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27 avril 2026

Comprendre les troubles psychiatriques : le parcours de recherche de Wafa Ghoul entre Paris et Toronto

À l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (IPNP), un lieu où des chercheuses et chercheurs travaillent ensemble sur le fonctionnement du cerveau, Wafa Ghoul fait partie de ces jeunes chercheuses qui cherchent à éclairer l’origine des troubles psychiatriques à travers l’étude de l’ADN. Elle contribue ainsi à mieux reconnaître ces maladies, encore stigmatisées dans la société. 

Grâce à un appel à projets entre l’Université Paris Cité (UPCité) et l’Université de Toronto (U of T), elle a pu développer ses recherches à l’international. Une expérience qu’elle raconte et qui l’a marquée, autant sur le plan professionnel que personnel.

Explorer les troubles psychiatriques à travers l’ADN

Doctorante à l’Université Paris Cité, Wafa entame son parcours dans le monde de la psychiatrie lors de son stage de master à l’IPNP en 2023.

« J’étais intéressée par la génétique humaine, mais la psychiatrie m’a attirée parce que c’est un domaine en pleine évolution avec encore beaucoup de choses à découvrir. »

Animée par une forte envie d’apprendre, elle choisit de poursuivre une thèse au sein de l’IPNP. Son travail consiste à étudier l’ADN de patientes et patients atteints de troubles psychiatriques, en particulier la catatonie, pour mieux décrypter ce qui se passe dans leur corps.

« La catatonie est un trouble qui affecte les mouvements et le comportement, c’est une maladie psychomotrice et une maladie rare. Les patients peuvent avoir des difficultés d’interaction: soit ne plus bouger du tout, soit au contraire être dans un état d’agitation complète. Elle peut se développer chez des personnes atteintes de schizophrénie ou de troubles bipolaires. »

Au cœur de ses recherches sur les troubles du mouvement et du comportement, Wafa explore différentes “couches” de l’ADN.

« L’idée, c’est d’analyser l’ADN présent dans le noyau des cellules, mais aussi l’ADN mitochondrial et le profil épigénétique pour essayer de comprendre quel est l’impact de l’environnement sur ces patients. »

En pratique, elle travaille à la fois sur l’ADN principal des cellules et l’ADN mitochondrial, présent dans les mitochondries ; ces structures qui produisent l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules, notamment celles du cerveau. Elle s’intéresse également au profil épigénétique, qui permet de comprendre comment l’environnement peut influencer l’activité des gènes. Ainsi, des facteurs comme le stress ou le mode de vie peuvent jouer un rôle dans le développement des troubles et expliquer pourquoi certaines personnes sont plus touchées que d’autres.

Au-delà de l’analyse des données génétiques, les recherches de Wafa portent aussi des enjeux de société et de santé publique. Elles participent à faire évoluer le regard porté sur les maladies psychiatriques, en contribuant à améliorer la prise en charge des patientes et patients, à affiner les diagnostics et, à terme, à développer des traitements plus ciblés et personnalisés.

« Que ce soit dans les médias ou dans la culture populaire, les personnes atteintes de troubles psychiatriques sont souvent vues comme “folles”, simplement parce qu’on ne connaissait pas les mécanismes biologiques ou génétiques derrière ces maladies. En réalité, il s’agit de pathologies comme les autres, comme le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Elles doivent être prises au sérieux, et les patients méritent la même attention médicale que les autres. »

Un premier pas à l’international

Les travaux de Wafa vont prendre une autre dimension en 2024. Son directeur de thèse Boris Chaumette, enseignant-chercheur en psychiatrie, l’encourage à continuer son analyse de l’ADN mitochondrial et à rejoindre un projet de collaboration internationale. Intitulé « Mitochondrial Gene Risk in Psychiatric Disorders: A Transatlantic Educational and Research Collaboration », ce programme est soutenu par UPCité et l’Université de Toronto via un appel à projets pour favoriser la recherche internationale, particulièrement pour les jeunes chercheuses et chercheurs. L’équipe du Pr. Ana Andreazza de l’Université de Toronto est accueillie à UPCité en mars 2025. Quelques mois plus tard, en octobre, Wafa s’envole à son tour pour Toronto. Une première expérience en Amérique du Nord, où elle découvre une autre manière de faire de la recherche.

« C’est une grande équipe vraiment spécialisée dans les liens entre mitochondrie et troubles bipolaires, qui travaille aussi au niveau biologique et qui fait de l’expérimentation, ce que nous ne faisons pas au laboratoire. Nous, on est plutôt dans l’analyse informatique du séquençage de l’ADN. […] Le fait de partager mes données, d’apprendre à communiquer avec des personnes plus expérimentées, et de présenter mes résultats, c’était très constructif. Je suis revenue avec beaucoup plus d’idées. »

Les premiers résultats de ce projet franco-canadien apportent déjà des éléments encourageants.

