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31 mai 2024

[Témoignage] : Troubles schizophréniques : "Ce programme a représenté une bouée de sauvetage"

La fille de Laurence et Yves Ducrin* est atteinte de troubles schizophréniques. Le couple a suivi le programme Profamille des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui permet aux proches de se former à la maladie, ses symptômes et ses traitements.

«Louise* était une jeune fille à la vingtaine épanouie, qui s’investissait dans ses études, appréciait le sport et sortir avec ses amies. Un été, alors qu’elle semblait un peu démotivée et triste depuis quelques semaines, elle a fait un premier épisode psychotique (idées délirantes et hallucinations, ndlr). En sautant depuis le premier étage, elle s’est blessée et a dû être hospitalisée», raconte Laurence Ducrin. Alertée par son état, l’équipe soignante a transféré Louise en psychiatrie dès que ses blessures se sont améliorées. Un diagnostic de schizophrénie a été posé quelques mois plus tard. Pour ses parents, la nouvelle a été bouleversante: «Nous étions d’abord dans le déni et l’incompréhension. Il nous fallait faire le deuil de notre fille "d’avant". Nous nous sentions perdus, d’autant plus qu’un diagnostic précis est difficile à poser, car il existe une multitude de troubles psychotiques.»

Un programme psychoéducatif

L’équipe soignante leur propose alors de participer au programme psychoéducatif Profamille, une formation pour les proches d’une personne atteinte de schizophrénie mise en place par les HUG. Elle comprend des cours et des ateliers animés par des spécialistes de la santé dont l’objectif est non seulement de mieux faire connaître la schizophrénie et ses traitements, mais aussi de donner des outils pour communiquer avec la personne malade et améliorer la qualité de vie de toute la famille. «Ce programme exige beaucoup d’investissement, car il implique quatre heures de présence par mois ainsi que des travaux à faire à la maison. Au départ, j’étais un peu réticent, je n’étais pas sûr que cela me soit utile. L’enthousiasme de ma femme a fini par me convaincre. Puis je n’ai manqué aucune séance en deux ans!», explique Yves Ducrin.

Alors que le couple a terminé le programme depuis quelques mois, il considère que les cours et les personnes rencontrées ont été déterminants dans leur cheminement. «Nous avons été chanceux de suivre Profamille peu après que notre fille a été diagnostiquée. Cela a représenté une bouée de sauvetage. Tout d’abord, nous sommes sortis de notre isolement en rencontrant d’autres parents confrontés à des situations similaires. Il est en effet difficile de trouver du soutien auprès de son cercle familial ou amical dans le cas de la schizophrénie, tant cette maladie est mal connue et suscite de la discrimination», considère Laurence Ducrin. Yves Ducrin souligne que mieux comprendre ce trouble permet aux parents de déculpabiliser: «J’ai intégré qu’il s’agissait d’une maladie chronique qui impactait le fonctionnement du cerveau de ma fille et que ce n’était pas en lien avec son éducation.»

Réduction des tentatives de suicide

Les outils favorisant une meilleure communication avec la personne atteinte de schizophrénie ont aussi été bénéfiques: «J’ai par exemple appris qu’il fallait éviter les situations de stress. Comme la mémoire à court terme de Louise est affectée, il vaut mieux lui demander de réaliser une tâche précise à la fois, par exemple "plie ton pull-over", plutôt que "range ta chambre"», confie sa mère. Le programme a aussi permis aux parents «de réapprendre à s’occuper de soi. Il est essentiel pour nous, et pour notre fille, de garder des intérêts et des loisirs».

Avec une réduction de moitié des tentatives de suicide et un peu plus de 40% d’hospitalisations en moins chez les malades lorsqu’un ou une de leurs proches a suivi Profamille, les statistiques sont éloquentes. Laurence et Yves Ducrin sont convaincus: «Notre fille n’a plus été hospitalisée depuis 18 mois. Elle travaille et a repris ses études. Nous observons la même tendance chez les autres personnes dont les proches ont suivi la formation.»

*Prénoms et nom d’emprunt.

29 mai 2024

[Podcast] : Documentaire-témoignage sur les troubles bipolaires

Sur le fil...

