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25 février 2024

Être écouté de façon entière

Auteur : Nathalie MICOU, Patiente en psychiatrie

« L’écoute ne s’apprend pas dans les manuels, soignez avec tout ce que vous êtes, dans votre altérité ». Tel est le message de Nathalie, « usagère » de la psychiatrie depuis 35 ans, qui a commencé à croire en la parole des soignants quand ils se sont investis avec authenticité.

Peu importe le contexte, j’ai toujours un grand plaisir à écrire pour vous car je sais que vous allez m’écouter. Et ça, ce n’est pas rien : c’est même la base. Ce partage m’aide à bien des égards.
Moi, Nathalie, j’écris comme je suis, comme je respire, comme j’aime : entièrement et simplement. Vous soignants, je vous écoute inlassablement depuis plus de trente-cinq ans. Chacun est sûr que sa méthode est la meilleure – je pense que non. Vous avez lu beaucoup de livres, appris et échangé avec des grands professionnels ; vous êtes intellectuellement et émotionnellement d’un niveau "supérieur". Je respecte vos savoirs. Bien sûr qu’il y a des soins qui fonctionnent mais pour moi l’essentiel est ailleurs.

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Être écouté de façon entière, c’est selon moi le meilleur moyen d’établir la confiance en l’autre, ensuite tout suit. Au plus profond de la maladie, vos paroles n’accrochent pas. Les méthodes qui sortent des manuels ne sont que de la théorie. J’ai commencé à croire en l’autre à partir du moment où certains soignants ont parlé de tout leur être. C’est peut-être difficile à accepter du côté des professionnels, car il y a un cadre à respecter, des protocoles… Mais peu importe, si cela nous sauve de nous-mêmes. J’ai commencé à croire votre parole au moment où […]

24 février 2024

[Tribune] : "Face à l'état délétère de la psychiatrie en France, il est urgent de généraliser l'accès aux soins"

Publiée le 13/02/2024

Dans un texte collectif, plus de 70 personnes, médecins, psychiatres ou politiques plaident pour l’accès aux Centres Experts FondaMental, dédiés au soin et à la recherche pour les maladies mentales.

Deux ans. C'est le délai moyen auquel doit se soumettre un patient pour obtenir un rendez-vous de bilan auprès des Centres Experts coordonnés par la fondation FondaMental. Dix ans après leur création, ces Centres sont littéralement victimes de leur succès. Conçus et déployés par la Fondation éponyme, ces Centres accompagnent les patients vivant avec une dépression, une schizophrénie, un trouble bipolaire ou un trouble du spectre de l'autisme. Une cinquantaine de Centres sont aujourd'hui répartis sur tout le territoire et ont permis de diagnostiquer et de suivre plus de 20 000 patients.

Ces Centres ont apporté la preuve de leur efficacité. Selon les études menées, 12 mois après un premier bilan effectué en Centre Expert, la santé de leurs patients s'améliore nettement : baisse de moitié des hospitalisations, progrès de l'observance des traitements et diminution de l'intensité des symptômes, amélioration de la prise en charge des autres maladies du patient. Le dispositif des Centres Experts est d'ailleurs envié et copié à l'international.

Comment expliquer une telle réussite ? Le modèle développé pour la prise en charge des maladies mentales au sein de ces Centres Experts est innovant car il permet d'offrir aux patients un bilan complet, de leur remettre des recommandations thérapeutiques personnalisées, de leur faire bénéficier des derniers progrès de la recherche. Les caractéristiques des patients qui y sont suivis alimentent une base de données anonymisée permettant aux chercheurs de mieux connaître les maladies mentales, d'identifier des sous-groupes de patients et les traitements qui leur sont les plus adaptés.

Les Centres Experts établissent ainsi un cercle vertueux qui permet de progresser vers une psychiatrie de précision et un accompagnement sur-mesure. C'est un tournant majeur pour la psychiatrie. Grâce aux progrès de la recherche, les maladies mentales sont désormais reconnues comme étant des maladies comme les autres que l'on diagnostique et soigne de mieux en mieux. Nous avons par exemple contribué à montrer que 40 % des maladies psychiatriques sont associées à une inflammation. Et qu'en soignant cette inflammation et ses conséquences, nous améliorons le pronostic des patients porteurs d'une maladie mentale, voire même les guérissons dans certains cas.

Les délais d'attente avant d'avoir un rendez-vous sur l'un des Centres Experts sont trop longs aujourd'hui et constituent une véritable perte de chances pour les patients.

