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23 janvier 2022

[Podcast] : Vous entendez des voix ? Rassurez-vous, vous n'êtes (sans doute) pas fou !

Explications de Caroline Péneau, Hélène Loevenbruck et Christophe André au micro de "Grand bien vous fasse" par France Inter.


Si nous sommes constamment en train de communiquer avec notre "voix intérieure", qui agit inconsciemment comme un guide, régulant naturellement nos moindres émotions, il arrive parfois que ces dernières prennent le dessus chez certaines personnes, au point d'avoir l'impression d'entendre systématiquement des voix.

Caroline Pineau : "Longtemps, on a cru que c'était typiquement un symptôme de la schizophrénie, ce qui a entraîné de faux diagnostics. Alors qu'on peut tout à fait avoir ce genre d'hallucination sans troubles psychologiques".

Christophe André : "Loin d'être schizophrènes, certains de mes patients étaient parfaitement adaptés, avaient une vie familiale et une vie professionnelle tout à fait normale, mais, simplement, ces voix les déstabilisaient profondément. Ce n'est que assez tardivement qu'on s'est aperçu qu'on pouvait les traiter et les aider sans leur donner des neuroleptiques, comme s'il s'agissait de délires".

Il y a "des raisons neuro-anatomiques", un mécanisme cognitif qui fait qu'il est tout à fait normal de se parler à soi-même, et d'entendre comme des voix. Cela est directement lié d'après Hélène Le Van Vanbrugh à un déséquilibre de notre rapport avec notre voix intérieure : "Comme nous avons la capacité exceptionnelle de pouvoir simuler des voix intérieures et de susciter des dialogues mentaux, eh bien ce mécanisme qui essentiel à notre humanité peut parfois dérailler et véritablement se désynchroniser d'où des perturbations d'ordre social".

Il faut apprendre à apprivoiser ces "voix internes" (souvent suscitées par un stress accru)

Voici les quelques conseils que prescrivent nos trois invités pour ne plus avoir l'impression d'entendre systématiquement des voix :

Caroline Pineau : "On peut les traiter par des médicaments, des thérapies et des groupes de parole où on parle avec des personnes qui connaissent ce même soucis, pour essayer d'apprivoiser ses propres voix, apprendre à les connaître, parce qu'il y a, en réalité à ce moment-là, des voix positives et des voix négatives qui se croisent.

Chez les entendeurs de voix, la moitié est positive et l'autre négative, tandis que, chez les schizophrènes, c'est 90 % de voix négatives

L'idée, c'est d'apprendre à vivre avec pour faire en sorte qu'elles disparaissent progressivement".

Christophe André : "On leur apprend à considérer que ces voix ne sont qu'un symptôme de stress. C'est très souvent le cas. En général, on a l'impression d'entendre ces voix lorsqu'on est plutôt fatigué, stressé ou préoccupé. Il faut apprendre à les repérer (surtout les négatives) comme une sorte de petit effet indésirable ou latéral de leur fonctionnement cérébral.

Toutefois, ce qui n'est pas normal, c'est de considérer que ces voix viennent de l'extérieur de soi".

Comment savoir si on est atteint de schizophrénie ?

D'après Christophe André, la schizophrénie est possible lorsqu'on constate que la personne en question est persuadée que ces voix n'émanent pas d'elle mais de l'extérieur :

"C'est que les perturbations émotionnelles sont trop fortes au point de vue émotionnel pour que l'on puisse s'en rendre compte. Ou lorsqu'il y a des crises d'angoisse très fortes et des troubles du comportement".

Les patients schizophrènes ont du mal à comprendre que c'est eux qui émettent ces voix depuis leur propre intérieur.

RÉÉCOUTER - Grand bien vous fasse : À quoi sert sa voix intérieure ?

Vous entendez des voix ? Rassurez-vous, vous n'êtes (sans doute) pas fou ! (franceinter.fr)

22 janvier 2022

[Recherche] : Certains antipsychotiques augmenteraient le risque de cancer du sein

Selon certaines études transversales du type cas-témoins, le risque de cancer du sein serait augmenté chez les patientes atteintes d’une schizophrénie, par rapport à la population générale. Quelle est la part des traitements dans ce risque supposé ? Les antipsychotiques qui ont tendance à interférer avec le métabolisme de la prolactine pourraient-ils être en cause ? C’est à ces questions que tente de répondre une étude finlandaise du type cas-témoins intracohorte dans laquelle ont été initialement incluses 30 785 femmes chez lesquelles le diagnostic de schizophrénie a été posé entre 1972 et 2014.

