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12 janvier 2022

[Recherche] : Découverte de nouvelles microprotéines liées à des maladies psychiatriques






Des chercheurs de Cambridge ont découvert des régions codantes à l’extérieur des gènes qui joueraient un rôle dans le développement de la schizophrénie et du trouble bipolaire.

Certaines maladies psychiatriques comme la schizophrénie et le trouble bipolaire sont hautement héritables, avec une probabilité proche de 70 % de transmettre ces troubles à sa descendance. Pourtant, les marqueurs génétiques connus actuellement pour augmenter le risque de développer ces maladies n’expliquent qu’une partie infime de cette héritabilité (environ 7 % pour la schizophrénie). Selon une nouvelle étude de l’Université de Cambridge et de la start-up de biotechnologie génétique , ce paradoxe pourrait être dû à une recherche génétique trop étroite.

En effet, généralement les études sur les facteurs génétiques des maladies se focalisent sur les gènes (régions génomiques codant pour une protéine), qui représentent environ 2 % de notre génome. Les auteurs de l’article publié le 23 décembre dans mettent en évidence que d’autres régions non considérées comme des gènes, mais qui codent pour des molécules semblables à des protéines, seraient aussi impliquées dans ces maladies.

Des protéines codées en dehors des gènes

Grâce aux avancées technologiques pour étudier le génome, le transcriptome (l’ensemble des ARN produits par le génome) et le protéome (l’ensemble des protéines produites par ces ARN), un nombre croissant de nouvelles microprotéines (avec moins de 100 acides aminés, trop courtes pour être considérées comme des protéines au sens traditionnel) a été mis en évidence.

Ces molécules sont codées par des régions codantes situées à l’extérieur des gènes, qui seraient des centaines de milliers dans notre génome. "La définition traditionnelle de ce qu’un gène est, est trop restreinte et a empêché d’explorer la fonction du reste du génome, lance Chaitanya Erady, chercheuse à Cambridge et auteure de l’étude dans un . Quand nous regardons l’ensemble du génome, nous voyons que d’autres régions ont la capacité de faire des protéines, pas uniquement les gènes." Et ces bouts de protéines semblent jouer des rôles physiologiques et seraient impliqués dans certaines maladies.


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11 janvier 2022

[Témoignage] : "Se rétablir, c’est s’éloigner du gouffre"

Psychologue clinicien, Antony Robin exerce comme coordonnateur de parcours en rétablissement. Après des études de droit, des rencontres déterminantes avec la psychanalyse puis la psychiatrie ont modifié sa trajectoire professionnelle...

Antony n’a qu’un souhait : « être au coeur de la psychiatrie ». Pendant une quinzaine d’années, en structures intra ou extra-hospitalières à Paris, il côtoie au plus près la maladie mentale et la complexité des parcours de soin qui manquent souvent cruellement de fluidité et d’ouverture au monde. « Avec ces personnes en souffrance, déconnectées de leur parcours de vie, de ce qui comptait pour elles, on est souvent face à un défi thérapeutique. Elles donnent souvent l’impression de vivre dans un présent sans passé, ni futur, sans avenir. Il y a une impérieuse nécessité à les aider à déconstruire ces schémas et ouvrir, avec elles, le champ des possibles. Passer de “je suis schizophrène” à “je souffre d’un trouble psychique mais je voudrais apprendre à le contrôler” permet de passer du désespoir à l’espoir. À partir de là, oui, on peut aider une personne à se rétablir pour peu qu’on l’accompagne dans un parcours qui va lui permettre de regagner en confiance, de sortir de la stigmatisation et de retrouver une vie qui a du sens. Quel beau défi partagé ! »

