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09 février 2022

[Recherche] : Le confinement a‑t-il eu un impact sur les symptômes atténués de psychose ?

Anne Giersch, directrice du laboratoire Inserm "Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie" / Université de Strasbourg vient de publier un article sur les effets de la pandémie sur l'émergence de symptômes atténués de psychose.

Interview sur le site de l'INSERM :

Informations sur le site de l'UNISTRA :

https://recherche.unistra.fr/actualites-recherche/actualites-de-la-recherche/une-etude-sur-les-consequences-psychologiques-du-confinement

08 février 2022

[Recherche] : Communication sur l'étude "annonce diagnostique aux proches"

Le Dr Clément Dondé et son équipe ont fait part à l’Unafam d'une publication au sein d'une revue internationale* d'une étude qualitative analysant le vécu et les attentes des proches lors de l'annonce d'un diagnostic de schizophrénie. 

En résumé, l'objectif de cette étude a été de caractériser l'expérience, l'impact et les besoins des proches aidants autour de la communication, par le psychiatre, d'un diagnostic de schizophrénie concernant leur proche.


Au total, 13 aidants familiaux (tous parents d'une personne avec schizophrénie) ont participé à l'étude au Centre Hospitalier Alpes-Isère. Des entretiens semi-structurés ont été réalisés pour explorer leur expérience de l'annonce du diagnostic de schizophrénie, les impacts de l'annonce diagnostique et les besoins liés à la communication de ce diagnostic. Sur le plan méthodologique, les entretiens ont été enregistrés, transcrits, des codes analysables ont été générés et une analyse thématique mixte déductive-inductive a été conduite. 


Les proches aidants ont décrit le fait de recevoir le diagnostic de schizophrénie concernant leur proche comme une expérience difficile, bien que certains ont fait part d'un sentiment de soulagement d'avoir enfin nommé la maladie et d'avoir eu accès aux soins. 

L'expérience et les représentations des soignants avant l'annonce du diagnostic ont joué un rôle important dans la manière dont l'annonce a été intériorisée par les proches aidants. La communication du diagnostic a constitué un point de départ pour l'acceptation de la maladie chez les proches aidants. 

De nombreux besoins non satisfaits autour de la communication du diagnostic ont été rapportés par les proches aidants, notamment un soutien personnalisé, des explications spécifiques sur la maladie et des conseils sur leur rôle d'aidant. 


En conclusion, une attention particulière doit être accordée à la communication du diagnostic de schizophrénie aux proches aidants. L'information doit être précoce, complète, personnalisée et intégrée dans des programmes d'éducation et de soutien adaptés aux aidants afin de faciliter l'acceptation de la maladie et de leur statut de proche aidant.


*V.Forgeron et al. International Journal of Social Psychiatry, January 6, 2022

(téléchargement de l'article complet, en anglais)


Communication sur l'étude "annonce diagnostique aux proches" | Isère (unafam.org)

07 février 2022

[Débat] : Autisme, handicap et présidentielles

Les récents propos du candidat du parti Reconquête, Eric Zemmour, concernant l’inclusion des enfants souffrant de handicap à l’école ont majoritairement suscité l’indignation. Cependant, au-delà de leur caractère provocateur, ces déclarations rappelaient les limites de l’école inclusive. 

Patrick Sadoun, président fondateur du Rassemblement Pour une Approche des Autismes Humaniste et Plurielle et père d’un enfant atteint d’autisme, les évoque dans cette tribune publiée sur son site et qu’il a transmise au JIM à l’intention de nos lecteurs. Il y lance également un appel aux candidats à l’élection présidentielle pour que le sort des enfants handicapés dépasse les seules déclarations d’intention.

Tribune à lire sur le site du Journal International de Médecine (JIM):



ATTENTION !
Cette prise de position est très orientée. Pour une information plus complète, il faut lire aussi les commentaires à la fin de l'article !

05 février 2022

Feuille de route psychiatrie et santé mentale

Pour faire suite aux Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, qui ont eu lieu les 27 et 28 septembre 2021, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé et Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, ont réuni,vendredi 21 janvier, le 5e comité stratégique de la santé mentale et de la psychiatrie

Aujourd’hui, la feuille de route pour la santé mentale et la psychiatrie est composée d’une cinquantaine d’actions déclinées autour de plusieurs grands axes dont un volet dédié à la "promotion du bien-être mental et la prévention de la souffrance psychique" illustré par :

les Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) permettant une détection précoce de la souffrance psychique par des pairs. Initialement développés dans le milieu universitaire, leur montée en puissance se poursuit et s’élargit à de nouveaux publics et à de nouveaux secteurs professionnels.

le dispositif VigilansS de prévention de la récidive suicidaire est déployé aujourd’hui dans 16 régions. Il est complété depuis le 1er octobre dernier par la ligne 3114 du numéro national d’appel de prévention du suicide.

