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31 octobre 2021

Psychose débutante : évaluer l’intérêt d’un entrainement cognitif intensif

Les troubles psychotiques se caractérisent par un ensemble de symptômes traduisant un dysfonctionnement du cerveau chez les personnes qui en sont atteintes : interprétation altérée du monde réel, délires, hallucinations, modification de leurs émotions, difficultés pour réfléchir ou pour s’exprimer (troubles cognitifs), tendance à s’isoler ou à ne plus prendre soin d’elles. 

Cette maladie progressive émerge à l’adolescence et peut évoluer vers la schizophrénie si elle n’est pas traitée suffisamment tôt, mais elle peut se stabiliser et se rétablir si elle est reconnue tôt et si des soins adaptés sont mis en place sans délai.

Afin de pouvoir bloquer, voire inverser, cette progression, est-il possible de détecter au plus tôt les signes précurseurs et trouver de nouvelles cibles d’intervention thérapeutiques ?

C’est le défi du programme PsyCARE et d’une nouvelle étude réalisée au sein de l’équipe par la post-doctorante Dr. Qin He et le Dr Boris Chaumette, qui apporte des réponses prometteuses à ces questions.
Les chercheurs de cette équipe se sont intéressés aux troubles cognitifs car ils sont une caractéristique essentielle de la schizophrénie et précèdent l’apparition de la maladie proprement dite. La cognition peut être affectée dans plusieurs domaines tels que l’attention, la mémoire de travail, l’apprentissage verbal ou encore les fonctions exécutives (planification, inhibition comportementale…) ; ces déficits peuvent être évalués notamment par la mesure du quotient intellectuel (QI).

Il est également connu que la schizophrénie est une maladie complexe faisant intervenir à la fois des facteurs environnementaux (tels que l’utilisation de drogues ou le stress) mais aussi des facteurs génétiques, pour lesquels de nombreux variants communs ont pu déjà être identifiés comme augmentant le risque de développer la pathologie, dans de larges cohortes de patients. Chacun de ces variants a une influence limitée mais des scores de risque polygéniques peuvent être calculés pour chaque patient à partir de la présence de l’ensemble des variants génétiques.

Les chercheurs ont étudié, chez 107 patients présentant un état mental à risque de développer une psychose et suivis pendant un an, les performances cognitives et calculé des scores de risque polygéniques pour différentes pathologies psychiatriques, dont celui associé à la schizophrénie.

Les résultats montrent que les déficits cognitifs pourraient précéder l’apparition de la psychose et que l’architecture génétique associée à la schizophrénie aurait un impact sur la cognition chez les patients présentant un état mental à risque.

Ces résultats pourraient ainsi aider à identifier les individus les plus à risque de développer des déficits cognitifs et ceux qui bénéficieraient le plus d’entrainement cognitif. Ils ouvrent ainsi une voie prometteuse pour des approches thérapeutiques personnalisées, adaptées à chaque patient dans les phases précoces de la psychose et basées sur les scores de risque génétiques, comme cela a déjà été proposé pour l’autisme.

Dans ce contexte, l’équipe du Pr Krebs lance des études visant à mettre en place un entrainement cognitif intensif chez des patients avec une psychose débutante. Cet entrainement reposera sur des tâches réalisées sur des tablettes avec le soutien d’un psychologue qui adaptera le contenu et supervisera les exercices menés par le patient.

Les recrutements démarreront prochainement et les patients peuvent être adressés au Centre d’évaluation pour les Jeunes Adultes et Adolescents (C’JAAD) au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences (cjaadcontact@ghu-paris.fr)

Communiqué GHU, 19 octobre 2021

30 octobre 2021

Handicap psychique : des aidants à bout de souffle

Droits bafoués, stigmatisation omniprésente... "Entre stagnation et dégradation", la situation des aidants de proches avec des troubles psychiques inquiète. Une association réclame un "véritable plan santé mentale".

30 % des aidants affirment que le quotidien de leur proche s'est aggravé en une année tandis que 64 % déclarent que la maladie a eu un impact sur leur propre santé. "En cette journée nationale des aidants, la situation doit évoluer !", réclame l'Unafam. Le 6 octobre 2021, l'association qui accompagne l'entourage des personnes vivant avec des troubles psychiques dénonce les "manquements et abandons" que vivent des milliers de Français dans la deuxième édition de son baromètre des proches aidants. Face à ce "terrible constat", elle invite les pouvoirs publics à agir d'urgence.