« On a montré que les personnes qui souffrent de psychose présentent plus de variations dans l’ADN que celles à risque qui n’ont pas développé la maladie. On est encore au début, mais l’objectif est de comprendre quels mécanismes biologiques sont impliqués. »

Les chercheuses et chercheurs ne savent pas encore exactement pourquoi des variations apparaissent : elles peuvent être héritées ou se développer au cours de l’évolution des cellules. Si les causes restent encore incertaines, ces travaux ouvrent des pistes prometteuses pour mieux cerner l’apparition de certains troubles.

Comprendre les troubles psychiatriques : le parcours de recherche de Wafa Ghoul entre Paris et Toronto | Université Paris Cité

23 avril 2026

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?

Dans une nouvelle étude publiée dans Nature Neuroscience*, des chercheurs ont mieux compris le rôle d’une mutation génétique dans la schizophrénie.

Cette mutation du gène grin2a perturbe la capacité de la personne à adapter son interprétation du monde face à de nouvelles informations.

Mais en agissant sur cette mutation du gène grin2a, les scientifiques ont réussi à inverser son effet et à restaurer un comportement normal chez la Souris.

*Reduced mediodorsal thalamus activity underlies aberrant belief dynamics in a genetic mouse model of schizophrenia | Nature Neuroscience

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?

20 mars 2026

Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie

Des travaux récents explorent comment certaines signatures génétiques du placenta, influencées par l’environnement prénatal comme l’exposition au THC, pourraient moduler la vulnérabilité psychiatrique ultérieure. Ces données interrogent la prévention dès la grossesse et ouvrent la voie à un repérage biologique précoce des trajectoires à risque.

La schizophrénie apparaît souvent à l’adolescence, après des années de développement cérébral silencieux. Les chercheurs cherchent désormais ses origines bien avant les premiers symptômes. Des travaux récents déplacent le regard vers la période prénatale.Ils interrogent le rôle du placenta, organe clé des échanges entrela mère et le fœtus.

Une équipe de la Western University et du Children’sHospital of Eastern Ontario a publié dans Biology of Reproduction* desrésultats sur l’exposition prénatale au THC. Ces travaux examinentcomment certaines signatures génétiques placentaires pourraientsignaler un risque accru de schizophrénie. Cette piste reliefacteurs environnementaux, expression des gènes et vulnérabilitépsychiatrique future, dès la naissance.

*Identifying established human placental markers of schizophrenia in rodents after gestational ∆9-tetrahydrocannabinol exposure† | Biology of Reproduction | Oxford Academic

Le placenta, nouveau marqueur potentiel du risque de schizophrénie - Science et vie

03 décembre 2025

Troubles mentaux : et si c’était à cause des modifications d'un seul gène ?

Pour la première fois, il a été démontré que les mutations du gène GRIN2A pouvaient provoquer le développer d’une maladie mentale, comme la schizophrénie.

Schizophrénie, dépression, anxiété… Jusqu’à présent, les preuves montraient que ces troubles mentaux résultaient de l'interaction de nombreux facteurs, notamment génétiques. Mais dans une récente étude, parue dans la revue Molecular Psychiatry* des scientifiques l'Institut de génétique humaine du Centre hospitalier universitaire de Leipzig (Allemagne) ont révélé le rôle joué par un seul gène dans le développement de ces maladies.

Dans le cadre de leurs travaux, ils sont partis d’un constat : "il a été récemment identifié que des variants rares du gène GRIN2A, codant pour la sous-unité GluN2A du récepteur N-méthyl-D-aspartate (NMDAR), confèrent un risque important de schizophrénie." Afin de déterminer la prévalence des troubles mentaux chez les personnes présentant des troubles liés à GRIN2A, qui joue un rôle central dans la régulation de l'excitabilité électrique des cellules nerveuses, l’équipe a analysé les données de 121 adultes porteurs d'une altération du gène GRIN2A. Ensuite, ils ont recherché la présence de symptômes psychiatriques chez ces patients.

*GRIN2A null variants confer a high risk for early-onset schizophrenia and other mental disorders and potentially enable precision therapy | Molecular Psychiatry

Troubles mentaux : et si c’était à cause des modifications d'un seul gène ?

29 août 2025

DÉPRESSION : Existe-t-il des marqueurs génétiques du risque et de la réponse au traitement ?

Des marqueurs génétiques de la dépression constituent de bons indicateurs des tendances au moins des réponses aux traitements psychiatriques, confirme cette revue exhaustive des données de dizaines d'études sur les scores polygéniques et leurs implications cliniques pour les principaux troubles mentaux. Des conclusions présentées dans la revue Genomic Psychiatry*, qui devraient permettre à terme, avec la contribution de l'apprentissage automatique, une prise en charge psychiatrique mieux personnalisée.

Car si ces marqueurs génétiques ou scores polygéniques des résultats des traitements des principaux troubles psychiatriques présentent un potentiel prédictif modeste, ils reflètent bien des tendances thérapeutiques cohérentes, souligne l’un des auteurs principaux, le professeur Alessandro Serretti, de l'Université Kore d'Enna (Italie).

.../...