Nous avons aussi montré la fréquente association de maladies somatiques (cardiovasculaires, syndrome métabolique…) avec les maladies mentales mettant en avant la nécessité de la réalisation de bilans complets, psychiatrique et somatique. Nous avons identifié des gènes pouvant expliquer l'origine de l'autisme ou de la schizophrénie. Cela nous permet, d'une part, de mieux diagnostiquer ces maladies, d’autre part de mettre en place des stratégies de prévention. Nous avons mis en lumière le lien étroit entre notre flore intestinale et notre cerveau. Ce qui nous permet de développer un nouveau programme de recherche pour tester l'efficacité d'une polymicrobiothérapie (association de probiotiques) dans la dépression, ou encore d'explorer les pistes d'une bonne alimentation pour la santé mentale. Enfin, les progrès de l'imagerie cérébrale nous ouvrent la possibilité d'affiner notre connaissance des différentes maladies mentales et de mieux cibler les thérapies utilisant la stimulation transcrânienne, notamment pour le traitement de certaines dépressions résistantes.

Signe du dynamisme de cette recherche en psychiatrie au sein des Centres Experts, plus de 300 publications scientifiques internationales s'appuyant sur leurs cohortes, qui comptent parmi les plus grandes dans le monde, ont été produites en l'espace de dix ans. Un dynamisme reconnu par les jurys internationaux et les pouvoirs publics qui ont sélectionné la psychiatrie pour être l'objet de trois projets ambitieux et d'une ampleur inédite pour accélérer encore l'innovation en psychiatrie : le PEPR ProPSY, le biocluster Brain & Mind, l'Institut Hospitalo-Universitaire InnovAND.

La crise sanitaire a provoqué une explosion des troubles anxieux et dépressifs (+ 30 %) et a mis au cœur de l'actualité le sujet central de la santé mentale. Les délais d'attente avant d'avoir un rendez-vous sur l'un des Centres Experts sont trop longs aujourd'hui et constituent une véritable perte de chances pour les patients. Alors qu'une personne sur trois connaîtra, au cours de sa vie, un épisode de maladie mentale, il est urgent de généraliser l'accès aux Centres Experts à tous les Français qui en ont besoin.


Marion Leboyer, Directrice Générale de la Fondation FondaMental

Anouck Amestoy, PUPH, Coordonnatrice du Centre de Ressources Autisme (CRA) Aquitaine, Centre Expert TSA SDI au Centre Hospitalier Charles Perrens (Bordeaux)

Jocelyne Antoine, Sénatrice de la Meuse

Bruno Aouizerate, Professeur de Psychiatrie Adultes au Pôle Universitaire de Psychiatrie du Centre Hospitalier Charles Perrens (Bordeaux)

...etc...

23 février 2024

[Article] : Prescription hors autorisation de mise sur le marché en psychiatrie adulte

La prescription hors AMM est encadrée par l’article L.5121-12-1 du code de santé publique. Ce cadre s’applique donc évidemment à la psychiatrie adulte comme à toutes les autres spécialités. Nous considérerons ici l’usage des psychotropes et notamment des traitements « de fond » des troubles psychiatriques plutôt que les traitements symptomatiques comme les anxiolytiques, et notamment les benzodiazépines, pour lesquels la principale problématique est la durée de prescription, souvent bien trop longue par rapport aux recommandations de bonne pratique [1].

État des lieux

Il existe peu d’études évaluant le taux de prescription hors AMM en psychiatrie adulte. Une étude réalisée en 2013 au sein d’un centre hospitalier public [2] et reprenant l’ensemble des prescriptions durant 24 heures retrouvait un taux de prescription hors AMM de 43,5 % (22,3 % de prescriptions hors AMM pour l’indication, 13,1 % pour la posologie, 4,5 % pour la durée de traitement et 6,2 % pour le schéma thérapeutique – certaines prescriptions peuvent être hors AMM pour plusieurs critères). Une autre étude s’intéressant spécifiquement à une situation clinique particulière (l’état maniaque au sein d’un hôpital) retrouve une proportion similaire [3]. Mais évidemment, une journée de prescription dans un hôpital psychiatrique donné ne peut être considérée comme représentative de la diversité des situations cliniques (nature des troubles psychiatriques, niveau d’urgence, de gravité, ou de résistance aux traitements, comorbidités) ou des modalités de prises en charge (en ambulatoire ou en contexte hospitalier, en médecine générale ou par un psychiatre, de premier recours ou d’expertise face à une situation de grande résistance). Néanmoins, il est régulièrement suggéré que la psychiatrie serait l’une des spécialités – avec la pédiatrie et la pédopsychiatrie – où la prescription hors AMM serait la plus fréquente [4, 5]. Si, comme dans toutes les spécialités, une partie de ces pratiques peut sans doute s’expliquer par un manque de respect des recommandations, il existe de nombreuses situations où le recours à la prescription hors AMM est justifié par la littérature scientifique et médicale.