Depuis 2017, c’est dans le Périgord qu’Antony relève ce défi. « Face à un système de soin trop inerte, soit on se résigne et on déprime, soit on résiste et on crée. Les concepts d’éducation thérapeutique, de rétablissement, de pair-aidance m’étaient familiers et je m’y étais formé. Ce travail autour de l’entraide, il fallait lui donner une nouvelle forme concrète, innover. Grâce au soutien du médecin-cheffe du Pôle Bergerac et de l’équipe de direction de l’hôpital Vauclaire (1), le Club action avenir (C2A) (2) voit le jour en janvier 2018. J’en assure aujourd’hui la coordination et j’accompagne au quotidien les usagers dans une nouvelle fonction : celle de psychologue coordonnateur de parcours en rétablissement. » Ce centre innovant de formation et d’accompagnement au rétablissement est ouvert à tous les usagers suivis en psychiatrie et aux familles. Le postulat est clair : la personne est l’expert de sa propre vie et le soignant/éducateur se met au service de son projet de vie pour l’aider à le faire évoluer dans un sens qui lui convient. « Le savoir est du côté de la personne, poursuit Antony. Elle seule peut dire ce dont elle a envie, ce qu’elle veut vivre, comment elle veut le vivre, quels sont ses rêves et, en bout de course, quel équilibre elle souhaite rétablir dans son parcours de vie. (Re)devenir un citoyen à part entière, tel serait l’objectif du rétablissement et libre à chacun de définir la forme que prendra cette citoyenneté retrouvée. Pour cela, accompagnée par une équipe contenante avec qui elle fait alliance, étayée par la présence d’un pair-aidant (3), d’un “frère d’armes”, la personne apprend à utiliser au mieux ses forces, à travailler ses vulnérabilités, et à retrouver progressivement confiance en soi et estime de soi, deux moteurs indispensables au rétablissement. »

Pour Antony, cette construction « pas à pas » d’un après où la personne « reprend la main » s’inscrit dans un mouvement dont il veut continuer à creuser le sillon. « Les initiatives en la matière se multiplient et je ne peux que m’en réjouir mais il reste tant à faire. La psychiatrie a besoin de souffle et ses usagers plus encore. Aujourd’hui, une nouvelle vision du soin s’impose aux soignants, car il ne s’agit plus “de prendre en charge” la personne mais de l’aider à restaurer son autonomie et son pouvoir d’agir en l’accueillant de façon fraternelle.» La fraternité, une valeur chère à Antony qui confie être passé lui aussi « tout près du gouffre ».
 
«La conscience de mes propres vulnérabilités fonde peut-être mon besoin d’aider les autres en étant là pour eux et avec eux dans leur démarche de rétablissement. »

Bernadette Gonguet, journaliste

10 janvier 2022

Neuroleptique : indications, liste, effets secondaires

Article très complet sur les neuroleptiques !!

Les neuroleptiques, qui sont maintenant plutôt désignés par le terme antipsychotiques, sont une famille de médicaments utilisés principalement pour combattre certains troubles mentaux, notamment la schizophrénie. Quelle est la liste ? Le mode d'action ? Les effets secondaires ? Quelle surveillance ?

Définition : qu'est-ce qu'un neuroleptique ?

L'usage du terme neuroleptiques a été progressivement remplacé par celui d'antipsychotiques. "Les antipsychotiques constituent l'une des catégories des médicaments psychotropes – c'est-à-dire des médicaments qui agissent sur le système nerveux, définit d'emblée le Pr Nicolas Franck, psychiatre et chef de pôle au centre hospitalier Le Vinatier près de Lyon. Ces médicaments ont révolutionné la prise en charge des troubles psychiatriques sévères, qui se manifestent notamment par des délires et des hallucinations".


Lire la suite, en accès libre :

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-medicaments/2767983-neuroleptique-antipsychotique-indications-liste-effets-secondaires/

09 janvier 2022

[Témoignage] : Dominique est démunie face à la schizophrénie de sa fille

Replay de  l'émission de Caroline Dublanche sur RTL (27m29s)

Dominique a une fille de 26 ans souffrant de schizophrénie. Mère et fille n'habitent pas la même ville mais les crises de la jeune femme sont très difficiles à gérer pour Dominique. Cette dernière se pose énormément de questions sur cette maladie encore trop méconnue et culpabilise.

