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03 février 2022

[Polémique] : La légalisation du cannabis, chronique d’un désastre annoncé

ATTENTION ! Le texte que nous vous proposons est seulement destiné à nourrir votre réflexion...


Les Français sont, parmi les 27 Etats européens, les premiers consommateurs de cannabis avec 1.500.000 usagers réguliers dont 1.000.000 d’usagers quotidiens et souvent multi quotidiens.

Certains candidats à l’élection présidentielle, ainsi que certains Etats voisins, évoquent désormais la perspective d’une légalisation du cannabis.


Entretien avec le Pr Jean Costentin, auteur de nombreux livres sur le sujet.

Propos recueillis par Agnès Farkas.


Agnès Farkas : La France se dirige vers la légalisation du cannabis tout comme ses voisins européens, remettant ainsi en cause la loi de 1970 qui le prohibe. Quelles seraient, selon vous, les conséquences d’une légalisation sur la population ?


Jean Costentin : Le pire n’étant jamais sûr, je me prends à espérer que notre nation ne copie pas ce que certains de nos voisins feraient de plus mal. Le temps qui passe peut nous laisser celui qui permettra à la raison de s’imposer. Une course de vitesse est engagée entre l’impatience des uns à commettre l’irrémédiable et l’accumulation de données qui vont toutes à l’encontre d’une légalisation du cannabis.


Pour synthétiser les plus graves conséquences à redouter d’une légalisation, je me contenterais d’être énumératif :


- Son pouvoir addictif puissant est tel que 20% au moins de ceux qui l’ont expérimenté en deviennent dépendants ; à sa légalisation serait associée une augmentation inévitable de ses consommateurs (rappelons pour mémoire que 13 millions de Français sont dépendants du tabac (75.000 décès annuels) et que 4,5 millions sont dépendants de l’alcool (41.000 décès annuels). Ne comptons pas sur les buralistes pour en refuser la vente aux mineurs, puisque 70% d‘entre eux ne respectent pas l’interdiction de la vente de tabac aux mineurs.


- Le cannabis est un puissant facteur d’escalade vers d’autres drogues, comme cela est montré avec l’alcool, la cocaïne et les morphiniques (les mécanismes neurobiologiques étant élucidés) il conduit à ces poly-toxicomanies que l’on voit déjà se multiplier.


- Cette drogue de "la crétinisation" commence à affecter nos enfants au collège, dès la cinquième et, bien sûr, au delà. C’est un grand perturbateur de la cognition. Son intrusion, que dis-je son invasion dans la sphère éducative (il touche aussi des enseignants), explique pour une bonne part le rang très pitoyable (27ième) que nous occupons dans le classement international PISA de performances éducatives, alors que la France est parmi les nations qui consacrent le plus de moyens pour l’éducation de ses enfants.


.../...


Pour lire la suite, cliquez sur le lien ci-dessous :



La légalisation du cannabis, chronique d'un désastre annoncé (solidariteetprogres.fr)

02 février 2022

Quand un soignant bascule dans la psychose…

Revue Santé Mentale N° 264 - Janvier 2022

À 46 ans, cet infirmier expérimenté en psychiatrie est victime d’une décompensation psychotique brutale. Du début des troubles au rétablissement, ce récit "de l’intérieur" montre l’importance "d’accueillir" le délire.

"Ancien infirmier en psychiatrie, et aujourd’hui consultant et pair-aidant dans le domaine de la santé, j’ai décompensé sur un mode psychotique à l’âge de 46 ans. Diagnostiqué comme personne schizophrène, j’ai souffert de délires, d’hallucinations et de paranoïa pendant plus de quatre ans. Actuellement en rétablissement, je porte un double regard sur la psychiatrie, celui d’un ex-professionnel de la santé mentale et celui d’un patient hospitalisé à plusieurs reprises contre sa volonté."

"La schizophrénie est un terme générique, qui correspond à des réalités extrêmement différentes. Ce que j’évoque dans cet article traduit mon expérience singulière de cette maladie. Décrire un vécu hospitalier en psychiatrie reste délicat. Le fait de délirer sur un mode psychotique biaise notablement la perception du contexte dans lequel on est immergé. Je vais toutefois tenter l’exercice sans garantie d’objectivité, mais avec un souci d’honnêteté."

