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16 avril 2023

[Recherche] : La santé mentale à l’épreuve du confinement

Anne Giersch et Amaury Mengin, deux chercheurs strasbourgeois de l’Inserm, ont étudié les effets psychiques du confinement pendant le Covid au sein de la communauté des chercheurs français. Nul n’est à l’abri de l’impact psychologique d’un confinement.

Tout en participant pendant la pandémie, de mars à juillet 2020, à une étude internationale sur la détresse psychologique dans quatre sociétés ayant adopté des stratégies de santé publique distinctes (Corée du Sud, Hong Kong, France et États-Unis), Anne Giersch, directrice de laboratoire au Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg , et son collègue psychiatre Amaury Mengin ont lancé une étude sur l’impact psychologique du confinement.

Portant sur la période du premier enfermement, du 17 mars au 17 mai 2020, cette étude a été distribuée par e-mail au sein d’un réseau de chercheurs français de l’université de Strasbourg, de l’Inserm et du CNRS, avant d’être relayée plus largement en France. Les participants ont complété de manière anonyme, à trois périodes différentes, des questionnaires d’autoévaluation, avec des narrations quotidiennes, avant de remplir à l’issue du confinement, entre le 22 juin et le 18 juillet, un autorapport. 

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Leurs premiers retours ont montré des signes de « détresse et des symptômes atténués de psychose qui ne peuvent pas être assimilés à du stress et de l’anxiété », rapporte la chercheuse de l’Inserm.

« Dans le premier questionnaire, les perceptions inhabituelles et les idées de méfiance ont augmenté. Comme l’impression que sa propre image change, que les autres nous en veulent, que des messages dans la rue, dans les vitrines, les publicités ou dans les médias nous concernent directement. Il y a aussi une augmentation de l’utilisation du pronom personnel “je” que l’on observe dans la psychose. »

Dans le contexte d’inquiétude qui dominait alors, près de 20 % des participants ont atteint « un niveau de psychose où l’on conseille de consulter », commente Amaury Mengin. « Ces résultats signifient que nous sommes tous vulnérables au stress, aux hallucinations, aux symptômes atténués de psychose », relève Anne Giersch. 

publié dans les DNA du 12 avril 2023

26 octobre 2021

Impact du confinement : une charge supplémentaire pour les aidants


Rapport final de l’enquête "Impact du confinement : une charge supplémentaire pour les aidants", menée par le CIAAF national (animé par l’UNAF) avec l’IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales) : rapport final de l’enquête.

05 novembre 2020

Hôpital psychiatrique et confinement

Actualité : article sur https://www.francetvinfo.fr/

Depuis la fin du premier confinement, de nombreux psychiatres hospitaliers voient affluer dans leurs services des patients, souvent sans antécédents, qui consultent pour des troubles psychotiques, dépressifs, des burn-out, des angoisses ou encore des tentatives de suicide. 

Face à la seconde vague, les soignants craignent de ne pas avoir les moyens de répondre à toutes les demandes. 



01 novembre 2020

Reconfinement et santé mentale : "Il n'y a pas de honte à consulter"

Ce jeudi, à minuit, la France sera reconfinée pour une durée de quatre semaines au moins. Anne Giersch, chercheuse à l'Inserm, revient sur les effets d'une telle mesure sur la santé mentale.

Plus que quelques heures avant le reconfinement. Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui partagent leur inquiétude à l'idée de revivre une telle situation. Angoisse, stress, sentiment d'isolement... Autant de symptômes qu'Anne Giersch a pu observer en mars. Directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie à Strasbourg, elle a mené une étude auprès de 150 volontaires pour explorer les effets du confinement, notamment sur la santé mentale. 


Dessin de Coco, mars 2020. Crédits :  Coco / Compte Instagram @cocoboer

Interview

Quels effets sur la santé mentale avez-vous observés lors du premier confinement ?
Notre étude ne concerne qu’un effectif assez modeste, mais ce qu’on a constaté a aussi été trouvé par des études épidémiologiques. Les symptômes les plus partagés étaient le stress et l'anxiété, plus que la normale. On a aussi observé un taux plus élevé de dépression, voire de symptômes pré-psychotiques. Le sommet de ces manifestations était au tout début du confinement. 

Qu'est-ce qui est à l'origine de ces symptômes ? 
L'inquiétude vis-à-vis de la pandémie est ce qui semble avoir un effet maximal, avec le sentiment d'isolement. Nous ne sommes pas tous exposés au même degré de stress de la même façon. Certaines personnes sont donc plus vulnérables et risquent de ressentir l'isolement plus fortement. Par exemple, les soignants, les gens qui ont peur pour leur emploi, ceux qui ont des parents proches malades ou qui meurent, mais aussi les personnes ayant des facteurs de risque et qui ont peur de tomber malades... Tous ces facteurs peuvent contribuer à accentuer l'angoisse.

Le reconfinement risque-t-il d'être plus difficile à vivre qu'en mars ?
Pour certains cela va être plus facile parce qu’ils vont pouvoir travailler et c’est ce qu’ils voulaient. Pour d’autres, ça va encore plus fragiliser leur situation économique… Le reconfinement peut aussi faire revivre un traumatisme à ceux pour qui ça s'était mal passé en début d'année. 

 Comment réagir face à de tels symptômes ?
Un moyen de faire face, c’est de faire en sorte d’être le moins isolé possible. C’est bien pour ça que les Ehpad restent ouverts. Globalement, on a constaté que l'angoisse et le stress avaient diminué au fil du confinement. Le facteur qui a le plus contribué à cette amélioration est le renforcement des connexions avec la famille. Le fait de parler avec les proches fait diminuer l'anxiété. Isoler les gens est nocif. On peut s’en protéger en communiquant, même si ce n’est pas aussi satisfaisant qu’autour d’un café ou dans un bar. 
Si on se sent vraiment mal, il ne faut pas hésiter à aller voir un médecin, il n'y a pas de honte à consulter. Ça peut arriver à tout le monde de paniquer à un moment donné, on peut tous être vulnérables. Les services de psychiatrie et d’urgence restent ouverts et on ne soigne pas seulement le Covid. Je pense que les psychiatres vont de nouveau mettre en place des plateformes de télémédecine, ou que la ligne CovidEcoute sera joignable.


Lu pour vous dans Libération le 29 octobre 2020

Dessin de Coco, mars 2020. Crédits :  Coco / Compte Instagram @cocoboer