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21 avril 2023

[Faits divers] : Propos "menaçants" dans un TGV Colmar-Paris : le prévenu relaxé

L'affaire avait fait grand bruit début février 2023 : un homme avait été interpellé en gare Lorraine TGV après le signalement de plusieurs passagers qui craignaient une attaque. Mais le tribunal correctionnel de Metz n'a pas constaté de menaces.

Le procès s'est tenu en l'absence du prévenu, hospitalisé en soins psychiatriques depuis la fin février.

Tout ça pour ça... L'homme de 25 ans (24 au moment des faits) qui avait causé l'immobilisation du TGV Colmar-Paris pendant deux heures, le 3 février dernier en gare de Lorraine TGV, a été relaxé ce vendredi par le tribunal correctionnel de Metz. Il a tout de même été condamné à 150 euros d'amende pour usage de stupéfiants : il avait consommé de la cocaïne au moment des faits. Mais il s'agit surtout d'un homme souffrant de schizophrénie depuis son enfance, et avait interrompu son traitement, ce qui lui a valu un comportement bizarre ce matin-là. La justice a reconnu qu'à aucun moment, il ne s'était montré menaçant.

Fait rare, ministère public et défense sont parvenus aux mêmes conclusions. Dans son réquisitoire, la procureure rappelle le contexte post-attentats, des passagers du train extrêmement vigilants face au comportement de cet individu, qui importune de nombreux voyageurs. Il leur demande s'ils croient en Dieu, se montre choqué s'ils répondent par la négative. Il parle d'enfer et de paradis, avant de déclarer : "Je vais exploser aujourd'hui". Mais en soi, ces paroles ne sont pas des menaces : l'homme se prend ensuite la tête dans les mains. Il s'agit d'un homme malade, qui avait interrompu son traitement, sous curatelle renforcée : la procureure réclame la relaxe.

Me Elliot Hellenbrand, l'avocat du jeune homme, décrit un emballement qui aurait pu coûter cher à son client : "Ce qui a déclenché cette tempête médiatique, c'est le tweet du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui se réjouit d'avoir déjoué un attentat. Le policier en civil qui a permis d'interpeller mon client était invité du JT de 20h le soir-même, pour se comparer à l'attaque déjouée du Thalys. Dois-je rappeler l'arsenal présent dans cette affaire ? Une kalachnikov, 500 munitions... Chez mon client, rien ! L'enquête montrera qu'il n'a aucun signe de radicalisation". L'avocat martèle que le jeune homme, schizophrène en rupture de traitement, n'a jamais menacé de faire exploser le train ou de se faire exploser lui-même. Il est interné en hôpital psy depuis, pour la énième fois de sa vie, d'où son absence à la barre.

Le tribunal relaxe donc le jeune homme : certes, les passagers ont cru bien faire, et la réponse de la SNCF a été adaptée. Mais il n'y a pas eu menace, simplement une mauvaise interprétation de ses propos.
Julie Seniura, vendredi 14 avril 2023

20 avril 2023

Jean Pierre Olié, l'un des plus grands professeurs de psychiatrie est décédé

Jean-Pierre Olié, professeur renommé, ancien chef de service psychiatrie à l’hôpital Sainte-Anne de Paris, membre de l’Académie nationale de médecine, officier de la légion d’honneur et commandeur dans l’Ordre national du Mérite, est décédé le 12 avril, dans sa 78e année.

Jean-Pierre Olié originaire de l’Aveyron est devenu l’un des plus grands professeurs de psychiatrie, spécialiste de la schizophrénie. Pensionnaire au collège de Rodez, il avait raconté lors d’un entretien à Aveyron.com avoir souffert de la discipline jusqu’à la 3ème puis avoir pris plaisir à contourner ses règles et à franchement “déconner“ au point de rater son bac. Devenu malgré tout, étudiant en fac de médecine à Montpellier, il a découvert la psychiatrie lors d'un stage d'externat à l’hôpital. Tout de suite la discipline le passionne. Après son diplôme, il commence à exercer en Aveyron pour des remplacements puis monte à Paris.

Après quelques années d'exercice il s’inscrit à l’internat en psychiatrie à Sainte-Anne. Parti de la psychanalyse, il a parcouru le chemin inverse pour finir par se spécialiser dans la mise au point des médicaments psychotropes. Sa carrière a été brillante, riche de nombreux postes prestigieux et de distinctions : Président de la fondation Pierre Deniker, pour la prévention et la recherche mentale, Chef de Service Hospitalo-Universitaire Sainte-Anne, professeur de médecine à l'Université Paris-Descartes... Il est resté une référence dans les esprits de ces confères.