LIRE EN PDF

01 février 2022

La santé mentale, un sujet tabou dans notre société

La santé mentale est un sujet tabou dans notre société. Pourtant, la schizophrénie touche aujourd'hui 1% de la population générale, et la dépression concerne 20% des Français. Avec la crise du Covid, on assiste à une recrudescence des troubles mentaux. Pour le psychiatre Raphaël Gaillard, il existe un lien entre folie et créativité : on peut aussi se dire que c'est "dans ces moments de crise que la créativité est possible, que quelque chose peut se révéler..."

Ecouter : Raphaël Gaillard au micro de La Matinale RCF (12mn)

"Les troubles psychiques sont extrêmement fréquents", rappelle Raphaël Gaillard. Ainsi la schizophrénie touche 1% de la population générale, les troubles bipolaires, 2%. Quant à la dépression : elle concerne 20% des Français. "Cela signifie que sur vie entière, une personne sur cinq fera un épisode dépressif caractérisé."

Pourtant, les troubles mentaux, on en parle peu. C'est même un sujet tabou dans notre société. "Je crois qu'il faut changer ça, parce que c’est une question majeure que la question de la santé mentale dans la société."

C'est pour en parler que le psychiatre Raphaël Gaillard publie "Un coup de hache dans la tête" (éd. Grasset). Son titre tiré de Diderot, "qui écrivait que les grands artistes ont un petit coup de hache dans la tête", et qui célèbre le lien entre folie et créativité. Le psychiatre formule une hypothèse : Et si les troubles psychiques étaient liés à ce qui fait de nous des êtres humains, c'est-à-dire des êtres capables de créer ?

Dans son essai, Raphaël Gaillard décrit son expérience quotidienne de psychiatre et raconte la trajectoire de certains de ses patients. Dans le but de répondre à une question : souffrir d'un trouble psychique rend-il plus créatif ou est-ce que ça entrave la créativité ? "La réponse est que ça les entrave plutôt que ça ne soutient leur créativité et en même temps il y a bien quelque chose en lien avec la créativité."

Le pôle qu'il dirige à ­l’hôpital Sainte-Anne reçoit 12.000 patients par an : une véritable "chambre d'échos de la société", où l'on mesure "les répercussions sociales et économiques de la crise". Ainsi, pour Raphaël Gaillard, ce que l'on vit ce ne sont pas "des vagues mais une lame de fond". Selon le psychiatre, "la crise Covid est à l'origine d'une souffrance psychique très importante, et donc d'une recrudescence des troubles mentaux". Mais on peut aussi se dire que c'est "dans ces moments de crise que la créativité est possible, que quelque chose peut se révéler..."

31 janvier 2022

[Témoignage] : Un jeune schizophrène sensibilise ses camarades sur sa maladie aux contours invisibles

Un élève du lycée agricole de Gignac est atteint de schizophrénie. Il a décidé de partager son expérience avec ses camarades pour sensibiliser autour d'une maladie qui touche 600 000 personnes en France.

Cédric Verdy est en deuxième année de BTS au lycée agricole privé de Gignac. Ce jeune homme de 29 ans est atteint de troubles schizophrènes. Pour mieux faire connaître sa pathologie, il a bâti un projet "innovation et communication" dans le cadre de son BTS.

A travers une présentation devant une salle remplie de ses camarades, il raconte : "A partir de 18 ans, j'ai commencé à consommer des substances comme le cannabis, ce qui a été un déclencheur de ma maladie".

Si cela ne se remarque pas de prime abord, Cédric est bien atteint de Schizophrénie. Sa maladie a été diagnostiquée en 2015. Théo, l'un de ses camarades s'étonne : "Je le connais depuis deux ans, je ne savais pas, je l'ai appris il y a quelques mois et je trouve ça très courageux qu'il en parle".

Les préjugés tombent alors et l'essentiel est ailleurs. Le lycée de la Vallée de l'Hérault est depuis longtemps un modèle d'inclusion comme l'explique son directeur Manuel Moyano : "Lorsque les élèves arrivent, on ne demande pas leur pedigree. Nous, ce qui nous importe c'est qu'ils aient un projet professionnel et qu'on puisse les accompagner à le réaliser".

Le jeune homme est épaulé dans sa présentation par son camarade Mario Pouget. Il est, lui, atteint de troubles autistiques : "Ça va sensibiliser aussi sur cette maladie, il y a des symptômes qui ne sont pas si différents entre la schizophrénie et l'autisme".

