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30 mars 2025

Clozapine : une prescription initiale désormais possible en ville

Nous modifions les conditions de prescription et délivrance de ce médicament et supprimons l’obligation de la prescription initiale annuelle hospitalière, dans le but d’améliorer l’accès des patients à ce traitement.

La clozapine est un antipsychotique utilisé dans le traitement de la schizophrénie résistante et des troubles psychotiques liés à la maladie de Parkinson, lorsque les autres traitements se sont révélés inefficaces.

La prescription initiale de la clozapine était jusqu’à présent réservée aux psychiatres, neurologues et gériatres exerçant à l’hôpital. Les spécialistes hospitaliers devaient renouveler cette prescription annuellement, et dans cet intervalle, les renouvellements pouvaient être prescrits par ces mêmes spécialistes exerçant en ville.

À compter du 1er avril, l’initiation et le suivi du traitement par clozapine (Leponex et génériques), pourront être réalisés par un psychiatre, neurologue ou gériatre, qu’il exerce en ville ou à l’hôpital.
Cette décision a été prise après concertations avec les représentants des professionnels de santé et des associations de patients. Elle a pour objectif d’améliorer l’accès des patients à ce traitement. Elle prend en compte le recul d’utilisation et le profil de sécurité de ce médicament. Ainsi, nous rappelons que l’utilisation de la clozapine nécessite un suivi médical strict, notamment en raison du risque d’agranulocytose (diminution sévère des globules blancs).

Les modalités de surveillance du risque d’agranulocytose restent inchangées. Une prise de sang doit être réalisée chaque semaine les 18 premières semaines du traitement puis tous les mois. Pour chaque prescription de clozapine, le médecin doit indiquer sur l’ordonnance la date de la dernière numération formule leucocytaire (NFL) et confirmer que les résultats sont dans les limites des valeurs usuelles. Il tient également à jour un carnet de suivi du patient.

Actualité - Clozapine : une prescription initiale désormais possible en ville - ANSM

29 septembre 2024

Maladies psychiques : la souffrance des aidants encore trop mal prise en charge

En France, ils sont 11 millions à soutenir un proche atteint de schizophrénie, de bipolarité ou de troubles psychiques divers. Ces aidants doivent affronter chaque jour une multitude de défis qui affectent leur propre bien-être. Témoignages en Alsace.

Les trois quarts des aidants se sont déjà sentis seuls face à la maladie de leur fils ou fille, frère ou sœur, selon l’Unafam.

Ses mains s’entremêlent, ses doigts se tordent. Josiane déglutit, avant de lâcher : « Cataclysme, c’est le mot. C’est ce qu’on a vécu lorsqu’on l’a appris… Dix ans de galère pour poser un diagnostic pour mon fils : la schizophrénie». Troubles psychiques : voilà bien un terme médical qui fait peur, au point que personne n’ose en parler. Et pourtant les proches de malades en ressentent toujours le besoin. D’autant que, dans leur diversité – schizophrénie, bipolarité, bouffées délirantes –, ces affections psychiques sont trop souvent méconnues du grand public.

« Toute ma famille m’a tourné le dos »

« Ça a été un drame, un effondrement, une montée de colère… Et puis on avance, parce qu’on n’a pas le choix, mais personne ne nous tend la main. Le corps médical ? J’ai quitté le secteur, ce n’est qu’un leurre ! On est seuls face à la maladie. Donc on survit », tranche la mère de Paul (*), schizophrène depuis son adolescence et âgé de 38 ans aujourd’hui.

Alsace. Maladies psychiques : la souffrance des aidants encore trop mal prise en charge (dna.fr)

28 septembre 2024

Handicap : enfin !

Suite aux protestations de nombreuses associations, le Premier Ministre a complété son gouvernement.

Charlotte Parmentier-Lecocq, députée "Horizons" du Nord, a été nommée ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités, de l’Autonomie et de l’Égalité entre les femmes et les hommes, chargée des Personnes en situation de handicap, indique l’Élysée. Elle sera rattachée à Paul Christophe, son ministre de tutelle.



24 septembre 2024

La santé mentale, grande cause 2025 ? Les professionnels attendent du concret

Le Premier ministre Michel Barnier a annoncé vouloir faire de la santé mentale la grande cause nationale de l'année 2025. Les professionnels attendent désormais des actes pour la psychiatrie.