08 janvier 2022

Covid-19 : la souffrance psychique, "une lame de fond", selon le directeur du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne

"Nous ne voyons pas de vagues successives mais une lame de fond", a témoigné jeudi Raphaël Gaillard, directeur du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne, professeur de psychiatrie à l'université de Paris, sur France Inter jeudi 30 décembre. "Cette lame de fond, c'est celle de la souffrance psychique, elle a une temporalité longue, c'est ça la souffrance des Français aujourd'hui", dit-il alors que selon le dernier bilan de Santé Publique France, un tiers des Français présente un état anxieux ou dépressif.

"Le taux de Français souffrant d'un trouble anxieux est deux fois plus élevé que ce que l'on observe habituellement. Pour la dépression, on parle de 6 points de plus et 70% des Français ont eu des troubles du sommeil", détaille Raphaël Gaillard. "Nous devons faire face à une demande considérable, et c'est d'autant plus difficile que nous manquons de moyen", précise-t-il avant de déplorer un appauvrissement de la psychiatrie, ces 40 dernières années.

"35 ans plus tard, nous avons trois fois moins de lits..."

De plus en plus de jeunes souffrent de troubles psychiques, selon le professeur, "l'incertitude dans laquelle ils sont plongés depuis deux ans est insupportable", explique-t-il. "Nous avons parlé à l'excès de distanciation sociale alors qu'elle devrait être physique, poursuit Raphaël Gaillard. Pour un adolescent, construire sa propre identité, c'est aussi s'inspirer des autres en les voyant. Or nous observons une forme de dissolution du lien social, ce qui est terrible pour les jeunes."

Le point central est que cette lame de fond de souffrance psychique rencontre une réalité, selon Raphaël Gaillard, "le fait que les troubles psychiques sont extrêmement fréquents". Une personne sur cinq aura un épisode dépressif dans sa vie, la schizophrénie affecte 1% de la population général, la bipolarité, 2%. "La question de la santé mentale va devenir le risque systémique principal de notre société", explique le professeur de psychiatrie, "aujourd'hui nous n'avons pas assez de moyens" mais "je crois qu'il y a une prise de conscience globale de cet enjeu majeur".

07 janvier 2022

Le Pass'Sport est étendu et prolongé jusqu'à fin février 2022

De quoi s'agit il ?

Le Pass'Sport est une une aide (allocation sportive) versée par l’État pour la prise d'une licence auprès d'un club sportif par un jeune de 6 à 17 ans bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire ou de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé. Elle permet de réduire le coût de la licence ou de l'adhésion que l'on doit payer en s'inscrivant. Le Pass'Sport s'ouvre désormais aux personnes de 16 à 30 ans bénéficiant de l'allocation aux adultes handicapés.

Quel est son montant ?

L'aide est de 50 € par enfant.

Comment et quand en profiter ?

Au mois d'août 2021, un courrier a été envoyé aux familles éligibles. Si vous avez reçu ce courrier, vous devez le présenter à l'association sportive au moment de l'inscription. Si toutefois vous ne l'avez pas reçu ou que vous faites partie des nouveaux bénéficiaires de cette aide, il vous suffit de télécharger l'attestation de paiement pour l'une des 3 allocations (ARS, AAH ou AEEH) et de la présenter au club sportif de votre choix.

Vous ne recevrez pas directement l'argent. Le montant de l'aide est versé directement au club.

Le montant couvre tout ou partie du coût d'inscription dans un club, c'est-à-dire :
la partie licence reversée à la fédération ;et la partie cotisation qui revient au club.

Où l'utiliser ?

Le Pass'Sport peut être utilisé :

- dans les associations sportives affiliées aux fédérations sportives agréées ;

- dans les Quartiers Prioritaires de la ville, auprès de toutes les associations sportives agréées qu'elles soient affiliées ou non à une fédération sportive ;


06 janvier 2022

Café des aidants : "De ma vie d’avant à ma vie d’aujourd’hui"

Dans le cadre du Contrat local de santé (CLS) et de la politique municipale en direction des aidants, la Ville de Strasbourg s’est associée à la MFGE (Mutualité Française Grand Est) pour créer un « café des aidants ».

