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Nouvelles

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29 septembre 2023

France : après l'épidémie, la psychiatrie

Comme le souligne l'OMS, le confinement et la crise économique ont entraîné chez de nombreuses personnes une dégradation de leur santé mentale et l'apparition de troubles psychiques : stress, angoisses, sentiment de solitude, dépression, addictions, comportements violents ou suicidaires. 

Et la France n'y échappe pas. Résultat : les hôpitaux psychiatriques, qui étaient déjà en difficulté à cause de la réduction de la moitié des lits depuis les années 70, sont désormais débordés.

28 septembre 2023

La Cour des comptes pointe les carences de l’Etat dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap vieillissantes

Dans un rapport récent, la Cour des comptes s’est penchée sur la situation de personnes porteuses de handicap vieillissantes. De plus en plus nombreuses, ces personnes ne bénéficient souvent pas d’un accompagnement adapté à leurs besoins et peuvent subir des ruptures de parcours. La Cour des comptes pointe un défaut d’anticipation de l’évolution démographique et un déficit de pilotage des politiques publiques de soutien au handicap.

...

Le rapport de la Cour des Comptes relève les insuffisances particulièrement criantes dans l’accompagnement des personnes porteuses d’un handicap psychique, soit deux millions de personnes. Le rapport relève que ces personnes « sont nombreuses à se retrouver en situation de grande précarité. »

Si le nombre de lits en psychiatrie a fortement diminué, « le développement de l’offre médico-sociale spécialisée dans le handicap psychique […] n’a pas suivi le même rythme. » Ainsi, faute de place en structure médico-sociale adaptée, des personnes occupent durablement des lits dans des services hospitaliers de psychiatrie. Pour les patients de plus de 60 ans, certains peuvent être accueillis en Ehpad. Pour d’autres, le transfert vers la Belgique apparaît parfois la seule solution. Ainsi, en 2020, 35 % des adultes français accueillis en Wallonie présentaient un handicap psychique.

26 septembre 2023

[30 septembre] : Festival Facettes

Festival Facettes : concerts, ateliers, stand-up sur la santé mentale des jeunes

Samedi 30 septembre, dimanche 1er octobre 2023.

La Cité Fertile, 14 avenue Edouard Vailland, Pantin



Facettes 23 (facettesfestival.com)

pour info : le Collectif schizophrénies est parrain de l’atelier « Je suis une personne, pas un diagnostic »...

25 septembre 2023

"Quand les enfants vont mal, comment les aider ?"

Rapport du HCFEA (Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge) : « Quand les enfants vont mal, comment les aider ? » 7 mars 2023

Partie I : La santé mentale des enfants : une demande en hausse, une offre en crise et des ressources difficiles à mobiliser

Partie II : Augmentation continue de la consommation de médicaments psychotropes chez l’enfant

Partie III : Les psychothérapies : intérêt clinique, actualité scientifique, débats et enjeux

Partie IV : L’éducation, les pédagogies nouvelles et alternatives, les dynamiques inclusives

Télécharger le rapport : 

24 septembre 2023

Ovalie : Agence intérim pour personnes handicapées

Placer des personnes en situation de handicap dans les entreprises par l’intermédiaire d’une agence d’intérim, c’est l’idée qu’a eu un entrepreneur du secteur de l’insertion en créant Ovalie.

Un reportage du magazine "Paraboles" (9mn) :




22 septembre 2023

[Livre] : Préjugés, discrimination et exclusion en santé mentale – Pour en finir avec la stigmatisation

Luc Vigneault et Tania Lecompte
Editions Performance, publié le 9 janvier 2023

Pourquoi parler de préjugés, de discrimination et d’exclusion en santé mentale ?
Parce que la stigmatisation est le principal frein au rétablissement de ceux qui sont aux prises avec un trouble mental ou psychique. La crainte d’être jugées et dévalorisées, et que le regard des autres se transforme à leur égard, empêche la plupart de ces personnes de demander de l’aide, avec pour conséquence qu’elles souffrent inutilement. Des gens atteints d’un trouble mental de même que des proches, touchés eux aussi par la réprobation, ont bien voulu sortir de l’ombre pour témoigner de leur expérience et suggérer des pistes de solution. Certains des plus grands experts en la matière, provenant du Québec, de la France et des États-Unis, ont également accepté de vulgariser leurs découvertes en matière de stigmatisation. 

