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11 septembre 2025

[Livre] : François, Xavier, Paul et les autres

Rémy Becquart, Editeur : BoD-Books in Demand ; parution le 10/03/25

François n'était pas un enfant comme les autres. Il était beau, envoûtant même. Jusqu'à ses six ans, cela ne faisait aucun doute :
« Il aura une belle vie, une vie de star, ça se lit sur son visage, il a quelque chose en plus ! »

Tout le monde pensait cela, en l'observant. Son âme était son sourire, ses lèvres immobiles tout son être à venir.
Pourtant, François ne parlait pas, allez savoir pourquoi ? Ce fut la question de toute une vie. Pas celle de François, quoique, mais celle de la mère. Et de son petit frère Paul aussi, parfois. Quant au père, loin de tout cela, il transpirait en paroles. Alors que pouvait-il comprendre de la vie de son fils silencieux ?
Et puis il y avait Xavier, cet architecte convaincu et brillant, toujours en conquête de projets pour son agence et de femmes pour ses facondes. Dans sa famille, c'est sa mère qui gardait le silence. Au fur et à mesure du temps qui passait, elle cultivait, malgré elle, une dissension avec son fils. Un doute, dans leur relation, qui le consumait à petit feu, grignotant, jusqu'au silence, ses solides assises verbales.
Et quand, au coeur des paysages grandioses du lac d'Annecy, s'entremêlèrent les récits de François, Xavier, Paul, et les autres, alors se firent entendre, par échos successifs, des histoires d'amour contrarié, de trauma apaisé, de voix retrouvée et pour finir, tout au fond du Nant de Craz, le double écho d'un égo foudroyé.

10 septembre 2025

Handicap psychique et cancer : comment améliorer prévention et soins ?

Des résultats et des outils pour agir, issus de l’étude CAHP (Cancer et handicap psychique)*, ont été diffusés le 20 août par la Fondation internationale de recherche appliquée sur le handicap (FIRAH). Cette vaste recherche-action, qui a inclus de nombreux partenaires, interrogeait les liens entre le cancer et les troubles psychiques. L’objectif global de cette recherche** était de définir et d’observer, pour les personnes avec un trouble psychique, les liens que la situation de handicap entretient avec l’expérience cancéreuse (soupçonnée ou diagnostiquée) et, plus largement, avec la santé somatique.

Freins et paradoxes

Ce travail pointe tout d’abord les difficultés lors du dépistage et de l’accès aux soins oncologiques. L’étude constate notamment des taux de dépistage et de diagnostic plus faibles que dans la population générale, entraînant une surmortalité. Plusieurs facteurs sont en cause : manque d’information, invitations au dépistage adressées aux tuteurs ou encore anxiété face aux examens. Une fois le cancer diagnostiqué, le parcours se heurte parfois à des maladresses voire des violences symboliques de la part des soignants qui s’adressent davantage aux accompagnateurs qu’aux patients. Les soins somatiques peuvent d’ailleurs prendre du retard à cause de la priorité donnée aux soins psychiatriques.

A ces freins s’ajoutent à des facteurs de vulnérabilité spécifiques liées à la pathologie psychique. Les aidants familiaux apparaissent comme des maillons indispensables du parcours. Leur présence permet non seulement de sécuriser les rendez-vous mais aussi de traduire et d’adapter l’information médicale. Les infirmiers, médecins généralistes et psychiatres constituent également souvent des points d’ancrage essentiels pour les patients.

Au-delà des difficultés, l’étude relève aussi des dimensions inédites de résilience et d’adaptation. Ainsi, elle pointe des mécanismes psychologiques développés par les personnes concernées. Si le cancer symbolise souvent une rupture, il peut aussi être un catalyseur de liens sociaux et d’apprentissages émotionnels pour les malades comme pour leur entourage.

Des recommandations pour fluidifier les parcours

Pour réduire ces inégalités, l’étude formule plusieurs recommandations : développer une information en santé adaptée, renforcer la coordination entre champs psychiatrique et somatique et former les soignants aux spécificités du handicap psychique. Il s’agit également de créer des référents parcours capables de fluidifier les liens entre les services hospitaliers et les structures médico-sociales. L’étude CAHP a donné lieu à la création de plusieurs outils de sensibilisation, d’information et de formation, destinés au grand public, aux personnes concernées et aux proches, ainsi qu’aux soignants. Développés en partenariat avec l’agence de production Les Trois Petits Points (anciennement Agence DIODE), ils sont disponibles en ligne.

