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20 février 2025

PROPSY, l'ambitieux programme de recherche qui va transformer la psychiatrie

Centré sur quatre des troubles psychiatriques les plus invalidants, PROPSY s'appuie sur la psychiatrie de précision et un financement de France 2030* pour révolutionner le diagnostic et la prise en charge des patients.

Coordonné par le Professeur Marion Leboyer, le programme de recherche exploratoire en psychiatrie de précision, PEPR PROPSY, a bénéficié d'un financement de 80 millions d'euros sur 7 ans dans le cadre du plan d'investissement France 2030. Cet ambitieux programme, lancé en 2022, est piloté par l'Inserm et le CNRS, avec l’appui de la fondation FondaMental.

L’objectif de la psychiatrie de précision, c’est de trouver le bon traitement, pour le bon patient, au bon moment.

19 février 2025

Retour sur la mobilisation du 10 février : "La République, c'est nous aussi !"

Lundi 10 février 2025, à la veille des 20 ans de la loi Handicap, nous étions des milliers à nous rassembler Place de la République à Paris et en ligne pour rappeler une évidence : il reste encore beaucoup à faire pour le respect effectif des droits des personnes concernées.

Une mobilisation massive et engagée

Ce rassemblement citoyen a été une réussite avec près de 3 000 personnes présentes sur la Place et plus de 4 500 participants étaient connectés en ligne. Partout en France, des mobilisations locales ont eu lieu pour faire entendre la voix des personnes concernées par le handicap.

Cette manifestation a été un moment d'émotion et de partage, ponctué de témoignages poignants qui nous rappellent combien le chemin vers une pleine reconnaissance des droits est encore long. Emmanuelle Rémond, Présidente de l'Unafam a pris la parole aux côtés de Maxime Perez Zitvogel et Victoria Leroy, co-fondateurs de La Maison Perchée. Ensemble, ils ont rappelé l’urgence de l’amélioration des soins et de l’accompagnement des personnes vivant avec un handicap psychique : "Il faut en parler, en particulier en cette année de Grande Cause santé mentale !".

11 février 2005 : Loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées

Cette loi a permis de grandes avancées, comme :

- La reconnaissance du handicap psychique,
- La mise en place des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH),
- La création d'un droit à compensation,
- Le renforcement de l’obligation d’emploi des travailleurs en situation de handicap
.

Pourtant, 20 ans après, l’application de ces mesures reste incomplète. Trop de personnes concernées rencontrent encore des difficultés d’accès aux soins, à l’emploi, au logement et aux dispositifs de compensation.

Poursuivons le combat pour les droits des personnes concernées

L’Unafam reste pleinement mobilisée pour que ces droits deviennent une réalité pour toutes et tous. Nous continuerons d’agir pour :

- Un meilleur accès aux soins de qualité sur tout le territoire,
- Une véritable inclusion professionnelle des personnes vivant avec un handicap psychique,
- Une reconnaissance effective de leurs droits.


Ce rassemblement a montré la force de notre mobilisation et notre détermination à aller plus loin. Ensemble, poursuivons cet élan pour un avenir encore plus inclusif et solidaire !

Retour sur la mobilisation du 10 février : "La République, c'est nous aussi !" | Unafam

18 février 2025

Troubles bipolaires et schizophrénie : face aux pénuries de quétiapine, l’ANSM diffuse de nouvelles recommandations

La molécule de base de la quétiapine est largement produite par une entreprise grecque, Pharmaten, confrontée à « un problème de production », selon l’ANSM qui publie de nouvelles recommandations pour les médecins et pharmaciens.

Face aux pénuries de quétiapine, traitement psychiatrique très prescrit face aux troubles bipolaires et à la schizophrénie, l’agence du médicament a diffusé vendredi 14 février des recommandations supplémentaires aux médecins et aux pharmaciens.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a ainsi demandé aux médecins d’opter pour une alternative à la quétiapine « désormais également pour les patients en cours de traitement », dès que possible et sauf trouble bipolaire, et non plus seulement lors des démarrages de traitements.

Lorsque le traitement à la quétiapine doit être maintenu ou dans l’attente de la prescription d’une alternative, pour éviter toute interruption de traitement, un dispositif de délivrance à l’unité de comprimés et de préparations magistrales sera « effectif en milieu de semaine prochaine » en pharmacies, a ajouté l’agence.