.../...

Lire l'article en entier.




22 février 2024

Forums en ligne sur la paranoïa

Rappel amical : nos Forums en ligne sur la paranoïa, en partenariat avec les éditions FAILLES :

samedi 10 février, "du traumatisme au rétablissement" avec Kate Crawford ;

samedi 2 mars, "tracer ma propre route", avec Peter Bullimore ;

samedi 13 avril, "de Belfast à Stafford", avec Mark McManus

Cliquez sur le jour qui vous intéresse pour retrouver toutes les informations pratiques pour vous joindre au Forum ! Et n'oubliez pas aussi nos Forums à Paris et à Blois...
Tout le calendrier se trouve sur www.revfrance.org.

21 février 2024

CineClub à Erstein (67)

Le Centre Hospitalier d'Erstein a mis en place depuis le mois d'octobre 2023, un Ciné Club pour ses patients, ses résidents et leurs proches.

Cette proposition émane des représentants des usagers, en concertation avec la direction.

Les séances se déroulent à 14h30 à La RUCHE, la salle de spectacle de l'hôpital, 13 route de Krafft, 67 Erstein

À vos agendas pour les prochaines séances :
 
jeudi 21 mars 14h30
jeudi 28 mars 14h30
jeudi 18 avril14h30
jeudi 25 avril 14h30
jeudi 23 mai 14h30
jeudi 30 mai 14 h30
jeudi 20 juin  14h30
jeudi 27 juin 14h30.



20 février 2024

[BD] : Les Âmes fendues

Xavier Bétaucourt, Jean-Luc Loyer (dessinateur), éditions Steinkis, paru le 18/01/24

Présentation de la BD à retrouver dans l’émission "L’invité de la rédaction" de France Bleu La Rochelle.

Le scénariste et le dessinateur se sont immergés des jours entiers dans l’hôpital Camille-Claudel de la Couronne, à côté d’Angoulême. Le reportage dessiné qu'ils en ont ramené nous permet de découvrir le dévouement des soignants malgré le manque de moyens ; de voir comment les familles peuvent être accompagnées et participer à la socialisation de leur proche malade ; et puis d'entendre les patients, surtout ceux qui sont atteints de schizophrénie. Et là, l'image du schizophrène si facilement considéré comme dangereux, s'efface derrière leur immense souffrance, raconte Xavier Bétaucourt. "C'était beaucoup plus dur que je l'imaginais. Ces maladies sont vraiment terribles pour ceux qui en souffrent. Alors, je vais mettre des énormes guillemets sur les "fous", on est à des années-lumière de la réalité : la schizophrénie est une maladie absolument terrible, pour les schizophrènes, pour les malades. Il y a vraiment une très grande souffrance. Et aussi une vraie abnégation de la part du personnel soignant, qui se donne vraiment – et ce n'est pas une formule – qui se donne vraiment sans compter, pour réussir à faire en sorte que ces gens vivent le plus, là encore des guillemets, "normalement" possible, qu'ils puissent être insérés dans la société".

"Toutes les visions, les sensations, les hallucinations, qui sont toujours terribles, ne sont pas des hallucinations pour eux : c'est leur quotidien, c'est leur réalité, et c'est horrible. Ils sont complètement déstructurés. C'est vraiment la chose qui m'a le plus marquée : c'est la dureté de cette maladie, de ces maladies".

19 février 2024

[24 février] : "Je trace ma route comme je peux !"

Forum du REV (Réseau français sur l’entente de voix) avec Frédéric Poor, 

samedi 24 février à 17h30

"Suite à ma première et seule hospitalisation en psychiatrie et face au diagnostic de schizo-affectif qui m’a été posé en 30 minutes quelques années plus tard, j'ai refusé le traitement médicamenteux et l'avenir qui m'était prédit. Je suis parti à la recherche de solutions, aux quatre coins du monde et au plus profond de mon âme. J'ai été chercher dans la philosophie, la psychologie des profondeurs et la spiritualité des réponses et surtout, j'ai continué à vivre coûte que coûte. Aujourd'hui, je mène une vie intense, toujours jalonnée de crises qui, à chaque fois, m'amènent à mieux me connaître et à découvrir le Monde".

