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24 février 2026

Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?

Dr Dominique-Jean Bouilliez | 09 Février 2026

Les recommandations actuelles concernant la prise en charge de la schizophrénie font l’objet d’une révision approfondie. L’objectif est double : intégrer les dernières avancées scientifiques et adapter ces recommandations au contexte clinique contemporain, notamment au système de soins en santé mentale. Dans ce cadre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a initié un travail ciblé sur les premiers épisodes psychotiques, les personnes à risque d’évolution vers une psychose et les diagnostics et évaluations pré-thérapeutiques, avant d’aborder la prise en charge médicamenteuse (1). Comme l’a soulevé Pr Dondé Coquelet (Grenoble) lors du congrès de l’Encéphale (2), ce processus soulève des questions cruciales, notamment sur la place des biomarqueurs dans la stratification des patients et la personnalisation des soins.

Une pathologie hétérogène rendant difficile l’identification de marqueurs universels

La schizophrénie est une pathologie complexe, impliquant des dysfonctionnements dans de multiples systèmes. Pourtant, le diagnostic en pratique clinique reste catégoriel, ce qui met en lumière le besoin urgent d’une psychiatrie de précision. Les biomarqueurs suscitent un intérêt croissant dans ce contexte et leur potentiel est vaste, notamment pour : préciser le risque évolutif après un premier épisode psychotique ; affiner le diagnostic, y compris dans les formes larvaires ou atypiques ; identifier des sous-types cliniques et/ou des cibles thérapeutiques ; prédire le pronostic et la réponse aux traitements ainsi que la tolérance à ces derniers.

Bien que de nombreux marqueurs aient été étudiés (syndrome infectieux, estrogènes, délétion 22q11.2, etc.), aucun n’a encore démontré une efficacité clinique validée ou une applicabilité généralisée. En effet, pour qu’un biomarqueur soit cliniquement utile, il doit répondre à des critères stricts : sensibilité et spécificité élevées, reproductibilité, mesurabilité aisée et ubiquitaire, association à un mécanisme biologique précis et capacité à fournir une information quantitative. Or, la schizophrénie est une maladie hétérogène, ce qui rend difficile l’identification de marqueurs universels. Pour surmonter cette hétérogénéité, il est essentiel : de constituer des bases de données larges pour séparer les sous-groupes, d’analyser longitudinalement les données, car les réponses évoluent avec la maladie, et de multiplier les biomarqueurs pour affiner la précision diagnostique et pronostique.

De quelques avancées récentes et pistes prometteuses

Lors de son allocution, Pr Dondé Coquelet a présenté quelques avancées prometteuses dans ce domaine, notamment plusieurs études et cohortes, comme TONE-P (1 000 sujets évalués avec des questionnaires prépsychotiques tels que le PQ16 et le PCA) ont permis d’identifier l’anxiété sociale comme critère le plus discriminant pour évaluer le haut risque de psychose. Un autre marqueur d’intérêt pourrait être la réduction de l’amplitude de la négativité de discordance (mismatch negativity ou MMN), une réponse électrique du cerveau provoquée par n’importe quel changement dans un son ou motif sonore à partir du moment où la mémoire garde la trace des précédents stimuli, qui prédit un risque accru de conversion vers un premier épisode psychotique et une résistance médicamenteuse. On sait aussi que le cumul de biomarqueurs (EEG, IRM, IL-16) améliore la robustesse du pronostic de transition psychotique, tandis que des études récentes ont montré que les tests auditifs qui distinguent des sous-groupes de patients schizophrènes avec ou sans déficit auditif ont permis de constater que le premier groupe avait un pronostic plus sévère (plus de troubles cognitifs, plus d’impact fonctionnel, plus de décrochage scolaire) que les sujets sans déficit.

Malgré des avancées encourageantes dans ce domaine, et avant d’envisager une révision des recommandations, il est crucial d’accepter la réalité physiopathologique plurielle de la schizophrénie, de maintenir un regard critique sur la précision individuelle par rapport aux données groupales et de poursuivre les efforts de traduction des avancées scientifiques en pratique clinique, conclut le Pr Dondé Coquelet.

Références

Haute Autorité de Santé. Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage. Juillet 2025.

Dondé Coquelet C. Le futur de la schizophrénie : vers une psychiatrie de précision ? L’encéphale. Du 21 au 23 janvier 2026 (Paris)

Révision des recommandations HAS sur la schizophrénie : quelle place pour les biomarqueurs ?

29 juillet 2025

Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose

Dans le cadre de son programme « santé mentale et psychiatrie » 2025-2030, la HAS s’est auto-saisie afin de proposer des recommandations de bonnes pratiques sur le repérage et la prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique (PEP) ou un haut risque d’évolution vers une psychose (HRP).

