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12 mai 2026
Pollution environnementale : un facteur de risque pour la santé mentale
C’est ce que souligne un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), qui s’appuie sur une revue systématique de la littérature [1]. L’agence appelle à mieux intégrer ces données dans les politiques de santé publique.
Les données sont désormais assez convergentes et constituent une base solide en faveur de l’implication de la pollution atmosphérique dans l’apparition de pathologies mentales
Pr Franck Schurhoff
« Le nombre croissant de données établissant un lien entre la pollution et les troubles de la santé mentale souligne l’urgence d’intégrer les politiques environnementales et de santé publique », indique l’agence. « Même des réductions modestes des niveaux de pollution pourraient apporter des améliorations significatives en matière de santé mentale à l’échelle de la population. »
En 2023, les troubles mentaux représentent la sixième cause de handicap et la huitième cause de mortalité dans l’Union européenne. Depuis les années 2000, leur prévalence est en hausse constante. Si l’influence de facteurs psychosociaux liés à la vie en milieu urbain (stress, insécurité, précarité…) a longtemps focalisé l’attention des chercheurs, l’implication de la pollution est de plus en plus pointée du doigt.
Deux fois plus de maladies psychiatriques en zone urbaine
« L’effet de la pollution de l’air sur la santé mentale est étudié depuis seulement 10 à 15 ans », a souligné auprès de Medscape édition française le Pr Franck Schurhoff (Hôpital Henri-Mondor, AP-HP, Créteil). « Les données sont désormais assez convergentes et constituent une base solide en faveur de l’implication de la pollution atmosphérique dans l’apparition de pathologies mentales. »
Les particules fines (PM10 et PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2) sont parmi les polluants les mieux documentés. Selon l’AEE, les revues systématiques disponibles mettent en évidence un lien statistiquement significatif entre une exposition chronique à ces polluants et les symptômes dépressifs.
La pollution de l’air pourrait non seulement favoriser l’apparition de troubles, mais aussi en aggraver les symptômes et l’évolution.
Le lien entre environnement urbain et santé mentale a d’abord été mis en évidence à travers l’urbanicité, c’est-à-dire le fait de naître, grandir et vivre en ville, explique le psychiatre, coordonnateur d’un projet sur la question (voir encadré). Selon une revue récente à laquelle il a participé, le risque de troubles psychotiques est environ deux fois plus élevé en milieu urbain qu’en zone rurale, avec un risque relatif compris entre 2 et 2,5 dans les méta-analyses, suivant une relation dose-réponse [2].
Pour autant, « l’urbanicité n’est pas un facteur de risque en soi, mais un agrégat de facteurs sociaux et environnementaux », précisent les auteurs. Parmi ces facteurs figurent la fragmentation sociale, l’isolement et la précarité, ainsi qu’un moindre accès aux espaces verts et une exposition accrue à la pollution atmosphérique.
Concernant spécifiquement la pollution de l’air, « les études se sont intéressées à son rôle à la fois comme facteur de risque et comme facteur modificateur de la maladie psychiatrique, susceptible d’influencer son évolution chez les patients déjà atteints », souligne le psychiatre. Elle pourrait ainsi non seulement favoriser l’apparition de troubles, mais aussi en aggraver les symptômes et l’évolution.
L’exposition à la pollution de l’air extérieur pendant des périodes critiques du développement cérébral – in utero, pendant l’enfance et l’adolescence – est associée à des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau
Le moment et la durée de l'exposition sont des critères fondamentaux. De nombreuses études suggèrent un effet à long terme d’une exposition précoce, y compris in utero. « Des travaux ont montré que l’exposition à la pollution de l’air pendant la grossesse ou l’enfance augmente le risque de troubles psychiatriques 15 à 20 ans plus tard ».
L’hypothèse d’une neuro-inflammation chronique
Ces observations sont cohérentes avec les données en neurosciences, note l’AEE. « L’exposition à la pollution de l’air extérieur pendant des périodes critiques du développement cérébral – in utero, pendant l’enfance et l’adolescence – est associée à des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau. »
Plusieurs études montrent une association entre les pics de pollution et une augmentation des épisodes dépressifs ou des décompensations psychotiques.
Plusieurs mécanismes sont avancés, en particulier une réponse inflammatoire systémique. « Les polluants inhalés stimulent la production de cytokines pro-inflammatoires au niveau pulmonaire. Ces médiateurs peuvent ensuite franchir la barrière hémato-encéphalique et induire une neuro-inflammation chronique », explique le Pr Schurhoff. Cette inflammation favoriserait alors l’émergence ou l’aggravation de troubles psychiatriques.
Au-delà de ce risque à long terme, certaines données suggèrent également un effet aigu. Plusieurs études montrent une association entre les pics de pollution et une augmentation des épisodes dépressifs ou des décompensations psychotiques, notamment chez les patients atteints de schizophrénie.
Dans une étude menée sur 11 ans en région parisienne, les équipes du Pr Schurhoff ont observé une hausse des passages aux urgences pour troubles psychotiques et épisodes dépressifs lors des pics de particules fines (PM2.5 et PM10)[3]. La corrélation apparait plus marquée entre le nombre annuel de pics de PM2,5 et les passages pour troubles psychotiques.
Ces résultats restent observationnels, mais renforcent l’hypothèse d’un impact direct de la pollution atmosphérique sur la santé mentale.
Vers une évolution des politiques publiques ?
Si le lien de causalité n’est pas formellement établi, les données apparaissent convergentes. Pour l’AEE, la réduction de la pollution pourrait contribuer à améliorer le bien-être mental. « Même une augmentation modeste du risque peut avoir un impact important à l’échelle de la population, compte tenu de la forte prévalence des troubles mentaux. »
Ces éléments plaident pour une évolution des politiques publiques, estime l’agence. Jusqu’à présent, les stratégies de réduction de la pollution atmosphérique ont été principalement justifiées par leurs bénéfices respiratoires et cardiovasculaires. « Elles pourraient également avoir des bénéfices pour la santé mentale » et contribuer ainsi à « réduire la charge des troubles mentaux » à l’échelle de la population.
Au-delà de la pollution atmosphérique, l’AEE souligne également le rôle du bruit de l’environnement. Les données montrent que l’exposition chronique au bruit des transports est ainsi associée à une augmentation du risque de dépression (+3 %) et d’anxiété (+2 %).