Des droits non respectés

« A l'heure où l'ONU condamne la France pour sa politique du handicap et cible tout particulièrement sa mauvaise prise en compte du handicap psychosocial, plus de 4 000 répondants (...) révèlent la non-effectivité des droits et les déficits criants d'offre », explique l'association qui regrette que « nous soyons encore loin d'une société inclusive pour tous ». « La psychiatrie doit repenser la place de l'entourage », poursuit-elle. 71 % des aidants ont notamment le sentiment de ne pas être suffisamment accompagnés dans le parcours de soins de leur proche et 54 % ne rencontrent jamais l'équipe soignante, les privant ainsi de participer au processus de rétablissement.

Une stigmatisation omniprésente

Autre donnée phare : plus de 30 % des sondés déclarent que leur proche vit chez eux et moins de 20 % des personnes vivant avec des troubles psychiques travaillent. Une situation "inacceptable" pour l'Unafam qui estime que, pour rendre leurs droits effectifs, il faut notamment leur permettre d'accéder aux dispositifs de logement accompagné, de maintien dans l'emploi et de compensation du handicap. Pour l'heure, seuls 7 % bénéficient de la PCH. Le 5 octobre 2021, le gouvernement annonce néanmoins que la Prestation de compensation du handicap (PCH) aide humaine pour effectuer certains actes de la vie quotidienne sera élargie, notamment, aux personnes avec un handicap psychique, probablement dès 2022.

De même, dans une période où la question de la santé mentale est au cœur de l'actualité (ses Assises nationales, qui ont eu lieu les 27 et 28 septembre à Paris, ont débouché sur une trentaine de mesures tandis que le 3e Sommet mondial dédié est accueilli par la France les 5 et 6 octobre, (articles en lien sur le site ci-dessous), il est, selon elle, « impensable » que ceux qui ont le plus besoin d'être accompagnés soient victimes de discriminations. Or, 69 % des personnes interrogées déclarent que la maladie de leur proche est représentée de façon « stigmatisante et anxiogène » dans la presse (contre 65 % en 2020).

A quand un « véritable » plan santé mentale ?

A quelques mois de l'élection présidentielle, Marie-Jeanne Richard, présidente de l'Unafam, interpelle les candidats sur la situation « critique » de ces aidants. Pour changer la donne, elle requiert la mise en œuvre « d'un véritable plan santé mentale, doté de moyens financiers adaptés aux enjeux de soins et d'accompagnements, piloté par une agence nationale ». « Ce n'est qu'avec une politique volontariste et coordonnée entre tous les acteurs que nous construirons une société plus juste, plus inclusive », conclut-elle.

Handicap psychique : des aidants à bout de souffle



29 octobre 2021

[Livret] : Le nouvel ambulatoire en santé mentale : pour une vie debout !

Présentation

Améliorer le parcours des personnes vivant avec des troubles psychiques est un enjeu fort des projets territoriaux de santé mentale. Il appartient aux acteurs du territoire de s'organiser pour améliorer, fluidifier et sécuriser le parcours des personnes concernées. Cela implique d'aller vers ces personnes, leur apporter une réponse globale visant leur rétablissement sans négliger leur accès aux soins somatiques. Ces acteurs disposent également d'outils numériques qui peuvent faciliter leur mise en lien avec les autres professionnels du territoire et avec les personnes concernées.

Ce livret s'appuie sur des retours d'expérience d'acteurs qui ont mis en place des dispositifs originaux, au-delà des établissements et des structures. Il est étayé par la contribution de trois groupes de réflexion composés d'experts et d'équipes pionnières représentant une vingtaine d'établissements et de personnes concernées.

A qui s'adresse cette publication ?

Grand public
Professionnels de santé du sanitaire, du médico-social et du social
Etablissements de santé (Directions, PCME, Directeurs des soins, porteurs de projets, équipes soignantes, administratives…)
Etablissements et services médicaux sociaux
Etablissements sociaux qui souhaitent apporter une réponse systémique aux besoins de la population
Référents en ARS
Contenu de la production

La publication "Le Nouvel ambulatoire en santé mentale – Pour une vie debout !"

15 monographies
8 fiches pratiques

Parcours - Le nouvel ambulatoire en santé mentale : pour une vie debout ! (anap.fr)



28 octobre 2021

[Recherche] : Souffrir de diabète pendant la grossesse augmente le risque de maladie mentale des enfants à naître

De plus en plus d'études démontrent que les troubles psychiatriques ont pour partie des origines biologiques.

Selon une nouvelle étude du JAMA, les femmes qui souffrent de diabète pendant leur grossesse ont plus de risques d’avoir un enfant atteint de troubles psychiatriques.

"Le diabète pendant la grossesse est-il associé à des troubles psychiatriques chez l’enfant à naître pendant les quatre premières décennies de sa vie ?", se sont demandés les chercheurs en préambule.