Un PEP ou état à HRP concernent essentiellement l’adolescent et le jeune adulte mais peuvent survenir à tout âge. La délimitation, parfois délicate, entre ces deux entités repose, entre autres, sur la sévérité et la durée des symptômes psychotiques, les troubles du comportement associés ainsi que sur le niveau d’altération du fonctionnement (notamment dans le domaine de l’adaptation sociale, scolaire, universitaire ou professionnelle).

Lire la note de cadrage de la HAS

Haute Autorité de Santé - Repérage et prise en charge des personnes présentant un premier épisode psychotique ou un risque d’évolution vers une psychose – Note de cadrage

15 février 2025

Santé mentale et psychiatrie, thématique phare de la HAS pour 2025-2030

La Haute Autorité de santé (HAS) présente son projet stratégique pour 2025-2030. Il définit trois priorités, centrées sur les besoins et attentes des personnes, des professionnels et des pouvoirs publics et trois thématiques phares, parmi lesquelles la santé mentale et la psychiatrie.

Vieillissement de la population, inégalités sociales, disparités territoriales, soutenabilité financière, enjeux environnementaux ou encore accélération de l’innovation en santé : « les défis qui se présentent à notre système de santé sont nombreux », précise la Haute Autorité de santé (HAS) dans la présentation de son plan stratégique pour les cinq années à venir… Dans la suite du précédent (2019-2024), il complète le programme de travail défini annuellement par l’agences. Le plan définit trois priorités :

– Promouvoir l’approche intégrée du parcours de vie des personnes ;
– Défendre la qualité dans un système de santé en tension ;
– Préparer l’avenir pour consolider le modèle français.

Il identifie également trois thématiques phares sur lesquelles la HAS compte renforcer son attention : la prévention, la santé mentale et la psychiatrie, ainsi que le numérique et l’intelligence artificielle.

Santé mentale et psychiatrie

Dans ce champ, la HAS présente ainsi sa stratégie. « Le secteur de la psychiatrie est traversé par une crise de grande ampleur (postes vacants, inégalités territoriales dans la répartition de l’offre, coût économique conséquent, conditions dégradées de l’accueil en établissement…). Pourtant, les besoins de suivi et de soins en santé mentale sont de plus en plus prégnants, en particulier chez les jeunes. Consciente de ces enjeux, la HAS s’est saisie de ce sujet dès 2013, avec l’élaboration de son premier programme de travail pluriannuel dans le champ de la psychiatrie et de la santé mentale. Elle entend intensifier son engagement, en mobilisant l’ensemble de ses services et de ses commissions, pour contribuer à l’amélioration de la santé mentale de la population. Grâce à son comité santé mentale et psychiatrie et à son nouveau programme de travail 2025-2030, la HAS s’est d’ores et déjà dotée d’un levier puissant pour orienter et coordonner ses actions.

La HAS a notamment l’ambition de :
— améliorer significativement et durablement le repérage, le diagnostic et la prise en charge des troubles les plus sévères et invalidants, tels que les troubles schizophréniques et bipolaires. Ces troubles, aux conséquences multiples (espérance de vie réduite, prévalence accrue de maladies somatiques, répercussions sur la vie personnelle et sur les proches…), feront l’objet de recommandations professionnelles reposant sur la médecine fondée sur les faits (actuellement inexistantes en France). Des parcours, des indicateurs de qualité des soins et des parcours, et des outils d’aide au repérage précoce, aux soins et à l’accompagnement de prodromes psychotiques ou « psychoses émergentes » seront également élaborés ;
— améliorer la qualité des soins et des accompagnements sociaux des personnes les plus vulnérables : enfants et adolescents, personnes âgées, personnes à risque et en situation de handicap psychique, réfugiés et migrants. Ces travaux s’appuieront sur une démarche pluriprofessionnelle, au sein de laquelle la participation des personnes et de leurs proches sera centrale. Le suivi de la qualité, par des indicateurs ou dans le cadre de la certification des établissements de santé et de l’évaluation des établissements et services sociaux et médico-sociaux, devra tendre vers une logique de parcours de vie ;
— promouvoir des stratégies globales de prévention en matière de santé mentale, en favorisant le repérage précoce de comportements à risque, notamment dans le cadre de travaux sur les troubles les plus fréquents en population générale (troubles anxiodépressifs, conduites suicidaires). La coordination pluridisciplinaire des parcours des personnes doit contribuer à une déstigmatisation, à une restauration de la participation à la vie sociale et à l’amélioration des conditions de vie des personnes atteintes de pathologies psychiatriques ou de troubles psychiques. »

• Le « Projet stratégique 2025 – 2030 » est disponible en pdf sur le site de HAS. Voir aussi le communiqué de presse du 4 février 2025.