À l’inverse, l’exposition aux espaces verts apparaît comme un facteur protecteur, associé à une réduction du stress et à une amélioration du bien-être psychique.
En France, plusieurs travaux de recherche en cours
Malgré les arguments suggérant un impact neurotoxique, les liens entre pollution atmosphérique et troubles mentaux sont encore peu étudiés en France. Pour étudier l’influence de la pollution de l’air sur les risques de schizophrénie, de troubles bipolaires et de troubles du spectre de l’autisme, le Pr Schurhoff et ses équipes prévoient la mise en place d’ une chaire d’excellence , coordonnée par la Fondation FondaMental, avec l’objectif notamment de mener des études cliniques.
Coordonnée par l’université Paris-Est Créteil, le projet PUMA vise à « examiner le lien entre l’urbanicité, la pollution de l’air et les troubles psychiatriques ». Une étude vient d’être lancée pour étudier les effets à court terme de la pollution de l’air au niveau individuel en équipant de capteurs de pollution des patients atteints d’un trouble bipolaire, de schizophrénie, de dépression résistante ou d’un trouble du spectre de l’autisme.
« Leur exposition à la pollution va être enregistrée en temps réel pendant un mois. En parallèle, ils seront invités à renseigner leur état psychologique sur une application trois fois par mois », a expliqué le Pr Schurhoff. « Il s’agit de vérifier si leur état psychologique varie en fonction de l’intensité de la pollution ».
Autre étude en projet portée par la Fondation FondaMental : l’étude rétrospective Pollupsyqui vise à déterminer s’il existe un lien entre le niveau d’exposition à la pollution atmosphérique et le risque de développer une schizophrénie, un trouble du spectre de l’autisme ou un trouble bipolaire, dans un premier temps pendant la vie entière, puis pendant les différentes périodes du neurodéveloppement.
« L’exposition des personnes ayant un trouble à différents polluants sera mesurée depuis leur naissance jusqu’à leur inclusion dans l’étude, en utilisant l’historique résidentiel de chacun, et comparée à des sujets sans trouble psychiatrique », précise le psychiatre, responsable scientifique de l’étude. « On peut ainsi estimer les niveaux d’exposition, selon le lieu de résidence, en remontant jusqu’à 30 ans en arrière ».
Références
Pollution and mental health: current scientific evidence, European Environment Agency, publication en ligne du 3 mars 2026. Source
Pignon B, Szöke A, Ku B, Melchior M, Schurhoff F, Urbanicity and psychotic disorders: Facts and hypotheses, Dialogues in Clinical Neuroscience. 2023 Dec;25(1):122-138. Source
Pignon B, Borel C, Lajnef M, Richard JR, Szöke A, Hemery F, Leboyer M, Foret G, Schürhoff F, PM2.5 and PM10 air pollution peaks are associated with emergency department visits for psychotic and mood disorders, Environmental Science and Pollution Research. 2022; ;29(59):88577-88586. Source
Pollution de l‘air : un facteur de risque pour la santé mentale
11 mai 2026
Les mauvaises idées pour prendre soin de sa santé mentale
Comment sortir de l'escalier sans fin ?
1- Penser positif, quoi qu'il arrive
-voir uniquement le bon côté des choses
-problème : ça ne fait pas disparaître mais recouvrir l'émotion difficile. Et ça peut la faire revenir plus fort en boomerang
-les émotions négatives sont des signaux, pas des ennemis
2- Éviter tout ce qui fait souffrir
-c'est utile, mais à court terme.
-problème : votre cerveau fait cette observation : "J'ai évité et je me sens soulagé"
-Il apprend que vous aviez bien raison d'avoir peur, et il la confirme
-l'évitement, c'est l'engrais de la peur
3- En parler encore et encore à ses proches
-parler, expliquer, partager, se soutenir aide
-le piège : tourner sans fin à deux en co-ruminant. On s'alimente mutuellement sans avancer
-parler de sa souffrance, ce n'est pas la même chose que travailler dessus en psychothérapie
4- Attendre de se sentir prêt avant d'agir
-"J'attends de me sentir motivé"
-problème : attendre d'être prêt, c'est attendre quelque chose qui ne viendra que si on commence
-la motivation se nourrit de l'action, et pas l'inverse. C'est en démarrant qu'on devient prêt
5- Continuer à ruminer quand on n'a pas trouvé de solution
-alors on cogite encore et encore
-problème : à un moment c'est comme un hamster qui court dans une roue : épuisant et non productif
-la qualité d'une solution ne se mesure pas en quota horaire
6- Chercher uniquement le "pourquoi" salvateur
-comprendre est important
-problème : quand cette quête devient obsédante, elle retarde tout
-je peux comprendre pourquoi je me suis blessé à vélo, mais le savoir ne dispense pas chirurgie + rééducation
-le soin c'est aussi le "comment"
7- Attendre d'une consultation d'être longue pour être efficace
-s'il faut du temps pour comprendre la situation, 1 h avec son psy peut conforter sans faire bouger grand chose
-il peut se passer quelque chose même dans une consultation de 20 min
-la précision compte, pas le chrono
8- Devoir absolument être exhaustif avec son psy
-vous préparez vos séances comme un exposé sans trame ?
-problème : le principal se noie dedans
-ce qui compte : bien définir vos problématiques et objectifs ensemble. Pas préparer une autobiographie
9- Chercher le médicament miracle qui résout tout
-un 💊 c'est ok quand un trouble bloque tout
-problème : il ne règle pas tout et ne fait pas voir la vie en rose
-son objectif : aider à apaiser et reprendre pied
-il rend possible la psychothérapie, et c'est déjà beaucoup !
10- Croire qu'aller mieux = ne plus rien ressentir de désagréable
-un tel souhait rend une guérison impossible et irréaliste
-objectif : pouvoir ressentir et traverser sans s'effondrer, et non s'anesthésier émotionellement
-la tristesse et l'anxiété sont saines et utiles !
Sortir de l'escalier sans fin, ça commence déjà par reconnaître qu'on y est.
Ça vous a parlé ? Faites largement circuler ce texte (à télécharger ici).