Schizophrénie, anxiété, déficience intellectuelle

Pour répondre à leur interrogation, les chercheurs ont étudié les trajectoires de vie de 2 413 335 bébés nés au Danemark entre 1978 et 2016. 151 208 (6,4%) d’entre eux se sont vus diagnostiquer un trouble psychiatrique au cours de leurs 40 premières années de vie. Et les enfants nés de mères ayant souffert de diabète pendant leur grossesse étaient plus susceptibles de développer un trouble psychiatrique (schizophrénie, anxiété, déficience intellectuelle, problème de développement ou du comportement) que leurs pairs non exposés.

"Les résultats de l'étude indiquent que l'exposition prénatale des fœtus au diabète maternel est associée à des risques accrus de plusieurs troubles psychiatriques dans les 40 premières années de vie de ces enfants", concluent les auteurs de l’étude.

JAMA Netw Open. 2021;4(10):e2128005. doi:10.1001/jamanetworkopen.2021.28005

27 octobre 2021

[Livre] : "Réinventer notre santé mentale avec la Covid-19"

Ecrit par Marion Leboyer, Lisa Letessier et Anne de Danne, Le livre "Réinventer notre santé mentale avec la Covid-19"  vient de paraître aux éditions Odile Jacob.

 

L’ambition de cet ouvrage est tout d'abord de faire un constat sur les conséquences psychiques, psychologiques et sociales de la crise sanitaire.

 

La Covid-19 a eu un impact pour des millions de personnes. Ses conséquences, notamment psychologiques et psychiatriques, vont s'inscrire dans le temps long.

 

Près d’une personne sur cinq développera des difficultés psychologiques et des troubles mentaux.

 

Ces troubles sont liés aux effets délétères de la crise sanitaire (confinement, isolement, angoisse pour soi et pour ses proches, deuil, crise économique,...).

Mais, comme nous l'apprend l'immunopsychiatrie, ils sont également liés à l’infection du virus elle-même. 

 

Face à ce constat, les auteurs souhaitent cependant délivrer un message clair : il existe des solutions individuelles et collectives.

 

Ainsi, cet ouvrage décrit différentes techniques (TCC, Mindfulness, psychologie positive, ASMR, ... ) qui pourront nous apprendre à construire et améliorer notre résilience face à la crise et à prendre soin de notre santé mentale.

 

Depuis sa création en 2007, et plus particulièrement depuis la pandémie de Covid-19, la Fondation FondaMental alerte sur la nécessité d'appliquer des solutions qui existent et qui ont fait leurs preuves, sur le modèle du plan cancer :

  • Une augmentation des investissements avec une perspective dans la durée
  • Une vision globale qui va de l'information à la recherche en passant par les soins
  • Un opérateur de pilotage unique

Cette crise ne pourrait elle pas être une chance pour notre système de se réinventer ? 




26 octobre 2021

Impact du confinement : une charge supplémentaire pour les aidants


Rapport final de l’enquête "Impact du confinement : une charge supplémentaire pour les aidants", menée par le CIAAF national (animé par l’UNAF) avec l’IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales) : rapport final de l’enquête.

25 octobre 2021

D'où vient la clinophilie, cette envie irrépressible de rester au lit ?

La clinophilie – ou le fait d’avoir envie de rester dans son lit - est un symptôme peu connu de certains troubles psychiatriques. Il peut notamment être révélateur d’une dépression ou d'une schizophrénie.

Qu’est-ce que la clinophilie ?

La clinophilie désigne "le fait d’être attiré et d’aimer son lit. De façon élargie, c’est le fait d’aimer rester chez soi", définit le psychiatre Nicolas Neveux. Ce n’est pas une maladie, mais le symptôme d’un trouble.

La clinophilie n’est donc pas associée à un besoin de sommeil mais à un besoin de se sentir en sécurité. "Le réflexe, quand on ne va pas bien, c’est de se mettre au lit. C’est le lit consolateur", explique le Dr Neveux.

Quels sont les troubles qui se cachent derrière la clinophilie ?

Cette envie de rester allonger des heures durant est souvent annonciatrice d’une pathologie psychologique ou psychiatrique. La plus commune étant la dépression. Pour le Dr Neveux, "c’est un symptôme au même titre que la tristesse, le pessimisme ou la péjoration de l’avenir. La dépression doit être traitée et devient une urgence lorsque la personne commence à avoir des pensées suicidaires", explique-t-il. C’est donc le diagnostic sous-jacent à cette clinophilie qui va être traité, plutôt que le symptôme en lui-même.

Ce symptôme peut aussi être le signe d’une schizophrénie. La personne se sent menacée ou persécutée par l'environnement extérieur et préfère rester dans ce lieu rassurant que constitue le lit. Il peut aussi se percevoir chez les personnes ayant des troubles anxieux comme l’agoraphobie (peur des lieux publics) ou les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).