Un cancer du sein a été détecté et traité chez 1 069 d’entre elles entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2017. Ce groupe (âge : 18-85 ans) a été constitué après exclusion des cas comportant des antécédents de cancer, de transplantation d’organes, de mastectomie ou encore d’infection par le VIH. Le groupe témoin a compté 5 339 patientes atteintes de schizophrénie, indemnes de cancer du sein et appariés selon l’âge et l’ancienneté de la maladie. L’analyse des données a reposé sur une régression logistique conditionnelle avec ajustements sur les comorbidités et les traitements concomitants.

La prise d’antipsychotiques qui n’interfèrent pas avec le métabolisme de la prolactine (incluant la clozapine, la quetiapine ou l’aripiprazole) ne s’est pas accompagnée d’une modification du risque de cancer du sein, que la durée d’exposition soit comprise entre une et quatre années (odds ratio ajusté [ORa] 0,95, intervalle de confiance à 95 % IC 95% 0,73-1,25) ou supérieure à cinq années (ORa 1,19, IC 95 % 0,90-1,58) (versus durée < une année).

Les résultats sont quelque peu différents avec les antipsychotiques capables d’augmenter la production de prolactine, le risque de cancer du sein étant significativement augmenté, uniquement en cas d’exposition prolongée (≥ 5 ans), l’ORa correspondant étant en effet estimé à 1,56 [IC 95 % 1,27-1,92], p < 0,001). Le risque d’adénocarcinome lobulaire est apparu plus élevé que celui d’adénocarcinome canalaire, les valeurs correspondantes des ORas étant respectivement de 2,36 [IC 95 % 1,46-3,82] et 1,42 [IC 95 % 1,12-1,80].

L’exposition prolongée aux antipsychotiques capables de stimuler la production de prolactine semble donc associée à une augmentation du risque de cancer du sein chez les patientes atteintes de schizophrénie. Un argument de plus pour surveiller les taux plasmatiques de prolactine chez les patientes exposées à ces médicaments.

Taipale H et coll. : Antipsychotic use and risk of breast cancer in women with schizophrenia: a nationwide nested case-control study in Finland. Lancet Psychiatry 2021. 8(10):883-891. doi: 10.1016/S2215-0366(21)00241-8.

21 janvier 2022

La fleur de Patricia : Carnet du rétablissement en santé mentale à destination de l’usager, de son proche et du professionnel

Proposé par l’association En Route, ce carnet du rétablissement en santé mentale, est à destination de l’usager, son proche et du professionnel. 

 Illustré de témoignages et de dessins, celui-ci souhaite apporter une information claire, vulgarisée et critique sur le rétablissement en santé mentale.

Celui-ci décrypte le rétablissement en santé mentale en s’inspirant notamment de la vision de Patricia Deegan, pionnière du mouvement des usagers pour le rétablissement en santé mentale.

Il s’organise autour des thématiques suivantes :

  • Histoire
  • Définitions
  • Espoir
  • Amour et amitié
  • Entraide entre pairs et pair-aidance
  • Se rétablir n’est pas guérir
  • Rétablissement clinique
  • Pouvoir d’agir, pouvoir de vie
  • Stratégies ou l’art de s’outiller
  • Et les professionnels dans tout ça
  • Des questions, des critiques

Vous pouvez le télécharger ci-dessous :



20 janvier 2022

[Agenda] : Journée de la réhabilitation psychosociale


Le centre de proximité et de ressources en réhabilitation psychosociale du Haut-Rhin et le centre support Alsace de réhabilitation psychosociale vous invitent à la :
 
Journée de la réhabilitation psychosociale

le jeudi 10 mars 2022
de 8h30 à 17h

Centre hospitalier de Rouffach
Salle des fêtes - 27 rue du 4ème RSM
 
Vous êtes concernés par la réhabilitation psychosociale ou la santé mentale et souhaitez rencontrer des professionnels du secteur, échanger sur vos pratiques ?
Cette journée vous est dédiée !
 

 
Au programme :

- Une matinée sur les concepts de la réhabilitation psychosociale et la dynamique en Alsace,
- Un après-midi de sensibilisation sur les outils et les démarches de réhabilitation psychosociale.
 
 
 
 
 
Nous vous invitons à diffuser largement l'information sur cet événement dans vos réseaux.