Les préparations magistrales -médicaments fabriqués sur mesure par le pharmacien en cas d’indisponibilité de la prescription initiale- « ne permettront pas de couvrir l’ensemble des besoins » et « doivent être utilisées uniquement pour les patients nécessitant un traitement par quétiapine sans autre alternative », a-t-elle précisé.

Troubles bipolaires et schizophrénie

La quétiapine est une molécule utilisée dans le traitement de plusieurs pathologies mentales, dont les troubles bipolaires et la schizophrénie. Elle peut aussi être employée dans les dépressions, mais son usage fait moins consensus et n’est censé intervenir qu’en complément d’un antidépresseur classique.

Elle est commercialisée sous le nom Xeroquel par le laboratoire français Cheplapharm, et sous des versions génériques par d’autres groupes. Mais la molécule de base est largement produite par une entreprise grecque, Pharmaten, confrontée à « un problème de production », selon l’ANSM.

Fin janvier, l’agence du médicament avait annoncé une première série de mesures, comprenant l’interdiction des exportations et, surtout, une restriction des prescriptions. Elle avait alors demandé aux psychiatres de ne plus commencer un traitement sous quétiapine pour d’autres raisons qu’un trouble bipolaire. « Les alternatives doivent être privilégiées pour toutes les autres indications », avait recommandé l’ANSM.

Toutefois, certains professionnels s’inquiétaient de la difficulté à substituer d’autres médicaments à la quétiapine, à commencer par le psychiatre Antoine Pélissolo, premier à sonner l’alerte. Il avait pointé le risque suicidaire chez des patients qui verraient interrompu leur traitement sous quétiapine. Ces difficultés d’approvisionnement s’inscrivent dans un contexte plus large de pénuries de médicaments auxquelles les autorités sanitaires assurent tenter de riposter depuis plusieurs années.

Troubles bipolaires et schizophrénie : face aux pénuries de quétiapine, l’ANSM diffuse de nouvelles recommandations

17 février 2025

Rupture de quétiapine LP : comment y faire face ?

Guide pratique et interview exclusive de Dr Émilie Bonnard, psychiatre

La quétiapine LP, pilier incontournable du traitement de la schizophrénie et du trouble bipolaire, subit actuellement de fortes tensions d’approvisionnement, plaçant les équipes soignantes dans une situation délicate. Alors que la Direction Générale de la Santé (DGS) vient de publier des recommandations pour encadrer la prescription et la dispensation de cette molécule, le Dr Émilie Bonnard, psychiatre, décrypte les enjeux cliniques et propose des pistes concrètes pour accompagner au mieux les patients sans compromettre leur équilibre psychique.

https://www.pharma365.fr/je-m-informe/cote-medicament/rupture-de-quetiapine-lp-comment-y-faire-face-guide-pratique-et-interview-exclusive-de-dr-emilie-bonnard-psychiatre/

16 février 2025

[Livre] : Mon vrai nom est Elisabeth

Dans son premier roman, Adèle Yon réhabilite la vie et l'histoire de son arrière-grand mère, Elisabeth, considérée comme schizophrène et réduite au silence.

Écouter son interview sur France Culture (18mn) :


Synopsis :

Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Elisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C’est à peu près tout. Les enfants d’Elisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n’en parlent pas à leurs enfants qui n’en parlent pas à leurs petits-enfants. “C’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c’était un non-sujet.”

"Mon vrai nom est Elisabeth" est un premier livre poignant à la lisière de différents genres : l’enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, l’essai. À travers la voix de la narratrice, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires, celles du poids de l’hérédité, des violences faites aux femmes, de la psychiatrie du XXe siècle, d’une famille nombreuse et bourgeoise renfermant son lot de secrets.

15 février 2025

Santé mentale et psychiatrie, thématique phare de la HAS pour 2025-2030

La Haute Autorité de santé (HAS) présente son projet stratégique pour 2025-2030. Il définit trois priorités, centrées sur les besoins et attentes des personnes, des professionnels et des pouvoirs publics et trois thématiques phares, parmi lesquelles la santé mentale et la psychiatrie.

Vieillissement de la population, inégalités sociales, disparités territoriales, soutenabilité financière, enjeux environnementaux ou encore accélération de l’innovation en santé : « les défis qui se présentent à notre système de santé sont nombreux », précise la Haute Autorité de santé (HAS) dans la présentation de son plan stratégique pour les cinq années à venir… Dans la suite du précédent (2019-2024), il complète le programme de travail défini annuellement par l’agences. Le plan définit trois priorités :

– Promouvoir l’approche intégrée du parcours de vie des personnes ;
– Défendre la qualité dans un système de santé en tension ;
– Préparer l’avenir pour consolider le modèle français.

