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03 avril 2026

Les directives anticipées en psychiatrie (DAP) : qu'est-ce que c'est ?

L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) publie deux nouvelles ressources pour accélérer le déploiement des Directives anticipées en psychiatrie (DAP) : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Encore peu déployées dans les établissements malgré des bénéfices démontrés, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) constituent un levier majeur pour améliorer les parcours de soins et renforcer les droits des usagers.

Dans la continuité de sa webconférence de juillet 2025, l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) en collaboration avec le « Collectif national pour le déploiement des Directives Anticipées en Psychiatrie (DAP) » publie deux nouvelles ressources pour accélérer leur déploiement : un webinaire avec les témoignages de trois professionnels et un guide qui détaille les leviers opérationnels de ces retours d’expérience.

Ces outils sont destinés aux directions d’établissement, CME, Commission de Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques, encadrements médicaux, paramédicaux et socio-éducatifs.

Outils reconnus de santé publique, les mesures ou directives anticipées en psychiatrie (DAP) contribuent à prévenir les situations de crise, à renforcer l’alliance thérapeutique et à réduire les hospitalisations sans consentement (–23 à –25 %). Elles permettent également de diminuer le recours à l’isolement et à la contention.
Pourtant, malgré ces bénéfices démontrés, leur mise en oeuvre reste inégale, peu structurée et souvent marginale dans les pratiques. Les freins sont multiples : manque d’outillage, absence de pilotage institutionnel, formation insuffisante des professionnels, difficulté à intégrer le savoir expérientiel des personnes concernées et à mesurer l’impact réel du déploiement.

Un partage de trois retours d’expérience

Le webinaire et le guide de l’Anap ont pour objectif de mettre en lumière les leviers d’un déploiement réussi à travers 3 outils consolidés de mesures ou directives anticipées en psychiatrie :– DAiP (Directives anticipées incitatives en psychiatrie) : cet outil est déployé au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences. Son déploiement s’appuie sur un engagement fort de l’établissement, un pilotage structuré, la formation des équipes et l’intégration dans le dossier patient.

Deux dates pour le webinaire :
15 avril de 13h à 14h

02 avril 2026

[Polémique] : Santé mentale : les "centres experts", ligne de fracture entre psychiatres

Cela fait des mois que le sujet des « centres experts » monte dans les rangs des psychiatres, fracturant une communauté habituée à donner de la voix. Samedi 28 mars, un collectif de professionnels, le Printemps de la psychiatrie, veut relancer le débat et « alerter l’opinion », alors qu’il fait partie des détracteurs du modèle, à l’occasion d’une journée de conférences, à Paris, sur le thème : « Expertiser n’est pas soigner. Quelle(s) psychiatrie(s) pour demain ? »

Derrière cette question sont ciblés les 54 centres spécialisés dans le diagnostic et la recherche coordonnés par FondaMental, une fondation de coopération scientifique, de droit privé, créée en 2007 et dévolue à la santé mentale, avec des institutions comme l’AP-HP ou l’Inserm. Ces centres, qui traitent de quatre grandes pathologies (bipolarité, schizophrénie, dépression résistante et troubles du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle), proposent aux patients des bilans « pluridisciplinaires spécialisés, exhaustifs et standardisés », suivis de recommandations de prise en charge. En vingt ans, quelque 20 000 patients, adressés par d’autres médecins (généralistes, psychiatres), ont ainsi pu être évalués.

Si, d’un côté, leurs partisans défendent une « psychiatrie de précision », adossée à des centres hospitaliers universitaires (CHU), de l’autre, leurs opposants attaquent un échelon « déconnecté » des soins et du terrain. Et le débat a pris une tournure politique : une proposition de loi prévoyant d’inscrire ces centres experts dans le code de santé publique a été adoptée en première lecture au Sénat, le 16 décembre 2025. Portée par le sénateur Les Républicains du Vaucluse Alain Milon (ex-administrateur de la fondation), elle est venue exacerber les tensions, même si, à date, elle n’est pas inscrite à l’agenda de l’Assemblée nationale.

« Experts à distance »

Plusieurs organisations du secteur (Syndicat des psychiatres des hôpitaux, Association nationale des psychiatres, présidents et vice-présidents de commission médicale d’établissement des centres hospitaliers…) ont émis d’importantes réserves sur ce texte qui permettrait aux centres experts de sortir de leur statut expérimental, pour intégrer un « troisième » niveau de « recours » en psychiatrie. Celui-ci viendrait s’ajouter à un premier niveau (médecins généralistes, professionnels de ville…), et à un second niveau (centres médico-psychologiques, établissements hospitaliers).

Santé mentale : les « centres experts », ligne de fracture entre psychiatres - Mahalsa France

01 avril 2026

Aides sociales : ce qui change en 2026

La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026.

Elle revalorise les aides sociales à hauteur de l’inflation (+0,9 %) au 1er avril 2026. Sont concernés :

- le RSA (Revenu de solidarité active) qui passe à 653,33 euros par mois,
- l'AAH (Allocation aux adultes handicapés) qui passe à 1 042,62 euros par mois,
- l'APL (Aide personnalisée au logement), dont le montant varie selon la situation des ménages,
- les allocations familiales, dont les montants varient selon la situation des ménages.

Évaluez vos droits à des prestations sociales en quelques clics | economie.gouv.fr

31 mars 2026

Santé mentale : la grande cause à l’oeuvre

La Grande Conversation fait le bilan de la première année Grande cause nationale santé mentale avec Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale de l'Alliance pour la Santé Mentale qui a porté, aux côtés du Collectif « Santé mentale Grande cause nationale », un plaidoyer pour faire de la santé mentale la Grande cause nationale de 2025 et 2026.

La première année de Grande cause nationale a permis une meilleure visibilité du sujet auprès du grand public, ainsi que l’émergence d’un collectif d’acteurs du champ de la santé mentale qui porte une vision transversale de la santé mentale, touchant toutes les sphères de la société au-delà du sanitaire : école, travail, universités… Enjeu majeur de société, la santé mentale pâtit encore au début de cette deuxième année de Grande cause nationale d’un manque de moyens et de mobilisation des pouvoirs publics...

Santé mentale : la grande cause à l’œuvre - La Grande Conversation

28 mars 2026

Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

À l’entrée en prison, de nombreuses personnes détenues présentent des marqueurs de vulnérabilité psychique, tels qu’un passé de troubles psychiatriques ou d’addictions. De nouveaux travaux révèlent que les semaines qui suivent cette période sont des moments clés en matière de prévention du suicide et de sevrage. Ils indiquent aussi que, si la prévalence des troubles psychiatriques semble globalement stable au cours de l’incarcération, les situations varient largement d’une personne à l’autre.

S’il est bien établi que les troubles psychiatriques sont surreprésentés dans les prisons françaises, aucune recherche n’avait jusqu’à présent suivi l’évolution de la santé mentale en milieu carcéral.

C’est à cette lacune que répond l’étude « Épidémiologie psychiatrique longitudinale en prison » (EPSYLON) menée entre 2022 et 2025 dans près d’une dizaine de maisons d’arrêt. Voici ses conclusions.

Une vulnérabilité majeure dès l’entrée en détention

Ce projet national s’est appuyé sur une enquête sociologique et une étude épidémiologique menée en trois temps de mesure, auprès de 1 000 personnes détenues au sein de sept établissements pénitentiaires répartis sur quatre directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP). Pour ce volet quantitatif, toutes les personnes entrantes dans les établissements qui ont fait l’objet de l’enquête ont été successivement incluses (entre janvier et juillet 2024 pour les hommes, et entre janvier et septembre 2024 pour les femmes). Elles ont ensuite bénéficié de trois entretiens d’évaluation de leur santé mentale avec des enquêtrices indépendantes (à l’entrée en prison, à trois mois et à neuf mois).

Le premier résultat marquant de l’enquête réside dans les multiples marqueurs de vulnérabilité identifiés dès l’entrée en prison. À l’arrivée en détention, plus des deux tiers des répondants présentent un trouble psychiatrique ou addictologique, actuel ou passé. Plus d’un répondant sur dix a déjà été hospitalisé en psychiatrie et la quasi-totalité des personnes interrogées a été exposée à des évènements potentiellement traumatiques.

Cette vulnérabilité s’accompagne de niveaux élevés de précarité sociale : une personne sur deux vivait hors logement personnel avant l’incarcération et 30 % des répondants étaient au chômage. À cela s’ajoutent des parcours judiciaires précoces, 27 % des personnes ayant connu au moins une mesure pénale durant leur minorité.

Une apparente stabilité qui cache une réalité contrastée

Dans l’ensemble, notre étude met en évidence une relative stabilité de la prévalence des troubles psychiatriques en maison d’arrêt au cours du temps : à chacun des temps de mesure – à l’entrée, à trois mois et à neuf mois – environ 40 % des personnes évaluées présentent un trouble psychiatrique ou addictologique actuel.

Seules les prévalences du risque suicidaire et des addictions diminuent au cours des trois premiers mois de détention. Ces risques restent cependant particulièrement élevés, y compris après les premiers mois de détention, tout comme les niveaux des troubles psychiques.

Ce phénomène semble traduire les difficultés spécifiques de l’entrée en prison. Il souligne combien cette période constitue un moment clé du parcours carcéral, appelant une vigilance accrue en matière de prévention du suicide et de prise en charge du sevrage.

Ce constat est largement étayé par le volet qualitatif de notre enquête, qui montre que l’entrée en détention est vécue comme une expérience profondément déstabilisante, tant du fait des ruptures qu’elle génère dans les parcours biographiques des personnes détenues que des conditions d’incarcération au sein du quartier nouveaux arrivants, systématiquement décrites comme particulièrement éprouvantes.