28 juillet 2025

Découverte d’un gène impliqué dans l’anxiété et la mémoire

Une étude dans laquelle ont participé des chercheurs du CEA-Jacob a démontré, grâce à des expériences menées sur la souris, qu'un gène appelé DCLK3 joue un rôle dans la modulation de l'anxiété et la mémoire. Ce travail publié dans la revue Brain* ouvre de nouvelles perspectives dans la compréhension de certaines pathologies psychiatriques auxquelles étaient associées jusqu'alors de nombreuses mutations de gènes, dont DLCK3, sans qu'un rôle précis puisse pour autant leur être attribué.

Les causes des maladies mentales comme la dépression, l'anxiété, les TOC ou la schizophrénie restent encore mal connues. Ces pathologies seraient liées à un terrain génétique qui renforcerait la sensibilité d'un individu à différents facteurs environnementaux et à son histoire personnelle. Des modifications subtiles de certains gènes ont été identifiées chez les patients. Ces gènes ne sont pas directement responsables des troubles, mais agiraient plutôt comme des « facteurs de risque ».

Des chercheurs de MIRCen (CEA-Jacob) se sont intéressés au gène codant pour la protéine DCLK3 (Doublecortin-like kinase 3) qui avait été précédemment étudiée dans le cadre de la maladie de Huntington. Pour mieux comprendre la fonction neurobiologique, ils ont créé un modèle de souris chez qui l'expression de ce gène peut être inactivée à différents moments du développement et dans différentes régions du cerveau.

​Un gène lié au stress et à la mémoire

Quand DCLK3 est désactivé dès la naissance chez les souris mâles, celles-ci deviennent plus anxieuses dans des situations nouvelles et légèrement stressantes (comme devoir nager de quelques dizaines de centimètres ou se déplacer en hauteur). Cependant, cette anxiété disparaît après plusieurs expositions répétées à ces situations. Par l'analyse du cerveau de souris mâles par une méthode non-invasive, la spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (MRS) à très haut champs, les chercheurs ont pu observer que ces comportements sont liés à des changements de métabolisme cérébral similaires à ceux observés chez les patients souffrant d'anxiété chronique.

De manière intéressante, l'inactivation soudaine de DCLK3 chez les souris à l'âge adulte, spécifiquement dans l'hippocampe, induit des troubles de la mémoire. Elles apprennent normalement à se repérer dans leur environnement, mais oublient rapidement après quelques jours sans entraînement. Cette observation est associée à des changements majeurs dans l'expression des gènes de l'hippocampe, notamment une diminution de l'expression de gènes liés à la plasticité synaptique.

L'étude démontre donc l'implication déterminante du gène DCLK3 dans l'adaptation du cerveau à de nouvelles situations stressantes, ainsi que dans les processus liés à la mémoire. Elle renforce aussi l'hypothèse d'un rôle clé de ce gène dans certaines pathologies neurodégénératives et certains troubles psychiatriques.

*​Loss of the neuronal kinase DCLK3 leads to anxiety-like behaviour and memory deficits - Sorbonne Université

Fabrique de savoirs - Découverte d’un gène impliqué dans l’anxiété et la mémoire

08 juin 2025

Comment un gène de l'immunité conditionne une forme de schizophrénie

Les liens entre l'immunité et l'émergence de la schizophrénie se vérifie au niveau génétique et l'étude de cette relation amène à mieux comprendre ses causes et améliorer les pistes thérapeutiques.

Les liens entre la génétique du système immunitaire et des altérations neuronales dans la schizophrénie sont connu mais leur cause restent mal identifiées. Pour comprendre l'origine de cette relation, une équipe Inserm dirigée par le neurobiologiste Corentin Le Magueresse à l’Institut du Fer à Moulin ont montré le rôle du complément C4.

Le gène C4, dont la surexpression s’observe chez une catégorie de patients schizophrènes, est un acteur de l’immunité, dont la mutation prédispose à cette maladie. En étudiant ce lien sur des modèles murins au stade embryonnaire, en augmentant artificiellement le niveau de C4, ils ont observé une réduction des connexions neuronales ainsi que des altérations des circuits nerveux, correspondant à la perte de synapses observée dans le cortex de patients. Ces travaux amènent à ouvrir de nouvelles cibles thérapeutiques.

Comment un gène de l'immunité conditionne une forme de schizophrénie. | France Culture

22 février 2025

Troubles psychiatriques : pourquoi coexistent-ils si souvent ?

Les troubles psychiatriques partagent souvent des bases génétiques communes. Des chercheurs ont identifié 136 variations du génome associées à huit troubles majeurs, ouvrant de nouvelles pistes pour les traiter en simultané.

Il arrive fréquemment que des troubles psychiatriques distincts présentent des symptômes communs, ce qui rend leur diagnostic particulièrement complexe. Par exemple, pourquoi la dépression et l’anxiété, ou encore l’autisme et le TDAH (trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) coexistent-ils si souvent ? D’après une nouvelle étude publiée dans la revue Cell*, la réponse à cette question, ou du moins une partie, résiderait dans notre patrimoine génétique.