Il identifie également trois thématiques phares sur lesquelles la HAS compte renforcer son attention : la prévention, la santé mentale et la psychiatrie, ainsi que le numérique et l’intelligence artificielle.

Santé mentale et psychiatrie

Dans ce champ, la HAS présente ainsi sa stratégie. « Le secteur de la psychiatrie est traversé par une crise de grande ampleur (postes vacants, inégalités territoriales dans la répartition de l’offre, coût économique conséquent, conditions dégradées de l’accueil en établissement…). Pourtant, les besoins de suivi et de soins en santé mentale sont de plus en plus prégnants, en particulier chez les jeunes. Consciente de ces enjeux, la HAS s’est saisie de ce sujet dès 2013, avec l’élaboration de son premier programme de travail pluriannuel dans le champ de la psychiatrie et de la santé mentale. Elle entend intensifier son engagement, en mobilisant l’ensemble de ses services et de ses commissions, pour contribuer à l’amélioration de la santé mentale de la population. Grâce à son comité santé mentale et psychiatrie et à son nouveau programme de travail 2025-2030, la HAS s’est d’ores et déjà dotée d’un levier puissant pour orienter et coordonner ses actions.

La HAS a notamment l’ambition de :
— améliorer significativement et durablement le repérage, le diagnostic et la prise en charge des troubles les plus sévères et invalidants, tels que les troubles schizophréniques et bipolaires. Ces troubles, aux conséquences multiples (espérance de vie réduite, prévalence accrue de maladies somatiques, répercussions sur la vie personnelle et sur les proches…), feront l’objet de recommandations professionnelles reposant sur la médecine fondée sur les faits (actuellement inexistantes en France). Des parcours, des indicateurs de qualité des soins et des parcours, et des outils d’aide au repérage précoce, aux soins et à l’accompagnement de prodromes psychotiques ou « psychoses émergentes » seront également élaborés ;
— améliorer la qualité des soins et des accompagnements sociaux des personnes les plus vulnérables : enfants et adolescents, personnes âgées, personnes à risque et en situation de handicap psychique, réfugiés et migrants. Ces travaux s’appuieront sur une démarche pluriprofessionnelle, au sein de laquelle la participation des personnes et de leurs proches sera centrale. Le suivi de la qualité, par des indicateurs ou dans le cadre de la certification des établissements de santé et de l’évaluation des établissements et services sociaux et médico-sociaux, devra tendre vers une logique de parcours de vie ;
— promouvoir des stratégies globales de prévention en matière de santé mentale, en favorisant le repérage précoce de comportements à risque, notamment dans le cadre de travaux sur les troubles les plus fréquents en population générale (troubles anxiodépressifs, conduites suicidaires). La coordination pluridisciplinaire des parcours des personnes doit contribuer à une déstigmatisation, à une restauration de la participation à la vie sociale et à l’amélioration des conditions de vie des personnes atteintes de pathologies psychiatriques ou de troubles psychiques. »

• Le « Projet stratégique 2025 – 2030 » est disponible en pdf sur le site de HAS. Voir aussi le communiqué de presse du 4 février 2025.

Santé mentale et psychiatrie, thématique phare de la HAS pour 2025-2030 - Santé Mentale

14 février 2025

Quétiapine en rupture de stock : "Ce cas est particulier car il s'agit d'un médicament essentiel"

Dans un récent communiqué, le professeur en psychiatrie Antoine Pelissolo vient de tirer la sonnette d’alarme : « l’approvisionnement en quétiapine est complètement à l’arrêt dans tout l’hexagone », s’insurge-t-il.

« Ce médicament, commercialisé en France depuis environ 15 ans, est très prescrit dans plusieurs types de troubles psychiques durables : la schizophrénie, le trouble bipolaire et certaines dépressions », ajoute-t-il. Une rupture de stock de ce médicament fait planer le risque de perte de chances pour ces patients, voire de suicides. 

Entretien avec Antoine Pelissolo.

Medscape édition française : Est-ce la première fois que vous êtes confrontés à une rupture de stock comme celle que vous rencontrez actuellement pour la quétiapine ?