Je m'appelle, Frédéric POOR, j’ai 32 ans et j'aime les rencontres, la cuisine et la recherche intérieure. Depuis 2019, je travaille comme Médiateur de Santé Pair, dans le but d'échanger à propos de visions alternatives et porteuses d’espoir sur les crises psychiques. Je fais des accompagnements et de l’animation de groupes (entendeurs de voix, alternatives aux traitements psychiatriques) notamment au sein du Lieu de Répit et plus récemment à ESPER Pro.


Pour rejoindre le Forum, connectez vous sur Internet :

https://us02web.zoom.us/j/86822510336?pwd=SXFVM2tiN3VTbEdEbHVsU2pBK0hQZz09

18 février 2024

[Recherche] : Évaluation complète de 45 médicaments contre la schizophrénie

Message du Dr FOND :

J’ai le plaisir de vous partager une première mondiale. De nouveaux traitements ont été identifiés comme efficaces en adjonction aux antipsychotiques dans le traitement de la schizophrénie, cette maladie grave qui touche plus de 500000 personnes en France (sans compter les familles fortement impactées par la maladie) et 20 millions dans le monde.

Au total, 44 essais (comprenant 45 médicaments d'augmentation et 3358 participants) ont été inclus dans notre méta-analyse publiée ce jour dans Le Lancet, section médecine clinique.

Un tiers des médicaments (16 médicaments) ont démontré une efficacité significative par rapport au placebo pour au moins un critère de jugement.

Les tailles d'effet les plus remarquables ont été observées pour l'utilisation du tropisétron, de la mémantine et de la minocycline pour traiter les symptômes négatifs chez les patients traités par rispéridone.

Le benzoate de sodium et la mémantine ont montré des effets significatifs sur les symptômes positifs, tandis que la mémantine a démontré une efficacité pour les symptômes négatifs et la psychopathologie générale.

Les études se concentrant exclusivement sur les patients traités par clozapine ont révélé que la duloxétine produisait les meilleurs résultats. Le benzoate de sodium a été le seul médicament d'augmentation à démontrer une efficacité dans le soulagement des symptômes positifs persistants chez les patients traités par clozapine, l'antipsychotique le plus efficace. Le traitement par clozapine en association avec des antipsychotiques, fréquemment utilisé en pratique clinique, a donné des effets faibles à modérés.

Ces résultats sont publiés pour la première fois et devraient changer les recommandations pour la pratique dans le traitement de la schizophrénie ne répondant pas aux antipsychotiques. Ils figureront dans la prochaine formation sur le traitement de la schizophrénie résistante validée par l'Agence nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC).

DOI: 10.1016/j.eclinm.2024.102473 IF: 15.1 Q1



17 février 2024

[Recherche] : Un nouveau mécanisme d’action pour les antipsychotiques de demain

Dans un article scientifique novateur publié dans Science Advances*, Franck Vandermoere, biologiste du CNRS, avec trois équipes de l’Institut de génomique fonctionnelle (Université de Montpellier, CNRS, INSERM) et une équipe de l’Université Huazhong à Wuhan (Chine) ont travaillé à décrypter le mode d’action d’une nouvelle classe d’antipsychotiques ciblant le récepteur du glutamate mGlu2, afin de comprendre comment ils réduisent les symptômes dits « négatifs » et « cognitifs » de plusieurs maladies, dont la schizophrénie.

*TrkB receptor interacts with mGlu2 receptor and mediates antipsychotic-like effects of mGlu2 receptor activation in the mouse. Clémentine Eva Philibert, Candice Disdier, Pierre-André Lafon, Alexandre Bouyssou, Mathieu Oosterlaken, Sonya Galant, Anne Pizzoccaro, Pola Tuduri, Jeanne Ster, Jianfeng Liu, Julie Kniazeff, Jean-Philippe Pin, Philippe Rondard, Philippe Marin et Franck Vandermoere. Science Advances, le 26 janvier 2024.