Par ailleurs, l’apparente stabilité de la fréquence des troubles au cours de la détention masque en réalité des trajectoires individuelles extrêmement variées, marquées par des améliorations ou des dégradations de la santé mentale.

Ces résultats peuvent être interprétés à la lumière de facteurs propres à l’environnement carcéral. Le sentiment d’isolement évoqué par un tiers des répondants est par exemple associé à une détérioration de la santé mentale. Il en est de même pour l’expérience de violences en détention, rapportée par un participant sur cinq.

Notre enquête met également en évidence l’insuffisance de l’accès au travail, à une formation ou à des activités, alors même qu’il s’agit d’un déterminant de la santé mentale bien identifié en milieu pénitentiaire.

Quelles pistes d’amélioration ?

Alors que le ministère de la Justice a annoncé en début d’année vouloir mettre en place des établissements pénitentiaires consacrés à l’accueil des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques, notre enquête montre à quel point l’environnement carcéral peut être délétère pour la santé mentale.

Nos résultats permettent d’envisager plusieurs axes d’amélioration, respectueux des grands principes éthiques du soin en prison. Il apparaît indispensable d’accompagner l’entrée en prison, d’améliorer les conditions de détention et d’optimiser l’accès aux soins en milieu pénitentiaire afin de garantir une qualité de soins équivalente à celle offerte en population générale.

Pour autant, ces mesures, seules, ont toutes les chances de s’avérer insuffisantes dans un contexte où les prisons françaises font face à une surpopulation carcérale inédite. Au-delà des soins en prison, il importe donc de repenser l’amont en luttant contre les inégalités sociales de santé afin d’améliorer le dépistage et la prise en charge des troubles psychiatriques, mais aussi faciliter l’orientation des personnes souffrant de troubles sévères vers des dispositifs sanitaires.

Cet article a été co-rédigé par Kevin D'Ovidio, épidémiologiste statisticien, Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France (F2RSM Psy).

Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

27 mars 2026

Un de vos proches présente un problème de santé mentale ? Aidez-nous à comprendre votre expérience.

L’objectif de l’étude PSY-AID, menée au sein de l’Université Paris Cité, est de mieux comprendre comment les proches s’adaptent aux problèmes de santé mentale d’un membre de leur entourage, la vision qu’ils ont de ces difficultés mais aussi de leurs conséquences.

Les proches de personnes présentant des troubles psychiatriques sont une de leurs principales sources de soutien face à la maladie. Ce soutien est d’autant plus important dans les moments de crise et notamment, lors de l’hospitalisation. Pourtant, peu de travaux se sont intéressés à l’impact de cette prise en charge sur les proches.

L’objectif de l’étude PSY-AID est donc d’explorer le vécu des proches de patients présentant un trouble psychiatrique et notamment, d’investiguer l’impact de l’hospitalisation sur leur ajustement psychologique. Plus précisément, il s’agit :

- d’explorer les facteurs impliqués dans l’adaptation psychologique des proches de patients : âge/genre ; statut du proche (frère, mère, ami(e)…) ; type et ancienneté du trouble psychiatrique ; niveau d’autonomie du patient ;

- de déterminer la charge liée à l’hospitalisation dans le vécu des proches ;

- d’explorer le rôle des modalités d’hospitalisation dans l’adaptation psychologique des proches : hospitalisation libre ou sous contrainte ; à temps complet ou temps partiel ; durée de l’hospitalisation ; motif de l’hospitalisation…

Cette étude comparative sera menée auprès d’un minimum de 600 proches de patients, âgés de 18 à 70 ans, dont un membre de leur entourage (âgé d’au moins 14 ans) a fait l’objet d’un suivi par un professionnel de santé mentale ou d’une hospitalisation pour motif psychiatrique au cours des trois dernières années. Les participants rempliront de façon anonyme un questionnaire en ligne et seront invités à contacter les organisateurs de la recherche pour participer à un entretien visant à partager leur expérience.

Les résultats permettront de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les proches de personnes présentant des problèmes de santé mentale mais aussi leurs ressources et les processus psychologiques impliqués dans leur adaptation à la maladie. À terme, il s’agit de proposer des pistes aux professionnels de la santé et du médico-social pour mieux accompagner les proches de patients.

Les inclusions se dérouleront jusqu’en décembre 2026 et les premiers résultats seront publiés à partir de septembre 2027.

Informations détaillées sur l’étude : https://lpps.u-paris.fr/participer-aux-recherches-et-activites/appel-a-participation/

Un de vos proches présente un problème de santé mentale ? Aidez-nous à comprendre votre expérience - Santé Mentale

26 mars 2026

Pénurie de quiétapine : la directrice générale du LEEM fait le point sur la situation

Christophe Gattuso, 20 mars 2026

Phénomène international qui touche particulièrement plusieurs pays d’Europe, les tensions d’approvisionnement en quiétapine, rencontrées depuis plus d’un an préoccupent l’agence européenne du médicament (EMA), qui suit de près la situation.

En France, les autorités sanitaires se mobilisent également depuis 2024 pour faire face au risque de pénurie des médicaments contenant de la quétiapine, prescrits en France dans plusieurs types de troubles psychiques durables : la schizophrénie, le trouble bipolaire et certaines dépressions.

« Des difficultés persistent pour la quétiapine 400 mg à libération prolongée et pour le Téralithe 250 mg, observait l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué, le 5 février 2026. Néanmoins, de manière générale, la situation se stabilise suite aux améliorations des derniers mois. La reconstitution progressive des stocks se poursuit pour la plupart des psychotropes. »

Lors du Congrès de l’Encéphale, le 21 janvier, Laurence Peyraut, directrice générale du LEEM, syndicat des entreprises du médicament, est revenue sur les raisons de ces tensions et a expliqué comment les laboratoires pharmaceutiques s’organisaient pour y faire face et garantir l’accès aux traitements concernés.

Une concentration de la production problématique

Les importantes difficultés d’approvisionnement qui sont allées jusqu’à des ruptures de stocks sont consécutives à un arrêt partiel de l’activité de l’usine Pharmathen International, en Grèce, qui fournit, en temps normal, 60 % de la quétiapine distribuée en France. Lié à un défaut qualité, cet arrêt a démarré en juillet 2024 et a duré plusieurs mois. Il faudra encore plusieurs mois pour reconstituer les stocks. L’EMA s’attend à ce que les difficultés persistent jusqu’au milieu de l’année 2026.

« La concentration de la production auprès d’un acteur fragilise la chaîne du médicament », analyse Laurence Peyraut. Les difficultés rencontrées par l’usine grecque Pharmathen a eu un effet « boule de neige » sur les pénuries. Les laboratoires, les pharmaciens et les médecins essaient de trouver des solutions alternatives en attendant que la situation s'améliore. « Cela reporte des situations de pénurie sur les traitements alternatifs, puisque cela augmente la demande sur un traitement. Une tension naturelle en découle », poursuit la DG du LEEM.

Une forte pression sur les prix

Les entreprises pharmaceutiques ont travaillé étroitement avec l'ANSM pour trouver des solutions palliatives le temps que la chaîne de production se remette en marche.

« Nous avons interdit les exportations, activé des mécanismes de solidarité européenne voire des mécanismes de solidarité entre les laboratoires, mis en place la dispensation à l’unité, la préparation magistrale et essayé de trouver des solutions de remplacement, indique Laurence Peyraut. Et même si ce n'est pas souhaitable, on a arrêté les procédures d'initiation en attendant que les solutions se remettent en marche. »

La psychiatrie est particulièrement exposée aux pénuries car les innovations de rupture sont extrêmement difficiles, observe par ailleurs la responsable du LEEM. « Par nature, le prix des médicaments baisse et l’innovation incrémentale, [qui consiste à faire évoluer le produit ou service sans en changer ses caractéristiques fondamentales, NDLR], n'est pas valorisée, poursuit Laurence Peyraut. C’est un problème ».

La pression très importante sur les prix dessert la France « qui a aujourd'hui les prix les plus bas en Europe, cela installe une concurrence malsaine entre les pays. »

Cette pression sur les prix entraîne une difficulté à alimenter le marché, comme on a pu le voir en période de pandémie. Le Pr Antoine Pelissolo, chef de la psychiatrie au CHU Henri-Mondor de Créteil, déplorait cette situation, il y a quelques mois, dans nos colonnes : « Etant donné que ces produits sont vendus à un prix inférieur en France, les laboratoires préfèrent les commercialiser dans des pays où les marges sont plus élevées. Cela pose un problème de souveraineté puisque nous n'avons pas de contrôle sur la situation », observait-il.

Les prix bas poussent les industriels à essayer de trouver des modes de production les plus performants possibles, ce qui a amené la France à concentrer la production de quiétapine dans l’usine Pharmathen, en Grèce.

L’enjeu d’une souveraineté sanitaire européenne

Laurence Peyraut observe par ailleurs que 80% de la recherche clinique est faite hors Europe, essentiellement aux Etats-Unis et en Asie. La prise de position très agressive de Donald Trump exprimée à Davos, pendant le congrès de l’Encéphale, ajoute à ce « problème géopolitique du médicament ». « Le sujet de la souveraineté sanitaire doit être porté par l'Europe », estime Laurence Peyraut

« Il y a urgence à recapitaliser le médicament, mais aussi le soin pour les patients », poursuit la directrice du LEEM. D’autant que les Français vieillissent - nous sommes aussi nombreux à plus de 65 ans que les moins dans 25 ans. En outre, un quart des jeunes souffriraient de symptômes dépressifs depuis les années COVID.

Face au risque de pénuries de médicaments, les industriels ont lancé en mars 2021 la plateforme TRACStocks pour optimiser l'information sur les ruptures de stocks de médicaments et les anticiper autant que possible. Les laboratoires ont également signé une charte d'engagement dans le cadre de la feuille de route pénurie avec le gouvernement pour trouver des solutions. La mise en place de stocks de sécurité votée par les parlementaires est en revanche une « fausse bonne idée » selon Laurence Peyraut.