Santé mentale et psychiatrie, thématique phare de la HAS pour 2025-2030 - Santé Mentale

25 décembre 2024

Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire…

La Haute Autorité de santé fait le point sur les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la certification dans les établissements de santé recueillis en 2024. En hospitalisation temps plein en psychiatrie malgré de gros efforts réalisés pour la prise en charge somatique, les indicateurs restent en deçà des attentes et les établissements de ce secteur connaissent encore des difficultés en matière de certification.

Indicateurs de qualité et de sécurité des soins : que retenir en 2024 ?

Le recueil des indicateurs de qualité et de sécurité des soins et la certification des établissements de santé sont deux dispositifs incontournables mis en place par la Haute Autorité de santé (HAS) pour améliorer la qualité des soins. En cette fin d’année, l’agence présente sur le service en ligne Qualiscope, les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins recueillis en 2024 et précise que près de 70 % des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. « Ces résultats donnent une photographie à un moment donné du niveau de qualité des soins, dès lors que la prise en charge est engagée », souligne le Pr Lionnel Collet, président de la HAS. Ils permettent ainsi aux professionnels « de faire le point sur leurs pratiques, leurs difficultés mais aussi leurs réussites. »

En 2024, 21 indicateurs ont été mesurés par la HAS, dans quatre secteurs d’activité : la médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), dont la chirurgie ambulatoire, les soins médicaux et de réadaptation (SMR), l’hospitalisation à domicile (HAD) et la psychiatrie. Les données sont issues, selon les cas, de questionnaires patients (e-Satis), des dossiers patients, de questionnaires établissements et du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

L’hospitalisation à temps plein en psychiatrie : des indicateurs en deçà des attentes

En psychiatrie, la HAS pointe que l’espérance de vie d’un patient souffrant de pathologie psychiatrique sévère est de 20 % inférieure à celle constatée en population générale. La première cause de surmortalité est le suicide mais les accidents et les causes médicales sont également surreprésentés, tout particulièrement les maladies cardiovasculaires et respiratoires dont le taux de comorbidité est compris entre 30 et 60 %. C’est pour ces raisons que la HAS a développé des indicateurs autour de ces thématiques. Sur cette deuxième mesure, on constate que les établissements ont pu structurer leurs dossiers et que l’année 2024 a été marquée par une progression notable liées aux très gros efforts mis en place sur le terrain.
– L’évaluation cardiovasculaire et métabolique chez les patients adultes est réalisée chez 69% des patients, soit +9 points par rapport à 2021
– L’évaluation gastro-intestinale est faite chez 46 % des patients1, soit +17,5 points
– Le repérage et la proposition d’aide à l’arrêt des addictions sont effectifs chez 65% des patients (+10,6 points)

Certification des établissements : les établissements spécialisés en psychiatrie plus en difficultés

En cette fin d’année 2024, près de 70% des décisions de certification des établissements de santé ont été rendues dans le cadre du cycle en cours. 87 % des établissements affichent de bons ou très bons résultats. Les CHU et centres de lutte contre le cancer obtiennent les meilleurs résultats et sont plus nombreux à obtenir la mention « Haute qualité de soins » que les autres établissements. D’autres types d’établissements connaissent plus de difficultés. C’est le cas des établissements spécialisés en psychiatrie.

Perspectives

Dans ce contexte, des analyses complémentaires sont attendues en 2025 pour les indicateurs en hospitalisation à temps plein en psychiatrie. « Dès l’année prochaine, les deux dispositifs de la HAS continueront de se développer, avec notamment la mise en place d’un nouveau référentiel pour la certification des établissements de santé. Ces évolutions viendront par exemple fournir des résultats dans le programme Santé mentale et Psychiatrie 2025-2030 publié prochainement », conclut le Pr L. Collet.

Qualité des soins : la psychiatrie peut mieux faire... - Santé Mentale

18 décembre 2024

Troubles bipolaires : faut-il croire aux tests sanguins ?

Diagnostiquer beaucoup plus tôt les personnes bipolaires pour mieux les soigner. C’est la promesse de tests sanguins. Mais sont-ils fiables ?

« C'est l'avenir. Ça change complètement la donne. » Président de l'association Bipolarité France, Renaud Maigne exprime l'immense espoir qu'a fait naître chez les patients bipolaires – ils sont 1,6 million en France – la mise sur le marché, au printemps dernier, des premiers tests sanguins pour détecter la bipolarité. « Je suis moi-même patient bipolaire. Mes premiers symptômes ont eu lieu à 20 ans et je n'ai été diagnostiqué qu'à 36 ans. » C'est tout l'enjeu et la promesse de ces nouveaux tests : « Le trouble bipolaire commence souvent par un épisode dépressif », explique Émilie Olié, psychiatre au CHU de Montpellier. « Il faut en moyenne huit ans avant que le bon diagnostic soit correctement posé et que le traitement adapté soit prescrit. » Avec, dans l'intervalle, de longues années de souffrances pour les patients et leurs proches. Et parfois des suicides.