Ce livre propose des solutions concrètes et accessibles qui visent à mettre fin à la stigmatisation tant au sein des services de soins que du marché du travail, du système d’éducation et de la population en général.



21 septembre 2023

Que peut l'école pour la santé mentale des élèves ?

Avec la rentrée, des mesures sont annoncées en réponse au mal-être des jeunes. Des chercheurs avancent d'autres pistes.

Des mesures destinées à préserver la santé mentale des élèves ont été annoncées par le gouvernement à la rentrée des classes, le 4 septembre. Le même jour, le journaliste Hugo Travers interrogeait en direct sur sa chaîne YouTube le président de la République Emmanuel Macron. Et pour commencer, l’interpellait sur le mal-être des jeunes.

Ainsi, l’actualité a lié, pour la première fois de façon aussi nette, les sujets de l’école et de la santé mentale. Et apporté certaines réponses à une préoccupation devenue majeure : comment l’école et le personnel éducatif peuvent-ils agir pour favoriser le mieux-être des élèves ?

Parmi les nouvelles mesures, les médias ont souligné que le numéro de prévention du suicide, le 3114, doit être inscrit dans les carnets de correspondance. Par ailleurs, les Conseillers principaux d’éducation (CPE) suivront durant cette année scolaire un programme de formation à la santé mentale, avec l’objectif de “détecter les états de fragilité des élèves”.

Le programme de prévention du harcèlement pHARre, déjà présent dans une majorité des écoles et des collèges, sera mis en place cette année dans des lycées. Tandis qu’un décret paru le 17 août prévoit qu’un élève harceleur peut désormais être changé d’établissement – jusqu’ici, c’était généralement l’élève harcelé qui s’y trouvait contraint.

19 septembre 2023

[Article] : Obstacles, ressources et contrastes dans les parcours de soins complexes : le cas du cancer chez les personnes vivant avec un trouble psychique sévère.

Coralie Gandré, Delphine Moreau, Ibtissem Ben Didri et Anna-Veera Seppänen en collaboration avec le consortium Canopée, 
Questions d’économie de la santé, n°281 septembre 2023

La surmortalité des personnes vivant avec un trouble psychique a été reconnue comme problème de santé publique depuis une dizaine d’années en France.

Cependant, les actions concrètes pour lutter contre cette surmortalité demeurent limitées et nécessitent une meilleure compréhension des parcours de soins somatiques complexes pour cette population présentant un cumul de vulnérabilités. 

À partir de l’analyse des parcours pour cancer – reposant sur une double approche qualitative et quantitative – cette recherche met en évidence des inégalités pour les personnes vivant avec un trouble psychique, qui concernent en particulier
l’accès aux examens diagnostiques recommandés, le délai entre le diagnostic et la mise en place des traitements, le caractère invasif et l’intensité des traitements, le suivi post-traitement et le risque de décès, tout en soulignant l’hétérogénéité des situations vécues. Les différences identifiées dans les parcours de soins peuvent être liées à des adaptations aux spécificités des personnes suivies et à leurs choix, mais aussi à des préconceptions sur les difficultés associées 
aux troubles psychiques, ou encore à une organisation inadaptée des soins que des politiques
publiques seraient susceptibles d’améliorer.

