Nouvelles fixes

Bonnes vacances


Prenez soin de vous et des vôtres et retrouvons nous à la rentrée, prêts à affronter les difficultés rencontrées pour avancer sur le chemin de l’espoir.

Nouvelles

Nous avons besoin de vous (adhésion ou simple don)

https://www.helloasso.com/associations/troubles-psychiques-tous-partenaires

26 décembre 2024

Positive Minders : webinaires 2024 en replay

C'est les vacances, vous avez un peu de temps... Profitez-en pour réviser !

Ces webinaires sont toujours disponibles sur le site de Positive Minders...


N°1 : Troubles psy et parentalité

N°2 : Troubles psy et accompagnement

N°3 : Troubles psy et travail

N°4 : Troubles psy et médicaments

N°5 : Troubles psy et autonomie

N°6 : Troubles psy et représentations

N°7 : Troubles psy et déstigmatisation

Les aviez-vous déjà vus ? 



25 décembre 2024

Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire…

La Haute Autorité de santé fait le point sur les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la certification dans les établissements de santé recueillis en 2024. En hospitalisation temps plein en psychiatrie malgré de gros efforts réalisés pour la prise en charge somatique, les indicateurs restent en deçà des attentes et les établissements de ce secteur connaissent encore des difficultés en matière de certification.

Indicateurs de qualité et de sécurité des soins : que retenir en 2024 ?

Le recueil des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la certification des établissements de santé sont deux dispositifs incontournables mis en place par la Haute Autorité de santé (HAS) pour améliorer la qualité des soins. En cette fin d’année, l’agence présente sur le service en ligne Qualiscope, les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins recueillis en 2024 et précise que près de 70 % des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. « Ces résultats donnent une photographie à un moment donné du niveau de qualité des soins, dès lors que la prise en charge est engagée », souligne le Pr Lionnel Collet, président de la HAS. Ils permettent ainsi aux professionnels « de faire le point sur leurs pratiques, leurs difficultés mais aussi leurs réussites. »

En 2024, 21 indicateurs ont été mesurés par la HAS, dans quatre secteurs d’activité : la médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), dont la chirurgie ambulatoire, les soins médicaux et de réadaptation (SMR), l’hospitalisation à domicile (HAD) et la psychiatrie. Les données sont issues, selon les cas, de questionnaires patients (e-Satis), des dossiers patients, de questionnaires établissements et du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

L’hospitalisation à temps plein en psychiatrie : des indicateurs en deçà des attentes

En psychiatrie, la HAS pointe que l’espérance de vie d’un patient souffrant de pathologie psychiatrique sévère est de 20 % inférieure à celle constatée en population générale. La première cause de surmortalité est le suicide mais les accidents et les causes médicales sont également surreprésentés, tout particulièrement les maladies cardiovasculaires et respiratoires dont le taux de comorbidité est compris entre 30 et 60 %. C’est pour ces raisons que la HAS a développé des indicateurs autour de ces thématiques. Sur cette deuxième mesure, on constate que les établissements ont pu structurer leurs dossiers et que l’année 2024 a été marquée par une progression notable liées aux très gros efforts mis en place sur le terrain.
– L’évaluation cardiovasculaire et métabolique chez les patients adultes est réalisée chez 69% des patients, soit +9 points par rapport à 2021
– L’évaluation gastro-intestinale est faite chez 46 % des patients1, soit +17,5 points
– Le repérage et la proposition d’aide à l’arrêt des addictions sont effectifs chez 65% des patients (+10,6 points)

Certification des établissements : les établissements spécialisés en psychiatrie plus en difficultés

En cette fin d’année 2024, près de 70% des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. 87 % des établissements affichent de bons ou très bons résultats. Les CHU et centres de lutte contre le cancer obtiennent les meilleurs résultats et sont plus nombreux à obtenir la mention « Haute qualité de soins » que les autres établissements. D’autres types d’établissements connaissent plus de difficultés. C’est le cas des établissements spécialisés en psychiatrie.

Perspectives

Dans ce contexte, des analyses complémentaires sont attendues en 2025 pour les indicateurs en hospitalisation à temps plein en psychiatrie. « Dès l’année prochaine, les deux dispositifs de la HAS continueront de se développer, avec notamment la mise en place d’un nouveau référentiel pour la certification des établissements de santé. Ces évolutions viendront par exemple fournir des résultats dans le programme Santé mentale et Psychiatrie 2025-2030 publié prochainement », conclut le Pr L. Collet.

Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire... - Santé Mentale

24 décembre 2024

[Livre] : Des soins porteurs d'espoir en psychiatrie

Sous-titre : La réhabilitation psychosociale

Nicolas FRANCK, David MASSON ; Edition Avelines ; paru le 5 octobre 2023

La réhabilitation psychosociale est une approche thérapeutique s’adressant aux personnes atteintes de troubles psychiques sévères. Non centrée sur la maladie, elle les considère dans leur globalité en prenant en compte leurs capacités. Elle les accompagne pour développer celles-ci afin de leur permettre de mener à bien leurs projets et d’avoir une existence la plus satisfaisante possible.

Comment procède cette démarche ? Quels sont ses outils ? Quelle est l’offre de prise en charge ? De façon claire et concise, les auteurs répondent à ces questions en illustrant leur propos d’éléments concrets, comme le parcours d’une personne accompagnée.

Un ouvrage pour comprendre ces soins de santé mentale en plein développement.



23 décembre 2024

Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues

Dans un guide de bonnes pratiques, la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) précise les grands principes pour la prise en charge des personnes détenues hospitalisés sans consentement en psychiatrie. Le document rappelle leurs droits fondamentaux et décline des modalités concrètes d’organisation.

Mieux prendre en charge les personnes détenues hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement nécessitent de mieux connaître le profil de ces patients et leurs statuts, afin d’éviter la stigmatisation, rappelle la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) dans un guide de bonnes pratiques publié via le Bulletin officiel Santé, protection sociale, solidarité. Issu d’un groupe de travail sur la santé mentale des détenus, ce document d’une trentaine de pages précise les modalités d’organisation de ses prises en charge particulières dans les services de psychiatrie ou les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA).

Assorti de quelques vignettes cliniques ou retours d’expériences, il se découpe en quatre grands chapitres :

Le parcours des personnes détenues relève à la fois du judiciaire (les différents établissements pénitentiaires sont précisés : maison d’arrêt, centres de détention, centres pour mineurs…) et du sanitaire. Les soins aux détenus doivent être équivalents à ceux prodigués à la population en milieu libre. La vocation d’abord « thérapeutique » est rappelé, ce qui suppose de chercher à établir une relation de confiance et de recherche le consentement libre et éclairé de la personne.

 Les droits du patients sont les mêmes que n’importe quel patient, « en tenant compte des restrictions liées à leur statut » et à leur état de santé. En cas de soins sans consentement, les détenus doivent être informés des diverses voies de recours et peuvent notamment alerter le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL).

 Les relations partenariales et la communication entre acteurs sanitaires et pénitentiaires concernent notamment la transmission des informations et le respect du secret médical. L’importance des relais avant, pendant et après l’hospitalisation est pointée pour éviter les ruptures de soins.

L’organisation matérielle rappelle les conduites à tenir en cas d’incidents (sortie non prévue, vol…) et règles de transport : selon la situation de la personne, elles différent dans l’organisation et le type d’escorte (agents pénitentiaires seuls, personnels hospitaliers seuls ou escorte mixte).

Note d’information n° DGOS/P3/2024/161 du 4 nov. 2024, BO SPSS,n° 2024/31 du 15 nov. 2024, portant guide des bonnes pratiques et principes fondamentaux relatifs à la prise en charge en soins psychiatriques sans consentement des patients détenus au sein d’établissements de santé autorisés en psychiatrie, selon les dispositions de l’article R. 6111-40-5 du Code de la santé publique, https://sante.gouv.fr

Un guide précise les modalités des soins sans consentement aux personnes détenues - Santé Mentale

22 décembre 2024

Quatre mois après les Jeux paralympiques, quels dispositifs pour booster l’inclusivité dans le sport ?

Avec les Jeux olympiques, la pratique du sport a connu un rebond dans les clubs français. S'agissant du handisport et du sport adapté, les dispositifs d'accompagnement se poursuivent et souhaitent associer davantage d'associations sportives. État des lieux de la situation en cette journée mondiale des personnes en situation de handicap.

La France compte 12 millions de personnes en situation de handicap, soit 18% de la population française. Seulement 5 % sont inscrits dans un club, contre 27% de l'ensemble de la population dite "valide". Un écart révélateur des inégalités de traitement et d’accessibilité à la pratique sportive entre les deux. Pire encore, uniquement 1,4% des clubs ont la capacité de les accueillir. En cause, une mauvaise adaptabilité des clubs et une méconnaissance parfois pointée du doigt. Avec les Paralympiques, a-t-on trouvé les moyens de combler ces écarts ? État des lieux de la situation en ce mardi 3 décembre, journée mondiale des personnes en situation de handicap.

