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12 novembre 2021

[Témoignage] : Tombée en automne, comme une feuille de platane…

Il est des histoires de patients douloureuses que l’on aurait préféré ne pas vivre… Celle-ci, bouleversante, interroge la difficulté à enclencher des soins somatiques pour Madame C., une patiente psychotique jugée "difficile". Une stigmatisation insupportable pour la médecin généraliste Vanawine Sylviery, qui était enfin parvenue à l’approcher…

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De tous les patients qui ont occupé mes unités d’entrée, il en est une plus difficile à apprivoiser que tous les renards du monde. Une ombre terrifiante à la limite de mon champ de vision. Une femme au regard intensément noir, aux longs cheveux gris tombant en mèches hirsutes devant son visage. Une menace qui me surprend de derrière un angle de mur lorsque j’avance dans le couloir, et me toise tel un fauve prêt à bondir.

Madame C n’est pas seulement terrifiante, de par son aspect digne d’un screamer de film d’horreur, au point qu’on redoute toujours de la voir apparaître dans un miroir. Madame C est aussi terrible dans ses paroles. Ingénieur en astrophysique, Madame C a la langue bien pendue et la verve assassine lorsqu’il s’agit d’éloigner les importuns. Toujours pertinente dans ses injures, elle semble cibler les points sensibles. "Vous n’êtes pas un vrai médecin. Vous n’êtes qu’une gamine." C’est ce qu’elle m’a dit lorsque nous nous sommes rencontrées, à mon arrivée.



11 novembre 2021

MedinCell : données de phase 3 très encourageantes pour mdc-IRM contre la schizophrénie

Les données de phase 3 de mdc-IRM, premier traitement utilisant la technologie de MedinCell, montrent des améliorations significatives pour les patients atteints de schizophrénie. 

La biotech précise : 
- prolongement du délai avant rechute imminente ; 
- diminution du risque de rechute ; 
- augmentation des chances de stabilité clinique. 

Développé en collaboration avec Teva, mdc-IRM, une suspension injectable de rispéridone pour le traitement des patients atteints de schizophrénie, est le produit en développement le plus avancé utilisant la technologie BEPO de MedinCell.

La demande de mise sur le marché, en cours d'examen par la FDA, pourrait conduire à la commercialisation de mdc-IRM dès 2022 par Teva aux États-Unis, sous réserve de conclusions favorables.

10 novembre 2021

Un nouveau foyer de prise en charge de l’autisme et du handicap psychique à Bécheville

Les Yvelines et les Hauts-de-Seine ont ouvert le 4 octobre sur le site de Bécheville et de l’hôpital de Meulan-Mureaux, le foyer d’accueil médicalisé interdépartemental (FAM) Patrick-Devedjian.

Il accueillera, à terme, 116 personnes au sein de deux entités. “Nos deux départements ont la même caractéristique : une insuffisance de places pour accueillir des adultes atteints d’un trouble du spectre autistique (TSA) ou de handicap psychique. Tant et si bien que ces personnes sont placées dans des foyers en Belgique, explique Pierre Bédier, président du conseil départemental des Yvelines. Dans le cadre du rapprochement des deux départements, nous avons décidé de construire ce foyer à Bécheville, sur la commune des Mureaux, là où il y avait de l’espace et à proximité d’une forêt.”

Suite à un appel à projet, la gestion de l’établissement a été confiée à la Fondation des amis de l’atelier, qui accueille et accompagne 3 000 personnes en situation de handicap mental et psychique au sein de ses 80 établissements et services. Le FAM est composé d’un pôle TSA et d’un pôle “troubles psychiques” (TP), indépendants dans leur fonctionnement et leur organisation. Ils accueillent deux publics différents et proposent donc des modes de prise en charge adaptés. Le premier pôle compte 12 unités de vie (dont un semi-internat), le second 6 (dont un semi-internat). Il est proposé, en plus, 4 places d’accueil temporaires par pôle, sous forme d’internat. La durée maximale de l’accueil sur ce type de place est réglementée à 90 jours par an.

“Chaque personne accueillie sur le pôle TSA ou le pôle TP va bénéficier d’un projet d’accompagnement personnalisé qui prendra en compte ses demandes et ses besoins tels qu’ils seront évalués, en les croisant avec les aspects médicaux, paramédicaux et éducatifs de sa prise en charge, détaille Boujma Gouirir, directeur du FAM. Le projet fixera des objectifs réalisables traduits en actions (éducatives, paramédicales, médicales). Leur mise en œuvre et leur évaluation sont au cœur des accompagnements proposés.” 