Stéphanie Dors, infirmière au CHU de Montpellier intervient aussi dans la présentation du jeune homme. Pour elle, l'enjeu se situe aussi dans la sensibilisation : "Le but de ce programme est bien sûr d'informer, de former les familles sur la maladie afin qu'elles aient des clés et qu'elles sachent quoi répondre face aux malades".

Cédric est plein d'espoir : "Je suis l’exemple que je peux aller mieux, que je suis stabilisé et également que tous les jours j'avance".
Un jeune schizophrène sensibilise ses camarades sur sa maladie aux contours invisibles (francetvinfo.fr)

29 janvier 2022

[Revue] : Grandir avec une soeur ou un frère handicapé

Près de 500 000 familles vivent avec un enfant atteint d’un handicap moteur, sensoriel, mental ou psychique en France. Les parents étant souvent accaparés par cet enfant différent, la fratrie mise à contribution au quotidien, les loisirs familiaux limités, comment les frères et sœurs vivent-ils cette situation ? 

En souffrent-ils ? 
Souffrent-ils du regard posé sur leur famille ? 
Quel rôle bénéfique peuvent-ils y jouer, et qu’en retirent-ils eux-mêmes ? 
De son côté, l’enfant handicapé culpabilise-t-il de leur imposer sa différence ? 
Comment leurs relations évoluent-elles à l’âge adulte, puis une fois les parents décédés ? 

Psychologues, psychiatres, juristes et responsables associatifs se penchent sur la question des frères et sœurs de l’enfant handicapé, qui restent souvent dans l’ombre de ce dernier.

L'école des parents - Numéro 642 - Revue trimestrielle - 
27 janvier 2022

28 janvier 2022

[Vidéo] : Microbiote et schizophrénie

Vidéo d'une conférence sur microbiote et schizophrénie qui s'est tenue lors du congrès de l'encéphale (19 au 21 janvier 2022)

https://www.youtube.com/watch?v=cAAXHuOmjDg

Programme du congrès de l'Encéphale 2022 (encephale.com)

Dr Guillaume FOND @guillaumefond


Hôpitaux Universitaires de Marseille, Responsable Centre Expert Schizophrénie et Dépression Résistante, Responsable Service d'Information Médicale Psychiatrie, + Aix-Marseille Univ, School of medicine - La Timone Medical Campus, EA 3279: Department of Epidemiology and Health Economics. Clinical Research Unit. Direction de la Recherche en Santé, 27 Boulevard Jean Moulin, 13005 Marseille, France.

27 janvier 2022

Handicap psychique tome 2 : Protection-Patrimoine, prévoir l’après soi

Publication de l’Unafam, 2021

Cet ouvrage est la réédition du Tome 2 intitulé :

"Handicap Psychique Protection – patrimoine"

Cinq années entre ces 2 éditions. Les lois évoluent. Il était nécessaire de mettre à jour nos connaissances pour répondre au mieux aux besoins d’information des familles, une mission primordiale pour l’Unafam.
L’« après-soi » est une préoccupation majeure des familles. Le baromètre Unafam 2021 rapporte que près de 70 % des personnes interrogées ne sont pas confiants pour l’accueil et l’accompagnement de leurs proches quand ils ne pourront plus le faire. Les questions sont là : qui sera présent pour répondre à ses besoins ? pour veiller à son quotidien?

En proposant des pistes pour assurer une vie la plus autonome possible à nos proches grâce à un lieu de vie adapté, des ressources financières suffisantes, une protection juridique si nécessaire, ce livre répond aux problématiques des familles telles que : Comment mettre en place une transmission patrimoniale ? Comment pérenniser les allocations type AAH mises en place ? Comment prévoir une assistance voire une protection ?

Bon de commande à télécharger sur le
 site de l’Unafam :

26 janvier 2022

"Mon espace santé" : qu'est-ce que c'est ?

"Mon espace santé" est le nouvel outil public numérique qui sera déployé à partir de fin janvier.

Il intégrera et remplacera le Dossier Médical Partagé.
L’objectif annoncé est de "donner la main à l’usager pour gérer ses données de santé".
Les usagers pourront ranger et organiser dans cet espace leurs documents de santé et les partager avec les professionnels de santé.

France Assos Santé présente cet outil dans le document :


→Plus d’informations sur : https://www.monespacesante.fr/

25 janvier 2022

Applis de santé mentale : sont-elles efficaces ?