« Il est logique de vouloir mobiliser des stocks, notamment si demain, nous avons de nouveau des conflits armés sur le territoire. Mais vouloir faire des stocks de sécurité, c’est avoir du stock partout et des produits nulle part ! Aucune étude n'a démontré que cela règle les problèmes. » En dépit de ce programme volontariste, « six antipsychotiques de dernière génération sont disponibles dans d'autres pays européens et pas en France », déplore Laurence Peyraut.

Devant le parterre de psychiatres réunis au congrès de l’encéphale, la DG du LEEM a affirmé qu’il fallait « absolument revaloriser la psychiatrie en France et accélérer la recherche fondamentale pour trouver des solutions ». « Il faut continuer à investir, reconnaître la valeur de l'innovation même incrémentale, et tout faire pour redonner accès à l'innovation en France », a-t-elle conclu.

Pénurie de quiétapine : le point sur la situation

25 mars 2026

Combien coûte la schizophrénie en France ?

À l'occasion des Journées mondiales de la Schizophrénie, qui se déroulées jusqu'au 21 mars, Asterès publie son étude portant sur le coût de la Schizophrénie en France, réalisée par Maëva Robart.

Asterès estime que le coût total de la Schizophrénie s’élève à 6,4 Mds€ (milliards) par an, se distinguant par un profil de coût atypique où le volet socio-économique (4,8 Mds€) surpasse largement le coût médical (1,6 Md€).

24 mars 2026

[Alsace] : Wittenheim - Les résidents des Tulipiers reçus à Angoulême, leur BD récompensée

La résidence wittenheimoise Les Tulipiers accueille des personnes en situation de handicap psychique. Chaque année, quelques résidents envoient leur BD commune dans le cadre du Prix Hippocampe. Adossé au Festival d’Angoulême, ce prix récompense les meilleures bandes dessinées dans différentes catégories. Pour la première fois, certains résidents se sont déplacés pour recevoir le trophée.

Leur dernière récompense datait de 2022. La résidence Les Tulipiers, qui héberge des personnes schizophrènes, bipolaires ou atteintes d’autres troubles psychiques, participe chaque année depuis 2019 au prix Hippocampe, relié au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Primé dans la catégorie « foyer », le groupe de dessinateurs a pu se rendre sur place afin de se voir remettre le prix en main propre.

Pour le foyer Les Tulipiers et ses hôtes, pouvoir se déplacer en personne à Angoulême est d’abord un symbole. Preuve que l’art, utilisé comme un outil thérapeutique, est capable de faire triompher le collectif. Leur bande dessinée intitulée Une invention imprévue, lauréate cette année, permet aussi à sa manière, de faire changer le regard sur le handicap psychique.

Un projet de longue durée

C’est dans le cadre des activités proposées par la résidence que le collectif de quatre dessinateurs a imaginé leur bande dessinée avec Delphine Colé, chargée d’activités pour l’établissement. Thème imposé pour cette édition angoumoisine : « Ma plus belle invention ». Peu à peu, le groupe est parvenu au sujet de leur BD : dessiner sur une invention imprévue, en s’inspirant de la légendaire recette de la tarte tatin créée par mégarde.

Aboutissement de plusieurs mois de travail acharné, Christophe, Carine, Amar et Nuray ont chacun à leur manière participé à la conception de la BD. « Tout le monde y a mis son petit grain de sel et on a construit l’histoire ensemble », précise Delphine Colé. Les résidents se réunissaient généralement une fois par semaine, une initiative qui crée de l’engagement et une cohésion au sein du groupe.

Sortir de sa zone de confort

Au début du projet artistique, tous n’étaient pas familiers avec la bande dessinée ou les arts plastiques. Amar, par exemple, a dû sortir de sa zone de confort pour contribuer à l’activité : « On m’a un peu forcé au départ à faire le projet de cette année ! Je n’avais pas un bon niveau en arts plastiques, alors forcément je me mettais des barrières », explique-t-il en souriant. « Nuray est sortie de sa zone de confort car elle n’a jamais fait de dessin », assure aussi la chargée d’activités.

Carine regarde régulièrement des « petits tutos sur YouTube » pour s’améliorer continuellement, elle laisse son art s’exprimer sur différents supports exposés dans sa chambre. Christophe, lui, avait bien une base, il dit « avoir fait de petites études à Paris ». Entendez les Beaux-arts de Paris. Il y a bien eu quelques difficultés : une « écriture à main levée, un peu difficile » pour Carine ou la difficulté à concilier les différents styles de chacun. Les résidents ont notamment utilisé le décalquage.

Un premier déplacement en personne

Lors de leur dernière victoire dans cette catégorie en 2022, la pandémie avait empêché l’organisation du festival. Le collectif n’avait donc pas pu se déplacer. Avec le soutien de la direction de l’établissement, c’est désormais chose faite. « On est arrivés au bout de 6 ou 7 heures de route. On est allé au musée de la bande dessinée, où les prix étaient distribués, ils ont accroché notre bande dessinée dans une grande salle. Après, on a dû s’exprimer. On s’est même fait quelques pizzas », raconte avec enthousiasme Christophe.

La récompense a surpris l’ensemble du collectif à commencer par Amar. « J’étais content, étonné, ça fait plaisir », affirme-t-il. Carine a été très touchée par la cérémonie : « Je dois dire qu’on y comptait. On y a vraiment mis toute notre âme. […] On avait des frissons, c‘était magnifique, on nous applaudissait, on nous a laissés parler au micro. C’était trop bien ! Un peu impressionnant aussi, forcément », confie-t-elle.

Une reconnaissance valorisante

Au quotidien, les résidents ont fini par y prendre goût. « Ça nous a donné un but, on a beaucoup d’activités, mais il n’y en a pas une qui soit aussi nécessaire que la BD. C’est prenant. », juge Carine. Pour Amar, recevoir le prix était « gratifiant ». Pour Delphine Colé, le prix est également une reconnaissance qui fait triompher le collectif : « En s’appuyant sur les autres, on arrive à créer et remporter un prix, c’est juste énorme ! », s’exclame la chargée d’activités.

L’expérience a permis de faire changer le regard sur le handicap. D’un point de vue extérieur, certes, mais aussi des résidents sur eux-mêmes. Une évolution remarquée par Delphine Colé, qui les a accompagnés au long de l’aventure : « Christophe, en tant qu’artiste avec son identité, a dû la mettre un peu de côté au profit du collectif. Amar, c’est une belle surprise, il s’est beaucoup amélioré et est à l‘écoute. Carine est une révélation chaque année, elle progresse en tant qu’artiste de son côté et elle revient chaque année avec de nouvelles approches au niveau de la colorisation. D’un point de vue technique, elle me dépasse presque », constate celle qui a les accompagnés tout au long du projet. « C’est une expérience, une aventure incroyable et irremplaçable qu’on n’oubliera jamais », complète l’ancien élève des Beaux-arts de Paris.

Wittenheim. Les résidents des Tulipiers reçus à Angoulême, leur BD récompensée

23 mars 2026

Schizophrénie et trouble bipolaire I : la FDA valide la milsapéridone (Bysanti)

Stéphanie Lavaud, 19 mars 2026

Les autorités américaines de régulation du médicament ont validé la milsapéridone (Bysanti), un traitement de première intention pour le traitement aigu des épisodes maniaques ou mixtes associés au trouble bipolaire I, également indiqué pour le traitement de la schizophrénie chez les adultes, a annoncé Vanda Pharmaceuticals dans un communiqué[1].

Bioéquivalence avec l’ilopéridone

La milsapéridone appartient à la classe des antipsychotiques atypiques. Cette nouvelle entité chimique se transforme rapidement en ilopéridone, fournissant ainsi deux molécules actives qui agissent en tandem en antagonisant les récepteurs D2 de la dopamine, 5-HT2A de la sérotonine et alpha1-adrénergiques afin de moduler les voies clés dans ces troubles. Son profil de sécurité correspond étroitement à celui établi pour l'ilopéridone.

De fait, l'autorisation de mise sur le marché délivrée par la FDA s'appuie sur des études cliniques qui ont démontré que la milsapéridone agissait de la même manière que l'ilopéridone, un antipsychotique atypique déjà étudié et autorisé. Ces études ont montré que Bysanti était bioéquivalent à l'ilopéridone sur toute la gamme posologique. Les études de bioéquivalence ont également confirmé que Bysanti est absorbé et utilisé par l'organisme de la même manière que l'ilopéridone, dont le profil de sécurité est étayé par les données issues d'essais menés auprès de milliers de personnes et de plus de 100 000 années-patients d'utilisation dans le monde réel.

Dans les études sur la schizophrénie, les effets secondaires les plus courants étaient les suivants : vertiges, bouche sèche, fatigue, nez bouché, somnolence, accélération du rythme cardiaque, hypotension artérielle en position debout (hypotension orthostatique) et prise de poids [2].

Dans les études sur la manie bipolaire, les effets secondaires courants comprenaient une accélération du rythme cardiaque, des vertiges, une bouche sèche, une augmentation des taux d'enzymes hépatiques dans les analyses sanguines, un nez bouché, une prise de poids, une hypotension artérielle et une somnolence.

À l’étude dans le trouble dépressif majeur résistant au traitement.

20 mars 2026

Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie

Des travaux récents explorent comment certaines signatures génétiques du placenta, influencées par l’environnement prénatal comme l’exposition au THC, pourraient moduler la vulnérabilité psychiatrique ultérieure. Ces données interrogent la prévention dès la grossesse et ouvrent la voie à un repérage biologique précoce des trajectoires à risque.