Diagnostiquer la bipolarité rapidement, par un simple test sanguin, serait donc une avancée sans précédent. C'est la promesse du premier test lancé en avril dernier sur le marché français, avec une opération de communication bien huilée, par la société Alcediag. Le principe : il mesure les modifications d'édition d'ARN de marqueurs spécifiques dans le sang des patients. Alcediag promet une fiabilité « supérieure à 80 % » pour son test myEdit-B, vendu en France au prix de 900 euros, et non remboursé.

Un avis négatif de la Haute Autorité de santé

Un prix « hyperexcessif pour les patients », regrette Renaud Maigne. « Alors que ce serait un outil très pertinent pour des gens de 20 ans qui sont dans le déni. » Encore faut-il que le test soit fiable. Or la Haute Autorité de santé a publié un avis négatif, en mai. La HAS a refusé d'accorder le forfait innovation – une avance sur la prise en charge – au test d'Alcediag au motif que « les données disponibles à son sujet ne permettent pas de justifier d'un service attendu suffisant ».

Elle reproche à la société de ne lui avoir présenté qu'une seule étude clinique, ainsi que le manque de données sur l'algorithme utilisé et les changements de cet algorithme. « On s'est peut-être un peu précipités », concède la dirigeante d'Alcediag, Alexandra Prieux. « Nous avions déjà le soutien de France 2030. On a choisi de faire cette demande de forfait innovation en quelques mois pour une question de timing. À ce moment-là, nous n'avions pas publié notre second article, qui l'a été quelques semaines plus tard. »

« Le problème, relève Boris Chaumette, docteur en psychiatrie et neurosciences, psychiatre au GHU Paris et chercheur à l'Inserm, c'est que l'enjeu d'un second article, c'est de répliquer. Or les auteurs ont changé les biomarqueurs entre les deux papiers. Si vous changez le test, vous changez la méthode. » « Il faut être certain que l'algorithme ne soit pas modifié », abonde Sylvain Lehmann, directeur de l'Institut des neurosciences de Montpellier, qui a validé des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer permettant la mise au point de tests sanguins.

« Le test sur le marché utilise des biomarqueurs qui ont été publiés », rétorque Alexandra Prieux. « Avec un algorithme extrêmement précis que, certes, nous n'avons pas divulgué pour des questions de propriété intellectuelle mais qui est tout à fait documenté dans nos dossiers réglementaires. »

« À ce jour, aucun test ne remplit les conditions »

Pour Sylvain Lehmann, « quand une société veut vendre directement ces tests au consommateur, ce n'est pas bon signe ». Boris Chaumette dit avoir « l'impression qu'ils ont commercialisé un peu vite leur test et qu'ils se disent “les patients vont payer la recherche et on verra bien avec les données qu'on accumulera si on arrive à les classer” ». « La recherche scientifique coûte beaucoup plus cher que cela », balaie la présidente d'Alcediag, qui défend le sérieux de ses études.

Deux autres sont en cours : l'une auprès de 418 patients, en France, en Espagne et au Danemark ; la seconde, pilotée par la psychiatre Chantal Henry, en France, pour demander un remboursement du test. Lequel est pour l'instant peu utilisé par les psychiatres. « Les patients l'ont beaucoup demandé au début, quand on en a parlé dans les médias, et puis c'est retombé », constate un praticien.

Il faut dire que l'Association française de psychiatrie biologique et de neuropsychopharmacologie (AFPBN) ne les a pas franchement encouragés : « À ce jour, aucun test ne remplit [les conditions nécessaires] pour un usage en pratique clinique », a taclé l'association dans un communiqué publié au moment de la mise sur le marché du test d'Alcediag. « Il y a des études prometteuses et séduisantes sur ces biomarqueurs, mais on est bien loin de pouvoir les appliquer au quotidien en pratique clinique », déplore Émilie Olié, présidente de l'AFPBN.

Moins d'un psychiatre sur trois prêt à les utiliser

Des études qui se comptent… par centaines. Le psychiatre montpelliérain Raoul Belzeaux et l'immunologiste niçois Nicolas Glaichenhaus en ont recensé 1 114 sur ce sujet précis, dans une étude systématique qui sera prochainement publiée, dont 61 leur ont paru suffisamment sérieuses. Mais, même dans cette short list, « très peu montraient des résultats validés dans deux cohortes indépendantes » et « aucune ne s'appuyait sur des patients non traités venant consulter leur médecin généraliste ».