Pr Antoine Pelissolo : En ce qui concerne les psychotropes, nous avons rencontré des incidents par le passé. Cependant, ces problèmes ont généralement pu être résolus rapidement en l'espace de quelques semaines. Néanmoins, le cas de la quétiapine est particulier car il s'agit d'un médicament essentiel utilisé dans le traitement de maladies graves et courantes telles que la schizophrénie et les troubles bipolaires. Par conséquent, toute perturbation dans sa disponibilité peut avoir des répercussions significatives sur la santé des patients.

Combien de patients sont concernés par cette rupture de stock ?

Pr Antoine Pelissolo : Nous ne disposons pas encore de chiffres précis, mais les estimations indiquent qu'environ 200 000 personnes traitées utilisent ce médicament. Cela représente un nombre significatif avec des conséquences potentielles importantes. Mais j’insiste : le principal problème est l'absence de communication préalable. Il y a un grand nombre de patients concernés, ce qui complique l'information aussi bien pour eux que pour les prescripteurs. Ne pas pouvoir anticiper pour un médicament de cette nature est problématique.

Existe-t-il la possibilité de remplacer ce médicament, ou y a-t-il des cas de patients pour lesquels aucun remplacement n'est envisageable ?

Pr Antoine Pelissolo : Il faut être pragmatique. En médecine, on fait avec les moyens disponibles. On cherche des solutions au cas par cas, et certains patients ont vu leur traitement modifié. Mais certains patients réagissent bien à la quétiapine, après des essais infructueux avec d'autres : pour ceux-là ce sera difficile de trouver des alternatives. Il faudra peut-être revenir à des traitements moins efficaces, comme avant l'arrivée de la quétiapine il y a une quinzaine d'années.

Cela pose un problème de souveraineté puisque nous n'avons pas de contrôle sur la situation.

J’ajoute que l’arsenal thérapeutique en France est restreint, du fait des choix politiques et économiques. Je m’explique : en France, les médicaments sont généralement abordables, ce qui est cohérent avec les dépenses de santé. Cependant, cela limite le nombre de médicaments disponibles, notamment les psychotropes comme les antipsychotiques. Les agences de régulation, pour des raisons de bénéfice-risque ou financières, refusent certains médicaments. Cette situation crée des pénuries, compliquant la substitution par d'autres traitements. Il serait nécessaire de revoir les priorités politiques pour mieux soutenir la psychiatrie et les psychotropes, car ces enjeux de santé publique sont cruciaux.

Depuis que vous avez signalé le problème, avez-vous reçu des informations concernant la réintroduction de ce médicament sur le marché ou des réponses de la part des industriels ?

Pr Antoine Pelissolo : L'ANSM a informé que la cause du problème est liée à des difficultés de production chez le fabricant unique du produit actif au niveau mondial. En conséquence, la production est réduite et répartie différemment. Un autre enjeu est que, étant donné que ces produits sont vendus à un prix inférieur ici, les laboratoires préfèrent les commercialiser dans des pays où les marges sont plus élevées. Cela pose un problème de souveraineté puisque nous n'avons pas de contrôle sur la situation. Actuellement, il n'y a pas d'information disponible sur les délais de réapprovisionnement, ce qui signifie qu'il est recommandé de ne plus prescrire ce médicament à de nouveaux patients. Cependant, cela pose la question de la gestion des traitements en cours.

Est-ce la première fois que vous vous êtes confrontés à ce genre de rupture de stock brutale ?

Pr Antoine Pelissolo : Il semble que la situation ne soit pas aussi brutale que cela, la pénurie de quétiapine n’est pas survenue d’un coup, il y a eu une lente progression que nous n’avons pas remarquée. Nous sommes tellement habitués à ces pénuries que lorsque les patients nous disent qu'ils n'ont pas trouvé un médicament, nous leur suggérons de consulter d'autres pharmacies. Récemment, cela est devenu de plus en plus fréquent, atteignant un point critique, jusqu’à la rupture de stocks. Malheureusement, cette situation est devenue courante. Les pharmaciens passent beaucoup de temps à chercher des boîtes de médicaments, et l’on s’y habitue.

Ce qui est vraiment préoccupant, c'est qu'il s'agit là d'un médicament unique, difficile à remplacer, et très utile pour traiter des maladies graves. Pour les anxiolytiques, il existe des alternatives ; pour les antidépresseurs, bien que les traitements soient individuels, le choix est assez large. Cependant, pour les troubles de l'humeur et la schizophrénie, les options sont très limitées, rendant la situation bien plus sensible.