Depuis toujours je suis persuadée qu’une malédiction plane sur ma famille. Elle a tué mon grand-père, ma grand-mère et a presque failli avoir ma mère. Et si cette malédiction était une maladie mentale transmissible ? 
Sur les traces de mon héritage familial, je mène une enquête pour savoir comment y échapper et protéger mon fils. Sur le fil est une série documentaire sur les troubles psychiatriques qui rongent ma famille depuis toujours et dont les effets dévastateurs se sont furieusement accélérés ces derniers temps, me poussant finalement à m’interroger sur cette maladie mentale qui semble aussi contagieuse que fatale : la bipolarité
C'est une enquête personnelle et intime sur un mal à la fois inconnu et célèbre dont Kanye West est le fier représentant. À travers les fantômes de la maladie mentale et ceux de ma famille, les discussions avec mes proches, mon psy, des psychiatres et les témoignages de personnes porteuses de troubles bipolaires, je vais tenter de comprendre comment vivre avec cette maladie et surtout comment faire pour ne pas la déclencher à mon tour. 
Ce projet interroge les démons familiaux et ceux de la maladie mentale, mais aussi les soins proposés par la société et le corps médical. Me permettra-t-il de sortir de ce qui, pour l'instant, me semble être une malédiction ? Me permettra-t-il de comprendre un mal qui a empoisonné toute ma famille et d’ainsi conjurer le sort ?

Par Laetitia Druart

4 épisodes (20-30mn) à écouter sur ARTE-RADIO


28 mai 2024

Les urgences psychiatriques en médecine générale

De plus en plus sollicités pour des questions de santé mentale, les généralistes peuvent être confrontés à différentes situations d’urgences psychiatriques. Conduites suicidaires, agitation, délire aigu ou attaques de panique : la prise en charge initiale doit permettre de préciser le contexte étiologique, d’évaluer le degré d’urgence et le risque d’auto- ou hétéro­agressivité et de soulager le patient. Un avis psychiatrique en urgence, voire une hospitalisation, sont souvent nécessaires.

Dr Nicolas Bonfils (psychiatre et addictologue, docteur en neurosciences, ancien chef de clinique des Hôpitaux de Paris - Cabinet médical : 4, rue Chomel 75007 Paris)

INTRODUCTION

Près d’un tiers des consultations en médecine générale concernent une plainte psychologique (contre 11 % avant les années 2000) et les troubles psychiatriques constituent désormais le deuxième motif de recours au généraliste, voire le premier chez les 25-60 ans.

Le généraliste est donc de plus en plus susceptible d’être confronté à des situations d’urgences psychiatriques. Par exemple, dans une tentative de suicide sur deux, il est le premier intervenant sollicité. Nonobstant, 78 % des généralistes confient avoir des difficultés à évaluer le risque suicidaire.

27 mai 2024

[6-7 juin] : Douzième Congrès Réhab’ Santé mentale France

Thème : "Rétablissement : Ensemble, bougeons les lignes"

6 et 7 juin 2024 à Marseille

Soins précoces, pair-aidance, travail en partenariat, influencent durablement les pronostics et les parcours. Des personnes vivent le rétablissement, en témoignent et le partagent. Désormais, que veulent les personnes vis-à-vis de leur parcours de rétablissement ? Néanmoins, l’équilibre reste fragile. Si le discours a changé, les pratiques peinent parfois à le faire. Les soins et les services basés sur les besoins des personnes et qui sécurisent les aléas du rétablissement restent minoritaires. La stigmatisation des personnes concernées et des structures de soins reste un frein à l’inclusion sociale. Les voix des personnes peinent à être entendues. Comment surmonter ces obstacles ? Le rétablissement appartient aux personnes concernées et à elles seules. Le rôle de la réhabilitation psychosociale est de favoriser son émergence et sa croissance. Plus que jamais les expériences positives développées peuvent être sources d’inspiration et de changement.

Pre-Programme-V8.pdf (santementalefrance.fr)

avec la participation de l’UNAFAM :

PLÉNIÈRE 1 : Rien à propos de nous sans nous
Caroline MATTE La Maison Perchée . Représentant des Familles UNAFAM . Stéphanie WOOLEY ADVOCACY & MH Europe . Serge MIKHARSKY Animateur Groupe d’Entraide Mutuelle chez Association GEM «Le Cerisier» , CNIGEM

PLÉNIÈRE 6 - Santé mentale Grande Cause Nationale 2025 !
Collectif Santé mentale Grande Cause nationale 2025 initié par : ADESM, AJPJA, CNIGEM, FEHAP, Fondation Fondamental, Psychodon, Santé mentale France, Unafam
Signatures ouvertes sur : santementale2025.org

26 mai 2024

[Ciné-débat] : Le travail, cet outil d’insertion qui peut rendre malade ?