Quels sont les traitements ?

Dans le cas de la dépression, deux psychothérapies ont prouvé leur efficacité : la thérapie interpersonnelle (TIP) et la thérapie cognitive et comportementale (TCC).

La première psychothérapie consiste à mettre en avant l’importance et les bienfaits des interactions sociales. Cela permet à la personne de créer de l'apaisement émotionnel via des liens sécures avec son entourage. La deuxième vise à démontrer que le fait de rester chez soi n’apporte aucun bénéfice à long terme. "L’antidépresseur n’est pas un passage obligatoire dans la dépression", estime pour sa part le Dr Neveux.

En revanche, les médicaments sont souvent indispensables pour traiter la schizophrénie, qui est une maladie plus complexe. "Pour cette maladie, c’est une prise en charge plus globale. En général, le patient dépressif ou anxieux est conscient de son trouble, ce n’est pas toujours le cas pour le schizophrène ", explique le psychiatre.

24 octobre 2021

Lando NORRIS : Parler de santé mentale peut "beaucoup aider les autres"

Lando NORRIS est un pilote de Formule 1 de premier plan. Il espère que sa volonté de s'exprimer sur les difficultés qui ont été les siennes incitera des personnes à parler plus ouvertement de leurs problèmes.

Pour lui, poser les mots sur son ressenti peut mener d'autres personnes à identifier leurs problèmes et à prendre à leur tour la parole. "Je me sens bien mieux maintenant qu'il y a deux ans. Et ça me permet de tout apprécier beaucoup plus."

"On apprécie beaucoup plus la vie. On ne passe pas son temps à s'inquiéter ou à paniquer, etc. On se sent juste mieux. Et je pense que plus les gens en parleront, plus tout le monde trouvera la confiance pour chercher de l'aide. Personnellement, ça m'a beaucoup aidé. Et je sais que ça peut aussi beaucoup aider les autres."

La santé mentale des sportifs est un sujet de plus en mis en lumière. En témoignent les prises de paroles de la joueuse de tennis Naomi Osaka ou de la gymnaste Simone Biles ces derniers mois, et Lando Norris s'inscrit dans cette lignée. 

23 octobre 2021

[Handicap] : Une place devant l'entreprise c'est bien, une place dedans c'est mieux.

DuoDay est une initiative permettant tous les ans à une personne handicapée de passer une journée en contexte professionnel au sein d'une entreprise, d'une association ou d'une autre organisation, d'observer le travail d'un collaborateur et de participer à ses tâches quotidiennes.
La prochaine édition est prévue le 18 novembre 2021, dans le cadre de la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées du 15 au 21 novembre.

C'est dans ce contexte que la société LIDL propose en Alsace, plusieurs postes à découvrir :
 - 3 offres sur le poste d'opérateur logistique (préparation de palette) sur la plateforme logistique (Entzheim),

- 3 offres sur le poste d'assistant administratif sur la direction régionale (Entzheim),

 - plusieurs offres sur le poste d'équipier polyvalent sur les supermarchés de Strasbourg Meinau, de Lingolsheim, de Wissembourg, de Val de Moder, de Mulhouse, (rue de Thann), de Vieux Thann.

Le poste d’Equipier Polyvalent consiste à mettre en rayon les produits, la cuisson et la mise en rayon du pain, le nettoyage du supermarché, enlever les cartons, et enfin encaisser les clients.

Comment participer ?
-  soit je possède déjà un compte, j’y accède en saisissant mon identifiant et mon mot de passe des années précédentes ;

-  soit c’est la première fois : je suis guidé pas à pas pour créer mon compte.



22 octobre 2021

Une agence intérim au service du handicap à Mulhouse et Strasbourg

Deux agences Up interim, dédiées aux personnes en situation de handicap, vont ouvrir leurs portes à Mulhouse et à Strasbourg le mardi 2 novembre. L’objectif de ces agences est de favoriser l’égalité des chances et contribuer à trouver des solutions d’emploi durable pour les personnes en situation de handicap, tout en veillant à leur bien-être au travail. 

Ce projet a vu le jour il y a quelques mois, en février 2021, entre l’ Adapei les Papillons Blancs d’Alsace (APBA), Alemploi et l’ association Marguerite Sinclair , trois structures qui s’inscrivent dans la loi du 5 septembre 2018 qui réforme les EA (entreprises adaptées) en EATT (entreprise adaptée de travail temporaire)
CONTACTER 
Magali Rusterholtz : tél. 06.63.73.23.27 ; mail : recrutement.upinterim@mail.com, le site internet est en cours d’élaboration. 
Les agences UP Interim sont situées 14, quai Kléber à Strasbourg et 12, rue Wilson à Mulhouse.