Cela fait 8 ans que des mesures ont été prises pour lutter contre les ruptures de stock, depuis la loi de modernisation de Marisol Touraine jusqu'aux dernières mesures des derniers PLFSS. Pensez-vous que cet arsenal juridique a atteint son objectif ou la situation empire-t-elle ?

Pr Antoine Pelissolo : Selon les statistiques de 2024, la situation s'est légèrement améliorée par rapport à l'année précédente, mais le problème persiste. Il y a toujours des situations nouvelles, donc la question n'est pas réglée. Une politique plus agressive est nécessaire pour lutter contre ces ruptures, car elles représentent une perte de chance potentielle, notamment un risque de suicide pour des maladies comme la schizophrénie.

Quétiapine en rupture de stock : « Ce cas est particulier car il s'agit d'un médicament essentiel »

13 février 2025

Troubles psychiques et emprisonnement : des questions sans réponse

Dossier : Au Cœur de la Bioéthique par Ophélie Gobinet, correspondante à Strasbourg

S’informer, échanger, bousculer les certitudes sur des questions qui dérangent… Telle est l’ambition du Forum européen de bioéthique de Strasbourg. 
Au programme de cette quinzième édition, du 29 janvier au 1er février 2025 : la santé mentale.

Août 2024. A Bâle, en Suisse, le meurtre d’une femme de 75 ans fait la une des médias. L’auteur des faits, un homme de 32 ans, atteint de schizophrénie paranoïde et de troubles de la personnalité, était traité à la clinique psychiatrique universitaire de Bâle (UPK). C’est lors d’une sortie non accompagnée que le trentenaire est passé à l’acte. En 2014, il avait déjà tué deux femmes, selon la Télévision suisse romande. Dans la Confédération, un choc, de la stupeur et cette question : comment cet homme a-t-il pu être autorisé à sortir seul ? Plus largement, comment prendre en charge les patients atteints de troubles mentaux ? Et comment trouver l’équilibre entre les droits de l’individu et les préoccupations de sécurité publique ? Ces liens entre santé mentale, justice et libertés seront discutés au cours d’une table ronde à Strasbourg, le 30 janvier.

Interrogé par la presse suisse sur l’éventualité d’un «échec du système» qui aurait conduit au meurtre de la septuagénaire, Panteleimon Giannakopoulos, professeur de psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Genève, a répondu que le «risque zéro» n’existait pas. Figure de Curabilis, établissement fermé détenant des personnes condamnées et suivies pour des troubles psychiatriques graves, Pantaleimon Giannakopoulos considère que la progression d’une personne condamnée et atteinte de troubles ne peut que se faire si le monde carcéral et le monde du soin s’entendent. «Il faut un regard pluriel, chose qu’on ne peut pas faire si le carcéral prédomine», estime pour Libération le psychiatre. Il le reconnaît : en Suisse, comme ailleurs en Europe, la prise en charge de ces patients atteints de troubles mentaux est conditionné par l’opinion publique, les choix politiques et les moyens investis.

«Il est avéré que la détention aggrave les fragilités préexistantes»

Sur ce point, Manuel Orsat, psychiatre, expert près la cour d’appel d’Angers dresse ce constat : «L’expertise psychiatrique se situe au carrefour, entre la misère de la psychiatrie et l’infortune de la justice». En France, en vingt ans, le nombre d’experts psychiatres est passé de 800 à 300, entre 2002 et 2022, alors même que le nombre d’expertises demandées par les juges ne cesse de croître. Secrétaire général de la Compagnie nationale des experts psychiatres près les cours d’appel, le médecin insiste sur l’importance des experts psychiatres pour éclairer les juridictions et plus largement, porter cette question : «Que fait-on de nos fous qui passent à l’acte ? Et comment s’y prend-on pour les identifier ?».

«Les prisons sont souvent celles de la misère», estime Catherine Paulet, également participante à la table ronde. Dans une interview accordée en 2023 au Centre Osiris, une association spécialisée dans le soin thérapeutique aux victimes de tortures, elle estime «essentiel de laisser la lumière allumée dans le “closed and dark world”», que sont les populations atteintes de troubles mentaux. Psychiatre en milieu pénitentiaire depuis 1991, Catherine Paulet a signé en 2015 l’appel du Nouvel Obs sur les conditions de détention dans les prisons en France. «Il est avéré que la détention aggrave les fragilités préexistantes et favorise les épisodes de décompensation psychiatrique», indique-t-elle. Engagée personnellement dans le combat pour les droits des personnes privées de liberté, elle a fait sienne cette citation de Gandhi : «Tout ce que tu feras sera dérisoire mais il est essentiel que tu le fasses».