**Cette recherche a été menée par le laboratoire LISST de l’Université de Toulouse Jean Jaurès et du CNRS, en partenariat avec l’Université Saint-Etienne, Aix-Marseille Université, l’UNAFAM, l’Institut Bergonié, l’Institut Camille Miret, l’ARSEAA (Association Régionale pour la Sauvegarde de l’Enfant, de l’Adolescent et de l’Adulte), l’ARESVI (Association de Recherche et d’Etude sur la Santé, la Ville et les Inégalités), le FORMS (Fédération Occitanie Roussillon des Maisons de Santé pluri-professionnelles), la FECOP (Fédération de l’exercice coordonné pluriprofessionnel), et l’Agence Les Trois Petits Points (anciennement Agence Diode).

*Recherche CAHP : une étude des effets croisés entre la situation de handicap et l’expérience cancéreuse

Handicap psychique et cancer : comment améliorer prévention et soins ? - Santé Mentale

Cancer : le handicap psychique, cause d'inégalités d'accès aux soins | Infirmiers.com | IPA & Spécialités | Recherche et bibliographie

09 septembre 2025

Esat : les travailleurs handicapés peuvent réclamer des congés acquis depuis 2009

S'inscrivant dans le cadre du plan de transformation des établissements et services d'accompagnement par le travail (Esat), deux décrets et un arrêté du 25 août 2025 modifient, sur plusieurs points, la réglementation applicable à ces structures.

En particulier, est instauré un droit à congés des travailleurs handicapés pendant les périodes de maladie non professionnelle. En clair, ils ont désormais droit à deux jours de congé par mois lorsqu'ils sont en arrêt de travail pour une maladie "ordinaire".

Ces dispositions sont applicables de façon rétroactive : les travailleurs des Esat, ainsi que ceux qui en sont partis depuis moins de trois ans, peuvent réclamer leur mise en œuvre (octroi de jours de congé supplémentaires ou paiement d'une indemnité de congés payés).

Ces mesures peuvent avoir un impact financier et/ou organisationnel important pour les Esat.

Esat : les travailleurs handicapés peuvent réclamer des congés acquis depuis 2009

08 septembre 2025

Handicap : comment nos préjugés affectent nos relations

Évaluer la qualité de la relation qui se noue entre deux personnes, l’une porteuse d’un handicap, l’autre non : tel est l’objectif de l’étude novatrice menée en conditions réelles, en contexte étudiant, par deux enseignantes-chercheuses en psychologie, Nadège Doignon-Camus et Maria Popa-Roch, du Laboratoire interuniversitaire des sciences de l'éducation et de la communication (Lisec)*. L'un des 31 projets soutenus dans le cadre de l’appel à recherche exploratoire 2024 de l’Initiative d’excellence.

Nous sommes parties d’une hypothèse : la qualité de la relation nouée entre deux personnes va forcément être affectée si l’une est porteuse d’un handicap. Ceci n’est pas un jugement de valeur, mais c’est intimement lié à la nature humaine, les relations s’établissant sur la base de jugements amorcés spontanément lors d’interactions sociales et d’a priori, expliquent de concert Nadège Doignon-Camus et Maria Popa-Roch. La première est spécialiste de psychologie cognitive, la seconde de psychologie sociale. Leurs recherches communes sont menées à la croisée de ces deux champs.

« D’où viennent les malentendus qui peuvent s’installer ? »

Partant de ce constat, nous avons besoin de comprendre ce qui se joue dans la rencontre, le face-à-face, dans l’interaction pour, justement, dépasser ces a priori. C’est ce qui m’intéresse et ce qui est à l’origine de mes travaux depuis le début, précise Maria Popa-Roch. D’où viennent les malentendus qui peuvent s’installer ?, complète Nadège Doignon-Camus.

40 binômes d’étudiants

Pour y répondre, une étude d’ampleur a été menée à l’automne et au printemps derniers, en parallèle du travail de thèse de Mélanie Huber, que codirigent les deux enseignantes-chercheuses du Lisec. Dans le cadre d’un scénario préétabli, 120 binômes d’étudiants ont été recrutés pour un travail collaboratif. Trois types de binômes ont été formés : deux étudiants sans handicap ; un sans handicap/un en fauteuil ; un étudiant sans handicap et un porteur de dyslexie. Prenant garde à ne pas laisser leurs biais les influencer, les chercheuses ont établi un protocole de recherche strict : Les étudiants ne sont évidemment pas au courant qu’ils participent à une expérience, ils pensent qu’ils participent à un travail de groupe classique, dans le cadre de leurs études : on parle dans le jargon de “participants naïfs”. Concernant le handicap « invisible » (la dyslexie), l’autre membre du binôme étudiant est mis au courant. Seuls trois « complices », organisateurs, sont dans la confidence des véritables règles du jeu.