16 février 2024

Trouble de la personnalité schizoïde : symptômes, diagnostic, prise en charge

Recensé parmi les troubles de la personnalité dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), le trouble de la personnalité schizoïde se définit comme une forme atténuée et non psychotique de la schizophrénie. Autrefois qualifiée de trouble de la personnalité antisociale, cette pathologie psychiatrique ne fait pas l’objet d’un consensus, car ses contours restent aujourd’hui encore mal définis. Quelles sont les principales caractéristiques de la personnalité schizoïde ? Comment est-elle détectée et traitée ?

Trouble de la personnalité schizoïde : le tableau clinique

Le trouble de la personnalité schizoïde se définit par une inadaptation et une prononciation excessive de certains traits de caractère. À terme, cette inadéquation pathologique a un impact notable sur le fonctionnement général de la personne concernée. Dans le cadre de ce trouble de la personnalité, le schizoïde présente un désintérêt majeur pour les interactions sociales ainsi que pour les sensations physiques et sensorielles. Dans les faits, les personnalités schizoïdes préfèrent largement être seules qu’en présence d’autrui. Le regard que l’autre porte leur importe peu, ce qui renvoie d’elles une image égocentrique, distante et individualiste. Ces personnes se réfugient très largement dans un monde intérieur, au sein duquel elles ont créé leur propre univers, parfois bâti sur des croyances mystiques, voire des relations imaginaires. Les symptômes du trouble de la personnalité schizoïde n’évoluent que très peu au cours de la vie, contrairement à d’autres troubles de la personnalité, qui tendent à s’améliorer.

Trouble de la personnalité schizoïde : le diagnostic

Pour établir le diagnostic du trouble de la personnalité schizoïde, les professionnels de santé peuvent s’appuyer sur les classifications internationales qui établissent des critères précis. C’est le cas, notamment, du DSM-V, qui fait figure de référence en la matière. Ainsi, la personne schizoïde doit au moins répondre à quatre de ces manifestations (d’après Le Manuel MSD) :

  • Ne pas rechercher les relations interpersonnelles, y compris avec les membres de sa famille.
  • Privilégier les activités solitaires.
  • Ne pas présenter un intérêt pour les relations sexuelles.
  • Ne pas prendre de plaisir à pratiquer une activité.
  • Ne pas avoir d’amis en dehors de ses parents.
  • Être indifférente au regard d’autrui, aux compliments comme aux critiques.
  • Ne pas exprimer d’émotions, et faire preuve de détachement face aux interactions avec les autres.

En outre, les psychologues et psychothérapeutes prennent en compte des éléments plus individualisés comme le parcours médical du patient, l’apparition des manifestations cliniques, la souffrance qu’il exprime, ou encore l’impact de ses différents symptômes sur sa vie privée et professionnelle. Le comportement de la personne lors de la consultation constitue aussi un précieux indice pour déterminer l’existence — ou non — d’un trouble de la personnalité.

Trouble de la personnalité schizoïde : la prise en charge


En France, les troubles de la personnalité représentent entre 30 et 40 % de la population psychiatrique, d’après le docteur en pharmacie Sarah Dapzol. Ceux-ci peuvent revêtir une intensité et des conséquences diverses et variées. Généralement, les personnes présentant une personnalité schizoïde sont très souvent peu ou mal diagnostiquées, car elles ont tendance à intérioriser leurs affects. Or, la précocité de la prise en charge revêt une réelle importance dans le cadre du trouble de la personnalité schizoïde. Plus le patient grandit, plus sa plasticité mentale se fige, et plus ses traits de personnalité pathologiques se stabilisent. Dans le cadre de ce trouble psychique, la psychothérapie constitue le principal traitement de fond. Mais pour être efficace, celle-ci suppose l’adhésion du patient, ainsi que l’instauration d’un climat de confiance avec le psychothérapeute.

Deux types de psychothérapies sont ainsi privilégiés :

La thérapie de soutien : cette forme thérapeutique vise à soulager la souffrance de la personne schizoïde en apaisant ses symptômes, et en l’aidant à mieux s’adapter aux diverses situations de la vie. Il s’agit d’une psycho-rééducation susceptible de s’inscrire dans le cadre des thérapies cognitivo-comportementales.

L’entraînement aux habiletés sociales : réalisé via des jeux de rôle, cet enseignement a pour objectif de développer les compétences nécessaires pour que l’individu schizoïde puisse mieux s’intégrer au sein de son entourage. Ces habiletés vont de l’expression des sentiments à la gestion des émotions, en passant par la résolution de conflits ou la communication sociale.