Alors que le nombre de psychiatres en France ne cesse de chuter, le marché des applis de santé mentale a le vent en poupe. Accessibles sans rendez-vous préalable, souvent gratuits et toujours disponibles, ces outils promettent de répondre à la recrudescence des demandes de soins en santé mentale depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Quels troubles concernent-ils ? Certains patients n’osent pas aller voir un psychiatre ou un psychologue : les applications sont-elles une solution pour eux ? Et ceux déjà pris en charge, quels bénéfices y trouvent-ils, pour quelle efficacité ? Parmi les applis qui allèguent un effet thérapeutique contre l’anxiété ou la dépression, seules 3 % ont été évaluées, et 1 % indépendamment de tout conflit d’intérêt économique. D’un point de vue éthique, enfin, à quelle confidentialité sont soumises des données de santé mentale privées mais partageables et interopérables ? 

Une professeure de santé publique, un sociologue et une psychiatre nous aident à y voir plus clair : quand la santé mentale flanche, l’appli est-elle un appui solide ?

L’avis de Karine Chevreul

Karine Chevreul est professeure de santé publique, directrice de l’unité 1123 Épidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (Inserm/ Université de Paris)

L’avis de Xavier Briffault

Xavier Briffault est sociologue au Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale et société (unité 988 Inserm/CNRS/Université de Paris)

L’avis de Déborah Sebbane

Déborah Sebbane est psychiatre, directrice du Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale de Lille (EPSM Lille-Métropole, GHT Psychiatrie Nord – Pas-de-Calais)

Un article à retrouver dans le n°52 du magazine de l’Inserm

24 janvier 2022

1er janvier 2022 : ce qui change en cas de handicap

Comme chaque année, de nouvelles mesures entrent en vigueur au 1er janvier. Tour d'horizon de quelques changements à retenir, applicables dès le premier jour de 2022 dans le champ du handicap.

Extension de la PCH

Dès le 1er janvier 2022, la durée maximale d'attribution des cinq formes d'aides spécifiques de la Prestation de compensation du handicap (PCH) sera fixée à 10 ans. Si, jusqu'alors, elle était déjà appliquée pour l'aide humaine et l'aménagement du logement, ainsi que pour les charges dites « spécifiques », des limites étaient imposées pour d'autres éléments. Lorsque le handicap n'est pas susceptible « d'évoluer favorablement », la PCH pourra aussi être attribuée sans limitation de durée.

AAH en couple : un abattement

Malgré une âpre et longue bataille en 2021, la déconjugalisation des revenus du conjoint pour les titulaires de l'AAH n'a pas été votée par les parlementaires. Le montant de cette allocation continuera donc de dépendre des ressources du conjoint. Néanmoins, pour tenter de trouver un « compromis », le gouvernement met en place un « nouvel abattement forfaitaire de 5 000 euros » appliqué sur les revenus du conjoint non bénéficiaire de l'AAH, majoré de 1 100 euros par enfant (article complet en lien ci-dessous). Selon lui, ce mode de calcul ne fera « aucun perdant » et permettra à 120 000 couples modestes de toucher 110 euros de plus par mois.

Congé proche aidant mieux indemnisé

Indemnisé depuis octobre 2020, le congé de proche aidant permet aux aidants salariés du secteur privé, aux fonctionnaires, aux travailleurs indépendants et aux demandeurs d'emplois inscrits de mieux concilier leurs vies professionnelle et personnelle. Il leur assure le versement d'une allocation journalière de proche aidant (AJPA), dont le montant sera revalorisé dès le 1er janvier 2022 au niveau du SMIC, soit 58 euros nets par jour contre 43 euros actuellement pour une personne en couple et 52 euros pour un célibataire.

Crédit d' impôt de service à la personne : pas encore en cas de handicap

Au 1er janvier 2022, le dispositif du versement immédiat du crédit d'impôt de service à la personne (C2I) sera mis en place en France après une phase d'expérimentation. La mesure consiste à éviter aux ménages de débourser les 50 % du coût des services consommés correspondant au crédit d'impôt. Cette simplification est comparable à celle du prélèvement à la source pour les impôts. Mais, attention, si la plupart des activités correspondantes (jardinage, ménage, assistance informatique, soutien scolaire…) sont concernées dès 2022, deux grands pans des services à la personne devront encore patienter. Les personnes âgées ou handicapées bénéficiant de l'APA ou de la PCH n'auront accès à ce dispositif qu'en 2023, et il faudra attendre encore un an de plus pour la garde d'enfants.