Des "points chauds" génétiques liés aux troubles psychiatriques

Les chercheurs de l’Université de Caroline du Nord (Etats-Unis) se sont appuyés sur une étude de 2019 qui avait identifié 136 "points chauds" (hot spots) dans le génome associés à huit troubles psychiatriques majeurs, comme la schizophrénie, la dépression ou encore le trouble obsessionnel compulsif (TOC). Parmi eux, 109 étaient partagés par plusieurs troubles : un phénomène appelé pléiotropie, où une variation génétique influe sur plusieurs conditions. Mais la façon dont ces variations affectent spécifiquement un trouble ou plusieurs restait jusqu’ici floue.

La nouvelle étude apporte un éclairage inédit en explorant les conséquences fonctionnelles de ces variations génétiques. Grâce à une technologie de pointe, les chercheurs ont étudié l’impact de quelque 17.000 variations génétiques issues des 136 points chauds, en les insérant dans des cellules neuronales humaines. Ils ont ainsi identifié 683 variations ayant un effet mesurable sur la régulation des gènes, un processus crucial qui détermine la production des protéines nécessaires au fonctionnement du cerveau.

Mieux traiter les multi-troubles psychiatriques

Ces variations ont été divisées en deux catégories : les variants pléiotropiques (communs à plusieurs troubles) et les variants spécifiques à un seul trouble. Les premiers se sont révélés plus actifs et sensibles aux changements que les seconds. Ce qui suggère que les variations pléiotropiques jouent, par rapport aux autres, un rôle prolongé dans le développement du cerveau, contribuant ainsi potentiellement à divers troubles.

Les gènes touchés par ces variants pléiotropiques sont étroitement connectés à d’autres protéines, ce qui signifie que toute perturbation peut provoquer des effets en cascade dans le cerveau. "Si nous parvenons à comprendre la base génétique de la pléiotropie, cela pourrait permettre de développer des traitements inédits ciblant ces facteurs génétiques partagés", estiment les auteurs de l’étude dans un communiqué**. Plutôt que de cibler un trouble isolé, il serait possible de développer des thérapies basées sur ces variations communes, offrant une solution pour plusieurs troubles simultanément.

*Massively parallel reporter assay investigates shared genetic variants of eight psychiatric disorders: Cell

**Eight psychiatric disorders share the same genetic causes, study says

Troubles psychiatriques : pourquoi coexistent-ils si souvent ?

30 décembre 2024

Santé mentale : les liens génétiques et cliniques cachés entre certains troubles psychiatriques

En s’appuyant sur le UK Biobank, l’une des plus grandes bases de données biomédicales au monde, une étude s’intéresse aux similitudes entre différents troubles psychiatriques, sur le plan génétique et symptomatique. Ce type de recherches pourrait, à terme, aider à traiter simultanément plusieurs troubles.


Le sprinter olympique Noah Lyles, récemment désigné « l’homme le plus rapide du monde » aux Jeux olympiques de Paris, a partagé publiquement le fait qu’il luttait contre l’anxiété et la dépression, en plus des nombreux obstacles qu’il a dû surmonter pour décrocher son titre.

Ceux qui souffrent de plusieurs maladies psychiatriques

Si ses capacités de coureur d’élite sont extrêmement rares, sa « comorbidité », c’est-à-dire la présence simultanée de plusieurs maladies, est beaucoup plus fréquente. Ainsi, comme Noah Lyles, les personnes souffrant de dépression sont plus susceptibles de souffrir d’autres troubles psychiatriques tels que l’anxiété.

Effectivement, plus de la moitié des personnes souffrant d’un trouble mental répondent également aux critères de diagnostic d’un autre trouble. Certains troubles présentent également de nombreux symptômes similaires, comme la dépression et le trouble de stress post-traumatique, qui ont tous les deux des manifestations dépressives.

Depuis quelques années, la recherche en psychiatrie se concentre de plus en plus sur les co-occurrences fréquentes entre les troubles psychiatriques, et cherche à mieux comprendre les causes de cette comorbidité. En s’attaquant à ce problème, les professionnels de santé pourraient potentiellement traiter simultanément plusieurs symptômes et troubles psychiatriques, améliorant ainsi l’efficacité des soins et le bien-être des patients. 

.../...

Lire la suite (très intéressant !) :


https://theconversation.com/sante-mentale-les-liens-genetiques-et-cliniques-caches-entre-certains-troubles-psychiatriques-245104

18 juin 2024

PsychENCODE : un travail "sans précédent" qui décortique l'ADN cérébral des maladies mentales

Dans la galaxie que constituent les variations génétiques de nos différents types de cellules cérébrales, certains alignements de planètes favorisent la survenue ou le développement de troubles et maladies mentales. Schizophrénie, bipolarité... pour mieux les traiter, le consortium d'experts PsychENCODE déchiffre ce puzzle d'une rare complexité en décortiquant plus de 1000 cerveaux humains post-mortem.

Schizophrénie, autisme, bipolarité, dépression, les troubles ou maladies affectant la santé mentale ont tous une part d'héritabilité génétique, variant de 5% à plus de 50%. Quant à savoir quelles séquences ADN sont concernées, nous sommes encore loin de le pouvoir tant la question est complexe.

C'est à cet immense défi que s'attaque depuis 2015 le Consortium PsychENCODE composé d'experts en génétique et neurosciences du monde entier à partir de l'étude à l'échelle cellulaire de plus de 1000 cerveaux humains sains ou malades post-mortem.