 
 

19 janvier 2022

Handicap : la secrétaire d’Etat en visite dans les Ardennes

Le Conseil départemental a accueilli, le jeudi 13 janvier, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie CLUZEL, qui était en déplacement dans les Ardennes.

Objectif de cette visite : faire le point sur l’expérimentation visant à étendre la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) à d’autres formes de handicap.

En 2021, le département des Ardennes a été retenu, au même titre que ceux de la Gironde et des Vosges, pour une expérimentation visant à étendre la Prestation de Compensation du Handicap à des personnes en situation de handicap psychique, mental, cognitif ou avec un trouble du neuro-développement. En effet, l’adaptation des modalités de compensation et d’accompagnement des personnes en situation de handicap psychique, mental, cognitif ou avec des troubles neuro-developpmentaux figure parmi les priorités du Gouvernement, annoncée lors de la Conférence nationale du handicap de février 2020.

La PCH, c’est quoi ?

La Prestation de Compensation du Handicap vise à permettre à la personne en situation de handicap de faire face aux conséquences du handicap dans la vie quotidienne, en prenant en compte ses besoins, ses attentes et son projet de vie.

La PCH peut recouvrir plusieurs types d’aides :

- des aides humaines (sauf aide ménagère),
- des aides techniques,
- des aménagements du logement, du véhicule ou les surcoûts liés au transport,
- des aides animalières, des aides spécifiques ou exceptionnelles.

Il s’agit d’une aide financée par le Conseil départemental pour un montant annuel d’environ 6,5 millions €.

L’équipe pluridisciplinaire chargée de l’évaluation des besoins de la personne en situation de handicap apprécie si elle est éligible à la prestation et, dans ce cas, élabore un Plan Personnalisé de Compensation (PPC).
Ce plan est présenté à la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) qui prend la décision.
Le montant et la durée de la PCH varient en fonction de la nature de l’aide demandée. Le Conseil départemental est chargé du versement de la prestation.

18 janvier 2022

[Podcast] : "L'incertitude dans laquelle les Français sont plongés depuis deux ans est insupportable"

France Inter, le 30 décembre 2021

Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l'Université de Paris, chef de pôle à l'hôpital Sainte-Anne, est l'invité du grand entretien de la matinale. L'occasion d'évoquer la mal-être des Français lié à la crise sanitaire qui dure.

La crise sanitaire dure et pèse de plus en plus sur le moral des Français. On ne voit toujours pas le bout du très long tunnel et les conséquences psychiques sont réelles. Professeur de psychiatrie à l'Université Paris-Descartes et responsable du pôle psychiatrie de l'hôpital Saint-Anne, Raphaël Gaillard est en première ligne pour témoigner de la santé mentale des Français. 

Et il explique, "on sent très bien" la fatigue de la population. "Nous, psychiatres sommes en quelque sort des sous-mariniers de la société. Nous voyons la société dans ses profondeurs et ce que nous voyons, ce ne sont pas des vagues successives, ce sont des lames de fond, une lame de fond qui est la souffrance psychique". 

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-30-decembre-2021

17 janvier 2022

[Webconférence] : "Vivre avec... des troubles anxieux"


Jeudi 27 janvier 2022 à 18h

Une remarque, un mot qui interpelle, une situation inhabituelle, et voilà le cerveau s’emballe. Il amplifie tout, crée des fantasmes tragiques, un sentiment d’impuissance face au danger, invente des maux, va jusqu’à paralyser.

Lors de ce webinaire sur les troubles psy, des experts du vécu, des proches et des professionnels viendront échanger, témoigner et répondre aux questions que vous nous aurez préalablement adressées.


15 janvier 2022

[Recherche] : Deux marqueurs sanguins pour le traitement de la schizophrénie

Une recherche suisse montre que la sévérité des symptômes cliniques de la schizophrénie est fortement associée à des biomarqueurs sanguins en relation avec la dérégulation des mitochondries neuronales. Des travaux qui ouvrent la voie à un diagnostic de précision, selon les chercheurs. Un communique de Synapsy* détaille ces résultats et la méthodologie.