Selon Raoul Belzeaux, trois sortiraient vraiment du lot : celle d'Alcediag, une autre publiée par une neuropsychiatre de l'université de Cambridge, Sabine Bahn… et la sienne, puisque Raoul Belzeaux a obtenu le prix Marcel Dassault, en 2022, avec un projet de test sanguin pour distinguer dépression et bipolarité, reposant sur le dosage des cytokines. Mais les deux chercheurs, malgré la publication d'une première étude positive, n'en sont pas encore à la phase de la commercialisation d'un test, qui se fera, si elle a lieu, par le biais d'une start-up, Psykonos.

« Sous réserve de l'obtention des autorisations, nous allons lancer une étude de validation sur une cohorte de 623 patients dans une dizaine de centres hospitaliers », détaille Raoul Belzeaux. Une étude qui s'étendra sur deux ans et qui portera « sur des patients sans traitement, ou en début de parcours de soins, ce qui n'a jamais été fait ». La commercialisation éventuelle d'un test, ce sera pour plus tard, avec un objectif de prix « entre 200 et 250 euros ».

Les deux concurrents français, Alcediag et Psykonos, se rejoignent sur un point : pas question, ni pour l'un ni pour l'autre, que leur test vienne « remplacer le diagnostic du psychiatre ». « Nous sommes un outil d'aide à la décision », souligne Alexandra Prieux. Raoul Belzeaux dit toutefois concevoir son test « dans l'esprit d'un test de dépistage ». L'attente des patients est immense. Reste à convaincre les praticiens : moins de 30 % des psychiatres interrogés en 2018 par une publication spécialisée dans la santé mentale, JMIR Mental Health, considèrent des tests biologiques de prédiction de la transition psychotique comme « acceptables, fiables, faisables et peu risqués »…

Troubles bipolaires : faut-il croire aux tests sanguins ?

16 décembre 2024

La HAS ouvre la voie au remboursement du Wegovy dans l’obésité sévère

Dans un avis publié le 4 décembre 2024, la Haute Autorité de santé se prononce en faveur du remboursement du Wegovy (sémaglutide) uniquement chez l’adulte ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 35 kg/m² en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite, en complément d'un régime hypocalorique et d'une augmentation de l'activité physique.

Le Wegovy (sémaglutide 2,4 mg) est disponible dans les pharmacies françaises depuis le 8 octobre 2024 sur prescription. Mais il n’est jusqu’à présent pas remboursé par l’Assurance-maladie dans l’obésité et son prix est donc librement fixé par le laboratoire. Les choses devraient changer puisque la Haute Autorité de santé (HAS) ouvre la voie à une prise en charge par la solidarité nationale dans un avis publié ce 4 décembre sur son site*, qui est en fait une seconde évaluation de cet analogue du glucagon-like peptide 1 (aGLP-1). Le remboursement concerne uniquement « l’adulte ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 35 kg/m² en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite (< 5 % de perte de poids à six mois), en complément d'un régime hypocalorique et d'une augmentation de l'activité physique pour la gestion du poids, incluant la perte de poids et le maintien du poids ». Le Wegovy est ainsi positionné comme un traitement de seconde intention dans l’obésité (dont le parcours de soins vient d’être revu par la HAS**) et les mesures hygiéno-diététiques et d’activité physique doivent être poursuivies et encouragées après son instauration.

La première décision de la HAS remonte à décembre 2022. Elle se prononçait déjà en faveur d’un remboursement mais elle le conditionnait, au-delà d’un IMC initial ≥ 35 kg/m², à un âge inférieur ou égal à 65 ans. Cette restriction liée à l’âge disparaît dans ce nouvel avis, qui prend en compte les nouvelles données cliniques de la phase 3 Select ayant démontré un bénéfice cardiovasculaire modeste du sémaglutide (avec notamment une réduction du risque relatif de survenue d’un des événements cardiovasculaires majeurs – décès de cause cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde non fatal et l’AVC non fatal- composant le critère 3P-MACE de 20 % par rapport au placebo).

Entre-temps, le sémaglutide a bénéficié d’une autorisation d’accès précoce entre juillet 2022 et septembre 2023, jusqu’à ce que le laboratoire Novo Nordisk en demande le retrait.