PsychENCODE, projet "sans précédent" qui décortique l'ADN cérébral des maladies mentales - Sciences et Avenir

08 février 2024

[Livre] Schizophrénie : existe-t’-il un ADN de la folie ?

Boris Chaumette, Editions HumenSciences - paru le 24 janvier 2024

À travers l’exemple de la schizophrénie, l’auteur dévoile comment notre ADN, par ses multiples variations, peut être à l’origine des troubles mentaux. Les tests génétiques, accessibles en consultation, ouvrent la voie à une meilleure considération des patients et de leurs proches, à la prévention et à l’amélioration des soins, voire à une meilleure information pour l’entourage. Ces nouvelles méthodes diagnostiques et thérapeutiques laissent entrevoir un avenir porteur d’espoir.

Boris Chaumette est maître de conférences à l’université Paris Cité, psychiatre au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences (hôpital Sainte-Anne), chercheur à l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris (laboratoire INSERM U1266), et professeur adjoint à l’université McGill à Montréal.

11 septembre 2023

[Recherche] : Développement de la schizophrénie, une conséquence de la dérégulation mitochondriale ?

Des chercheurs de l’Université Rutgers et Emory apprennent à mieux comprendre comment la schizophrénie se développe en étudiant le facteur de risque génétique le plus connu. Lorsqu’une petite partie du chromosome 3 est manquante – ce qu’on appelle le syndrome de délétion 3q29 – le risque de schizophrénie est multiplié par 40 environ.

Les chercheurs ont maintenant analysé les modèles superposés d’activité génique altérée dans deux modèles de syndrome de délétion 3q29, y compris des souris où la délétion a été conçue à l’aide du CRIPSR, et des organoïdes du cerveau humain, ou des cultures de tissus tridimensionnels utilisées pour étudier la maladie. Ces deux systèmes présentant tous deux une fonction mitochondriale altérée. Ce dysfonctionnement peut provoquer des déficits énergétiques dans le cerveau et entraîner des symptômes et troubles psychiatriques.

“Nos données soutiennent fortement l’hypothèse selon laquelle la dérégulation mitochondriale contribue au développement de la schizophrénie”, a déclaré Jennifer Mulle, professeure agrégée de psychiatrie, de neurosciences et de biologie cellulaire à la faculté de médecine Rutgers Robert Wood Johnson et co-auteure principale de l’étude publiée dans Science Advances*. Selon lui “L’interaction entre la dynamique mitochondriale et la maturation neuronale est un domaine important et doit être étudié davantage pour plus de compréhension sur le phénomène.”

Mulle, membre du Center for Advanced Biotechnology and Medicine de Rutgers, et ses collègues ont montré pour la première fois que la délétion 3q29 était un facteur de risque de schizophrénie en 2010. Les résultats convergent avec les travaux sur un autre facteur de risque génétique de la schizophrénie, le syndrome de délétion 22q11 (ou syndrome de DiGeorge), qui s’est également avéré impliquer une fonction mitochondriale perturbée.

“Pour les variantes génétiques associées à la schizophrénie, nous voulons comprendre la pathologie primaire au niveau cellulaire“, a déclaré Ryan Purcell, professeur adjoint de biologie cellulaire à la faculté de médecine de l’Université Emory et co-auteur principal de l’étude. “Cela nous donne un point d’appui qui pourrait aider à réduire la complexité polygénique de la schizophrénie et à mieux comprendre la neurobiologie.”

Environ une personne sur 30 000 naît avec le syndrome de délétion 3q29. En plus d’augmenter le risque de schizophrénie, la délétion 3q29 peut inclure une déficience intellectuelle, des troubles du spectre autistique et des malformations cardiaques congénitales. L’effet de la délétion 3q29 sur le risque de schizophrénie est supérieur à celui de n’importe quelle variante génétique connue, mais les contributions des gènes individuels à la délétion sont encore en cours d’élucidation.

09 juillet 2023

La schizophrénie est associée à des mutations somatiques survenant in utero

En tant que trouble psychiatrique apparaissant à l’âge adulte, on pense que la schizophrénie est déclenchée par une combinaison de facteurs environnementaux et génétiques, bien que la cause exacte ne soit pas encore entièrement comprise.

 Dans une étude publiée dans la revue Génomique cellulaire le 6 juillet, les chercheurs ont découvert une corrélation entre la schizophrénie et les variantes somatiques du nombre de copies, un type de mutation qui se produit tôt dans le développement mais après que le matériel génétique a été hérité. 

Cette étude est l’une des premières à décrire rigoureusement la relation entre les mutations génétiques somatiques – non héréditaires – et le risque de schizophrénie.


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26 juin 2023

Paternités tardives : quels sont les risques ?

Certaines études établissent un lien entre une paternité tardive et le risque, pour l'enfant, de développer des troubles du spectre de l'autisme. « La communauté scientifique n'est pas unanime à ce sujet. Il faut également prendre en compte l'environnement familial dans la survenue de ces troubles », précise Luc Multigner.