19 avril 2023

“Sur l’Adamant”, un bateau-hôpital pyschiatrique débordant d’humanité

Sortie aujourd'hui 19 avril du dernier film de Nicolas PHILIBERT

Avec humanité, le réalisateur d’“Être et avoir” recueille les confidences des patients d’un centre psychiatrique logé sur une péniche parisienne.

C’est un vaisseau à quai, une péniche ancrée à l’écart des klaxons et de l’agitation urbaine, entre la grande horloge de la gare de Lyon et le clapot de la Seine qui lèche gentiment sa coque. L’Adamant (c’est son nom) est un centre de jour ouvert aux Parisiens atteints de troubles psychiques. On s’y confie, on y converse, on y cultive des relations humaines dans le cadre d’ateliers inspirés par la psychothérapie institutionnelle. Celle-là même que pratiqua le psychiatre Jean Oury à la clinique de La Borde, et dont Nicolas Philibert évoqua le quotidien dans La Moindre des choses, en 1997. Un quart de siècle après ce film qui compte parmi ses meilleurs, le documentariste revient sur la question de la santé mentale dans un triptyque en cours de production. Sur l’Adamant, distingué par un Ours d’or à la dernière Berlinale, en est le premier volet. Le deuxième nous mènera à l’hôpital Esquirol de Charenton-le-Pont ; le troisième suivra des visites au domicile de patients.



Pour voir le film à Strasbourg :


18 avril 2023

Handicap : la France épinglée par le Conseil de l'Europe

Le Conseil de l'Europe avait été saisi en 2018 par plusieurs associations qui estimaient que la France ne respectait pas les droits fondamentaux des personnes handicapées.

Bâtiments et transports inaccessibles, difficultés dans la scolarisation des enfants ou l'accès aux soins : la France ne respecte pas les droits fondamentaux des personnes handicapées, a tranché le Conseil de l'Europe, donnant ainsi raison à des associations qui l'avaient saisi en 2018.

Le Comité européen des droits sociaux (CEDS), une structure de l'organisation paneuropéenne basée à Strasbourg, a annoncé ce lundi avoir conclu à l'unanimité que la France avait violé plusieurs articles de la Charte sociale européenne, un texte qui garantit les droits sociaux et économiques fondamentaux.

Le gouvernement français doit tirer les conséquences de cette violation « établie » par des « mesures immédiates » pour mettre fin à des « injustices intolérables », ont réagi dans un communiqué les quatre associations qui avaient déposé une « réclamation » à Strasbourg, l'Unapei, APF France handicap, l'Unafam et la Fnath. 

Un "nombre élevé de cas de refus de soins"

Sont également pointés l'insuffisante inclusion des élèves handicapés dans les écoles ordinaires, ou encore, en matière de santé, le « nombre élevé de cas de refus de soins ». Tous ces problèmes conduisent « de nombreuses familles à vivre dans des conditions précaires », résume le Comité des droits sociaux.

« Cette décision est très importante, elle doit être un aiguillon qui exhorte les pouvoirs publics français à enfin changer de paradigme », a commenté Pascale Ribes, la présidente de APF France handicap.

Depuis des années, les gouvernements successifs ont eu une « conception erronée du handicap, centrée sur le soin plutôt que les droits », et sur des mesures « d'aumône sociale », a poursuivi Pascale Ribes. 

Les associations disent attendre beaucoup de la prochaine Conférence nationale du handicap (CNH), prévue le 26 avril à l'Elysée. « Je n'imagine pas la France ne rien faire » après cette décision du Conseil de l'Europe, « c'est inenvisageable », a-t-elle martelé.



17 avril 2023

CIDFF67 : "Et si on parlait ensemble pour donner du sens à votre vécu d’aidant.e ?"

Le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles du Bas-Rhin (CIDFF67), en lien avec la FRCIDFF organise un cycle d’atelier à destination des post-aidant.e.s.

 

Vous avez aidé un proche (parent, grands-parents, enfant, oncle/tante, amis, voisin, …) ?

 

- Vous souhaitez faire un point sur votre situation ?

- Vous souhaitez vous projeter dans le futur en élaborant professionnel et/ou personnel ?