« Café des aidants » est un label associatif dont la marque est déposée. La Ville de Strasbourg a adhéré à l’Association française des aidants, qui a pour objectif d’accompagner les structures dans le montage de projets et leur proposer un suivi opérationnel. Il existe actuellement plus de 60 cafés des aidants labellisés en France.

L’objectif du « café des aidants » est de permettre à des proches aidants d’avoir accès à un espace et à un temps privilégié en présence de professionnels. Les participants se retrouvent afin d’échanger, de partager les expériences et de recevoir de l’information.

Qu’est-ce qu’un proche aidant ? Une personne est considérée comme proche aidant lorsqu’elle s’occupe d’une personne dépendante, malade ou handicapée, jeune ou âgée. Les aidants proches sont confrontés à des difficultés (absence de temps de répit, isolement, besoin de connaissances techniques) qui, si elles ne sont pas reconnues, peuvent mener à des situations d’épuisement. D’où l’importance de créer des lieux ressources, de parole et de répit.

Les prochains Café des aidants sur le thème "De ma vie d’avant à ma vie d’aujourd’hui" auront lieu en présentiel sans inscription (dans la limite des places disponibles) : 

jeudi 6 janvier de 18 h à 19 h 30 
et jeudi 27 janvier de 14 h 30 à 16 h, 
au centre culturel Marcel-Marceau, 5 place Albert-Schweitzer à Strasbourg. 
Pass sanitaire obligatoire.

Une rencontre aura lieu en visioconférence sur inscription et dans la limite des places disponibles : 

jeudi 13 janvier de 17 h 30 à 18 h 30  
via le lien : https://grandest.mutualite.fr/evenements/cafe-des-aidants-strasbourg-3-2

Deux séances d’activité physique, en présentiel, seront proposées par un éducateur territorial des activités physiques et sportives de la Ville de Strasbourg, au Centre culturel Marcel Marceau, 

les jeudi 6 janvier de 16 h 15 à 17 h 15 
et jeudi 27 janvier de 16 h 45 à 17 h 45.

Ces séances d’activité physique auront lieu sur inscription uniquement et dans la limite des places disponibles, via le lien : https://grandest.mutualite.fr/evenements/bougeons-ensemble-ateliers-dactivite-physique-pour-les-aidants



05 janvier 2022

[Alsace] : Avec l’Unafam, un soutien pour les proches de malades atteints de troubles psychiques

Une permanence de l’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) a été mise en place à la Maison des associations et des services de Wissembourg fin novembre. Un moyen de prendre un premier contact, en vue de créer un groupe de parole par la suite.

Michelle Escudié et Joëlle Mathis ont connu "les moments très difficiles" que vivent les proches de personnes souffrant de maladies psychiques comme la bipolarité, la schizophrénie ou les dépressions graves. Si elles peuvent prendre la parole pour raconter leur expérience, c’est parce que "la souffrance s’est atténuée", au fil des années, des formations et des groupes de parole.

Au moment du diagnostic, "c’est le ciel qui vous tombe sur la tête", se souviennent-elles. "Il faut faire le deuil de l’avenir qu’on imaginait pour notre enfant", confie Michelle Escudié. Mais aussi faire face aux difficultés quotidiennes, que l’on habite avec son proche malade ou non. 

.../...

Lire l'article complet dans les DNA du 4 janvier 2022 :

https://drive.google.com/file/d/1znryB117RDWOdXZ4Yh8h07MpUCeh0195/view?usp=sharing

03 janvier 2022

[Recherche] : Des scientifiques étudient les mutations génétiques pour traiter la schizophrénie

Dans le souci de trouver un traitement adéquat pour certaines maladies quasi incurables, de nombreuses investigations ne cessent d’être menées. Récemment encore, des scientifiques de la Columbia University Irving Medical Center ont étudié les mutations génétiques de personnes atteintes de schizophrénie. Ils souhaitent exploiter les résultats de ces recherches pour mettre au point une médecine de précision dans le cadre du traitement de la maladie.

Pour cette étude, l’équipe de généticiens dirigée par le professeur Anthony Zoghbi s’est focalisée sur un ensemble de 112 patients souffrant de schizophrénie sévère. Les chercheurs pensent pouvoir déterminer des variantes génétiques liées à la maladie, point de départ crucial pour le développement d’une médecine de précision.