Docteur David MASSON
06 mai 2026
santementalevosges.fr : La plateforme créée par et pour les acteurs de la santé mentale dans les Vosges
L’Association Résidences Boussac est spécialisée dans l’hébergement et l’accompagnement personnalisé pour les adultes en situation de handicap psychique et/ou psychiatrique et les personnes âgées dépendantes dans les Vosges.
Comment l’idée de cette plateforme dédiée à la santé mentale que vous avez lancée le 15 avril dernier est-elle née ?
Nous avons décidé de créer cette plateforme en décembre 2025. Un diagnostic, effectué auprès de nos salariés et de personnes évoluant dans le secteur médico-social, est à l’origine de deux constats qui ont déclenché le besoin de créer un annuaire digital qui puisse recenser l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de la santé mentale.
Le premier constat repose sur le fait que, même si la santé mentale est désignée, pour la deuxième année consécutive, Grande Cause nationale par les pouvoirs publics, il est toujours difficile aux acteurs qu’elle concerne d’en donner une définition commune. Troubles psychiques, mal-être, dépression, autisme, maladies psychiatriques… on ne sait pas toujours de quoi nous parlons.
Le deuxième constat : les dispositifs présents dans les Vosges sont nombreux, mais les acronymes qui les désignent sont tellement complexes que même nos salariés rencontrent des difficultés pour les identifier. Pour trouver des solutions aux problématiques liées à la santé mentale dans les Vosges, il est nécessaire de décloisonner les parcours de soins et de vie ; donc de pouvoir identifier les acteurs et les ressources dans les Vosges.
C’est de cette nécessité de favoriser la rencontre, la mutualisation et la coordination entre les secteurs médico-social, sanitaire, social et associatif, qu’est né ce projet. Il y a beaucoup d’inertie dans notre secteur, et nous avons eu envie de faire bouger les choses en prenant l’initiative de créer une cartographie associée à une marque facilement identifiable, accessible et gratuite… Nous y sommes parvenus en fédérant 26 acteurs du territoire autour du projet… et en quatre mois seulement.
Le site santementalevosges.fr est accessible depuis le 15 avril. À qui s’adresse-t-il et que va-t-il permettre ?
Il propose des ressources (existantes par ailleurs, mais diffuses) aux professionnels, institutions et associations de pairs aidants qui interviennent dans le champ de la santé mentale et les instances de coordination. Cette interconnaissance doit permettre de limiter les inégalités sociales dues à la disparité des solutions proposées sur le territoire, ainsi que les ruptures de parcours encore fréquentes dues à la méconnaissance des relais possibles, notamment dans les situations complexes.
Qu’est ce qui en a déterminé la forme ?
Aujourd’hui, chaque institution ou organisme possède son propre annuaire, mais aucune plateforme ne rassemblait ces informations de manière efficace dans les Vosges. La cartographie digitale nous est apparue être la meilleure stratégie pour recenser les acteurs présents sur le territoire. Grâce à la géolocalisation et au moteur de recherche par thématique (logement, emploi, vie sociale, etc.) on peut rapidement identifier l’offre de services proposée dans les Vosges (établissement médico-social, Centre Médico-Psychologique (CMP), lieux de vie sociale adapté, médecins psychiatres et notamment les 13 psychologues conventionnés dans les Vosges, etc.) et accéder à la fiche de l’établissement, médecin ou dispositif identifié. Le site permet ensuite d’exporter cette fiche ainsi que les résultats d’une recherche.
Outre la cartographie et le moteur de recherche, quels types d’informations peut-on trouver ?
Nous avons intégré un « Répertoire des sigles », essentiel pour identifier les dispositifs et les organismes ; il sera complété par un descriptif de leurs missions dans un second temps de développement. L’onglet « Ressources » renvoie vers les numéros utiles, les formations accessibles, les sites et ressources proposés dans les Vosges pour s’informer sur la santé mentale, mais aussi trouver une formation, s’inspirer du partage d’expérience. Enfin, l’onglet « Actualités » permet à tous de s’informer sur les événements proposés dans les Vosges par les acteurs de la santé mentale.
Comment est-t-il voué à évoluer ?
Un comité de suivi – qui réunit six institutions : l’Unafam, Handi-Vosges, Adavie, Association de Belval, Dispositif d’Appui à la Coordination (DAC) et les Résidences Boussac (propriétaire de la plateforme) – a la charge de faire vivre la plateforme, de valider les demandes de référencement, d’analyser les statistiques de fréquentation et d’opérer des mises à jour régulières.
Aujourd’hui le site est opérationnel et accessible. Son contenu va progressivement s’enrichir et nous sommes actuellement en réflexion pour élargir son utilisation aux usagers dans un second temps.
Nous invitons tous les acteurs engagés en faveur de la santé mentale à s’inscrire et à s’en emparer pour interagir, mutualiser les ressources et faciliter la prise en charge dans les Vosges.
LA SANTÉ MENTALE QU’EST-CE QUE C’EST ?
Selon l’OMS, la santé mentale est un « état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ». Elle fait partie de notre santé globale au même titre que la santé physique.
Tout mal-être n’est pas un trouble psychiatrique, de même que tout trouble psychiatrique n’est pas un simple mal-être. Santé mentale et troubles psychiques s’inscrivent dans un même continuum et peuvent ainsi coexister. Par exemple, on peut vivre avec un trouble mental et présenter un bon niveau de santé mentale ou vivre sans trouble mental et présenter une santé mentale qui nuit à sa vie quotidienne. Cela explique pourquoi la psychiatrie est un sous ensemble de la santé mentale.
Pour autant, il importe de les dissocier et de ne pas minimiser ou banaliser des pathologies qui nécessitent des soins et une prise en charge spécialisés.
Rappelons que la santé mentale désigne un état de bien-être et la capacité à ressentir, penser et agir de manière à améliorer notre vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Tandis que les troubles mentaux concernent des altérations de la pensée, de l’humeur et/ou du comportement associées à un état de détresse et à un dysfonctionnement marqués.
3 questions à PHILIPPE ROLIN – Bénévole à l’UNAFAM (Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ ou handicapées psychiques)
En tant que bénévole de l’UNAFAM, comment avez-vous accueilli cette plateforme ?