*publication synthétique issue du projet de recherche Canopée financé par l’Institut national du cancer et reposant sur la collaboration entre 3 équipes appartenant à 3 institutions : l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique), l’IRDES (Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé) et le GHU (Groupe Hospitalier Universitaire) Paris Psychiatrie et Neurosciences.

https://www.irdes.fr/recherche/questions-d-economie-de-la-sante/281-obstacles-ressources-et-contrastes-dans-les-parcours-de-soins-complexes.pdf.

18 septembre 2023

Suicide : un tabou à briser

À l’occasion de la journée internationale de la prévention contre le suicide (10 septembre), Sandrine Broutin, directrice de l’association Falret, revient sur un sujet considéré depuispeu par l’OMS comme un grave problème de santé publique : le suicide. La prévention de ce drame réside dans la mobilisation et l’action pour le surmonter. Alors que divers facteurs peuvent conduire à son exécution, les personnes qui y sont sujettes font l’objet à présent d’une sensibilisation pour ne pas rester dans la détresse.

Ce dimanche 10 septembre a eu lieu la journée internationale de prévention du suicide. Et cela depuis plus de 20 ans ! C’est une co-organisation de L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’organisation internationale pour la prévention du suicide. L’OMS considère le suicide comme un très grave problème de santé publique, à l’origine de près de la moitié des morts violentes, toutes causes confondues. Outre le drame de ces décès, le coût économique se chiffre en milliards d’euros.

L'ampleur croissante de cette journée de mondiale de prévention du suicide vient de la prise deconscience de l’importance de la mobilisation. Quelques chiffres pour donner une idée : on estime que dans le monde, toutes les quarante secondes a lieu un suicide, et toutes les trois secondes, une tentative. Cela correspond à un million de suicides chaque année, un million de vies perdues, non vécues.

Pendant longtemps le sujet était tabou, les familles et les proches endeuillés vivaient dans unesorte de silence honteux. Plusieurs raisons à cela : le remords et les scrupules liés au sentiment de culpabilité, d’abord. L’effroi et le gouffre du "c’est arrivé, c’est trop tard" aussi. Une forme d’impuissance silencieuse accompagne souvent les proches. Une chape de fatalité et d’isolement. C’est contre cela que veulent lutter les associations et les pouvoirs publics.

Lorsqu’on parle de suicide, on parle d’abord de personnes dont la vie soudainement bascule. On pourrait citer l’excellent film d’Edouard Bergeon, avec notamment Guillaume Canet, dans “Au nom de la terre” ; ce film mettait en lumière la détresse et l’isolement de certains agriculteurs face à l’endettement. Il y a donc les accidents de la vie, ses aléas plus ou moins lourds qui peuvent durablement amener à la spirale suicidaire. La perte d’un emploi, une séparation, l’angoisse économique sont autant de coups portés à l’équilibre de l’un d’entre nous. Et si la solitude ou l’isolement s’en mêle, la chute est possible.

Mais il y a aussi les personnes dont la santé mentale est déjà fragilisée, voire malade. On estime par exemple que le risque d’acte suicidaire est 30 fois supérieur à celui de la population générale, chez une personne souffrant de dépression. Chez les personnes atteintes de schizophrénie, le suicide constitue la première cause de mortalité.
Tous ces chiffres ne sont pas donnés pour nous affoler mais bien pour prendre conscience de l’importance du sujet !

Alors comment lutter précisément ?

Lutter c’est d’abord en parler… et c’est ce que nous faisons maintenant. En effet, briser le tabou, passe par une sensibilisation de chacun. La journée mondiale du 10 septembre s'est déclinée en de très nombreuses manifestations dans toute la France, et pas seulement dimanche, je vous invite à ouvrir les yeux et les oreilles, il y a tout au long du mois de septembre de multiples propositions. Chacune invite à mieux comprendre, à se rendre présent auprès de ceux dont on perçoit la détresse… et bien sûr, à communiquer le numéro national de prévention du suicide, gratuit et confidentiel, le 31 14. Des personnes formées à l’écoute sont disponibles 24h sur 24 et sept jours sur sept.