Autre volet : les actions pour des parcours de soins accessibles, plus fluides et de qualité. Selon le Gouvernement, l’effort s’est amplifié et accéléré.

Les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie ont par ailleurs permis de prévoir la mise en place d’une série de mesures fortes, attendues par le secteur. 

Parmi lesquelles :
– la création à titre expérimental des « maisons de l’enfant et de la famille » ;
– le renforcement des « Maisons des Ados », des CMP IJ, des CMP, des équipes mobiles psychiatriques, et de l’Accueil familial thérapeutique ;
– la mise en place d’un volet psychiatrique du SAS ;
– la création de lits à la demande ;
– la création d’équipes mobiles psychiatriques intervenant auprès des personnes âgées en EHPAD et autres Etablissements Médico-Sociaux.

La mise en œuvre de ces mesures sera précisée avant la fin de ce trimestre, à l’issue de travaux en cours menés notamment avec la Commission Nationale de la Psychiatrie (CNP) présidée par le Pr. Michel Lejoyeux.

Autre mesure phare annoncée par le Président de la République : la mise en place du dispositif "MonPsy". Celui-ci permettra, dès le printemps prochain, aux personnes ayant des troubles psychiques d’intensité légère à modérée, de bénéficier de 8 séances remboursées chez un psychologue conventionné avec l’Assurance maladie.

En parallèle, Sophie Cluzel a rappelé les avancées enregistrées et les perspectives ouvertes par les mesures relatives à l’insertion sociale des personnes en situation de handicap psychique: soutien résolu à l’autodétermination des personnes concernées via la pair-aidance (600 Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), promotion de l’intervention de pairs professionnels) ; aide aux aidants, via la Stratégie nationale de mobilisation et de soutien « Agir pour les aidants » 2020-2022 ; politique active d’insertion dans l’emploi et pour l’accès au logement, via l’habitat inclusif et le programme « un chez soi d’abord » étendu aux jeunes ; renforcement des équipes mobiles psychiatrie précarité (EMPP) ou encore le recrutement prévu sur trois ans de 500 psychologues et infirmiers pour intervenir dans les lieux d’hébergement et d’accueil.

Pour en savoir plus sur la feuille de route santé mentale et psychiatrie, rendez-vous ici : https://solidarites-sante.gouv.fr/

04 février 2022

[Formation] : Information sur le programme Profamille

PROGRAMME PSYCHO-ÉDUCATIF 
DESTINÉ AUX FAMILLES ET PROCHES
DES PATIENTS SOUFFRANT DE SCHIZOPHRÉNIE OU DE TROUBLES APPARENTÉS


REUNION D’INFORMATION

Le vendredi 11 février 2022 à 18h

Salle des Fêtes du Centre Hospitalier de ROUFFACH
27, rue du 4ème RSM 
68250-ROUFFACH

Cette rencontre sera l’occasion de vous faire découvrir ce programme psychoéducatif qui vise à :

 Apporter des informations sur la maladie
 Permettre de développer des habiletés relationnelles
 Apprendre à gérer ses émotions et développer des pensées adaptées
 Développer des ressources, apprendre à faire face à la maladie

 


La capacité d’accueil étant limitée, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous confirmer votre présence au :

SAMSAH ARSEA
1, faubourg des Vosges
68920-WINTZENHEIM 
03.89.27.75.90

03 février 2022

[Polémique] : La légalisation du cannabis, chronique d’un désastre annoncé

ATTENTION ! Le texte que nous vous proposons est seulement destiné à nourrir votre réflexion...


Les Français sont, parmi les 27 Etats européens, les premiers consommateurs de cannabis avec 1.500.000 usagers réguliers dont 1.000.000 d’usagers quotidiens et souvent multi quotidiens.

Certains candidats à l’élection présidentielle, ainsi que certains Etats voisins, évoquent désormais la perspective d’une légalisation du cannabis.


Entretien avec le Pr Jean Costentin, auteur de nombreux livres sur le sujet.

Propos recueillis par Agnès Farkas.


Agnès Farkas : La France se dirige vers la légalisation du cannabis tout comme ses voisins européens, remettant ainsi en cause la loi de 1970 qui le prohibe. Quelles seraient, selon vous, les conséquences d’une légalisation sur la population ?