« J’ai une mère qui a pendant 35 ans été présidente en Savoie de l’Union nationale des amis et familles de personnes malades et/ou handicapés psychiques, l’Unafam, et (…) je voudrais que la santé mentale soit la grande cause nationale en 2025 », a déclaré Michel Barnier sur le plateau du Journal télévisé de France 2, ce 22 septembre. Après une année 2024 consacrée à la promotion de l'activité physique et sportive, la perspective d’une telle labélisation – qui permet d’obtenir des diffusions gratuites de messages sur les radios et télévisions publiques – fait consensus pour la santé mentale. Mais les professionnels sur le terrain attendent du concret alors qu’un tiers des postes de praticiens hospitaliers sont vacants tandis que le nombre de patients en psychiatrie a été multiplié par deux ces vingt dernières années (jusqu’à 2 millions de Français pris en charge chaque année).

« C’est dans l’air du temps, c’était attendu », remarque auprès du Quotidien le Pr Bruno Falissard, président de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et disciplines associées (Sfpeada). Dès janvier, un collectif de 22 acteurs de la psychiatrie, du médico-social et des proches*, a lancé une pétition pour faire de la santé mentale une priorité en 2025 ; elle comptabilise plus de 42 600 signatures à ce jour. Partageant le même but, en avril, des députés (en majorité Renaissance) avaient déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution.

Trop de grands-messes sans retombées concrètes

« C’est une bonne idée, bien sûr », commente le Pr Falissard. « Nous prenons note de cette annonce, qui reflète à quel point cette cause était laissée dans l’oubli depuis très longtemps », réagit auprès du Quotidien la Dr Marie-José Cortès, présidente du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH). « Nous attendons désormais du concret, car les multiples travaux lancés jusqu’à présent se sont arrêtés », poursuit-elle. « Que, enfin, les gestes suivent… », exhorte encore sur X le Pr Olivier Bonnot, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Le Collège national des universitaires de psychiatrie (Cnup) a quant à lui fait un appel du pied à Michel Barnier sur X : « On a des idées, de l’ambition et de la volonté ! À votre disposition Monsieur le Premier ministre, vous pouvez compter sur nous ».

Malgré l’engagement, en septembre 2023, de la Première ministre Catherine Vautrin de mettre l’accent sur la santé mentale des jeunes, les Assises de la pédiatrie et de la santé mentale au printemps 2024 ont déçu les professionnels de la psychiatrie. Quant au Conseil national de la refondation (CNR), prévu à l’été, il a été annulé après la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron.

« Jusqu’à présent, nous avons assisté à de grands raouts qui accouchent d’une petite souris. Les Assises de la santé mentale de 2021 prévoyaient 800 postes dans les centres médico-psychologiques (CMP) adultes et enfants. Aujourd’hui, moins d’un CMP sur quatre a obtenu ce poste », déplore la Dr Cortès. « Nous ne voulons pas d’usines à gaz, mais une planification de réunions, avec des interlocuteurs qui connaissent le terrain, des objectifs précis, une méthodologie, et des réalisations concrètes », insiste-t-elle. Parmi les urgences, selon le SPH : des moyens pour faciliter l’accès aux CMP et aux secteurs de psychiatrie, mais aussi pour éviter les ruptures dans les parcours et accueillir les patients dits difficiles, le renforcement du dépistage et de la prise en charge des patients avec des troubles du neurodéveloppement, et une attention spécifique aux exclus de la société qui cumulent les comorbidités. « Il faut une psychiatrie publique forte pour que la santé mentale soit forte », ajoute-t-elle.

Ne pas diluer la psychiatrie dans la santé mentale

Les psychiatres joints par le Quotidien regrettent en outre la dilution de la psychiatrie dans la santé mentale. « Elle est l’un des acteurs de la santé mentale, plus globale. Mais personne ne s’y intéresse vraiment ! », note la présidente du SPH.

« La santé mentale, c’est surtout de la communication, cingle le Pr Falissard. On ne parle jamais de psychiatrie. Or on ne peut s’arrêter à des analyses et solutions simplistes, ni se contenter d’enfumage ou de scientisme neuroscientifique ». Au-delà d’une question de moyens, certes réelle, le Pr Falissard pointe la nécessité de traiter les problèmes dans toute leur complexité, ce qui demande du temps. « Comprendre les bouleversements de la société, ce qu’elle attend des psychiatres, et se réorganiser en profondeur… Tout ne sera pas réglé en trois mois ni même un an », considère-t-il.