Une revue de la littérature publiée en 2015 rapporte que « l'augmentation de l'âge paternel serait plus fréquemment associée à une augmentation de l'incidence de différents types de troubles comme l'autisme, la schizophrénie, les troubles bipolaires et la leucémie infantile dans la progéniture ».

Dernièrement, le 17 mai 2023, une étude de cohorte* a été menée auprès de 18 millions de naissances. Elle révèle que les hommes de plus de 44 ans étaient plus susceptibles d'avoir des bébés avec des anomalies congénitales. « L'âge paternel avancé augmente le risque d'anomalies congénitales, en particulier d'anomalies chromosomiques chez leur progéniture, impliquant la nécessité d'un conseil génétique prénatal », souligne l'étude. Mais Luc Multigner nuance : « Même si le risque augmente, il y a quand même plus de chances d'avoir un enfant en bonne santé que touché par une maladie génétique. »

*Xinghe Bu , Wenjing Ye , Jianguo Zhou, Eur J. Pediatr, 2023, May 17

06 septembre 2022

Mieux déceler les troubles psychotiques chez l’enfant par un test génétique ?

Selon une étude, les soignants pourraient mieux identifier les troubles psychotiques chez un enfant grâce à des analyses ADN.


Les enfants ont souvent une imagination débordante, et dans certains cas, ce comportement peut être associé à des troubles psychotiques précoces. Or ces symptômes pourraient avoir une cause génétique, selon une étude publiée dans l’American Journal of Psychiatry*. Pour mieux les repérer, des chercheurs préconisent une analyse par puces à ADN chromosomique.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont examiné 137 enfants atteints de psychose précoce ou de symptômes psychotiques avant l’âge de 18 ans. Parmi eux, plus de 70% avaient commencé à souffrir de psychose avant l'âge de 13 ans. Et 28 % correspondaient aux critères de la schizophrénie, avec des symptômes persistants.


Tous ont subi des tests chromosomiques qui ont révélé, pour 40% d'entre eux, des variantes du nombre de copies de gènes, c'est-à-dire des suppressions ou des duplications de morceaux de leur ADN. Une variabilité qui est habituellement associée à des troubles psychiatriques et neurodéveloppementaux. Ce qui fait dire aux chercheurs que les psychoses chez l'enfant pourraient être décelées plus rapidement.


"Nos résultats plaident en faveur d'un test de puce à ADN chromosomique chez tout enfant ou adolescent diagnostiqué avec une psychose", déclare dans un communiqué* Catherine Brownstein, qui a codirigé l'étude à l'Université de Montréal. "Les tests permettraient aux familles de mieux comprendre le comportement de leur enfant, et pourraient aider à faire avancer la recherche."

"Plus la psychose est décelée sur le tard, plus il est difficile de la traiter plus tard", rappelle David Glahn, co-auteur de la recherche. "Si nous pouvons le traiter plus tôt et de manière appropriée, l'enfant s'en sortira probablement mieux au cours de sa vie."




*Similar Rates of Deleterious Copy Number Variants in Early-Onset Psychosis and Autism Spectrum Disorder | American Journal of Psychiatry (psychiatryonline.org)

Mieux déceler les troubles psychotiques chez l’enfant par un test génétique? (pourquoidocteur.fr) 

25 août 2022

Gènes de susceptibilité dans la schizophrénie

Dans un éditorial pour le British Journal of Psychiatry, le professeur (britannique) de psychiatrie David Curtis rappelle qu’on a désormais identifié « des gènes dans lesquels des variants rares et nocifs augmentent considérablement le risque de développer une schizophrénie » et que ces découvertes pourraient « influencer notre perception générale de la maladie mentale », en apportant en particulier "des informations sur l’étiologie de la schizophrénie", sans négliger la possibilité (proche ou lointaine ?) qu’une compréhension accrue des mécanismes biologiques sous-jacents puisse « éventuellement conduire à de meilleurs traitements. »

Des variantes génétiques à risque


Ainsi, les résultats de l’étude collaborative SCHEMA[1] (concernant les données de séquence d’exome[2] chez 24 248 personnes atteintes de schizophrénie et 97 322 sujets-témoins) « impliquent clairement dix gènes conférant un risque substantiel dans l’étiologie de la schizophrénie. »

L’auteur précise que pour chacun de ces gènes, « des variantes génétiques rares se trouvent plus fréquemment » chez les personnes atteintes de schizophrénie que chez les sujets-témoins. Pour certains gènes, on estime que ces variantes génétiques « augmentent le risque de développer cette maladie d’un facteur dix ou davantage. »

Alors que les chercheurs se sont intéressés à des « variantes extrêmement rares », présumées à l’origine d’une « perte complète de la fonction d’un gène ou d’un produit protéique gravement endommagé », ils ont découvert que pour les dix gènes en question, il existe « un excès de telles variantes statistiquement significatif » chez les personnes avec schizophrénie, « même après correction pour tester des milliers de gènes. »


So what ?