En outre, le groupe pense que leur étude peut également améliorer la qualité des conseils prodigués aux familles schizophrènes. Par ailleurs, une bonne partie de la recherche est sponsorisée par la fondation Chapman Perelman et le National Institute of Mental Health.

Lire la suite :


 

01 janvier 2022

Maladies mentales : trois facteurs clés qui prédisposent au risque

Selon des chercheurs canadiens, trois facteurs clés croisés pourraient permettre de prédire un grand nombre de troubles psychiatriques, avec une efficacité de l'ordre de 90 %.

Une récente étude menée à l’Université McGill (Canada) lève le voile sur un sujet peu exploré : l’origine des troubles psychiatriques. Cette recherche publiée dans Neuropsychopharmacology montre que la combinaison de trois facteurs est en grande partie responsable de nombreux troubles psychiatriques précoces, dont la dépression, l’anxiété, les dépendances, la dyslexie, la boulimie et le TDAH (trouble du déficit de l'attention / hyperactivité)

Le premier de ces facteurs est biologique : il s’agit de la variabilité individuelle en ce qui concerne le circuit de récompense dans le cerveau, un réseau de connexions qui relient deux groupes de neurones et dont le messager chimique qui assure la connexion est une hormone, la dopamine.

Le second facteur est social, et met en évidence le rôle de la négligence ou de la maltraitance durant la petite enfance.

Le troisième facteur est quant à lui d'ordre psychologique et plus précisément lié au tempérament, en particulier aux tendances à l’impulsivité et à la difficulté à contrôler les émotions.

Ces résultats ont leur importance puisqu'ils font avancer la compréhension des causes de nombreux troubles psychiatriques et permettent de déterminer les caractéristiques à cibler pour une intervention médicale précoce. « On pensait que les troubles psychiatriques reflétaient des entités pathologiques discrètes, chacune ayant ses propres causes distinctes», explique Marco Leyton, auteur en chef de l’étude.

Des résultats qui ouvrent la voie à une approche prédictive fiable

Celui-ci ajoute : « Notre étude remet complètement cette idée en question, elle indique plutôt que la plupart des troubles précoces reflètent principalement les expressions différentielles d’un petit nombre de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. » Des recherches antérieures ont déjà indiqué que chacun de ces trois facteurs, pris isolément, contribuait au moins modérément au développement de troubles psychiatriques. Mais les auteurs de cette nouvelle étude ont choisi d'étudier l’association de ces trois facteurs. Ils ont pour cela suivi 52 personnes (30 femmes et 22 hommes) depuis leur naissance, soumises à des examens d’imagerie cérébrale et d’imagerie par résonance magnétique.

Le but : mesurer les caractéristiques de leurs circuits de récompense. Les chercheurs ont ensuite croisé les données recueillies sur les caractéristiques cérébrales avec les traits de caractère et les antécédents de difficultés en début de vie de leur échantillon de participants. Ce qui leur a permis de constater que la combinaison de ces trois facteurs seulement permettait de déterminer, avec plus de 90% de précision, quels participants ont pu éprouver des problèmes de santé mentale dans le passé ou pendant la période de suivi de trois ans de l’étude. Face à ces résultats très novateurs, l'étude va continuer et s'enrichir d'un plus grand nombre de participants, qui seront cette fois suivis jusqu'au milieu de leur vingtaine.

« Il faut reproduire ces résultats à plus grande échelle et avec des participants plus diversifiés à l’égard de l’ethnicité », ajoutent les chercheurs, avant de conclure : « Si nous parvenons à reproduire ces résultats, notre recherche pourrait transformer la façon de voir la maladie mentale. » Encore trop stigmatisées, les maladies mentales représentent pourtant un enjeu majeur de santé publique. Selon la Fondation FondaMental, les maladies mentales affectent une personne sur cinq chaque année et une sur trois si l’on se réfère à la prévalence sur la vie entière. Les jeunes sont en première ligne, puisque dans plus de 70% des cas, les premiers signes apparaissent entre 15 et 25 ans.