La population cible du Wegovy est estimée entre 1 et 2,1 millions de patients, selon la HAS, qui dessine un encadrement strict de l’accès à cet aGLP-1, à la suite de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il est ainsi proposé que la prescription initiale soit réservée aux professionnels et structures impliqués dans la prise en charge de l’obésité des niveaux de recours 2 et 3, à savoir : le médecin spécialiste de l’obésité (médecin nutritionniste) et exerçant en partenariat avec les autres professionnels concernés par l’obésité et les centres spécialisés de l’obésité (CSO) ou les centres hospitaliers universitaires (CHU). La Commission est favorable au statut de médicament d’exception pour cette spécialité.

*Haute Autorité de Santé - WEGOVY (sémaglutide) - Obésité

**Surpoids et obésité : la Haute Autorité de santé clarifie le parcours de soins de l'adulte | Le Quotidien du Médecin

La HAS ouvre la voie au remboursement du Wegovy dans l’obésité sévère | Le Quotidien du Médecin

Remboursement du Wegovy : la HAS entrouvre la porte

17 octobre 2024

HAS : un Comité santé mentale et psychiatrie va plancher sur 9 thématiques

La santé mentale figure au cœur des priorités de la Haute Autorité de santé (HAS), a annoncé son président, le Pr Lionnel Collet, lors d’une conférence de presse « de rentrée » . Un Comité dédié à la santé mentale et à la psychiatrie, présidé par Claire Compagnon, est lancé et va mener un programme, articulé autour de 9 thématiques : schizophrénie et troubles bipolaires, psychiatrie de l’enfant, droits des patients, accompagnement et soutien aux familles, santé mentale des personnes âgées, santé mentale et addictions ou encore troubles du neurodéveloppement…

A l’occasion d’une conférence de presse le 9 octobre, le président de la Haute Autorité de santé (HAS), Lionel Collet a rappelé l’engagement de l’agence pour la santé mentale et de la psychiatrie. Il s’est réjoui de l’annonce du Premier Ministre de faire de la santé mentale la Grande Cause nationale 2025.

Brossant un état des lieux rapide, il a rappelé que « plus de 8,5 millions de personnes en France ont été prises en charge pour une pathologie ou un traitement chronique en lien avec la santé mentale » en 2022. Ils perdent en moyenne 15 ans d’espérance de vie, du fait de la maladie elle-même, mais aussi « aux conséquences de traitements ou à des retards de diagnostics pour les maladies somatiques comme les cancers. Les troubles mentaux sont encore stigmatisés, tabous, et les personnes concernées ne bénéficient pas encore suffisamment, dans les délais, de prises en charges adéquates. » Au-delà d’un problème de santé publique majeur, cette situation critique « représente un coût important pour la société française puisqu’avec 25 milliards d’euros en 2021, les dépenses remboursées au titre de la santé mentale représentaient un des premiers postes de dépenses de l’Assurance Maladie ».

Par ailleurs, les données dont dispose la HAS dans le cadre de ses missions en matière d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins confirment les fragilités du champ de la psychiatrie, qu’ils s’agissent des résultats d’indicateurs de qualités et de sécurité des soins (IQSS) ou des résultats de certifications. En effet, l’analyse des résultats nationaux des IQSS 2023 en centres médico-psychologiques a montré des insuffisances et disparités entre les établissements, que ce soit dans le repérage et la prise en charge des addictions, ou encore dans la réalisation d’un bilan somatique. D’après les derniers résultats de certification, un peu plus d’1 établissement de santé sur 7 ayant une activité de psychiatrie ne répond pas encore aux exigences de qualité des soins définies par le référentiel. (voir aussi les tensions pointées par la HAS dans son rapport prospectif pour l’amélioration de l’accès aux soins).

Les enjeux de santé mentale englobe, à côté des actions de diagnostic et de soins, la prévention, la réadaptation et à la réinsertion sociale. Autant de domaines dans lesquels la HAS engage des missions de soutien aux professionnels du secteur social et médico-social pour un meilleur repérage des signes de souffrance psychique, un meilleur accompagnement des personnes vers l’offre de soins, et vers l’amélioration de leur insertion sociale, qui est un facteur clé de rétablissement.

Un comité dédié présidé par Claire Compagnon

Dans ce contexte, la HAS a annoncé avoir renouvelé son Comité santé mentale et psychiatrie. Présidée par Claire Compagnon, membre du Collège de la HAS et ex-Déléguée interministérielle chargée de la mise en œuvre de la Stratégie nationale autisme au sein des troubles du neuro-développement, cette instance consultative pluridisciplinaire, composée de parties-prenantes, s’est réunie pour la première fois le 2 octobre dernier. Le comité a commencé à travailler sur son programme, articulé autour de 9 thématiques : schizophrénie et troubles bipolaires, psychiatrie de l’enfant, droits des patients, accompagnement et soutien aux familles, santé mentale des personnes âgées, santé mentale et addictions ou encore troubles du neurodéveloppement.