La santé mentale, grande cause 2025 ? Les professionnels attendent du concret | Le Quotidien du Médecin (lequotidiendumedecin.fr)

23 août 2024

25 août : Jeux paralympiques à Strasbourg

Douze flammes paralympiques vont circuler en France. L'une d'entre elles sera à Strasbourg le dimanche 25 août

Les 24 relayeurs partiront à 15 heures du conseil de l'Europe et s'orienteront ensuite vers le Parc de l'Orangerie dans lequel ils effectueront quatre tours autour du pavillon Joséphine. L'allumage du chaudron est programmé à 17h30 dans l'allée de l'Orangerie Joséphine. 

La flamme partira ensuite à Troyes puis rejoindra Paris le 28 août où seront réunies les 12 flammes dans la vasque paralympique. 

Les jeux dureront jusqu'au dimanche 8 septembre. 

Animations, parcours... Tout ce qu'il faut savoir sur la flamme paralympique à Strasbourg (bfmtv.com)


17 mai 2024

La FDA approuve l'ilopéridone pour le traitement du trouble bipolaire

La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé les comprimés d'ilopéridone (Fanapt®) pour le traitement aigu des épisodes maniaques ou mixtes associés au trouble bipolaire I chez l'adulte.

L'ilopéridone est un antagoniste mixte des récepteurs de la dopamine D2 et de la sérotonine 5-HT2A et appartient à la classe des antipsychotiques atypiques. Il a été approuvé pour la première fois par la FDA en 2009 pour le traitement aigu de la schizophrénie chez l'adulte.

Cette nouvelle autorisation s'appuie sur les résultats d'un essai de phase 3 randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, qui a montré que les patients atteints de manie bipolaire traités par ilopéridone présentaient des résultats significativement meilleurs que ceux ayant reçu un placebo, avec une amélioration des symptômes dès 14 jours après la dose initiale...

La FDA approuve l'ilopéridone pour le traitement du trouble bipolaire (medscape.com)

07 mai 2024

Un psychiatre immortel

À seulement 47 ans, le Pr Raphaël Gaillard a été élu à l’Académie française, malgré une contribution encore assez succincte aux lettres françaises.

Il faut être un peu fou pour rechercher l’immortalité. C’est peur être pour cela que l’Académie Française a choisi un psychiatre pour venir renforcer ses rangs. Le 25 avril dernier, par 15 voix sur 30, les académiciens ont élu comme nouvel immortel le Pr Raphaël Gaillard, PU-PH et chef du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’hôpital Saint Anne à Paris, âgé de 47 ans seulement.

Au fauteuil 16 auquel il a été élu, le Pr Gaillard succède à deux anciens chefs d’Etat, le président sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Président de la République française Valéry Giscard d’Estaing mais aussi, figure moins glorieuse, à Charles Maurras (condamné à mort à la Libération). Il ne sera cependant pas le seul homme de science à siéger au sein de l’institution culturelle, puisque le Pr Jules Hoffman, Prix Nobel de médecine 2011 et le Dr Jean-Christophe Ruffin (écrivain par ailleurs), siègent déjà depuis plusieurs années à l’Académie.

Un psychiatre brillant… et tyrannique

Normalien, PU-PH à seulement 34 ans, bardé de diplômes obtenus en France mais également à la prestigieuse université britannique de Cambridge, le Pr Gaillard a eu un parcours universitaire brillant qui semblait le prédestiner plutôt à l’Académie de médecine ou à celle des sciences qu’à la Française.

Parmi les nombreuses écoles que compte la psychiatrie française, le Pr Gaillard a clairement choisi son camp, celle des neurosciences. Il a notamment travaillé sur la modélisation du fonctionnement cérébral via des outils informatiques et a participé, avec le psychologue français Stanislas Dehaene, à l’élaboration d’un modèle cognitif de la schizophrénie.

En tant que chef de pôle à Sainte-Anne et directeur du congrès et de la revue de l’Encéphale, le Pr Gaillard exerce une certaine emprise sur la psychiatrie parisienne et française. Une main mise que certains qualifieront de tyrannique. Il est ainsi de notoriété publique que le normalien dirige d’une main de fer le célèbre hôpital psychiatrique parisien et qu’il ne s’y est pas fait que des amis, comme le rapportait le journal Libération en 2020.

« C’est une ambiance de terreur », « il impose tout, il fait régner la peur », « l’ambiance est aujourd’hui insupportable à Sainte-Anne, tous ces médecins ont peur » témoignaient plusieurs psychiatres, qui pour la plupart avaient préféré rester anonymes. Le journal relatait notamment la guerre ouverte que le Pr Gaillard menait contre le Dr Jean-Luc Marcel, un des chefs de service de l’hôpital, conflit qui s’était cristallisé autour d’une patiente du Dr Marcel qui aurait menacé la femme du Pr Gaillard.