Jean Costentin : Le pire n’étant jamais sûr, je me prends à espérer que notre nation ne copie pas ce que certains de nos voisins feraient de plus mal. Le temps qui passe peut nous laisser celui qui permettra à la raison de s’imposer. Une course de vitesse est engagée entre l’impatience des uns à commettre l’irrémédiable et l’accumulation de données qui vont toutes à l’encontre d’une légalisation du cannabis.


Pour synthétiser les plus graves conséquences à redouter d’une légalisation, je me contenterais d’être énumératif :


- Son pouvoir addictif puissant est tel que 20% au moins de ceux qui l’ont expérimenté en deviennent dépendants ; à sa légalisation serait associée une augmentation inévitable de ses consommateurs (rappelons pour mémoire que 13 millions de Français sont dépendants du tabac (75.000 décès annuels) et que 4,5 millions sont dépendants de l’alcool (41.000 décès annuels). Ne comptons pas sur les buralistes pour en refuser la vente aux mineurs, puisque 70% d‘entre eux ne respectent pas l’interdiction de la vente de tabac aux mineurs.


- Le cannabis est un puissant facteur d’escalade vers d’autres drogues, comme cela est montré avec l’alcool, la cocaïne et les morphiniques (les mécanismes neurobiologiques étant élucidés) il conduit à ces poly-toxicomanies que l’on voit déjà se multiplier.


- Cette drogue de "la crétinisation" commence à affecter nos enfants au collège, dès la cinquième et, bien sûr, au delà. C’est un grand perturbateur de la cognition. Son intrusion, que dis-je son invasion dans la sphère éducative (il touche aussi des enseignants), explique pour une bonne part le rang très pitoyable (27ième) que nous occupons dans le classement international PISA de performances éducatives, alors que la France est parmi les nations qui consacrent le plus de moyens pour l’éducation de ses enfants.


.../...


Pour lire la suite, cliquez sur le lien ci-dessous :



La légalisation du cannabis, chronique d'un désastre annoncé (solidariteetprogres.fr)

02 février 2022

Quand un soignant bascule dans la psychose…

Revue Santé Mentale N° 264 - Janvier 2022

À 46 ans, cet infirmier expérimenté en psychiatrie est victime d’une décompensation psychotique brutale. Du début des troubles au rétablissement, ce récit "de l’intérieur" montre l’importance "d’accueillir" le délire.

"Ancien infirmier en psychiatrie, et aujourd’hui consultant et pair-aidant dans le domaine de la santé, j’ai décompensé sur un mode psychotique à l’âge de 46 ans. Diagnostiqué comme personne schizophrène, j’ai souffert de délires, d’hallucinations et de paranoïa pendant plus de quatre ans. Actuellement en rétablissement, je porte un double regard sur la psychiatrie, celui d’un ex-professionnel de la santé mentale et celui d’un patient hospitalisé à plusieurs reprises contre sa volonté."

"La schizophrénie est un terme générique, qui correspond à des réalités extrêmement différentes. Ce que j’évoque dans cet article traduit mon expérience singulière de cette maladie. Décrire un vécu hospitalier en psychiatrie reste délicat. Le fait de délirer sur un mode psychotique biaise notablement la perception du contexte dans lequel on est immergé. Je vais toutefois tenter l’exercice sans garantie d’objectivité, mais avec un souci d’honnêteté."

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01 février 2022

La santé mentale, un sujet tabou dans notre société

La santé mentale est un sujet tabou dans notre société. Pourtant, la schizophrénie touche aujourd'hui 1% de la population générale, et la dépression concerne 20% des Français. Avec la crise du Covid, on assiste à une recrudescence des troubles mentaux. Pour le psychiatre Raphaël Gaillard, il existe un lien entre folie et créativité : on peut aussi se dire que c'est "dans ces moments de crise que la créativité est possible, que quelque chose peut se révéler..."

Ecouter : Raphaël Gaillard au micro de La Matinale RCF (12mn)

"Les troubles psychiques sont extrêmement fréquents", rappelle Raphaël Gaillard. Ainsi la schizophrénie touche 1% de la population générale, les troubles bipolaires, 2%. Quant à la dépression : elle concerne 20% des Français. "Cela signifie que sur vie entière, une personne sur cinq fera un épisode dépressif caractérisé."

Pourtant, les troubles mentaux, on en parle peu. C'est même un sujet tabou dans notre société. "Je crois qu'il faut changer ça, parce que c’est une question majeure que la question de la santé mentale dans la société."

C'est pour en parler que le psychiatre Raphaël Gaillard publie "Un coup de hache dans la tête" (éd. Grasset). Son titre tiré de Diderot, "qui écrivait que les grands artistes ont un petit coup de hache dans la tête", et qui célèbre le lien entre folie et créativité. Le psychiatre formule une hypothèse : Et si les troubles psychiques étaient liés à ce qui fait de nous des êtres humains, c'est-à-dire des êtres capables de créer ?

