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02 février 2026

La stimulation cérébrale peut-elle améliorer les capacités d’anticipation altérées dans le TDAH et la schizophrénie ?

Publié le : 16 janvier 2026

Dr. Anne Giersch, directrice de recherche à l’INSERM et responsable de l’équipe ‘Psychiatrie’ dans l’Unité Strasbourg Translational Neuroscience & Psychiatry à Strasbourg. Elle s’intéresse aux troubles du sens de soi dans la schizophrénie, en lien avec des expériences de perception du temps inhabituelles et fragmentées.

Le projet du Dr. Anne Giersch, intitulé « Attention et anticipation : quelles altérations dans le TDAH et la schizophrénie et quels effets de la TMS sur le cervelet CRUS I/II ?» est financé par la Fondation à hauteur de 80 000€ dans le cadre de l’appel à projets 2025 « les mécanismes sous-tendant des approches thérapeutiques communes aux maladies du cerveau ».

Que ce soit pour attraper le bus à temps ou éviter un obstacle en marchant, notre cerveau doit constamment anticiper ce qui va se passer et rester concentré au bon moment. Cette capacité à prévoir un événement futur et préparer une action adaptée avant qu’il n’arrive correspond à l’anticipation temporelle, étroitement liée à la capacité à maintenir l’attention dans le temps. Ces fonctions sont souvent altérées dans des troubles comme la schizophrénie et le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). La stimulation magnétique transcrânienne (TMS), technique non invasive de stimulation cérébrale, représente un espoir pour ces pathologies, mais son efficacité reste encore à démontrer. Cibler le cervelet apparaît comme une piste prometteuse mais peu encore exploitée en raison d’une connaissance limitée de ses effets et mécanismes. Ce projet vise à évaluer les effets de la stimulation magnétique transcrânienne dans la schizophrénie et le TDAH, afin d’en optimiser l’efficacité et de contribuer au développement de nouvelles approches de traitement pour les patients atteints de ces troubles.

Attention et prédiction : des mécanismes de l’anticipation altérés dans la schizophrénie et le TDAH

Traiter une information sensorielle en détail prend du temps. C’est pourquoi il est nécessaire d’anticiper les informations à venir afin de rester connecté avec son environnement. L’anticipation temporelle repose sur deux mécanismes complémentaires : des processus attentionnels, qui permettent de maintenir l’information dans le temps, et des mécanismes de prédiction automatiques, qui permettent au cerveau de prédire le déroulement d’un évènement de façon rapide et implicite. Le premier mécanisme est altéré dans la schizophrénie et le TDAH. Et les travaux du Dr. Anne Giersch et son équipe ont suggéré que les mécanismes automatiques sont altérés en cas de schizophrénie. Ces altérations expliqueraient les difficultés des patients à se connecter à ce qui les entoure, jusqu’à se confondre avec leur environnement et perdre la perception de leurs limites corporelles, et leur sens de soi.

La stimulation magnétique transcrânienne, une piste thérapeutique potentielle pour le TDAH et la schizophrénie

La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) est une technique non invasive de stimulation du cerveau, qui représente un espoir pour de nombreuses pathologies psychiatriques mais qui n’a pas encore fait la preuve de son efficacité dans la schizophrénie ou le TDAH. Leur application reste limitée en raison du manque de connaissance sur leurs effets et leur mode d’action. L’objectif du projet, réalisé chez l’homme et la souris, est de réunir les éléments qui permettront d’éclairer les choix des modes de stimulation les plus efficaces pour ces deux troubles.

Cibler les processus d’anticipation altérés dans la schizophrénie et le TDAH en stimulant le cervelet

Les travaux antérieurs des chercheurs suggéraient l’implication du cervelet dans les capacités d’anticipation. En effet, leurs données indiquent que la TMS appliquée sur le cervelet permet d’améliorer les capacités de prédiction temporelle chez des volontaires sains. Le projet permettra de savoir si la TMS a ces effets bénéfiques par une amélioration de l’attention ou de mécanismes plus automatiques. En parallèle, les chercheurs distingueront les mécanismes attentionnels et automatiques dans la schizophrénie et le TDAH. Il s’agit de savoir quelles altérations peuvent être remédiées dans chacune de ces pathologies à l’aide de la TMS.

Vers des protocoles de stimulation plus efficaces pour la schizophrénie et le TDAH

L’application d’un protocole très similaire chez la souris est destinée à vérifier si d’autres protocoles de stimulation sont plus efficaces que ceux utilisés habituellement chez l’homme. Cette étape par l’animal permet d’éviter des études chez l’homme qui pourraient être pénibles pour les volontaires.

Ce projet permettra d’évaluer le potentiel thérapeutique de la stimulation magnétique transcrânienne dans la schizophrénie et le TDAH, afin d’en optimiser l’efficacité et de contribuer au développement de nouvelles approches de traitement pour ces troubles.

Equipes et partenaire

Le projet associe les équipes aux expertises complémentaires du Dr. Anne Giersch (Strasbourg), pour son expertise dans l’étude des troubles cognitifs liés aux pathologies psychiatriques, du Dr. Anne Bonnefond (Lyon) qui explore de longue date les troubles de l’attention soutenue, du Dr. Sébastien Weibel (Strasbourg), spécialiste reconnu du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et l’équipe du Dr. Philippe Isope (Strasbourg) spécialiste du rôle du cervelet dans le traitement temporel des informations.

La stimulation cérébrale peut-elle améliorer les capacités d’anticipation altérées dans le TDAH et la schizophrénie ? - Fondation pour la Recherche sur le Cerveau

24 avril 2022

TDAH : Les filles sont-elles moins diagnostiquées que les garçons ?