La schizophrénie apparaît souvent à l’adolescence, après des années de développement cérébral silencieux. Les chercheurs cherchent désormais ses origines bien avant les premiers symptômes. Des travaux récents déplacent le regard vers la période prénatale.Ils interrogent le rôle du placenta, organe clé des échanges entrela mère et le fœtus.

Une équipe de la Western University et du Children’sHospital of Eastern Ontario a publié dans Biology of Reproduction* desrésultats sur l’exposition prénatale au THC. Ces travaux examinentcomment certaines signatures génétiques placentaires pourraientsignaler un risque accru de schizophrénie. Cette piste reliefacteurs environnementaux, expression des gènes et vulnérabilitépsychiatrique future, dès la naissance.

*Identifying established human placental markers of schizophrenia in rodents after gestational ∆9-tetrahydrocannabinol exposure† | Biology of Reproduction | Oxford Academic

Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie - Science et vie

19 mars 2026

Les Héros de Notre Temps 2026 : savoir agir face aux troubles mentaux avec PSSM

L'association Premiers secours en santé mentale (PSSM) présidée par Muriel Vidalenc déploie en France une formation reconnue au niveau mondial pour permettre à chacun de devenir secouriste en santé mentale.

L'ambiance est à la fois studieuse et décontractée dans la salle de cours du Greta (formation pour adultes) de Saint-Germain-en-Laye (78) en cette mi-décembre. La douzaine d'étudiants de 30 à 62 ans, réunis en groupe de 3 ou 4, alternent mises en situation et apports plus théoriques, animés par Corinne Geoffroy. Cette formatrice professionnelle, qui travaille aussi sur le burn-out ou la gestion du stress, est agréée PSSM (Premiers secours en santé mentale) et conduit ces adultes vers une attestation de secouriste en santé mentale.

La méthode est très reconnue à l'échelle internationale; elle a vu le jour en Australie en 2000 et a été d'abord popularisée dans les pays anglo-saxons. L'association PSSM France, fondée en 2018, est garante dans notre pays de cette formation adaptée au contexte français. Elle donne aux individus "les connaissances, les compétences et la confiance nécessaires pour soutenir un ami, un membre de la famille ou un collègue confronté à un problème de santé mentale ou à une crise". Elle est délivrée partout en France par près de 2000 formateurs eux-mêmes expressément formés; 250.000 personnes l'ont déjà suivie.

Des formations sur deux jours

"Il s'agit d'un projet citoyen, indique Muriel Vidalenc, présidente de l'association. Comment, sans se substituer à un professionnel, être capable d'Approcher, d'Ecouter, de Réconforter, d'Encourager à consulter et de Renseigner sur les ressources disponibles". Les initiales de ces cinq démarches forment l'acronyme AERER et structurent les formations délivrées sur 2 jours.

"Nous avons des signaux inquiétants concernant les jeunes. Nous avons développé des modules spécifiques sur les ados et nous envisageons de compléter les modules standard avec une approche consacrée aux seniors" , précise la présidente qui se réjouit de voir prolongée cette année la Grande Cause nationale santé mentale. Anxiété chronique, dépression, pensées suicidaires, phobies…: de fait, 30% des Français ont dans leur entourage une personne qui souffre d'un trouble de santé mentale, selon Santé Publique France.

Pour les salariés, le montant des sessions peut être pris en charge par leur entreprise et sans doute à l’avenir via le compte personnel de formation.

Le fonds solidaire PSSM France peut endosser la facture, sur dossier et sous conditions de ressources, ou pour des bénévoles associatifs.

Comment aider ?

PSSM France est soutenue par des fondations et entreprises mais ne fait pas appel à la générosité du public. L'association, qui compte 23 salariés, a agréé à ce jour 1800 formateurs. Vous voulez être le prochain? La formation de deux jours coûte 250€. Des aides au financement sont possibles.

Aider ou participer. S'inscrire ou s'informer https://www.pssmfrance.fr/

18 mars 2026

[28 mars] : Journée Mondiale des Troubles Bipolaires

La prochaine Journée Mondiale des Troubles Bipolaires, organisée par Argos 2001 en collaboration avec La fondation FondaMental et la Cité de la Santé, également partenaire aura lieu le 28 mars 2026 à la Cité de la Santé d’Universciences sur le thème

VIVRE AVEC UN TROUBLE BIPOLAIRE
HIER, AUJOURDH’UI ET DEMAIN

28 mars 2026 de 9h15 à 17h30
Auditorium de la Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris 19e
et aussi à distance (via Zoom)

Lors de cette journée qui aura lieu en présentiel et en webinaire, après un bref retour sur le passé, et quelques précisions nécessaires sur les mutations en cours de la psychiatrie, nous nous proposons de faire le point sur l’évolution de la recherche dans le domaine de la psychiatrie en faisant appel aux principaux artisans de la psychiatrie de précision.

Dans ce chapitre, notre objectif est de nous faire préciser ce qui est possible actuellement, le sera dans un avenir proche, ou constitue des buts plus lointains (la psychiatrie personnalisée).

Puis, nous traiterons des apports de l’IA et des outils numériques dans la prise en charge des patients sans oublier, l’importance de l’humain dans la recherche aussi bien que dans le soin.

Programme et inscription :

17 mars 2026

[Rapport] : Dix mesures d'urgence pour le repérage et l’intervention précoce en santé mentale

Le rapport de la mission "Intervention et repérage précoce" s’appuie sur une revue de littérature internationale et plus de 100 auditions menées entre novembre 2025 et janvier 2026.


Ce rapport a été rédigé par :

Dr Rachel Bocher, Psychiatre des Hôpitaux, Cheffe de pôle au CHU Nantes,
Pr Marie-Odile Krebs, Psychiatre d’adulte, Cheffe du pôle PEPIT au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Responsable d’équipe à l’IPNP Inserm UMR1266 - Université Paris Cité, Coordinatrice du réseau Transition et du RHU PsyCARE
Mme Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale pour l’Alliance de la Santé Mentale

dans le cadre de la mission sur le repérage et l’intervention précoce en santé mentale, initiée à la demande de Mr Yannick Neuder, Ministre de la Santé et de l’accès aux soins.

La mission s’est déroulée de novembre 2025 à février 2026. Dans ce cadre, ont été auditionnées plus de 100 personnes que nous remercions pour leur temps et leur implication (listées en annexe)

Nous remercions également Mmes Laetitia Vrignaud, Lydie Mathevet et Léa De Macedo pour leur aide précieuse dans la conduite et la synthèse des auditions.

Nous remercions enfin Paris Santé campus et son directeur Antoine Tesnière pour leur accueil au sein de leurs locaux.

https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/2026-02-25-rapport-mission-intervention-precoce.pdf

16 mars 2026

L'accueil de malades psychiatriques par l'orchestre de Toulouse fait des émules en France

Pour rompre le cercle vicieux de l'isolement et de l'autostigmatisation, une vingtaine de patients en psychiatrie, atteints de dépression ou de troubles bipolaires, schizophréniques ou de la personnalité, assistent aux répétitions de l'orchestre de Toulouse dans le cadre du projet "Résonance(s)" qui, après trois années, essaime dans toute la France.

Le projet est né en 2023 d'un partenariat entre l'orchestre national du Capitole et plusieurs institutions de santé mentale de la région. Son objectif, face à des pathologies susceptibles d'enfermer les malades dans un regard négatif sur eux-mêmes, est de leur permettre d'assister à quatre répétitions par an pour enclencher une dynamique de retour vers l'autre et de favoriser leur rétablissement.

Mi-février, environ 25 patients de cliniques et hôpitaux de jour, accompagnés de leurs soignants, s'installent par petits groupes dans la spectaculaire salle de concert toulousaine de la Halle aux grains.

Face à eux, les musiciens s'apprêtent à travailler trois mouvements de la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz (1803-1869), un monument du romantisme français.

Le choix d'assister aux répétitions plutôt qu'aux concerts n'est pas un hasard: voir les musiciens vêtus de T-shirts et sweats à capuche, comme eux, aide les patients à s'identifier.

Pendant deux heures, les malades de la vingtaine à la soixantaine écoutent attentivement, prenant parfois des notes. Un jeune homme ferme les yeux quelques instants pour se laisser porter par la musique.

Patients comme soignants montrent beaucoup de curiosité à l'égard des musiciens présents, l'altiste Claire Pélissier et le hautboïste Serge Krichewsky. Puis la discussion s'attarde sur le troisième mouvement de la Symphonie fantastique, qui s'ouvre sur un dialogue plein de mélancolie entre hautbois et cor anglais.

"A partir du moment où vous avez joué le troisième mouvement, j'ai beaucoup pleuré", confie une patiente aux instrumentistes. "Ça m'a permis de lâcher beaucoup d'émotions, j'arrivais très tendue (à la répétition). J'ai été emportée par l'émotion", poursuit-elle.

La psychiatre Nathalie Bounhoure, à l'origine du projet, est spécialiste de "réhabilitation psychosociale". Elle a voulu inscrire Résonance(s) dans ce champ de la psychiatrie, qui tente d'aider les patients "à se décaler du fardeau du diagnostic" et "se retrouver en tant que personnes".

"Ça m'a vraiment permis de reprendre pied, de m'enraciner, de comprendre que mes émotions viennent, passent... Ce sont des choses qui arrivent tous les jours, tout le temps, mais au moins, avec la musique, on n'est pas seules", a confié à l'AFP Naémi, une patiente de 25 ans. "On se sent légitimes d'être dans cette fluctuation, car la musique fluctue aussi."

"Les personnes malades sont très isolées dans ce qu'elles éprouvent", déplore Mme Bounhoure. Or "c'est très important de pouvoir éprouver la même chose que l'autre". Participer à un projet de groupe dans un domaine, la musique, porteur d'un grand potentiel de "synchronicité émotionnelle", peut donc "les aider à se reconnecter dans la relation à autrui", souligne-t-elle.