- Vous souhaitez identifier et valoriser les compétences acquises lors de votre situation d’aidance ?

- Vous souhaitez rencontrer et échanger avec d’autres personnes ayant aidé un.e proche ?


AU CIDFF, 1 rue de la Vieille Ile – 67500 HAGUENAU les :

 

-          Mardi  25 avril 2023 de 9h30 à 11h30 :

« Et si on parlait ensemble pour donner du sens à votre vécu d’aidant.e ? »

 

-          Mardi  09 mai 2023 de 9h30 à 11h30 :

« Et si on parlait ensemble, pour mieux articuler ses temps de vie ?

 

-          Mardi  23 mai 2023 de 9h30 à 11h30 :

« Et si on parlait ensemble, pour partager autour de ses projets futurs ? »

 

Renseignement et Inscription : CIDFF 67 -03 88 32 03 22 – haguenau@cidff67.fr


Gratuit, inscription recommandée pour un atelier ou tous les ateliers au choix


 

Inscription : par mail à  haguenau@cidff67.fr ou au 03 88 32 03 22 (choix 2) 

16 avril 2023

[Recherche] : La santé mentale à l’épreuve du confinement

Anne Giersch et Amaury Mengin, deux chercheurs strasbourgeois de l’Inserm, ont étudié les effets psychiques du confinement pendant le Covid au sein de la communauté des chercheurs français. Nul n’est à l’abri de l’impact psychologique d’un confinement.

Tout en participant pendant la pandémie, de mars à juillet 2020, à une étude internationale sur la détresse psychologique dans quatre sociétés ayant adopté des stratégies de santé publique distinctes (Corée du Sud, Hong Kong, France et États-Unis), Anne Giersch, directrice de laboratoire au Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg , et son collègue psychiatre Amaury Mengin ont lancé une étude sur l’impact psychologique du confinement.

Portant sur la période du premier enfermement, du 17 mars au 17 mai 2020, cette étude a été distribuée par e-mail au sein d’un réseau de chercheurs français de l’université de Strasbourg, de l’Inserm et du CNRS, avant d’être relayée plus largement en France. Les participants ont complété de manière anonyme, à trois périodes différentes, des questionnaires d’autoévaluation, avec des narrations quotidiennes, avant de remplir à l’issue du confinement, entre le 22 juin et le 18 juillet, un autorapport. 

.../...

Leurs premiers retours ont montré des signes de « détresse et des symptômes atténués de psychose qui ne peuvent pas être assimilés à du stress et de l’anxiété », rapporte la chercheuse de l’Inserm.

« Dans le premier questionnaire, les perceptions inhabituelles et les idées de méfiance ont augmenté. Comme l’impression que sa propre image change, que les autres nous en veulent, que des messages dans la rue, dans les vitrines, les publicités ou dans les médias nous concernent directement. Il y a aussi une augmentation de l’utilisation du pronom personnel “je” que l’on observe dans la psychose. »

Dans le contexte d’inquiétude qui dominait alors, près de 20 % des participants ont atteint « un niveau de psychose où l’on conseille de consulter », commente Amaury Mengin. « Ces résultats signifient que nous sommes tous vulnérables au stress, aux hallucinations, aux symptômes atténués de psychose », relève Anne Giersch. 

publié dans les DNA du 12 avril 2023

15 avril 2023

[21 avril] : Atelier sur les soins sans consentement

L'association Schizo ?...Oui ! organise un atelier sur les soins sans consentement animé par Maître Mayet, avocat au barreau de Versailles.

Cet atelier se tiendra le 

vendredi 21 avril 2023 de 14h à 17h 

au Centre Hospitalier Sainte Anne (Paris), Amphithéâtre Morel.

Pour toute inscription, veuillez adresser un email à vosdroits@schizo-oui.com

Afin de permettre à toute personne de participer, les frais de déplacement peuvent pris en charge par Schizo Oui (au cas par cas, jusqu'à la limite du budget).

L’évènement est présentiel mais si vous êtes dans l’impossibilité de nous rejoindre, vous pourrez y accéder en ligne en cliquant sur le lien suivant :

 Webinar Atelier Soins sans consentements

Les sessions seront enregistrées et publiées postérieurement sur le site de l’association.


14 avril 2023

Que faire, face à des idées de suicide chez l'enfant et l'adolescent ?