L’immortalité gagnée à coup de hache

Peut-être pour s’éloigner de ces conflits de bas étage, l’hyperactif Pr Gaillard s’est donc progressivement tourné vers la littérature, sans abandonner ses activités scientifiques. En 2022, il publie son premier ouvrage, « Un coup de hache dans la tête », réflexion sur les liens entre la folie et la créativité. « Une idée traverse les époques et les cultures : qu’il s’agisse de la mélancolie selon Aristote, de la tempête des passions selon les romantiques ou du manifeste surréaliste, tous célèbrent le lien entre folie et créativité, au point de considérer la folie comme l’ordinaire du génie. Pourtant l’idée ne résiste guère à l’expérience quotidienne du psychiatre, qui raconte ici ses patients et montre combien la maladie les entrave et les livre à la souffrance » pouvait-on lire en introduction de ce premier ouvrage qui allait recevoir, présage heureux, le Prix Jacques de Fouchier décerné par l’Académie française.

Son deuxième livre, « L’homme augmenté : futurs de nos cerveaux », réflexion sur l’intelligence artificielle et la réalité du mythe de l’homme augmenté, est paru il y a quatre mois seulement, en janvier dernier. Le Pr Gaillard y livre une analyse en demi-teinte de ces nouvelles technologies cognitives : s’il croit véritablement aux promesses des implants cérébraux comme ceux de Neuralink et à aux potentialités de l’intelligence artificielle, il ne pense pas que ces nouvelles technologies puissent véritablement se substituer à l’intelligence humaine. « Il nous faut lire, pour nous armer et réussir ainsi nos hybridations technologiques » plaidait-il dans une interview au journal l’Express au moment de la sortie de l’ouvrage.

Une œuvre à la fois moderne et teintée de conservatisme culturel donc, voilà de quoi définitivement convaincre les académiciens d’offrir l’immortalité au Pr Gaillard. C’est au premier tour de scrutin que le psychiatre a été élu le 25 avril dernier, bien aidé par le retrait inattendu deux semaines avant le vote de la navigatrice et écrivaine Isabelle Autissier, favorite des bookmakers.

« Au-delà de ma propre personne, c’est la question des rapports de la médecine à la littérature qui est ainsi interrogée » a réagit le nouvel académicien après son élection. « L’exercice de la psychiatrie impose de faire le lien entre sciences et littérature, les premières afin d’ancrer les soins dans la rigueur attendue de tout médecin et la seconde parce qu’elle constitue la meilleure éducation possible à l’écoute d’un patient ».


Quentin Haroche | 03 Mai 2024

JIM.fr - Journal International de Médecine

17 janvier 2024

Bristol Myers Squibb annonce le rachat de la biotech américaine Karuna Therapeutics et son médicament prometteur contre la schizophrénie

Le KarXT (xanomeline-trospium) est un antipsychotique avec un nouveau mécanisme d’action.

La xanoméline agit comme un agoniste des récepteurs muscariniques M1 et M4 au niveau central, tandis que le trospium, antagoniste muscarinique, est ajouté pour accroître la tolérabilité de la xanoméline au niveau périphérique.

La demande d'autorisation de nouveau médicament (NDA) pour ce composé en traitement de la schizophrénie chez les adultes a déjà été acceptée par la FDA. Il devrait être lancé aux États-Unis dès la fin de 2024.

11 janvier 2024

Schizophrénie, Alzheimer : une potentielle nouvelle classe d’agent thérapeutiques qui cible les récepteurs nicotiniques

Une classe particulière des récepteurs nicotiniques du cortex est impliquée dans les fonctions cognitives supérieures.
Ces fonctions telles que la mémoire, le langage ou les fonctions exécutives sont altérées par des maladies comme la schizophrénie ou Alzheimer. Dans une étude publiée dans Nature Communications, des scientifiques ont pu décrire le mécanisme d’action de molécules qui, non content de stimuler efficacement ces récepteurs nicotiniques, parviennent aussi à les cibler avec précision. Ces agents, à potentiel thérapeutique, sont des anticorps monochaîne d’alpagas. Grâce à ces résultats, les scientifiques ont des informations précieuses pour ouvrir de nouvelles options thérapeutiques dans le traitement de maladies neurodéveloppementales et psychiatriques.