Ciné débat basé sur des documentaires sélectionnés par le CNASM (Centre National Audiovisuel en Santé Mentale, Lorquin)

"Le travail, cet outil d’insertion qui peut rendre malade ?"

Le 4 juin à partir de 19h

Au cinéma Cosmos, 3 rue des Francs Bourgeois, Strasbourg

Projection mentale : le travail cet outil d'insertion qui peut rendre malade? (weezevent.com)

25 mai 2024

[Handicap] : 50 000 solutions nouvelles, Attal précise !

50 000 solutions nouvelles pour accompagner les personnes handicapées d'ici 2030, avec une priorité vers le milieu ordinaire. Quoi de neuf ? Quel public ciblé ? Gabriel Attal fait le point lors de son premier Comité interministériel du handicap.

Dotées d'1,5 milliard d'euros, ces 50 000 solutions nouvelles promises d'ici 2030 seront « tournées vers l'insertion en milieu ordinaire, fournissant un accompagnement adapté, tout en réduisant les tensions dans les départements les moins dotés, notamment en Ile-de-France et dans les territoires ultra-marins », selon Gabriel Attal qui réaffirme sa feuille de route à l'occasion de son premier Comité interministériel du handicap le 16 mai 2024 (Comité interministériel du handicap : 16 mai 2024 à Matignon).

Quel calendrier ?

Dès l'automne 2023, des crédits ont été attribués aux agences régionales de santé (ARS). La ministre chargée des Personnes handicapées, Fadila Khattabi, a installé, en décembre 2023, un comité national de pilotage de la transformation de l'offre qui se réunit deux fois par an pour suivre le travail engagé sur le terrain. Le prochain aura lieu en juillet 2024. L'ensemble des diagnostics territoriaux seront achevés au printemps 2024. Des appels à projets ont été lancés pour faire émerger une offre nouvelle dès cette année : l'Ile-de-France avec le plan Inclus'IF 2030, la Normandie avec Normhandi'cap et la région PACA avec PAC'Ambition. Pour l'Ile-de-France, 2 000 solutions sont ainsi déjà programmées.

Dans les temps ?

Le gouvernement se dit « dans les temps » même s'il consent qu'il doit « redoubler d'efforts pour être au rendez-vous sur tous les territoires ». Pour l'Unapei, les choses ne sont pas si fluides. Selon cette association dédiée aux personnes avec un handicap mental, il n'y a « pas de concertation, pas de transparence, pas de calendrier », assurant que « certains acteurs au sein des ARS ne sont même pas au courant » et déplorant des « situations très disparates d'une région à l'autre ». Elle ajoute que « les ouvertures porteraient davantage sur la finalisation de projets déjà en cours et l'extension de places dans des établissements existants plutôt que sur des créations ex nihilo ».

Des publics prioritaires

Ce plan cible en priorité les personnes polyhandicapées, vivant avec des troubles du neurodéveloppement, les enfants relevant de l'aide sociale à l'enfance (ASE), les personnes handicapées vieillissantes, les jeunes adultes vivant en établissement pour enfants et les personnes avec un handicap psychique. Pour l'Unapei, l'urgence est de se préoccuper des « cas les plus complexes », liés pas seulement aux handicaps les plus lourds mais également au défaut de soutien. C'est par exemple le cas des enfants confiés à l'ASE, dont 30 % seraient en situation de handicap sans qu'ils ne soient forcément identifiés, laissant ses professionnels, non formés à ce public, particulièrement démunis.

Les cas complexes sur la touche ?

L'association observe que son accompagnement s'oriente à l'avenir vers ces cas les plus complexes avec néanmoins des budgets inadaptés à des profils qui exigent des renforts en moyens humains. L'Adapei 69, par exemple, historiquement ciblée sur ce public, n'a plus l'étayage professionnel et technique suffisant pour prendre en charge certains résidents, par exemple des personnes autistes sévères lors d'épisodes de crise alors même que la psychiatrie, en crise elle aussi, répond aux abonnés absents. Face à l'urgence, « Cas complexes », c'est justement le thème du Congrès annuel de l'Unapei organisé du 12 au 14 juin à Tours, où seront présentées des solutions innovantes comme un dispositif pour enfants polyhandicapés en Bourgogne.

