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30 juin 2023

Apathie : définition, que faire quand on a envie de rien ?

La personne apathique est insensible à la motivation ou à la passion, et peut ressentir une grande fatigue. Découverte de ce trouble avec Dina Karoubi-Pecon, psychanalyste et psychothérapeute.


Qu'est-ce que l'apathie ?

"L'apathie désigne une difficulté à se mobiliser pour des activités, causée par un manque d'intérêt émotionnel, et non d'une cause physique", explique Dina Karoubi-Pecon, psychanalyste et psychothérapeute. Concrètement, les patients sont indifférents à tout, aux émotions et aux désirs, et n'ont envie de rien. Ils ne ressentent donc plus d'intérêt à bouger, se mobiliser, et se sentent généralement très fatigués. "La personne est comme gelée. Cela se fait, bien sûr, contre sa volonté. Ce manque d'intérêt peut se répercuter sur sa vie quotidienne, se traduisant par des difficultés au travail ou par un éloignement de ses proches. Souvent, les patients et leur famille en souffrent énormément", précise la spécialiste. Mais certains apathiques n'ont pas conscience de leur état avant que des proches les poussent à consulter. "Cela peut résulter d'une maladie mentale en train de se déclarer ou déjà installée", ajoute-t-elle.

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https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-psycho-psychiatrie/2556804-apathie-envie-de-rien-faire/

29 juin 2023

Quelles sont les situations de stigmatisation vécues en psychiatrie ?

Les pratiques en santé mentale sont une des sources principales de stigmatisation selon les usagers de la psychiatrie et leurs proches (1). Le programme de recherche STIGMApro (2) met en évidence les 15 situations vécues comme les plus stigmatisantes.

Une nouvelle étude issue de ce programme et publiée dans le Journal of Psychiatric Rehabilitation, avait pour objectif d’identifier les situations de stigmatisation dans les soins de santé mentale, spécifiquement vécues par les usagers ayant un diagnostic de schizophrénie et leurs proches. Le programme STIGMApro ayant une approche fondamentalement orientée vers les solutions, l’objectif secondaire de cette enquête était d’identifier les facteurs protecteurs de cette stigmatisation en psychiatrie pour les usagers. Cette publication (3) utilise des méthodes de recherche participative, co-construisant une enquête nationale avec les membres du Clubhouse de Bordeaux. Les résultats rapportent 15 situations les plus stigmatisantes en psychiatrie et les détaille à partir d’un tableau (ci-dessous).

Au final, les usagers qui rapportent peu de situations stigmatisantes dans leurs parcours ont connu peu ou pas de pratique sans consentement et ont bénéficié davantage de pratiques orientées vers le rétablissement. Leurs familles étaient également plus satisfaites de la collaboration avec les professionnels. 

KÉVIN-MARC VALERY, enseignant-chercheur, LabPsy EA4139, PHD, Docteur en psychologie, psychologue clinicien spécialisé en neuropsychologie, université de Bordeaux.

1-Amsalem et al., 2018 ; Mestdagh & Hansen, 2014 ; Schulze & Angermeyer, 2003.
2-Ce programme a été créé sous l’impulsion du Pr. Antoinette Prouteau et du Dr. Jean-Marc Destaillats, en partenariat avec le Centre Hospitalier de Jonzac, l’Université de Bordeaux et l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine. Lancé au début de l’année 2019, le projet est financé pour quatre ans par l’ARS N-A, l’Institut de Recherche en Santé Publique et la Fondation Internationale de la Recherche Appliquée sur le Handicap. Kévin-Marc Valery, docteur en psychologie et co-rédacteur du projet, est employé en tant que coordonnateur du programme.
3- L’étude est accessible sur demande sur ce lien.


https://www.santementale.fr/2023/06/quelles-sont-les-situations-de-stigmatisation-vecues-en-psychiatrie/

28 juin 2023

Conférences : ce que l’on sait de l’autisme aujourd’hui.