Avec enthousiasme. Beaucoup de projets de cartographie n’ont pas abouti, du fait de la complexité que cela représente. L’idée de créer cette plateforme est venue d’Emmanuel Muller, le Directeur Général des Résidences Boussac. Il souhaitait mettre en place un outil capable de regrouper tous les acteurs du secteur médical et médico- social en lien avec la santé mentale dans le département des Vosges.
Pour l’UNAFAM, qui intervient auprès des pairs-aidants, à quoi répond-t-il ?
Il existe, dans les Vosges, comme dans certains départements, un manque de personnel de santé, notamment dans le secteur de la psychiatrie. Face à cette réalité, il y a deux possibilités : s’en effrayer, mais à ce titre on n’avance pas ; ou rechercher des alternatives.
À l’UNAFAM, c’est en écoutant les remarques des personnes et des familles que nous accueillons, que nous avons pris conscience du manque de coordination entre les acteurs. Or, si dans les Vosges, nous disposons d’une vraie richesse en termes de dispositifs, les personnes qui les animent ne se connaissent pas suffisamment pour interagir.
Cette plateforme vient justement répondre au besoin exprimé par les acteurs du secteur et au fait que les familles et personnes en souffrance ont parfois du mal à s’orienter dans ces différents dispositifs. C’est essentiel, car cette méconnaissance pouvait provoquer des ruptures de soins ou des prises en charge non adaptées, alors qu’une solution pouvait être proposée par une association située à proximité. Savoir où ces acteurs sont situés et sur quelles thématiques ils interviennent est d’autant plus important dans le cadre des maladies psychiques, que les prises en charge peuvent être spécifiques selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme, de son âge et de savoir si un diagnostic a été établi.
Qu’est-ce qui, selon vous, va garantir l’utilisation de cet outil digital ?
Le risque, lorsque l’on met en place ce type de plateforme, c’est qu’elle ne soit pas mise à jour régulièrement. Or ce qui est intéressant, dans le fonctionnement de santementalevosges.fr, c’est la mise en place du Comité de suivi et d’une équipe d’administrateurs en charge de la validation des informations transmises par les établissements inscrits et de leur mise à jour. Son succès viendra aussi du fait que cet outil – protéiforme mais simple d’accès – permet, en croisant plusieurs critères et thématiques (logement, travail, vie sociale et affective, etc.) d’obtenir rapidement des réponses pertinentes aux questionnements et aux problématiques rencontrées par ses utilisateurs.
L’UNAFAM va l’utiliser pour aider les familles que ses bénévoles rencontrent. Il doit devenir un outil permanent au service des professionnels et des personnes en souffrance.
“ TRAVAILLER ENSEMBLE ”
Le 31 mars 2026, à l’initiative de Résidences Boussac, l’Association de Belval, de l’UNAFAM et d’Habitat & Humanisme, une journée d’étude dédiée au thème « Santé mentale – Travailler ensemble » a réuni plus de 150 professionnels exerçant dans ce secteur.
Cet appel à se rencontrer a suscité un véritable engouement qui témoigne de la nécessité partagée par tous les acteurs du secteur médico-social, sanitaire et social des Vosges, ainsi que par le monde associatif : trouver des solutions pour collaborer plus efficacement en mutualisant les moyens disponibles afin d’améliorer la prise en charge et le parcours de soins et de vie en santé mentale.
La présentation de la cartographie interactive santementalevosges.fr a été un moment fort de cette journée dont l’objectif visait à installer une dynamique de réseau. Ainsi, pour la première fois, une dizaine d’organisations vosgiennes ont eu l’occasion de travailler ensemble lors de quatre ateliers thématiques : les piliers de l’autonomie, le soin, le logement, l’accès au travail et la vie intime.
Mise en ligne le 15 avril dernier, cette cartographie des acteurs de la santé mentale dans les Vosges, permet en quelques clics de rechercher et d’obtenir des informations sur un établissement médico- social, un accompagnement vers le travail adapté, un centre médico- psychologique (CMP), un lieu de vie sociale adapté, un professionnel de santé, par exemple.
C’est aussi un centre de ressources en santé mentale à disposition des professionnels et des aidants pour faciliter la coordination et les orientations dans le cadre de situations complexes, favoriser l’interconnaissance et contribuer à l’animation du territoire par les acteurs locaux.
santementalevosges.fr
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05 mai 2026
Santé mentale : la psychiatre Jasmina Mallet combat les idées reçues en bande dessinée
Être bipolaire, c’est quoi ? Et vivre avec une schizophrénie c’est comment ? Plutôt qu’un long traité scientifique bien aride, la psychiatre Jasmina Mallet, professeure à l’université d’Orléans et au CHU, a décidé d’expliquer la maladie mentale en BD. Une approche originale, pour toucher tous les publics et tordre le cou aux préjugés et aux idées reçues sur la santé mentale.
« J’avais envie de donner des clés pour comprendre, pour éviter la stigmatisation sur ces sujets qui peuvent toucher tout le monde », explique la praticienne, qui a longtemps exercé à l’Assistance publique à Paris, avant de venir à Orléans pour participer à l’aventure de la création de la faculté de médecine.
Le projet s’est concrétisé à la suite d’une table ronde lors des rencontres de La Seine en Folie, en 2024. Elle y croise ceux qui vont coécrire ce livre avec elle, Benoît Broyart, auteur et scénariste, et le dessinateur Laurent Richard. En 120 pages, la BD, intitulée « Le monde est psy » et publiée aux éditions Hygée, explore la grande galaxie de la psychiatrie de manière à la fois simple et sensible, en croisant expérience, science, histoire et témoignages de patients.
Parmi eux, David, qui vit avec une schizophrénie et est devenu « pair-aidant », trait d’union entre les patients et les soignants, ou André Robillard, un artiste de 94 ans qui vit depuis des années à l’hôpital psychiatrique Daumezon à Fleury-les-Aubrais (Loiret). Sorti à l’automne dernier pour coller avec l’actualité du moment - l’année de la santé mentale, grande cause nationale 2025, reconduite en 2026 -, le livre, qui a bénéficié du soutien financier du programme France 2030, commence à faire son chemin dans les librairies et auprès du public : dédicaces au salon du livre à Paris, conférences, etc.