Un article rédigé par Laetitia Forgeot d’Arc, Sandrine Broutin - RCF, le 8 septembre 2023

15 septembre 2023

Cannabis et psychose : un rôle complexe

Une équipe de chercheurs lyonnais a mis en évidence le rôle complexe du cannabis dans la psychose. Parmi ces consommateurs de cannabis atteints de psychose, certains symptômes sont exacerbés (hallucinations, délires), tandis que d’autres sont atténués (repli, isolement social), en comparaison avec des non-consommateurs.

Les troubles psychotiques, en particulier la schizophrénie, se caractérisent par les symptômes dits « positifs » (comme les délires et les hallucinations) et des symptômes dits « négatifs » (tels que le repli, l’isolement social et l’incurie).

Il est actuellement bien établi que les personnes souffrant de troubles psychotiques ont une consommation de cannabis exceptionnellement élevée. On estime que 2/3 des individus avec des troubles psychotiques ont, ou ont eu, un usage de cannabis (1). De plus, lorsqu’il y a consommation, la fréquence (par exemple, le nombre de joints par jour) est également supérieure à celle de la population générale qui consomme du cannabis.

Ce lien épidémiologique solide entre troubles psychotiques et cannabis a suscité deux principales hypothèses :
1) l’association serait expliquée par un rôle toxique du cannabis, c’est-à-dire que le cannabis provoque les troubles psychotiques ; et/ou
2) un rôle autothérapeutique du cannabis, c’est-à-dire que le cannabis réduit les symptômes psychotiques.

Ces dernières années, l’hypothèse numéro 1 (cannabis « toxique ») semblait prendre le dessus. En effet, de nombreuses études avaient notamment montré que le tétrahydrocannabinol (THC), principal composant du cannabis, avait un fort potentiel pro-psychotique, et que la consommation de cannabis était liée à une évolution plus défavorable des troubles psychotiques. Cependant, l’hypothèse 2 (cannabis « protecteur ») n’était pas totalement écartée pour autant. Les individus concernés rapportaient un effet anxiolytique et anti-ennui du cannabis (plus que d’autres substances psychoactives), et certains autres composés du cannabis, comme le cannabidiol (CBD), semblaient avoir des effets bénéfiques sur certains symptômes de psychose.

Pour la première fois à l’échelle internationale, une équipe de chercheurs lyonnais a rassemblé les données individuelles des travaux menés dans le monde entier qui examinaient le lien entre cannabis et symptômes psychotiques. Les résultats de cette étude, portant sur plus de 3 000 patients suggèrent que le cannabis pourrait jouer un rôle à double facette :
– à la fois toxique (en renforçant) car il est associé à des symptômes positifs plus sévères (délire, hallucinations),
– et protecteur car associé à des symptômes négatifs moins sévères (repli, isolement social).

Les prochaines étapes consisteront à démontrer le lien de causalité entre le cannabis et ces associations, ainsi qu’à identifier les différentes molécules impliquées dans cet effet à double sens.
Cette étude a été financée par Le Vinatier, établissement psychiatrique universitaire de Lyon Métropole de premier plan en France, reconnu pour sa production scientifique au niveau national et européen.

(1) Par comparaison, dans la population générale française (qui est l’une des principales consommatrices de cannabis en Europe), le taux d’usage vie-entière de cannabis est de 46%

Les principaux scientifiques impliqués dans ce travail : Mathilde Argote, étudiante en doctorat de neurosciences ; Benjamin Rolland, psychiatre, addictologue, responsable du Service Universitaire d’Addictologie de Lyon, chercheur dans l’équipe INSERM-CNRS-UCBL1 « PSYR2-CRNL » ; Guillaume Sescousse, chercheur INSERM dans l’équipe INSERM-CNRS-UCBL1 « PSYR2-CRNL »

Communiqué de presse, CH Le Vinatier, 3 septembre 2023