Les symptômes psychotiques sont une manifestation clinique caractéristique de la schizophrénie. Ils vont de pair avec une augmentation du stress oxydatif, menant à une altération d’un type de neurone particulier: les neurones à parvalbumine. Cette altération conduit à un dérèglement de l’activité du cortex préfrontal, une région cérébrale impliquée dans les émotions. Une étude du Centre de neurosciences psychiatriques (CNP) du Département de psychiatrie CHUV-UNIL, soutenue par le Pôle de recherche national Synapsy, montre que le mécanisme cellulaire de recyclage des mitochondries, siège de production du stress oxydatif, est non fonctionnel dans les neurones à parvalbumine d’une lignée de souris utilisée pour étudier la schizophrénie. En décortiquant le mécanisme biochimique sous-jacent, l’étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry identifie deux molécules clés appelées miR-137 et COX6A2, qui ont la particularité d’être détectables dans le sang. Utilisées comme biomarqueurs chez des patient-es avec un diagnostic de psychose, elles révèlent deux sous-groupes cliniques distincts, selon la gravité de leurs symptômes, leurs déficits cognitifs et leur situation psychosociale. Une avancée majeure pour la stratification des individus souffrants de ce trouble psychiatrique dont l’hétérogénéité des symptômes limite actuellement le diagnostic et les traitements.

*Deux marqueurs sanguins pour la schizophrénie | NCCR-Synapsy

14 janvier 2022

Tours, ville pilote d’un nouveau programme contre les troubles schizophréniques

On estime que les troubles schizophréniques touchent plus de 20 millions de personnes dans le monde. Donc des milliers en France. Des personnes difficiles à prendre en charge car le risque de nouvelle crise n’est jamais totalement écarté. Malgré les traitements, les rechutes sont régulières, concernant 40 à 50% des patients. A Tours, deux professionnels du CHU ont mis au point un protocole qui vise à réduire cette proportion. Après plus de cinq ans d’expérimentations, il entre en phase d’étude officielle en ce mois de janvier 2022.

Arnaud Chessé et Alex Mondoulet sont infirmiers et ils travaillent ensemble depuis 2015 en psychiatrie au CHU de Tours, service accueillant notamment des patients atteints de schizophrénie et troubles délirants. Des personnes potentiellement difficiles à prendre en charge : « On est face à une maladie qu’elles ne reconnaissent pas toujours et les rechutes sont régulières. Parfois on ne les revoit jamais, parfois elles reviennent tous les ans ou tous les deux ans… Mais quelques fois seulement trois semaines après » expliquent les deux hommes. A force de suivis, ils font un constat : « On était en panne de propositions, on manquait de solutions. »

Comment éloigner durablement le risque de rechute et améliorer le quotidien des schizophrènes ? Peut-être avec PEPITS, un programme initié en 2016. Cet acronyme signifie PsychoEducation Précoce en Individuel des Troubles Schizophréniques du patient hospitalisé, soit un procédé aidant à mieux prendre conscience de sa maladie, de ses symptômes et des solutions pour se contrôler. D’abord testé en comité restreint dans l’hôpital Bretonneau à Tours, le projet a obtenu le soutien du ministère de la Santé dès 2018. Enfin financé, il va désormais s’étendre dans une petite dizaine d’hôpitaux du Grand Ouest dont Tours et Chinon mais aussi Rennes, Fleury-les-Aubrais, La Roche-sur-Yon, Blois, Dreux ou Angers. Arnaud Chessé et Alex Mondoulet formeront leurs personnels à leur méthode, soit une cinquantaine de soignants au total.

13 janvier 2022

[Recherche] : Sur la trace de ces neurones qui nous rendent sociables

Une équipe de l'UNIGE a découvert que les neurones liés au système de la récompense sont responsables de la motivation qui pousse les individus à interagir avec leurs semblables.

Les êtres humains, au même titre que la plupart des mammifères, ont besoin d'interactions sociales pour vivre et se développer. Les processus les poussant les uns vers les autres demandent une prise de décision dont les rouages cérébraux sont largement incompris. C'est pourquoi une équipe de l'Université de Genève (UNIGE) a étudié les mécanismes neurobiologiques impliqués lorsque deux souris entrent en contact par l'apprentissage d'une tâche. Les chercheurs de l’équipe ont observé que la motivation à s'investir dans une interaction sociale est intimement liée au système de récompense, à travers l'activation des neurones dopaminergiques. Ces résultats, à lire dans la revue Nature Neuroscience, vont permettre d'étudier physiologiquement les éventuels dysfonctionnements de ces neurones dans des maladies touchant les interactions sociales, comme l'autisme, la schizophrénie ou encore la dépression.

VTA dopamine neuron activity encodes social interaction and promotes reinforcement learning through social prediction error | Nature Neuroscience