« On n’a pas eu une grande exposition médiatique mais, finalement, cela a plutôt bien marché pour une BD. On a fait un premier tirage à 2 000 exemplaires et on est maintenant en réimpression. Notre éditeur nous soutient », se réjouit la psychiatre qui imagine faire peut-être un jour un deuxième tome. Pour tous ceux qui ont envie d’en apprendre davantage et de rencontrer les auteurs, la Librairie Nouvelle, à Orléans, consacrera un après-midi au sujet, le 6 juin prochain, et mettra en avant de nombreux ouvrages autour de la santé mentale.
Santé mentale : la psychiatre Jasmina Mallet combat les idées reçues en bande dessinée - Le Parisien
31 mars 2026
Santé mentale : la grande cause à l’oeuvre
La première année de Grande cause nationale a permis une meilleure visibilité du sujet auprès du grand public, ainsi que l’émergence d’un collectif d’acteurs du champ de la santé mentale qui porte une vision transversale de la santé mentale, touchant toutes les sphères de la société au-delà du sanitaire : école, travail, universités… Enjeu majeur de société, la santé mentale pâtit encore au début de cette deuxième année de Grande cause nationale d’un manque de moyens et de mobilisation des pouvoirs publics...
Santé mentale : la grande cause à l’œuvre - La Grande Conversation
28 mars 2026
Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison
S’il est bien établi que les troubles psychiatriques sont surreprésentés dans les prisons françaises, aucune recherche n’avait jusqu’à présent suivi l’évolution de la santé mentale en milieu carcéral.
C’est à cette lacune que répond l’étude « Épidémiologie psychiatrique longitudinale en prison » (EPSYLON) menée entre 2022 et 2025 dans près d’une dizaine de maisons d’arrêt. Voici ses conclusions.
Une vulnérabilité majeure dès l’entrée en détention
Ce projet national s’est appuyé sur une enquête sociologique et une étude épidémiologique menée en trois temps de mesure, auprès de 1 000 personnes détenues au sein de sept établissements pénitentiaires répartis sur quatre directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP). Pour ce volet quantitatif, toutes les personnes entrantes dans les établissements qui ont fait l’objet de l’enquête ont été successivement incluses (entre janvier et juillet 2024 pour les hommes, et entre janvier et septembre 2024 pour les femmes). Elles ont ensuite bénéficié de trois entretiens d’évaluation de leur santé mentale avec des enquêtrices indépendantes (à l’entrée en prison, à trois mois et à neuf mois).
Le premier résultat marquant de l’enquête réside dans les multiples marqueurs de vulnérabilité identifiés dès l’entrée en prison. À l’arrivée en détention, plus des deux tiers des répondants présentent un trouble psychiatrique ou addictologique, actuel ou passé. Plus d’un répondant sur dix a déjà été hospitalisé en psychiatrie et la quasi-totalité des personnes interrogées a été exposée à des évènements potentiellement traumatiques.
Cette vulnérabilité s’accompagne de niveaux élevés de précarité sociale : une personne sur deux vivait hors logement personnel avant l’incarcération et 30 % des répondants étaient au chômage. À cela s’ajoutent des parcours judiciaires précoces, 27 % des personnes ayant connu au moins une mesure pénale durant leur minorité.
Une apparente stabilité qui cache une réalité contrastée
Dans l’ensemble, notre étude met en évidence une relative stabilité de la prévalence des troubles psychiatriques en maison d’arrêt au cours du temps : à chacun des temps de mesure – à l’entrée, à trois mois et à neuf mois – environ 40 % des personnes évaluées présentent un trouble psychiatrique ou addictologique actuel.
Seules les prévalences du risque suicidaire et des addictions diminuent au cours des trois premiers mois de détention. Ces risques restent cependant particulièrement élevés, y compris après les premiers mois de détention, tout comme les niveaux des troubles psychiques.
Ce phénomène semble traduire les difficultés spécifiques de l’entrée en prison. Il souligne combien cette période constitue un moment clé du parcours carcéral, appelant une vigilance accrue en matière de prévention du suicide et de prise en charge du sevrage.
Ce constat est largement étayé par le volet qualitatif de notre enquête, qui montre que l’entrée en détention est vécue comme une expérience profondément déstabilisante, tant du fait des ruptures qu’elle génère dans les parcours biographiques des personnes détenues que des conditions d’incarcération au sein du quartier nouveaux arrivants, systématiquement décrites comme particulièrement éprouvantes.
Par ailleurs, l’apparente stabilité de la fréquence des troubles au cours de la détention masque en réalité des trajectoires individuelles extrêmement variées, marquées par des améliorations ou des dégradations de la santé mentale.
Ces résultats peuvent être interprétés à la lumière de facteurs propres à l’environnement carcéral. Le sentiment d’isolement évoqué par un tiers des répondants est par exemple associé à une détérioration de la santé mentale. Il en est de même pour l’expérience de violences en détention, rapportée par un participant sur cinq.
Notre enquête met également en évidence l’insuffisance de l’accès au travail, à une formation ou à des activités, alors même qu’il s’agit d’un déterminant de la santé mentale bien identifié en milieu pénitentiaire.
Quelles pistes d’amélioration ?
Alors que le ministère de la Justice a annoncé en début d’année vouloir mettre en place des établissements pénitentiaires consacrés à l’accueil des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques, notre enquête montre à quel point l’environnement carcéral peut être délétère pour la santé mentale.
Nos résultats permettent d’envisager plusieurs axes d’amélioration, respectueux des grands principes éthiques du soin en prison. Il apparaît indispensable d’accompagner l’entrée en prison, d’améliorer les conditions de détention et d’optimiser l’accès aux soins en milieu pénitentiaire afin de garantir une qualité de soins équivalente à celle offerte en population générale.
Pour autant, ces mesures, seules, ont toutes les chances de s’avérer insuffisantes dans un contexte où les prisons françaises font face à une surpopulation carcérale inédite. Au-delà des soins en prison, il importe donc de repenser l’amont en luttant contre les inégalités sociales de santé afin d’améliorer le dépistage et la prise en charge des troubles psychiatriques, mais aussi faciliter l’orientation des personnes souffrant de troubles sévères vers des dispositifs sanitaires.