"Je me suis sentie dans une unité entre le chef d'orchestre, l'orchestre et moi. Je ressentais les tensions, les moments d'admiration; quand le chef d'orchestre veut entraîner l'orchestre, plus loin, plus fort", a confié à l'AFP Danielle, une patiente de 65 ans atteinte d'hypersensibilité. "Ça rompt une solitude, ça permet de se réaffirmer, d'avancer."

"C'est comme si ça venait parler à mon inconscient. (...) On se rend compte à quel point la musique est un levier puissant au niveau émotionnel", a analysé Laëtitia, une autre patiente de 44 ans, sujette à des problématiques de dépression et d'addiction.

"C'est bien beau de prendre des antidépresseurs et de parler à un psychiatre", mais "heureusement que le suivi ne se limite pas à des médicaments", s'est-elle réjouie.

Le succès des trois premières sessions a conduit plusieurs orchestres - de la Philharmonie de Paris, de Limoges et de Rouen - à rallier le projet en janvier 2026, et d'autres ensembles musicaux à Caen, Metz et Bordeaux, ainsi que celui de Radio France, doivent se lancer en septembre, détaille Nathalie Bounhoure.

L'accueil de malades psychiatriques par l'orchestre de Toulouse fait des émules en France

Dépression, troubles bipolaires, schizophrénie... Quand les orchestres symphoniques jouent les médecins

14 mars 2026

[14 mars] : Ouverture de la 23° semaine de la schizophrénie

Le site de la campagne d'information (toutes les infos, toutes les manifestations, tout le programme) :

https://onsefaitconfiance.com/

Le clip vidéo à voir absolument !!! (45sec)

https://www.youtube.com/watch?v=baERFV7UMVo

Les petits pin's verts !

Ces pin’s gratuits, accompagnés d’une carte expliquant leur sens et leur usage, peuvent être retirés à l’Unafam, 34 route de la Fédération, 67100-STRASBOURG

13 mars 2026

Antipsychotiques : des médicaments autorisés en Europe… mais pas encore en France

Autorisé au niveau européen, un médicament peut être prescrit en Allemagne, en Italie ou en Espagne tout en restant hors de portée des patients français pendant des mois, parfois des années. C’est le cas de plusieurs antipsychotiques de nouvelle génération. Une succession de procédures d’évaluation, de négociations de prix et de décisions de remboursement ralentit leur arrivée dans l’Hexagone.

Pourquoi ?

Tout savoir, tout comprendre ====> ICI

12 mars 2026

Pictômes - support visuel de psychoéducation

Pictômes est un support visuel de psychoéducation et de sensibilisation aux troubles psychiques. Conçu par deux neuropsychologues et une psychiatre du Centre Hospitalier George Sand à Bourges, il s’adresse à tout le monde. 


À l’origine, il a été pensé pour :

- les usagers vivant avec un trouble psychique et leurs proches : comprendre ses symptômes, c’est déjà faire un pas vers le rétablissement.

- les professionnels de tout horizon : Destigmatiser, c’est comprendre, dialoguer et accompagner.

Pictômes se compose d’une planche descriptive du trouble ainsi que de planches dédiées aux symptômes. Ceux-ci seront illustrés avec la mascotte « Pictômes » accompagné d’exemples concrets.

Voir les exemples ICI

La mallette est en constante évolution. Nous vous invitons à nous suivre sur nos comptes :

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et bientôt notre site internet.

Pour télécharger la mallette, voici le lien du formulaire : https://forms.gle/VdevgkEjLgVa3Mcp6

Pour toute question ou éventuel retour sur l’outil, vous pouvez nous contacter par mail : pictomes.rehab@gmail.com

[Outil du mois] Pictômes - Support visuel de psychoéducation - Centre ressource réhabilitation

11 mars 2026

Quand les patients utilisent l’IA comme psy : ce que le clinicien doit savoir

Depuis 2023, un nombre croissant de patients utilisent des chatbots génératifs — principalement ChatGPT et Character.AI — comme forme de soutien psychologique.

Ce phénomène, abondamment couvert par la presse, est désormais étayé par des données émergentes : 
une étude OpenAI/MIT (2025) documente la corrélation entre usage quotidien et dépendance émotionnelle ; 
- une étude de Brown University (2025) identifie 15 violations éthiques systématiques des chatbots IA en santé mentale ; 
- et plusieurs cas de psychose induite et de suicides ont été médiatisés. 

Cet article synthétise les données disponibles, analyse les mécanismes psychologiques en jeu, et propose des repères concrets pour le clinicien en psychotraumatologie confronté à ce phénomène chez ses patients.

=> Un phénomène que le clinicien ne peut plus ignorer

=> L’ampleur médiatique : trois vagues de couverture

=> Ce que disent les données émergentes

=> Mécanismes psychologiques en jeu

=> Repères pour le clinicien en psychotraumatologie

Quand les patients utilisent l'IA comme psy : ce que le clinicien doit savoir - IFEMDR

10 mars 2026

L'origine des hallucinations auditives de la schizophrénie élucidée

Par Hugo Jalinière

Une hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix.

Symptôme psychotique majeur de la schizophrénie, les hallucinations auditives verbales seraient bien le résultat d'une perception erronée des malades de leur propre discours intérieur.

Cette hypothèse formulée il y a 50 ans a été confirmée par une étude en s'appuyant sur l'imagerie cérébrale pour observer l'activité neuronale de patients pendant qu'ils entendaient ces voix. Des résultats obtenus par l'Université de Nouvelle-Galles-du-Sud, située en Australie, et publiés dans la revue Psychological Medecine*

*Momentary dynamics of inner speech varieties, auditory verbal hallucinations, and affect in schizophrenia spectrum disorders: an experience sampling study | Psychological Medicine | Cambridge Core

L'origine des hallucinations auditives de la schizophrénie élucidée

09 mars 2026

Les Journées de la Schizophrénie sont de retour du 14 au 21 mars !

Professionnels du soin ou du social, étudiants, proches ou experts de vécu, c'est notre rendez-vous annuel !

En 2026, nous avons choisi d'aborder le dévoilement
Entre l'opportunité et le risque de confier aux autres un "secret".

Comme chaque année, vous pourrez compter sur :

- de nombreux événements en ligne,
- des événements physiques,
- une campagne grand public,
- des interventions dans les médias.


07 mars 2026

Tempête mentale : une série de podcasts pour comprendre les troubles psychiques

Tempête Mentale donne la parole à cinq troubles psychiques majeurs :

- la bipolarité,

- la dépression,

- l’anxiété,

- les troubles du comportement alimentaire,

- la schizophrénie.

Chaque épisode met en scène un huis clos intérieur : une personne anonyme dialogue avec « la voix » de son trouble, interprétée par Camille Lellouche.
Grâce à ce dispositif sensible et unique, le podcast montre comment le trouble s’impose, se cache, influence, bouscule ou tente de contrôler le quotidien.

Les épisodes, courts et accessibles, sont inspirés de témoignages réels et validés par un professionnel de santé.

Ecouter la série complète

06 mars 2026

[Livre] : "Fille d'accident"

Quand l'enfance guérit en thérapie

Karine Deraëdt ; éditions Hygee ; parution le 12/03/2026

Entre noirceur familiale et éclats de lucidité, Karine Deraëdt nous livre un roman coup de poing, aussi brutal que poignant. La narratrice enterre son père, et avec lui, des décennies de silence, de terreur et d’attentes déçues. Commence alors un récit sans filtre, qui navigue entre souvenirs d’enfance, internement psychiatrique et survie émotionnelle.L’écriture est vive, frontale, traversée de fulgurances poétiques et d’un humour noir salvateur.

05 mars 2026

La "Relax Box" qui apaise

Au CH d’Erstein, les jeunes hospitalisés sont incités à personnaliser une boîte avec divers objets ressources utilisables en cas de crise.

La Relax Box se présente sous la forme d’une boîte à personnaliser avec divers objets sensoriels (balle antistress, huile parfumée, musique apaisante, texture douce), mais aussi des supports pour favoriser la réflexion et la mise à distance (cartes mémo, techniques de respiration ou encore petits jeux). Depuis 2024, l’unité Saint-Exupéry du Centre hospitalier d’Erstein, en Alsace, propose ce dispositif thérapeutique aux adolescents hospitalisés, notamment ceux qui souffrent de troubles psychotiques. En mobilisant les cinq sens, les jeunes apprennent à identifier leurs signaux internes et à trouver des ressources pour éviter les débordements émotionnels. La Relax Box les aide ainsi à canaliser leurs émotions, à prévenir l’automutilation et à soutenir la désescalade des crises d’anxiété ou de colère.

En pratique, au cours d’un atelier thérapeutique d’1h30 chaque lundi, l’équipe soignante travaille avec huit jeunes sur le stress, les tensions et s’attarde sur les outils à disposition de chacun (techniques d’ancrage, méthodes de relaxation…). Ce temps de réflexion constitue un moment propice pour se familiariser avec la Relax Box et apprendre à la composer.

Chaque adolescent dispose ensuite de sa boîte dans sa chambre. Quand des tensions affleurent, ou qu’un état d’agitation est palpable, les soignants proposent d’y avoir recours. Souvent, les adolescents s’en saisissent d’eux-mêmes lorsqu’ils ne se sentent pas bien. Au fur et à mesure de l’utilisation, la boîte s’étoffe et se personnalise avec des photos de famille ou des objets qui leur tiennent à cœur.

Depuis la mise en place de la Relax Box, les équipes soignantes constatent un moindre recours à l’isolement et une baisse de l’auto et de l’hétéro-agressivité. Non seulement les adolescents parviennent à mieux réguler leurs émotions, mais ils échangent aussi à partir du contenu de cette boîte, sur les techniques qui leur conviennent.

