapport ?

La mission dresse un panorama des solutions de répit existantes pour les aidants et des freins à leur développement :
– plus de 250 plateformes d’accompagnement et de répit ont été mises en place par les agences régionales de santé, principalement pour les aidants de personnes âgées. Elles sont essentielles pour l’orientation des aidants vers les solutions de répit, mais peu visibles et mal articulées avec les politiques sociales des départements ;
– le développement du relayage à domicile correspond à la principale demande des aidants. Une offre se développe mais elle reste expérimentale et financièrement peu accessible, malgré la mise en place depuis 2015 d’un forfait répit pour les aidants des bénéficiaires de l’allocation pour l’autonomie. Elle est aussi limitée par les difficultés de recrutement dans le secteur ;
– l’accueil temporaire n’est pas toujours adapté aux attentes des publics dans les établissements médico-sociaux. Il reste inexistant dans les établissements de santé, sauf en cas d’urgence ;
– les séjours de vacances-répit méritent d’être soutenus, en particulier les séjours en milieu ordinaire. Leur développement est freiné par leur coût élevé.

« Sur le champ du handicap et des malades chroniques, les besoins exprimés par les acteurs relèvent surtout de carences de l’offre de prise en charge médico-sociale. Pour les aidants de personnes en situation de handicap, l’offre de suppléance à domicile reste encore embryonnaire, sous réserve d’un soutien spécifique aux parents d’enfants handicapés porté par certaines CAF ».

Par ailleurs, la mission constate que les financements pour soutenir l’offre de répit, prévus par la Stratégie Agir pour les aidants lancée fin 2019, sont restés en retrait par rapport aux ambitions initiales.

Sur le champ du handicap, la notion de répit porte à confusion. L’absence de solution d’accompagnement en établissement ou par un service médico-social de certains publics handicapés conduit à des demandes de répit qui relèvent en réalité d’un besoin de prise en charge adaptée et au long cours des personnes aidées. L’UNAFAM, rencontrée par la mission, a par exemple souligné les insuffisances de l’offre sanitaire et médico-sociale pour les personnes atteintes de troubles psychiques (alors que la reconnaissance en tant que handicap psychique est désormais possible), soulignant l’impératif d’un développement des soins ambulatoires en psychiatrie ainsi que des services d’accompagnement médico-social (SAMSAH et SAVS).

Que recommande le rapport ?

Face à ces constats la mission énonce une série de recommandations pour :
– conforter les plateformes d’accompagnement et de répit et les rendre plus visibles et mieux insérées ;
– faciliter le développement du répit à domicile ;
– adapter l’offre d’accueil temporaire en établissement médico-social, faciliter son accès pour les personnes en situation de handicap, et le développer pour les malades chroniques ;
– encourager le développement des séjours de vacances-répit ;
– renforcer le financement des solutions de répit, à travers des compléments répit au sein des allocations existantes et mener une réflexion sur des financements dédiés aux aidants.

« Les recommandations de la mission ont vocation à alimenter la nouvelle stratégie pour les aidants annoncée pour l’année 2023, qui constitue une opportunité pour favoriser le développement de solutions de répit à une échelle plus significative et soutenir des aidants qui jouent un rôle essentiel pour la solidarité nationale ».

Soutenir les aidants en levant les freins au développement de solution de répit, Rapport Emilie FAUCHIER-MAGNAN,
Pr. Bertrand FENOLL, Olivier TOCHE, membres de l’inspection générale des affaires sociales, 2022-032R, décembre 2022 (PDF).

02 avril 2023

Voici ce que des problèmes de santé mentale peuvent faire à votre corps de manière insidieuse...

La santé mentale et la santé physique sont fondamentalement liées. 

Les personnes vivant avec une maladie mentale grave sont ainsi plus à risque de souffrir d'un large éventail de problèmes physiques chroniques. Mais ce que des chercheurs viennent de découvrir et de révéler lors du Congrès européen de psychiatrie à Paris (25-28 mars 2023) pour les millions de personnes qui vivent avec une telle condition a de quoi surprendre. Leurs recherches relayées par l'Association européenne de psychiatrie affirment en effet que les personnes ayant des antécédents de troubles mentaux tels que la dépression, le trouble bipolaire ou les troubles anxieux ont des marqueurs sanguins suggérant qu'elles sont plus âgées que leur âge réel. 