Handisport/sport adapté, un "amalgame" encore trop présent en France

Boccia, tennis de table, natation, tir à l’arc… Les Français ont eu le plaisir de découvrir ces nombreuses catégories sportives durant les Jeux Paralympiques, mais également les handicaps divers et variés des athlètes . Les noms d’Aurélie Aubert, Anne Barnéoud ou encore Rémy Boullé ont résonné dans les gradins de Paris 2024. Pour autant, la distinction entre les handicaps reste floue pour les Français. Et ce tant dans la vie que dans le sport, comme l’explique le président de la Fédération Française de Sport Adapté (FFSA) Marc Truffaut.

En effet, le sport adapté est pratiqué par les personnes en situation de handicap "mental, psychique et d’autisme". L’handisport , quant à lui, est destiné aux personnes avec un handicap physique. Deux fédérations sont dédiées à ces catégories : la FFSA, créée en 1971, et la Fédération Française de Handisport (FFH). "Malgré les Paralympiques, on nous demande encore la différence entre les deux", déplore-t-il. Le sport adapté a été "très peu représenté aux Paralympiques" : seuls l’athlétisme, la natation et le tennis de table ont compté des para-athlètes ayant un handicap mental, psychique ou atteints d’une forme d’autisme.

Néanmoins, ces catégories restent très importantes aux Jeux. Mais "pas de quoi estomper la confusion entre les différents handicaps. Il y a très clairement un amalgame entre sport adapté et handisport", déclare-t-il. Cependant, Marc Truffaut assure "voir une ouverture des clubs dits ordinaires depuis les Jeux. Ils ont envie de s’ouvrir et le regain n’est pas tant sur les licenciés, mais sur les clubs qui veulent ouvrir une section sport adapté." ...

Quatre mois après les Jeux paralympiques, quels dispositifs pour booster l’inclusivité dans le sport ?

21 décembre 2024

Quels sont les symptômes négatifs de la schizophrénie ?

Publié le 19 déc. 2024 par Manon Duran

En collaboration avec Pr Fabrice Berna (psychiatre et professeur de psychiatrie au CHU de Strasbourg)

Sommaire

- Symptômes négatifs : de quoi s’agit-il ?

- Schizophrénie : quels sont les autres types de symptômes ?

- Schizophrénie : quels sont les principaux symptômes négatifs ?

- Quel est l’impact des symptômes négatifs de la schizophrénie au quotidien ?

- Causes : comment expliquer ces symptômes négatifs ?

- Traitement : comment prendre en charge les symptômes négatifs de la schizophrénie ?

Symptômes négatifs schizophrénie : de quoi s’agit-il ? | Santé Magazine

20 décembre 2024

Pair-aidance et dévoilement de soi

Au sein d’une Communauté mixte de recherche (CMR), un groupe de travail va produire des connaissances sur le dévoilement de soi des pair-aidants professionnels. Cet outil puissant, qui permet de créer des liens authentiques avec les personnes accompagnées, comporte des enjeux complexes…

La Communauté mixte de recherche (CMR) sur la pair-aidance a été créée en 2023 à l’Université de Bordeaux pour mener des recherches sur la pair-aidance dans une démarche entièrement participative. Ses membres proposent et sélectionnent eux-mêmes les questions de recherche, choisissent les méthodes et sont responsables de l’analyse, de l’interprétation des résultats et de leur diffusion la plus large possible. Cette démarche est en phase avec les valeurs de la pair-aidance, fondée sur l’égalité des voix et la collaboration.

Répondant aux incitations internationales et nationales fortes quant au développement de recherches sur la pair-aidance, la CMR vise à produire des données utiles à son déploiement, et notamment en France. Parmi les axes de recherche actuellement explorés, un groupe de travail se consacre au dévoilement de soi des pair-aidants professionnels. Coordonné par un chercheur et une pair-aidante professionnelle, il rassemble des pairs-aidants, des chercheurs et des professionnels de la santé mentale. Ensemble, ils s’attellent à produire des connaissances applicables sur cette pratique du dévoilement de soi , technique essentielle à la pair-aidance en santé mentale.

Le dévoilement de soi, qui consiste à partager son expérience personnelle, est un outil puissant qui permet de créer des liens authentiques avec les personnes accompagnées. Cependant, il comporte des enjeux complexes : quand et comment se dévoiler, et quels sont les risques potentiels ? Ce groupe de travail va donc tenter de répondre à ces questions tout en élaborant des recommandations concrètes pour l’encadrement de cette pratique.