TDAH = trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité

Les filles pourraient être plus nombreuses qu'on ne le pense à en souffrir.

Emily Johnson-Ferguson's a souffert pendant longtemps de troubles alimentaires, qui étaient pour elle un moyen de ralentir la vitesse de fonctionnement de son esprit. Les différents médecins qui la suivaient pointaient du doigt le stress ou des problèmes familiaux. À 42 ans, elle a découvert la véritable origine du problème en étant diagnostiquée, très tardivement, comme ayant un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Ce trouble du neurodéveloppement affecte les capacités de concentration et s'accompagne parfois d'impulsivité ou d'hyperactivité. Tandis que l'image stéréotypée associée au TDAH est celle d'un jeune garçon turbulent à l'école, beaucoup de filles connaissent aussi cette condition sans forcément être diagnostiquées.

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27 juin 2021

Le TDAH favorise-t-il l’apparition de troubles psychotiques ultérieurs ?

Deux tiers des enfants ayant un Trouble du Déficit de l’Attention / Hyperactivité (TDAH) ont au moins un autre trouble neurodéveloppemental ou psychiatrique. Ces comorbidités débutent le plus souvent après l’apparition du TDAH. Celui-ci persisterait chez l’adulte avec une prévalence d’environ 3% et son association avec les troubles psychotiques ou du spectre de la schizophrénie est rapportée dans la littérature. L’Encéphale* publie une revue de la littérature visant à évaluer les liens entre le TDAH de l’enfant et les troubles psychotiques de l’adulte.

Quels mécanismes et facteurs de risque ?

Différentes études ont mis en évidence une susceptibilité génétique partagée entre les deux maladies, avec notamment des gènes codant pour des récepteurs nicotiniques et glutamatergiques. Sur le plan périnatal, un petit poids de naissance, une prématurité, les complications obstétricales ou les toxiques pris durant la grossesse favoriseraient les deux troubles. Enfin, la présence d’auto-anticorps glutamate décarboxylase (participant à la synthèse de GABA) et la dysbiose intestinale pourraient aussi jouer un rôle. Selon certains auteurs, l’ensemble favorise l’idée d’un continuum neurodéveloppemental entre les deux atteintes.

Le TDAH et les troubles schizophréniques reposeraient notamment sur des perturbations des voies dopaminergiques méso-corticales et méso-limbiques, qui sont étroitement liées. La première joue un rôle sur la cognition et les fonctions exécutives. La seconde est médiée par la dopamine et donc associée aux mécanismes de récompense et de motivation. Ce système fonctionnerait en alternant activité basale et activité tonique et les deux pathologies seraient associées à une activité tonique insuffisante corrélée à une plus forte activité phasique.

Rôle des psychostimulants et des comorbidités

Le méthylphénidate, qui est prescrit dans le TDAH, peut induire des psychoses et des manies chez les enfants TDAH. Le même traitement pourrait aggraver les symptômes psychotiques des patients schizophrènes selon une autre étude. Ces phénomènes reposeraient sur l’augmentation des concentrations en dopamine. Pour l’heure, les praticiens manquent de données pour préconiser une attitude spécifique lorsque les effets indésirables sous méthylphénidate apparaissent. Néanmoins, il est recommandé d’arrêter le traitement en cas de troubles psychotiques apparaissant chez les enfants TDAH. La décision de reprendre le traitement après résolution de l’épisode doit être décidée au cas par cas.

Les troubles d’usage de substances sont favorisés chez les sujets TDAH et constituent un facteur de risque de schizophrénie. Aussi, il est possible que la relation entre les deux pathologies passe par le biais d’une telle consommation.

Certaines études suggèrent que le TDAH apparaît comme un facteur de risque de troubles psychotiques, mais les données sont inconstantes. Certains auteurs soulignent la proximité de la symptomatologie entre TDAH et psychose atténuée, et donc la difficulté diagnostique qui peut en découler. Aussi, un TDAH tardif pourrait être confondu avec un trouble psychotique naissant. Le diagnostic différentiel peut donc nécessiter un avis pluridisciplinaire. Par ailleurs, de plus amples études seraient utiles pour définir des profils d’enfants TDAH à risque d’évolution vers la pathologie psychotique.

*Gering A, Fourneret P, Poulet E, Geoffray MM, Jurek L. [ADHD during childhood and subsequent psychotic disorder: A link?]. Encephale. 2021 May 13 [Epub ahead of print]. doi: 10.1016/j.encep.2021.01.008. PMID: 33994156

17 juin 2021

Comment savoir si son enfant est atteint d'un trouble de l'attention (et l'aider le cas échéant)

Difficultés de concentration et impossibilité de se tenir tranquille font partie des symptômes du TDAH.

Un enfant qui bouge de façon excessive, ne parvient pas à attendre son tour, se montre impulsif ou est régulièrement dans la lune est souvent étiqueté comme mal élevé. Pourtant, l'origine de ces comportements peut être tout autre: il arrive qu'ils cachent en réalité un trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Loin d'être le fruit de notre société moderne, ce trouble a été décrit scientifiquement dès la fin du XVIIIᵉ siècle. Il est caractérisé par des symptômes d'agitation motrice, une impulsivité et des difficultés à maintenir son attention sur des périodes plus ou moins longues ou répétitives.

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http://www.slate.fr/story/210737/enfant-bouge-dans-la-lune-difficultes-concentration-trouble-attention-hyperactivite-tdah