Pour permettre à chacun de disposer d’informations sur l’état des connaissances sur l’autisme aujourd’hui et des perspectives d’avenir, la maison de l’autisme organise une série de conférences animées le Pr. Catherine Barthélémy. Sur place ou en ligne, ces rencontres sont proposées les 

21 juin - 28 juin - 5 juillet

(de 14h à 15h)

La Maison de l’autisme inaugurée en avril dernier à Aubervilliers a pour vocation d’être un lieu unique en France de ressources pour les personnes avec autisme, leur famille et les professionnels. Elle accueille un cycle de conférences animées par le Pr. Catherine Barthelemy, Professeure honoraire, directrice du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Autisme et troubles du neurodéveloppement et vice-présidente de l’Académie de médecine.

Ces conférences qui vous permettront en une heure d’avoir un aperçu de l’état de la science en matière d’autisme ainsi que sur leurs perspectives d’avenir, sont organisées sur place et accessibles en ligne.

Pour assister aux conférences sur place, les inscriptions sont gratuites mais obligatoires. Trois dates sont proposées :

21 juin 14h-15h : inscription ici

28 juin 14h-15h : inscription ici

5 juillet 14h-15h : inscription ici

Ces conférences seront également retransmises en ligne (sans inscription). 
Les liens sont disponibles sur les pages d’inscriptions ci-dessus puis disponibles en replay sur le site de la Maison de l’autisme.



27 juin 2023

[Vidéo] : À Montpellier, Medincell a inventé BEPO®, le médicament du futur

Le traitement contre la schizophrénie développé par la société pharmaceutique a reçu le feu vert de la FDA pour les Etats-Unis. 

Si Uezdy a reçu l’approbation de la FDA, celle de l’Europe se fait attendre… mais le traitement de Medincell est prêt. L’entreprise installée à Jacou a même développé plusieurs traitements avec BEPO, dont plusieurs sont actuellement au stade préclinique et clinique (les dernières étapes avant la mise sur le marché). "Outre la schizophrénie, notre technologie peut s’appliquer à de nombreux domaines thérapeutiques susceptibles de changer la donne pour les patients et les soignants comme la contraception, le paludisme, la gestion de la douleur", explique Christophe Douat.

26 juin 2023

Paternités tardives : quels sont les risques ?

Certaines études établissent un lien entre une paternité tardive et le risque, pour l'enfant, de développer des troubles du spectre de l'autisme. « La communauté scientifique n'est pas unanime à ce sujet. Il faut également prendre en compte l'environnement familial dans la survenue de ces troubles », précise Luc Multigner.

Une revue de la littérature publiée en 2015 rapporte que « l'augmentation de l'âge paternel serait plus fréquemment associée à une augmentation de l'incidence de différents types de troubles comme l'autisme, la schizophrénie, les troubles bipolaires et la leucémie infantile dans la progéniture ».

Dernièrement, le 17 mai 2023, une étude de cohorte* a été menée auprès de 18 millions de naissances. Elle révèle que les hommes de plus de 44 ans étaient plus susceptibles d'avoir des bébés avec des anomalies congénitales. « L'âge paternel avancé augmente le risque d'anomalies congénitales, en particulier d'anomalies chromosomiques chez leur progéniture, impliquant la nécessité d'un conseil génétique prénatal », souligne l'étude. Mais Luc Multigner nuance : « Même si le risque augmente, il y a quand même plus de chances d'avoir un enfant en bonne santé que touché par une maladie génétique. »

*Xinghe Bu , Wenjing Ye , Jianguo Zhou, Eur J. Pediatr, 2023, May 17

25 juin 2023

[Série] : Infirmiers en psychiatrie : Episode 1/3

Découvrez le premier épisode de notre série consacrée aux infirmiers en psychiatrie. 
Nous avons suivi pendant 24h Maud Amiaud et Vincent Chielens, deux infirmiers qui exercent au secteur 3 du GHU Paris Psychiatrie Neurosciences, sur le site de l'hôpital Saint-Anne.


24 juin 2023

Quel est le rôle de la nutrition dans la santé mentale ?

L'arrivée de l'été nous donne envie de grandes tablées conviviales et de plats aux saveurs fraîches et saines ! C’est bon pour notre corps à l’évidence mais qu’en est-il pour notre santé mentale ? Anne-Gaël Guiol de la Fondation Falret nous donne quelques précisions.