L’objectif final est de développer des connaissances utiles pour former et accompagner les pairs aidants professionnels dans leur pratique, et de créer des outils concrets qui pourront bénéficier à l’ensemble des équipes en santé mentale.
Cette initiative marque une étape clé dans la reconnaissance du rôle des pairs aidants dans le système de soins et vise à renforcer cette profession en pleine expansion. Plus généralement, la structuration originale de la CMR répond aux exigences de participation des acteurs les plus directement concernés (pairs-aidants, usagers, familles, professionnels du soin et de l’accompagnement, décideurs publics) au développement des recherches qui les concernent.

• Contact : K.-M. Valéry, docteur en psychologie, kevin-marc.valery@u-bordeaux.fr. En savoir plus sur le site de l’Université de Bordeaux : https://universitedebordeaux.wixsite.com/cmr-pair-aidance

Pair-aidance et dévoilement de soi - Santé Mentale

19 décembre 2024

Certains traitements antipsychotiques accroissent la vulnérabilité à la chaleur

Des médicaments prescrits aux personnes atteintes de troubles mentaux, dont les neuroleptiques, altèrent la thermorégulation. Des initiatives émergent pour limiter les décès lors des épisodes de canicule. (Article du Monde le 18/12/2024)



18 décembre 2024

Troubles bipolaires : faut-il croire aux tests sanguins ?

Diagnostiquer beaucoup plus tôt les personnes bipolaires pour mieux les soigner. C’est la promesse de tests sanguins. Mais sont-ils fiables ?

« C'est l'avenir. Ça change complètement la donne. » Président de l'association Bipolarité France, Renaud Maigne exprime l'immense espoir qu'a fait naître chez les patients bipolaires – ils sont 1,6 million en France – la mise sur le marché, au printemps dernier, des premiers tests sanguins pour détecter la bipolarité. « Je suis moi-même patient bipolaire. Mes premiers symptômes ont eu lieu à 20 ans et je n'ai été diagnostiqué qu'à 36 ans. » C'est tout l'enjeu et la promesse de ces nouveaux tests : « Le trouble bipolaire commence souvent par un épisode dépressif », explique Émilie Olié, psychiatre au CHU de Montpellier. « Il faut en moyenne huit ans avant que le bon diagnostic soit correctement posé et que le traitement adapté soit prescrit. » Avec, dans l'intervalle, de longues années de souffrances pour les patients et leurs proches. Et parfois des suicides.

Diagnostiquer la bipolarité rapidement, par un simple test sanguin, serait donc une avancée sans précédent. C'est la promesse du premier test lancé en avril dernier sur le marché français, avec une opération de communication bien huilée, par la société Alcediag. Le principe : il mesure les modifications d'édition d'ARN de marqueurs spécifiques dans le sang des patients. Alcediag promet une fiabilité « supérieure à 80 % » pour son test myEdit-B, vendu en France au prix de 900 euros, et non remboursé.

Un avis négatif de la Haute Autorité de santé

Un prix « hyperexcessif pour les patients », regrette Renaud Maigne. « Alors que ce serait un outil très pertinent pour des gens de 20 ans qui sont dans le déni. » Encore faut-il que le test soit fiable. Or la Haute Autorité de santé a publié un avis négatif, en mai. La HAS a refusé d'accorder le forfait innovation – une avance sur la prise en charge – au test d'Alcediag au motif que « les données disponibles à son sujet ne permettent pas de justifier d'un service attendu suffisant ».

Elle reproche à la société de ne lui avoir présenté qu'une seule étude clinique, ainsi que le manque de données sur l'algorithme utilisé et les changements de cet algorithme. « On s'est peut-être un peu précipités », concède la dirigeante d'Alcediag, Alexandra Prieux. « Nous avions déjà le soutien de France 2030. On a choisi de faire cette demande de forfait innovation en quelques mois pour une question de timing. À ce moment-là, nous n'avions pas publié notre second article, qui l'a été quelques semaines plus tard. »

« Le problème, relève Boris Chaumette, docteur en psychiatrie et neurosciences, psychiatre au GHU Paris et chercheur à l'Inserm, c'est que l'enjeu d'un second article, c'est de répliquer. Or les auteurs ont changé les biomarqueurs entre les deux papiers. Si vous changez le test, vous changez la méthode. » « Il faut être certain que l'algorithme ne soit pas modifié », abonde Sylvain Lehmann, directeur de l'Institut des neurosciences de Montpellier, qui a validé des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer permettant la mise au point de tests sanguins.