La démarche s’inscrit dans une approche de soin global et participatif. Le patient devient acteur de son parcours et cette approche personnalisée favorise la compréhension de soi et de la maladie, la confiance en soi et l’implication active du patient dans son parcours de soin.

Le projet Relax Box a reçu le 2e Prix des équipes soignantes en psychiatrie 2025 lors des 11es Rencontres soignantes en psychiatrie, en octobre 2025.

Contact : C. Martinho, cadre de santé, cecilia.martinho@ch-erstein.fr

La Relax Box qui apaise - Santé Mentale

04 mars 2026

"Soyons fous" : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés

Un long métrage documentaire suit la création d'un court métrage par des personnes vivant avec un trouble psychique. Entre transmission, altitude et émotions brutes, "Soyons Fous" veut bousculer les préjugés sur la santé mentale.

Peut-on faire du cinéma quand on vit avec un trouble psychique et qu'on n'a jamais touché une caméra ? C'est le point de départ de Soyons Fous, documentaire réalisé par Quentin Perez et produit par Beyond Productions, né d'un autre constat : « les troubles psychiques isolent, et incitent à se taire pour ne pas être davantage isolé ».
En salles fin d'année 2026, ce film prend le contre-pied de cette triste réalité pour retracer toutes les étapes de fabrication d'un court métrage par une équipe dont la plupart des membres vivent avec une maladie mentale. Des premières réunions d'écriture à la diffusion en festival, la caméra suit un processus qui s'échelonne sur plus d'un an.

Corinne Masiero et Emmanuelle Bercot en coulisses

Avant le tournage, des professionnels du cinéma dont Corinne Masiero, Emmanuelle Bercot et le chef opérateur Philippe Rousselot ont pu transmettre les bases techniques et artistiques à l'équipe d'une quinzaine de participants. Le film a ensuite été tourné dans les Hautes-Alpes, à 2 800 mètres d'altitude, en autonomie. Apprendre à raconter une histoire, à défendre un point de vue, à travailler ensemble… Plus qu'un film, ce projet est vecteur d'insertion socio-professionnelle. Objectif ? « Tordre le cou à l'essentialisation », explique le réalisateur, autrement dit éviter de réduire une personne à son diagnostic. Le film montre le processus, avec ses contraintes, ses désaccords et ses ajustements.

Un projet de sensibilisation structuré

Labellisé « Grande Cause Nationale », ce long métrage documentaire a vocation à devenir un outil de sensibilisation. La tournée d'avant-premières a débuté en octobre 2025 et va se poursuivre dans les prochains mois dans plusieurs villes, en novembre 2025. Une avant-première est prévue le 17 février 2026 au cinéma Alésia à Paris, en présence de l'équipe du film. D'autres actions sont envisagées auprès des jeunes publics, avec l'objectif affiché de contribuer à faire évoluer les représentations du handicap psychique.

©Beyond Productions

Soyons fous : l'aventure d'un film qui "dément" les préjugés

03 mars 2026

Du cinéma AVEC ou SANS Handicap

L'APEH, Aide aux Parents d'Enfants Handicapés milite pour le droit au répit des parents d'enfants en situation de handicap, quel que soit leur âge ou leur handicap. Il n'est pas toujours facile d'oser aller au cinéma, d'affronter le regard des autres, sans avoir peur de déranger...

Avec nos partenaires Ciné Relax, le Cinéma Vox à Strasbourg et le Cinéma Le Trèfle à Dorlisheim, l'APEH propose chaque mois une séance de cinéma ouverte à tous AVEC ou SANS handicap, pour que toutes les familles bénéficient d'un moment de détente et du plaisir d'une séance.

Ce mois-ci avec Ciné Relax, nous vous proposons "Marsupilami".

- A Strasbourg,le samedi 14 mars à 16 heures, au cinéma VOX ( le 2 ème samedi du mois).

- A Dorlisheim, le samedi 21 mars à 15h30 au cinéma Le Trèfle ( le 3 ème samedi du mois).

Des bénévoles accueillent et informent le public pour que chacun se sente bienvenu. La séance commence à l'heure, sans publicité ni bande annonce, le son est moins fort, les lumières s'éteignent progressivement et le prix du billet est modéré (4,50€). Le public est informé que chacun peut exprimer ses émotions à sa manière, sans crainte. Ce dispositif chaleureux et bienveillant facilite l'accès de tous à ce loisir culturel.

Nous vous remercions de diffuser largement auprès des familles les projections de nos séances Ciné-Relax.

Pensez à vous inscrire par mail à : apehalsace@gmail.com

- Si vous venez en groupe.

- Si vous venez avec une personne en fauteuil roulant. Le nombre de places en fauteuil roulant est limité (3 à Strasbourg et à 5 à Dorlisheim)

- Si vous avez besoin d’un audio-guide, ils sont en nombre limité.

3 rue Streicher 67120 MOLSHEIM
06 11 39 93 74
E-mail: apehalsace@gmail.com
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01 mars 2026

Schizophrénie débutante : vers un traitement plus précoce et plus intensif

Alors que la Haute autorité de santé (HAS) prépare de nouvelles recommandations sur la prise en charge de la schizophrénie, une session organisée lors du congrès de l’Encéphale a mis en avant des potentielles évolutions. Au cours de sa présentation, la Pre Delphine Capdevielle (CHU de Montpellier) a rappelé l’importance d’une prise en charge « rapide, intensive et adaptée » dans les mois qui suivent un premier épisode psychotique.

Le délai des six semaines habituellement appliqué pour évaluer l’efficacité et les effets secondaires d’un premier traitement par antipsychotique « pourrait être abaissé à quatre semaines » afin d’envisager plus rapidement une augmentation des doses, suggère la psychiatre. « Aller lentement dans l’initiation du traitement peut représenter une perte de temps pour le patient. »
Concernant les antipsychotiques injectables à longue durée d’action de deuxième génération, notamment les agonistes partiels des récepteurs dopaminergiques D2, « ils doivent pouvoir être proposés rapidement », afin d’améliorer l’acceptation du traitement et la qualité de vie des patients, a ajouté la spécialiste.
Une utilisation en deuxième intention de la clozapine pourrait également être mise en avant, des données récentes ayant mis en évidence un risque de rechute réduit et une amélioration de l’espérance de vie associés à un traitement plus précoce par ce puissant antipsychotique.
Les recommandations de 2025 de l’International College of Neuropsychopharmacology (CINP) préconisent un recours plus rapide à la clozapine, mais toujours après échec de deux antipsychotiques.

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26 février 2026

Schizophrénie : comment l’inflammation et le métabolisme influencent la résistance aux traitements

Publié le 27 janvier 2026

Kaori Saitoh, chercheuse en psychiatrie à l’IMRB Neuropsychiatrie translationnelle (UPEC, Inserm U955), au FHU ADAPT (UPEC, AP-HP) et à la Fondation FondaMental

La schizophrénie est une maladie mentale qui touche environ 1 % de la population au cours de la vie. Pour 20 à 30 % des patients, les traitements antipsychotiques standards ne sont pas efficaces, conduisant à une forme résistante appelée schizophrénie résistante au traitement (TRS), pour laquelle la clozapine demeure l’option thérapeutique de référence.

L’identification précoce de la TRS est essentielle mais reste difficile. Des études antérieures ont montré que les personnes atteintes de schizophrénie présentent souvent des signes d’inflammation chronique de faible intensité et un syndrome métabolique (caractérisé par une obésité, des troubles de la glycémie, des dyslipidémies et de l’hypertension artérielle). Ces deux affections, souvent interconnectées, pourraient jouer un rôle important dans la réponse au traitement.

Dans notre étude portant sur 419 patients en France, nous avons mesuré des marqueurs sanguins d’inflammation et évalué la présence d’un syndrome métabolique, puis examiné leur association avec le besoin de recourir à la clozapine.

Nous avons observé que les individus présentant une inflammation étaient plus susceptibles d’être résistants au traitement, et que ce risque était encore plus marqué chez les personnes présentant à la fois une inflammation et un syndrome métabolique. Par ailleurs, l’inflammation et le syndrome métabolique étaient tous deux significativement associés à la schizophrénie ultra-résistante, même en comparaison avec des patients répondant aux antipsychotiques standards ou à la clozapine.

Ces résultats suggèrent que l’inflammation et les troubles métaboliques pourraient constituer des indicateurs pertinents d’une mauvaise réponse au traitement. Comme ces paramètres peuvent être détectés par des analyses sanguines et potentiellement améliorés par des changements de mode de vie, ils offrent une opportunité d’intervention précoce afin d’optimiser la prise en charge. Toutefois, notre étude reposant sur des données recueillies à un seul moment, il n’a pas été possible d’établir un lien de causalité entre ces facteurs et la TRS.

L’évaluation de l’inflammation et du syndrome métabolique pourrait aider les cliniciens à identifier plus tôt les patients à haut risque et à concevoir des stratégies thérapeutiques plus efficaces. Des recherches longitudinales supplémentaires seront toutefois nécessaires pour confirmer ces observations et développer des marqueurs d’inflammation réellement exploitables en pratique clinique.

Lire l'article

Actualités | Fondation FondaMental

25 février 2026

[Guide] : Communiquer en santé mentale

Repères pour de nouvelles stratégies et pratiques

Mickaël Worms-Ehrminger, Ed. Presses de l’EHESP, coll. Terrains Santé Social, publié janvier 2026

Entre 2021 et 2024, l’acceptation du handicap psychique est passée de 36 % à 28 %, malgré une présence accrue de la santé mentale dans l’espace public. Érigée en Grande Cause nationale 2025, elle mobilise de nombreux acteurs, sans toutefois produire une dynamique claire et cohérente. Comme dans d’autres champs de mobilisation, la communication en santé mentale reproduit des écueils connus : narration catastrophiste, manque de perspectives positives et dilution des responsabilités. Ces biais, évitables, freinent les progrès individuels, sociétaux et systémiques. 