Pénurie de personnel

Reste un point critique… La pénurie de personnels sans précédent qui alimente depuis trois ans une crise profonde dans le « secteur des métiers de l'humain ». Dans le Loiret, une unité de l'Unapei dédiée a vu démissionner six de ses neuf salariés à cause de la trop grande pénibilité du travail et de salaires insuffisants. 50 000 solutions de plus quand 50 000 salariés manquent à l'appel ?

24 mai 2024

Feuille de route santé mentale et psychiatrie : où en est-on six ans après ?

Le rapport 2024 sur l’état d’avancement de la feuille de route santé mentale et psychiatrie est publié (il s’agit du sixième bilan). Franck Bellivier, Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, relève à cette étape, et malgré l’engagement de l’ensemble des acteurs « nombre d’éléments positifs mais aussi des sujets de préoccupation majeure, une inadéquation entre les besoins et l’offre qui restent très élevée, en particulier en pédopsychiatrie. »

Lancée en juin 2018, la Feuille de route santé mentale et psychiatrie a contribué de façon décisive à installer la santé mentale dans le débat public et à lever certains tabous. Comportant initialement 37 mesures, celle-ci a été enrichie de nouvelles mesures à l’issue des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie en 2021. Il s’agit donc d’un document évolutif. Des moyens substantiels ont été mobilisés et continuent de l’être pour accompagner son déploiement. Au-delà, comme l’a rappelé en avril dernier, Frédéric Valletoux, Ministre en charge de la Santé et de la Prévention, à l’occasion d’un bref point d’étape, « la mobilisation durable et collective de tous les acteurs porteurs de cette stratégie est déterminante pour atteindre les objectifs fixés en matière de prévention des troubles psychiques, d’accompagnement des personnes qui en souffrent et de leurs proches, et de changement de regard sur ces troubles ».

Selon Franck Bellivier, Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, « ce sixième bilan de l’état d’avancement des actions décrites dans la feuille de route Santé mentale et psychiatrie permet une nouvelle fois de mesurer l’engagement des Directions d’Administration Centrales du Ministère, des ARS, des professionnels de santé, mais aussi des personnes concernées et de leurs familles dans ces réformes, et, plus globalement, de mesurer le chemin parcouru. Cette mobilisation croissante doit servir de socle à l’élargissement des actions impactant les déterminants de la santé mentale : violences subies et en particulier violences sexuelles dans l’enfance, migration, appartenance à une minorité, précarité financière, qualité de vie au travail, sommeil, solitude et isolement. »

Quelques éléments significatifs…

– S’agissant des politiques de prévention et notamment de la stratégie multimodale de prévention du suicide, les actions phares (numéro national 3114, déploiement des sentinelles, dispositif VigilanS), ont atteint, selon Franck Bellivier « leur vitesse de croisière de déploiement et continuent à montrer des hauts niveaux d’activité « . Les premières évaluations de ces dispositifs permettent en effet de confirmer leur efficacité.

– Le renforcement des maisons des adolescents est effectif : 118 Maisons des Adolescents sont en activité à ce jour.

– le dispositif d’accès aux soins psychologiques pris en charge par l’assurance maladie offert par le MonSoutienPsy, renforcé dès le mois de juin prochain, rencontre un vif succès auprès des bénéficiaires – 243 000 patients en ont bénéficié – et des médecins généralistes. C’est cependant un bilan mitigé par une adhésion des psychologues qui reste à consolider. Le comité d’évaluation de ce dispositif qui rendra ses conclusions avant l’été et les déclarations récentes du premier ministre, feront évoluer cette offre prioritaire.

– le développement du secourisme en santé mentale dans tous les secteurs de la société, notamment dans les trois fonctions publiques et dans les milieux étudiants, affiche un objectif de 60 000 secouristes formés fin 2023 (objectif atteint dès juin 2023), et 150 000 fin 2025. Au total, tous publics confondus, 97 381 secouristes sont déjà formés au 1er janvier 2024 (soit plus du double de l’effectif comptabilisé fin 2022).