Autre signe de l’importance que la HAS accorde à ce sujet : cette thématique trouvera une place toute particulière dans le prochain projet stratégique 2025-2030 actuellement en cours d’élaboration, a conclu Lionel Collet.

HAS : un Comité santé mentale et psychiatrie va plancher sur 9 thématiques - Santé Mentale (santementale.fr)

14 octobre 2024

"Les troubles mentaux sont encore stigmatisés" : la HAS (re)lance un programme sur la santé mentale et la psychiatrie

Lors d’une conférence de presse de rentrée, le Pr Lionel Collet, président de la Haute Autorité de santé (HAS), a annoncé le lancement d’un programme dédié à la santé mentale et à la psychiatrie, avec un focus sur l’amélioration du parcours de soins des patients souffrant de troubles mentaux.

La Haute Autorité de santé (HAS) place la santé mentale au cœur de ses priorités pour les cinq prochaines années. Lors d'une conférence de presse de rentrée organisée ce mercredi 9 octobre, le Pr Lionel Collet, président de la HAS, a réaffirmé cet engagement en soulignant l'importance du sujet, désormais grande cause nationale pour 2025.

« Les troubles mentaux sont encore stigmatisés » : la HAS (re)lance un programme sur la santé mentale et la psychiatrie | Le Quotidien du Médecin (lequotidiendumedecin.fr)

04 juin 2024

Test Edit-B : avis défavorable !!!

La Haute Autorité de santé a émis un avis défavorable à la prise en charge dérogatoire du test Edit-B*, le premier censé identifier les troubles bipolaires à l’aide de biomarqueurs sanguins.

Un test sanguin pour mieux caractériser les pathologies psychiatriques en se basant sur la médecine de précision ? C’était le pari de la société Alcediag en lançant sur le marché français début avril son test Edit-B, censé distinguer sans ambiguïté la dépression caractérisée et le trouble bipolaire. Avec un prix de vente de 900 euros, elle espérait obtenir de la Haute Autorité de santé (HAS) une prise en charge dérogatoire pour les patients âgés de 18 ans et plus, présentant un épisode dépressif majeur et traités pour cette dépression au moment du test. Mais le collège de la HAS a rendu un avis défavorable le 2 mai**

Troubles bipolaires : le test diagnostique Edit-B retoqué par les autorités | Le Quotidien du Médecin (lequotidiendumedecin.fr)

*EDIT-B, un test sanguin pour différencier la dépression des troubles bipolaires | ALCEDIAG. (alcediag-alcen.com)

**Haute Autorité de Santé - Avis n°2024.0028/AC/SEAP du 2 mai 2024 du collège de la HAS relatif à la prise en charge dérogatoire du test de diagnostic in vitro EDIT-B® en application de l’article L. 165-1-1 du CSS (has-sante.fr)

09 février 2024

Troubles psychiatriques : comment mieux prendre en charge les SDF ?

La HAS émet de nouvelles recommandations pour mieux prendre en charge les SDF atteints de troubles psychiatriques.

Beaucoup de personnes sans domicile fixe sont atteintes de troubles psychiatriques mal pris en charge. Pour remédier à ce problème, la Haute Autorité de Santé émet de nouvelles recommandations.

"Veiller à ce que les personnes en situation de grande précarité et présentant des troubles psychiques aient accès à un parcours de santé, d’insertion sociale et de vie citoyenne : c'est tout l'objet des recommandations de bonnes pratiques publiées par la Haute Autorité de santé", explique l’institution dans un communiqué de presse.

30 % des SDF sont atteints de troubles psychiatriques sévères

Les populations en situation de grande précarité augmentent continûment depuis 20 ans en France. D’après la Fondation Abbé Pierre, 330.000 personnes seraient sans domicile sur notre territoire.

Concernant la prévalence des troubles psychiques dans cette population, une étude parisienne l’estime à environ 30 % si l’on ne tient compte que des troubles psychiatriques sévères comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Selon les données internationales, cette proportion s’élèverait à plus de 75 % si on inclut d’autres troubles comme la dépression, l’anxiété ou le trouble de stress post-traumatique.

"Les personnes concernées qui cumulent les difficultés (vulnérabilités sociales et psychiques, problèmes somatiques, situations administratives complexes), rencontrent de multiples obstacles pour accéder aux soins ainsi qu'aux dispositifs sociaux. Elles sont aussi souvent stigmatisées", déplore la HAS.

"Malgré l’existence de dispositifs d’aide et les diverses initiatives mises en œuvre aux niveaux national ou local, les réponses apportées aux SDF atteints de troubles psychiatriques restent encore insuffisantes", estiment les experts en santé publique.