An original potentiating mechanism revealed by the cryoEM structures of the human α7 nicotinic receptor in complex with nanobodies.
Prevost MS et al.Nature Communications, 25 septembre 2023

08 janvier 2024

L’ARS Grand Est cherche des solutions pour améliorer les conditions de soins dans la région

16 pistes sont explorées et remontées au ministère de la santé. Parmi elles, des projets comme un buccobus. Il s’agit d’un bus mobile dentaire qui irait vers les personnes les plus vulnérables.

Un cabinet médical mobile est aussi envisagé dans le pays de Sarrebourg et Phalsbourg pour les communes dépourvues de médecin généraliste.

Concernant la santé mentale, le site de Lorquin pourrait devenir un pôle de référence pour la prise en charge du handicap psychique et de l’accueil au long cours, avec la construction d’une nouvelle maison d’accueil spécialisée.

13 décembre 2023

"Ratage psychiatrique" : Non aux amalgames et à la démagogie !

COMMUNIQUE DE PRESSE 

Les acteurs de la psychiatrie publique dénoncent les propos du Ministre de l'intérieur évoquant un "ratage psychiatrique" au décours de l'attaque terroriste du 2 décembre. Le terme utilisé de "ratage" est à la fois impropre et disqualifiant et ne correspond nullement à la situation dont il est question. L'amalgame entre troubles psychiatriques et dangerosité criminologique en lien avec un processus de radicalisation est un raccourci qui témoigne pour le moins d'une méconnaissance de notre discipline voire d'un processus démagogique visant à faire porter sur les soignants la responsabilité de ce passage à l'acte et ceci avant même qu'une analyse complète de la situation et des facteurs contextuels ait pu être faite et que les experts se soient prononcés sur la présence effective de troubles psychiatriques chez l'auteur au moment des faits.

La radicalisation d'un individu ne s'inscrit que très rarement dans un contexte délirant pouvant disparaître avec la prise d'un traitement. Par ailleurs un citoyen vivant avec un trouble psychiatrique peut être stabilisé sur le plan de sa santé mentale et être radicalisé, tout comme peut être radicalisé un citoyen sans trouble psychiatrique. Les soins sans consentement sont encadrés par la loi et doivent être justifiés par des symptômes psychiatriques, les injonctions de soins dans le cadre d’un suivi socio judiciaires prononcées en tant que peine par le tribunal correctionnel ou la cour d’assise sont encadrées avec une durée et un cadre réglementaire qui garantit le respect des libertés individuelles dans un état de droit. 
Dans un processus aussi complexe que celui de la prévention des facteurs de risque de passage à l’acte chez des sujets radicalisés, il est nécessaire que les approches policières, sociales, médicales soient croisées dans le respect de la place de chacun. Rejeter la responsabilité sur un acteur, le livrant en pâture à la furia médiatique n’honore pas le Ministre de l’Intérieur et ne fait pas avancer le dialogue démocratique.

Marie-Jeanne RICHARD Présidente de l’Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (UNAFAM)

Pierre VIDAILHET Président du Collège National des Universitaires de Psychiatrie (CNUP)

Claude FINKELSTEIN Présidente de la Fédération Nationale des Associations d’usagers en Psychiatrie (FNAPSY)

20 avril 2023

Jean Pierre Olié, l'un des plus grands professeurs de psychiatrie est décédé

Jean-Pierre Olié, professeur renommé, ancien chef de service psychiatrie à l’hôpital Sainte-Anne de Paris, membre de l’Académie nationale de médecine, officier de la légion d’honneur et commandeur dans l’Ordre national du Mérite, est décédé le 12 avril, dans sa 78e année.

Jean-Pierre Olié originaire de l’Aveyron est devenu l’un des plus grands professeurs de psychiatrie, spécialiste de la schizophrénie. Pensionnaire au collège de Rodez, il avait raconté lors d’un entretien à Aveyron.com avoir souffert de la discipline jusqu’à la 3ème puis avoir pris plaisir à contourner ses règles et à franchement “déconner“ au point de rater son bac. Devenu malgré tout, étudiant en fac de médecine à Montpellier, il a découvert la psychiatrie lors d'un stage d'externat à l’hôpital. Tout de suite la discipline le passionne. Après son diplôme, il commence à exercer en Aveyron pour des remplacements puis monte à Paris.

Après quelques années d'exercice il s’inscrit à l’internat en psychiatrie à Sainte-Anne. Parti de la psychanalyse, il a parcouru le chemin inverse pour finir par se spécialiser dans la mise au point des médicaments psychotropes. Sa carrière a été brillante, riche de nombreux postes prestigieux et de distinctions : Président de la fondation Pierre Deniker, pour la prévention et la recherche mentale, Chef de Service Hospitalo-Universitaire Sainte-Anne, professeur de médecine à l'Université Paris-Descartes... Il est resté une référence dans les esprits de ces confères.