Plus précisément, ces dernières porteraient des marqueurs dans leur sang indiquant que leur âge biologique (âge physiologique ou fonctionnel, reflète l'état physiologique ou fonctionnel exact de l'individu) est plus ancien que leur âge chronologique (temps écoulé depuis sa naissance). Une découverte qui a son importance car elle pourrait expliquer pourquoi les personnes ayant des problèmes de santé mentale ont tendance à avoir une espérance de vie plus courte et plus de maladies liées à l'âge que la population générale...


01 avril 2023

EDIT-B™, le premier test sanguin pour différencier le trouble bipolaire de l’unipolaire

Afin de réduire significativement le délai de diagnostic des troubles bipolaires, ALCEDIAG et SYNLAB s’unissent et annoncent la mise à disposition d’EDIT-B™, le premier test sanguin in-vitro marqué CE, destiné à différencier le trouble bipolaire de la dépression majeure.


Si le trouble de la bipolarité est si difficile à diagnostiquer, c’est parce qu’il est souvent confondu avec la dépression.

Il y a plusieurs raisons à cela: une majorité de personnes consultent en phase dépressive (c’est souvent le symptôme qui s’exprime en premier lieu) ; le début des états maniaques peut ne pas être alarmant au premier abord ; il peut y avoir une confusion avec la schizophrénie ; l’abus de toxiques peut masquer d’autres symptômes ; les variations de l’humeur à l’adolescence peuvent être perçues comme normales et/ou transitoires .
Tous ces facteurs peuvent engendrer une erreur de diagnostic et/ou un retard de diagnostic, provoquant ainsi de graves répercussions dans la vie de la personne concernée et de son entourage. En effet, le·la patient·e avec un mauvais diagnostic peut recevoir un traitement inapproprié qui ne soulagera pas ses symptômes, et pourra même aggraver son état de santé physique et mental.

Conscient de ces enjeux, ALCEDIAG et SYNLAB mettent à disposition des professionnels de santé et de leurs patients, en Europe, EDIT-B™, le premier test sanguin in vitro destiné à différencier le trouble bipolaire de l’unipolaire (dépression). Validé cliniquement chez l’adulte dépressif et marqué CE, il offre des performances remarquables avec une excellente sensibilité et spécificité, supérieures à 80 %. L’objectif d’EDIT-B™ est d’aider les médecins spécialistes à poser rapidement un diagnostic différentiel précis et ainsi réduire significativement le retard de diagnostic, de plusieurs années à quelques jours. La prise en charge des patients peut alors être optimisée : mise en place d’un traitement adapté, réduction des comorbidités et amélioration de la qualité de vie (sphères personnelle et professionnelle).

Cet outil biologique vient en complément des différentes échelles cliniques existantes, dont l’interprétation est empirique. Techniquement, EDIT-B™ mesure la modification d’édition d’ARN de marqueurs spécifiques dans le sang des patients. ALCEDIAG, à l’origine du développement de ce test et de sa validation clinique et réglementaire, utilise la technologie de pointe du séquençage de nouvelle génération (NGS) couplée avec des algorithmes propriétaires développés grâce à l’intelligence artificielle (IA).

EDIT-B™ désormais disponible en Italie, sera prochainement mis à disposition des praticiens et des patients en France et en Suisse au cours de l’année 2023, ainsi que graduellement dans les autres pays où SYNLAB est implanté (26 pays au total en Europe).

"Lorsque le cerveau dysfonctionne, il envoie des signaux comme le ferait un rein ou un foie malade. Ces signaux, ou biomarqueurs, peuvent alors être captés par un test sanguin, basé sur l’édition de l’ARN, permettant un diagnostic plus rapide. L’introduction de la biologie dans la psychiatrie est une révolution", Dr Dinah Weissmann, co-fondatrice et directrice scientifique d’ALCEDIAG.

Source : Communiqué de presse, ALCEDIAG et SYNLAB, 27 mars 2023

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