-La prévention contre les conduites addictives se poursuit avec cette année l’ajout au carnet de santé de l’enfant de conseils pour les parents sur le bon usage des écrans et l’engagement du Premier Ministre d’inscrire la lutte contre l’addiction aux écrans comme action prioritaire

–39 nouvelles équipes mobiles psychiatriques intervenants auprès des personnes âgées en Ehpad et autres ESMS ont été financées en 2023

–la réduction des pratiques d’isolement et de contention se poursuit en particulier par l’engagement des ARS auprès des établissements

– il est nécessaire d’améliorer le repérage et la prise en charge précoce par le renforcement des centres médico-psychologiques (CMP) adulte. Or, ces structures font face à une demande croissante de soins à laquelle il leur est de plus en plus difficile de répondre. Leurs délais de rendez-vous sont importants et tendent à s’allonger. Il était prévu le recrutement sur trois ans de 400 ETP de personnel non médical (psychologues, infirmiers…) dans les CMP adultes. Cependant, la mise en œuvre de cette mesure rencontre deux freins dans sa déclinaison : la lenteur actuelle des recrutements en lien avec la démographie des professionnels et le coût moyen des recrutements supérieurs au coût initial prévu par la mesure. Au total, seul le recrutement de 77 ETP (équivalent temps plein) dans les CMP adultes est confirmé au 31 décembre 2023.

– L’entrée en vigueur de l’élargissement de la prestation de compensation du handicap (PCH) aux publics en situation de handicap psychique, ou encore l’appui résolu aux Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) – 700 groupes d’entraide mutuelle (GEM) ont été soutenus- , aux Collectifs d’Entraide Insertion Professionnelle et à la pair-aidance, offrent des leviers renforcés qui doivent permettre d’agir efficacement pour l’insertion sociale et la citoyenneté des personnes en situation de troubles ou de handicaps psychiques. Signalons l’ouverture de 5 nouveaux collectifs d’entraide et d’insertion sociale et professionnelles en 2023 dans des régions non couvertes

–Concernant les professionnels de santé, notons que depuis 2019 318 IPA ont été formés à la mention psychiatrie et santé mentale soit 21 % des IPA c’est donc la deuxième mention la plus suivie après « pathologies chroniques stabilisées«

–Concernant les ESAT de nouveaux droits ont été ouverts aux travailleurs afin qu’ils puissent bénéficier des mêmes droits indic-viduels et collectifs des salariés et ainsi être « assimilés salariés ».

Franck Bellivier le souligne, « il persiste des sujets de préoccupation majeurs, d’inadéquation entre les besoins qui restent très élevés et l’offre, en particulier en pédopsychiatrie. Ces redoutables difficultés structurelles et conjoncturelles, déjà signalées dans les rapports précédents s’aggravent dans certains points du territoire. Les mesures pour y faire face sont décrites dans le document (renforcement des équipes soignantes, attractivité de la psychiatrie, soutien aux carrières universitaires, coopération inter-hospitalière, articulation avec les autres acteurs du parcours en santé mentale…), mais ne produiront leurs effets que dans un moyen et long terme« .

Rappelons enfin que deux événements doivent se tenir prochainement, les assises de la pédiatrie et de la santé de l’enfant au mois de mai et un Conseil national de la rénovation (CNR) dédié à la santé mentale en juin-juillet.

Santé mentale et psychiatrie. Mise en oeuvre de la feuille de route, Etat d’avancement au 1er mars 2024 (PDF).

Feuille de route santé mentale et psychiatrie : où en est-on six ans après ? - Santé Mentale (santementale.fr)

23 mai 2024

Le Grand Théâtre éphémère au Centre Hospitalier d’Erstein

Le Relais Culturel et le Centre Hospitalier d’Erstein s’associent avec la troupe des Rois Vagabonds à l’occasion d’un événement exceptionnel sur le territoire 

du 16 mai au 1er juin 2024

Le magnifique chapiteau des artistes s’implantera durant trois semaines consécutives dans le parc de l’hôpital - 13 route de Krafft - et sera le théâtre d’une programmation jubilatoire et festive, dans un esprit de partage, de rencontre et de mixité !

En fil rouge de cette programmation, le spectacle CONCERTO POUR DEUX CLOWNS sera proposé à raison de 12 représentations exceptionnelles pour découvrir ou redécouvrir le talent des Rois Vagabonds !

Autour de ce bijou d’humour et de poésie, venez découvrir une myriade de propositions artistiques, plus réjouissantes les unes que les autres !



22 mai 2024

[24 mai] : Pair aidance en santé mentale : des paroles aux actes

25e Journée thématique du Centre ressource handicap psychique (Crehpsy) Pays de la Loire

Vendredi 24 mai de 9h30 à 17h, Angers

Avec la participation de Frank BELLIVIER Délégué Ministériel à la Santé Mentale et à la Psychiatrie et de Bérénice STAEDEL, CCOMS, Directrice de programme, en charge de la participation et de la professionnalisation des usagers et aidants en santé mentale.