Destiné aux étudiants et professionnels de la communication en santé, aux soignants, aux associations et aux créateurs de contenu, cet ouvrage propose un état des lieux lucide. En mobilisant des facteurs cognitifs, émotionnels et comportementaux, il invite à adopter une posture de critique pragmatique afin d’améliorer concrètement l’impact des actions en santé mentale.

24 février 2026

Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?

Dr Dominique-Jean Bouilliez | 09 Février 2026

Les recommandations actuelles concernant la prise en charge de la schizophrénie font l’objet d’une révision approfondie. L’objectif est double : intégrer les dernières avancées scientifiques et adapter ces recommandations au contexte clinique contemporain, notamment au système de soins en santé mentale. Dans ce cadre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a initié un travail ciblé sur les premiers épisodes psychotiques, les personnes à risque d’évolution vers une psychose et les diagnostics et évaluations pré-thérapeutiques, avant d’aborder la prise en charge médicamenteuse (1). Comme l’a soulevé Pr Dondé Coquelet (Grenoble) lors du congrès de l’Encéphale (2), ce processus soulève des questions cruciales, notamment sur la place des biomarqueurs dans la stratification des patients et la personnalisation des soins.

Une pathologie hétérogène rendant difficile l’identification de marqueurs universels

La schizophrénie est une pathologie complexe, impliquant des dysfonctionnements dans de multiples systèmes. Pourtant, le diagnostic en pratique clinique reste catégoriel, ce qui met en lumière le besoin urgent d’une psychiatrie de précision. Les biomarqueurs suscitent un intérêt croissant dans ce contexte et leur potentiel est vaste, notamment pour : préciser le risque évolutif après un premier épisode psychotique ; affiner le diagnostic, y compris dans les formes larvaires ou atypiques ; identifier des sous-types cliniques et/ou des cibles thérapeutiques ; prédire le pronostic et la réponse aux traitements ainsi que la tolérance à ces derniers.

Bien que de nombreux marqueurs aient été étudiés (syndrome infectieux, estrogènes, délétion 22q11.2, etc.), aucun n’a encore démontré une efficacité clinique validée ou une applicabilité généralisée. En effet, pour qu’un biomarqueur soit cliniquement utile, il doit répondre à des critères stricts : sensibilité et spécificité élevées, reproductibilité, mesurabilité aisée et ubiquitaire, association à un mécanisme biologique précis et capacité à fournir une information quantitative. Or, la schizophrénie est une maladie hétérogène, ce qui rend difficile l’identification de marqueurs universels. Pour surmonter cette hétérogénéité, il est essentiel : de constituer des bases de données larges pour séparer les sous-groupes, d’analyser longitudinalement les données, car les réponses évoluent avec la maladie, et de multiplier les biomarqueurs pour affiner la précision diagnostique et pronostique.

De quelques avancées récentes et pistes prometteuses

Lors de son allocution, Pr Dondé Coquelet a présenté quelques avancées prometteuses dans ce domaine, notamment plusieurs études et cohortes, comme TONE-P (1 000 sujets évalués avec des questionnaires prépsychotiques tels que le PQ16 et le PCA) ont permis d’identifier l’anxiété sociale comme critère le plus discriminant pour évaluer le haut risque de psychose. Un autre marqueur d’intérêt pourrait être la réduction de l’amplitude de la négativité de discordance (mismatch negativity ou MMN), une réponse électrique du cerveau provoquée par n’importe quel changement dans un son ou motif sonore à partir du moment où la mémoire garde la trace des précédents stimuli, qui prédit un risque accru de conversion vers un premier épisode psychotique et une résistance médicamenteuse. On sait aussi que le cumul de biomarqueurs (EEG, IRM, IL-16) améliore la robustesse du pronostic de transition psychotique, tandis que des études récentes ont montré que les tests auditifs qui distinguent des sous-groupes de patients schizophrènes avec ou sans déficit auditif ont permis de constater que le premier groupe avait un pronostic plus sévère (plus de troubles cognitifs, plus d’impact fonctionnel, plus de décrochage scolaire) que les sujets sans déficit.

Malgré des avancées encourageantes dans ce domaine, et avant d’envisager une révision des recommandations, il est crucial d’accepter la réalité physiopathologique plurielle de la schizophrénie, de maintenir un regard critique sur la précision individuelle par rapport aux données groupales et de poursuivre les efforts de traduction des avancées scientifiques en pratique clinique, conclut le Pr Dondé Coquelet.

Références

Haute Autorité de Santé. Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage. Juillet 2025.

Dondé Coquelet C. Le futur de la schizophrénie : vers une psychiatrie de précision ? L’encéphale. Du 21 au 23 janvier 2026 (Paris)

Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?

23 février 2026

Trouble bipolaire, santé métabolique et fonctions cognitives : ce que montre la cohorte FACE-BD

Publié le 3 février 2026

Ophélia Godin, épidémiologiste, chercheuse à la Fondation FondaMental.

En France, entre 1% et 2,5% de la population est concernée par une forme de troubles bipolaires, soit entre 650.000 et 1.600.000 personnes. Ces personnes présentent souvent des problèmes de santé associés, appelés comorbidités. Parmi eux, le syndrome métabolique touche une personne sur cinq, soit une prévalence deux fois plus élevée que dans le reste de la population. Il est caractérisé par l’association de plusieurs symptômes métaboliques : l’obésité, les troubles de la glycémie, les dyslipidémies et l’hypertension artérielle.

Parallèlement, les troubles cognitifs constituent une dimension centrale des troubles bipolaires, avec un impact durable sur le fonctionnement social, professionnel et la qualité de vie. Si un lien entre syndrome métabolique et cognition a été suggéré, les données disponibles restaient jusqu’ici limitées par des effectifs restreints ou des approches uniquement transversales.

C’est dans ce contexte qu’une étude menée à partir de la cohorte FACE-BD, qui rassemble des patients suivis dans les Centres Experts Bipolaires sur tout le territoire français, a cherché à évaluer les associations entre syndrome métabolique et performances cognitives chez les personnes vivant avec un trouble bipolaire, en croisant une analyse transversale et un suivi longitudinal. Coordonnée par la Fondation FondaMental, FACE-BD est la première cohorte mise en place sur le territoire national permettant un bilan approfondi et un suivi à long terme des personnes atteintes de troubles bipolaires.

Les chercheurs ont analysé les données de 1 175 personnes atteintes de trouble bipolaire. Toutes ont passé des évaluations cliniques et des tests neuropsychologiques standardisés permettant de mesurer leurs performances cognitives. Un indice global de cognition a été calculé à partir de ces tests. Parmi elles, 367 personnes ont été réévaluées deux ans plus tard afin d’observer l’évolution de leurs performances dans le temps. Les analyses ont pris en compte plusieurs facteurs, comme l’âge, le sexe, le niveau d’études, les traitements et les comorbidités addictives.

Les résultats montrent que le syndrome métabolique était présent chez 21,5 % des participants. Les analyses transversales mettent en évidence une association entre la présence d’un syndrome métabolique et des performances cognitives plus faibles. Les personnes concernées présentent notamment un indice cognitif global inférieur, ainsi que des performances réduites en flexibilité cognitive, en inhibition et en mémoire verbale. Ces associations persistent après ajustement sur les principaux facteurs cliniques et sociodémographiques.

En revanche, sur une période de deux ans, les chercheurs n’ont pas observé de modification significative des capacités cognitive liée au syndrome métabolique. Autrement dit, ce syndrome serait associé à des performances cognitives plus faibles, mais pas à un déclin cognitif au cours de la période de suivi. Des études longitudinales complémentaires demeurent nécessaires pour mieux caractériser l’évolution de ces associations à plus long terme.

Ces données soulignent l’importance d’un dépistage systématique et rigoureux des anomalies métaboliques chez les personnes vivant avec un trouble bipolaire. Dépister tôt des problèmes comme le surpoids, l’hypertension, le cholestérol ou la glycémie permet de les traiter rapidement et d’éviter des complications.

En parallèle, il est important d’identifier et d’accompagner les difficultés cognitives, par exemple la mémoire, l’attention ou la capacité à s’adapter aux situations du quotidien. Des interventions adaptées - comme des programmes de rééducation cognitive ou un suivi psychologique - peuvent aider les patients à rester autonomes et à améliorer leur fonctionnement social et professionnel.

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Actualités | Fondation FondaMental

21 février 2026

L’Occitanie s’engage collectivement pour réduire les pratiques d’isolement et de contention

Depuis 2022, la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (Ferrepsy) Occitanie impulse, au niveau territorial, une dynamique de réduction durable du recours à l’isolement et à la contention. En fédérant les acteurs autour d’objectifs communs, en valorisant les expériences de terrain et en créant des espaces de dialogue inter-établissements, cette région fait figure de pionnière dans la structuration d’une telle politique. Cet article présente un point d’étape.

A. Salis (Ferrepsy), I. Garcia (CH Béziers), B. Le Floch Meunier (SRA Occitanie), M. Bordes (Ferrpsy),
J. J Morfoisse (SRA Occitanie), F. Olivier (Ferrepsy), R. Haoui (CH Béziers/Ferrepsy).

Les pratiques d’isolement et de contention constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour la psychiatrie, à la croisée des impératifs cliniques et du respect des droits des patients, dans une recherche d’équilibre au cœur d’une réflexion éthique sur les soins. La loi du 22 janvier 2022 (1) a profondément modifié le cadre juridique de ces mesures, en renforçant leur encadrement et le contrôle judiciaire, tout en réaffirmant leur caractère de dernier recours.