Le Pr Curtis note que l’implication de variants « dans plusieurs gènes différents » susceptibles de « causer séparément la schizophrénie » n’implique pas forcément l’existence de « différents sous-types de schizophrénie », dans la mesure où il est courant, en génétique, « de reconnaître qu’un syndrome particulier peut résulter de variants dans différents gènes. »

Ces variants peuvent concerner « des formes plus ou moins sévères de la maladie » ou une expression atypique, mais « il n’existe pas de corrélation claire » entre le facteur de risque génétique et son effet phénotypique.

En résumé, les résultats actuels apportent « très peu de preuves » que les sujets avec l’un de ces variants génétiques identifiés relèvent d’une « forme de schizophrénie différente en termes de présentation, de gravité ou de réponse au traitement. »


Curtis D. Identification of specific genes involved in schizophrenia aetiology - what difference does it make? Br J Psychiatry. 2022 Aug;221(2):437-439. doi: 10.1192/bjp.2021.153. PMID: 35382908.





JIM.fr - Gènes de susceptibilité dans la schizophrénie

25 mai 2022

[Recherche] : Des modifications de la glie dans la schizophrénie

Malgré la fréquence relativement importante de la schizophrénie, grave maladie mentale touchant environ 1% de la population générale, ses mécanismes étiologiques demeurent énigmatiques. Cependant, rappelle une équipe de l’Université Juarez de l’État de Durango (au Mexique), on suspecte l’existence d’une altération des cellules gliales (représentant au moins 50 % des cellules du système nerveux). Ainsi, des locus génétiques et/ou des facteurs épigénétiques pourraient réguler les gènes liés à la glie impliqués dans la schizophrénie.

En plus d’apporter un argument supplémentaire pour conforter le diagnostic clinique, une meilleure connaissance de l’implication possible de gènes à risque et de leur régulation génétique et épigénétique permettrait de mieux comprendre certains mécanismes physiopathologiques et peut-être de déceler des cibles potentielles pour de futures interventions thérapeutiques.


Pour identifier d’éventuelles « modifications génétiques ou épigénétiques dans les cellules gliales ou les gènes associés à la glie dans la schizophrénie » et pour départager l’hypothèse génétique de l’hypothèse épigénétique (influence de l’environnement sur l’expression des gènes, transmise au fil des générations sans faire intervenir une mutation de l’ADN), des auteurs ont effectué une revue de la littérature spécialisée en langue anglaise sur ce thème, parmi les articles « pertinents, évalués par des pairs », et recensés dans les grandes bases de données (PubMed, Medline, Medscape, Embase). Ils présentent cette étude comme la première revue des recherches sur les variantes génétiques et sur les modifications épigénétiques associées aux cellules gliales dans la schizophrénie.

Mais cette analyse de « 24 articles originaux » (consacrés notamment aux oligodendrocytes, aux astrocytes et à la microglie) ne permet pas de repérer de facteurs épigénétiques, les auteurs estimant que la preuve de leur implication reste à ce jour considérablement inférieure à celle du rôle de la génétique en la matière.


Ramos Daniel Francisco et coll.: Glial changes in schizophrenia: Genetic and epigenetic approach. Indian J Psychiatry 2022; 64(1): 3-12.



JIM.fr - Des modifications de la glie dans la schizophrénie

16 mai 2022

[Recherche] : Un défaut de communication entre les aires cérébrales serait impliqué dans les troubles psychotiques

Dans le cerveau des mammifères, l’activité électrique des neurones répond à des rythmes oscillatoires détectables par électroencéphalogrammes (EEG). L’activation coordonnée de ces différentes ondes, qui régit par exemple le traitement des stimuli sensoriels ou la consolidation des souvenirs, permet au cerveau de fonctionner correctement. « Nous soupçonnions le rôle déterminant des ondes gamma, la fréquence la plus élevée des rythmes cérébraux, dans l’apparition des symptômes de la schizophrénie », indiquent Stephan Eliez, professeur au Département de psychiatrie, et Christoph Michel, professeur au Département de neuroscience fondamentale, qui ont codirigé ces travaux. « Nous devions cependant encore confirmer que cette anomalie de synchronisation des voies de communication neuronale observées chez la souris existait bien chez l’humain ».

Les personnes porteuses d’une microdélétion chromosomique 22q11 ont entre 25 % et 30 % de risques de développer une schizophrénie à l’âge adulte. « Elles constituent donc une population à risque particulièrement pertinente pour étudier le développement cérébral de cette maladie », indique Valentina Mancini, doctorante dans le laboratoire de Stephan Eliez et première auteure de cette étude. Les personnes schizophrènes souffrent souvent de capacités réduites de traitement des informations auditives; afin de détecter d’éventuelles perturbations de la communication cérébrale, les scientifiques ont donc mesuré l’activation des ondes gamma suite à un stimulus auditif chez des patient-es 22q11 de tous âges, et chez des personnes sans cette microdélétion.


 « Les enfants et adolescent-es à risque génétique de troubles schizophrènes mais sans symptômes visibles présentaient les mêmes schémas de perturbation des ondes gamma que les patient-es souffrant effectivement de la maladie », détaille Vincent Rochas, collaborateur scientifique au laboratoire de Christoph Michel. En outre, une croissance linéaire des oscillations de la bande gamma était observable chez les personnes sans prédisposition génétique à la schizophrénie, montrant une maturation progressive de la communication entre les aires cérébrales lorsque l’on grandit. « Or, cette maturation est absente chez les patient-es 22q11, quel que soit leur âge, ce qui suggère un développement anormal des circuits sous-tendant les oscillations neuronales durant l’adolescence », souligne Valentina Mancini.