Décodage

Bras croisés, sourires, signes d’acquiescement, d’agacement et de distanciation comme les bras croisés, ton froid ou chaleureux…

Nous en sommes désormais à la phase d’analyse, à partir des entretiens, qui ont été filmés. Là encore, tout est fait pour éviter les biais : une grille d’observation très fine des comportements a été établie, et codée par des personnes neutres, informées ni de la nature de l’étude, ni de ses objectifs. Bras croisés, sourires, signes d’acquiescement, d’agacement et de distanciation comme les bras croisés, ton froid ou chaleureux… Il s’agit d’un véritable décodage des comportements, des gestes et des postures.

L’objectif est à présent d’étudier si la qualité d’interaction entre deux personnes, mesurée par le comportement réel (et non pas les déclarations concernant le comportement), varie en fonction de la présence ou non d’un handicap. Une étude complémentaire est aussi menée avec des enfants, en situation réelle de classe, pour observer les interactions entre un enseignant et un élève porteur ou non d’un handicap. 

En raison de leur complexité d’organisation et de leur coût, tant en termes de ressources que de temps, peu d’études en psychologie sont menées à une telle échelle, en conditions réelles, soulignent les chercheuses, qui apprécient avoir bénéficié du financement de recherche exploratoire de l’Initiative d’excellence (lire encadré). Pour dépasser le stade de l’hypothèse, cela nous a permis de financer les trois postes d’assistantes de recherche, indispensables au bon déroulement de l’étude. 

Faire évoluer le regard et les pratiques

Si leur travail vient confirmer certaines hypothèses, selon lesquelles la qualité des interactions est de moins bonne qualité lorsqu’une personne est en situation de handicap, il va à l’encontre de précédents travaux menés en psychologie, notamment le fait que le handicap visible stigmatiserait davantage que le handicap invisible (ici, la dyslexie).

Quand on sait que la qualité de la relation patient/soignant s’établit dès les premières minutes, ou quand on pense à l’enjeu de la relation enseignant/élève, il est crucial d’être conscient des biais qui nous affectent tous, dans la qualité des relations que nous nouons. Pour faire évoluer le regard et les pratiques.

 

06 septembre 2025

Semaine d’intégration solidaire dans cette école de commerce qui forme "les managers responsables de demain"

Une belle initiative !

Pour leur semaine d’intégration, du 1er au 5 septembre, les étudiants de première année de l’école de commerce ESSCA Lyon, participent à une rentrée solidaire. Ils construisent un jardin thérapeutique pour les résidents des Carbones, établissement hébergeant des personnes atteintes d’un handicap psychique situé à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or.

Rhône. Semaine d’intégration solidaire dans cette école de commerce qui forme « les managers responsables de demain »

04 septembre 2025

[Livre] : Un frère

David Thomas ; éditions de l’Olivier ; parution le 22/08/25

« Pendant presque quarante ans, il aura été là sans plus vraiment être là. Lui, mais plus lui. Un autre.»

David Thomas raconte le combat de son frère contre cette tyrannie intérieure qu’est la schizophrénie. Sa dureté, sa noirceur, ses ravages. Depuis la mort brutale d’Édouard jusqu’aux années heureuses, il remonte à la source du lien qu’il a eu avec son aîné et grâce auquel il s’est construit. Lors de ce cheminement, il s’interroge : comment écrire cette histoire sans trahir, sans enjoliver ? Écrire pour rejoindre Édouard. Le retrouver.

03 septembre 2025

[Série] : "Empathie", sur Canal+ : une psychiatre au bord de la crise de nerfs

Foisonnante et contradictoire, la fiction de la Québécoise Florence Longpré met en scène une praticienne aux prises avec les démons, les siens et ceux de ses patients.

"Empathie", série créée par Florence Longpré et Guillaume Lonergan, écrite et interprétée par Florence Longpré, réalisée par Guillaume Lonergan (Can., 2025, 10 × 50 min). Avec Thomas Ngijol, Adrien Bletton, Benoît Brière, Lyraël Dauphin. Diffusé sur Canal+ à partir du lundi 1er septembre.