Troubles psychiques et emprisonnement : des questions sans réponse – Libération

12 février 2025

Heureux et Perchés, un média qui discute de pair-aidance et de santé mentale

Nous relayons ici un appel à l'aide pour un beau projet !

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Bonjour,

Je suis concerné par une schizophrénie depuis 2017 et pair-aidant en santé mentale au CHU de Brest depuis janvier 2024.

Je me permets de vous solliciter aujourd’hui dans le cadre du projet Heureux et Perchés, un média qui discute de pair-aidance et de santé mentale (https://heureux-et-perches.ghost.io)

J’ai lancé une campagne de financement participatif pour offrir aux membres abonnés une mixtape composée par des personnes concernées par un trouble psychique.

Seriez-vous en capacité de soutenir financièrement le projet ou de le faire tourner auprès de vos adhérents ?

Merci pour votre temps et vos actions !

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Pour en savoir plus :


11 février 2025

"Sous le regard": un atelier pour redynamiser l’estime de soi

"Sous le regard" est un groupe thérapeutique basé sur le chant, la danse et le théâtre, construit à l’EPSM Georges Mazurelle de Vendée par et pour cinq adultes souffrant de déficience intellectuelle et de troubles psychiatriques. En atelier, geste ou proposition sont applaudis à l’« Estimomètre », ce qui produit une ambiance positive et réconfortante, source de confiance en soi. Un dispositif récompensé au Congrès Français de Psychiatrie 2024.

Ce groupe chant, danse et théâtre s’inscrit dans une longue tradition de l’établissement qui poursuit auprès des patients sa stratégie de thérapie médiatisée non médicamenteuse. Il est animé par une équipe pluriprofessionnelle composée d’une ergothérapeute, d’une psychomotricienne, d’un infirmier, d’une aide-soignante et d’une psychologue. Objectifs : utiliser l’activité créative psychocorporelle comme médiateur afin de travailler divers problématiques : motrices, sensorielles, cognitives et sociales.

Mais ce groupe « Sous le regard » est aussi né de la volonté de mettre les patients littéralement sur la scène, pour danser, sourire, se montrer vivants et surtout avec les autres. Pour les soignants : « Etre « Sous le regard » de l’autre est un événement qui engage. D’ailleurs, au début, les patients ont très bien remarqué la présence de soignants invités à observer le groupe pour comprendre ce que nous y engagions. C’est cette réaction d’être mis en avant, d’être admirés plus qu’observés qui a changé leur trajectoire : ils allaient devoir créer aux yeux des autres ». Une représentation a lieu en interne une fois par an.

Les points clés de ce groupe sont :


– la remédiation cognitive et corporelle : les patients vont choisir les chansons, écrire leur pièce et danser la chorégraphie ou créer à partir de ce qu’il leur reste de leur « bibliothèque » de gestes appris tout au long de ces deux ans d’atelier. Le corps se redresse, leur endurance, la mémoire et la concentration s’améliorent.


– l’effet de troupe : les patients sont seuls sur scène, ils font face ensemble, sans soignants à leur côté. En cas de blancs, tels des funambules, ils concentrent à nouveau leurs forces et repartent dans la lumière. Le public attend, à l’écoute et la scène reprend. Cet échange soutenant avec le public fait partie opérante du processus thérapeutique.


– l’Estimomètre est un outil visuel inventé à partir des paliers de satisfaction atteints par les patients suite aux applaudissements nourris du public. Ce renforçateur a eu un effet considérable sur la confiance en soi.


– la réhabilitation sociale : être regardé par les différents services de l’établissement et sur une scène municipale ouverte au public de la Ville de La Roche-Sur-Yon favorise l’inclusion des personnes souffrants de troubles psychiques.

Au final, ce groupe favorise le rétablissement et l’action collective. Le spectacle devient comme un symbole de l’inclusion des personnes souffrant de handicap psychique dans la société. Il signe une nouvelle étape de leur vie : de patients à citoyens-acteurs ou la naissance d’un nouveau statut, d’une nouvelle vie.

"Sous le regard" : un atelier pour redynamiser l'estime de soi - Santé Mentale