Cet article a été co-rédigé par Kevin D'Ovidio, épidémiologiste statisticien, Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France (F2RSM Psy).
Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison
27 mars 2026
Un de vos proches présente un problème de santé mentale ? Aidez-nous à comprendre votre expérience.
Les proches de personnes présentant des troubles psychiatriques sont une de leurs principales sources de soutien face à la maladie. Ce soutien est d’autant plus important dans les moments de crise et notamment, lors de l’hospitalisation. Pourtant, peu de travaux se sont intéressés à l’impact de cette prise en charge sur les proches.
L’objectif de l’étude PSY-AID est donc d’explorer le vécu des proches de patients présentant un trouble psychiatrique et notamment, d’investiguer l’impact de l’hospitalisation sur leur ajustement psychologique. Plus précisément, il s’agit :
- d’explorer les facteurs impliqués dans l’adaptation psychologique des proches de patients : âge/genre ; statut du proche (frère, mère, ami(e)…) ; type et ancienneté du trouble psychiatrique ; niveau d’autonomie du patient ;
- de déterminer la charge liée à l’hospitalisation dans le vécu des proches ;
- d’explorer le rôle des modalités d’hospitalisation dans l’adaptation psychologique des proches : hospitalisation libre ou sous contrainte ; à temps complet ou temps partiel ; durée de l’hospitalisation ; motif de l’hospitalisation…
Cette étude comparative sera menée auprès d’un minimum de 600 proches de patients, âgés de 18 à 70 ans, dont un membre de leur entourage (âgé d’au moins 14 ans) a fait l’objet d’un suivi par un professionnel de santé mentale ou d’une hospitalisation pour motif psychiatrique au cours des trois dernières années. Les participants rempliront de façon anonyme un questionnaire en ligne et seront invités à contacter les organisateurs de la recherche pour participer à un entretien visant à partager leur expérience.
Les résultats permettront de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les proches de personnes présentant des problèmes de santé mentale mais aussi leurs ressources et les processus psychologiques impliqués dans leur adaptation à la maladie. À terme, il s’agit de proposer des pistes aux professionnels de la santé et du médico-social pour mieux accompagner les proches de patients.
Les inclusions se dérouleront jusqu’en décembre 2026 et les premiers résultats seront publiés à partir de septembre 2027.
Informations détaillées sur l’étude : https://lpps.u-paris.fr/participer-aux-recherches-et-activites/appel-a-participation/
Un de vos proches présente un problème de santé mentale ? Aidez-nous à comprendre votre expérience - Santé Mentale
19 mars 2026
Les Héros de Notre Temps 2026 : savoir agir face aux troubles mentaux avec PSSM
L'ambiance est à la fois studieuse et décontractée dans la salle de cours du Greta (formation pour adultes) de Saint-Germain-en-Laye (78) en cette mi-décembre. La douzaine d'étudiants de 30 à 62 ans, réunis en groupe de 3 ou 4, alternent mises en situation et apports plus théoriques, animés par Corinne Geoffroy. Cette formatrice professionnelle, qui travaille aussi sur le burn-out ou la gestion du stress, est agréée PSSM (Premiers secours en santé mentale) et conduit ces adultes vers une attestation de secouriste en santé mentale.
La méthode est très reconnue à l'échelle internationale; elle a vu le jour en Australie en 2000 et a été d'abord popularisée dans les pays anglo-saxons. L'association PSSM France, fondée en 2018, est garante dans notre pays de cette formation adaptée au contexte français. Elle donne aux individus "les connaissances, les compétences et la confiance nécessaires pour soutenir un ami, un membre de la famille ou un collègue confronté à un problème de santé mentale ou à une crise". Elle est délivrée partout en France par près de 2000 formateurs eux-mêmes expressément formés; 250.000 personnes l'ont déjà suivie.
Des formations sur deux jours
"Il s'agit d'un projet citoyen, indique Muriel Vidalenc, présidente de l'association. Comment, sans se substituer à un professionnel, être capable d'Approcher, d'Ecouter, de Réconforter, d'Encourager à consulter et de Renseigner sur les ressources disponibles". Les initiales de ces cinq démarches forment l'acronyme AERER et structurent les formations délivrées sur 2 jours.
"Nous avons des signaux inquiétants concernant les jeunes. Nous avons développé des modules spécifiques sur les ados et nous envisageons de compléter les modules standard avec une approche consacrée aux seniors" , précise la présidente qui se réjouit de voir prolongée cette année la Grande Cause nationale santé mentale. Anxiété chronique, dépression, pensées suicidaires, phobies…: de fait, 30% des Français ont dans leur entourage une personne qui souffre d'un trouble de santé mentale, selon Santé Publique France.
Pour les salariés, le montant des sessions peut être pris en charge par leur entreprise et sans doute à l’avenir via le compte personnel de formation.
Le fonds solidaire PSSM France peut endosser la facture, sur dossier et sous conditions de ressources, ou pour des bénévoles associatifs.
Comment aider ?
PSSM France est soutenue par des fondations et entreprises mais ne fait pas appel à la générosité du public. L'association, qui compte 23 salariés, a agréé à ce jour 1800 formateurs. Vous voulez être le prochain? La formation de deux jours coûte 250€. Des aides au financement sont possibles.
Aider ou participer. S'inscrire ou s'informer https://www.pssmfrance.fr/
17 mars 2026
[Rapport] : Dix mesures d'urgence pour le repérage et l’intervention précoce en santé mentale
Dr Rachel Bocher, Psychiatre des Hôpitaux, Cheffe de pôle au CHU Nantes,
Pr Marie-Odile Krebs, Psychiatre d’adulte, Cheffe du pôle PEPIT au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Responsable d’équipe à l’IPNP Inserm UMR1266 - Université Paris Cité, Coordinatrice du réseau Transition et du RHU PsyCARE
Mme Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale pour l’Alliance de la Santé Mentale
dans le cadre de la mission sur le repérage et l’intervention précoce en santé mentale, initiée à la demande de Mr Yannick Neuder, Ministre de la Santé et de l’accès aux soins.