Les liens entre la nutrition et la santé mentale semblent moins évidents, moins directs que ses liens avec la santé physique. Pour autant, de plus en plus d’études montrent que ce qu’il y a dans notre assiette a un impact sur notre santé mentale.

Bien manger = bien dans sa tête

On se rend compte que l’intestin est un peu notre deuxième cerveau, qu’ils sont en communication étroite entre eux et que la sérotonine, ce neurotransmetteur impliqué notamment dans les états d’humeur et l’anxiété, se retrouve à la fois au niveau cérébral et digestif.

Pour prendre soin de sa santé mentale, il faudrait donc veiller à une alimentation équilibrée et sans carences. Des études montrent que certaines carences produisent un effet stressant sur l’organisme avec des répercussions néfastes sur l’humeur et les fonctions cognitives. Les nutriments tels que le fer, les oméga-3 ou les folates ont un effet important sur notre cerveau. Il y a un intérêt à manger sainement, à tout âge, pour prévenir les risques de déséquilibre de notre microbiote intestinal et les altérations de notre santé mentale.

L’alimentation pourrait être à la fois la cause et le remède aux problèmes de santé mentale. Il n’y a pas de réponse catégorique. Cependant, l’alimentation fait partie des facteurs d’influence de notre santé mentale et elle favorise notre résilience face aux troubles psychiques. Par exemple, des études montrent que le régime méditerranéen amenuise les risques de dépression. C’est d’ailleurs cette alimentation qui est à l’origine d’une espérance de vie plus longue. A contrario, une alimentation riche en acides gras et pauvre en fruits et légumes est associée à un sur-risque de dépression. Tout comme une consommation fréquente d’aliments frits.

Les aliments transformés présentent-t-ils des risques pour notre santé ?

La plupart des aliments sont transformés puisque nous les cuisinons. En fait, ce sont donc les aliments ultra-transformés issus de l’industrie alimentaire qui sont néfastes. On parle des plats prêts à l’emploi, des nuggets de poulet, des cordons bleus, des biscuits et barres chocolatées. Ceux-là ont subi plusieurs procédés de transformation, ils sont bourrés d’additifs sans compter les ajouts de sucres et de sel. Des études avaient déjà établi des liens avec les cancers et les maladies métaboliques comme l’obésité et le diabète. Une nouvelle étude récente atteste d’un lien avec la récurrence de symptômes dépressifs. Les personnes pour qui les aliments ultra transformés représentent un tiers de leurs apports totaux ont 30 % de risque supplémentaire de présenter des épisodes de symptômes dépressifs récurrents.

Donc, on essaie de cuisiner et on évite autant qu’on le peut les préparations alimentaires emballées, qui entre nous, ont vu leurs prix s’envoler. Ces préparations sont en plus onéreuses. La situation actuelle est difficile pour beaucoup de Français : 51 % avouent sauter régulièrement ou occasionnellement des repas. Une enquête Ifop sur les effets de l’inflation démontre que la dégradation de notre pouvoir d’achat a des conséquences très inquiétantes sur le corps et la santé. Les situations de précarité sont en augmentation et elles fragilisent profondément les personnes qui connaissent des troubles anxio-dépressifs avec une multiplication par trois des risques de suicide. Précarité et sous-alimentation ne sont pas seulement un enjeu économique et social mais aussi un enjeu de santé publique avec des répercussions importantes sur notre santé mentale et physique.


23 juin 2023

La clozapine est bien considérée par les services de l’ANSM comme un médicament d’intérêt thérapeutique majeur

Début juin, le Collectif Schizophrénies a envoyé une lettre à l'Agence nationale de sécurité du médicament, concernant la disponibilité de la "clozapine", antipsychotique largement utilisé par les patients atteints de schizophrénie.

Suite à ce courrier l'ANSM a répondu :

Dans cette demande, vous nous précisez que vous souhaitez que l’ANSM clarifie sa position concernant le fait que la clozapine fasse partie de la liste des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur.

Vous souhaitez également connaître les mesures en cours pour garantir une disponibilité normale en clozapine.