Les équipes d’accompagnants sont composées de personnels éducatifs et médicaux (éducateurs spécialisés, aide médico-psychologique, monitrices éducatrices, maîtresses de maison, aides soignantes, infirmières, psychologues, psychomotriciens, médecins, etc.). À terme, 190 professionnels y travailleront. Quelque 31 millions d’euros ont été investis dans le projet soutenu par l’Agence régionale de santé (ARS).

09 novembre 2021

Santé mentale : une étude Ifop dévoile les idées reçues des Français sur les maladies mentales

Un sondage réalisé par l’Institut Ifop pour la Fondation pour la recherche médicale (FRM), a été mené en ligne du 10 au 12 mai 2021, auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Il révèle que les Français ont encore des idées reçues tenaces quant à certaines maladies mentales, qui révèle une méconnaissance et des tabous persistants. Quant aux investissements dans la recherche sur la santé mentale, ils demeurent trop faibles, estime la Fondation, par la voie de sa directrice scientifique, Valérie Lemarchandel. “Or cette recherche est fondamentale pour accompagner les patients et trouver des traitements adéquats pour leur permettre de vivre pleinement”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

On peut se sortir tout seul d’une dépression : faux

Selon le sondage Ifop, 75% des Français pensent que la dépression survient à la suite d’un choc émotionnel ou d’un traumatisme. Si c’est vrai dans de nombreux cas (suite à un traumatisme, une maltraitance pendant l’enfance ou à l’âge adulte, une perte d’emploi, une séparation, un deuil), la dépression peut aussi survenir sans aucun élément déclencheur identifié. “Les facteurs génétiques peuvent aussi jouer un rôle, certaines personnes étant à priori plus à risque que d’autres”, note la Fondation pour la recherche médicale.

Les traitements de la dépression fonctionnent bien : vrai et faux

Aujourd’hui, 57% des Français estiment que le traitement par antidépresseur fonctionne bien. Ils ont en partie raison, car l’arsenal thérapeutique est efficace chez près de 70% des patients souffrant de dépression modérée à sévère.

Mais malheureusement, 30% des malades de dépression sont résistants au traitement après 4 tentatives de molécules différentes. D’où l’importance de la recherche pour trouver de nouvelles options thérapeutiques.

Les bipolaires changent d’avis et d’humeur tout le temps : faux

Ce qui est faux, ou en tout cas très exagéré. Si les personnes bipolaires alternent bien entre phases dépressives et phases d’excitation, la durée des phases est très variable, mais n’équivaut pas à quelques minutes.

Par ailleurs, près d’1 Français sur 3 (30 %) estime qu’il est facile de diagnostiquer cette maladie. En réalité, il se passe en moyenne 10 ans entre le début des troubles et leur diagnostic, selon la FRM. Même désillusion côté traitement, puisqu’un Français sur 5 (20 %) s’imagine que l’on peut guérir un jour d’un trouble bipolaire, ce qui n’est hélas pas le cas. L’arrêt du traitement, qui n’est que symptomatique, entraîne généralement des rechutes.

La bipolarité peut être héréditaire : vrai

45 % des Français déclarent que la bipolarité ne peut pas être héréditaire, ce qui est inexact. “Si l’un des parents souffre de la maladie, le risque que l’enfant soit atteint est de 10 % par rapport à 1 à 2% dans la population générale. Si les deux parents sont malades, ce risque va jusqu’à 30 %”, indique la FRM. La maladie serait à 60% d’origine génétique, et à 40% d’origine environnementale.

Les personnes schizophrènes sont dangereuses : faux

Près d’un Français sur deux (44 %) pense que les personnes schizophrènes sont dangereuses et qu’il vaut mieux les interner ! Là encore, c’est largement exagéré, puisque les signes de la schizophrénie (épisodes délirants, hallucinations, anxiété) diffèrent beaucoup entre les malades.

79 % des Français pensent également que les personnes schizophrènes ont plusieurs personnalités, une idée reçue là encore.