La mission s’est déroulée de novembre 2025 à février 2026. Dans ce cadre, ont été auditionnées plus de 100 personnes que nous remercions pour leur temps et leur implication (listées en annexe)
Nous remercions également Mmes Laetitia Vrignaud, Lydie Mathevet et Léa De Macedo pour leur aide précieuse dans la conduite et la synthèse des auditions.
Nous remercions enfin Paris Santé campus et son directeur Antoine Tesnière pour leur accueil au sein de leurs locaux.
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/2026-02-25-rapport-mission-intervention-precoce.pdf
07 mars 2026
Tempête mentale : une série de podcasts pour comprendre les troubles psychiques
- la bipolarité,
- l’anxiété,
- les troubles du comportement alimentaire,
- la schizophrénie.
Chaque épisode met en scène un huis clos intérieur : une personne anonyme dialogue avec « la voix » de son trouble, interprétée par Camille Lellouche.
Grâce à ce dispositif sensible et unique, le podcast montre comment le trouble s’impose, se cache, influence, bouscule ou tente de contrôler le quotidien.
Les épisodes, courts et accessibles, sont inspirés de témoignages réels et validés par un professionnel de santé.
Ecouter la série complète
25 février 2026
[Guide] : Communiquer en santé mentale
Mickaël Worms-Ehrminger, Ed. Presses de l’EHESP, coll. Terrains Santé Social, publié janvier 2026
Entre 2021 et 2024, l’acceptation du handicap psychique est passée de 36 % à 28 %, malgré une présence accrue de la santé mentale dans l’espace public. Érigée en Grande Cause nationale 2025, elle mobilise de nombreux acteurs, sans toutefois produire une dynamique claire et cohérente. Comme dans d’autres champs de mobilisation, la communication en santé mentale reproduit des écueils connus : narration catastrophiste, manque de perspectives positives et dilution des responsabilités. Ces biais, évitables, freinent les progrès individuels, sociétaux et systémiques.
21 février 2026
L’Occitanie s’engage collectivement pour réduire les pratiques d’isolement et de contention
A. Salis (Ferrepsy), I. Garcia (CH Béziers), B. Le Floch Meunier (SRA Occitanie), M. Bordes (Ferrpsy),
J. J Morfoisse (SRA Occitanie), F. Olivier (Ferrepsy), R. Haoui (CH Béziers/Ferrepsy).
Les pratiques d’isolement et de contention constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour la psychiatrie, à la croisée des impératifs cliniques et du respect des droits des patients, dans une recherche d’équilibre au cœur d’une réflexion éthique sur les soins. La loi du 22 janvier 2022 (1) a profondément modifié le cadre juridique de ces mesures, en renforçant leur encadrement et le contrôle judiciaire, tout en réaffirmant leur caractère de dernier recours.
La réduction du recours à l’isolement et à la contention constitue un axe majeur de réflexion et de recherche pour la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (Ferrepsy) depuis sa création. À ce titre, la Ferrepsy a conduit plusieurs travaux, dont la première étude multicentrique menée auprès des établissements autorisés de l’ex Midi-Pyrénées (2), une étude qualitative portant sur le vécu des patients (3), ainsi qu’une étude multicentrique en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, dont les résultats font actuellement l’objet d’un article en cours de rédaction.
C’est dans ce contexte que l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a confié à la Ferrepsy, à la Structure Régionale d’Appui à la qualité et à la sécurité des soins (SRA) Occitanie une mission régionale inédite. Elle vise à coordonner et à accompagner des établissements autorisés à réaliser des soins sans consentement, afin de réduire durablement le recours à l’isolement et à la contention sur l’ensemble du territoire occitan.
La démarche régionale s’articule autour de quatre grandes étapes : la création d’une dynamique collective regroupant les établissements et les professionnels de terrain, la réalisation d’une enquête régionale pour objectiver et analyser les pratiques, le recueil d’indicateurs partagés et le déploiement progressif d’une Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) régionale, destinée à structurer l’amélioration continue. Cette organisation permet de combiner animation territoriale, partage de savoir-faire, échanges inter-établissements et évaluation formalisée des pratiques, en cohérence avec les recommandations nationales et les objectifs de moindre recours à l’isolement et à la contention.
Une mission régionale structurante et fédératrice
Conduite depuis octobre 2022, cette mission a pour ambition d’animer et de structurer une communauté régionale de référents et de binômes soignants impliqués dans la mise en place des stratégies de moindre recours « isolement/contention » au sein des établissements.
Vingt-et-un établissements, couvrant l’ensemble de la région Occitanie, ont été mobilisés, avec la participation d’environnement 150 professionnels tout au long du projet, en tenant compte du turn-over des équipes.
Découvrez la Journée Régionale d’échange moindre recours isolement et contention, Ferrepsy Occitanie, en vidéo.
1 – Article 17 – LOI n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, Légifrance, en ligne: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000045062872
2 – J.L. Senon, R. Carré, S. Porteau, A. Clénet, V. Dujardin, R. Haoui, Contention en psychiatrie : de nouvelles approches pour mieux la comprendre – Epidémiologie de la contention : première étude en France sur 13 établissements psychiatriques (Ferrepsy-Occitanie), French Journal of Psychiatry, https://doi.org/10.1016/S2590-2415(19)30012-1.
3 – Carré, R., Moncany, A.-H., Schmitt, L. et Haoui, R. (2017). Contention physique en psychiatrie : étude qualitative du vécu des patients. L’information psychiatrique, 93(5), 393-397. https://doi.org/10.1684/ipe.2017.1644
(…) Un article à télécharger gratuitement en pdf
L'Occitanie s'engage collectivement pour réduire les pratiques d'isolement et de contention - Santé Mentale
20 février 2026
Rencontre avec Charles Nécol, président de la Coordination régionale Santé mentale France Grand Est
Son action témoigne d’un attachement constant à l’ancrage territorial et d’une volonté de décloisonner les pratiques, en articulant le local et le national. Il défend avec conviction une santé mentale fondée sur les droits, la citoyenneté, le pouvoir d’agir et la participation des personnes concernées, considérant leur parole comme un levier essentiel pour orienter les démarches et transformer durablement les pratiques.
Lire l’interview complète
18 février 2026
Démission du Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie : le Collectif Santé mentale Grande Cause nationale demande des garanties claires sur la future gouvernance
● Un pilotage national fort et durable : une autorité clairement identifiée, dotée de moyens et d’une légitimité suffisante pour garantir la construction, la mise en œuvre, la cohérence et la continuité de la stratégie nationale de santé mentale.