Le temps d’une journée, celle qui a vu l’embauche de la docteure Suzanne Bien-Aimé (Florence Longpré, également créatrice et scénariste de la série) à l’institut psychiatrique du Mont-Royal (Montréal, Québec), l’existence de cette jeune médecin semble sortie d’un des classiques du cinéma documentaire – une version fictionnée de l’œuvre de Raymond Depardon ou de Frederick Wiseman. La jeune praticienne doit tout de suite faire face à la souffrance des patients internés dans cet établissement qui accueille les prévenus jugés irresponsables de leurs actes et les cas désespérés, ruser avec les contraintes réglementaires et budgétaires.

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Lire la suite :

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/09/01/empathie-sur-canal-une-psychiatre-au-bord-de-la-crise-de-nerfs_6638060_3246.html

02 septembre 2025

Zèbres & Cie, le premier magazine dédié à la neurodiversité

Troubles « dys », déficit de l’attention (TDAH), troubles du spectre autistique (TSA), 15 % de la population française est neuro-atypique et constitue le « continent invisible » de la diversité. Le système scolaire, les structures sociales, conçus et adaptés au plus grand nombre, isolent souvent et parfois découragent ces personnes aux singularités cognitives, qui doivent aussi faire face à de nombreux préjugés.

Le trimestriel Zèbres & Cie, créé par la journaliste Céline Lis-Raoux, mère d'enfants neuro-atypiques, a pour ambition de mettre en lumière les richesses et les atouts de ces individus Et en interrogeant la norme : et si c’était notre vision de la normalité qui était étriquée ? Peut-on encore parler de « troubles » lorsqu’ils concernent une personne sur six ?

Ainsi le magazine propose des reportages, des enquêtes et des portraits de personnalités inspirantes qui ont trouvé leur voie avec leur neuro-atypie.

01 septembre 2025

Les politiques de santé mentale doivent aller au-delà de l’offre de soins

Tribune

Le plan psychiatrie et santé mentale annoncé le 11 juin par le gouvernement manque d’une approche globale, estime, dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels de santé et de personnes concernées par un trouble psychique, qui plaide pour une stratégie interministérielle dotée de moyens pérennes.

Notre collectif Santé mentale grande cause nationale représente plus de 3 400 organisations mobilisées de longue date pour faire de la santé mentale une priorité politique. Face à l’urgence, nous prenons acte des récentes annonces du gouvernement, mais appelons à aller plus loin pour porter une vision ambitieuse, pluriannuelle et transversale.

Le plan santé mentale et psychiatrie, annoncé le 11 juin par le ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins, Yannick Neuder, constitue un signal fort : repérage et intervention précoces, dès l’école ; investissements dans les centres médico-psychologiques ; soutien aux équipes mobiles ; ou encore suivi post-crise. Ce sont des réponses concrètes qui redonnent du souffle à une psychiatrie publique en grande tension.

Lire la suite sur le site du Monde (réservé aux abonnés).


Liste des premiers signataires : Sandrine Broutin, directrice générale de la Fondation Falret ; Aude Caria, directrice de l’organisme public Psycom ; Dominique Guillot, président de l’association Argos 2001 ; Marie-Odile Krebs, présidente du réseau Transition ; Pierrick Le Loeuff, délégué général du Collectif national des groupes d’entraide mutuelle (Cnigem) ; Denis Leguay, président de Santé mentale France ; Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale d’Alliance pour la santé mentale ; Clémence Monvoisin, présidente de l’Innovation citoyenne en santé mentale (ICSM) et du festival Facette ; Maéva Musso, présidente de l’Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues (AJPJA) ; Déborah Sebbane, directrice du Centre collaborateur OMS pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS). Liste complète à retrouver sur ce site.

29 août 2025

DÉPRESSION : Existe-t-il des marqueurs génétiques du risque et de la réponse au traitement ?

Des marqueurs génétiques de la dépression constituent de bons indicateurs des tendances au moins des réponses aux traitements psychiatriques, confirme cette revue exhaustive des données de dizaines d'études sur les scores polygéniques et leurs implications cliniques pour les principaux troubles mentaux. Des conclusions présentées dans la revue Genomic Psychiatry*, qui devraient permettre à terme, avec la contribution de l'apprentissage automatique, une prise en charge psychiatrique mieux personnalisée.

Car si ces marqueurs génétiques ou scores polygéniques des résultats des traitements des principaux troubles psychiatriques présentent un potentiel prédictif modeste, ils reflètent bien des tendances thérapeutiques cohérentes, souligne l’un des auteurs principaux, le professeur Alessandro Serretti, de l'Université Kore d'Enna (Italie).

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