18 avril 2023

Handicap : la France épinglée par le Conseil de l'Europe

Le Conseil de l'Europe avait été saisi en 2018 par plusieurs associations qui estimaient que la France ne respectait pas les droits fondamentaux des personnes handicapées.

Bâtiments et transports inaccessibles, difficultés dans la scolarisation des enfants ou l'accès aux soins : la France ne respecte pas les droits fondamentaux des personnes handicapées, a tranché le Conseil de l'Europe, donnant ainsi raison à des associations qui l'avaient saisi en 2018.

Le Comité européen des droits sociaux (CEDS), une structure de l'organisation paneuropéenne basée à Strasbourg, a annoncé ce lundi avoir conclu à l'unanimité que la France avait violé plusieurs articles de la Charte sociale européenne, un texte qui garantit les droits sociaux et économiques fondamentaux.

Le gouvernement français doit tirer les conséquences de cette violation « établie » par des « mesures immédiates » pour mettre fin à des « injustices intolérables », ont réagi dans un communiqué les quatre associations qui avaient déposé une « réclamation » à Strasbourg, l'Unapei, APF France handicap, l'Unafam et la Fnath. 

Un "nombre élevé de cas de refus de soins"

Sont également pointés l'insuffisante inclusion des élèves handicapés dans les écoles ordinaires, ou encore, en matière de santé, le « nombre élevé de cas de refus de soins ». Tous ces problèmes conduisent « de nombreuses familles à vivre dans des conditions précaires », résume le Comité des droits sociaux.

« Cette décision est très importante, elle doit être un aiguillon qui exhorte les pouvoirs publics français à enfin changer de paradigme », a commenté Pascale Ribes, la présidente de APF France handicap.

Depuis des années, les gouvernements successifs ont eu une « conception erronée du handicap, centrée sur le soin plutôt que les droits », et sur des mesures « d'aumône sociale », a poursuivi Pascale Ribes. 

Les associations disent attendre beaucoup de la prochaine Conférence nationale du handicap (CNH), prévue le 26 avril à l'Elysée. « Je n'imagine pas la France ne rien faire » après cette décision du Conseil de l'Europe, « c'est inenvisageable », a-t-elle martelé.



13 avril 2023

Nouvelle campagne pour aider les proches de personnes vivant avec un trouble psychique

La Fondation FondaMental et l’Unafam lancent, avec le soutien de Klesia, une deuxième campagne pour aider les proches de personnes vivant avec un trouble psychique

A l’occasion de la journée mondiale de la santé, le 7 avril 2023,la Fondation FondaMental et l’Unafam ont lancé, avec le soutien de Klesia, une nouvelle campagne pour accompagner les aidants de personnes vivant avec un trouble psychique et leur apporter des ressources pour prendre soin d’eux et de leurs proches.

Avec cette campagne, la Fondation FondaMental, l’Unafam et Klesia ont pour objectif de déstigmatiser les troubles psychiques et de redonner espoir aux aidants et à leurs proches, grâce à des contenus psychoéducatifs et des solutions pratiques.

Ce travail commun a donné lieu à deux campagnes d’information aux aidants de personnes vivant avec des troubles psychiques afin de mettre à leur disposition des fiches pratiques, des vidéos de témoignages de personnes rétablies et d’aidants, et des interviews d’experts.

« Les aidants sont indissociables du processus de rétablissement », explique le Dr Romain Rey, responsable du Centre Expert FondaMental Schizophrénie de Lyon et du CLAP, le Centre Lyonnais des Aidants en Psychiatrie (Hôpital Le Vinatier). « Leur contribution a un impact direct sur le parcours de rétablissement de leur proche. Toutefois, leur implication peut avoir un impact sur leur santé physique et psychique et les isoler. Il n’y a pas de santé sans santé mentale, c’est pourquoi il est primordial que les aidants aient des ressources à leur disposition. Avec le CLAP et en partenariat avec l'Unafam, notre objectif est de connecter durablement les aidants à un réseau de professionnels et de pairs sur qui compter, via des actions telles que celle-ci ou le programme de psychoéducation BREF. »

« En accompagnant un proche à faire face à la maladie et au handicap psychique, toute la famille se retrouve impactée », témoigne Marie-Jeanne Richard, Présidente de l’Unafam. « Echanger avec d’autres familles qui accompagnent leurs proches dans un projet de rétablissement permet de garder espoir. Ces échanges sans jugements aident les aidants à ne pas s’isoler et à retrouver la force d’avancer. »


Découvrir la campagne sur le site de la Fondation Fondamental




01 avril 2023

EDIT-B™, le premier test sanguin pour différencier le trouble bipolaire de l’unipolaire

Afin de réduire significativement le délai de diagnostic des troubles bipolaires, ALCEDIAG et SYNLAB s’unissent et annoncent la mise à disposition d’EDIT-B™, le premier test sanguin in-vitro marqué CE, destiné à différencier le trouble bipolaire de la dépression majeure.