25 janvier 2024

Accompagner les personnes en situation de grande précarité présentant des troubles psychiques

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Mis en ligne le 18 janv. 2024

Veiller à ce que les personnes en situation de grande précarité et présentant des troubles psychiques aient accès à un parcours de santé, d’insertion sociale et de vie citoyenne : c'est tout l'objet des recommandations de bonnes pratiques publiées aujourd'hui par la Haute Autorité de santé.

- Repérer les vulnérabilités psychosociales et anticiper les difficultés

- Accès à un « chez soi » et accompagnement, conditions de la qualité des interventions

- « Aller vers » l’autre et « rester avec »

- Construire une réponse publique coordonnée à la hauteur des besoins

L’accompagnement des personnes présentant des troubles psychiques et en situation de précarité ainsi que la prévention des ruptures de vie qui conduisent à ces situations requièrent, en outre, une approche transdisciplinaire et coordonnée, privilégiant le travail en réseau, l’échange et le partage d’informations. La HAS encourage les pouvoirs publics à soutenir au niveau national et territorial, la mise en place de réponses globales et coordonnées en évaluant les besoins (sociaux et de santé) des personnes en situation de grande précarité, en prévoyant la généralisation et le financement pérenne des dispositifs coordonnés pertinents, ou encore en favorisant l’accès aux droits par la simplification administrative.

La mise en œuvre effective de l’ensemble de ces recommandations suppose également que les professionnels disposent de moyens et d’un soutien à la hauteur des besoins de terrain, dans un contexte marqué par des tensions particulières sur les métiers du travail social et du soin.

Le risque d’épuisement professionnel étant majeur face à ces situations, la HAS appelle enfin à développer les dispositifs de soutien et de formation pour les professionnels.

18 février 2023

Qualité et sécurité des soins en établissements de santé : premiers indicateurs pour la psychiatrie

Après deux années de pause dans le recueil d’indicateurs de qualité et de sécurité des soins auprès des établissements de santé en raison de la pandémie de Covid-19, la Haute Autorité de santé (HAS) publie les résultats pour l’année 2022.

Pour la première fois, des indicateurs ont été mesurés en psychiatrie (hospitalisation temps plein). Ils ciblent la prise en charge somatique des patients, essentielle mais trop souvent laissée de côté au profit de la seule prise en charge des troubles psychiatriques. Les résultats sont insuffisants dans ce secteur.

Communiqué de presse, 10 févr. 2023.
Indicateurs de qualité et de sécurité des soins en établissements de santé – Campagnes, résultats et développements des indicateurs, HAS, 10 février 2023.

12 octobre 2021

Grande précarité et troubles psychiques - Note de cadrage

Intervenir auprès des personnes en situation de grande précarité présentant des troubles psychiques

Contexte

Les acteurs (pouvoirs publics, professionnels de la psychiatrie et de la santé mentale, de la lutte contre la pauvreté, du logement…) font des constats convergents, confortés par les données disponibles :

- une aggravation des phénomènes de précarité depuis vingt ans comme le montre l’augmentation continue du nombre de personnes sans logement

- une diversification des profils des populations très précaires, en lien avec la crise migratoire en particulier

- la surreprésentation des troubles psychiques parmi les populations les plus précaires, avec des liens complexes et intriqués entre les deux phénomènes

- des difficultés majeures d’accès aux soins, aux droits et aux prestations des populations cumulant ces vulnérabilités

La Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) a saisi la HAS (Haute autorité de Santé) en 2019 pour qu’elle élabore une recommandation de bonne pratique sur l’accompagnement de ces situations.

Objectifs

L’objectif de cette recommandation est de définir des bonnes pratiques, partagées par les acteurs (professionnels de santé et sociaux, pairs aidants) intervenant auprès des publics en situation de grande précarité présentant des troubles psychiques.

L’accent sera mis sur les pratiques et coopérations permettant de repérer, orienter et proposer un accompagnement (sanitaire et social) adapté aux besoins et choix des personnes.

Cette recommandation fournira :

- des outils spécifiques ciblant les priorités d’action des professionnels de première ligne

- des « focus » sur des situations particulières

- un outil d’aide à l’orientation à destination des usagers

La recommandation concerne les publics en situation de grande précarité. Le logement (absence de logement ou risque de le perdre) apparait comme un marqueur pertinent pour qualifier ces situations.

Professionnels et acteurs concernés

Principalement, professionnels des secteurs social et médico-social, professionnels de santé (équipes de psychiatrie, médecin généraliste…) et pairs-aidants intervenant auprès des personnes en situation de grande précarité, ainsi que d’autres acteurs, tels que les bailleurs sociaux, les acteurs de l’organisation territoriale, les personnes concernées.