La réduction du recours à l’isolement et à la contention constitue un axe majeur de réflexion et de recherche pour la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (Ferrepsy) depuis sa création. À ce titre, la Ferrepsy a conduit plusieurs travaux, dont la première étude multicentrique menée auprès des établissements autorisés de l’ex Midi-Pyrénées (2), une étude qualitative portant sur le vécu des patients (3), ainsi qu’une étude multicentrique en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, dont les résultats font actuellement l’objet d’un article en cours de rédaction.

C’est dans ce contexte que l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a confié à la Ferrepsy, à la Structure Régionale d’Appui à la qualité et à la sécurité des soins (SRA) Occitanie une mission régionale inédite. Elle vise à coordonner et à accompagner des établissements autorisés à réaliser des soins sans consentement, afin de réduire durablement le recours à l’isolement et à la contention sur l’ensemble du territoire occitan.

La démarche régionale s’articule autour de quatre grandes étapes : la création d’une dynamique collective regroupant les établissements et les professionnels de terrain, la réalisation d’une enquête régionale pour objectiver et analyser les pratiques, le recueil d’indicateurs partagés et le déploiement progressif d’une Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) régionale, destinée à structurer l’amélioration continue. Cette organisation permet de combiner animation territoriale, partage de savoir-faire, échanges inter-établissements et évaluation formalisée des pratiques, en cohérence avec les recommandations nationales et les objectifs de moindre recours à l’isolement et à la contention.

Une mission régionale structurante et fédératrice

Conduite depuis octobre 2022, cette mission a pour ambition d’animer et de structurer une communauté régionale de référents et de binômes soignants impliqués dans la mise en place des stratégies de moindre recours « isolement/contention » au sein des établissements.
Vingt-et-un établissements, couvrant l’ensemble de la région Occitanie, ont été mobilisés, avec la participation d’environnement 150 professionnels tout au long du projet, en tenant compte du turn-over des équipes.

Découvrez la Journée Régionale d’échange moindre recours isolement et contention, Ferrepsy Occitanie, en vidéo.

1 – Article 17 – LOI n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, Légifrance, en ligne: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000045062872
2 – J.L. Senon, R. Carré, S. Porteau, A. Clénet, V. Dujardin, R. Haoui, Contention en psychiatrie : de nouvelles approches pour mieux la comprendre – Epidémiologie de la contention : première étude en France sur 13 établissements psychiatriques (Ferrepsy-Occitanie), French Journal of Psychiatry, https://doi.org/10.1016/S2590-2415(19)30012-1.
3 – Carré, R., Moncany, A.-H., Schmitt, L. et Haoui, R. (2017). Contention physique en psychiatrie : étude qualitative du vécu des patients. L’information psychiatrique, 93(5), 393-397. https://doi.org/10.1684/ipe.2017.1644

(…) Un article à télécharger gratuitement en pdf

L'Occitanie s'engage collectivement pour réduire les pratiques d'isolement et de contention - Santé Mentale

20 février 2026

Rencontre avec Charles Nécol, président de la Coordination régionale Santé mentale France Grand Est

Au fil des années, il a renforcé son engagement dans une dynamique collective et fédérative, au sein de Santé mentale France. Il anime un territoire vaste qui impose d’inventer des modes de fonctionnement adaptés, tout en maintenant des temps forts fédérateurs, comme les Ateliers du Rétablissement en Santé mentale, organisés tous les deux ans.

Son action témoigne d’un attachement constant à l’ancrage territorial et d’une volonté de décloisonner les pratiques, en articulant le local et le national. Il défend avec conviction une santé mentale fondée sur les droits, la citoyenneté, le pouvoir d’agir et la participation des personnes concernées, considérant leur parole comme un levier essentiel pour orienter les démarches et transformer durablement les pratiques.

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19 février 2026

Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation !

Publié le 10 février 2026

Dans un communiqué commun, des associations d’usagers et de professionnels de la psychiatrie s’insurgent contre une nouvelle proposition de loi qui envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Selon eux, cette dérive législative crée la confusion entre maladie psychiatrique et radicalisation et va à l’encontre des recommandations de bonnes pratiques médicales de l’Haute autorité de santé.

Les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts souhaitent alerter sur les dangers de la Proposition de loi (PPL) visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat, n° 2180, déposée le mardi 2 décembre 2025, notamment sur la confusion véhiculée entre radicalisation et troubles psychiatriques, et sur les conséquences potentiellement désastreuses sur le système de soins psychiatriques d’une part et la sécurité de la société dans son ensemble d’autre part.
En préambule, si la PPL s’appuie sur 2 exemples dramatiques qui nécessitent une réflexion approfondie sur le devenir des personnes sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF), rappelons qu’à ce jour aucune étude ne montre de lien entre maladie mentale et terrorisme. En outre, le deuxième crime mentionné ne concerne pas une problématique terroriste mais une problématique de violence sexuelle, qui, si elle n’est pas moins dramatique, appelle des réponses différentes (cf audition au Sénat).

Cette nouvelle proposition de loi envisage le recours systématique à la psychiatrie pour traiter la radicalisation violente de certains sujets étrangers sous OQTF. Il existe déjà des dispositifs d’évaluation au niveau départemental et national spécifiquement dédiés aux personnes radicalisées, dans lesquels des psychiatres interviennent, précisément afin d’identifier les rares situations relevant de soins psychiatriques :

-Les groupes d’évaluation départementaux (GED),

-Les dispositifs régionaux d’appui et de soutien des professionnels (CRESAM),

-L’unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) au niveau national.

Lorsque la dangerosité d’un individu est en lien avec une pathologie psychiatrique, la loi permet déjà d’imposer une hospitalisation sous contrainte par arrêté municipal (en urgence) ou préfectoral (mesure de soins sans consentement sur décision du représentant de l’Etat), sur la base d’un certificat médical, et ce sans attendre un passage à l’acte.
Cependant, comme déjà souligné lors de plusieurs auditions de professionnels et d’experts de la psychiatrie devant le Sénat (en matière de violences sexuelles notamment), par définition et hors situation d’urgence, aucun parcours de soin cohérent ne peut être déployé pour une personne sous OQTF, dans l’incertitude permanente d’une expulsion à venir, rendant par là même inefficace la perspective d’un soin contribuant à la réduction des risques de violence pour des sujets malades.
Cette nouvelle PPL propose donc des réponses à forte puissance symbolique avec des effets contre-productif sur le plan global et systémique, puisque affaiblissant encore l’offre de soins pour les personnes qui en relèvent réellement. Cette approche détourne également l’attention sur les réels leviers et les nombreux problèmes qui alimentent ces parcours et aggravent le risque de commettre des actes violents (destruction du filet social, précarisation administrative des individus, solitude, addictions, désinsertion, etc…).

Enfin, plutôt que de subir avec la population générale, une dégradation du cadre de vie et des injonctions paradoxales, les professionnels de terrain, les chercheurs et les experts, qui restent attachés à la prévention des actes terroristes et à la sécurité publique, rappellent que la psychiatrie ne doit pas être instrumentalisée comme un outil de gestion de la dangerosité ou de la politique migratoire. Ils réaffirment leur volonté de contribuer au plus près du législateur et des pouvoirs publics à l’évolution d’un cadre législatif et sanitaire à la fois cohérent et efficient.

Ne pas confondre maladie psychiatrique et radicalisation ! - Santé Mentale

18 février 2026

Démission du Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie : le Collectif Santé mentale Grande Cause nationale demande des garanties claires sur la future gouvernance

Alors que la santé mentale a de nouveau été proclamée Grande Cause Nationale pour 2026, la démission du Délégué ministériel chargé de la santé mentale et de la psychiatrie est intervenue sans préparation ni visibilité sur les modalités de continuité du pilotage national. 

Le Premier ministre vient d’annoncer la tenue prochaine d’un Comité interministériel ainsi que la nomination d’un nouveau Délégué, à ce jour non encore effective. Le Collectif Santé mentale Grande Cause nationale, interlocuteur incontournable du secteur représentant plus de 3 400 organisations, s’il prend acte de ces annonces nécessaires, redoute pour autant un pilotage à vue de cette Grande cause. C’est pourquoi elles doivent désormais se traduire par des garanties concrètes sur la gouvernance qui sera mise en place. Le Collectif juge indispensable quatre garanties structurantes :

● Un pilotage national fort et durable : une autorité clairement identifiée, dotée de moyens et d’une légitimité suffisante pour garantir la construction, la mise en œuvre, la cohérence et la continuité de la stratégie nationale de santé mentale.

● Une coordination interministérielle : une mobilisation structurée de l'ensemble des ministères qui intègre effectivement la santé mentale dans l’ensemble des politiques publiques (éducation, travail, logement, justice, jeunesse, solidarités, budget, etc.)

● Une gouvernance nationale concertée et participative : un pilotage associant durablement partenaires, professionnels et personnes concernées, dans une logique de transparence et de co-construction.

● Une déclinaison territoriale structurée : la mise en place et le renforcement de gouvernances régionales et infra-régionales clairement identifiées, capables d’assurer ces mêmes exigences de transversalité, de participation et de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé mentale. Cette gouvernance devra être pleinement ancrée dans une approche de santé publique. Le collectif sera particulièrement vigilant à ce qu'elle ne soit pas subordonnée à d’autres logiques, notamment sécuritaires. Le Collectif Grande Cause appelle désormais le Gouvernement à transformer rapidement ses annonces en décisions concrètes et à garantir un pilotage à la hauteur du renouvellement de la Grande Cause Nationale et des enjeux d’amélioration durable de la santé mentale des populations.

Démission du Délégué ministériel à la santé mentale : réaction du Collectif Grande Cause nationale - Santé mentale France