Si le trouble de la bipolarité est si difficile à diagnostiquer, c’est parce qu’il est souvent confondu avec la dépression.

Il y a plusieurs raisons à cela: une majorité de personnes consultent en phase dépressive (c’est souvent le symptôme qui s’exprime en premier lieu) ; le début des états maniaques peut ne pas être alarmant au premier abord ; il peut y avoir une confusion avec la schizophrénie ; l’abus de toxiques peut masquer d’autres symptômes ; les variations de l’humeur à l’adolescence peuvent être perçues comme normales et/ou transitoires .
Tous ces facteurs peuvent engendrer une erreur de diagnostic et/ou un retard de diagnostic, provoquant ainsi de graves répercussions dans la vie de la personne concernée et de son entourage. En effet, le·la patient·e avec un mauvais diagnostic peut recevoir un traitement inapproprié qui ne soulagera pas ses symptômes, et pourra même aggraver son état de santé physique et mental.

Conscient de ces enjeux, ALCEDIAG et SYNLAB mettent à disposition des professionnels de santé et de leurs patients, en Europe, EDIT-B™, le premier test sanguin in vitro destiné à différencier le trouble bipolaire de l’unipolaire (dépression). Validé cliniquement chez l’adulte dépressif et marqué CE, il offre des performances remarquables avec une excellente sensibilité et spécificité, supérieures à 80 %. L’objectif d’EDIT-B™ est d’aider les médecins spécialistes à poser rapidement un diagnostic différentiel précis et ainsi réduire significativement le retard de diagnostic, de plusieurs années à quelques jours. La prise en charge des patients peut alors être optimisée : mise en place d’un traitement adapté, réduction des comorbidités et amélioration de la qualité de vie (sphères personnelle et professionnelle).

Cet outil biologique vient en complément des différentes échelles cliniques existantes, dont l’interprétation est empirique. Techniquement, EDIT-B™ mesure la modification d’édition d’ARN de marqueurs spécifiques dans le sang des patients. ALCEDIAG, à l’origine du développement de ce test et de sa validation clinique et réglementaire, utilise la technologie de pointe du séquençage de nouvelle génération (NGS) couplée avec des algorithmes propriétaires développés grâce à l’intelligence artificielle (IA).

EDIT-B™ désormais disponible en Italie, sera prochainement mis à disposition des praticiens et des patients en France et en Suisse au cours de l’année 2023, ainsi que graduellement dans les autres pays où SYNLAB est implanté (26 pays au total en Europe).

"Lorsque le cerveau dysfonctionne, il envoie des signaux comme le ferait un rein ou un foie malade. Ces signaux, ou biomarqueurs, peuvent alors être captés par un test sanguin, basé sur l’édition de l’ARN, permettant un diagnostic plus rapide. L’introduction de la biologie dans la psychiatrie est une révolution", Dr Dinah Weissmann, co-fondatrice et directrice scientifique d’ALCEDIAG.

Source : Communiqué de presse, ALCEDIAG et SYNLAB, 27 mars 2023

EDIT-B™, le premier test sanguin pour différencier le trouble bipolaire de l'unipolaire - Santé Mentale (santementale.fr)

30 novembre 2022

[Actualité] : "Une crise sans précédent" : les psychiatres de l'hôpital public étaient en grève ce mardi 29 novembre

Cinq mois après sa dernière journée de mobilisation, la psychiatrie publique était à nouveau dans la rue ce mardi 29 novembre. Un appel à la grève a été lancé par les quatre organisations du secteur : le SPH (Syndicat des psychiatres des hôpitaux), l'USP (Union syndicale de la psychiatrie), le SPEP (Syndicat des psychiatres d'exercice public) et l'IDEPP (Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique).