Le bénéfice de l’intervention des pairs aidants et paires aidantes a aujourd’hui largement été démontré : elle a des effets significatifs sur l’estime de soi, le sentiment d’auto-efficacité et le rétablissement personnel des pair-aidés, et diminue leur taux de réadmission en soins aigus. Les pairs aidants, ayant traversé l’expérience de la maladie et du rétablissement, choisissent de s’investir dans l’accompagnement de leurs pairs en tant que bénévoles, salariés ou travailleurs indépendants. Ils ont désormais accès à plusieurs formations universitaires qui leur sont dédiées. Ils occupent une place de médiateurs, favorisant l’accès aux soins pour les usagers via une meilleure reconnaissance de leurs besoins singuliers, et soutenant les évolutions des pratiques et cultures du système de santé.

Plus globalement leur intervention s’inscrit dans le cadre de la médiation en santé qui figure dans la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 et dans le Code la santé publique ; le développement de ces pratiques est l’une des orientations du Projet régional de santé 2023-2028 des Pays de la Loire.

Cela étant, le cadre d’emploi de ces nouveaux professionnels n’est pas encore officiellement reconnu ni clairement défini : absence de référentiel métier, de certification professionnelle, ou de positionnement dans les conventions collectives… Leur mode d’exercice reste donc encore très précaire.

En région Pays-de la Loire, plus de 30 pairs aidants « professionnels » sont actuellement en exercice. Ils sont recrutés dans les services de santé tout comme dans les structures médico-sociales ; ils se sont organisés en association, développent des actions d’intervision et d’analyse de pratique…

Après avoir promu le développement de la pair-aidance en santé mentale et soutenu les recrutements dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, le CReHPsy se propose de mettre en lumière les réussites locales, les défis relevés mais aussi les obstacles et les freins encore à l’œuvre. Cette 25ème journée thématique contribuera à identifier le chemin qui nous reste collectivement à accomplir pour la reconnaissance tant attendue de ce nouveau métier.

Pré-programme

Renseignements : www.crehpsy-pl.fr

Inscription
Pair aidance en santé mentale : des paroles aux actes - Santé Mentale (santementale.fr)

21 mai 2024

[Témoignage] : "Ce jour où je vous ai attaché…"

Face à un patient en crise psychique, pas simple pour le psychiatre de prendre la décision de médiquer, attacher, isoler… Il est alors pris dans une impasse, avec des sentiments violents, entre peur, gêne, honte, culpabilité…

Je ne vous avais jamais vu avant. Vous étiez hospitalisé depuis quelques jours, sans doute. Je ne me souviens plus bien. Après tout, je ne vous ai vu que deux fois.

Partie 1 : Décontention

Vous étiez enfermé en chambre de soins intensifs. C’est comme cela qu’on appelle maintenant les chambres d’isolement. Pour cacher un peu, par un autre mot, ce qui nous fait tous un peu (beaucoup) honte. Et même, on acronymise en « CSI », comme ça il n’y a même plus de mot. Intensive, la solitude l’est dans cette pièce à isoler ; l’angoisse aussi. Une chambre d’isolement intensif, plutôt. Vous étiez très angoissé : par les idées qui envahissaient votre pensée, des idées folles, de grandeur et de persécution. Vous étiez assailli d’idées délirantes qui vous coupaient en partie de la réalité, de celle que l’on partageait « nous autres » : les soignants.

Lorsque je suis entrée dans cette pièce qui vous maintenait à l’écart du monde, j’ai immédiatement retrouvé l’ambiance de « l’iso » : un épais matelas bleu posé au sol, une gourde molle perchée sur le rebord de fenêtre, des murs peints en blanc, une horloge digitale fixée au-dessus de la porte. Rien de plus. Je n’ai pas vu tout de suite que vous étiez attaché ; les sangles étaient comme pudiquement dissimulées par la couverture. Mais non, c’est parce qu’il faisait si froid. Les infirmiers m’avaient un peu briefée avant. Très vite, quelques mots de votre arrivée : psychose, épisode délirant, hallucinations, agitation, sous-sédation, agressivité, risque de fugue. L’équipe soignante s’accordait à dire que vous étiez apaisé...

Auteur : Geneviève HENAULT, Psychiatre

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