Voilà un sujet épineux et pour tout dire, tabou dans notre société : un enfant qui a envie de se suicider. Ce thread (= fil d'informations sur Twitter) ne propose pas de solutions miracles à un problème complexe, mais il offre des pistes pour les recours qui existent et des conseils autour.

A lire ICI (vous n'êtes pas obligé d'avoir un compte Twitter)

13 avril 2023

Nouvelle campagne pour aider les proches de personnes vivant avec un trouble psychique

La Fondation FondaMental et l’Unafam lancent, avec le soutien de Klesia, une deuxième campagne pour aider les proches de personnes vivant avec un trouble psychique

A l’occasion de la journée mondiale de la santé, le 7 avril 2023,la Fondation FondaMental et l’Unafam ont lancé, avec le soutien de Klesia, une nouvelle campagne pour accompagner les aidants de personnes vivant avec un trouble psychique et leur apporter des ressources pour prendre soin d’eux et de leurs proches.

Avec cette campagne, la Fondation FondaMental, l’Unafam et Klesia ont pour objectif de déstigmatiser les troubles psychiques et de redonner espoir aux aidants et à leurs proches, grâce à des contenus psychoéducatifs et des solutions pratiques.

Ce travail commun a donné lieu à deux campagnes d’information aux aidants de personnes vivant avec des troubles psychiques afin de mettre à leur disposition des fiches pratiques, des vidéos de témoignages de personnes rétablies et d’aidants, et des interviews d’experts.

« Les aidants sont indissociables du processus de rétablissement », explique le Dr Romain Rey, responsable du Centre Expert FondaMental Schizophrénie de Lyon et du CLAP, le Centre Lyonnais des Aidants en Psychiatrie (Hôpital Le Vinatier). « Leur contribution a un impact direct sur le parcours de rétablissement de leur proche. Toutefois, leur implication peut avoir un impact sur leur santé physique et psychique et les isoler. Il n’y a pas de santé sans santé mentale, c’est pourquoi il est primordial que les aidants aient des ressources à leur disposition. Avec le CLAP et en partenariat avec l'Unafam, notre objectif est de connecter durablement les aidants à un réseau de professionnels et de pairs sur qui compter, via des actions telles que celle-ci ou le programme de psychoéducation BREF. »

« En accompagnant un proche à faire face à la maladie et au handicap psychique, toute la famille se retrouve impactée », témoigne Marie-Jeanne Richard, Présidente de l’Unafam. « Echanger avec d’autres familles qui accompagnent leurs proches dans un projet de rétablissement permet de garder espoir. Ces échanges sans jugements aident les aidants à ne pas s’isoler et à retrouver la force d’avancer. »


Découvrir la campagne sur le site de la Fondation Fondamental




12 avril 2023

[Podcast] : "Nos folies ordinaires" : lever le voile sur les troubles psychiques

Ils s’appellent Hana, Maximilien, Arnaud, Imelda. Ils sont jeunes, une vingtaine d’années pour l’un, trente ans à peine pour les autres. Ils ont en commun de souffrir d’une maladie psychique sévère, bipolarité, schizophrénie, dépression, trouble borderline, et d’en parler à visage découvert.

Quatre-vingts secondes ce matin sur le très bon documentaire Nos folies ordinaires sur France 2 dont le premier mérite est précisément de nous montrer ces quatre visages et, à travers eux, de dissiper une partie du cercle de méconnaissance et surtout de honte qui entoure trop souvent encore la maladie mentale en France.

Pourtant trois millions de personnes souffrent d’un trouble psychique sévère dans notre pays

Un Français sur cinq y sera confronté au cours de sa vie. Si l’errance médicale et le retard au diagnostic peuvent avoir des conséquences graves, si la guérison n’est pas un mot à l’ordre du jour, les quatre témoins décrivent, sans peinture rose mais avec réalisme, des vies qui retrouvent de l’équilibre, des chutes qui ne sont plus des gouffres, des structures, aussi, où il est possible d’échanger pour se rendre compte qu’on n’est pas seul à vivre ce qui peut parfois prendre la forme d’une expérience de solitude radicale.


https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/les-80/les-80-de-nicolas-demorand-du-mardi-11-avril-2023-9525588

Retrouver les infos dans notre article :

https://psy-partenaires.blogspot.com/2023/03/documentaire-nos-folies-ordinaires.html

Le documentaire à voir ici :

 https://www.france.tv/france-2/infrarouge/4698787-nos-folies-ordinaires.html