"Alors que toutes les disciplines médicales sont touchées (les urgences cet été, la biologie et la pédiatrie cet automne), la discipline psychiatrique continue de traverser une crise sans précédent et ce, dans un silence assourdissant des tutelles", écrivent ces organisations dans un communiqué. Selon elles, "il n’y a aucun dialogue engagé à ce jour avec le gouvernement malgré nos demandes insistantes et répétées".

Les assises de la santé mentale et de la psychiatrie qui se sont tenues à l'automne de l'année dernière n'ont pas donné les réponses attendues par la profession. Celle-ci dénonce toujours le manque « criant » de lits d'hospitalisation complète et les fermetures régulières de centres médico-psychologiques, « liés à une pénurie médicale et paramédicale qui touche aujourd’hui cinq établissements hospitaliers sur six ». « Cela est d’autant plus dommageable en période post Covid, pendant laquelle la souffrance de la population n’a cessé de croître en même temps que les demandes et besoins de soins » rappellent les organisations syndicales. Elles déplorent également une augmentation des situations de soins sous contrainte et d’isolement-contention ainsi qu'une surcharge administrative.

02 novembre 2022

[Actualité] : Ouverture de la Résidence Accueil de Schiltigheim

Une nouvelle vie va commencer au début de ce mois de novembre pour vingt-trois jeunes hommes et jeunes femmes, dans une résidence d'accueil à Schiltigheim. Particularité, ils sont tous atteints de troubles psychiques.

A l'origine de la démarche, la fondation Vincent de Paul de Strasbourg. La nouvelle structure de vingt-trois studios est inspirée de l'expérience de l'association Espoir 67 à Sarre-Union, en Alsace Bossue. 

"La Résidence Accueil est une pension de famille qui accueille, sans condition de durée, des personnes seules ou des couples dont la situation sociale et la maladie psychique rendent difficile l’accès à un logement ordinaire." explique Marie Chemkhi, chef de service du secteur solidarité à la fondation Vincent de Paul. "La personne y trouve un logement dans un cadre de vie à taille humaine, dans une « atmosphère familiale », elle y bénéficie d’un suivi renforcé par les services de psychiatrie du secteur. Les personnes orientées vers l’établissement sont suffisamment stabilisées pour respecter et bénéficier des règles de vie collective et vivre en logement autonome."

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22 juillet 2022

[Actualité] : Daniel Karol quitte l’Établissement public de santé d’Alsace du Nord (Epsan)

Après 18 années à la tête de la plus grande structure hospitalière spécialisée d’Alsace, Daniel Karol, quitte l’Établissement public de santé d’Alsace du Nord (Epsan). Yasmine Sammour, directrice de l’hôpital civil de Strasbourg et directrice déléguée du pôle psychiatrie, devrait lui succéder.


Santé. Daniel Karol quitte l’Établissement public de santé d’Alsace du Nord (Epsan) (dna.fr)




14 mars 2022

[Newsletter] : Aide aux aidants

Le Collectif départemental Inter Associatif d’Aide aux Aidants (CIAAF 67), coordonné par l’Udaf 67, participe au Comité de coordination Aide aux Aidants de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) , piloté par la Collectivité Européenne d'Alsace (CEA) et qui réunit les acteurs de l'aide aux aidants de l'EMS.

Dans ce cadre, le CIAAF participe à la rédaction d’une newsletter dédiée aux aidants et aux acteurs de l’Eurométropole.


Le dernier numéro vient de paraître, à retrouver sur le site Aidants 67.




05 janvier 2022

[Alsace] : Avec l’Unafam, un soutien pour les proches de malades atteints de troubles psychiques

Une permanence de l’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) a été mise en place à la Maison des associations et des services de Wissembourg fin novembre. Un moyen de prendre un premier contact, en vue de créer un groupe de parole par la suite.

Michelle Escudié et Joëlle Mathis ont connu "les moments très difficiles" que vivent les proches de personnes souffrant de maladies psychiques comme la bipolarité, la schizophrénie ou les dépressions graves. Si elles peuvent prendre la parole pour raconter leur expérience, c’est parce que "la souffrance s’est atténuée", au fil des années, des formations et des groupes de parole.

Au moment du diagnostic, "c’est le ciel qui vous tombe sur la tête", se souviennent-elles. "Il faut faire le deuil de l’avenir qu’on imaginait pour notre enfant", confie Michelle Escudié. Mais aussi faire face aux difficultés quotidiennes, que l’on habite avec son proche malade ou non. 

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Lire l'article complet dans les DNA du 4 janvier 2022 :

https://drive.google.com/file/d/1znryB117RDWOdXZ4Yh8h07MpUCeh0195/view?usp=sharing