Volonté et discipline suffisent à vaincre une addiction : faux

L’addiction est une maladie qui doit être considérée et traitée comme telle, estime la Fondation pour la Recherche Médicale. 50% des Français interrogés s’imaginent pourtant que la volonté et la discipline suffisent à vaincre une addiction. Ce qui est faux, car l’addiction correspond à une forte dépendance physique et/ou psychique, qui induit un mal être et un malaise en cas d’arrêt. Aussi vaut-il mieux se faire aider pour être sûr d’en sortir.

08 novembre 2021

À Strasbourg, un nouveau parcours de soins en santé mentale vient d’être inauguré

Le centre médical Ellipse propose désormais un parcours de soin dédié à la santé mentale. Une alternative de plus à Strasbourg pour prendre soin de son esprit.

En France, on estime qu’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. L’Organisation mondiale de la santé estime que les maladies mentales se classent en troisième position des maladies les plus fréquentes après les cancers et les maladies cardio-vasculaires. La crise du Covid-19 semble d’ailleurs avoir empiré la situation et il est plus que jamais temps de faire de la santé mentale une réelle préoccupation. Le gouvernement l’a bien compris et a notamment pris plusieurs mesures récentes dans cet objectif comme les chèques-psy à destination des étudiants et plus récemment, le remboursement des séances chez le psychologue dès 2022 (à hauteur de 40 euros pour la première séance et 30 euros pour les suivantes).

Mais encore faut-il trouver le professionnel auquel s’adresser. Bonne nouvelle, à Strasbourg l’offre s’élargit. Niché au fond d’une cour au 19 fossé des Treize, le centre Ellipse est une structure médicale qui accueille déjà des patients pour des douleurs chroniques et des parcours de réadaptation cardiaque. Et désormais, le centre propose aussi un parcours de soin dédié à la santé mentale.


Lire l'article complet sur 

07 novembre 2021

Café des aidants : "Être bientraitant, est-ce toujours possible ?"

LES 9, 18 ET 25 NOVEMBRE

Les prochains Café des aidants sur le thème "Être bientraitant, est-ce toujours possible ?" auront lieu en présentiel sans inscription (dans la limite des places disponibles) à la Maison des Syndicats, 1 rue Sédillot - Strasbourg :

Jeudi 18 novembre de 18 h à 19 h 30 – salle C

Jeudi 25 novembre de 14 h 30 à 16 h – salle A 

Le pass sanitaire est obligatoire.

Une rencontre aura lieu en visioconférence :

Mardi 9 novembre de 17 h 30 à 18 h 30 sur inscription uniquement et dans la limite des places disponibles via le lien : 

https://grandest.mutualite.fr/evenements/cafe-des-aidants- strasbourg-3-2/

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Bougeons ensemble !

Deux séances d’activité physique, en visioconférence, seront proposées par un éducateur territorial des activités physiques et sportives de la Ville de Strasbourg, avant ou juste après le Café des aidants les :

- Jeudi 18 novembre de 16 h 15 à 17 h 15 

- Jeudi 25 novembre de 16 h 45 à 17 h 45.

Ces séances d’activité physique auront lieu sur inscription uniquement et dans la limite des places disponibles, via le lien :

https://grandest.mutualite.fr/evenements/bougeons-ensemble-ateliers-dactivite-physique-pour-les-aidants/

Renseignements : Ligne info seniors et handicap au 03 68 98 51 15.



06 novembre 2021

Les troubles de l'humeur augmenteraient le risque de développer une forme grave du Covid-19

Aux États-Unis, les personnes chez qui l'on a diagnostiqué des troubles de l'humeur tels que la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression majeure peuvent désormais recevoir des injections de rappel contre le Covid-19. 

Une décision validée par les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies. Cette recommandation est intervenue quelques semaines après que l'agence a ajouté les troubles de l'humeur à sa liste de conditions médicales qui exposent les personnes à un risque accru de contracter une maladie grave avec le Covid-19 — une liste qui comprend également l'obésité, le diabète et la grossesse. 

En France, les personnes souffrant de troubles psychiatriques, reconnus comme des commorbidités, peuvent également recevoir une dose de rappel.

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Une méta-analyse dont Roger McIntyre est le co-auteur et qui a été publiée dans la revue JAMA Psychiatry le mois dernier a révélé une association entre les troubles de l'humeur préexistants et un risque plus élevé d'être hospitalisé et de mourir du Covid-19. Cette recherche a analysé 21 études incluant plus de 91 millions de personnes. Elle n'a toutefois pas établi de lien entre ces troubles de l'humeur et le fait d'être physiquement plus susceptible de contracter le Covid-19.