Par arrêté du 27 juillet 2016 fixant la liste des classes thérapeutiques contenant des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur mentionnés à l’article L. 5121-31 du code de la santé publique, on retrouve la classe des antipsychotiques à laquelle appartient la clozapine. 

En suivant ce lien, vous trouverez l'arrêté du 27/07/2016 qui classe la clozapine (antipsychotiques) parmi les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur :

https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=SRej_KDAUdP9pmCl9KeI6Zf-kKrCNlGL2eLZcYDfvps=

Nous vous confirmons donc que la clozapine est bien considérée par les services de l’ANSM comme un médicament d’intérêt thérapeutique majeur et qu’il fait l’objet d’une attention toute particulière à cet égard, étant donné sa place dans l’arsenal thérapeutique et la nécessité d’un traitement en continu quand il est efficace et bien toléré.

Les stocks actuellement disponibles permettent de couvrir les besoins en Clozapine 100 mg. Néanmoins, des tensions ponctuelles peuvent encore être observées.

Une distribution normale sera reprise à compter de mi-juillet.




Bravo et merci au Collectif pour avoir interpelé les autorités de santé !


22 juin 2023

[Livre] : Soyez Réhab (guide pratique de réhabilitation psychosociale)

Depuis quelques années maintenant les termes de rétablissement et de réhabilitation psychosociale se sont fait une place de plus en plus grande dans le paysage de la psychiatrie. L'application de ces principes le développement de nombreux outils et les changements de paradigme modifient un peu plus chaque jour la manière d'appréhender les collaborations avec les personnes atteintes de maladies psychiques et leurs proches. Se démarquant des nombreux ouvrages qui détaillent les concepts et les procédés thérapeutiques (remédiation cognitive TCC habiletés sociales etc.) "Soyez réhab" illustre leur mise en pratique concrète avec l'envie simple de répondre à cette question : c'est quoi faire de la réhab au quotidien ?

Véritable "mode d'emploi" cet ouvrage aborde les questions fondamentales de l'identité de la coordination et de la prise en compte du positionnement de chaque protagoniste. Il donne les clés pour favoriser un environnement propice à l'espoir à la demande d'aide et à la réalisation des projets. Invitation à la réflexion il nous encourage à faire ce pas de côté qui nous fera ouvrir et choisir la bonne porte vers la collaboration. Enfin il nous alerte sur les éventuels freins organisations et phénomènes d'accommodation qui nous font faire fausse route.

Très illustré et volontairement pratique l'ouvrage aborde ces problématiques au travers d'analyse de vignettes exposant des situations de vie précises. Ainsi le lecteur peut s'exercer au fur et à mesure que les chapitres avancent.


L'interview de l'auteur sur YouTube :


21 juin 2023

Santé mentale : un enfant sur dix souffre au moins d’un trouble

Parmi les enfants scolarisés de 6 à 11 ans, 13 % présentent au moins un trouble probable de santé mentale, révèle la première étude nationale sur le sujet, publiée mardi 20 juin par Santé publique France.

Une première étude nationale révèle mardi 20 juin que 13 % des 6-11 ans présentent au moins un trouble probable de santé mentale.

Les chiffres des effets de la crise sanitaire sur le mal-être des jeunes étaient sans équivoque, mais les données manquaient pour les enfants. Mardi 20 juin, une première étude nationale révèle que 13 % des 6-11 ans présentent au moins un trouble probable de santé mentale.

Cette étude transversale, menée par l’agence Santé publique France, croise des données collectées en fin d’année scolaire 2021-2022 auprès de plus de 15 000 enfants et enseignants dans près de 400 écoles, ainsi que de 10 000 parents. Jusqu’ici, les informations sur l’état de santé des enfants n’étaient que parcellaires ou peu représentatives.

Grâce aux questionnaires complétés par différentes populations (parents, enseignants et enfants), l’étude « Enabee » fait le constat que 13 % des 6-11 ans présentent « au moins un trouble probable de santé mentale ». C’est un taux de prévalence du même ordre que ceux observés dans d’autres pays en Europe sur la même tranche d’âge.