« Le test sur le marché utilise des biomarqueurs qui ont été publiés », rétorque Alexandra Prieux. « Avec un algorithme extrêmement précis que, certes, nous n'avons pas divulgué pour des questions de propriété intellectuelle mais qui est tout à fait documenté dans nos dossiers réglementaires. »

« À ce jour, aucun test ne remplit les conditions »

Pour Sylvain Lehmann, « quand une société veut vendre directement ces tests au consommateur, ce n'est pas bon signe ». Boris Chaumette dit avoir « l'impression qu'ils ont commercialisé un peu vite leur test et qu'ils se disent “les patients vont payer la recherche et on verra bien avec les données qu'on accumulera si on arrive à les classer” ». « La recherche scientifique coûte beaucoup plus cher que cela », balaie la présidente d'Alcediag, qui défend le sérieux de ses études.

Deux autres sont en cours : l'une auprès de 418 patients, en France, en Espagne et au Danemark ; la seconde, pilotée par la psychiatre Chantal Henry, en France, pour demander un remboursement du test. Lequel est pour l'instant peu utilisé par les psychiatres. « Les patients l'ont beaucoup demandé au début, quand on en a parlé dans les médias, et puis c'est retombé », constate un praticien.

Il faut dire que l'Association française de psychiatrie biologique et de neuropsychopharmacologie (AFPBN) ne les a pas franchement encouragés : « À ce jour, aucun test ne remplit [les conditions nécessaires] pour un usage en pratique clinique », a taclé l'association dans un communiqué publié au moment de la mise sur le marché du test d'Alcediag. « Il y a des études prometteuses et séduisantes sur ces biomarqueurs, mais on est bien loin de pouvoir les appliquer au quotidien en pratique clinique », déplore Émilie Olié, présidente de l'AFPBN.

Moins d'un psychiatre sur trois prêt à les utiliser

Des études qui se comptent… par centaines. Le psychiatre montpelliérain Raoul Belzeaux et l'immunologiste niçois Nicolas Glaichenhaus en ont recensé 1 114 sur ce sujet précis, dans une étude systématique qui sera prochainement publiée, dont 61 leur ont paru suffisamment sérieuses. Mais, même dans cette short list, « très peu montraient des résultats validés dans deux cohortes indépendantes » et « aucune ne s'appuyait sur des patients non traités venant consulter leur médecin généraliste ».

Selon Raoul Belzeaux, trois sortiraient vraiment du lot : celle d'Alcediag, une autre publiée par une neuropsychiatre de l'université de Cambridge, Sabine Bahn… et la sienne, puisque Raoul Belzeaux a obtenu le prix Marcel Dassault, en 2022, avec un projet de test sanguin pour distinguer dépression et bipolarité, reposant sur le dosage des cytokines. Mais les deux chercheurs, malgré la publication d'une première étude positive, n'en sont pas encore à la phase de la commercialisation d'un test, qui se fera, si elle a lieu, par le biais d'une start-up, Psykonos.

« Sous réserve de l'obtention des autorisations, nous allons lancer une étude de validation sur une cohorte de 623 patients dans une dizaine de centres hospitaliers », détaille Raoul Belzeaux. Une étude qui s'étendra sur deux ans et qui portera « sur des patients sans traitement, ou en début de parcours de soins, ce qui n'a jamais été fait ». La commercialisation éventuelle d'un test, ce sera pour plus tard, avec un objectif de prix « entre 200 et 250 euros ».

Les deux concurrents français, Alcediag et Psykonos, se rejoignent sur un point : pas question, ni pour l'un ni pour l'autre, que leur test vienne « remplacer le diagnostic du psychiatre ». « Nous sommes un outil d'aide à la décision », souligne Alexandra Prieux. Raoul Belzeaux dit toutefois concevoir son test « dans l'esprit d'un test de dépistage ». L'attente des patients est immense. Reste à convaincre les praticiens : moins de 30 % des psychiatres interrogés en 2018 par une publication spécialisée dans la santé mentale, JMIR Mental Health, considèrent des tests biologiques de prédiction de la transition psychotique comme « acceptables, fiables, faisables et peu risqués »…

Troubles bipolaires : faut-il croire aux tests sanguins ?

17 décembre 2024

[Alerte] : Les groupes d’entraide mutuelle unis face aux baisses de financement

Touchés cette année et surtout en 2025 par la baisse et l’arrêt de subventions, les quatre groupes d’entraide mutuelle (GEM) du Sud Alsace parrainés par l’association Marguerite-Sinclair jouent la carte de la solidarité entre eux. Ils sont inquiets pour la pérennité des postes.

Le courrier de la CEA (Collectivité européenne d’Alsace) est arrivé dans les boîtes aux lettres de la plupart des 20 GEM (groupes d’entraide mutuelle) du Haut-Rhin et du Bas-Rhin au début de l’été. ll leur annonçait une baisse de la moitié des subventions pour 2024, alors que l’année budgétaire était forcément avancée, et l’arrêt total en 2025.