Lire l'article complet : 

https://www.businessinsider.fr/les-troubles-de-lhumeur-augmenteraient-le-risque-de-developper-une-forme-grave-du-covid-19-189097

05 novembre 2021

Schizophrénie et milieu judiciaire : des vidéos immersives en guise de thérapie

Comment améliorer le fonctionnement général de patients atteints de schizophrénie lorsqu’ils sont en captivité et ne peuvent ainsi transférer leurs acquis dans le quotidien ?

«En amenant l’extérieur à l’intérieur», propose Mathieu Dumont, ergothérapeute et doctorant en sciences de la réadaptation à l’Université de Montréal. Il s’intéresse à l’implantation du programme intégratif de thérapies psychologiques – Integrated Psychological Treatment (IPT) – en milieu carcéral et en psychiatrie légale, notamment à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel.

L’IPT est une forme multimodale de thérapie cognitivocomportementale de groupe qui se concentre sur le traitement de l’information et l’amélioration des compétences sociales. «En milieux fermés et sécurisés, cette approche pourtant efficace dans la population générale comporte des lacunes, puisque les patients n’ont pas l’occasion de mettre en pratique les compétences et les habiletés acquises en réel contexte social, explique Mathieu Dumont. Nous avons donc pensé utiliser des technologies immersives pour potentialiser les effets des interventions.»

Sous la direction des professeurs Stéphane Potvin (du Département de psychiatrie et d’addictologie de l’UdeM) et Catherine Briand (de l’Université du Québec à Trois-Rivières), l’ergothérapeute a créé des vidéos à 360 degrés qui présentent des scènes du monde réel et de vrais visages pour travailler la cognition sociale.

Divers scénarios ont été pensés par M. Dumont et ses collègues cliniciens, mais aussi par les patients eux-mêmes, afin d’évaluer leurs perceptions dans des contextes qui laissent place aux interprétations. «Nous axons beaucoup nos interventions sur l’ambiguïté. On plonge le patient dans une situation où il n’est pas certain si les autres individus parlent de lui, ont une intention malveillante à son égard, se moquent de lui, le visent», précise Mathieu Dumont.

Lorsque l’IPT est utilisé en psychiatrie générale, des exercices à domicile et des sorties d’intégration s’ajoutent aux situations sociales représentées au cours des séances sous forme de diapositives et de vidéos traditionnelles. Les vidéos immersives permettent donc non seulement d’être plongé au cœur de scènes sociales, mais surtout de démocratiser l’accès à cette approche pour les personnes ayant un parcours judiciarisé.

04 novembre 2021

Architecture et "fonction contenante"

Santé mentale.fr 
N°260 - septembre 2021

À partir d’une recherche originale, une infirmière et un architecte proposent de revisiter l’architecture des lieux de soins psychiatriques (dont la chambre de soins intensifs…), et de considérer que cette architecture repensée peut contribuer à la performance du soin psychique. 

On pourrait se demander comment faire le lien entre ces deux termes, architecture et "fonction contenante", tellement le premier nous renvoie à une structure ferme, froide, à du matériau inerte, inodore, muet, dur et plat, et l’autre à de la matière humaine, chair et amour, chaude, souple, douce, odorante et parlante, au regard, au mouvement, à la présence vivante, interactive. Comment le bâti peut-il assurer une telle "fonction contenante" dans le sens exact de ses théoriciens ?

Lire l'article en cliquant sur l'image :


03 novembre 2021

[Recherche] : Les bases cérébrales des liens entre COVID long et troubles psychiatriques

Le virus Sars-Cov-2 (Covid-19) peut infecter certaines zones du cerveau impliquées dans la régulation émotionnelle (le système limbique ainsi que le système olfactif et orbitofrontal), ce qui peut expliquer les liens entre l’infection à Covid-19 et l’augmentation des troubles psychiatriques comme l'anxiété et la dépression. 

Les politiques de santé publique doivent donc prendre en compte ce risque, en balance des effets psychologiques négatifs des différentes mesures pour prévenir le risque d'infection à Sars-Cov-2.

L'éditorial du Dr FOND faisant le point sur les données confirmant cette hypothèse se trouve ici (accès libre) : 

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013700621001706



Par ailleurs vous trouverez ici une émission sur le nerf vague avec des applications en psychiatrie :

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-lundi-30-aout-2021