L’équipe de recherche a également identifié une forte corrélation entre le déficit de l’activation des ondes gamma et la sévérité des symptômes psychotiques, tels que les hallucinations auditives, confirmant ainsi l’existence d’une progression neurobiologique de la maladie. « Ces résultats confirment que ce dysfonctionnement apparaît très tôt », soulignent les auteur-es. « Reste maintenant à identifier le meilleur moment lors du développement de l’enfant pour intervenir en fonction de ce virage pathologique ».


Les études sur des souris montrent par ailleurs que des traitements neuroleptiques ciblés parviennent à corriger les dysfonctions neuronales ; de plus, les défauts des oscillations gamma identifiés ici pourraient être corrigés grâce à des techniques de neurostimulation non invasives ciblant les régions cérébrales concernées, ouvrant ainsi la voie à de toutes nouvelles perspectives thérapeutiques pour traiter cette maladie souvent dévastatrice.


Un défaut de communication entre les aires cérébrales serait impliqué dans les troubles psychotiques - rtflash.fr | tregouet.org




22 février 2022

[Recherche] : Schizophrénie et troubles bipolaires : le rôle de l’ADN non-codant

En parcourant l'ensemble du génome humain, l'équipe de recherche du département de génétique de l'université de Cambridge a trouvé des régions de l’ADN, non classées comme gènes au sens traditionnel de l’ADN codant, qui pourtant créent des protéines qui seraient associées à la schizophrénie et aux troubles bipolaires,

Il était admis, jusqu’à très récemment, qu’un gène codant pour une nouvelle protéine ne pouvait avoir comme origine qu’un gène déjà existant, une combinaison de fragments de gènes, ou le transfert d’un gène à partir d’une autre espèce.

Une série d’études comparatives de génomes et de transcriptomes suggèrent qu’il existerait une autre source de gènes codant pour d’autres protéines : l’ADN non-codant appelé autrefois "ADN poubelle" car on n’en comprenait pas le rôle.

Lorsque l’on regarde au-delà des régions de l'ADN codant où se trouvent les gènes, on constate que ce serait l'ensemble du génome humain qui pourrait avoir la capacité à fabriquer des protéines, et pas seulement les gènes traditionnellement identifiés. L’équipe de recherche a découvert de nouvelles protéines qui interviendraient dans différents processus biologiques et qui seraient dysfonctionnelles dans des troubles comme la schizophrénie et le trouble bipolaire.

Les scientifiques pensent que les "hot spots" du génome non-codant associés à ces troubles peuvent avoir évolué parce qu'ils ont des fonctions bénéfiques dans le développement cognitif des humains, mais que leur perturbation par des facteurs environnementaux entraînerait une susceptibilité à la schizophrénie ou aux troubles bipolaires, ou leur développement.
La majorité des médicaments actuellement disponibles sont conçus pour cibler les protéines codées par les gènes. Ces nouvelles découvertes permettraient d'expliquer pourquoi la schizophrénie et les troubles bipolaires sont des affections héréditaires, et pourraient fournir de nouvelles cibles pour de futurs traitements.

Par ailleurs, les symptômes de ces deux troubles les rendent parfois difficiles à distinguer et les chercheurs pensent que ces nouvelles protéines pourraient être utilisées comme indicateurs biologiques pour distinguer les deux affections, voire identifier les patients plus enclins à la psychose ou au suicide.

*Novel open reading frames in human accelerated regions and transposable elements reveal new leads to understand schizophrenia and bipolar disorder | Molecular Psychiatry (nature.com)


Fréquence médicale (frequencemedicale.com)


17 février 2022

On en sait plus sur l'origine de la schizophrénie

La schizophrénie est une maladie psychiatrique dont les origines échappent encore aux scientifiques. Une étude récente lève le voile sur la région cérébrale impliquée dans ce trouble.

Hallucinations, perception altérée de la réalité, idées délirantes ou isolement social sont quelques-uns des symptômes de la schizophrénie, une maladie psychiatrie complexe qui concerne environ 600.000 personnes en France. Les efforts de recherche pour la comprendre ont permis d'identifier plusieurs facteurs génétiques favorisant son développement. Une étude récente fait un pas en avant supplémentaire en localisant dans le cerveau la région impliquée dans ce trouble. 

Une mutation dans le gène codant la protéine SAP97 est le facteur de risque de schizophrénie le plus important connu à ce jour ; cela augmente de 40 % le risque de développer une schizophrénie. Le rôle normal de SAP97 n'est pas décrit en détail. Cette protéine est synthétisée par les neurones dans le cerveau et semble impliquée dans le fonctionnement des synapses - la zone de communication entre deux neurones ou un neurone et une autre cellule. Cette zone de flou a compliqué l'étude du rôle de SAP97 dans la schizophrénie.

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