Dans son essai, Raphaël Gaillard décrit son expérience quotidienne de psychiatre et raconte la trajectoire de certains de ses patients. Dans le but de répondre à une question : souffrir d'un trouble psychique rend-il plus créatif ou est-ce que ça entrave la créativité ? "La réponse est que ça les entrave plutôt que ça ne soutient leur créativité et en même temps il y a bien quelque chose en lien avec la créativité."

Le pôle qu'il dirige à ­l’hôpital Sainte-Anne reçoit 12.000 patients par an : une véritable "chambre d'échos de la société", où l'on mesure "les répercussions sociales et économiques de la crise". Ainsi, pour Raphaël Gaillard, ce que l'on vit ce ne sont pas "des vagues mais une lame de fond". Selon le psychiatre, "la crise Covid est à l'origine d'une souffrance psychique très importante, et donc d'une recrudescence des troubles mentaux". Mais on peut aussi se dire que c'est "dans ces moments de crise que la créativité est possible, que quelque chose peut se révéler..."

31 janvier 2022

[Témoignage] : Un jeune schizophrène sensibilise ses camarades sur sa maladie aux contours invisibles

Un élève du lycée agricole de Gignac est atteint de schizophrénie. Il a décidé de partager son expérience avec ses camarades pour sensibiliser autour d'une maladie qui touche 600 000 personnes en France.

Cédric Verdy est en deuxième année de BTS au lycée agricole privé de Gignac. Ce jeune homme de 29 ans est atteint de troubles schizophrènes. Pour mieux faire connaître sa pathologie, il a bâti un projet "innovation et communication" dans le cadre de son BTS.

A travers une présentation devant une salle remplie de ses camarades, il raconte : "A partir de 18 ans, j'ai commencé à consommer des substances comme le cannabis, ce qui a été un déclencheur de ma maladie".

Si cela ne se remarque pas de prime abord, Cédric est bien atteint de Schizophrénie. Sa maladie a été diagnostiquée en 2015. Théo, l'un de ses camarades s'étonne : "Je le connais depuis deux ans, je ne savais pas, je l'ai appris il y a quelques mois et je trouve ça très courageux qu'il en parle".

Les préjugés tombent alors et l'essentiel est ailleurs. Le lycée de la Vallée de l'Hérault est depuis longtemps un modèle d'inclusion comme l'explique son directeur Manuel Moyano : "Lorsque les élèves arrivent, on ne demande pas leur pedigree. Nous, ce qui nous importe c'est qu'ils aient un projet professionnel et qu'on puisse les accompagner à le réaliser".

Le jeune homme est épaulé dans sa présentation par son camarade Mario Pouget. Il est, lui, atteint de troubles autistiques : "Ça va sensibiliser aussi sur cette maladie, il y a des symptômes qui ne sont pas si différents entre la schizophrénie et l'autisme".

Stéphanie Dors, infirmière au CHU de Montpellier intervient aussi dans la présentation du jeune homme. Pour elle, l'enjeu se situe aussi dans la sensibilisation : "Le but de ce programme est bien sûr d'informer, de former les familles sur la maladie afin qu'elles aient des clés et qu'elles sachent quoi répondre face aux malades".

Cédric est plein d'espoir : "Je suis l’exemple que je peux aller mieux, que je suis stabilisé et également que tous les jours j'avance".
Un jeune schizophrène sensibilise ses camarades sur sa maladie aux contours invisibles (francetvinfo.fr)

29 janvier 2022

[Revue] : Grandir avec une soeur ou un frère handicapé

Près de 500 000 familles vivent avec un enfant atteint d’un handicap moteur, sensoriel, mental ou psychique en France. Les parents étant souvent accaparés par cet enfant différent, la fratrie mise à contribution au quotidien, les loisirs familiaux limités, comment les frères et sœurs vivent-ils cette situation ? 

En souffrent-ils ? 
Souffrent-ils du regard posé sur leur famille ? 
Quel rôle bénéfique peuvent-ils y jouer, et qu’en retirent-ils eux-mêmes ? 
De son côté, l’enfant handicapé culpabilise-t-il de leur imposer sa différence ? 
Comment leurs relations évoluent-elles à l’âge adulte, puis une fois les parents décédés ? 

Psychologues, psychiatres, juristes et responsables associatifs se penchent sur la question des frères et sœurs de l’enfant handicapé, qui restent souvent dans l’ombre de ce dernier.

L'école des parents - Numéro 642 - Revue trimestrielle - 
27 janvier 2022