● Une coordination interministérielle : une mobilisation structurée de l'ensemble des ministères qui intègre effectivement la santé mentale dans l’ensemble des politiques publiques (éducation, travail, logement, justice, jeunesse, solidarités, budget, etc.)
● Une gouvernance nationale concertée et participative : un pilotage associant durablement partenaires, professionnels et personnes concernées, dans une logique de transparence et de co-construction.
● Une déclinaison territoriale structurée : la mise en place et le renforcement de gouvernances régionales et infra-régionales clairement identifiées, capables d’assurer ces mêmes exigences de transversalité, de participation et de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé mentale. Cette gouvernance devra être pleinement ancrée dans une approche de santé publique. Le collectif sera particulièrement vigilant à ce qu'elle ne soit pas subordonnée à d’autres logiques, notamment sécuritaires. Le Collectif Grande Cause appelle désormais le Gouvernement à transformer rapidement ses annonces en décisions concrètes et à garantir un pilotage à la hauteur du renouvellement de la Grande Cause Nationale et des enjeux d’amélioration durable de la santé mentale des populations.
Démission du Délégué ministériel à la santé mentale : réaction du Collectif Grande Cause nationale - Santé mentale France
14 février 2026
Psychik : le podcast consacré à la santé mentale
Laurent Karila : Psychik | France TV
11 février 2026
[BD] : Le monde est psy ! Voyage en santé mentale
RÉSUMÉ
Entre conversation intime et enquête documentaire, ce roman graphique dessiné par Laurent Richard déjoue les idées reçues sur la psychiatrie. À travers un échange vivant entre Jasmina Mallet, psychiatre spécialiste des neurosciences, et Benoît Broyart, écrivain passionné par les liens entre maladie mentale et création artistique, découvrez une approche à la fois humaine des troubles bipolaires, schizophrénie, autisme : ce livre lève le voile sur ces réalités qui concernent près d'un Français sur cinq. Un parcours initiatique qui mêle histoire de la psychiatrie, témoignages, anecdotes personnelles et réflexions sur notre rapport à la santé mentale.
Une bande dessinée à la fois informative et profondément emphatique, qui invite le lecteur à déstigmatiser la maladie mentale et à regarder différemment la souffrance psychique.
09 février 2026
[Guide] : Full santé mentale
Dans un monde ultra-connecté où règne le culte de la performance, comment aborder le rapport à soi, à son corps, aux autres, au travail et au monde ?
RÉSUMÉ
Ce livre explore sans tabou les sujets de société qui questionnent la santé mentale des jeunes générations, et pas que : identité, diet culture, relations affectives, FOMO (fear of missing out), fête, solitude, burn-out, éco-anxiété… Quels impacts ont-ils sur notre santé mentale ? Comment parvenir à trouver le bon équilibre ?
Ce guide rempli de références culturelles vous donne des clés de lecture pour comprendre ce qui se passe dans nos têtes ainsi que dans la société. Il vous apprend à détecter les signaux d’alerte et à demander de l’aide sans culpabiliser ! Loin des positions moralisatrices sur la santé mentale, vous y retrouverez :
- Des thématiques sociétales résolument dans l’ère du temps
- Un point de vue décomplexé pour changer nos représentations
- Des conseils et des ressources pour aller mieux
- Des interviews d’expert·es reconnu·es
Avec la contribution du Dr Antoine Pelissolo, psychiatre
https://www.vuibert.fr/livre/9782311151497-full-sante-mentale
28 janvier 2026
[Podcast] : "Santé mentale" : de quoi parle-t-on ?
Une série de podcasts réalisés par Laetitia FORGEOT d'ARC dans le cadre de la Maison de la Santé Mentale de l'Eurométropole de Strasbourg.
Récits croisés : Six personnes ont osé se jeter à l'eau pour témoigner et nous faire comprendre !
Parler de la santé mentale sans tabou, c'est possible grâce aux témoignages de Evelyne, Margot, Bénane, Dalila, Eric et Joséphine ! Ils parlent sans fard de leurs combats, des souffrances et des mots qui blessent, de leur espérance aussi.
Le courage des Gueules cachées au service de la déstigmatisation.
Accès direct au premier épisode :
https://smartlink.ausha.co/gueules-cachees-1/recits-croises-episode-1
Tout les épisodes sont accessibles sur les serveurs Deezer, Spotify ou Apple Podcasts.
Sinon, retrouvez-les tous sur le site Gueules cachées.
Avec le soutien de l'UNAFAM, groupe du Bas-Rhin.
27 janvier 2026
Le jeu de rôle, un outil de soin ?
Les équipes soignantes mobilisent de plus en plus le jeu de rôle dans leurs pratiques. Cet outil met en travail les capacités relationnelles, les angoisses du lien, les difficultés de la rencontre et de l’ajustement avec l’autre, autant de problématiques au cœur des troubles psychiques. Quelles différences avec le psychodrame ? Rétablissement, psychoéducation, entraînement des habiletés sociales, formation… Comment le jeu de rôle permet-il d’expérimenter une autre place, de "progresser" ou d’engager des changements profonds ?
23 janvier 2026
Loi sur les centres experts en santé mentale : le Sénat valide, d’autres fustigent
Le 16 décembre, le Sénat a adopté la proposition de loi déposée par le sénateur médecin Alain Milon, sur l’intégration des centres experts en santé mentale dans le code de santé publique. Ce vote favorable intervient malgré l’opposition de nombreux psychiatres et psychologues pour lesquels l’efficacité de tels centres est contestée.
Dans l’exposé des motifs de cette proposition de loi polémique, Alain Milon (Les Républicains) rappelle que la psychiatrie française est organisée en secteurs "d’environ 70 000 personnes", "offrant un panier de soins intra et extra hospitalier" pour une prise en charge de proximité.
« Cependant, l'accès tardif aux soins ne garantit ni une prévention satisfaisante, ni une prise en charge spécialisée par pathologie, ni une prise en charge des comorbidités somatiques conduisant à une mortalité prématurée pour les patients concernés », relève Alain Milon.